Bonne année à tous un peu en avance !

Chapitre 4 :

Sur le chemin du retour, Harry raconta en détails à Ron et à Hermione, pourquoi il les avait ainsi laissé en plan pour partir en courant dans la forêt. Ces derniers l'écoutèrent attentivement.

_ Tes parents et Sirius ne peuvent pas être en vie, Harry, murmura Ron une fois qu'il eût achevé son récit. Tu es sûr que c'étaient bien eux ?

Le Survivant hocha la tête, trop occupé à cogiter pour répondre de vive voix. Il savait bien que c'était dément et totalement irréaliste, mais tout au fond de lui, il était convaincu que c'étaient ses parents et son parrain qui s'étaient tenus devant lui l'instant précédent.

_C'est impossible, fit Hermione, pensive. Si une expérience de vie post-mortem, autre que les fantômes, qui ne sont pas matériels, avait déjà été recensée, on en aurait certainement entendu parler et on aurait une trace de cela quelque part, car ce n'est pas le genre de chose qui passe inaperçu. Mais je n'ai jamais entendu parler de ça et pourtant, j'ai fait beaucoup de recherches sur le sujet après la mort de Sirius...

Sa remarque fut suivie d'un court silence.

_ Mais si cela était possible, est-ce que le danger dont ils ont parlé pourrait être véritable ?

_ Peut-être...

Harry, de même que les deux autres, avait l'étrange sentiment que si cela se révélait être véridique, il arrivera bien plus de choses qu'il ne leur était possible d'imaginer. La présence de personnes censées être mortes n'en était qu'une ébauche et le pire restait sûrement à venir.

_ 'Mione,tu as fait les recherches sur les créatures invisibles ? demanda alors Harry qui se reprocha de ne pas avoir demandé à ses parents s'ils les connaissaient, ce dont il était pratiquement certain.

Les yeux de la jeune fille se mirent à luire. Elle avait non seulement fait des recherches mais elle avait surtout trouvé des réponses. Alors qu'ils passaient la porte du château et se rendaient directement en cours de métamorphose, car jamais le professeur Rogue ne les accepterait avec plus de 45 minutes de retard, elle tira un calepin de son sac.

_ Alors voilà, commença-t-elle, il y a cinq créatures répertoriées en Angleterre qui peuvent se rendre invisibles. Cependant, j'ai pu en éliminer quatre, ce qui nous laisse donc une seule possibilité : les hollows. Ce sont des âmes torturées qui se sont transformées en monstres à cause de la colère ou la tristesse qu'ils ressentaient à leur mort. Ils attaquent les vivants et les âmes afin de se nourrir et de gagner en puissance. C'est tout ce que j'ai pu trouver sur eux car ce sont des créatures que peu de personnes sont capables de voir. D'ailleurs, la femme qui a écrit l'article que j'ai lu a été considérée comme folle...

_ Bravo, je savais que tu étais la meilleure, sourit Ron.

La Gryffondor rougit légèrement et lui sourit. Puis, elle se tourna vers Harry qui était plongé dans ses pensées, et son cœur se serra. Cette rencontre avec ses parents et son parrain décédés l'avait plus chamboulé qu'il ne voulait l'avouer. Elle le voyait à ses yeux devenus plus sombres et à son air mélancolique dissimulé derrière un sourire factice. Par ailleurs, il était une fois de plus au centre de l'action, chose qu'il détestait : il allait devoir une fois de plus sauver le monde de la destruction puisque la menace semblait avoir un lien avec lui. Restait à déterminer lequel. Tout ce qu'elle espérait, c'était que le mental de son ami tiendrait le coup, il avait déjà trop vécu.


Alors qu'ils se rendaient dans la Grande Salle afin d'y déjeuner, le trio tomba nez à nez avec Pansy Parkinson, Crabbe et Goyle. Étrangement, il n'y avait trace de Drago Malfoy nul part. Les trois Serpentards n'étaient pas connus pour aimer les Gryffondors et ils profitèrent donc de ce croisement afin d'en faire une nouvelle démonstration. Pansy, qui ressemblait plus à un pékinois qu'à un être humain malgré sa belle chevelure châtain clair, eut un sourire dédaigneux à leur égard.

_ Tiens tiens, Mr Je-suis-le-meilleur et ses deux chiens-chiens, la belette et la sang-de-bourbe.

Ron réagit au quart de tour. Ce n'était pas seulement parce qu'elle l'avait insulté, mais car elle s'en était également pris à ses amis et rien n'était plus sacré pour lui que ses amis Il voulut lui asséner un coup de poing mais Crabbe, jouant son rôle de garde du corps, lui bloqua le bras avec petit sourire méchant qui le rendait ridicule, ses yeux diminuant de volume. Avec une rapidité que personne ne lui connaissait en dehors de ses deux amis, Ron pivota sur lui même et lui envoya un bon coup de pied dans l'estomac, le faisant s'écrouler à terre. Couché à même le sol, gémissant et pleurnichant comme un enfant, le Serpentard était vraiment pitoyable. Goyle, voyant son ami ainsi terrassé, voulut le venger, mais Hermione avait prévu sa réaction. D'un coup de baguette, elle l'immobilisa sur place. Harry fixait calmement Pansy qui, en quelques secondes, avait perdu ses couleurs et son sourire. Dépassée par les événements, elle tenta de renverser la situation :

_Stupéfix !

Harry évita son sortilège d'un pas sur le coté. Qu'est-ce qu'ils avaient tous à sans prendre à lui ?

_ Raté, essais encore, s'amusa-t-il en imitant la voix artificiel de certains appareils moldus.

_ Confringo !

Le sortilège fonça droit sur Harry mais, avant que celui-ci ait pu l'éviter, le rayon se mit à ralentir jusqu'à devenir pratiquement immobile. Sous leurs yeux surpris, des filaments argentés s'en élevèrent et tournoyèrent un instant dans les airs avant de se diriger vers le jeune homme. Les circonstances lui auraient conseillé de ne pas les laisser s'approcher mais son instinct, à qui il avait appris à se fier, lui disait le contraire. L'étrange phénomène l'enveloppa bientôt et, peu à peu, s'incrusta en lui. Il sentit une délicieuse sensation de bien être l'envahir et il ne put que fermer les yeux pour mieux l'apprécier. C'était tellement agréable, tellement grisant, comme un doux feu qui coulait lentement dans ses veines. Malheureusement, elle disparut bien trop vite. Lorsque Harry rouvrit les paupières, il remarqua que tous les yeux étaient braqués sur lui, ahuris. Le sortilège, lui, n'était plus.

_ Wahou... fut la seule chose qu'il put prononcer.

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire rêveur tandis que Gryffondors et Serpentards échangeaient un regard surpris, la bouche entrouverte. A quelle magie venaient-ils d'assister ? Qu'était-il arrivé à Harry qui, à présent, semblait totalement ailleurs ?

_ Que se passe-t-il ici ? intervint soudain le professeur Flitwick de sa petite voix fluette mais une expression tout ce qu'il y a de plus sérieux imprimé sur le visage.

Les adolescents déglutirent difficilement.

_ J'attends des explications, jeunes gens.

_ Eh bien, nous nous rendions tranquillement en cours lorsque nous avons croisés notre très chers amis, commença Ron avec une légère grimace.

Le petit homme soupira. Il ne connaissait que trop bien la rivalité entre les rouges et ors et les verts et argents, et désespérait de la voir un jour cesser. Ce n'étaient que des enfants, pourquoi se vouer ainsi une haine sans intérêt ?

_ Miss Parkinson, veuillez conduire vos amis à l'infirmerie. Miss Granger, je compte sur vous pour mieux surveiller Mr Potter et Mr Weasley à l'avenir, afin que ce genre d'incident de ne reproduise pas. 10 point de moins pour chacun de vous.

_ Oui, professeur.

Elle avait honte, tellement honte de se faire ainsi réprimander. Elle avait l'impression de perdre tout le respect qu'on lui portait, en particulier si c'était une remontrance de la part d'un professeur. Mal à l'aise, elle suivit à petits pas, la tête basse, ses deux amis qui s'éloignaient comme s'il ne s'était rien passé. Ceux-ci discutaient de l'étrangeté qui venait de se produire.

_ Ça t'a fait quoi ? demanda le rouquin.

Harry se mit à réfléchir, ne sachant trop comment qualifier la divine émotion qui l'avait envahit. Maintenant qu'il y repensait, c'était vraiment étrange, mais cela lui avait paru tellement naturel sur le moment.

_ C'était... merveilleux, je ne saurais pas le décrire. Vous pensez que ça a un quelconque rapport avec... enfin...

Il n'arrivait pas à mettre la main sur le mot juste, mais cela n'avait pas d'importance, les autres avaient compris.

_ Sûrement, répondit Hermione, retrouvant son humeur habituelle. Nous n'avons pas assez d'éléments pour l'instant, ajouta-t-elle, un peu dépitée. On ne peut qu'attendre et ouvrir l'œil pour tenter de comprendre.

_ Si ce qui se trame met Poudlard en danger, nous ne pouvons rester sans rien faire ! protesta Ron avec véhémence.

Tous ressentaient cela car chacun souhaitait plus que tout protéger ce lieu qui avait abrité tant de bons souvenirs. Cependant, il fallait se rendre à l'évidence.

_ Nous ne sommes pas les seuls au courant, fit remarquer Harry alors qu'ils arrivaient devant la salle de métamorphose. Il y a également Sirius, James, Lily, cette Aelys, et ce «Capitaine» dont elle a parlé. Il y a de grandes chances qu'ils ne soient pas les seuls à se cacher à Poudlard. Il faudrait juste pouvoir entrer en contact avec eux, ne serait-ce que pour s'assurer qu'ils ne sont pas eux-même une source de danger pour nous.

Harry fut le seul à voir une ombre, debout près d'eux, qui les écoutait. Elle semblait petite et chétive, mais le jeune homme ne se fiait plus aux apparences depuis longtemps. De plus, Sirius avait parlé d'un «gosse» qui allait leur faire payer leur désobéissance, et il était possible que ce soit celui-ci.

_ Ce n'est pas comme s'ils étaient très loin...

Il sentit son pied être écrasé et réprima une grimace.

_ Je sens qu'on va bien s'entendre, murmura Harry avec un sourire en coin, les yeux braqués sur l'ombre.


Dumbledore marchait tranquillement dans les couloirs en sifflotant. Il était d'excellente humeur, cependant, quelque chose le tracassait. Depuis peu, les barrières de protection qu'il avait placé autour de son école se désagrégeait à une vitesse considérable, si bien qu'il devait à présent les réparer tous les trois jours. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait et craignait donc le pire. Peut-être que Voldemort avait trouvé un moyen d'affaiblir l'école afin de pouvoir la prendre avec plus de facilité. Il avait également eu vent de rumeurs quant à des phénomènes inexplicables se produisant dans son établissement et cela non plus, il ne pouvait l'expliquer. Cela faisait beaucoup de chose que pour le sorcier le plus puissant d'Angleterre.

_ De la fumée sort de votre tête, professeur, lança une voix derrière lui.

Il se retourna et ses yeux bleus, d'habitude si paisibles, s'écarquillèrent de surprise. Devant lui se tenait James et Lily Potter, deux de ses anciens élèves, mort depuis 16 ans maintenant. Croyant à une supercherie, il tira sa baguette et la pointa sur eux.

_ Professeur Dumbledore, nous nous sommes pas des imposteurs, s'empressa de continuer Lily. Certes nous sommes morts, mais nous sommes des shinigamis, des âmes qui guident les esprits vers la Soul Society, le monde des morts.

Le vieil homme les dévisagea un long un moment, mais ne bougea pas.

_ Donnez m'en une preuve et peut-être vous croirais-je, dit-il d'un ton froid qu'aucun d'eux ne lui connaissait.

_ Je suis mort parce que vous n'avez pas fait confiance à Harry en lui parlant de la prophétie, déclara une une voix sourde.

Sirius, les bras croisés sur sa poitrine, apparut près de ses amis, ses yeux lançant un regard noir au directeur. Dumbledore abaissa finalement sa baguette, convaincu.

_ Harry n'était pas capable de comprendre tout ce qu'elle impliquait. Ce n'était qu'un enfant.

_ Il s'agit d'Harry, ce n'est pas un vulgaire gamin. Que savez-vous de ce qu'il peut ou non comprendre ?

Lily posa sa main sur son bras, l'incitant au calme. Sirius soupira et tourna les talons pour disparaître au coin du couloir.

_ Il a un peu de mal à digérer sa mort, expliqua James en le regarda partir tristement. D'habitude, on perd ses souvenirs en mourant, mais ils y a des choses que l'on on ne peut oublier. Des sensations, des actions déjà faite, c'est ainsi que Lily et moi avons pu nous retrouver dans le monde des morts. Nous savions que nous connaissions sans toute fois en garder un quelconque souvenir. Après être devenue shinigami, Lily a inventé un objet qui nous a permis de retrouver la mémoire. Seulement quelques personnes sont au courant et je dois dire que cela a été assez mal accueilli. Mais c'est grâce à cela que nous sommes ici aujourd'hui et non pas à la Soul Society

_ Je n'ai jamais entendu parlé de la Soul Society, dit Dumbledore, tout de même méfiant.

_ Il faut être mort pour être au courant, bien qu'il y ait quelques exceptions, répondit Lily, sa main dans celle de son mari.

Curieux, le vieil homme décida de les conduire dans son bureau, prenant ainsi le temps pour réfléchir. Les deux anciens étudiants prirent place sur les sièges placé devant le bureau tandis que Dumbledore s'asseyait en face d'eux. Se retrouver dans cette pièce fit remonter en eux beaucoup de souvenirs, particulièrement au Maraudeur, mais ils se concentrèrent bien vite sur le directeur.

_ Si ce que vous prétendez être est vrai, pourquoi êtes-vous ici, si je puis me permettre ? demanda-t-il en posant son menton sur ses doigts croisés.

_ Nous, ainsi que 15 d'autres shinigamis, avons été envoyés ici afin de découvrir pourquoi le reiatsu... enfin la magie, rectifia Lily en voyant le froncement interrogatif du visage de son interlocuteur, de Poudlard varie de façon inexplicable depuis quelques temps, et ce, jusqu'à ce que le problème soit réglé, protéger le château des attaques des hollows, des créatures assez embêtantes qui dévorent vivants et morts, car ils sont de plus en plus attirés par cet endroit.

_ Jusqu'ici, nous nous cachions aux yeux des élèves et professeurs mais cela commence à créer quelques problèmes, reprit James en se massant les côtes, comme s'il s'était pris un coup qui le faisait encore souffrir.

Dumbledore s'adossa à son siège, cogitant les informations qu'il venait de recevoir. L'existence de ce monde pouvait changer à jamais la façon de vivre des vivants, il ne fallait pas que cela s'ébruite.

_ Qu'attendez-vous de moi, exactement ?

Le couple échangea un regard furtif qui ne lui échappa pas.

_ Nous voudrions que vous fassiez passer tous les shinigamis envoyés ici comme venant d'une école étrangère à l'occasion d'un programme inter-école, répondit finalement Lily, les deux mains bien à plat sur ses cuisses, ses yeux verts plantés dans ceux du sorcier. Une petite illusion suffira pour faire passer les adultes pour des adolescents. Nous pourrons ainsi assurer la sécurité des élèves. Quand tout sera fini, nous effacerons vos mémoires, par simple mesure de précaution.

La demande ne surpris qu'à moitié le vieil homme. Cependant, était-il possible de garder enfoui un tel secret alors qu'ils concernaient autant de personnes ?

_ Ne vous inquiétez pas pour les fuites, déclara James, comme s'il avait lu dans ses pensés dans ses pensées, le Capitaine Hitsugaya s'est assuré qu'aucun d'entre nous ne parlerait de la Soul Society ou de quelque chose s'y référant sans son autorisation. Et croyez moi, il a des méthodes de persuasion plus qu'efficaces !

_ Commande-t-il l'opération menée ici ? demanda Dumbledore.

James hocha la tête.

_ Dans ce cas pourquoi n'est-il pas venu lui même me parler de cette affaire ?

_ Être contacté par d'anciennes connaissances rend plus facile le contact que s'il est effectué par un inconnu, répondit une voix d'en l'encadrement de la porte. De plus, j'étais occupé ailleurs et ai donc jugé bon de confier cette mission à d'autres.

Le directeur posa son regard sur celui qui venait de prendre la parole et un sourire naquit sur ses lèvres.