Auteur : Fisou
Titre : Datura
Genre : AU, Shônen-Ai KaixRei, vais essayer d'y mettre de l'angst.
Base : Bakuten Shoot Beyblade, ou tout simplement Beyblade.
Note 1 : Ne pas donner de poulet à manger à Kai.
Note 2 : Merci pour vos reviews ! Normalement j'ai répondu par mail à celles qui sont enregistrées !
Mais le nombre de reviews a baissé alors que le précédent chap avait pas mal de visites, j'avoue être un peu déçue par tout ça… Même Katiel n'a pas reviewé, avant que je râle. Vais finir par faire comme pour ma fic Rebirth et faire du chantage ;)
Je sais que j'ai parlé de reviews constructives dans le chap 3, mais si vous n'êtes pas inspirés, vous pouvez m'écrire ce que vous voulez, même la liste des courses lol
Bah voui, je carbure à la review moa XD
Note 3 : Désolée du retard, mais FFnet m'a fait la gueule pendant un moment, je ne pouvais pas uploader de chapitres -- Voilà que j'essaie sans y croire à 3h30 du mat et que ça marche !
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Datura
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Cette nuit là, Kai avait réussi à se faufiler dans sa chambre sans trop d'encombres. Il avait d'ailleurs trouvé assez étrange que personne ne l'attende devant sa chambre pour lui demander où il était passé cette fois. A croire que Tala avait autre chose de mieux à faire…
– Mais où étais-tu passé cette fois !
Kai fronça les sourcils et fusilla le roux du regard. Bien sûr que non Tala ne l'attendait pas devant sa porte, puisqu'il était carrément dans sa chambre !
– Sors d'ici.
– Ça fait deux soirs que tu disparais Kai.
– Je n'ai pas à me justifier devant toi.
Le roux avança d'un pas rapide vers Kai, une lueur malveillante dans le regard, accentuée par la lumière blafarde de la lune qui se reflétait dans ses iris. Il pressa rudement sa main sur la blessure abdominale de l'adolescent face à lui, enfonçant la pointe de ses doigts pour accentuer la douleur qu'il voulait infliger.
– Blessé à la jambe hein ? murmura le rouquin avant de s'éloigner et sortir de la pièce.
Kai ne plissa que légèrement les paupières. La douleur était tout à fait supportable, mais il devait se concentrer pour garder son self-control, et ne pas assommer Ivanov avec la crosse de son flingue, pour ensuite l'abandonner en petite tenue sur la place rouge en espérant qu'il y meurt d'hypothermie.
Il se retourna pour fermer sa porte à double tour. Deux choses le tracassaient. D'une, comment l'autre avait-il fait pour rentrer ? Et de deux, comment avait-il su pour sa blessure ? Il était le seul de son équipe à accomplir cette mission le soir où il avait été touché, et la seule autre personne qui était au courant en plus de celle qui l'avait blessé, était le garçon qui l'avait soigné, Rei Kon.
Kai posa sa veste sur un cintre qu'il rangea dans sa penderie, et déboutonna sa chemise, pensif. Ce n'était quand même pas le Chinois qui l'avait balancé ?
Sa chemise glissa le long de ses bras en un léger feulement de tissus, et il la rattrapa de sa main droite avant de la poser sur le fauteuil qui trônait près de la fenêtre, devant laquelle il s'immobilisa. Ses prunelles grenat se levèrent vers l'astre lunaire, dont les rayons illuminaient la peau diaphane du jeune Russe.
Non, c'était peu probable que Rei ait fait une telle chose, même s'il ne connaissait que très peu le jeune homme, il savait reconnaître quelqu'un qui jouait un rôle, pour en être lui-même un maître en la matière. Mais cela ne résolvait en rien le mystère de Tala.
Kai quitta la Lune du regard et posa doucement son front sur la paroi lise et froide de la fenêtre.
En tous cas, Voltaire n'avait pas été mis au courant, sinon il aurait déjà subit sa punition.
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Quelques matinées plus tard, Kai fût réveillé par la voix douce du même homme qu'il entendait toujours à cette heure matinale. Cette fois ci, il lui parlait d'une maladie dangereuse venue de Chine, incriminant les poulets. Le Russe se redressa lentement, s'asseyant dans ses draps de satin blanc. Il frotta ses yeux remplis de sommeil, et tendit une oreille plus attentive aux informations. « Encore la grippe aviaire ? » se dit-il en baillant.
Il se décida à se sortir de son lit, et alla dans sa salle de bain prendre une douche fraîche. Il jeta un œil à sa blessure pratiquement guérie, et pensa immédiatement à celui qui l'avait soigné, le jeune Chinois Rei Kon. Tiens, Chinois, comme la grippe aviaire…
Sans y penser plus longtemps, Kai tourna les robinets et laissa l'eau le réveiller complètement.
…
Nan mais Rei était quand même fiévreux la dernière fois qu'il l'avait vu, plusieurs soirées plus tôt. Et s'il avait choppé cette foutue maladie et l'avait ramenée en Russie ?
Kai ferma rageusement les robinets de douche. Il se posait ce genre de questions idiotes depuis qu'il avait entendu parler de cette maladie asiatique. Non pas qu'il s'inquiétait spécialement pour Rei, pensez-vous, c'était là un pur élan de patriotisme. Oui voilà, il craignait que son pays ne soit dévasté par cette épidémie !
Ouais, à d'autres !
Le jeune garçon passa une serviette autour de sa taille et en utilisa une autre pour sécher ses cheveux dégoulinants. Il se sentait pathétique et humilié par ses inquiétudes. Ce mot là n'était même pas censé se trouver dans son dictionnaire interne après tout.
Il soupira et laissa ses deux serviettes glisser au sol. Une longue promenade matinale lui clarifierait certainement les idées.
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Rei remonta bien sa lourde écharpe jusqu'à ses yeux. Bravement, il était sortit dans le froid, pour réapprovisionner ses placards. En chine, Maria aurait toujours été là pour l'aider, ou même y aller pour lui s'il était malade, mais là il devait se débrouiller seul.
Il porta distraitement une main à son front pour en jauger la température. Même avec le vent glacé qui fouettait sa peau, il le sentait bouillonner sous ses doigts. Le Chinois soupira dans son écharpe. Vivement qu'il soit rentré dans son appartement pour se soigner. Satanée fièvre, il avait même dû décommander ses rendez-vous pour la soirée à cause d'elle.
Il continua d'avancer, péniblement, jusqu'au supermarché, des étoiles devant les yeux et les oreilles bourdonnantes. Un vertige le pris et il recula de quelques pas jusqu'à ce qu'un panneau de signalisation le soutienne et l'empêche de tomber. Rei ferma les yeux et se massa les tempes, se donnant ainsi quelques secondes de répit.
« Allez Rei Kon, t'as affronté plus dur adversaire qu'une fièvre par le passé ! » se réprimanda-t-il.
Il laissa sa main gantée glisser à ses côtés et repris la route d'un pas traînant, n'ayant visiblement pas l'esprit assez clair pour se rendre compte de son environnement, et donc ne remarquant pas les deux orbes grenat qui le fixaient depuis un moment déjà.
Pourtant Kai n'avait pas cherché à le retrouver. A la base, il était justement censé se vider l'esprit. Mais voilà que son regard s'était posé sur cette silhouette emmitouflée, et ces longs cheveux noirs de jais mal tressés qui ne pouvaient appartenir à aucun Russe.
Sans vraiment savoir pourquoi, il s'était décidé à le suivre. Il l'avait vu avancer à une allure d'escargot, et presque tomber dans les pommes, avant de pénétrer dans un supermarché.
Kai le filait à quelques mètres de distance, caché dans les rayons les plus proches de ceux où allait sa proie.
Rei essayait visiblement de lire ce qui était inscrit sur un paquet de riz, mais au lieu de le poser dans son panier à provisions, il le reposa en rayon et y resta appuyé. Il avait très chaud tout d'un coup, et sentait ses membres s'engourdir comme s'il allait s'endormir. Puis ses paupières se fermèrent et il tomba en arrière. Son panier s'écrasa sur le sol alors que les autres clients spectateur ne levaient pas le petit doigt pour empêcher le jeune Chinois de s'effondrer. Avant qu'il ne heurte le sol, une paire de bras finement musclés le retinrent. Kai regarda médusé l'Asiatique qui gisait dans ses bras, son teint cireux et ses joues rouges…
Il n'y avait plus qu'à espérer qu'il n'avait pas la grippe aviaire…
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Une fois de plus, Kai avait chargé son colis inconscient sur son dos, et l'avait ramené à son domicile. Il avait fouillé les poches du manteau épais du Chinois pour y trouver ses clefs et ouvrir les portes. Une fois montés dans son appartement, le Russe déposa Rei sur son lit et le débarrassa du manteau en question et de ses chaussures, avant de le recouvrir de son duvet. Il posa une main blanche sur le front de l'Asiatique, et avisant sa fièvre, lui prépara une aspirine. Ce faisant, son regard tomba a nouveau sur la photo qui se trouvait sous le tube de médicaments. Il plissa légèrement les yeux et referma le tiroir sans toucher à la photographie.
– Kai ? s'étonna une voix fébrile à sa gauche.
Le Russe déporta son regard sur la forme allongée de Rei, dont les yeux embrumés le regardaient par ses paupières entrouvertes.
– Tu t'es évanoui, je t'ai ramené, expliqua Kai. Bois, ajouta-t-il en tendant l'aspirine effervescente au brun.
Rei se redressa mollement, laissant le duvet glisser jusqu'à sa taille, puis attrapa le verre à deux mains pour augmenter les chances de ne pas le faire tomber.
– Merci Kai, murmura-t-il avant de regarder d'un œil torve le disque blanc pétillant dans son verre.
Un silence s'installa entre eux, le temps que Rei avale son aspirine. Le Chinois avait été jusque là comme hypnotisé par la dissolution du cachet dans son verre, si bien que Kai avait fini par faire la même chose, jusqu'à ce que le malade avale brutalement le liquide blanchâtre, et repose le verre sur la table de nuit, en tirant la langue et secouant la tête.
– Beeeeuuuh…
Kai cligna des yeux devant ce brusque retour à la réalité, et fixa le brun qui avait l'air, pour le moment, tiré d'affaire.
– Tu veux que je te fasse un café ? demanda le Chinois avec un sourire trahissant sa fatigue.
– Dors.
– Mais…
Kai se leva et dénoua l'écharpe noire qu'il portait autour du cou. Il commençait à avoir chaud là-dessous.
– Je sais où tu le ranges maintenant, dit-il simplement.
Le sourire de Rei s'élargit.
– Bien, fais comme chez toi, murmura -il.
Kai regarda le malade se recoucher dans son lit, puis alla dans la cuisine. Il posa son écharpe sur une chaise, et se débarrassa de son long manteau noir qu'il déposa par-dessus. Puis il fit ce qu'il était venu faire : du café. Que le premier qui pensait que Kai était manchot lève la main pour se recevoir une balle entre les deux yeux ! Tiens, pas grand monde répond à l'appel… Pourtant il est certain que Kai est des plus habiles avec une arme à feu, et que même s'il ne sera jamais un grand cuisinier, il sait au moins faire bouillir de l'eau dans un micro-ondes. D'ailleurs une fois que celui-ci sonna, Kai en sortit sa tasse, la déposa sur la table, et y ajouta une grande dose de café instantané.
Quelque chose le troublait à juste titre : Que faisait-il là ?
Il n'avait jamais cherché à nouer le contact avec le monde extérieur, trop différent du sien, qui n'était pas forcément mieux, mais avec lequel au moins il était familier. De plus cela ne servait à rien de frôler de ses doigts un monde dont on sait qu'on ne pourra jamais faire partie. Pas plus lui que Tala, Ian, Bryan ou Spencer. Les plantes venimeuses n'auront jamais leur poison enlevé comme on ôte les épines des roses pour les rendre plus agréables.
DRRRRRRRRRRIIIIIIIIINNNNNNNNNNG !
Kai fut tiré de ses profondes réflexions philosophiques lorsque le téléphone sonna dans le salon. Gardant sa tasse en main, il s'approcha de la chambre de Rei qui marmonnait sous ses couvertures. Le brun chercha à se lever, mais croisant le regard glacé du Russe adossé à son mur, se rassit en bredouillant :
– Je dois répondre au téléphone…
– Tu as un répondeur.
– Mais…
Rei pâlit un peu plus lorsqu'il entendit le dit appareil se déclencher. Il y avait quelques choses à propos de sa vie privée dont il n'avait pas envie que Kai apprenne l'existence…
Une voix féminine quelque peu surexcitée se fit entendre. Le brun soupira intérieurement de soulagement. Ce n'était « que » Maria. La jeune fille aux cheveux rose lui téléphonait souvent depuis que tous deux avaient quitté la Chine. Et Rei ne trouvait pas ça plus mal, parler avec son amie d'enfance lorsque l'on est loin de la maison lui faisait un bien fou. Mais il allait sécher sur ce coup là. D'une parce qu'il se sentait trop mal pour converser pendant une heure, et de deux parce que le mystérieux Kai lui barrait la route.
– Bien, je reste au lit alors…
Lorsque le Russe hocha légèrement la tête, une question pertinente vint dans celle du Chinois :
– Kai, comment ça se fait que tu ais été là lorsque je me suis sentit mal ?
– Je marchais, fut la réponse simple du jeune garçon.
– Nous-nous rencontrons toujours dans des circonstances étranges. Mais je veux bien faire exprès de tomber malade si ça me permet a nouveau de te voir, sourit le brun en se renfonçant sous les couettes.
Kai avala sa dernière gorgée de café et se rapprocha de Rei pour évaluer sa fièvre. Il devait en avoir beaucoup pour raconter des choses pareilles. Ses doigts pâles se posèrent sur le front moite du brun, et trouva qu'il était en effet, brûlant. Deux orbes dorés se plantèrent dans les siens, et il se trouva incapable de retirer sa main.
– Tu reviendras ? lui demanda doucement Rei
– Lors d'une circonstance étrange, répondit Kai en retirant sa main de la peau chaude du Chinois.
Circonstance étrange. Il n'y avait que ça pour qualifier la rencontre d'une rose et d'une plante venimeuse.
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– Es-tu certain de ne rien vouloir dire ?
Deux iris d'un bleu glacé se posèrent sur la figure transpirante d'un homme d'âge moyen à la peau pâle. L'homme se mordit la lèvre inférieure, y approfondissant la plaie qu'il y avait déjà faite. Devant son silence, les yeux de son persécuteur glissèrent jusqu'à sa main transpercée et attachée par une longue vis, à une table de bois noirci.
– Tous tes doigts sont brisés…
Une main fine et blanche effleura une autre bleuie, puis en attrapa le majeur et le retourna brusquement sur son dos, touchant le haut de la vis qui la transperçait. Les dents rougies s'enfoncèrent plus profondément dans la lèvre ensanglantée, et l'homme laissa échapper un gémissement.
Pourtant son bourreau semblait loin d'être satisfait. Il déposa à côté de la main le marteau qu'il avait utilisé jusqu'ici pour réduire quelques os en miettes, et se saisit d'un cutter imprégné de tâches brunâtres de sang séché. Il en cassa l'extrémité de la lame pour assurer son tranchant, puis en déposa la pointe contre la peau meurtrie d'un index violacé.
– Je pense que je devrais recoller les os ensembles…
La chair fut alors tranchée sans merci, s'ouvrant béatement sur le blanc de l'os. La lame fut alors remplacée par une pince à épiler rouillée dans la main du tortionnaire, qui retirait un à un les débris osseux de la viande mutilée.
L'homme rejeta la tête en arrière, ne pouvant retenir un cri rauque de douleur de franchir la barrière de ses lèvres.
Derrière une glace sans teint qui lui laissait voir l'horrifiant spectacle, un jeune garçon aux cheveux lilas fixait tranquillement la scène, nullement choqué par celle-ci qui lui était ordinaire. Il fut bientôt rejoint par un autre, dont la curiosité avait été attisée par les hurlements qui se faisaient entendre.
– Tala est contrarié ? demanda Spencer en haussant un sourcil amusé.
Bryan se retourna et s'adossa au miroir, les mains dans les poches de son jeans.
– Il s'est détruit la main en frappant dans un mur après avoir entendu de Ian que Kai s'était encore volatilisé.
– Au moins ça explique pourquoi il se venge sur la main de ce gars, constata Spencer concentrant précisément son regard sur la main écorchée et bleuie du roux.
– De toutes façons il ne veut rien cracher, autant que Tala passe ses nerfs sur lui.
– Et Kai ?
Bryan soupira légèrement et passa une main dans ses cheveux pour les ramener en arrière, ce qui n'empêcha pas quelques mèches de retomber devant ses yeux violets.
– Je ne sais pas ce qu'il fabrique, mais il a intérêt à arrêter ça vite…
Spencer hocha plusieurs fois la tête, regardant avec Bryan, le roux tâché d'un sang qui n'était pas le sien, et qui fusillait du regard le souffre-douleur inerte face à lui.
– Chier ! Il s'est évanoui ! s'écria Tala, furieux.
Tsusuku…
Fisou : Ayé fini ! Pour une fois un chap qui ne se termine pas en compagnie de Kai ou Rei…pas plus mal vu que c'est avec Tala XD
