Comme le dit le proverbe : un bonheur n'arrive jamais seul et Camus en fit les frais un bon mois après son anniversaire. Il était en train de d'arriver à proximité des appartements du huitième temple afin de rejoindre son compagnon lorsqu'il entendit des gémissements étouffés équivoques. Cachant sa présence, il entra discrètement à l'intérieur de la bâtisse et découvrit une scène qui lui fit mal. Toujours discrètement, il se retira et repartit dans son temple. Il rassembla, non sans tristesse et colère, toutes les affaires de Milo, les rassemblas dans un grand sac et le posa sur sa table de salon. Il savait que celui-ci viendrait le rejoindre. Seulement, l'arachnide aurait une drôle de surprise en venant. Ruminant ce qu'il avait vu, il ne put s'empêcher de penser qu'il aurait dû faire quelque chose pendant qu'il était encore trois temple plus bas mais quoi ? Signaler sa présence, dégager l'amant de son compagnon… ? Il ne le savait pas et cela l'énerver. Pendant quelques heures, sa colère enfla et il sentit soudainement un effluve d'inquiétude venant du huitième chevalier qui se tenait derrière la porte. Avec précautions, celui-ci se glissa dans les appartements du verseau et chercha son compagnon des yeux. Il le trouva devant la fenêtre ouverte, en train de regarder le paysage. De son être se dégageait un mélange de déception, de colère surtout et de froideur.

L'inquiétude du scorpion monta d'un cran tandis que son regard se posa un instant sur le sac posé sur la table basse. Il releva vite les yeux, n'osant croire ce qu'il devinait. Il demanda d'une voix qu'il voulait assurée :

Camus, qu'est-ce… ?

Pars, je ne veux plus te voir.

Pourquoi ?

Tu OSES me demander pourquoi ? fit Camus d'une voix calme mais d'où émanait sa colère, tu te fous de moi ?!

En début d'après-midi, je viens te rejoindre dans ton temple et qu'est-ce que je découvre ? TOI en train de… AVEC MON PROPRE DISCIPLE EN PLUS ! Tu crois que je devrais réagir COMMENT ?

Ce n'est pas ce que tu crois. Il voulait de l'aide pour ses débuts avec son propre amant, répondit Milo d'une petite voix, je t'en prie Camus, ne fait pas ça !

Et pourquoi devrais-je te croire ? Tu me dégoutes Milo. Va t'en, je ne veux plus ni te voir, ni avoir affaire à toi.

Camus, non, s'il te plaît…, répondit l'arachnide en larmes.

Le verseau ne répondit rien mais sollicita son cosmos pour faire partir son ancien amant. Celui-ci attendit vraiment d'être presque transi de froid pour quitter les lieux. En sortant, il croisa justement celui qui avait été le centre principal du quiproquo entre Camus et lui et qui venait rendre visite à son maître. Lorsque le jeune chevalier vit l'état dans lequel se trouvait le huitième gardien, il sut tout de suite ce qui s'était passé. Rassurant tant bien que mal son aîné, Hyôga pénétra à l'intérieur du onzième temple afin de s'expliquer avec Camus. Celui-ci avait toujours mal en entendant résonnée encore la voix suppliante de son ex-amant ainsi que ses larmes dans sa tête. Il lui en voulait mais s'en voulait également pour avoir été si aveugle. Comment avait-il pu se laisser avoir ainsi ? Il sursauta lorsque la porte de ses appartements s'ouvrit avec fracas. Se retournant vivement, il vit Hyôga pour son plus grand déplaisir.

Les deux chevaliers du froid se toisèrent puis Camus finit par dire :

Que viens-tu faire ici ?

Je venais vous rendre visite afin de passer du temps avec vous mais il me semble que quelque chose vous tracasse, non ?

Tu ne crois pas si bien dire.

Je viens de croiser Milo sortant de votre temple et il n'avait pas l'air bien. Que lui avez-vous fait pour qu'il soit dans cet état ? Est-ce parce-qu' il m'apprenait comment faire l'amour ?

… . pourquoi poser la question si tu connais déjà la réponse ? Je ne veux plus vous voir, est-ce clair ?

C'est donc ça ! Sachez, pour votre gouverne, que c'est moi qui lui ai demandé de me montrer. Il n'y a qu'à lui que je pouvais demander ça. Il ne vous a jamais trahi et ne vous trahira jamais, vous pouvez en être sûr !

Comment peux-tu en être aussi sûr, justement ?

Il ne voulait pas le faire au départ, mais j'ai réussi à le persuadé tout en sachant que ce que je lui demandais lui coûtait énormément. Il vous aime à en mourir, ne faîtes pas l'erreur de laisser partir l'amour de votre vie.

Sur ces mots, le cygne partit sans se retourner, laissant le verseau réfléchir à ce qu'il venait de lui dire. Il se dirigea vers le huitième temple et en arrivant à proximité, il croisa son amant avec qui il échangea un langoureux baiser. Il lui dit ensuite qu'il allait voir le scorpion qui n'était pas bien. Comprenant cela, le compagnon de Hyôga lui affirma qu'il avait une totale confiance en lui et le scorpion. Ils se quittèrent et reprirent leur route.

Le jeune chevalier entra dans les appartements de l'arachnide et le retrouva dans sa chambre, assis parterre, dos contre le lit et tenant dans ses mains et contre sa figure, un pull de Camus. Il continuait de pleurer doucement et releva à peine la tête lorsque son jeune pair vint s'asseoir à ses côtés. Celui-ci s'excusa de l'avoir forcé à faire ça, et le consola du mieux qu'il le put. Peu à peu, le scorpion se calma et s'endormi. Hyôga le laissa, après l'avoir remis sur le lit avec une couverture sur les épaules, et sortit de la bâtisse pour aller rejoindre son amant et peut-être appliquer ce qu'il avait appris.

Alors que Milo dormait d'un sommeil sans rêves dans sa maison, dans le onzième temple, Camus cogitait sur les paroles des deux personnes auxquelles il tenait. Les deux lui avaient dit la même chose mais pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'avoir des doutes. Il resta toute la fin de journée dans ses appartements. Une fois la nuit tombée, et que le sommeil était tombé sur l'ensemble du sanctuaire, une ombre se faufila dans un autre temple. Cette mystérieuse personne ne faisait aucun bruit et tranquillement, elle arriva à proximité du scorpion. Elle l'observa longuement tout en prenant soin de lui et resta toute la nuit près du dormeur, à le veiller. Au petit matin, elle repartit tout comme elle était venue.

Milo se réveilla quelques heures plus tard, avec un mal de crâne digne d'une gueule de bois. En se rappelant ce qui l'avait mit dans cet état, de nouvelles larmes coulèrent sur son visage. Il décida néanmoins d'aller s'entraîner malgré sa fatigue ainsi que la peur qu'il avait de croiser l'objet de ses pensées. Malheureusement pour lui, il le croisa dès qu'il sortit de son temple. Un long regard fut échangé puis Milo détourna les yeux et tenta néanmoins d'aborder le verseau mais en vain. Il finit par reprendre sa route tristement tout en ne se doutant pas que Camus était triste lui aussi. Le scorpion descendit jusqu'aux arènes et s'assit à distance de ses frères d'armes mais accepta sans grande conviction le combat que lui proposait Mu. Sous la surprise de son adversaire ainsi que des spectateurs, il fut battu facilement dès les premières minutes. Sous le regard médusé des autres, il se releva et quitta l'arène sans dire un mot. Un silence de mort régna après son départ et c'est avec une appréhension plus que palpable que Mu et Shâka se dirigèrent vers le onzième temple afin de comprendre ce qui arrivait à Milo. Lorsqu'ils arrivèrent au temple du verseau, ils se regardèrent puis le premier gardien frappa à la porte. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit sur un Camus qui n'avait pas l'air très en forme lui aussi. L'évidence d'une dispute entre les deux chevaliers vint immédiatement à l'esprit du bélier et de la vierge. Timidement, les trois chevaliers se saluèrent puis Shâka demanda ce qui s'était passé entre lui et Milo. Sur le moment, le verseau se braqua légèrement mais à force d'écouter les évènements que ses frères d'armes relataient, il finit par les faire entrer dans son logis et leur raconta les faits.

Le silence suivit les paroles de Camus avant que Mu dise :

Camus… il faut que tu ailles le voir. On a tous peur qu'il fasse une bêtise, on s'inquiète car on ne l'a jamais vu comme ça. En peu de temps, je l'ai battu alors que d'habitude, il me faut plus longtemps pour lui faire mordre la poussière. Et le fait qu'il se soit relevé et partit sans dire un mot nous inquiète. Va le voir et t'expliquer avec lui. Va le voir avant qu'il n'arrive quelque chose de grave.

Vous souffrez tous les deux, cela se voit et se sent, rajouta le sixième gardien, je sais et je comprends que ce n'est pas facile d'être avec quelqu'un qui est son opposé mais écoute ton cœur plutôt que ta raison Camus. Discuter ne pourra vous faire que du bien.

Les paroles de ses deux frères d'armes touchèrent le verseau au plus profond de lui-même et il dût reconnaître que sa réaction avait été un peu trop excessive. Il n'aurait jamais dû agir ainsi et pensa à ce que son compagnon pouvait ressentir. Se levant brusquement, il activa son cosmos à la recherche de celui de Milo. Lorsqu'il le trouva, son cœur se serra si fort qu'il en gémit presque. La douleur que ressentait le scorpion le transperça violemment. Sans un regard pour ses deux frères, Camus sortit de chez lui en courant et ne s'arrêta que lorsqu'il fut à proximité de l'arachnide. Il regrettait son attitude et regarda pendant quelques instants son compagnon avant de s'avancer vers lui.

Le scorpion ne l'avait pas entendu ni senti arriver. Il n'arrivait pas à surmonter sa rupture d'avec Camus. Les larmes coulaient de nouveau sur ses joues et il s'amusait avec une lame de rasoir à l'intérieur de la manche de son t-shirt à manche longue. Cela lui faisait du bien et il se disait que de toute façon, sa disparition ne serait pas une grande perte, s'il décidait de le faire. Toujours dans ses pensées, il sursauta lorsqu'il sentit une main qu'il ne connaissait que trop bien, se poser sur l'une de ses épaules. Un tremblement le parcourut et lentement, il tourna lentement sa tête en direction du propriétaire de la main. Un long échange de regard se fit en plus du long silence, lourd et douloureux qui s'était installé. Soudainement, Milo brisa ce lien visuel et posa sa tête sur ses bras qui étaient sur ses genoux repliés prés de son torse, sans rien dire. Cela bouleversa le verseau qui essaya de se faire pardonner. Milo l'écoutait sans rien dire. Les paroles de Camus le blessaient à certains moments et c'est avec amertume et froideur qu'il demanda :

Pourquoi devrais-je te croire ?

Je suis sincère, plus que jamais. Tu es…tu es mon rayon de soleil que je ne veux pas perdre.

Cela ne suffit pas ! Cela fait plusieurs fois que tu doute de moi ! cela sera quoi la prochaine fois ? Et quand ? répliqua Milo en se levant et en s'éloignant du verseau après lui avoir lancé un regard colérique mais triste à la fois.

Camus fut blessé par ses paroles même s'il savait que le scorpion avait raison. Il le rattrapa afin de le lui dire et de lui dire une fois pour toute qu'il tenait à lui, qu'il l'aimait. Alors que l'arachnide se retournait pour lui faire face, le onzième gardien vit quelque chose qui l'effraya et le mit en colère malgré son envie de le prendre dans ses bras. Il le gifla avant de crier :

Pourquoi t'es-tu fais ça ?

Fais quoi ? répondit Milo une lueur de défi dans les yeux.

Ça, dit le verseau en montrant des traces toutes fraîches de sang sur l'une de ses manches et en remontant celle-ci pour découvrir des traces toutes fraîches de scarification.

En quoi cela t'intéresse t-il ?

Je tiens à toi ! Je n'ai pas envie de te perdre, je t'aime…je t'aime plus que tu ne peux l'imaginer.

Ah oui ? Alors pourquoi ne m'as-tu pas cru hier ! Tu n'as pas confiance en moi ! Alors pourquoi continuer ?

Parce- qu'on s'aime.

Sur cet aveu, Camus se rapprocha de Milo et, après avoir passé une main derrière la nuque du scorpion, il fit entrer ses lèvres en contact avec celles de l'arachnide. Milo s'apprêtait à reculer lorsqu'il sentit la langue de son ami glissée deux fois sur sa bouche. Surprit, il se laissa emporter par cette nouvelle initiative du verseau qui, en même temps, passait sa main libre sur le désir presque tendu du grec sous les vêtements. Doucement, le verseau approfondit leur baiser et son envie de prouver ses sentiments au scorpion. Il le dévêtit tout en le faisant pour lui-même et peu à peu, le scorpion perdit pied et se soumit totalement au verseau. Plusieurs heures passèrent pendant lesquelles Camus fit perdre la tête à celui qu'il aimait. Epuisés et trempés de sueur, les deux amants commencèrent à s'endormir, enlacés. Milo murmura avant de s'endormir :

J'aime quand tu es comme ça.

Je ne veux pas te perdre, tu es tout pour moi.

Tu l'es également pour moi. Je voulais juste aider Hyôga, je sais que j'aurais dû t'en parler mais j'étais tellement abasourdi par sa demande que…

Je m'excuse de ne pas avoir eu confiance en toi. Je ferais tout pour te prouver mon amour.

Tes excuses sont acceptées. Je t'aime mon ange.

Camus ne répondit rien mais embrassa son compagnon avant que le sommeil ne les emporte.