Allez, c'est l'heure, pas la peine d'avoir peur… pense Hermione devant la porte du bureau où elle sait que Snape l'attend.
Elle tente de se rassurer comme elle peut, mais elle connaît trop bien le plaisir qu'a Snape à l'embarrasser. Après la scène à la bibliothèque, elle espère juste pouvoir le regarder en face sans rougir. Elle a choisi d'être là, alors, elle redresse la tête, et frappe à la porte du bureau de Snape, qui l'invite à entrer d'une voix forte.
Il la regarde s'avancer et décèle ses hésitations. Il décide de la surprendre en ne mentionnant pas leur rencontre à la bibliothèque… Heureux moment qu'il savoure encore… Aujourd'hui, il va la malmener un peu. C'est de toute façon nécessaire pour ce qu'il veut lui apprendre. Et puis, elle veut voir le Snape qu'elle a connu, il en est persuadé. Il va lui donner ce qu'elle attend. Cela risque d'être intéressant…
« Bonjour Professeur Snape » dit Hermione d'une voix mal assurée.
« Bonjour Miss Granger. Je vois à votre teint pâle que la nuit a été courte. Dommage pour vous, ça va rendre les choses plus difficiles ! » lui répond-il sèchement.
Aïe, ça y est, ça commence… Et dire que c'est moi qui l'ai voulu… se dit Hermione.
« Miss Granger, ne perdons pas de temps. Nous allons commencer par voir si vous comprenez bien certaines choses avant que je puisse vous apprendre quoi que ce soit. Première question certainement très simple pour la personne érudite que vous êtes… Expliquez-moi la magie ! » Snape, assis dans son fauteuil, les mains jointes, la regarde fixement, attendant avec impatience la réponse de la jeune femme.
« La magie ? Je ne comprends pas… » Hermione se rend compte rapidement que le professeur va la tester et essaye de se reprendre.
« Oui, pourquoi avez-vous des capacités magiques ? D'où viennent-elles ? » insiste-il.
« Et bien, il y a plusieurs catégories de personnes : les sang-purs dont la magie fait partie naturellement de leurs vies. Les sang-mêlés dont l'un des parents est moldu et l'autre sorcier, ce dernier transmettant la magie à ses descendants, en principe. Les moldus qui n'en ont pas. Les cracmol issus de parents sorciers mais n'ayant pas eux-mêmes de pouvoirs magiques même s'ils peuvent voir les détraqueurs ou les sortilèges de distraction…
-Stop, Miss Granger ! C'est bien, vous m'avez récité votre leçon apprise par cœur, mais ce n'est pas ce que je vous ai demandé. Ca ne me dit pas ce qu'est la magie ! Comment l'expliquez-vous ? Vous avez des pouvoirs magiques, vous vous en servez, et c'est tout ? Il suffit juste de prononcer quelques mots, et le sort est jeté ? » lui dit-il d'un ton ironique.
« Hé bien…. » Hermione se sent soudain embarrassée. C'est vrai qu'elle ne s'est jamais posé cette question de ce point de vue là. Le professeur marque un point… Il se penche en avant et la pointe du doigt.
« Vous voyez Miss Granger, je vous avais bien prévenue que vous seriez surprise parce ce que vous ne savez pas. Dites-moi, ne ressentez-vous rien lorsque vous jeter un sort ?
-Je ne sais pas, je n'ai pas réfléchi à ça… » Hermione se sent tellement gênée d'être prise au dépourvu comme cela…
« Prenez votre baguette, et jetez-moi un sort simple comme le sort de mutisme ! Il est inratable pour vous !
-Quoi ? Non, professeur, je ne peux pas faire ça ! » Hermione n'en revient pas de ce que lui demande le professeur !
« Faites-le, ne discutez pas ! » lui intime-t-il d'un ton sec.
Hermione sort alors sa baguette d'un geste lent et la dirige vers le professeur en prononçant la formule d'une voix peu convaincue. C'est le professeur Snape qui est en face d'elle tout de même !
« Silencio ! » Hermione a prononcé ce mot d'une voix particulièrement basse, et c'est à peine si Snape l'a entendue. Il se lève alors brusquement, la regarde d'un air hostile et s'adresse à elle d'une voix autoritaire et froide, s'approchant d'elle, menaçant.
« Pas très efficace, Miss Granger ! Vous avez insisté pour que je vous apprenne ma magie, mais vous n'êtes même pas capable d'une chose aussi simple. Vous n'avez peut-être pas les qualités que j'attendais. Je regrette déjà d'avoir passé ce contrat avec vous, miss-je-ne-suis-bonne-à-rien ! Je vais plutôt aller chercher le premier élève venu qui saura faire mieux que vous à n'en pas douter! Il aurait peut-être mieux valu que vous reveniez sur le banc d'une classe avec les 1ère année ! Vous ne valez pas grand-chose, Miss Granger, vous n'êt… » Il n'a pas le temps d'en dire plus qu'Hermione lève de nouveau sa baguette et lance le sort, d'une voix forte cette fois.
« SILENCIO ! » La rage se lit sur son visage. Cette fois-ci, elle n'a pas tremblé, elle n'allait pas le laisser l'insulter ! Et de fait, Snape ne peut plus dire un seul mot. Il lève ses mains, montrant sa bouche, pour signifier à Hermione qu'elle doit lever le sort.
« FINITE INCANTATEM ! » lance-t-elle pour libérer le professeur qui retrouve sa voix instantanément.
« On y est, Miss Granger ! Alors, avez-vous senti la différence ? Comprenez-vous ce que je vous ai demandé ? Qu'avez-vous ressenti ? Expliquez-moi ! » Il a repris sa place dans le fauteuil, et la regarde de nouveau, impatient.
Oui, Hermione a compris. Elle a senti l'énergie partir de l'intérieur de son corps la deuxième fois.
« Quelque chose s'est passé en moi. Une énergie m'a envahie. Une espèce de… chaleur… » balbutie-t-elle.
« Ah, ça y est, on aborde le sujet. Oui, Miss Granger, vous avez senti une énergie. Cette particularité que nous avons, nous sorciers. Ne vous êtes-vous donc jamais demandé comment cela fonctionnait ? Vous avez simplement accepté cet état de fait : vous possédez des pouvoirs magiques, il faut juste apprendre les sortilèges pour les utiliser. C'est bien cela ? Finalement, vous êtes comme le premier moldu venu. Ils savent que l'électricité existe, ils appuient sur un bouton, ils allument une lumière ou tout autre appareil, et voilà, le tour est joué ! Pourquoi vouloir en savoir plus ? Si vous voulez progresser, il va falloir vous rendre compte de ce qui se passe en vous. Il va falloir arriver à connaître votre corps et les sensations que vous ressentez. Pourquoi le sort n'a pas fonctionné la première fois ?
-Parce que je n'ai pas voulu le jeter sur vous… » Hermione a parlé d'une voix basse et honteuse.
« On est bien d'accord. Vous avez refusé de le faire, et votre magie n'a servi à rien à ce moment-là. Que s'est-il passé la seconde fois ? » insiste-il.
« Je me suis mise en colère, je n'avais qu'une envie : vous faire taire ! » lui dit-elle d'une voix claire.
« Oui Miss Granger, c'est cela ! Vous avez vraiment eu l'intention de me jeter ce sort. Pourquoi vos camarades ont-ils toujours eu autant de mal à jeter leurs sorts ? » Snape la pousse à entrer dans la compréhension de ses émotions, ce qui n'est pas un exercice facile.
« Parce qu'ils n'ont jamais vraiment voulu les réussir » lui répond Hermione qui entrevoit ce que Snape veut lui démontrer.
« Très bien, vous comprenez ! Alors d'après-vous, que se passe-t-il quand vous avez décidé réellement de lancer un sort ? Que se passe-t-il en vous, Miss Granger ? Sentez-vous ces particules de magie dans votre corps ? » Il lui montre son propre corps, pour lui faire comprendre combien la magie agit physiquement sur eux, les sorciers.
« Oui professeur, je les sens ! Je n'y avais jamais prêté attention ! Mais c'est vrai que je ressens toujours quelque chose… A part la chaleur, je peux sentir un bouillonnement, ou des frissons… Oui, c'est comme si quelque chose se mettait en route dans mon corps, plus ou moins fort en fonction du sort que j'utilise ! » affirme-t-elle enfin. Snape la voit essayer de se souvenir des sensations si particulières qui se produisent à chaque fois qu'elle utilise la magie.
« Oui, Hermione! Ce que vous ressentez, ce sont ces particules de magie qui s'activent, qui vous font vibrer. Vous agitez votre baguette en direction de la personne ou de l'objet concerné, pourquoi ? » Hermione se pose un instant, puis le regarde de son air qui veut dire qu'elle commence à cerner son sujet.
« … Parce qu'elle me sert d'antenne, d'amplificateur ! Elle recueille l'énergie magique que je crée pour la renvoyer vers sa cible ! » Il la voit s'agiter lorsqu'elle lui donne cette réponse. Il retrouve son étudiante si désireuse de trouver les réponses !
« Mais encore, continuez ! Qu'a de particulier votre baguette, Miss Granger ? »
Hermione est désormais animée par cette force si caractéristique, sa façon de penser, ce bouillonnement incessant dans sa tête, qui ne s'arrête pas, même si elle le voulait. Son cerveau se met à fonctionner à cent à l'heure, les idées lui venant à toute vitesse, et elle les attrapant pour les agencer, et former un schéma logique.
«… Voyons… Elle est composée de bois de vigne et de ventricule de dragon, qui sont eux-mêmes emplis de particules magiques… la vôtre est différente… donc chacun a besoin d'avoir sa propre baguette, de composition différente, qui ne réagit pas de la même façon avec un autre sorcier… » Hermione se met à réfléchir vite, cherchant les connexions entre tous ces éléments. Snape la regarde puiser au fond d'elle-même pour développer sa propre théorie, comme il l'avait fait lui-même plus jeune. Il sait bien qu'elle finira par trouver le bon chemin. Il aime la voir si passionnée ! Il avait bien senti qu'elle semblait comme éteinte lorsqu'ils se sont revus. Mais dès qu'il lui avait proposé de la prendre avec lui, son regard s'était de nouveau illuminé. Sa flamme n'attendait que l'étincelle qu'il lui a donnée.
« Vos conclusions, Miss Granger… » la pousse Snape. Elle enchaîne alors les phrases à toute vitesse.
«Oui, attendez, encore un instant… Je suis composée de particules magiques… Ma baguette également… C'est comme une potion, il faut que les particules magiques du sorcier puissent se mêler au mieux à celles de la baguette. Si ce n'est pas le cas, la baguette ne réagit pas bien, les sorts sont altérés… De plus, ces particules interagissent entre elles, à condition que j'arrive à les activer convenablement, en leur donnant l'énergie pour le faire, par le biais de ma volonté et de mes véritables sentiments d'y parvenir, PROFESSEUR!» finit-elle dans un cri.
« OUI, miss Granger, vous avez compris ! » Snape la regarde d'un air satisfait ! Bien sûr qu'elle a compris, elle est comme lui, à chercher encore et encore pour trouver la solution. Il la voit continuer à se concentrer pour aller encore au-delà.
« J'avais besoin que vous m'énerviez pour avoir l'énergie nécessaire pour activer ma magie de manière plus puissante et prendre l'ascendant sur vous! » affirme-t-elle.
« Et auriez-vous eu besoin de cette même colère sur l'un de vos amis ? »lui demande-t-il pour l'emmener encore plus loin dans son raisonnement.
« Non, parce que ça ne m'aurait posé aucun problème de le faire sur eux, je n'ai pas le même rapport avec eux qu'avec vous, je n'ai pas la même barrière. » affirme-t-elle au professeur. Bien sûr que jeter un sort à ses amis et à Snape, ce n'est pas la même chose… Il n'y a pas les mêmes conséquences, non plus ! Après tout, comment être sûre que Snape ne va pas se venger après qu'elle lui ait jeté un sort, même si c'est lui qui lui a demandé !?
« Bien Miss Granger, je vois que nous avançons ! Pour résumer, nos particules magiques sont inertes jusqu'au moment où nous les éveillons et leur stipulons d'effectuer telle ou telle chose. Nous les dirigeons vers un objet par exemple, et elles prennent le pouvoir sur ce qui compose cet objet, pour le manipuler comme nous le voulons. Pour agir sur une personne, il faut que celle-ci soit surprise, posséder moins de magie, ou avoir plus de volonté qu'elle pour réussir votre sort. Ca a été le cas avec moi, il y a quelques instants, vous avez donc pris le pouvoir sur moi pour me faire taire ! Félicitations, Miss Granger, j'espère que vous avez apprécié ce moment, ça ne risque pas de se reproduire de si tôt ! » cnclut-il.
« Oui, mais vous le vouliez bien… » dit-elle doucement.
-Oh croyez-moi, vous vouliez réellement que je me taise, vous ne m'avez pas laissé le choix ! Comprenez-vous désormais pourquoi certains sorciers sont particulièrement puissants ? Certains ont une magie beaucoup plus présente que chez d'autres, mais ils ont surtout la volonté profonde de parvenir à leurs fins. Ils savent puiser au plus profond d'eux-mêmes et sont convaincus des actes magiques qu'ils déclenchent. Et la haine, la vengeance, le plaisir de faire souffrir, sont des émotions tellement intenses que les êtres les plus noirs ont été la plupart du temps les plus puissants !
- … Comme vous professeur ? » Hermione n'a pas pu s'empêcher de laisser échapper ces mots, et le regrette déjà en voyant le regard que Snape lui jette. Il se radoucit néanmoins très vite. N'avait-elle pas raison… Devait-il lui répondre ? Bien sûr, il lui a promis en la prenant avec lui… Et il en a envie aussi, il ressent le besoin de dire les choses à cette femme dont le retour à Poudlard l'a chamboulé. Pourquoi pas après tout… Il ne va pas lui apprendre beaucoup plus qu'elle ne sait déjà, mais ce sera lui qui va lui dire, lui…
« Oui Hermione, j'ai été parmi les plus dangereux. Vous ne saurez jamais jusqu'où je suis allé, mais je vous assure que je me suis retrouvé à un moment où je ne me donnais plus aucune limite. Si j'étais l'homme que vous savez, c'est parce que, comme je viens de le dire, ma haine, mon envie de vengeance, de tuer ceux qui se sont dressés devant moi étaient plus forts que tout ! Et croyez-moi, j'ai eu de nombreuses occasions de pouvoir libérer ma colère. Et ma magie n'en a été que plus puissante, pour détruire toujours plus! Vous pensez sans doute ô combien je suis un être abject, vous en avez le droit car c'est vrai ! J'ai été un assassin parmi les assassins, œuvrant chaque jour sous les ordres de son maître, sans aucun regret. Je n'ai cherché qu'à faire grandir cette magie qui m'envahissait tellement ! Je me sentais tellement fort, Hermione ! Invincible !… Mais vous savez déjà tout cela. Vous vouliez m'entendre vous le dire. Cela change-t-il quelque chose à mon image qui est de toute façon si pitoyable? » Il sait que ce qu'il vient de lui dire l'a touchée. Il ne cherche pas à maquiller ce qu'il a été. Elle voulait savoir, mais va-t-elle pour autant accepter d'entendre tout cela ?
« Je ne sais pas quoi vous dire professeur… Je... Je sais bien que vous avez été un Mangemort puissant, et que vous avez agi de la pire des manières qui soit. Je vous ai haï tellement longtemps ! J'ai voulu vous voir mort tellement de fois ! Vous auriez pu nous tuer, nous ne comprenions pas pourquoi vous ne le faisiez pas.» Elle lui répond avec l'honnêteté qu'il lui connaît, et n'en attendait pas moins d'elle.
« Bien sûr que j'aurais pu vous tuer ! Ca aurait été tellement facile ! Et j'y ai pensé plus d'une fois. Je crois que je n'ai jamais autant détesté des élèves! » Il lui a répondu sans détour sur les sentiments qu'il ressentait pour eux lorsqu'ils étaient plus jeunes. Après tout, au point où ils en sont, autant tout se dire…
« Oh ! Eh bien, vous nous l'avez bien fait comprendre professeur, nous avons bien reçu le message ! Si nous sommes devenus plus forts, c'est aussi pour nous défendre face à vous. Nous aussi, c'est notre haine pour vous et vos semblables qui nous a poussé à évoluer. » Hermione commence à comprendre que même eux, à leur niveau, et pour se défendre, ils ont usé des mêmes sentiments noirs qu'ils ont reprochés à Snape et aux autres disciples de Voldemort. Ils n'étaient finalement pas si différents d'eux de ce côté-là.
« Vous m'avez donné toutes les raisons de vous maudire tous, y compris vous, miss-je-sais-tout-Granger ! Mais vous êtes encore là, vos amis aussi... Je n'ai finalement pas été tout à fait celui que vous pensiez, mais j'aurais pu… Même si j'ai développé ma magie pour de sombres raisons, je vous rappelle que cette même magie, si puissante, m'a également servi à protéger Mr Potter. Et vous. Et toute l'école finalement. Si je n'avais pas connu la haine et développé mes pouvoirs, je n'aurais sans doute jamais été assez puissant pour offrir ma protection à qui que ce soit face à Voldemort et aux Mangemorts. Regardez Mr Weasley, ce gentillet Mr Weasley… Je n'ose même pas appeler ce qu'il fait comme étant de la magie ! Pitoyable ! Vous sentiez-vous en sécurité avec lui, Miss Granger ? J'en doute fort ! Par contre, Mr Potter, aussi piètre sorcier qu'il était, a su développer ses facultés, grâce à sa volonté de vous protéger tous, y compris de moi. Je vous parlais de la haine qui décuple les pouvoirs, mais l'inverse est aussi vrai, vous le savez. Lily a offert la protection la plus puissante pour protéger son fils face à Voldemort, si fort pourtant ! Je vous explique tout cela pour vous faire comprendre le travail que vous devrez avant tout faire sur vous pour apprendre et progresser. Tout cela n'est pas qu'une affaire de formule à invoquer. Il faut que vous arriviez à faire surgir de vous la puissance dont vous avez besoin pour vos sortilèges. A la contrôler aussi. Imaginez-vous en train de prononcer un 'ouvre-porte' un jour où vous serez en furie, et nous aurons du petit bois à mettre dans la cheminée au lieu de simplement une porte ouverte!
-Oui, j'ai compris. Finalement, je dois apprendre à contrôler mes émotions pour développer mes pouvoirs magiques. Professeur… Merci de m'avoir parlé comme vous l'avez fait… »
Snape regarde les yeux noisette de la jeune femme, et y voit la confiance qu'elle a en lui malgré tout ce qu'il vient de lui dire. De son côté, il a senti un poids s'enlever. Non pas qu'il ressente vraiment la honte de son passé, car après tout, cela avait été son choix, et il avait fait ce qu'il pensait suffisant pour ne plus avoir à s'expliquer là-dessus après avoir tant donné à Dumbledore et à l'Ordre du Phénix. Il ne changera pas ce qu'il a été. Mais, il a ressenti le besoin de savoir si Hermione allait le rejeter une fois qu'il lui aurait dit tout cela. Il voulait être sûr qu'elle désirait toujours rester auprès de lui. Elle n'aurait pas pu mieux réagir, et il lui en était reconnaissant… Lui reconnaissant ? Il en est arrivé à ce point ? Bon sang, cette femme lui a vraiment jeté un sort !
«Je n'ai fait que respecter ce que j'ai promis en vous prenant comme apprentie, ne me remerciez pas. Allez, venez avec moi dans la salle des duels, nous allons voir si vous avez réellement compris »
Et ils partent d'un pas qui montre l'empressement qu'ils ont à mettre en pratique cette première leçon. Hermione ne regrette finalement pas cette première journée qui lui a déjà tant apporté ! Elle n'avait jamais pensé à toutes ces choses que lui a dites Snape. Elle ne s'était jamais concentrée sur ce qu'elle ressentait en faisant de la magie, comme si elle avait décidé d'ignorer son corps. Snape lui a ouvert les yeux sur une partie inconnue d'elle-même. Elle comprend désormais beaucoup de choses sur cet homme. Certes, il a puisé dans son côté le plus noir, notamment par rapport à sa haine du père de Harry et de ses amis qui lui en ont tant fait voir lorsqu'ils étaient jeunes. Mais il a aussi su développer d'autres sentiments pour être capable de se servir de ses grands pouvoirs pour les protéger. Il fallait vraiment qu'il ait une grande volonté pour y arriver. Il lui aurait été tellement plus facile de rester cet être mauvais qu'il a été pendant si longtemps. Hermione se prend à admirer Snape, lui qui a dû faire preuve de tellement de courage pour en arriver à ce qu'il est aujourd'hui.
Snape, de son côté, sent bien toutes les émotions qui envahissent Hermione. C'est ce qu'il voulait. Il faut qu'elle se libère de ses entraves pour avancer et qu'elle apprenne à se connaître de manière plus approfondie. Etre capable de décupler sa volonté pour pouvoir faire grandir sa magie. Il ne lui demandera pas de devenir comme lui, elle ne le pourrait pas de toute façon. Elle est droite, veut respecter les lois, ne pas faire le mal, et au contraire, apporter le bien autour d'elle. Il lui jette un regard, la voit avancer, déterminée, le suivant aveuglément, comme il lui avait demandé. Elle va y arriver, même s'il doit pour cela la pousser à bout. Elle a en elle beaucoup plus qu'elle ne le croit. Elle semble sûre d'elle, mais il sent aussi sa fragilité et ses doutes. Il faudra du temps, mais rien ne les presse... Ils arrivent dans la salle, où Hermione se demande ce que le professeur a en tête…
« Professeur… Nous n'allons pas nous battre… ? Je pensais que je survivrai à mon premier jour vous savez… » lui dit-elle dans un sourire.
« Miss Granger… Je viens de passer un long moment à user de ma salive à vous expliquer un certain nombre de choses, alors, non, je ne vais pas vous faire disparaître maintenant ! Prenez place, et tenez-vous prête ! »
Hermione se met à un bout de la salle, baguette en main, prête à se défendre contre… elle ne sait pas quoi. Snape sait qu'elle ne va pas beaucoup aimer ce qu'il va lui faire vivre. Il va la forcer à se rendre compte de tout ce dont il vient de lui parler, et du fait que ses sentiments et ses émotions vont lui jouer des tours. Il ne lui donne pas les règles du jeu, il faut qu'elle apprenne par elle-même. Il sort sa baguette et invoque :
« DRAGO DUPLEX, APPARITUS ! »
Et un Drago apparaît soudain, avec un air menaçant, prêt à jeter un sort contre Hermione qui réagit au quart de tour.
« EXPELLIARMUS ! » Elle désarme rapidement le clone de Drago qui disparaît aussitôt. Snape est satisfait de voir que cette femme, qui a fait la guerre, a gardé sa vivacité d'action. Et pourtant, elle va être très vite confrontée à un dilemme…
« Eh bien Miss Granger, vous n'avez pas perdu vos réflexes ! Vous n'avez pas beaucoup apprécié Drago pendant toutes ces années, n'est-ce pas ? Vous vous êtes servi de votre aversion pour lui pour vous défendre, est-ce que je me trompe ?
-Heu… Non, effectivement… Je sais comment il peut être, il faut que je reste méfiante !
-Très bien. Voyons maintenant ce que vous allez faire… »
Snape sait que la jeune femme va avoir un problème avec le double qu'il va faire apparaître. Hermione se laisse trop contrôler par ses émotions, il va vite s'en rendre compte.
« RON WEASLEY DUPLEX, APPARITUS »
C'est désormais un Ron Weasley, méconnaissable, mauvais, qui se retrouve face à Hermione qui se sent décontenancée.
« Quoi ? Mais… » Hermione ne comprend pas ce qui se passe, et pourquoi Ron la regarde comme ça, et commence à sentir la panique l'envahir.
« EXPELLIARMUS ! » La copie de Ron vient de jeter son sort contre Hermione, avant de disparaître. La jeune femme se retrouve à terre, désarmée, et perdue face à ce qui vient de se passer.
« Mais professeur… ! » Hermione se remet debout avec peine, rouge de confusion.
« Quoi, Miss Granger ! Vous n'êtes pas capable de vous défendre face à Mr Weasley ?
« Mais, c'est Ron !
« Non, Miss Granger, ce n'est qu'une image qui avait l'apparence de Mr Weasley. Vous avez interprété cette image comme n'étant pas dangereuse, parce qu'elle ressemblait à votre ami, et vous vous êtes retrouvée au sol. Vous n'avez pas su analyser la situation. Pourtant, n'avait-il pas la même attitude que le Drago d'avant ?
-Je ne sais pas… » Hermione a bien vu que ce Ron la regardait comme si il voulait la tuer, mais elle ne pensait pas cela possible et n'a pas pu réagir. Snape ne la laisse pas réagir, et l'interpelle de nouveau.
« Il va falloir savoir ! Recommencez ! SNAPE DUPLEX, APPARITUS
-Par Merlin, non, pas vous ! » se met à crier Hermione.
Un Snape plus vrai que nature est désormais face à elle. Hermione pâlit d'un coup, ce que voit Snape qui comprend que la jeune femme ne réagira pas.
« Défendez-vous tout de suite Hermione ! » lui crie-t-il.
Trop tard, le clone dégaine sa baguette, mais cette fois, le sort d'Experlliarmus est plus puissant que celui de Ron. Hermione se retrouve éjectée au loin, sa tête rebondissant contre le sol. Elle se retrouve assommée, le professeur accourant vers elle pour vérifier que rien de grave ne lui estarrivé. Il la redresse et voit qu'elle a vraiment été choquée, un filet de sang coulant de son cuir chevelu.
« Miss Granger, répondez moi ! Miss Granger !
-Pourquoi… vous m'avez fait ça… ? Je n'ai pas pu… Oh, je ne me sens pas bien…» Snape la soutient pendant que sa tête part en arrière. Hermione a perdu connaissance. Snape se met alors à s'invectiver lui-même à voix haute.
Pauvre imbécile que tu es ! Tu n'as pas pu t'en empêcher ! Tu as voulu lui montrer que tu es plus fort qu'elle ! … Allez arrête de te mentir…Tu voulais voir si elle voulait se défendre face à toi… Si elle te voyait toujours comme un ennemi…Tu as gagné, Snape, maintenant, elle sait que tu es toujours dangereux ! fulmine Snape.
Il n'a pas le choix, il doit l'emmener à l'infirmerie, pestant contre lui-même et sa stupidité. Il la prend dans ses bras et la soulève délicatement. La tête de la jeune femme se pose sur son torse. Son corps recueille la chaleur de la jeune femme évanouie. Etrangement, il aime ce contact, alors qu'il aurait dû au contraire en vouloir à Hermione qui l'oblige à s'occuper d'elle. Il la regarde un instant, se demandant ce qu'elle penserait si elle savait qu'elle était dans ses bras…
Arrête et emmène-la, imbécile ! se dit-il.
Il se dirige rapidement vers l'infirmerie, où Mme Pomfresh l'accueille.
« Severus ! Que s'est-il passé ? » lui demande-t-elle inquiète.
« Que croyez-vous Mme Pomfresh ? Miss Granger ne supporte pas mon entraînement et tourne de l'œil dès que je hausse le ton ! » lui répond Snape de sa voix glaciale.
« Arrêtez-donc Severus, et déposez-la dans ce lit ! » dit l'infirmière sèchement en désignant un lit.
Il dépose le frêle corps de la jeune fille, aussi léger qu'une plume. Il a du mal à se l'avouer, mais Il aurait aimé la garder encore un peu contre lui. Il a ressenti l'envie de prendre soin d'elle, ça ne lui était pas arrivé depuis…
Lily, tu le savais… Je ne voulais pas te croire… Regarde où j'en suis aujourd'hui ! Je me sens comme un imbécile qui ne sait pas comment réagir ! Tellement stupide ! se dit-il.
Il voudrait qu'Hermione ouvre les yeux, lui hurle dessus, pour lui donner l'occasion de hausser le ton et reprendre contenance. Au lieu de cela, il reste là, à regarder Mme Pomfresh lui prodiguer les soins dont elle a besoin. Ce n'est qu'une plaie superficielle, ça ne devrait pas compter pour lui. Pourquoi réagit-il ainsi ?
« Severus, vous pouvez partir, je m'en occupe, elle n'a rien de grave. Je vais soigner sa tête et la laisser reprendre ses esprits. Il ne lui faudra pas longtemps pour redevenir elle-même, elle sera de nouveau prête à subir votre enseignement ! Mais Severus, ménagez-la un peu si vous voulez la garder avec vous.
-Regardez-la, Mme Pomfresh, elle n'est même pas capable de supporter un tant soit peu de dureté dans mon cours ! … Eh bien, puisque vous insistez, je vais en venir à des méthodes… plus douces… ! »
Il lui dit cela d'une voix ironique mais Mme Pomfresh connaît bien Severus depuis très longtemps. Son petit jeu ne prend pas avec elle. D'abord, depuis quand ramène-t-il une élève dans ses bras pour si peu de choses ? Normalement, il résout ça en laissant l'élève en question sur le sol, et qui ira elle-même à l'infirmerie après le cours. Sans compter les heures de retenues pour avoir perturbé le cours.
« Allez donc voir ailleurs si j'y suis ! Miss Granger n'a pas besoin de vous avoir dans ses jambes à son réveil. Allez, oust ! » Et elle pousse Snape vers la porte d'un geste brusque.
Avant de partir, Severus offre un sourire amusé à Mme Pomfresh qui le lui rend bien. Il sait qu'il part en laissant Hermione entre de bonnes mains. Malgré cet incident, cette journée reste pour lui une bonne journée, intéressante à tout point de vue. Hermione est toujours aussi vive d'esprit, ça il n'en doutait pas. Ca lui a aussi permis de voir que la jeune femme était réellement perturbée par lui. Sa première réaction, lorsqu'il a fait apparaître son double, aurait du être de lui jeter un sort puissant pour se débarrasser de lui, le sale bâtard de professeur de potions. Elle aurait pu le faire, il le sait, il l'a déjà vu ne laisser aucune chance à des sorciers qui l'ont attaquée. Elle n'a pas pu se défendre face à lui. Tout comme ça a été le cas ce morveux de Weasley. Intéressant…
De retour dans ses appartements, il s'assoit sur le canapé et réfléchit à la suite qu'il va donner à son enseignement. Il a promis qu'il allait changer de méthode à Mme Pomfresh, et c'est ce qu'il va faire…
Oh Hermione, tu n'as pas fini d'être surprise… Demain sera un autre jour, je pense que tu ne seras pas déçue… Ca risque de me plaire tout ça… Snape se dit cela, avec un sourire diabolique, savourant d'avance ce qui va se produire bientôt.
Plus tard, il retrouve la directrice à la table des professeurs, celle-ci lui faisant signe pour qu'il vienne à côté d'elle pour le dîner. Snape repère Hermione à la table des Gryffondor. Apparemment, elle a bien récupéré, ce dont il ne doutait pas. Elle est occupée à prendre son repas, sans un regard autour d'elle, si ce n'est vers Ginny à côté d'elle.
« Eh bien Severus ! Mme Pomfresh m'a dit que Miss Granger a fini à l'infirmerie, dès le premier jour ? Ne croyez-vous pas que vous y allez peut-être un peu fort ? » le gronde-t-elle d'une voix sévère.
« Minerva, nous parlons d'Hermione Granger ! On ne parle pas de n'importe qui à ce que je sache ! L'avez-vous déjà vu abandonner pour une si futile raison qu'une petite plaie à la tête?
-Oh, je vois…Alors, vous pensez que quoi que vous fassiez, elle acceptera tout venant de vous… ?
-Mais bien sûr ! Je lui ai donné mes conditions avant de commencer, et elle a accepté ! Vous étiez là, à ce que je sache ! » affirme-t-il en se redressant.
« Je trouve cela un peu facile, même venant de vous Severus. Vous savez qu'elle fera tout pour vous satisfaire, alors ne jouez pas avec elle ! » s'insurge Minerva, décidée à ne pas laisser Severus jouer avec Hermione comme un chat avec une souris.
« Ma façon de faire ne vous regarde pas, Minerva. Je ne cherche qu'à atteindre mon but, et je décide du comment je veux y parvenir ! » Snape a parlé d'un ton cassant, reprenant le masque du professeur que tout le monde connaît.
Minerva soupire. Cet homme va la rendre chèvre, assurément. Elle se demande s'il va se décider à agir comme il le devrait avec Hermione. Elle a pourtant essayé de le rassurer en lui faisant comprendre que son attirance envers elle était naturelle, et qu'il pouvait tout à fait concevoir quelque chose avec elle. C'est comme si il s'était fermé ce soir. Elle va vraiment avoir du mal avec lui, mais compte bien continuer à l'encourager vers cette voie qui semble lui faire peur.
« Severus, je pense qu'il faudrait que vous alliez voir miss Granger après le dîner, pour lui indiquer ce que vous comptez faire demain. Et s'il vous plaît, essayez de faire un effort avec elle… » l'implore-t-elle.
« Mais bien sûr que je vais aller la voir ! Quant à faire des efforts, ça me regarde ! Ne vous inquiétez-pas pour elle, elle survivra encore demain, et les jours suivants. Je compte bien la garder avec moi un bon moment, Minerva ! Ce n'est pas tous les jours qu'on peut avoir une miss-je-sais-tout comme elle rien que pour soi !
-Severus, cessez ce petit jeu. Je vois bien que vous essayez de vous retrancher dans votre ancienne attitude, mais ça ne prend pas avec moi. Faites attention de ne pas tout gâcher, Severus. A force de trop vouloir jouer, on finit par perdre, pensez-y… » Et Minerva se replonge dans son assiette, ne prêtant plus attention au professeur à côté d'elle.
Le repas se termine en silence. Snape se lève quand il voit Hermione prête à quitter la salle et la rejoint dans le couloir où elle se trouve avec Ginny.
« Bonsoir Miss Weasley » dit Snape à l'étudiante.
« Bonsoir professeur.
- Je voudrais m'entretenir avec miss Granger, elle vous rejoindra après » dit-il à Ginny d'un ton sans appel.
« Très bien. Bonne soirée professeur. » Elle adresse un petit signe à Hermione avant de partir.
« Je vois que vous allez mieux, Miss Granger !
-Oui, professeur. Ce n'était pas grand-chose. » lui répond-elle en portant sa main à sa tête qui lui fait encore mal.
« Bien ! Nous attendrons un peu avant de reprendre la pratique des sortilèges de défense. Vous avez besoin d'entraînement. Je n'ai pas pensé au fait que vous n'aviez peut-être pas expérimenté tout cela depuis longtemps. Nous avons le temps, nous allons donc revenir à des choses plus tranquilles : les potions. Vous me rejoindrez demain matin pour le cours !... Que se passe-t-il miss Granger ? Y a-t-il quelque chose que vous désirez me dire ?
-Je suis tellement… honteuse pour ce qui s'est passée, professeur ! Je n'ai pas été capable de réagir, ce n'est pas normal !
-C'est à moi d'en juger, miss Granger. Je savais qu'en vous prenant, j'aurais du travail avec vous ! Je ne m'attendais pas à ce que vous deveniez mon égale… d'un coup de baguette magique ! Vous avez beau être Hermione Granger, vous n'en êtes pas moins quelqu'un qui a besoin d'apprendre. Et heureusement pour vous, j'ai plus de patience aujourd'hui que je n'en ai jamais eue auparavant ! En tout cas, avec vous ! Je n'en dirais pas autant des cornichons qui me servent d'élèves… Vous le constaterez vite vous-même.
-Dois-je m'attendre à quelque chose de particulier pour demain ? Je vais regarder mon livre de potions ce soir, pour être sûre cette fois-ci de ne pas vous décevoir.
-Tout n'est pas écrit dans les livres, Miss Granger. Et pour demain, vous verrez bien. Vous saurez faire ce qu'il faut, nous serons avec les élèves, je ne peux pas vous faire faire n'importe quoi en leur présence. Soyez à l'heure ! Bonne soirée Miss Granger !
-Bonne soirée, professeur Snape »
Severus la laisse dans le couloir, interrogative. Il attend impatiemment la journée du lendemain pour voir sa réaction sur le cours de potion…
Cette nuit-là, il est de corvée d'inspection des couloirs. Comme à chaque nuit, il y a toujours des élèves plus malins que les autres qui pensent pouvoir échapper à ses yeux de lynx. Comment peuvent-ils encore penser ça… Il ne comprendra jamais… Pourtant, le message est toujours passé aux nouveaux arrivants qu'il faut absolument éviter le professeur des potions. Ce soir, il en trouve trois tentant de se cacher dans un angle bien sombre. Les idiots. Pas très inspiré, il leur donne la punition de devoir allumer toutes les bougies de la Grande Salle le lendemain soir, une par une, ce qui risque de les occuper un bon moment.
« Eh bien, je suis contente d'avoir échappé à cette punition quand vous nous surpreniez Harry et moi »
Severus, surpris, se retourne pour découvrir Hermione derrière lui. La jeune femme s'est enveloppée dans sa cape pour se protéger de la fraîcheur de la nuit. Il remarque qu'elle ne peut néanmoins s'empêcher de frissonner. Il lui serait si facile de lui donner un peu de sa chaleur… Non, ça le reprend ! Voilà que ses idées se mettent à divaguer de nouveau ! Il sent son propre corps trembler d'un désir qu'il avait oublié… Il se rappelle son corps chaud contre le sien…
Non, ne pense pas à ça Severus. Concentre-toi ! se dit-il. Plus facile à dire qu'à faire…
« Ne devriez-vous pas être dans vos quartiers ? A moins que vous ne cherchiez à vous faire surprendre… ? Attention, cela peut se finir par une retenue dans mon bureau… » lui dit-il dans un sourire maléfique.
Hermione se met à rire.
« Oh oui, bien sûr, je sais que ça vous plairait ! Ca vous a toujours plu ! Mais ce soir, je suis moi aussi à la surveillance des couloirs. Mme McGonagall m'a également attribué l'appartement attenant au vôtre, pour que ce soit plus simple pour nous deux… Je viens de finir d'y amener mes affaires.
-Oh !...Très bien… » Alors, elle serait à côté de ses appartements cette nuit. Un simple mur les séparera dorénavant...
« Professeur Snape… ? Je ne vous ai pas remercié pour m'avoir transportée à l'infirmerie.
-Je n'allais pas laisser mon apprentie par terre, je n'en ai qu'une, j'essaie de la garder… » Il la regarde prendre son air étonné. Ca l'amuse tellement de lui offrir un Snape qu'elle ne connaît pas.
« Oh !... » Elle ne lui dira pas qu'elle s'était réveillée quelques instants alors qu'il la tenait dans ses bras pour aller vers l'infirmerie. Elle ne lui dira pas comme elle s'était sentie bien contre lui. Certes, il était fautif de sa blessure, encore qu'elle l'était tout autant de ne pas avoir réagi devant son double, mais elle ne lui en voulait pas du tout. Elle avait été surprise par sa propre réaction. Ou plutôt, de sa non réaction. Elle n'est pas arrivée à savoir si c'était la peur de ne pas être à la hauteur ou la peur de le blesser qui l'avait fait réagir ainsi. Elle sait juste qu'il la trouble suffisamment pour la perturber dans tout ce qu'elle fait.
« Vous ne risquerez rien demain, je peux vous l'assurer. Je ne vais pas passer mon temps à vous transporter à l'infirmerie ! Bonne nuit, Miss Granger, nous nous retrouvons demain !
-Bonne nuit, professeur Snape »
Chacun reprend sa ronde solitaire, qu'aucun autre élève ne viendra perturber.
