Titre : L'aube

Raiting : PG-13

Auteur : Potions et Botanique

Fandom : Harry Potter

Pairing : Draco/Neville


Agricol Malfoy : Ses dates sont inconnues officiellement. Les Malfoy refusent de communiquer sur cet ancêtres, néanmoins, il semblerait qu'il ait participé à une révolte des Gnomes au cours du 14ème siècle.


La vie dans Poudlard en guerre est un étrange mélange de quotidien et de terreur. Parfois, tout semble normal : les mêmes murs, les mêmes professeurs, les mêmes camarades et le même enchaînement de cours. Et puis, tout d'un coup, vous tournez la tête et la silhouette à la place du Directeur n'est pas la bonne, et puis la salle de classe semble vide avec tant d'absence, et puis tout d'un coup, vous entendez les cris montant d'un bureau de professeur…

Pour les jeunes amoureux, le silence est de mise. Et Draco et Neville ont assez de jugeote pour savoir que leurs amours balbutiantes leur vaudraient bien des ennuis si cela se savait. Alors, ils jouent profil bas….

Oui, même Neville.

Dans ce domaine, en tout cas.

Dans ce domaine seulement, plutôt.

Draco a appris par Vince et Pansy que Neville a été capturé plus tôt dans la soirée par les Carrow eux-mêmes. Pourquoi ? Peut-être simplement pour leur avoir mis des bâtons dans les roues à chaque occasion. Est-ce qu'ils ont encore besoin d'un prétexte ? Même si apparemment, ils en ont un cette fois-ci. Visiblement, le brun était en train de peindre sur les murs de leurs classes des magnifiques "Potter vaincra !" et autres "Voldemort mourra". La rumeur prétend même qu'il y avait "Carrows = honte sorcière". Autant dire qu'il n'a pas besoin d'être voyant ou doué dans la classe de Trelawney pour deviner que le frère et la soeur sont absolument furieux et que Neville va en subir les conséquences.

La seule chose est que Draco vient seulement de l'apprendre, près de deux heures après la capture de Neville et qu'il doute à cet instant qu'il puisse changer quoi que ce soit à la situation. Même en l'ayant su plus tôt... Est-ce qu'il aurait osé, est-ce qu'il aurait eu le courage d'agir ? Est-ce qu'il aurait même su quoi faire pour porter secours sans qu'ils se trouvent tous deux dans une sale situation ?

Il se tord les mains, manque d'aller trouver Severus et tout lui avouer et le supplier, hésite, Merlin…

Et puis la décision est faite pour lui quand la porte de sa chambre s'ouvre, d'un seul coup, et que Neville s'effondre littéralement sur le seuil en une masse désarticulée. Draco bondit de son lit, attirant le brun suffisamment dans la pièce pour que le passage se referme et que Neville soit caché de tous. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il regarde celui-ci.

Neville lui parait livide, pire qu'un Malfoy ce qui n'est jamais un bon signe chez un être vivant, mais surtout, il y a du sang qui coule de son nez, d'une espèce de balafre qui marque la racine de l'appendice.

Draco a vu assez de bagarres, que ce soit en tant que préfet ou en tant que participant de celles-ci, pour deviner que le nez de Neville est peut-être cassé. Il aide le brun a se relever pour l'installer sur son lit.

- Comment est-ce que tu te sens ? Demande-t-il, inquiet, hésitant entre le laisser pour aller chercher de quoi le soigner et rester avec lui pour qu'il ne soit pas seul.

- Bah drop la forme, avoue Neville, la voix déformée et nasale, des bulles de sang au coin des narines. Bésolé. Bas Pomfresh. Elle aurait bes broblèmes… Et l'AD… Non.

Il secoue la tête. Il a l'air sonné, rien n'est clair, et si seulement ses oreilles voulaient bien cesser de siffler !

- Bardon, finit il simplement par dire.

Il ferme les yeux très forts parce qu'il est à peu près sûr que les points noirs dans sa vision ne sont pas censés être là.

Draco hésite, avant de déposer un baiser aussi léger que possible sur le front de Neville.

- J'ai de quoi désinfecter tout cela et… Disons que mon père n'a jamais envisagé qu'il soit tolérable que son héritier puisse avoir le visage déformé par un nez cassé ou ce genre de chose, alors, je connais le sort. Si tu veux, je… Je peux essayer.

C'est difficile de le proposer, car au final, c'est aussi se mettre en position de faiblesse, de prendre le risque que Neville refuse parce qu'il n'a pas assez confiance en lui. Néanmoins… Il ne peut pas le laisser comme ça. Ce serait criminel. Enfin, plus que le reste.

- Zi ge reste avec le bez tordu, tu auras blus le droit me quitter, plaisante Neville vaillamment.

Draco attire à lui, d'un geste du poignet, un des derniers colis de Narcissa. Elle s'obstine à le couvrir de sucreries, alors qu'il n'aime pas particulièrement cela. Il a laissé Greg et Vince prendre ce qu'ils voulaient dedans. Il a juste mis de côté quelques chocogrenouilles, plus par habitude datant de l'époque où sa collection de cartes avait encore un intérêt à ses yeux, et les batraciens chocolatés sont encore dans le paquet avec des violettes cristallisées que les deux autres garçons n'aiment pas. Vu la couleur de Neville -ou plutôt son absence- un peu de sucre ne peut que lui faire du bien. Le Gryffondor finit par accepter une patte de grenouillle, puis le reste du chocolat.

- Bu aurais un berre d'eau, s'il de blaît ? Finit il par demander.

Il n'en boit que la moitié, s'arrête, de grandes respirations lentes pour essayer de combattre la nausée que le peu qu'il a dans l'estomac a suffit à déclencher.

- Ok. Essaye le zort, demande-t-il ensuite.

Dans d'autres circonstances, il se crisperait en voyant la baguette de Draco pointée vers lui. Il a confiance mais la guerre engendre des réflexes qui deviennent vite une seconde nature et sont tout ce qui sépare le sorcier mort de celui qui vivra un jour de plus.

Là, c'est surtout la preuve de l'état terrible de Neville et il se contente de loucher sur la baguette. Il commence à voir double et, franchement, l'inquiétude est presque en train de transpercer le coton du choc.

Le brun a de plus en plus une mauvaise tête, alors Draco n'attend pas plus longtemps, se jetant à l'eau et croisant mentalement les doigts pour un résultat plus que positif.

- Episkey ! Fait-il avec le plus de conviction et de force qu'il a, espérant que cela influence le résultat positivement.

Avec une légère euphorie, il voit le nez de Neville bouger, faire un bruit bizarre et suspect… Avant que l'angle du nez de celui-ci ne retrouve sa forme d'origine, au soulagement évident de Draco.

- Ne bouge pas, lui ordonne-t-il, avant d'aller chercher un linge et une petite bassine dans lequel il met de l'eau et un peu de potion désinfectante. Tu iras mieux, si je finis de te soigner avant que tu ne t'agites à nouveau.

Il hésite avant d'ajouter.

- Mange un peu des bonbons. Je vais essayer de négocier un repas avec les elfes, si tu veux, mais… Ils ne m'aiment pas vraiment, reconnaît-il sans expliquer si c'est Draco lui-même le problème, le fait qu'il soit un Malfoy ou si cela tient plus au fait qu'il est affilié aux Mangemorts.

Avec le nez dans la position correcte, Neville respire plus facilement. Il laisse Draco soigner les petites coupures sur ses mains, le bleu qu'il a sur la tempe, dû au fait qu'il a traité Carrow femelle de honte de l'espèce. Il mange une autre chocogrenouille, avec l'impression que le sucre aide, puis il finit le verre d'eau.

Ce n'est que lorsque son petit-ami, satisfait avec son visage et ses mains, part à la recherche de la source du sang qui souille sa manche droite qu'il l'arrête.

- Attends. C'est… c'est pas très joli, mais c'est pas profond. Ne panique pas, d'accord.

Sur le bras qui tient la baguette, ils ont gravé "Traître au sang".

- Je connais quelqu'un qui peut me procurer de l'essence de Murlap, ça n'a pas été fait magiquement, ça partira bien. Quand ce sera soigné et en quelques applications… Dans deux semaines, il n'y aura pas de marque.

Draco est littéralement livide, malgré les explications de Neville. S'attaquer au bras qui tient la baguette… C'est grave, très grave pour un Sang-Pur. Bien sûr qu'ils se battent tous depuis des générations, qu'ils se combattent, n'hésitant pas aux coups les plus tordus et ne reculant pas devant les cadavres mais… Ce sont des guerres, des batailles entre cousins, parfois même des empoignades fratricides dans certains cas extrêmes. Alors, ce genre de choses ne se fait pas. C'est rompre un pacte tacite. Quelque chose qui tient de l'éducation. On s'entretue, mais on ne touche pas à ce bras là, pas plus qu'on ne s'assoit dans le fond de sa chaise ou qu'on ne porte du blanc à un enterrement. Ce sont des choses qui ne se font pas dans leur milieu. Pire qu'un crime, une faute d'étiquette, une faute de goût. Dire que les Carrow affirment être des Sang-Purs…

Lucius et Narcissa n'ont pas tout réussi dans son éducation, pire que victorienne, mais cela, l'honneur, c'est la base de tout pour Draco.

Le blond n'a jamais été un Mangemort enthousiaste. Il imaginait vaguement le pouvoir comme une chose enivrante, comme la première place que, depuis l'enfance, on lui promettait par sa naissance, mais il était bien trop jeune, trop protégé aussi, pour imaginer le prix du sang. Jamais il n'avait réalisé que pour arriver au pouvoir par la guerre, il fallait anéantir des personnes, et pas cette étrange nébuleuse des Sang-de-bourbes-ils-ne-sont-pas-comme-nous, qu'on lui a appris à mépriser. Mais là… C'est pire que tout. Une agression sans nom, sans raison, sur l'un des leurs, en plus. Le sang de Neville est aussi pur que l'était celui de Serpentard, probablement plus que celui de leur terrible Maître si on écoute les rumeurs. Où est le règne glorieux des Sang-Purs, quand est versé ainsi celui d'un des leurs ? Pire, le dernier survivant d'une des plus anciennes familles ? Si Neville meurt, c'est un pan de l'histoire sang-pure qui disparaît. Où est la première place promise aux vrais sorciers que glorifiait Lucius ? Draco ne voit que la violence et le sadisme dans les murs de Poudlard.

- Est-ce que… Tu es sûr de cette personne ? Demande-t-il finalement, laissant le reste de côté. Je… Je travaille sur un programme plus avancé en potion et je pourrai justifier l'apprentissage d'une potion pour en avoir, si ce n'est pas le cas.

Cela serait compliqué, mais son parrain ne poserait certainement pas trop de question. Draco a bien vu qu'il n'approuve pas la manière de faire des Carrow et Severus Snape a toujours su le comprendre à demi-mots, tant que Draco l'a laissé faire.

Pour autant, il prend d'autorité le bras de Neville et commence à le nettoyer et désinfecter, se demandant ce qu'il pourrait bien mettre dessus pour arrêter le saignement avant de se souvenir des gazes qu'il utilise pour épurer ses potions. Elles sont stériles normalement.

- Ne t'inquiète pas. Même avec les restrictions, il est bien plus impossible que ne croient les Carrows de fermer Poudlard, l'AD… On a encore les moyens de nous procurer ce qu'il nous faut.

Neville a confiance en Draco, vraiment. Il prend un risque en venant jusqu'à lui, après tout, à son état plus vulnérable. Mais il ne dira pas où il se fournit, parce que ce serait exposer quelqu'un d'autre et que cette personne n'a pas donné son autorisation de voir son implication exposée à Draco.

Et, plus cynique peut-être mais c'est un trait de caractère que la guerre a tendance à faire émerger, on ne peut révéler, par inadvertance, par colère, pour plaire à un proche ou simplement sous la pression ce qu'on ne connaît pas. Qui sait si Draco n'aura pas besoin un jour de déballer tout ce qu'il connaît d'utile pour sauver sa mère, ou un ami ?

Draco hoche la tête, sans rien ajouter, se doutant qu'il y a aussi du silence protecteur dans tout cela. C'est ce qu'il ferait en tout cas. Une fois qu'il juge que la plaie est suffisamment désinfectée, il se lève, va fouiller dans son placard où il y a plus d'affaires pour ses cours et son entraînement de potion que de vêtements.

- Je m'en sers pour les potions, mais elles sont stériles, explique-t-il à Neville, alors qu'il entoure son bras de gaze pour que le saignement puisse s'atténuer.

Il regarde son petit ami, avant de soupirer. Il déteste cette situation et un jour son coeur allait finir par lâcher. Merlin, qu'il déteste la situation. Pourquoi une telle folie...

- Tu… Restes ? Demande-t-il, en essayant de ne pas avoir l'air trop suppliant.

- Je…..

Pour la première fois, on sent une hésitation chez Neville.

- Je me sens pas très en forme pour…

Il ne complète pas. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas toujours facile pour un adolescent d'avouer qu'il n'a pas pour l'instant envie d'une de ces séances de longs baisers qui les laissent les joues rouges, les lèvres presque douloureuses et le besoin de reprendre leurs esprits un instant ? Parce qu'il a un peu du mal à avouer que tout ce qu'il désire, c'est un très chaste câlin, même si ça ne correspond pas au cliché de l'adolescent mâle viril ?

Draco a l'air piteux des adolescents à qui on a dit non, alors il tente. Il tente parce qu'il n'a pas compris. Neville ne dit pas non à rester, il ne veut pas retourner à Gryffindor pour y retrouver ce que Draco suppose être sa famille de coeur. L'idée que ce soit parce que Neville ne souhaite pas partager cette intimité qu'il adore ne l'effleure même pas, tant il est inquiet.

- Juste le temps que tu prennes une douche et que tu te reposes un peu ? Propose-t-il. Je peux même aller patrouiller ou fumer dans un couloir, si tu préfères que je ne reste pas. Tu… S'il te plaît. Repose-toi, au moins un peu avant de repartir vers Gryffindor.

- Reste. Non, s'il te plaît, reste avec moi. Je n'ai pas envie d'être tout seul.

Avec des gestes lents, qui trahissent d'autres douleurs qu'il n'est pas prêt à montrer pour l'instant, il se débarrasse de ses chaussures, grimpant entièrement sur le lit. Il y a comme une hésitation en lui. Il crève d'envie du réconfort de la chaleur de Draco, d'un bras autour de ses épaules, mais en même temps, son corps meurtri craint le contact et ses instincts animaux se rappellent que la dernière main posée sur lui n'a été que douleur.

Draco hésite. Que fait-on quand son petit-ami secret vient d'être passé pire qu'à tabac, d'être torturé par les personnes du camp auquel on appartient officiellement ? Il n'a reçu aucune leçon de savoir-vivre sur ce genre de situation. Alors, il fait avec ce qu'il est et ce qu'il peut être.

- Tu veux du thé ? Propose-t-il.

Il fait parti de ces anglais qui pensent que le thé est la réponse parfaite à tout, quelque soit la situation. Sa consommation excessive de la boisson en est certainement la preuve et Neville râle parfois qu'il est sûrement anémié, c'est pour cela qu'il est si pâle. Avant, avant la guerre, avant qu'elle ne puisse jamais être sa fiancée, Pansy plaisantait souvent qu'il devait y avoir exclusivement du thé dans ses veines, pas une goutte de sang.

- Peut-être un peu d'eau, plutôt. Juste un peu d'eau.

Du thé, bien sucré, lui fait bien envie à dire vrai, mais il n'est pas prêt à laisser Draco s'éloigner, et il connaît bien l'interminable rituel de l'autre, ce puriste de la feuille de thé, pour préparer sa boisson préférée.

Avec des gestes minuscules, hésitant comme il ne l'avait pas fait depuis leur premier baiser, il se rapproche encore un peu de Draco. Il voudrait bien un peu de réconfort, mais ne sait pas le demander.

Le blond attire à lui un verre qu'il remplit d'un sort, tendant le tout à Neville, en le regardant. Il y a clairement une hésitation, mais il finit par se jeter à l'eau, malgré des arrêts. Après tout, il ne sait pas quoi faire pour que le brun aille mieux et il veut l'aider. Même si le réconfort le plus évident -le tenir dans ses bras- ne lui vient pas à l'esprit.

- Mère… Mère se fait une sorte de massage du crâne quand… Murmure-t-il sans finir sa phrase comme souvent quand il évoque le Manoir et ses habitants. Est-ce que… Tu penses que cela te ferait du bien ?

Neville hésite, donne un petit signe de tête. C'est difficile d'à la fois désirer le contact et d'en avoir peur. Demain ça ira mieux, il le sait, par expérience hélas, mais en cet instant, il est encore un peu à vif émotionnellement.

Quand Draco le touche, Neville sursaute et a un mouvement de recul.

- Pardon. Je… je n'étais pas prêt. Vas-y.

Il aurait raté une potion de première année que le blond ne paraîtrait pas plus piteux. Évidemment, il le prend pour lui, au lieu de simplement le mettre sur le compte des évènements, Draco n'est pas très doué pour ne pas voir les choses par le petit bout de la lorgnette. Il commence à nouveau son geste, avant de s'arrêter.

- Je… Tu sais si tu n'en as pas envie, tu… Enfin, c'est pas grave. Je… Je peux comprendre.

Il y a une danse difficile, comme à chaque fois que Neville n'est pas en parfaite santé, d'hésitations, de doutes. Bref, de deux adolescents essayant de survivre à cette guerre sans trop savoir ce qu'il faut faire.

Neville serre les dents et se jette à l'eau. Draco a fait le premier geste entre eux, le tout premier, mais cela semble avoir épuisé son courage, il a toujours du mal tout de même à sembler comprendre qu'il est le bienvenue et, inlassablement, le Gryffondor montre métaphoriquement sa gorge pour rassurer l'autre sur sa disponibilité émotionnelle. Rien qu'une fois, il voudrait que Draco le prenne dans ses bras sans hésiter, que Neville n'ait pas à se poser la question, qu'il puisse simplement se laisser aller. Peut-être qu'un jour, le Serpentard sera assez fort, et assez sûr de lui, pour lui offrir cela, mais le jour n'est pas venu.

Alors Neville demande.

- Prends moi dans tes bras ?

Le sourire de Draco est solaire, en réponse. Neville ne pourrait pas lui tirer plus grande joie quelque part. Alors, il s'exécute, les attirant tous les deux sur le lit, comme il faut, les chaussures abandonnées sur le sol.

Draco n'a pas assez de confiance en lui pour agir sans autorisation, mais quand il l'a… Il glisse une main dans les cheveux de Neville, une autre autour de sa taille, mêlant leurs corps certainement plus intimement qu'il soit envisageable en restant vêtus. Il est simplement heureux, soulagé de savoir enfin quoi faire pour apporter un peu d'apaisement à Neville.

- Aussi longtemps que tu voudras, promet-il.

Et peu à peu la crispation qui habitait Neville diminue. Oh, pas d'un coup. Et pas entièrement. Mais les muscles de ses épaules, douloureux d'être noués, se détendent un peu. Il dépose son invisible fardeau, pour quelques heures au moins. Caché dans la gorge de Draco, il se laisse aller à pleurer. Le général de l'AD, et par intérim seulement croit-il, a dix-sept ans, très peur pour ceux qu'il aime, et sa colère envers le monde ne peut pas lui suffire. Pas toujours. Il a dix-sept ans et il vient d'être passé à tabac par des professeurs, dans ce qui devrait être un sanctuaire. Alors, dans les seuls bras où il se permet de sembler faible, Neville pleure.

Draco le garde contre lui, le serrant ainsi. Il murmure des sons qui n'ont ni queue ni tête, juste pour l'espoir d'arriver à lui donner un cocon où il se sentirait bien. Il ne cesse jamais, sans minimiser la douleur de Neville, sans jamais lui dire que ce n'est pas si grave.

Le blond, lui qui n'a jamais consolé quiconque avant Neville, fait de son mieux pour être un véritable soutien. Ils finissent ainsi tous les deux allongés, blottis ensemble, le visage de Neville dans la gorge de Draco. A l'abri.

Il faut bien longtemps à Neville pour s'apaiser et c'est plus probablement la fatigue qui finit par stopper ses larmes. Parce qu'il a dix-sept ans, que personne ne lui a jamais dit qu'il pouvait être faible, il en a honte ensuite et reste caché dans les bras de son petit-ami, un peu gêné.

Tellement caché que la chaleur de Draco et le confort du matelas sous lui finissent par faire leur office et que Neville s'endort !

Draco, lui, ne dit rien, restant là, une main dans les cheveux de Neville, les yeux sur son ciel de lit, où des nuages troublent le magnifique ciel bleu. Pour un peu, il pourrait croire qu'ils sont dehors, que tout le monde sache n'est pas un problème… C'est peu probable, mais… Qu'importe. Cela a-t-il encore réellement une importance ? Il en doute.

Alors, il profite de cette sensation nouvelle et agréable, de sentir son petit-ami contre lui, dormir, se reposer sans aucune crainte, dans ses bras, comme si cela était la chose la plus évidente, la plus normale dans ce monde. Comme si c'était ce qui devait être depuis toujours et pour l'éternité. Et quand il finit par sombrer dans le sommeil, deux bonnes heures après, c'est pour un sommeil profond et réparateur, un sommeil que les cauchemars ne troublent pas pour une fois : tout à son rôle de protecteur, le subconscient de Draco en oublie d'avoir peur des terreurs qui s'amoncellent sur leur monde.

Pour le tout jeune couple, la nuit se fait calme et protectrice et ils arrachent ainsi quelques heures de paix, aux horreurs de leur monde, serrés l'un contre l'autre bien plus chastement que leur âge ne le laisserait supposer.


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A dans deux semaines.