Chapitre III :
Joyeux Anniversaire !
Harry Potter éclata d'un grand rire en sortant du Magicobus, il adorait vraiment ce moyen de transport. Lila le suivit quelques secondes plus tard, saluant Ern et lui souhaitant une bonne journée, ce dernier agita le bras avec un clin d'œil et le bus violet disparut pour une nouvelle destination. Devant les jumeaux se tenait -coincé entre une grande librairie et une boutique de disque- la devanture miteuse du Chaudron Baveur. Sans se faire prier, ils entrèrent dans le pub, aussi bondé que la première fois où ils étaient venus et saluèrent Tom, le propriétaire du lieu. Avant même qu'ils aient pu s'installer dans les chaises hautes, deux verres de jus de citrouille volèrent jusqu'à eux. Partageant un sourire éclatant, les jumeaux l'engloutirent d'une traite. Cette boisson orangée au goût acidulée et sucrée était devenue leur préférée ces dernières semaines.
- Joyeux anniversaire les enfants, c'est la maison qui paye aujourd'hui ! Alors qu'avez vous prévu pour fêtez ça ? Vous n'allez pas encore embêter cette pauvre Mrs Hooper tout de même ? Renoncez, elle ne vous donnera jamais sa recette de ragoût.
- Ne t'inquiètes pas Tom, on a un nouveau plan infaillible pour l'avoir ! Mais pas aujourd'hui, aujourd'hui c'est juste notre journée, répondit la jeune fille.
Le vieux barman leur offrit un sourire édenté. Avec son crâne qui ressemblait à une noix scintillante, les jumeaux avaient fini par l'apprécier malgré son allure effrayante. Sous ses airs menaçant, Tom était en réalité un homme simple qui aimait son métier et adorait rencontrer de nouveaux clients. Ils les avait aidé à ouvrir le mur du Chemin de Traverse la deuxième fois qu'ils étaient venus et depuis les jumeaux s'arrêtaient toujours à son bar pour boire un verre de jus de citrouille. Ils parlèrent pendant quelques minutes, puis les deux enfants se dirigèrent vers l'entrée de l'allée marchande. Ils se chamaillèrent pour savoir qui ouvrirait le passage et c'est finalement Harry qui l'emporta. Avec un sourire radieux, ils glissèrent dans la rue où une foule bruyante et grouillante s'amassait devant les vitrines. Le Chemin de Traverse était bondé d'enfants surexcités et d'adolescents achetant leurs fournitures scolaire. Harry et Lila glissèrent entre les familles, passant inaperçus dans cette masse. Cet anonymat était le bienvenue, lorsqu'ils avaient décidé de continuer leurs achat deux jours après leur visite avec la directrice adjointe, un journaliste les avait mitraillé de question et bombardé de photo. Sonnés ils s'était réfugié dans une boutique qui vendait des ingrédients pour potion. La propriétaire avait accepté sans rechigner de les abriter. C'est ainsi qu'ils firent la connaissance de Mrs Hooper, de l'art des potions et de son succulent ragoût. C'était une jeune femme douce qui considérait les Potter pour ce qu'ils étaient vraiment, c'est à dire des enfants. Ils avaient passé la matinée ensemble et la propriétaire leur avait indiqué les meilleurs endroits pour acheter leurs fournitures. Elle les avait fait promettre de repasser et les jumeaux étaient repartis le ventre plein et le sourire aux lèvres. Aujourd'hui, vêtus de vêtement passe par tout, de sac à dos légers et de casquettes vissées à leurs tête, ils avançaient dans le Chemin de Traverse flânant autour des étals. L'idée de dissimuler la cicatrise avec un chapeau avait été radical, excepté Tom et Mrs Hooper, tous les commerçants les prenaient pour des nés-moldu. Ils avaient fait la connaissance de beaucoup de personnes et presque chaque vendeur leur avait expliqué un peu le fonctionnement du monde magique. Les jumeaux avaient passé une bonne partie du mois de juillet à explorer l'endroit et ils étaient devenus un peu plus familier avec cet univers.
Toujours souriant, ils entrèrent Au Royaume du Hibou, firent signe à Dan un employé du magasin et regardèrent avec attention les différents rapaces en cage. Lila avait toujours un pincement au cœur lorsqu'elle voyait tout ces oiseaux enfermés. Plusieurs fois elle avait parlé à Dan et il lui avait expliqué qu'ils ne pouvaient pas les relâcher, même avec l'aide de la magie, plus d'une heure par nuit. Guidée par les différents hululement elle se retrouva devant une cage dorée qu'elle n'avait jamais aperçu. Il y avait une chouette au plumage immaculée, paisiblement endormie la tête sous son aile. Lila s'arrêta, troublée. L'oiseau était magnifique et dégageait une aura impressionnante de pureté. Approchant lentement sa main, elle faufila ses doigts à l'intérieur de la cage et caressa le plumage blanc. Instantanément, la chouette la transperça de son regard or. Lila fut happée par l'intelligence et les émotions qui se lisaient dans ses pupilles. Cet animal était différent, il y avait quelque chose qui les... reliait. Ce lien invisible dura une courte éternité. La jeune fille finit par détourner difficilement les yeux et tomber dans les prunelles affolées de son frère.
- Leïla ! Tu m'entends ? Tu me vois ? Réponds moi !
La jeune fille se contenta d'hocher la tête. Harry lui agrippait tellement fort le bras droit qu'elle était pratiquement sûre qu'il y aurait des marques. Occultant la douleur, ses doigts continuèrent à caresser la chouette. Elle remarqua les larmes dévalant ses joues lorsque Harry les essuya.
- Petite Fleur, s'il te plaît, dis moi ce qu'il se passe... Que vois-tu ?
Elle ne put répondre, une boule grandissait dans sa gorge, l'empêchant de prononcer ne serait ce qu'un mot. Un sanglot finit par lui échapper et sa main quitta le plumage du rapace. Harry l'engloba. Ses mains trouvèrent son visage, ses yeux emprisonnèrent les siens, ses lèvres touchèrent son front. Lila resta inerte.
- Elle s'appelle Hedwige. Elle est terriblement seule. Elle a eu une vie horrible.
Harry se recula et observa attentivement la chouette. Ses yeux finirent par rencontrer les billes dorées de l'oiseau et il réussit à déceler une forme d'intelligence et de.. détermination.
- Hedwige... murmura Harry.
Ce son sembla réveiller sa jumelle qui essuya ses larmes puis entreprit d'ouvrir délicatement la cage et saisir la chouette. Elle était vraiment sublime et Harry comprit ce qui avait troublé sa sœur. Hedwige leur ressemblait, enfermée, elle avait vu beaucoup de sang et ne demandait qu'à voler en liberté. Cette chouette était vivante, ses yeux véhiculaient sa conscience et.. et elle les avait reconnu. Hedwige, ce nom lui était apparut de la même façon que Lila. Hedwige était liée à eux, Hedwige voulait les suivre, Hedwige les aimait déjà. Harry se mordit la lèvre, la tentation de la prendre pour la caresser et la rassurer était écrasante. Mais il ne pouvait pas. Ils ne pouvaient pas.
- Leïla, avertit le jeune sorcier.
- Je sais, répondit-elle sèchement.
- Nous ne pouvons pas.
- Nous n'avons pas le choix.
Ils s'affrontèrent durement du regard. Si Harry était convaincu de la catastrophe qu'entraînerait un oiseau dans la maison du 4 Privet Drive, Lila était persuadée de son devoir de l'emmener.
- Harry, je ne changerais pas d'avis. Hedwige va repartir avec nous, je sais que tu le veux aussi. Cette chouette est particulière et elle m'appelle désespérément, elle nous appelle.
Comme pour confirmer ses dires, Hedwige hulula et se nicha dans le cou de la jeune fille.
- Leïla, c'est une très mauvaise idée. Tante Pétunia va nous arracher la tête et Oncle Vernon nous assassiner. Hedwige va être blessée.. Elle ne saura pas se tenir.
Le rapace indigné ouvrit grand les ailes et hulula de mécontentement. Lila la caressa et tout de suite Hedwige se calma et redevint silencieuse.
- Je crois que tu as ta réponse, railla-t-elle.
Un long silence suivit. Harry accrocha le regard de Lila qui l'affronta sans ciller. Il tendit les doigts et caressa le bec de la chouette blanche.
- Tu en es entièrement responsable alors. Si les Dursley la découvrent tout sera de ta faute et tu prendras tout pour ta pomme.
Lila lui adressa un sourire éblouissant, il avait parlé au présent et avait honteusement mentit. Harry se contenta de lever les yeux au ciel, il savait reconnaître lorsqu'il avait perdu contre sa sœur. Cette tête de mule aurait emmener la chouette de grès ou de force et s'il voulait être honnête, ça ne lui aurait pas déplut. Lila, suivi de son frère, se dirigea vers Dan pour pouvoir libérer la chouette. Il indiqua qu'elle était arrivée hier et que c'était une harfang des neiges. Elle dédaigna la cage ou tout autre accessoire et se contenta de payer le prix du rapace. Le fait d'acheter Hedwige, sa nouvelle amie lui retourna l'estomac. Se précipitant à l'extérieur du magasin, elle passa ses doigts délicatement sur le bec de sa nouvelle chouette.
- Regarde comme elle est belle Harry, c'est un crime de la laisser en cage.
Il ouvrit la bouche et la referma, d'accord il avait perdu mais il n'allait sûrement pas donné satisfaction à Lila aussi rapidement. Autant qu'elle, les prunelles d'Hedwige l'avait ensorcelé mais ça il ne l'avouerait pas tout de suite. Il voulu quand même essayer de porter la chouette mais sa sœur l'en dissuada d'un regard. Vexé, Harry tira la langue et s'en alla vers la boutique de Quidditch, Lila devenait insupportable lorsqu'elle réussissait à le faire céder. La jeune fille se contenta de sourire, c'était tellement facile de manipuler son frère. Elle reporta son regard sur Hedwige, la chouette reposait sur son avant bras et observait le flot de passant attentivement. Ses yeux capturèrent les siens et une nouvelle éternité passa.
- Vole Hedwige, savoures ta liberté et reviens moi lorsque tu le souhaiteras.
La chouette mordilla les doigts de sa nouvelle amie et déploya ses ailes. Quelques secondes plus tard elle avait disparu dans le ciel londonien. Lila respira un grand coup, elle avait hâte de retrouver la chouette. S'en voulant d'avoir rembarrer son frère, elle le rejoignit dans Le Magasin d'accessoires de Quidditch. Il discutait avec animation avec un rouquin d'à peu près leurs âges. Le rouquin semblait lui expliquer à grand renfort de geste les règles du Quidditch.
- ... c'est l'attrapeur qui met fin au match en attrapant le vif d'or. Tu verras, lorsque tu seras à Poudlard t'auras l'occasion de voir un vrai match ! Mes grands frères jouent pour l'équipe de Gryffondor. Je m'appelle Ron Weasley et toi ?
- Harry et elle, il désigna derrière son épaule sa sœur qui venait d'arriver, Lila.
- Wahou ! Qu'est ce que vous vous ressemblez !
- C'est normal on est jumeau !
- Oh mes frères aussi ! Ils vont rentrer en troisième année à Poudlard. Et vous ?
Ils discutèrent quelques minutes et apprirent que Ron Weasley rentrait aussi en première année qu'il avait cinq frères et une sœur. Les jumeaux Fred et Georges étaient batteurs dans l'équipe et Percy avait été nommé Préfet, ce qui le rendait apparemment pédant. Il ajouta avec fierté que toute sa famille avait été repartie à Gryffondor. Harry apprécia beaucoup Ron, ce qui ne fut pas le cas de Lila. Pour se venger de sa sœur il allongea délibérément la conversation et finit par connaître pratiquement toute la vie du rouquin. Agacée, Lila finit par écraser le pied de son frère qui lui adressa un sourire goguenard. C'était peut être facile de le manipuler, mais c'était encore plus simple de la faire sortir de ses gonds. Harry finit par dire au revoir à Ron et ils se séparèrent à l'entrée du magasin.
- Très bien Mr. Potter, ça fait 369 à 288, vous allez peut être finir par me rattraper un jour, se moqua Lila.
- Faux Miss Potter, j'ai 289 vous oubliez le coup de l'aspirateur, répliqua Harry.
- Ça fait quand même une différence de 81 Harry et on avait dit qu'on arrêtait de compter à notre anniversaire. C'est aujourd'hui et j'ai gagné. Je garde mon gage sous la manche grand frère, fais attention à toi.
- Je te déteste.
- Joyeux anniversaire.
Malgré leurs paroles, une lueur brillante éclairait leurs regards. Ils avaient un an de plus, ils étaient en plein cœur de Londres dans un univers qui ne semblait pas exister il y a un mois et ils étaient indépendants. Les vêtements qu'ils portaient provenaient de leurs argent. La nourriture qu'ils achetaient et mangeaient n'avait aucun goût amer. Les Dursley ne se doutaient pas qu'ils passaient la plus part de leurs après midi dans un lieu magique. Chaque respiration qu'ils prenaient ici renforçait leur bien être. Ils étaient à leur place dans ce monde. Ces vacances détenaient une saveur de liberté. Le Chemin de Traverse continuait à fourmilier bruyamment pourtant lorsque Lila ne pu plus se retenir de sourire, Harry oublia tout le reste. Il était peut être un héros national, leur vacances étaient sûrement les plus belles qu'ils avaient vécut mais voir le sourire de sa sœur aussi éblouissant surpassait tout le reste.
- J'ai un cadeau pour toi, chuchota la jeune fille.
- Moi aussi Petite Fleur.
- Je commence ?
- Nan, c'est moi qui suis né en premier, argumenta le jeune garçon.
- Mais c'est moi qui ai gagné le pari, s'insurgea-t-elle.
- Serait-ce ton gage ? répliqua Harry sournoisement.
- Non, je le demande en tant que faveur de petite sœur, susurra-t-elle de sa voix la plus mignonne.
- Tu me tueras un jour Lila, abdiqua le jeune garçon.
La jeune fille tira alors joyeusement Harry par la manche et l'emmena vers la banque de Gringotts. Après l'habituel mais non moins drôle tour de manège, le gobelin Dwanpec leur ouvrit le coffre. Lila se dirigea vers le fond de la chambre forte et extirpa un paquet caché entre deux monceaux d'or. Adressant son air le plus mystérieux, elle entraîna son frère à l'extérieur de la banque, puis en dehors du Chemin de Traverse jusqu'à un petit parc. Ils s'assirent sous un arbre et la jeune fille finit enfin par tendre le volumineux paquet à son frère.
- Ceci est la preuve que je peux te cacher des choses, plaisanta-t-elle.
Le jeune garçon prit le cadeau et mourant de curiosité depuis qu'il l'avait aperçu, s'empressa de déchirer l'emballage. C'était une sorte de valise rectangulaire assez lourde. Il y avait une carte déposée au dessus.
"Tâches de ne pas me casser
les oreilles"
La mâchoire d'Harry se décrocha. Il se pétrifia, les mains crispées sur la carte, le regard rivé sur la valise. Sa sœur ne pouvait pas avoir fait ça. Elle savait qu'il refuserait ce cadeau, elle le savait parfaitement. Pourquoi lui offrir quelque chose qui remuait méchamment des souvenirs qu'ils voulaient tous les deux oublier ?
- Ouvre le Harry.
L'ordre doux de Lila réussit à défiger ses doigts. Fermant les yeux, Harry puisa au fond de lui même pour ouvrir délicatement la valise. Gardant les yeux clos, ses doigts touchèrent l'instrument. Sur tout les cadeaux possibles et imaginables, sa petite sœur avait décidé de lui acheter un nouveau foutu violon. Une boule se forma dans sa gorge, son esprit fut envahi par les craquements sonore du bois et les vociférations de l'Oncle Vernon. Son ancien violon gisait en miette dans son étui dans leur cachette du 4 Privet Drive. Harry avait compté les quarante-huit morceaux de bois, corde et archet après que ce pachyderme de Vernon Dursley se soit acharné sur l'instrument. C'était Ally qui lui avait apprit à jouer et qu'il le lui avait donné. La fureur de l'Oncle Vernon lorsqu'il avait disparut de la cours de l'école pour se retrouver sur le toit, deux ans plus tôt, avait signé son exécution. Le cadeau de sa sœur faisait d'autant plus mal qu'elle avait essayé de protéger son violon par tout les moyens. Harry se rappellera probablement toute sa vie le bruit de l'os se fracturant et le hurlement de souffrance de Lila lorsque ce chien de Dursley lui avait cassé le bras. Plusieurs semaines plus tard, lorsqu'Ally lui avait proposé un autre violon, il avait violemment refusé. Son envie de jouer s'était éteinte avec le plâtre de sa sœur et les miettes de son violon. Lila savait tout ce qu'impliquait ce cadeau. Il n'avait pas pu la regarder dans les yeux pendant un mois sans ressentir une culpabilité qui lui brûlait les entrailles. Pendant que ses souvenirs défilaient, les doigts d'Harry continuait à caresser l'instrument. La patine du bois lui était si familière, les ouïes de la caisse de résonance ressemblaient à son ancien violon. La pulpe de son pouce rencontra une irrégularité dans le bois et le jeune garçon ouvrit brusquement les yeux et pour la deuxième fois en moins d'une demie heure sa mâchoire se décrocha. Sa jumelle était magique. Harry béa quelques secondes d'incompréhension. Lila lui avait offert son violon. Elle avait trouvé un moyen de le restaurer, le lui avait caché et le lui présentait aujourd'hui.
- Pardonne toi Harry. Mon bras s'est réparé tout comme ton violon. Tu dois continuer. C'est.. je sais pas mais tu semblais si joyeux quand tu en jouais. S'il te plaît, je veux pouvoir revoir ce sourire.
- Lila.. supplia-t-il
- Chut, le coupa-t-elle. Joue.
Harry respira difficilement, il saisit délicatement l'instrument et le contempla avec révérence. Par un quelconque miracle qui avait le doux nom de magie, les quarante-huit morceaux étaient de nouveau un. Saisissant l'archet avec une dextérité qu'il ne pensait plus détenir, il cala sa tête sur la mentonnière. Son poignet s'arrêta à quelques millimètres des cordes, l'esprit submergé par un hurlement de souffrance. Tout son corps trembla et Harry se força à accrocher le regard de Lila. Il repoussa son souvenir au plus profond de son cerveau et abaissa son archet. Un son discordant et atrocement aiguë émergea de l'instrument. Lila ne broncha pas et continua à planter ses prunelles dans celles de son frère. Harry y puisa sa force et un deuxième son un peu moins faux retentit. Une heure plus tard, la jeune fille n'avait toujours pas bougé et Harry finit par lâcher son instrument. Avec délicatesse, il remit l'instrument dans son étui et s'allongea dans l'herbe. Durant l'heure précédente il avait déchargé toute sa colère, sa rage face à leur passé mais aussi l'espoir, la joie et l'excitation des dernières semaines. Harry avait toujours eu du mal à maîtriser sa colère, en particulier lorsque ça concernait sa sœur. Lorsqu'ils avaient six ans, les Potter avait rencontré Ally et elle leur avait apporté à chacun beaucoup. Le violon était l'une de ces choses, à travers cet instrument, elle avait apprit à canaliser la rage d'Harry, c'était devenu au fil du temps son exutoire. Le jeune garçon inspira longuement, il se sentait à la fois vide et comblé. Le soleil brillait toujours en cette fin d'après midi et les feuilles de l'arbre offraient une ombre rafraîchissante. La jeune sorcière alla le rejoindre sans un mot.
- Merci Petite Fleur.
Cette dernière hocha la tête, un doux sourire à la commissure des lèvres. Pendant un long moment, ils restèrent silencieux, savourant cette journée estivale.
- Tu n'auras plus jamais peur du noir Petite Fleur, c'est une promesse, chuchota le garçon.
Harry se releva en position assise et fouilla dans son sac à dos. Il en sortit une minuscule bourse de cuir et la lui tendit. Consciente de la magie qui palpitait dans le sac, elle le saisit précautionneusement. A l'intérieur de la bourse, une chaînette en argent brillait faiblement. Lila extirpa le collier et l'examina soigneusement. La chaîne était surmontée d'une émeraude taillée grossièrement en pointe. Avec un instant de retard, elle réalisa que la pierre n'était pas une émeraude mais en avait seulement la couleur. C'était comme du liquide enfermé dans du verre. Quand elle le bougeait d'un angle à un autre le pendentif miroitait de dizaine de couleurs différentes. Lorsque la jeune fille l'enfila, elle comprit instantanément ce qu'était le liquide vert. Un frisson sauvage la saisit et les poils de ses bras s'hérissèrent. Elle haleta quelques minutes le temps de s'acclimater à cette sensation. Bon sang ! C'était sa magie, la magie d'Harry ! La jeune fille avait l'habitude d'être relié à l'esprit de son frère, c'était comme être branché dans ses pensées. Souvent pour le charrier, elle lui disait que sa tête était pire qu'une cour de récréation. Il y avait toujours eu ce fourmillement sous-jacent qui pulsait. Elle avait longtemps crut que c'était le bruit du cœur de son frère mais aujourd'hui elle comprenait enfin ce que c'était. Boum. Boum. Boum. Un autre frisson la traversa et sans qu'elle puisse se contrôler les larmes lui montèrent aux yeux. La sensation était intense, c'était comme être entourée, englobée par une chaleur qui promettait amour et sécurité. Son frère ne lui offrait pas une chaînette surmontée d'une pierre, mais la promesse de ressentir toujours sa présence. Lila se mordit la lèvre, c'était à la fois beau et angoissant. Une manière de leur rappeler qu'ils allaient se trouver dans un terrain inconnu mais qu'ils se faisaient la promesse de rester uni.
- Harry... la voix était presque brisée par les émotions.
- Chut Petite Fleur.. chut, on sera fort et ensemble.
Lila agrippa la main de son frère, et se réfugia dans son étreinte. Loin des Dursley ça ne pouvait qu'aller mieux. Elle essuya discrètement ses yeux et décida de profiter au maximum de son anniversaire. C'est presque serein que les Potter se rallongèrent dans l'herbe.
- Merci Ry.
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Un tapotement à la fenêtre réveilla Harry en sursaut. Ayant toujours eu le sommeil plus léger que sa sœur, le bruit l'avait dérangé. Jetant un coup d'œil au réveil, il constata qu'il était trois heures du matin passé. Il se dirigea vers la fenêtre bardé de barreaux et y trouva Hedwige. Cela faisait une semaine qu'ils l'avaient rencontré et c'était la première fois qu'ils la revoyaient depuis le 31 juillet. La manière dont elle les avait retrouvé était un vrai mystère, ne s'y attardant pas trop, le jeune garçon ouvrit la fenêtre. La chouette blanche comme la neige se faufila entre les barreaux et se posa sur son avant bras.
- Salut ma belle, chuchota Harry, alors tu t'es bien amusée ?
Hedwige hulula faiblement et pinça gentiment les doigts d'Harry. Il plongea son regard dans celui de la chouette et c'est comme si elle lui racontait sa semaine passée à côtoyer la lune et les étoiles.
- Tu as bien de la chance de pouvoir voler Hedwige.
Harry resta quelques minutes à cajoler le rapace puis il la déposa sur le matelas avant de rejoindre sa sœur sous les couvertures. Il se cala sur son épaule et tout en jouant avec les cheveux de Lila, se rendormit en contemplant Hedwige.
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Quelques semaines plus tard, Harry et Lila avait du mal à contenir leurs excitations, les Dursley étaient dans le salon pendant que les Potter s'activaient en cuisine. Trois jours plus tôt Harry avait employé des trésors de ruses pour obtenir la recette de ragoût de Mrs Hooper et aujourd'hui il s'employait à la réaliser pendant que sa sœur nettoyait le sol. Ils n'arrivaient pas à contenir leurs sourires, impatient d'aller enfin à Poudlard le lendemain. Les Dursley n'étaient au courant de rien, pour Tante Pétunia, Oncle Vernon et Dudley dans deux jours, ils iraient au Collège du quartier vêtues des frasques de leur cousin teints en gris. Harry et Lila avait prévu tout autre chose, il comptait bien se venger gentiment des Dursley avant de prendre le Magicobus. Ils s'étaient renseignés au près de Stan et la voie 9 trois-quart qu'indiquait leurs billets était cachée aux yeux des moldus dans la gare de King's Cross à Londres. Le jeune sorcier avait proposé de leur montré le chemin le jour J et Ern avait accepté de passer les chercher le matin du 1er septembre. Les Potter avait bien l'intention de se sauver avec fracas et magie. Lila réprima un gloussement en repensant au plan de son frère. Harry était brillant et presque sournois lorsqu'il s'y mettait. Croisant le regard de son jumeau elle lui lança un clin d'œil avant de continuer à astiquer le sol.
Le lendemain, ils se réveillèrent de bonne heure pour mettre en place leur plans. Lorsqu'ils avaient exploré le Chemin de Traverse, ils avaient trouvé un magasin de farces et attrapes et Lila avait lancé l'idée de jouer un tour aux Dursley. Harry s'était empressé d'accepter et ils avaient acheté divers objets qui rendraient la vie des Dursley assez... colorée. Au feutre indélébile, Lila marqua sur le miroir de la salle de bain "LA MAGIE EXISTE" et remplaça le dentifrice par un autre qui rendait les dents vertes. Les shampoings eux donneraient des cheveux rouges et elle plaça des savons qui bondiraient à chaque fois qu'ils seraient touchés. Les jumeaux planquèrent des bonbons magique un peu partout dans la maison. Dudley allait avoir une langue immense, à chaque fois qu'il en mangerait un. Ils déposèrent un yo-yo dans la chambre à jouet de leur cousin qui hurlerait à chaque fois qu'il l'utiliserait. Ils mirent une poudre blanche dans chaque produit ménagers, quand leur tante s'en servirait, le mobilier prendra les couleurs de l'arc en ciel une fois sec. Avec un sourire presque diabolique ils sortirent toutes leurs affaires à l'entrée de la maison et attirèrent Hedwige à l'intérieur. Consultant l'horloge de la cuisine, ils constatèrent qu'Ern arriverait dans dix minutes.
- Aller ma belle, c'est ton tour d'entrer en scène.
La chouette hulula joyeusement et s'envola à l'étage de manière très très bruyante. Quelques secondes plus tard, ils entendirent les vociférations de leur oncle et les cris effrayés de leur tante. Un passage rapide d'Hedwige dans la chambre de Dudley conduit à ses pleurs hystérique. Les jumeaux écoulés de rire virent Vernon débouler des escalier, son visage portant les traces des excréments du rapace. Une Pétunia aux cheveux échevelés cajolait son fils derrière son mari.
- QU'EST CE QUE VOUS AVEZ ENCORE FAIT ?! SALES PETITS MONSTRES ! ANORMALITÉS DE LA NATURE ! VOUS NE VALEZ PAS MIEUX QUE VOS BON A RIEN DE PARENTS. VOUS ALLEZ ME LE PAYER ! VOUS NE VERREZ PAS DE SI TÔT LA LUMIÈRE DU JOUR !
Fou de rage, Dursley postillonnait en direction des jumeaux à tel point que sa moustache frémissante commençait à devenir visqueuse. Habitué à ce spectacle repoussant, les jumeaux reculèrent jusqu'à la porte d'entrée. D'un air nonchalant ils s'appuyèrent dessus et discutèrent d'un ton goguenard.
- Regarde le Harry, notre pauvre Oncle vire au violet.
- Si ça continue comme ça il passera peut être même au bleu, renchérit le jeune garçon.
- Dommage qu'on ne sera pas là pour voir ça, se lamenta faussement Lila.
- VOUS ETES PUNIS JUSQU'À NOUVEL ORDRE !
- T'aimerais bien gros tas hein, on s'en va à Poudlard étudier la MAGIE, annonça presque en criant Harry.
- On est de vrais sorciers, comme nos parents ! Et vous allez passez une sale semaine, menaça la jeune fille. Très cher frère le bouquet final ?
- Tout de suite très chère sœur.
D'un même mouvement les Potter sortirent des bombabouses, Harry la lança en direction des escaliers tandis que Lila la catapulta jusque dans la cuisine. Adressant de joyeux signes aux Dursley révulsés par l'odeur nauséabonde qui commençait à empester la pièce, ils sortirent du 4 Privet Drive et saisirent leurs valises . Ne songeant à aucun instant aux conséquences de leurs actes, ils avancèrent hilares jusqu'au bout de la rue. Lila caressa la tête de la chouette et la laissa s'envoler. Elle était persuadée qu'Hedwige les retrouveraient une fois à Poudlard. Réprimant un énième rire, ils montèrent dans le Magicobus et saluèrent joyeusement le chauffeur.
- Alors gamins, j'vous 'mène où aujourd'hui ? sourit Ern.
- A Poudlard, s'exclamèrent les jumeaux en cœur.
