Ce chapitre est un peu plus court que les autres mais je ne pouvais pas vraiment faire autrement, désolée. Si j'avais rajouté un autre évènement, il aurait été trop long et comme moi personnellement, je n'aime pas lire des chapitres de trois pieds de long, j'ai supposé que c'était un peu pareil pour tout le monde, donc voilà.
En tout cas j'espère que vous allez quand même aimer...
Chapitre 4 : Le premier pas qui compte
POV Bill
Elle a donc parlé et moi j'ai écouté. Je n'avais pas grand-chose à dire sur le sujet. Je suis plutôt du genre 'mauvaise tête'. Mais bon, elle m'a demandé de faire un effort, au moins pour elle, alors c'est ce que je vais faire. Demain, si mon père est là, j'irais le voir pour lui dire 'bonjour'. Pas beaucoup plus pour le moment, je ne sais pas si j'en suis capable.
21h00. Bon, c'est pas tout ça mais je commence à avoir sérieusement faim. J'attendais que l'heure tourne pour être sûr de voir Manuel. Je pense que là c'est bon, donc je commande.
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Effectivement, c'est lui. Je lui fais un grand sourire en lui ouvrant la porte. Il me le rend bien sûr. J'ai retouché mon maquillage et ma coiffure en l'attendant et sans vouloir me vanter ou quoi que ce soit, je suis vraiment ca-non ! Effet souhaité garantit !
-Bonsoir, voilà ce que vous aviez commandé, me dit-il sur un ton très professionnel. C'est pas tout mais si je veux tenter ma chance avec lui, il faudrait peut-être que je le décoince.
-Je pense qu'on à le même âge, alors peut-être qu'on pourrait se tutoyer, non ? je lui propose avant de me présenter, je m'appelle Bill et toi ?
Il baisse les yeux sur le badge accroché à son uniforme et me regarde d'un air amusé mais pas moqueur. Bravo Bill ! Très bonne question, vraiment champion du monde !
-Ah ben oui j'suis bête, c'est écrit sur ton badge ! je me sens vraiment embarrassé et stupide, donc, Manuel, tu as quel âge ? C'est écrit nulle part ça ! je souris pour faire bonne figure mais en vrai je suis en train de me foutre des claques mentalement.
-Bon, déjà, je veux bien qu'on se tutoie et j'ai 24 ans, me répond-il gentiment en pénétrant dans la chambre avec le chariot contenant mon repas. Il avance jusque dans la pièce principale et se retourne vers moi, et toi tu as quel âge ?
-20 ans.
Un silence s'installe parmi nous et je ne sais pas quoi dire pour apaiser l'atmosphère. Finalement, c'est lui qui s'en charge.
-Je te laisse manger. Appelles-moi quand tu auras terminer, on pourra mieux parler à ce moment là.
Ah, voilà un gentil garçon ! Parfait ! J'approuve d'un signe de tête et le raccompagne jusqu'à la porte.
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Ca fait un quart d'heure que Manuel et moi faisons un peu mieux connaissance. En fait, ceci est l'hôtel de son oncle et comme lui aussi veut faire carrière dans l'hôtellerie, son oncle l'a embauché, comme simple groom pour l'instant, mais comme il me l'a très justement fait remarqué, 'il faut bien commencer quelque part'.
Je lui ai dit que pour ma part, après mon bac, je suis allé dans une école d'art pour apprendre la photographie, mais que cette année, j'ai décidé de prendre une année 'sabbatique', ne sachant pas exactement quelle orientation prendre dans cette branche. Je me donne un an pour y réfléchir.
-Et en fait, je suis ici pour rendre visite à ma grand-mère malade, conclus-je en poussant un long soupir.
-Elle est malade ? Qu'est-ce qu'elle a ? Enfin si c'est pas indiscret..., rajoute-t-il précipitamment.
-Non, c'est bon, t'en fais pas. Elle a un cancer...des ovaires.
-Oh, une de mes tantes à eu ça aussi et..., il s'interrompt en me regardant un peu gêné.
-Et quoi ?
- Et bien...en fait...j'voudrais pas te casser le moral tu vois, bafouille-t-il en rigolant un peu mal à l'aise, j'aurais mieux fais de me taire...
-Elle est décédée, c'est ça ?
-Ouais, elle est morte 9 mois après ! il à l'air triste tout à coup. En même temps, c'est compréhensible. Moi même je suis triste rien que de savoir que ma grand-mère est malade, alors lui...
-Je suis désolé.
-C'est pas grave, ça fait deux ans maintenant, c'est du passé...Il regarde sa montre. Bon je vais retourner travailler, ma pause est terminée, m'informe-t-il.
-Ok, ça m'a fait plaisir de te rencontrer, lui dis-je sincèrement.
-Moi aussi.
Il débarrasse mes couverts, qu'il dépose sur le chariot et se dirige vers la porte. Avant de sortir, il se retourne vers moi.
-Tu...tu crois que tu pourrais me donner ton numéro de portable, pour qu'on puisse se voir quand je serais de repos ? me demande-t-il en rougissant un peu. YES ! Rha, la chance que j'ai, il est homo !
-Oui bien sûr, attends deux s'condes je vais chercher un papier.
Je reviens et lui tends le petit post-it bleu sur lequel j'ai noté mon numéro.
-Tu peux me donner le tien aussi, s'il te plaît ? Je lui tends un stylo et ma main gauche pour qu'il note son numéro dessus.
-Et voilà mon cher ! me dit-il tout fier en relâchant ma main. Je rigole avec lui et le regarde disparaître dans l'ascenseur. Quand il se retourne et me voit, il me fait un petit signe de la main, en m'adressant un sourire.
Je sens que je vais bien dormir...
[...]
Je suis devant la porte d'entrée de ma grand-mère et je prends une profonde inspiration afin de me donner du courage. La voiture de mon père est garée juste en bas des marches, donc je suppose qu'il est là et comme hier j'ai promis de faire un effort par rapport à lui à ma grand-mère, aujourd'hui, je vais aller lui parler...Je suis vraiment très nerveux. Bon aller, c'est partit.
Je rentre dans la maison mais ne voit personne bien que j'entende des voix dans le salon. Je décide d'aller voir mamie avant d'aller le voir lui, il me faut encore un peu de temps. Je suppose que ma grand-mère va savoir trouver les mots juste pour me donner le courage nécessaire.
J'arrive devant la porte de sa chambre, toque et attends sa réponse avant de rentrer.
-Coucou mamie, ça va ?
-Oh Billy mon grand ! Je vais bien et toi ?
-J'suis un peu nerveux mais ça va. Tu es sûre que ça va ? Tu as l'air fatiguée.
-Je suis fatiguée mais ce n'est pas pour ça que je ne vais pas bien, me dit-elle en souriant, pourquoi est-ce que tu es nerveux ?
-Ben...tu sais...je dois aller parler à mon père !
-Ah oui c'est vrai ! C'est bien mon chéri de faire un effort !
-Je le fais pour toi !
-Je le sais. Viens t'asseoir à côté de moi. Je m'assois à côté d'elle sur son lit et elle passe son bras droit autour de mes épaules. Tu sais, je crois que ton père aussi est très nerveux quand tu es dans les parages. Il ne sait pas comment se comporter...
-Et ben...on va faire une jolie paire quand je vais aller lui dire bonjour, dis-je pessimiste.
-Si tu veux pour rendre les choses plus faciles, je peux venir avec toi, comme ça une fois que vous vous serez dit bonjour, c'est moi qui ferais la conversation.
-Non, c'est bon, ça fait trop gamin. Mais c'est gentil !
-D'accord, qu'est-ce que tu comptes lui dire ? me demande-t-elle en me dévisageant attentivement et en dégageant une mèche de mes cheveux de devant mes yeux.
-Euh...bonjour ?
-Et ?
-Et...c'est tout !
-Bill ! me dit-elle sur le ton du reproche, c'est très bien de vouloir faire des efforts mais il faut en faire des vrais.
-Mais une fois que je lui aurais dit ça, il pourra engager la conversation à partir de là. C'est quand même lui l'adulte ! Et puis en plus toute cette histoire c'est de sa faute alors c'est à lui de faire le plus d'effort....en plus je suis sûr que tu lui as parlé à lui aussi, donc il sait que j'ai l'intention d'aller le voir. Il a bien dû préparer un petit discours, lui dis-je et je la vois me faire un petit sourire malicieux.
-Tu es vraiment intelligent mon petit, elle passe sa main droite sur mon visage, qu'elle rapproche d'elle et m'embrasse le front.
***
Voilà, j'y suis. D'après les voix que j'entends, il est toujours dans le salon, en compagnie des quatre musiciens.
Je souffle un bon coup et pousse la porte, en faisant plus ou moins de bruit pour qu'ils m'entendent. Ils sont en train de regarder la télé et se tournent tous vers moi. Je me sens rougir instantanément. J'ouvre la bouche pour parler mais rien ne sort. Ok, je passe pas pour un abruti déjà. Aller Bill, dis quelque chose...d'intelligent de préférence.
-Bonjour papa ! dis-je rapidement. Je me sens con, mais con ! Il se lève de son fauteuil et s'approche de moi. Il s'arrête à quelques pas de moi et met ses mains dans ses poches.
-Bonjour Bill, ça va ? me salue-t-il à son tour avec un sourire approximatif.
-Euh...ouais. Et toi ? Quel niveau de conversation impressionnant.
-Bien, bien ! Il lève la tête au ciel, ferme les yeux et prend une profonde inspiration. Elle avait raison, il est aussi stressé que moi.
-Bon, ben je vais y aller hein, à la prochaine ? dis-je incertain.
-Oh euh, je...d'accord ! dit-il visiblement déçu. Il ne s'attendait pas à une conversation aussi brève mais ça fait trois ans que l'on ne s'est pas parlé et je lui en veut toujours un peu alors il ne pouvait pas s'attendre à ce que je lui saute dans les bras.
Je me dirige vers la porte et alors que je pose ma main sur la poignée, j'entends mon père m'appeler et me tourne vers lui. Il est debout près de son fauteuil
-Ca me fait plaisir de te revoir ! Je hoche la tête et quand je me retourne mes yeux tombent sur Tom, qui me fait un petit sourire sympathique. Oh mon Dieu ! Mes yeux s'agrandissent et mes joues rougissent. Je me retourne vers la porte, abaisse la poignée et sors précipitamment. Je suis complètement cinglé. Ce n'est qu'un garçon. Un garçon avec des yeux magnifiques, un sourire d'enfer mais un garçon que je déteste...suis sensé détester !
[...]
Purée, ça m'a carrément chamboulé de parler avec mon père et j'aurais bien besoin d'en parler avec quelqu'un...mais qui ? Peut-être à ma mère...je sais qu'ils ne se sont pas quittés en très bon termes mais si ça me touche, elle m'écoutera quand même et elle saura me conseiller.
-Allô ?
-Maman, c'est moi.
-Ah mon chaton, comment tu vas ? Je lève les yeux au ciel en entendant ce surnom. Non mais franchement, la gueule du chaton. Bref, c'est quand même mignon...
-J'ai parlé à papa aujourd'hui, je lui annonce sans préambules.
-Ah...et ? Ca s'est bien passé ?
-En fait on n'a pas dit grand-chose. T'aurais dû nous voir, les deux coincés d'la vie ! Je l'entends rigoler. Elle me répète souvent que pour certaine situation, je suis aussi couillon que mon père et à première vue, c'est vrai.
-Ca t'as fais quoi de lui parler ?
-Je sais pas trop...Dans un sens je n'avais pas très envie de lui parler mais de l'autre côté je pensais qu'on aurait des tas de choses à se dire, des explications à se donner, mais rien...
-Donne vous du temps. Tu ne rentres pas tout de suite à la maison, alors si vous devez vous réconcilier ça risque de vous prendre un peu de temps...Ca va aller tu verras !
-Merci maman, je t'aime. Et c'est vrai. Elle m'encourage à aller vers lui alors qu'elle ne l'aime plus du tout et qu'elle avait beaucoup souffert quand à 12 ans, j'avais choisit mon père à elle.
-Moi aussi Billy. Tiens nous au courant.
-Bien sûr. Passe le bonjour à Fred.
[ ...]
POV David
Je me rassois encore un peu sonné par cette rencontre. Ma mère m'avait prévenu qu'elle avait eu une conversation avec Bill pour qu'il vienne me parler mais je ne pensais pas sérieusement qu'il le ferait. Bien évidemment, j'en suis ravi, même si cette discussion était un peu abrupte. Je ne vais pas me plaindre, je suis vraiment heureux qu'il ait tenu parole. La prochaine fois que je le voie, c'est moi qui engagerait la conversation et je ne le laisserais pas partir aussi vite. Non ! J'aurais des choses à dire, à lui apprendre et des questions à lui poser.
-Ca va Dave ? me demande Gustav soucieux.
-Plus que vous ne pouvez l'imaginer ! leur dis-je avec un grand sourire. J'ai pas mal parlé avec eux de mon fils et ils savent que je m'en veux même s'ils n'arrêtent pas de me dire que je n'y suis pour rien. Frank m'a dit que Bill faisait probablement sa crise d'adolescence quand il est partit, ce à quoi je lui ai répondu qu'il avait 17 ans. Il m'a alors rétorqué que certain sont précoces que d'autres. Le pire c'est qu'il était on ne peut plus sérieux...
-Bizarre qu'il soit venu te parler, non ? me demande Georg.
-C'est ma mère qui lui a demandé.
-C'est vrai qu'ils ont l'air très proches, d'après ce que j'ai vu hier, nous confie Tom.
-Au fait, ça s'est passé comment avec lui ? Vous avez parlé ? lui demande Frank.
-Dire qu'il m'a agressé serait plus juste, quand il ne m'ignorait pas, comme il l'a fait au repas ! Après ma sieste, je suis venu au salon, j'avais pas vu qu'il était là et je me suis empégué le canapé , je me suis fait un mal de chien et encore il m'a engueulé ! nous raconte-t-il. Mais je me suis pas gêné pour le remettre à sa place alors il est partit. Ensuite, j'étais dans la cuisine, j'allais sortir quand il a ouvert la porte comme un bourrin dans mon genou. Mais il m'a quand même donné de la glace pour mettre dessus. Donc en gros, je dirais que ça s'est pas trop mal passé, finit-il avec son très célèbre petit sourire en coin.
-David, je suis au regret de t'annoncer que tu as engendré un monstre, nous dit Georg d'un ton très solennel.
Je secoue la tête en ricanant et je suis très vite imité par les garçons qui rigolent à leur tour.
Je suis sur le point de retrouver mon fils et cela ma met d'extrêmement bonne humeur.
