Chapitre 4 : Apprentissage, découvertes et révélations

Depuis le relookage, une semaine avait passé. Les filles en étaient maintenant à convaincre tout le monde qu'elles avaient du talent mais pour ça, il fallait déjà qu'elles sortent « un tube qui déchire sa race », comme on le disait dans leur monde.

Dommage qu'elles soient « overbookées », c'est à dire qu'elle n'avait pas une minute de libre à consacrer à leurs chers gardes du corps entre les cours de chant, les cours de danse, les interviews, les conférences de presse et l'enregistrement de leur premier single : « GREATFUL DAYS » : les jours grandioses ! (En quelque sorte)

Dans une grande salle lambrissée.

« UNE DEUX TROIS ! ON Y VA LES FILLES ! Plus sensuelles ! Je veux de la panthère ! Je veux du serpent ! »

Sora ricana nerveusement : « Ahahah ! J'y arrive pas ! »

« NON SORA ! PAS DU ROBOT ! »

Sunny sautait sur place : «WOÉ ! »

« NON SUNNY ! PAS DU KANGOUROU ! »

Yami-Rose, quant à elle, ondulait sensuellement, en jetant des regards discrets vers Heero : « Heu, comme ça ? »

« Oui ! Parfait ! Faites comme Yami ! Mais, c'est MOI votre public ! Regardez-moi ! Je suis la caméra ! Suivez-moi ! (Elle va à droite) You-you ! (Elle va à gauche) You-you ! Je suis le public ! Vous devez me séduiiiiire ! »

Fatiguée par tant d'efforts fournis à essayer de contenter la chorégraphe, Sunny s'assit un moment pour souffler. Se sentant bizarre, elle s'allongea un moment :

« Oulah, j'ai la tête qui tourne ! Laissez-moi un moment pour reprendre mes esprits ! »

«MAIS C'EST QUOI CETTE CHORÉGRAPHIE ? LE CAFARD QUI MEURT SUR PLACE ? NAN, ÇA VA PAS ! UN CAFARD ÇA MEURT SUR PLACE ET VOUS, VOUS BOUGEZ ! CESSEZ IMMEDIATEMENT ! »

Mais comme Sunny n'arrivait pas à se remettre, Wufei fut obligé de l'emmener hors de la salle, direction l'infirmerie.

« SORAAAA ! QU'EST-CE QUE VOUS FOUTEZ ? VOUS AVEZ UN BALAI DANS LE CUL OU QUOI ? QUELLE EMPOTÉE ! J'AI JAMAIS VU UNE FILLE AUSSI NULLE ! VOUS ARRIVEZ À RIEN ! COMMENT VOULEZ-VOUS RÉUSSIR QUOI QUE CE SOIT ? VOUS ÊTES NULLE ET MÊME PAS CAPABLE DE VOUS AMÉLIORER ! FOUTEZ LE CAMP D'ICI ! J VEUX PLUS VOUS VOIR ! »

Sora se figea brusquement, baissa les yeux avant de s'enfuir en courant, le visage inondé de larmes.

« Et ces deux-là sont soeurs ! Quelle famille de dégénérés ! Sûrement une tare génétique. Heureusement que vous êtes là Yami ! En solo, vous feriez fureur mais avec ces deux empotées, j'ai bien peur qu'elles étouffent votre talent, vous feriez mieux de les larguer ! »

« Vous exagérez là… » Murmura Yami, gênée.

Depuis son hallucination due à des causes mystérieuses, Yami se sentait un peu bizarre. C'est que ce soir-là, Heero avait eu un comportement tellement… déstabilisant ! Bon, ce n'était qu'une hallucination mais quand même… Elle avait beau se dire que le vrai Heero n'agirait jamais comme ça, quand elle le voyait, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à cette scène. C'était un peu comme si cette histoire d'hallucination avait libéré dans son esprit le côté sexy de Heero. Par exemple, quand elle le matait, elle le trouvait très différent de d'habitude. Il était particulièrement mis en valeur : ses jeans moulaient bien ce qui méritait d'être moulé et ses chemises savamment déboutonnées capturaient le regard et l'enfermaient dans un piège terriblement agréable dont il était impossible de ressortir. Etait-elle encore en train d'halluciner ? Nan… c'était autre chose.

« Héhoooo ! Je suis là ! Je suis le public ! La caméra ! Séduis-moi ! Moi ! MOI ! You-you ! YOU-YOU ! »


Dans l'infirmerie du gymnase.

Wufei portait Sunny dans ses bras, mais celle-ci semblait ne se rendre compte de rien. Sa tête chavirait à droite et à gauche, et elle fermait parfois les yeux.

« Reste consciente ! On arrive ! » lui intima l'ancien pilote du Shenlong.

Enfin, il déposa la jeune fille sur un lit de l'infirmerie.

Mais Sunny avait l'air de plus en plus à l'ouest : « Ça va aller, tu peux me reposer par terre. Ça doit être une petite crise d'hypoglycémie. Je pense que je peux aller seule à l'infirmerie. »

Wufei la regarda d'un air très sérieux : « Nous sommes déjà à l'infirmerie. ... Et NON je ne te lâcherai pas ! Tu ne peux pas rester seule dans ton état ! Je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu sentes mieux ! »

Une infirmière s'approcha, toute guillerette : « Bonjourrrrr ! Ouh ! Voilà une jeune fille bien fatiguée ! Attendez, une petite piqûre de BZ49-4 vous rendra les idées claires ! »

Et elle lui enfonça une seringue dans le bras.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? » s'exclama Wufei, choqué. « Vous ne lui demandez même pas ce qu'elle a ? »

L'infirmière recula, troublée et confuse : « Mais… Ce n'est pas Mademoiselle Chantefleur, la jeune fille qui vient tous les jours pour sa dose de BZ49-4 ? Je suis remplaçante alors je ne l'ai jamais vue. »

« Non ! Et qu'est-ce que vous lui avez donné ? » Lui demanda Wufei avec colère.

Sunny attrapa soudain son bras et se serra contre lui avec un sourire béat (Voire même de neuneu) et d'une voix shootée : « Aaaaaah ! Wufei ! Tu es tellement, tellement beau et fort ! »

« Ce produit aide les patients à révéler des sentiments enfouis en eux. » répondit l'infirmière en gloussant. « Ne vous inquiétez pas, ça ne dure pas longtemps pour ceux qui commencent le traitement : elle ne va pas tarder à faire un petit somme. »

« Sunny, parles ! » ordonna aussitôt l'ancien pilote de gundam, se tournant vers elle.

Mais celle-ci ne répondit rien : elle dormait déjà d'un sommeil paisible.


Sora courait comme une voleuse dans le couloir, tête baissée, en pleurant. Elle voulait quitter cet endroit le plus vite possible et trouver un endroit où elle pourrait pleurer autant qu'elle voudrait à l'abri des regards. Après quoi, elle irait sûrement errer du côté d'une route à grand trafic pour se faire écraser par un camion. Oui, ça c'était un excellent plan !

Soudain une main attrapa son bras et la retourna brusquement. C'était Duo naturellement, qui était parti à sa poursuite dès qu'il l'avait vue s'enfuir.

La jeune fille se débattit comme une furie, en renâclant bruyamment : « Ouinnnnnnn ! Laisse-moi tranquiiiiille ! Je veux être seule ! Je veux quitter cet endroit et ne plus jamais revenir ! Je suis trop nulle pour devenir chanteuse ! Je ne mérite pas d'être ici ni d'être protégée par toi ! N'importe quelle autre fille serait plus douée que moi ! »

« Mais non ! Qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas pas tout abandonner face aux quelques « you-you » d'une vieille chouette cinglée ? » Répliqua Duo, perplexe.

Sora renifla un bon coup et reprit, un peu plus calmement : « Mais elle a raison, Duo : je ne suis pas faite pour ça ! Je suis aussi gracieuse qu'un sac à patates ! Le groupe n'aura pas de succès parce qu'on n'arrive à rien à cause de moi ! Je suis nulle et j'entraîne tout le monde dans ma chute ! Mes efforts pathétiques fatiguent Sunny et y'a que Yami qui va devenir une grande star ! Moi, je tape sur les nerfs de tout le monde ! Tout ce que je mérite c'est de disparaître et d'être oubliée de tous ! »

« Mais non, mais non. » lui dit Duo, déconcerté par tant de pessimisme. « Je t'ai déjà dit que tout ce dont tu as besoin pour être chanteuse c'est de savoir chanter et tu chantes très bien ! Tu as la plus jolie voix que j'ai jamais entendue ! »

« Hein ? » s'étonna Sora, surprise. « Mais, mais non, tu exagères ! Ou alors, tu n'as vraiment pas dû entendre beaucoup de gens chanter ! C'est vrai que je me débrouille pas trop mal mais bon, y'a pas d'quoi remplir Bercy ! »

Duo ne comprit par la référence mais reprit : « Hein ? ... Bon, écoute-moi Je t'ai bien écoutée et observée en studio et j'ai trouvé que quand tu chantais « Greatful Days », ça te donnait un certain charisme ! C'est la seule chose qui comptera pour ceux qui écouteront la chanson ! »

La jeune fille rougit : « Aaah, baaah, j'aime bien chanter, alors je fais de mon mieux, mais je crois pas que je sois capable de danser. Je ne suis pas très douée pour ce genre de choses. »

L'ex pilote de gundam haussa les épaules : « Bah, on s'en fiche de ça ! J'me demande bien pourquoi vous apprenez tous ces trucs, d'ailleurs ! Vous n'avez pas besoin de ça pour être populaire ! Quand on écoutera vos disques, on ne vous verra pas danser ! Il vous suffira de bouger en rythme sur les plateaux télé ! Pourquoi vous compliquer la vie en vous déboîtant une hanche sur ces chorégraphies ? C'est ridicule ! »

Sora le regarda d'un oeil humide : « Tu en es sûr ? Ils ne vont pas… se moquer de nous ? »

Duo la rassura d'une voix tranquille : « Alors ça, ça m'étonnerait beaucoup ! Ils seront plutôt admiratifs, au contraire ! (Puis il rajouta avec un sourire charmeur) Et puis, s'il y a ne serait-ce qu'un imbécile qui ose vous montrer du doigt en riant, tu peux compter sur moi pour lui faire passer l'envie de glousser ! »

Sora, à la fois gênée et complètement sous le charme, le fixait maintenant avec un sourire plein de reconnaissance : « Duo… »

Duo la regarda en souriant, tout en sentant le feu lui monter aux joues. Il était incapable de dire si les yeux de la jeune fille brillaient en raison de ses larmes ou de son admiration pour lui.

D'habitude, il n'aimait pas les moments tristes et plein d'angoisse et il se sentait toujours embarrassé face au désarroi d'une personne mais quand il s'agissait de Sora, il avait remarqué qu'il était toujours prompt à raconter tout ce qui lui passait par la tête pour la réconforter. Bien sûr, ce n'était pas des paroles en l'air mais… une telle spontanéité, un tel engagement, ce n'était pas dans ses habitudes.

Sans doute parce que, jusque là, il n'avait jamais ressenti de tels sentiments pour qui que ce soit.


Yami sortit du cours en soupirant. Cette prof était vraiment trop bizarre. Elle avait dû contracter ses abdos pendant toute la leçon pour ne pas rire. Ça les faisait travailler mais tout de même, ce n'était pas évident.

Elle fut soudain surprise par quelqu'un qui posa une serviette sur son épaule. Elle se retourna et reconnut aussitôt l'auteur de cette attention.

« Oh ! Salut... (Son regard se perdit dans la chemise) Heero. »

« Tu as l'air fatigué. » commenta le jeune homme d'un air sérieux.

Yami soupira : « Ouais, un peu, c'est pas facile toutes ces chorégraphies. Merci pour la serviette. »

Heero se troubla légèrement. Pourquoi est-ce qu'il se préoccupait de ça après tout ?

Un peu confus, il reprit : « Je te demande ça parce que Sunny ayant eu un malaise, je ne voudrais pas qu'il t'arrive la même chose, après, Lady Une pourrait penser que je m'acquitte mal de ma mission. »

« Ah. » dit Yami, surprise. « En tout cas moi je trouve que tu fais bien ton boulot. Je me sens plutôt en sécurité. Quoique… tu vas peut-être avoir de nouvelles tâches bientôt, comme par exemple, me protéger de fans hystériques ! Regarde, (Elle lui tendit une lettre) un fan m'a écrit, il dit qu'il m'aime passionnément ! »

Heero parcourut rapidement la lettre. Le blabla romantique d'un imbécile pris de passion pour une fille qu'il ne connaissait même pas ne l'intéressait pas vraiment. En résumé, ce pauvre garçon déclarait son amour à Yami, qu'il trouvait belle, qui était à ses yeux une vraie femme, et qu'il espérait venir bientôt à un de ses concerts pour lui offrir un cadeau. Rien de bien passionnant.

Heero lui rendit la lettre sans un mot.

« Alors, t'en penses quoi ? » lui demanda Yami, curieuse d'avoir son avis.

« Rien. » répondit l'ex pilote de gundam.

« Quoi ? Cet amour dégoulinant de guimauve te laisse sans voix ? » dit la jeune fille pour le taquiner. « Moi je suis un peu touchée quand même ! »

« Le fanatisme n'est pas à encourager, ça peut-être dangereux. » lui répondit Heero d'un ton ferme. « Mais heureusement pour toi, ce garçon a l'air particulièrement niais. »

Yami rit à cette remarque, imaginant l'auteur de la lettre devant sa télé, en train de manger des chips et matant ses clips avec un air crétin.


Dix minutes plus tard, à l'infirmerie.

Sunny ouvrit les yeux brusquement : elle était toujours à l'infirmerie mais celle-ci était vide. Elle était seule. Seule avec Wufei. Bizarrement, elle était blottie contre lui et lui dormait paisiblement, un bras passé autour de ses épaules. Ses traits habituellement si sévères étaient détendus et un sourire paisible et tranquille s'ébauchait sur ses lèvres.

Surpise par cette situation étrange, elle se redressa brutalement : « Quoi ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ! Pourquoi je suis là, avec Wufei ? Si ça tombe, il s'est passé des trucs incroyables et je ne me le rappelle même pas ! »

Elle prit le bras de Wufei et le fit passer par dessus sa tête pour se dégager de son étreinte, mais celui-ci se réveilla :

« Mais… pourquoi tu me tiens la main ? » s'exclama t-il, choqué.

« Mais c'est toi qui tient ma main ! Reprends- la ! » répliqua la jeune fille, bien décidée à couper court à tout quiproquo.

Elle le lâcha brutalement puis reprit : « Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Je me réveille là, avec toi, dans une position plus que bizarre, dans une pièce pleine de lits ! »

« Mais tu es dans une infirmerie ! » lui expliqua Wufei, perturbé par sa façon d'exposer les faits. « Tu t'es endormie après que l'infirmière t'a administré le mauvais traitement ! »

Sunny le regarda avec suspicion. Heureusement pour lui, la jeune infirmière remplaçante arriva :

« Mademoiselle ! Vous êtes réveillée ! Je vous en supplie, pardonnez-moi, je vous ai administré par erreur du BZ49-4, un révélateur d'émotions inhibées ! Vous avez fait quelques révélations croustillantes, puis avez dormi pendant une bonne heure. Mais ne vous inquiétez pas, vous n'aurez aucune séquelle. »

« Des révélations croustillantes ? » s'exclama la jeune fille, choquée. « Quelles révélations croustillantes ? »

L'infirmière rougit et baissa la tête. La pauvre Sunny se dit que cela devait être très grave ! Un truc croustillant, c'était forcément d'ordre sexuel ! Oh non, pourvu qu'elle n'ai rien dit sur Wufei ! Elle tourna la tête vers celui-ci : il essayait de réprimer un sourire de satisfaction. Ah. Il ne s'agissait donc pas de sexe. Chez eux, ce genre de truc aurait provoqué un scandale tel qu'on l'aurait sûrement fait interner dans un asile de fou. Mais… un sourire de satisfaction ?

Sunny se mit à secouer l'infirmière en la tenant par les épaules : « Mais qu'est-ce que j'ai dit ? »

L'infirmière rougit : « Vous avez dit que Monsieur ici présent était beau et fort. »

Bon… ce n'était que des niaiseries… mais la situation était quand même assez gênante…

« Ah… » murmura-t-elle, gênée. « Je peux m'en aller ? »

« Mais, vous ne lui avouez pas vos sentiments, comme dans les films ? » s'étonna l'infirmière.

Wufei intervint fermement, ne souhaitant pas se trouver dans une situation délicate : « Madame, s'il vous plaît, cela ne vous regarde pas. Vous gênez cette dame. »

Et Sunny se défendit : « Et il y a plein de gens que je trouve beau et fort : Trowa, Heero… Trowa… Chez nous, on en convient très facilement. Ça ne veut pas dire qu'on aime quelqu'un. C'est juste… une remarque. Tiens, madame, vous, vous ne trouvez pas que monsieur Wufei est beau et fort ? »

L'infirmière regarda Wufei avec des yeux ronds : « Non. »

Sunny lui lança un regard assassin, puis observa Wufei avec inquiétude : il avait toujours ce petit sourire satisfait. Sans un mot, elle quitta précipitamment la pièce.


Plus tard dans la journée, Sora et Yami se retrouvèrent au cours de chant. La prof leur faisait faire des petits exercices de voix avec enthousiasme : « Lalalala ! Mimimimi ! »

Visiblement peu motivées, les deux jeunes filles répétaient d'un ton morne : « La la, laaa. Mimi mi, mi. »

Alors que la prof se retournait brusquement vers elles, en levant sa baguette en fer, Sunny débarqua dans la pièce en courant.

« Alors on fait quoi là ? On chante quoi ? On apprend quoi aujourd'hui ? J'ai une idée ! Pourquoi on chanterait pas des trucs sympas de chez nous au lieu des habituelles rengaines nazes de chez vous ? » claironna –t-elle.

«Humhum. C'est moi qui les aie écrites ces chansons ! » répondit la prof avec un air pincé.

« Et ben je suis désolée mais c'est très mauvais ! » répliqua Sunny.

Sora observa sa sœur d'un air étonné. Elle avait l'air agité et ne tenait pas en place, tant verbalement que physiquement.

« Ben qu'est-ce qui te prend, on t'a donné de drôle de médocs à l'infirmerie ? » demanda-t-elle à sa sœur.

Wufei intervint brusquement pour lui répondre : « Non, il ne s'est rien passé d'anormal, ce sont juste les effets secondaires des médicaments. »

Yami, Sora, Duo et Heero le regardèrent d'un air suspicieux.

Sora fit la moue : « Pfff ! Bah c'est ce que j'ai dit ! Elle est à moitié droguée ! »

« Bon ! Mettez-vous en place. » fit la prof avec son air pincé, mettant fin à la conversation.

Sunny rejoignit le groupe autour du piano et le cours reprit.

« Lalala, lalalala. » chantaient les filles avec peu d'enthousiasme.

« Allez ! Un peu plus d'entrain ! LA-LA ! LALALALA ! OH-OH ! Yéyéyé ! »

« La-la ! Lalalala ! OH-OH ! Youyou youyou ! » chanta Yami-Rose, avec un clin d'oeil à ses camarades.

Aussitôt, Sora éclata de rire, suivie par Sunny. Yami-Rose s'arrêta de chanter pour les imiter et les garçons sourirent timidement dans leur coin. Seule la prof, qui ne comprenait rien de la situation, les fixait d'un regard noir.

« Je, je ne comprends rien à ce qui vous arrive aujourd'hui mais une chose est sûre, pour l'instant vous savez tout ce que vous aviez à apprendre pour faire face à l'émission télé de demain. Le cours est terminé, à bientôt. » lâcha t-elle d'un air rageur.

Sur ce, elle se drapa dans sa fierté et quitta la salle, sans un mot de plus.

Sunny s'arrêta brusquement de rire en même temps que les deux autres : « Oh non, je sens que ça va être une cata cette émission de télé ! »

Elle se précipita hors de la pièce.

Sora se tourna alors vers Yami, l'air angoissé : « Oh nonnn. Tu crois vraiment qu'on est prêtes pour demain ? »

« En tout cas, moi, je ne suis pas prête du tout. » répondit son amie, un peu inquiète. « Je crois que je vais continuer à répéter dans la salle de danse. »

Elle se tourna vers son garde du corps : « Euh, Heero ? Il faut que je retourne à la salle de danse. »

« Très bien. Je t'accompagne. » répondit docilement le jeune homme.

Ils quittèrent tous deux la pièce laissant Duo et Sora seuls.

Duo s'approcha de Sora : « Allez, fais pas cette tête ! On s'en fiche de la danse ! Ta voix est prête ! C'est tout ce qui compte ! Demain, tu vas chanter une chanson que tu aimes devant des centaines de personnes et tu vas t'en sortir à merveille, j'en suis sûr ! »

Sora s'assit sur le banc du piano : « Nonn ! S'il te plaît, ne dis pas « devant des centaines de personnes », sinon je vais vraiment finir par me sentir mal ! … Oooh, pourvu que je n'oublie pas les paroles ! »

Duo posa une main sur son épaule : « Mais non, tout se passera bien ! ... En attendant, tu devrais essayer de te détendre et de ne plus y penser. Si on sortait faire un tour ? »

La jeune fille rougit une seconde puis sourit : « Hmmm… D'accord ! »


Le lendemain, au bord d'un plateau de télévision, les trois gardes du corps attendaient anxieusement la toute première prestation de leurs protégées.

« Pourvu qu'elle ne fasse pas une crise au beau milieu de la chanson, elle a tellement travaillé pour ce moment ! » murmura Wufei, en pensant à Sunny.

A côté de lui, Duo semblait étonnamment inquiet : « Oui. J'espère que Sora n'a pas trop le trac et qu'elle n'oubliera pas les paroles de la chanson. Ce serait trop bête : elle y arrive parfaitement pendant les répétitions ! D'ailleurs, j'espère que cette horrible prof de danse n'est pas dans le public. »

Il jeta un regard suspicieux derrière eux, vers le public mais tout le monde avait l'air normal… ou presque. En réalité, les spectateurs semblaient tous au comble de l'ennui.

« Ça va bien se passer. » répliqua Heero d'un air tranquille. « J'ai confiance en Yami et en les filles. Elles se sont durement entraînées pour en arriver là. Je sais qu'elles vont réussir. »

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs ! Après leur arrivée fracassante dans le monde du show-biz et leur incroyable coup médiatique, elles arrivent maintenant pour électriser ce plateau avec leur premier tube « Greatful Days » ! Voici en exclusivité dans « La Note d'Or », les Anges Déchuuuuuuuuuuuuuus ! »

Le public applaudit poliment alors que les filles entraient sur le plateau, sur les premières notes de la chanson.

« La la la la, laaaala laaaala, la la la, la la, la la (X 2) ... Ouh YEAH ! »

Comme la musique devenait dynamique, chacune d'elles se dispersa sur la scène et alla danser sensuellement dans son coin, tournée vers le public. Enfin, quand tout se calma, Sora s'avança vers le rebord et commença à chanter le premier couplet en regardant le public d'un air malicieux :

« Machikogarete ita kisetsu ga yatte kite.
- La saison que j'attendais avec impatience est arrivée.

Zawamekidasu kaze ugokidasu machinami. »
- Le vent s'agite, la ville prend vie.

La musique changea de rythme et Yami poursuivit en faisant onduler son corps sensuellement/

Itsumo yori asa no otozure ga hayakute.
- Le matin arrive plus tôt que d'habitude.

Soredake de umaku arukeru yoona sonna ki ga shite.
- Je sens que je peux bien marcher juste pour ça. »

Des chœurs s'ajoutèrent à la chanson, comme des soupirs, pour donner une pointe romantique à la chanson, tandis que Sunny reprenait avec un air triste et inquiet :

« Mune o itameru hanashi bakari ga konogoro ja afureteru kedo.
- Il y a plein de terribles nouvelles autour de nous de nos jours. »

Puis, elle conclut avec un sourire encourageant pendant que les chœurs faisaient écho à sa voix :

« Kanashimi no tame ni tanoshimu koto okizari ni shinaide ite.
- Mais s'il te plaît ne laisse pas le plaisir derrière toi à cause de la tristesse. »

Le public commença légèrement à battre des mains. Les filles se rapprochèrent alors au centre de la scène pour chanter le refrain en choeur d'un air dynamique :

« Mijikai natsu ga hajimatte iku.
- Le court été commence bientôt.

Kimi to ikutsu no omoide tsukuroo ?
- Combien de souvenirs puis-je me faire avec toi ?

Taiyoo wa tada hikari kagayaki.
- Le soleil brille vivement.

Nami wa itsumo yosete wa kaeshiteku...Oooh...
- Et les vagues roulent toujours sur le rivage. (Soupir) Oooh. »

Sous les applaudissements du public, les filles terminèrent la chanson en lançant des oeillades aux caméras :

«La la la la la la la la la la la la…»

Le public, enthousiaste, les applaudit à tout rompre en poussant des cris joyeux : « ! »

Cachée au milieu des spectateurs, Lady Une rajusta ses lunettes et murmura : « Hm. Ça s'annonce bien tout ça. »

A SUIVRE...