Le soir même, après avoir tout nettoyé et fait croire à Lucia que j'allais me coucher, je pris un draps et partit me baigner dans les eaux noir de l'océan. L'eau fraiche détendit le moindre muscles de mon corps, je sentais mes cheveux s'enroulaient autour de mes bras et je pris plaisir en plongeant dans les fond marins. Une fois totalement détendue, je m'enveloppa dans le draps et remonta vers la demeure du Lord, quand une lumière attira mon attention, près de la demeure des Collins. Quand je m'approcha, je vis qu'elle venait d'une pièce au re de chaussé, je voulais m'approcher plus, mais une personne se plaça devant la fenêtre et observa le jardin dans lequel je me trouvais. Etant donné ma tenue très légère, la peur me gagna, et je décida de revenir vite au manoir. Je guetta les horizons, dans l'espoir d'apercevoir mon inconnue faire une balade nocturne, ou de le voir lui aussi sortir de l'eau pour un petit bain de minuit, mais rien ne se passa, alors je revins au manoir et partit me coucher pour un sommeil sans rêves.

Quand je me réveilla, je sentis la bonne humeur monter en moi quand je me rappela que je n'étais plus en Guadeloupe mais en Amérique. Lucia voulait m'envoyer de nouveau au marché, alors que son dos allait mieux. Mais je décida d'y aller quand même, même si j'avais renoncé à l'espoir de voir mon bel inconnue, mais avant cela, elle se mis à me peigner les cheveux en m'accrochant une fleur d'ibiscus dedans, me fit enfiler une robe d'un blanc éclatant qu'elle avait fait la veille spécialement pour moi et me prêta une paire de sandales pour que je n'y aille pas pied nue et que j'ai « un peu plus d'allure » d'après elle. Je trouva ce rituel étrange.

Moi : (riant) Mais enfin Lucia, pourquoi autant de soins pour aller au marché ?

Lucia : Pourquoi pas ?! (grand sourire en arrangeant encore un fois mes cheveux) Tu es resplendissante comme ça !

Moi : (soupirant) Bon je vais y aller avant que tu ne me fasses mette une robe de soie !

Lucia : (me posant devant le miroir) Une dernière chose … Regardes toi !

En soupirant, je me plaça devant le miroir qu'elle me montrait en souriant. Quand je me vis je n'en revint pas. Mes cheveux or habituellement emmêlés et ébouriffés tombaient légèrement dans le bas de mon dos avec l'éclat du soleil totalement démêlés, la fleur d'ibiscus faisait ressortir mes yeux malgré mes mèches de cheveux qui tombaient devant sans arrêts, la robe qu'elle m'avait faite épousait magnifiquement mes formes déjà bien sculptées, le blanc éclatant faisait un contraste étonnant avec ma peau mate et les sandales était bien pratique.

Moi : Lucia… Comment pourrais-je et remercier ! C'est incroyable !

Lucia : (levant les yeux au ciel) tu ne me dois rien Rapha ! (me poussant dans l'allée) Aller ! Amène moi tout sinon gars à toi ! Et tu as intérêt à revenir avant 10h !

Je descendis donc la rue en direction du marché, le sourire au lèvre et de bonne humeur. C'est fou ce que j'aimais l'Amérique ! Je pourrais y rester toute ma vie ! Et j'aimais aussi beaucoup les changements chez Lucia, quand j'étais arrivée, son visage était creusé par la fatigue, ridé par le travail, et lasse de la vie, depuis qu'on riait ensemble, la vieille femme semblait plus détendu, plus reposée. J'arriva sur la place remplit de monde, comme d'habitude, et me mis à chercher les poires. Les gens étaient nombreux et on avait du mal à passer, il fallait pousser pour réussir à se libérer des pressions corporelles. Je finis par réaliser que je ne rentrerais jamais à temps au manoir avec tous ce monde, et me décida à fendre la foule, alors je passa de force, jusqu'à me cogner à quelqu'un accidentellement. Je m'en voulue énormément et ne cessa de m'excuser derrière ma barrière de cheveux couvrant mes yeux, honteuse.

Moi : Pardonnez-moi ! Je ne voyais pas où j'allais !

? : (petit rire) C'est un peu normal jeune fille, avec vos cheveux devant les yeux !

Cette voix… Je le reconnaitrais ente mille. Tout d'un coup, les gens aux alentours s'existaient plus, tout était ralentit, il n'y avait que lui, et moi. Je leva la tête et poussa mes cheveux pour mieux l'admirer et pouvoir garder son magnifique visage en tête, il était habillé d'un pantalon noir et d'une veste militaire rouge ouverte sur sa chemise blanche, une tenue de service militaire de fin d'adolescence, et loin derrière lui, d'autres garçons étaient habillé ainsi, et je ne pu m'empêcher de le dévisager, quand il retint un souffle de surprise en découvrant mon visage, et je fus soudain extrêmement gênée. Faite qu'il ne se rende pas compte que l'horrible fille crasseuse qu'il avait découverte il y a deux jour était moi…

Moi : (rebaissant la tête et voulant partir) Pardonnez-moi encore.

? : Attenez ! (se plantant devant moi et me regardant) J'ai l'impression de vous connaitre… (me voyant essayer de fuir) Où allez-vous comme ça jeune fille?

Non mais il ne veut pas mon adresse aussi ? Mon cœur rata plusieurs battements, et je ne crains qu'ils les entendent à travers ma poitrine.

Moi : Je dois… Je dois y aller, vraiment, je dois aider un amie au plus vite, car nous faisons un repas… C'est urgent ! (voulant partir)

? : (me retenant) Vous savez, une jeune fille m'a dit un jour qu'il fallait profiter de l'instant présent, et se laisser surprendre par la vie sans toujours courir !

Moi : (rougissant) C'est un très bon conseil…

Mon cœur cessa de battre lorsqu'il prononça ma phrase au mot prés. L'avais-je autant marqué ? Ce n'était largement pas pour ma beauté en tout cas !

? : (grand sourire en relevant ma tête) Vos yeux sont…Ils sont magnifique ! Des yeux de saphir…

Quoi que…

Moi : Je suis très flattée, (voyant l'horloge de la grande église indiquer dix heure moins cinq) mais je dois vraiment partir maintenant…

? : (me rattrapant par le bras et murmurant à mon oreille) Dîtes moi au moins votre nom belle enfant…

Le temps s'arrêta, ses lèvres étaient si proche de ma peau que je faillis défaillir, mais je ne voulais pas lui révéler la vérité, après tout, je ne connaissais pas le sien.

Moi : Malheureusement… Ce n'est pas Saphir.

Et sur ces dernier mot, je me libéra de son étreinte sur mon bras et disparut dans la foule. Mon cœur battait, un large sourire se dessinait sur mes lèvres et mes mains tremblaient. Je l'avais revu, il ne m'avait pas reconnue et m'avait dit que mes yeux étaient magnifique. J'arriva avec dix minutes de retards, et pourtant j'avais enlevé les sandales pour pouvoir courir, j'arriva essoufflée, mais si heureuse…

Lucia : (m'attendant devant la porte de service) Raphaël ! Raphaël mais où étais tu ! J'allais descendre pour te rechercher en bas !

Moi : (entrant en courant et posant les sacs sur la table de la cuisine essoufflée) Pardon Lucia, je suis désolé mais il y avait tellement de gens que la circulation devenait impossible alors j'ai tout fait pour fendre et la foule et…

Lucia : (m'arrêtant en faisant des gestes des bras) Wo, wo, wo, wo, WO !

Je m'arrêta enfin, complètement essoufflée, et la regarda me fixer, puis un petit sourire fendit son visage.

Lucia : (souriant) tu l'as vu…