Δ Chapitre 4 : L'histoire de Poudlard

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Hermione avait revêtu son plus beau tailleur et ses talons claquaient sur le sol du ministère. A présent, elle n'avait plus besoin de passer par l'accueil pour se faire attribuer un badge ou pour donner l'empreinte de sa baguette magique. Non. A présent, elle travaillait officiellement au ministère et une vague de fierté la submergea quand elle monta dans l'ascenseur pour rejoindre le niveau 2.
Lorsqu'elle entra dans son bureau à huit heures précises, Alicia Becker était déjà là, le nez enfoui dans une pile de dossiers. Elle releva légèrement la tête, salua Hermione et griffonna quelque chose sur un parchemin et se leva finalement pour la rejoindre.
- J'espère que vous êtes en forme. Ca se sont les dossiers des deux audiences que nous avons aujourd'hui, ce serait bien que vous en preniez connaissance, dit-elle en laissant tomber deux gros dossiers gris sur le bureau d'Hermione. Ensuite ça, ajouta-t-elle d'une voix plus basse, c'est un dossier rouge. Les dossiers rouges contiennent tout ce qui concerne notre fameuse enquête. Dossiers dont personne ne doit avoir connaissance.
Hermione ouvrit le dossier rouge qui ne renfermait qu'un seul parchemin.
- Le dossier est pratiquement vide parce que je veux que vous repreniez l'enquête dès le départ. Je veux un œil neuf, vierge de tout ce que je pourrais penser. Je veux votre vision des choses, votre avis, votre instinct.
- Ce ne serait pas mieux que je prenne connaissance de tout ce qu'il s'est déjà passé ?
- Non.
Hermione n'ajouta rien et lut rapidement le parchemin. Il s'agissait de la disparition du jeune Dennis Crivey qu'elle avait connu à Poudlard pour être le frère de Colin Crivey. Ce dernier avait tout juste finit sa scolarité en juin dernier et aurait du suivre des études de potion avancé. Apparemment, il aurait dû commencer les cours ce lundi et ses parents avaient signalé sa disparition auprès de la police moldu mais également au ministère de la magie.
- Je veux que vous enquêtiez là-dessus, dès que vous aurez pris connaissance des dossiers gris. Votre travail d'adjointe est d'abord de m'assister dans mon rôle de chef du magenmagot, donc cela passe avant, mais dès que vous avez du temps libre, je veux que vous vous consacriez à notre enquête. Si vous voulez mon avis, ce jeune garçon est malheureusement mort.
- Les aurores n'enquêtent-ils pas eux-mêmes à ce sujet ? Demanda cependant Hermione en fronçant les sourcils. Je veux dire... C'est un travail d'aurore, ils sont beaucoup plus qualifiés que moi en la matière et...
- Vous ne vous sentez pas à la hauteur ? Lui lança Becker.
- Si bien sûr que si, répondit hâtivement Hermione.
- Nous ne savons pas à qui nous pouvons faire confiance, expliqua Becker. Nous ne devons donc prendre aucun risque. Même concernant votre ami Harry Potter, ajouta-t-elle. Vous avez évidemment carte blanche au ministère et tout le monde le sait. Le chef du magenmagot et son adjoint, sont les seuls à pouvoir mettre leur nez de partout. Nous en avons constamment besoin pour nos audiences, donc ils ne se douteront de rien. Le seul département au quel vous ne pouvez pas accéder est celui des langues de plomb. Pour cela, il faut avoir l'autorisation du ministre de la magie et comme nous ne voulons pas que notre enquête éclate au grand jour, nous nous abstiendrons de lui demander quoi que ce soit.
Hermione acquiesça d'un signe de tête et Becker retourna s'asseoir à son bureau. Pendant un bref instant, Hermione l'observa. Elle était certaine que leurs recherches et enquête n'étaient pas autorisés. Avait-elle raison de faire confiance à la chef du magenmagot ? Hermione chassa cette idée de sa tête aussi rapidement qu'elle lui était venue et se concentra sur les dossiers gris qui étaient sa première priorité.

La dernière audience d'Hermione se termina aux alentours de quinze heures. C'était une simple histoire de vol avec effraction et l'affaire avait été rapidement réglée. La jeune sorcière avait donc pu se pencher sur le dossier rouge dès le milieu d'après-midi. Elle s'était alors rendue au bureau des Aurores dont Gawain Robard était l'actuel chef. Elle avait récupéré le dossier de Dennis Crivey pour aller l'étudier dans son bureau. Elle prit en note tous les éléments distinctifs le concernant pour le comparer aux éventuels autres disparitions ou meurtres. Elle s'était également rendue au département du contrôle des sorciers où travaillait à présent Blaise. Elle vérifia l'arbre généalogique du jeune sorcier, tout en sachant déjà ce qu'elle y trouverait. Il était issu de parents moldus au même titre que son frère qui était mort à Poudlard lors de la grande bataille. Hermione remonta cependant davantage dans l'arbre généalogique, plus par curiosité que par réel intérêt pour son enquête. Mais non, il n'y avait pas la moindre trace de sang sorcier ce qui était assez incroyable. Il était en effet plutôt rare que deux frères soient des sorciers alors qu'il n'y en avait aucun dans leur famille.
- Qu'est-ce que tu cherches ?
Hermione releva les yeux vers Blaise. Visiblement elle allait devoir apprendre à contourner la vérité sans pour autant mentir. Entre Harry, Ron et Blaise qui travaillaient au ministère, son enquête n'allait pas être vraiment aisée.
- Un jeune sorcier a disparu, je dois faire un rapide dossier dessus. Donc je récupère tous les éléments et je peux classer l'affaire de mon côté.
- Tu comptes classer l'affaire alors qu'il a disparu ? Insista cependant Blaise.
- Ce n'est pas à moi de m'en occuper, je dois juste transmettre les informations, répliqua Hermione. Mais peut-être que tu veux me dire comment faire mon travail ?
- Non, non, bien sûr, répondit-il aussitôt. Tu veux voir sur quoi je travaille ? Enchaina-t-il avec entrain.
- Blaise, on en parlera ce soir, j'ai beaucoup de travail, lui répondit cependant Hermione.
Elle l'embrassa rapidement, lui fit un sourire et sortit de la grande pièce des archives.

Il était vingt heures lorsque Becker sortit de son bureau.
- Vous savez Mlle Granger, vous n'avez pas besoin de m'impressionner en restant aussi tard, lui lança-t-elle en lui adressant un regard entendu.
Hermione se contenta de lui dire qu'elle n'en avait plus pour longtemps et écrivit une dernière phrase sur le dossier gris qu'on lui avait apporté une heure plus tôt. Elle rangea ensuite son bureau et observa la pièce qui allait être son principal lieu de vie pendant longtemps. Après tout, c'était désormais là qu'elle passerait le plus clair de son temps et elle en était plus qu'heureuse.
Lorsqu'Hermione s'engouffra finalement dans l'ascenseur, l'idée que des mangemorts puissent encore exister s'immisça en elle avec force. Après tout, le jeune Crivey était un enfant issu de parents moldus... Et s'il s'agissait vraiment de ça ? Et pourquoi Becker ne lui donnait-elle pas les informations qu'elle avait déjà recueillies jusqu'à présent ? Pourquoi lui cacher ?
L'ascenseur s'arrêta au rez-de-chaussée et Hermione observa l'immense hall du ministère sans bouger. Au lieu de sortir, elle appuya sur le bouton de l'étage 3 et les portes se refermèrent. Lorsqu'elle en ressortit, elle se dirigea vers le département de contrôle des sorciers, tout en priant pour que Blaise n'y soit plus. Par chance, il ne restait qu'un employé, qui ne lui jeta qu'un bref coup d'œil quand elle entra dans le grand bureau des archives. Elle s'orienta vers les « B » et sortit finalement la pochette qui comportait les informations relatives à sa responsable. Hermione l'ouvrit et son regard s'arrêta sur le statut de son sang. « Issue de parents moldus ». Hermione se sentit incroyablement rassurée. Au moins, Alicia Becker n'était pas de ceux qui voyaient d'un mauvais œil les enfants de moldus. Hermione laissa échapper un petit rire nerveux. Elle était stupide ! Becker lui avait bien dit que les disparitions et les morts n'avaient aucun lien entre eux et elle avait même précisé « aucun lien de sang ».Si Becker ne voulait pas lui en dire plus, elle avait forcément ses raisons. Peut-être même que la chef du magenmagot avait une petite idée de ce qu'il se passait mais qu'elle voulait voir si Hermione, arrivait à la même conclusion. Oui, c'était surement ça. Si Hermione avait réagit aussi impulsivement c'était juste que les cicatrices de la guerre ne s'étaient pas encore totalement refermées. Il fallait du temps pour ses choses là, du temps pour ne plus avoir peur. Elle referma le petit dossier pour le ranger, quand elle sentit une présence dans son dos.
- On fait des heures supplémentaires Granger ? Lança une voix trainante.
Elle se retourna et tomba sur Malefoy qui tenait un grand classeur dans les mains. Il le referma d'un mouvement sec et le rangea sur l'étagère au dessus d'Hermione.
- Tu as passé une bonne soirée vendredi ? Ajouta-t-il face au manque de réaction de la jeune fille.
Hermione lui adressa un regard noir, alors qu'un léger sourire étirait les lèvres de Malefoy. Contrairement à ce qu'il essayait de faire croire à Blaise, il n'était visiblement pas en faveur de leur relation. Au moins, elle était définitivement fixée à ce sujet.
- Arrête, je vois clair dans ton jeu, lui signala Hermione.
- Mais j'espère bien, lui répondit-il aussitôt. J'espère bien. Et quand tu auras décidé qu'il est plus sage pour toi de laisser Blaise tranquille, tout ira pour le mieux.
- En quoi les fréquentations de Blaise te regardent ? Je ne crois pas me souvenir que tu ais été particulièrement présent dans sa vie ces dernières années. Peut-être que Blaise l'a oublié, mais pas moi.
- J'étais un peu occupé ces trois dernières années, répondit Malefoy en faisant bouger adroitement sa baguette entre ses doigts. De toute façon, je suis sûr que je n'aurais pas grand-chose à faire. Blaise se rendra vite compte lui-même qu'il n'a rien à faire avec quelqu'un de ton espèce.
- Nous y voilà, répliqua Hermione avec amertume. Le sang... Ce genre de propos est indigne d'un Aurore, tu le sais au moins ?
- Je n'ai jamais parlé de ton sang Granger. C'est toi qui es complètement obsédée par ça. Tu aurais tout aussi bien pu être une sang pure ou une sang mêlée, que mon impression à ton égard, n'aurait pas été différente. Tu n'es qu'une insupportable miss-je-sais-tout qui en fait, ne sait pas grande chose. Enfin bon... fit-il d'une voix lasse. J'y retourne, ils y en a qui travaillent contrairement à d'autres qui aiment bien trainasser.
Hermione n'eut pas le temps de lui répondre, car il tourna les talons et sortit de la salle des archives des sorciers.

Δ

- Comment ça se passe avec Ron ? S'enquit Ginny alors qu'elle dînait avec Harry.
- Bien. Il s'est un peu pris la tête avec Malefoy mais Robards, notre chef, est intervenu.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Je n'en sais rien et à vrai dire, je m'en fiche, lâcha Harry en soupirant. On n'est plus à Poudlard j'aimerais bien qu'ils arrêtent.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi Malefoy a voulu devenir Aurore...fit remarquer Ginny d'une voix songeuse. Je ne comprends même pas qu'il y ait été autorisé d'ailleurs.
- Malefoy n'est pas coupable des actes de ses parents, répliqua Harry d'un ton froid.
Ginny lui adressa un regard choqué.
- Désolé, finit par dire Harry. C'est juste qu'il se passe plein de choses étranges en ce moment, des meurtres, des disparitions et cela m'agace un peu de voir Ron et Malefoy se disputer pour des âneries. D'ailleurs, j'ai l'impression d'être le seul à m'inquiéter de tout ça. Même Robards ne réagit pas vraiment. Il classe les affaires et puis voilà. Je suis sur qu'il se passe quelque chose...
- Harry arrête, tu deviens parano. La guerre nous a tous touché, toi plus particulièrement, mais tout ça c'est derrière nous. Ce serait trop dur d'admettre que pour une fois tout va bien ?
- Il a des meurtres et des disparitions et toi, tu trouves que tout va bien ?
- C'est le quotidien des Aurores Harry ! Le monde sera toujours peuplé de personnes malfaisantes, cela ne veut pas pour autant dire qu'il se passe quelque chose !

Δ

Lorsqu'Hermione claqua sa porte d'entrée avec humeur, elle vit que Blaise avait dressé une magnifique table pour leur dîner.
- Le repas risque d'être un petit peu froid, mais je suis sûr que ce sera quand même bon, dit-il.
- Tu as préparé le repas ? Demanda Hermione n'en revenant pas. Tu as cuisiné ? Toi ?
Elle s'avança vers la cuisine, comme pour vérifier qu'un elfe de maison n'y était pas caché.
- Tu avais l'air un peu stressé au travail aujourd'hui et comme tu as finis tard, je me suis dis que ça te ferait du bien.
- C'est adorable de ta part Blaise.
Hermione s'approcha de lui pour l'embrasser et au lieu de s'intéresser au dîner, elle l'attira dans le salon et le força à s'allonger sur le canapé. Blaise, bien que ravit de l'initiative d'Hermione, l'arrêta cependant.
- Ca va être froid, murmura-t-il comme s'il hésitait lui-même.
- Froid ou très froid, cela ne changera pas grand-chose, répliqua Hermione en re-capturant ses lèvres.
- Mais tu n'as pas faim ? Insista-t-il.
Cette fois Hermione s'écarta quelque peu de lui et le toisa d'un air méfiant.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Finit-elle par demander d'un ton dur.
- Rien.
Hermione finit par se relever et lança un regard entendu à Blaise.
- Je propose qu'on mange et qu'on reprenne après, là où on s'est arrêté, d'accord ?
Hermione ne répondit pas et s'avança jusqu'à la table de la salle à manger. Blaise était même allé jusqu'à mettre des bougies. Avait-il quelque chose à se faire pardonner ? Les soupçons d'Hermione s'arrêtèrent cependant lorsqu'elle vit un paquet cadeau posé sur sa chaise. Elle se tourna vers Blaise qui se contenta de lui sourire. Hermione finit par attraper le paquet et l'ouvrit.
- Non d'un hippogriffe ! S'exclama-t-elle. Où est-ce que tu as eu ça ?
Elle se tourna de nouveau vers Blaise, d'un air effaré, tout en serrant religieusement le livre entre ses bras. Hermione avait lu l'Histoire de Poudlard bien avant sa rentrée dans la célèbre école, mais cela avait été un des nombreux livres mis en vente. Là, le livre était vieux, usé et comportait les signatures des quatre sorciers fondateurs ! C'était tout bonnement incroyable, impossible même !
- C'est le vrai ? C'est vraiment le vrai ? Je veux dire... J'avais entendu parler d'un livre qui aurait été signé par les fondateurs peu de temps avant leur séparation, mais je ne pensais pas qu'il existait réellement ! Certes il ne doit pas être aussi complet que les autres ouvrages, mais c'est le tout premier !
- C'est l'un des avantages de provenir d'une très vieille famille de sorciers, répondit Blaise dont le sourire s'était considérablement élargit. Ca te fait plaisir ?
Hermione gloussa en serrant davantage le livre contre elle, si c'était possible.
- J'ai encore moins envie de manger maintenant ! S'exclama-t-elle. Il faut au moins que je lise la première page, ajouta-t-elle d'un air enjoué.
- Mais tu connais le livre par cœur !
- Ce n'est pas le même ! Le contredit-elle avec véhémence. Pleins de choses ont été rajoutées dans les autres versions, là c'est là tout première !

Après avoir lu cinq pages et sous l'insistance de Blaise, Hermione avait finit par abandonner son livre pour passer à table. Elle lui raconta sa journée avec bonne humeur, évitant soigneusement de mentionner son altercation avec Malefoy. A cet instant, rien n'aurait pas pu venir gâcher sa bonne humeur, pas un même un sale gamin prétentieux.

Δ

Drago Malefoy rentrait tout juste chez lui après un rendez-vous, lorsqu'il vit son hibou grand-duc, l'attendant sur le rebord de la fenêtre. Cet oiseau était l'une des rares choses qu'il était parvenu à conserver et même s'il n'avait jamais eu la moindre affection pour les animaux, il n'aurait échangé cet oiseau pour rien au monde. Il attrapa la lettre que tenait son hibou et passa le pas de sa porte d'entrée.

Drago,
Tu as vraiment eu une idée brillante avec ce livre ! Hermione l'a adoré ! Elle m'a regardé tout le repas comme si j'étais Merlin lui-même ! Donc un grand merci pour ton idée et pour m'avoir donné le livre de tes parents !
Blaise

Drago lut la lettre une deuxième fois avec une grande satisfaction. Tout fonctionnait parfaitement et cela allait rendre Hermione folle, complètement folle lorsqu'elle comprendrait d'où provenait le livre. Il savait que Blaise n'aurait jamais pensé à ouvrir le livre, mais Hermione allait le faire et elle allait très vite comprendre à qui elle devait réellement ce cadeau. Et si par malheur, elle ne s'en rendait pas compte, il se ferait un devoir de trouver un moyen de lui faire savoir. Il ne se séparait pas des choses ayant appartenues à ses parents pour rien !

Δ

Alors que Blaise commençait à sombrer dans le sommeil, Hermione attrapa le livre pour reprendre sa lecture là où elle l'avait laissée. Elle admira une nouvelle fois les quatre signatures sur la couverture, lorsque quelque chose attira son regard. Tout en bas à droite se trouvait une lettre. Un « M » plus précisément. Hermione observa davantage l'inscription. Elle avait été rajoutée à la main. Elle ouvrit le livre à la deuxième de couverture et son regard se durcit aussitôt. « Propriété de la famille Malefoy » était inscrit en petit. Etait-ce une blague ? Elle se redressa alors dans son lit et attrapa le coussin qui avait été derrière sa tête pour frapper Blaise au visage. Celui-ci sursauta et lança un regard mauvais à Hermione.
- Non mais qu'est-ce qu'il te prend ?!
- C'est quoi ça ?! S'exclama-t-elle en lui collant le livre sous le nez.
Le regard de Blaise changea aussitôt.
- Je vais t'expliquer...
- Pas la peine ! Le coupa Hermione. C'est Malefoy qui te l'a donné n'est-ce pas ?
Blaise grimaça comme seule réponse.
- Mais ce n'est pas possible ! Tu ne peux pas être aussi stupide que ça quand même ! Tu ne vois pas qu'il se sert de toi pour m'atteindre ?
- Tout de suite les grands mots, répliqua Blaise en levant les yeux au ciel.
Hermione se figea, choquée.
- Attends, mais tu penses vraiment qu'il t'a donné ce livre pour me faire plaisir ?
- Non Hermione, je ne suis pas idiot, grogna-t-il. Je sais bien qu'il ne t'aime pas.
- Ah, tu me rassures !
- Mais il me l'a donné pour me faire plaisir à MOI.
- N'importe quoi ! Répliqua Hermione en sortant brusquement du lit. Il te l'a donné, en sachant pertinemment que tu ne ferais pas attention à l'inscription, alors que moi oui. Il l'a fait exprès pour que je m'énerve et que je t'en veuille.
Blaise fixa Hermione avec hébétude.
- Tu vas me dire que j'exagère hein ? Je suis sûr que Malefoy l'avait prévu ça aussi !
- Non, tu n'exagères pas, lui fit cependant remarquer Blaise d'une voix calme. Tu es plutôt dans un gros délire là ! Calme-toi hein ! Drago a beaucoup de tords, je te l'accorde et il ne t'aime pas vraiment. Mais je ne pense pas qu'il se serait donné autant de mal pour monter un tel complot contre toi ! S'exclama-t-il en insistant bien sur l'emploi du mot « complot ». Non mais franchement ! Tu ne pourrais pas juste apprécier le cadeau ?
- Mais il l'a fait exprès pour qu'on se dispute !
- Je te ferais remarquer que c'est toi qui fais des histoires là !
- Tu ne comprends pas... je n'en reviens pas... marmonna Hermione d'un air abattu.
- Mais c'est toi qui lui donne raison en t'énervant ! On se fiche des soit-distantes intentions de Drago. Le principal c'est que le livre t'ait fait plaisir. On ne va pas en faire toute une citrouille ! Et je suis fatiguée, donc soit tu te couches en silence, soit tu sors de la chambre, ajouta-t-il d'un ton dur.
Blaise regarda Hermione sortir et claquer violemment la porte de leur chambre.

Δ

Lorsqu'il fut midi trente le lendemain, Blaise rejoignit Drago près du bureau des Aurores, pour qu'ils aillent déjeuner. Il croisa Harry et Ron qui le saluèrent. Il voulu leur adresser quelques mots, mais Drago le tira par le bras pour l'entraîner dans le couloir.
- Pour Potter, tu fais comme tu veux, mais ne copine pas avec Weasley je t'en supplie, lui lança-t-il avec agacement.
- Il s'est passé quelque chose ? Demanda Blaise en fronçant les sourcils.
- J'ai passé trois ans à faires des études pour devenir Aurore, j'ai passé les mêmes examens que tout le monde, notamment le test psychologique et Weasmoche est là à me coller et me fixer, comme s'il s'attendait à que je torture l'un d'entre eux !
Blaise laissa échapper un rire.
- Tu ne peux pas lui en vouloir...
- Le passé est le passé, répliqua cependant Drago avec agacement. Je ne vais pas m'excuser à chaque fin de phrase pour les actes de ma famille. Je suis un Aurore et je me bats pour la même cause que tous ceux de la profession. Au fait, tu as eu le droit à un remerciement endiablé, où Granger à passé sa nuit le nez dans le livre ? Demanda Drago d'un air amusé.
Blaise se renfrogna aussitôt.
- Quoi ? C'est à cause du « remerciement endiablé » ? Tu aurais préféré que je te demande si vous aviez « fait l'amour » ?
- Ce ne me fait pas rire, répliqua Blaise.
- Qu'est ce qu'il y a ? Demanda Drago sérieusement en stoppant Blaise dans sa marche.
- Elle a vu que c'était ton livre.
- Quoi ? Mais comment ça ? Demanda Drago en jouant parfaitement l'état de surprise.
- Il y avait ton nom de famille d'écrit à l'intérieur, mais ce n'est pas ça le problème. Elle s'est mit en tête que tu l'avais fais exprès.
Drago ricana.
- Tu l'as fais exprès ? Lui demanda Blaise.
- La dernière chose que je voudrais c'est que Granger sache qu'elle a quelque chose qui m'appartient.
Blaise toisa son ami pendant quelques secondes d'un air septique.
- C'était l'une des dernières choses que je tenais de mes parents, tu penses vraiment que je te l'aurais filé juste pour emmerder Granger ? Du coup tu m'as ramené le livre ?
- Bah non, pourquoi ?
- Maintenant qu'elle sait que c'est mon livre, je suis sûr qu'elle va se faire un plaisir de...
- Tu plaisantes ? Le coupa Blaise. Dis-moi que tu plaisantes ?
- Mais elle ne va pas le garder quand même ? C'est hors de question !
- C'est toi qui me l'as donné ! S'exclama Blaise en le fusillant du regard.
- Je te l'ai donné pour lui faire croire que c'était le tien, pas le mien !
- Tu veux vraiment mettre fin à mon couple ? Lui lança Blaise tout en lui adressant un regard entendu.
Drago fit mine de prendre sur lui et de céder d'un bref mouvement de tête.
Alors qu'il faisait toujours face à Blaise, il aperçu Hermione, au fond du couloir qui les fixait.
- Elle est là, lui signala alors Drago en levant son menton dans sa direction.
Blaise se retourna pour lui sourire, mais le regard d'Hermione l'en dissuada aussitôt. D'ailleurs, Hermione ne regardait pas réellement Blaise. C'était Drago qu'elle fusillait du regard. Blaise et elle s'étaient disputés la veille et il n'en voulait même pas à Drago pour ça. Non. Ils étaient là, à discuter tranquillement dans le couloir, comme si tout allait bien. Tout à coup, alors qu'elle allait rebrousser chemin, elle vit Drago lui adresser un sourire moqueur, accompagné d'un haussement de sourcil insolent. Et tout ça, dans le dos de Blaise. Hermione avait envie de l'étrangler.