Un des chapitres les plus importants de l'histoire; il a été assez pénible à écrire. D'ailleurs, si ça se trouve, d'ici quelques jours je déciderai que je n'en suis pas satisfait et je le reprendrai... Enfin, jusqu'à nouvel ordre, c'est le chapitre définitif. Vous allez maintenant découvrir avec Harry ce qui est arrivé à ses parents et à Queudver. Enjoy!
Chapitre 3 : Soirées douloureuses.
Nuit du 31 juillet 1991, la Tanière.
Un silence tendu s'était installé dans la demeure. Le repas, simple mais bon, et copieux, s'était déroulé dans la bonne humeur, mais à présent que l'heure des révélations approchait, les convives se sentaient de plus en plus mal à l'aise. Finalement, Rémus se retira pour aller chercher le dessert, et Sirius prit une profonde inspiration.
-Bon… j'imagine qu'il est temps de se jeter à l'eau, lâcha-t-il, peu convaincu.
Il hésita encore plusieurs minutes, tandis que Lupin s'attardait à la cuisine, puis reprit :
-Ce n'est pas une histoire très agréable à raconter, surtout pour certaines parts. Mais tu as le droit de savoir, et j'ajouterais qu'il est important que tu saches, maintenant que tu vas rentrer à Poudlard.
-Vous vous défilez.
Harry avait parlé doucement. Sans s'énerver. Il s'était contenté d'énoncer la situation, purement et simplement. Rémus revint de la cuisine avec de la tarte aux pommes et du chocolat chaud, et Sirius commença son récit.
-On t'a déjà parlé de nos années à Poudlard, Harry. La Cabane Hurlante, Rémus, les Maraudeurs, ton père et ta mère… nous t'avons déjà raconté tout ça.
Après Poudlard, nous avons commencé à nous éloigner, à aller chacun de notre côtés. Nous étions toujours amis, mais nous avions tous nos projets. Ton père a repris les affaires familiales, ta mère a commencé ses études de guérisseuse, moi j'ai commencé mes stages de magie vétérinaire…
-Je me suis lancé dans une succession encore ininterrompue de petits boulots et de périodes de chômage, lâcha amèrement Rémus.
-Et Peter est rentré en apprentissage, acheva Sirius après avoir jeté à son ami un regard peiné. Tes parents ont continué à sortir ensemble, et ont rapidement décidé de se fiancer. D'autant plus rapidement qu'à l'époque, c'était la guerre. Personne n'était en sécurité, la peur régnait. Nous avons rapidement pris l'habitude de nous rassembler dès que c'était possible ; ensemble, nous étions les Maraudeurs, que pouvait-il nous arriver ?
-Tes parents se sont mariés, poursuivit Rémus, puis ta mère est tombée enceinte. Nous étions tous les trois très heureux pour eux, bien sur, et penser à ce bébé – à toi, donc – nous permettait de sortir Voldemort, les Mangemorts, les massacres et les tortures de nos têtes. Nous vivions heureux, donc, chacun à sa façon, jusqu'à ce que le Professeur Dumbledore apporte à Lily cette terrible nouvelle : d'après ses informations, Voldemort, qui s'était mis dans la tête que tu étais destiné à le vaincre un jour, allait chercher à te tuer.
-Le premier souci de tes parents à été de protéger, bien sur. Dès ta naissance, ils se sont cachés. Nous étions très peu nombreux à connaître le lieu où ils vivaient. Mais ce n'était pas suffisant. Il y avait toujours un risque que Voldemort vous retrouve. Cela a continué ainsi pendant un peu moins d'un an. Pour finir, Dumbledore est revenu avec une solution. Un sort peu connu, très technique. Le sort de Fidelitas.
-Le sort est très technique mais le principe en lui-même est simple : il s'agit de cacher une information dans le cœur d'un être unique, le Gardien du Secret. Dès lors, personne ne peut connaître cette information tant que le Gardien n'a pas choisi de la révéler. Voldemort aurait aussi bien pu passer des jours devant votre maison, il n'aurait pas pu vous y trouver.
-A l'origine, c'est moi qui devais être le Gardien. Ton père et moi étions très proches, c'était le choix le plus évident. Et justement, ça me semblait trop évident. Dès que Voldemort aurait compris que nous utilisions un Fidelitas – et il l'aurait su, il avait ses espions – il se serait mis en chasse pour moi. Un Gardien peut normalement mourir avec son Secret, mais celui-ci est alors fragilisé. J'ai alors proposé à James un coup de bluff. Jamais personne n'aurait pu supposer que Peter puisse être le Gardien du Secret. Un homme petit, maladroit, complexé, opportuniste, fruste… Pauvre Peter, les apparences n'ont jamais joué en sa faveur.
-Finalement, ils se sont décidés. Peter est devenu le Gardien. Tous, nous avons gardés profil bas. Les choses ont continué ainsi un certain temps. Et puis un jour, c'était Halloween, tu avais à peine quinze mois… le drame s'est produit.
-Je suis allé dans la cachette de Peter pour lui rendre une petite visite, histoire d'échanger les nouvelles, de m'assurer qu'il était en sécurité… Quand je suis arrivé, sa porte était grande ouverte, à moitié arrachée à ses gonds. J'ai entendu des sanglots et je suis rentré, baguette au poing. La première chose que j'ai vue, c'était le corps inanimé d'une petite vieille – la mère de Peter, pauvre femme. Je l'ai examinée, mais il n'y avait plus rien à faire. Alors, j'ai réalisé que les sanglots venaient de Peter, qui se trouvait au milieu de la pièce, à quelques mètres. Quand je me suis approché, je l'ai entendu qui marmonnait quelque chose parmi ses sanglots. J'ai écouté et…
La voix de Sirius se brisa. Rémus ne dit rien, se contentant de pousser vers lui une tasse de chocolat fumant, que le jeune homme accepta d'un hochement de tête. L'un comme l'autre paraissaient souffrir à la simple évocation de ces sombres souvenirs.
-Il délirait, je crois, reprit Sirius. Il n'arrêtait pas de supplier, de jurer, il appelait au secours, il appelait ton père, ta mère, Rémus, Dumbledore, sa mère, moi… même toi, il t'a appelé, ajouta-t-il avec un sourire forcé. Et dans tout ça, il ajoutait… il ajoutait l'adresse de tes parents.
Quand j'ai entendu ça, mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai envoyé un signal pour qu'on vienne secourir Peter, puis j'ai sauté sur ma moto. J'ai foncé vers Godric's Hollow, mais il était déjà trop tard. Je suis arrivé quand Hagrid t'extrayait des décombres. Je lui ai demandé de te donner à moi, mais il a refusé ; il avait reçu des consignes de Dumbledore. Je lui ai prêté ma moto pour qu'il puisse te ramener le plus vite possible à Poudlard.
-C'est à ce moment-là que je suis arrivé. J'avais entendu la nouvelle, mais je ne pouvais pas y croire… Sirius avait déjà recommencé à fouiller les décombres. Il s'est arrêté le temps de me dire ce qu'il savait. On s'est réparti les tâches : lui recherchait tes parents, moi j'allais secourir Peter. Quand je suis arrivé chez lui, il avait disparu. Il ne restait plus qu'un Mangemort, que je parvins à neutraliser rapidement. Nous avons rejoint Dumbledore, et essayé de reconstituer les évènements.
-Voldemort s'était rendu chez vous. Il avait d'abord tué ton père, puis il avait couru après ta mère qui se trouvait dans ta chambre. Elle n'a pas eu le temps de fuir. Vu l'endroit où nous avions retrouvé… où nous l'avions retrouvée, elle a essayé de te protéger jusqu'à son dernier souffle. Et puis, Voldemort a tourné sa baguette vers toi. Et là… mystère. Dumbledore lui-même ne savait pas au juste ce qui était arrivé. Tout ce qu'on savait, c'est qu'il avait essayé de te tuer, mais qu'il n'avait pas réussi. Pourtant, il avait bien lancé son sort, sa baguette le prouvait. Mais toi, tout ce que tu as eu, c'est cette cicatrice en forme d'éclair. Lui, il avait été comme détruit.
Harry pleurait silencieusement. L'émotion qu'il ressentait à entendre parler des derniers instants de ses parents était très forte. Sirius passa son bras autour de ses épaules et l'attira à lui, tandis que Rémus le resservit en tarte et en chocolat, tout en marmonnant que ça lui ferait du bien. Au bout de nombreuse minutes, il se calma, et Sirius repartit sur une note plus légère.
-Après ça, tu es devenu célèbre. Il n'y a pas un gosse dans tout le monde sorcier actuel qui ignore ton nom. Le fait que tu ais survécu ce soir-là a permis à tout le monde de respirer un peu mieux. Tu as mis fin à onze ans de terreur.
-D'ailleurs, tu as peut-être remarqué que les gens au Chaudron Baveur te regardait bizarrement ? On a évité de trainer pour que personne ne te reconnaisse – à ta cicatrice, je veux dire. C'aurait été un moment un peu pénible je crois.
-Je suis célèbre ? demanda Harry avec incompréhension. Mais… c'est idiot, je n'ai rien fait, j'avais un an, comment peut-on croire…
-C'est comme ça, répondit Sirius. Tu es celui qu'il n'a pas réussi à tuer – même si je pense qu'il a du laisser des traces en toi. Autre que ta cicatrice. J'ai du mal à croire qu'un tel sort ait pu te laisser indemne à cent pourcents.
-Mais je suis content que tu réagisses de cette manière, intervint Lupin. On ne pourra jamais le faire admettre au reste du monde, mais tu as tout à fait raison de dire que tu n'as rien fait de spécial. Et ce n'est pas une bonne chose d'être célèbre pour quelque chose que l'on n'a pas réellement fait. Ne prends pas la grosse tête surtout.
-Par contre, ajouta Sirius avec un sourire où se disputaient le chagrin et la fierté, quand tu auras fait quelque chose qui méritera les acclamations, n'hésite pas à en profiter.
-MAIS, insista Rémus en jetant à son ami un regard réprobateur, même à ce moment-là, évite de trop te vanter. Sois fier, pas orgueilleux.
Harry échangea avec son parrain un sourire complice, puis se rappela quelque chose.
-Vous ne m'avez pas dit ce qui était arrivé à Peter. Apparemment, il a trahi, mais vous en parlez encore comme d'un ami… Que lui est-il arrivé ?
Sirius, ramené aux souvenirs pénibles, ne put s'empêcher de grimacer.
-Peter… sale histoire, tout ça. Comme Rémus te l'a dit, on a retrouvé chez lui un Mangemort. En interrogeant ce Mangemort et en examinant les baguettes, on a pu plus ou moins reconstituer les évènements…
- Flashback –
-Comment vous appelez-vous ?
La voix de Dumbledore, s'était élevée, froide, tranchante. L'homme avait gémi. L'homme qui l'avait neutralisé et amené ici (ou que « ici » puisse être) n'avait fait preuve d'aucune délicatesse, et apparemment tous ses interrogateurs avaient tacitement admis qu'ils ne le soigneraient – s'ils le soignaient jamais – qu'après avoir obtenu de lui tout ce qu'il savait. Luttant contre la perte de connaissance, il avait répondu en balbutiant :
-Pius… Thicknesse… du Département de la Justice magique.
Les yeux du vieil homme ne l'avaient pas lâché. Il eut l'impression qu'ils lisaient en lui, jusqu'au plus profond de son être.
-Qu'avez-vous à me dire au sujet de Peter Pettigrow ? demanda le mage.
-Peter… Pettigrow… je…
Thicknesse avait pris une grande inspiration, avant de commencer à parler d'une voix entrecoupée de gémissements – il avait tout de même une vilaine plaie à l'abdomen.
-C'est flou… Je… IL voulait savoir où étaient des gens alors… IL a décidé d'interroger Pettigrow. IL m'a fait kidnapper une vieille femme, puis nous sommes allés chez Pettigrow… Nous l'avons pris par surprise au moment où il allait refermer la porte…IL a commencé à l'interroger, mais IL a très vite compris quelque chose. Après… nous avons commencé à… IL l'a torturé à coup de Doloris… IL me faisait le ranimer quand il s'évanouissait… Et puis, au bout d'un moment… IL s'est lassé, je crois. IL m'a fait chercher la vieille dame que nous avions capturée… IL a menacé Pettigrow de la torturer elle, à sa place. Il n'a pas réagi. Alors IL a commencé à la torturer aussi. Au bout de deux Doloris… Je crois que Pettigrow est devenu fou furieux… il a réussi à se redresser… il a hurlé quelque chose, je ne me rappelle pas bien de quoi… Je ne suis même pas sur que lui savait ce qu'il disait… Mais LUI était satisfait. IL m'a fait signe et nous sommes ressortis. Au passage, IL a tué la vieille dame.
Thicknesse s'était interrompu au bord de l'évanouissement.
-Donnez-lui un peu d'eau, avait lâché Dumbledore. Nous n'avons pas le temps de le ranimer.
Après avoir bu, Thicknesse avait reprit, tant bien que mal, son récit.
-Nous sommes allés… quelque part. IL voulait vérifier l'information. IL jubilait. J'ai reçu l'ordre de le suivre, et de me tenir prêt à retourner chez Pettigrow dès qu'IL aurait été sûr qu'il était devenu inutile. Il m'a donné un signal et… Et puis je ne sais plus. Je me suis retrouvé dans cette maison, ce type est arrivé… je ne sais rien de plus.
Et il s'était évanoui.
Dix minutes plus tard, les quelques Aurors membres de l'Ordre concluaient leur enquête éclair :
L'examen des baguettes indiquait que Pettigrow avait subi un nombre effroyable de sortilèges Doloris. Une bonne vingtaine, au moins. Probablement plus.
Sa mère, quant à elle, avait eu la « chance » de ne recevoir « que » deux sortilèges, et d'avoir été achevée rapidement. Son agonie avait été effroyable, mais largement plus courte que celle de son fils.
D'après les témoignages de Black et du Mangemort, Pettigrow avait probablement perdu l'esprit, brisé par la douleur et le remord. A moins que quelqu'un ne l'ai retrouvé et emmené à l'hôpital, il était probable qu'il soit parti erré au hasard.
Enfin, quelques gouttes de sang attestaient qu'il s'était blessé, probablement en se tordant de douleur, mais vraisemblablement de manière superficielle. Détail troublant, la forme des taches laissait supposer qu'un petit animal, vraisemblablement un rat, s'était rouler dedans avant de s'éloigner.
Ce fut le dernier détail, que les autres avaient considéré comme anodin, qui fit sursauter Black et Lupin. Se retrouvant en privé avec le directeur, ils lui apprirent en quelques mots comment ils avaient, dans leur jeunesse, transgressé les lois pour devenir des Animagi. Les trois hommes ne mirent pas longtemps à atteindre la conclusion qu'ils auraient voulu n'avoir jamais trouvé : dans une tentative désespérée de fuir sa douleur, Peter s'était sans doute transformé. Mais, considérant l'état dans lequel se trouvait son esprit avant la transformation, il était peu probable qu'une fois calmé, il parvienne à se retransformer. Le professeur McGonagall, seule personne à qui ils purent s'adresser pour en savoir plus, ne put qu'assombrir ce tableau déjà pessimiste : ce serait, selon elle, un miracle si Queudver se rappelait jamais qu'il avait été humain un jour !
End Flash Back
Harry contempla ses oncles, horrifié.
-Vous voulez dire que depuis ce temps-là… depuis dix ans…
-Peter est probablement un rat depuis dix ans.
Le ton de Sirius était sinistre.
-S'il a survécu, bien sur. Un rat n'a pas une espérance de vie très longue. S'il a repris ses esprits, j'imagine qu'il va chercher à contacter quelqu'un qui comprendra ce qui lui est arrivé. Sinon… et bien il est quelque part en Angleterre, en train de vivre sa vie de rat.
-Techniquement, poursuivit Rémus d'une voix faible, il a bel et bien trahi tes parents. Tu pourrais lui en vouloir pour ça ; je ne sais pas. Nous… nous ne pouvons moralement pas lui en vouloir. Nous serions morts pour les sauver, s'il l'avait fallu. Mais je crois que n'importe qui préférerait mourir que de subir tout cela…
Harry secoua la tête.
-Non je… Il n'a pas trahi. Il s'est sacrifié… ça me dégoute de penser que ça n'a servi à rien mais…
-Nous aussi, Harry, nous aussi.
Tous trois se regroupèrent. La soirée avait été éprouvante, et ils avaient besoin de la présence des autres, pour se réconforter mutuellement.
-Il ne faut pas baisser les bras. Tôt ou tard, nous retrouverons Peter, et nous lui rendrons sa vie !
Voilà, c'est tout pour cette fois. J'espère que vous avez apprécié, je vous rappelle que je suis ouvert à tout commentaire. Par contre, je ne suis pas certain d'avoir répondu à tout le monde; il est possible que j'ai lu une review, que je me sois promis d'y répondre... avant d'oublié complètement. Si je ne vous ai pas répondu, n'hésitez pas à me le signaler, je rattraperai cet oubli. Dans tous les cas, je m'excuse pour ces oublis.
Dans les prochains chapitres, on devrait voir l'intégration de Harry dans le monde sorcier. Et quand j'aurai trouvé où l'intégrer, j'en dirai plus sur les éléments qui ont permi à Queudver de devenir un "Maraudeur à part entière".
Bonne soirée,
ChemJr
