Booooooonsoiiiiiiiiiiiir ! Je ne suis pas morte ! Et ne me tuez pas, s'il vous plait... Je suis vraiment désolée de ne rien avoir posté depuis... depuis Aout . Ok, je vous autorise à me frapper.
Bref... Je n'ai pas beaucoup d'excuses, et vous vous en fichez, donc... Je vous laisse lire. ^^
Oui ! C'est Noël ! J'ai pu localiser le téléphone ! C'est génial ! Qui que soient les agresseurs de ma mère, ils me le payeront. Je vais appeler Léonardo, son aide ainsi que celle de ses frères me sera utile. Je profiterai du chemin pour appeler « l'ami fiable » de ma mère.
Sérieusement, c'est pas génial ? Je vais sécher la journée pour aller me battre, quelle raison est meilleure que celle-là ?
Direction Caster Hill, le signal provient d'un entrepôt d'une usine désaffectée. Il n'est pas rare que des criminels de toutes sortes s'y installent. Ce n'est pas plus mal, il y a toujours une tonne de cachettes là-bas, parfait pour les effets de surprises. On peut trouver ça cliché, mais c'est en fait très utile.
Je range mon téléphone, prends un air détaché, me dirige vers la grille d'entrée d'un pas lent, ce qui a le don de me bousiller les nerfs, au vu de la tension qui les parcourent. Je regarde un groupe de filles qui adorent m'ennuyer dans les toilettes, toutes surexcitées. Je suppose que quelque chose de bien leur ait arrivé. Je stoppe net, manque de foncer dans un homme en costume noir. Bonjour le croque-mort, viens gâcher cette journée avec ta mauvaise tête, on ne te dira rien ! Je retiens un soupir, le contourne.
- Mademoiselle ? Oh, veuillez m'excuser. Pourrais-je vous poser quelques questions ?
- Heu… Je suis désolée… Ma cousine… Ma cousine vient de m'appeler, sa mère a eu un accident de voiture, elle est à l'hôpital, je suis pressée.
Mon regard croise un insigne sur sa poitrine, avec plus d'attention, il me paraît familier… Oui ! C'est exactement ce blason qui se trouvait sur les barils, l'autre jour ! J'ai bien fait de refuser, ces questions puent. J'ai intérêt à me tirer en vitesse. Je fais un sourire froid à mon interlocuteur, pose ma main sur son épaule, l'écarte de mon passage. Il a l'air mécontent, m'attrape le bras, m'attire à lui pour éviter d'être remarqué. Je lui souris à nouveau, le transperce du regard.
- Lâchez-moi. Ai-je dit.
- Non, je crois que vous voulez répondre à mes questions.
Je tire mon bras, recule d'un pas.
- E-Em ! C'est bien ça ? Il y a un problème ? Demande un garçon en s'approchant.
- Non.
- Ah, je vois ! Le Monsieur allait partir.
Le ton employé ne laissait aucune autre alternative au « croque-mort ».
Je me retourne vers le garçon: habits noirs, pantalon déchiré, gueule d'ange, attitude de play-boy. Désiré par la moitié des filles de l'école, à en voir les regards jaloux qu'elles me lancent. D'ailleurs, depuis quand se donne-t-il la peine de me m'adresser la parole ? Je ne le connais pas, et je n'ai pas envie de le connaître, autant couper court. Je lui souffle merci, me retourne pour retourner voir le garçon qui n'avait pas bougé d'un pouce. Je me colle à lui, l'enlace.
- Heu… Qu'est-ce que tu fais ? Demande-t-il, perplexe.
- Joue le jeu, d'accord ? Tu vois les types près de l'entrée ? S'ils bougent le moindre cil, dis-le moi.
- Ok… Ils… Viennent vers des gens. Ils leur parlent. Je crois qu'ils clignent les yeux. Un se frotte la tête. Reclignement d'œil.
- T'es sérieux ? Tss…
- Viens, on n'est vraiment pas discrets au milieu de la cours, comme ça. Ils sont quasi tous en train de regarder par ici.
Je m'écarte soudainement, me rendant compte de la situation. Le jeune homme semble plutôt s'amuser de la situation, il me prend par la taille, m'emmène sous le préau, me pousse contre une colonne en fer. Je déglutis, sors mon téléphone.
- Léo ? C'est toi !
- « Em, qu'est-ce qu'il y a ? Tu as l'air… Peut être pas paniquée, mais ta voix est différente de d'habitude. »
- Et elle peut. Ecoute, c'est urgent, je t'expliquerai tout là-bas, fais moi confiance. Je vais t'envoyer une adresse par message, vas-y avec tout le monde, attends un peu loin, je vous rejoins. Je raccroche.
Je soupire, respire profondément pour me calmer, regarde le garçon dont je n'ai même pas pris la peine de demander le nom.
- Est-ce qu'ils sont encore là ? Ai-je demandé.
- Oui. Ils viennent vers nous. Je ne sais pas ce qu'il t'arrive, mais tu peux m'en parler, je pourrais t'aider…
- C'est compliqué.
- Quoi… Tu t'es brouillée avec des dyleurs ? Je peux m'en occuper, si tu veux.
- Je ne vends et ne consomme pas de drogue ! Concernant les gens à qui j'ai affaire… Je doute que tu saches les raisonner. Ok, il faut qu'on bouge. On doit aller vers un endroit où je pourrais sortir… J'ai trouvé. Tu vois le banc, à côté de la camionnette ?
- Ouais. Un conseil, si tu ne veux pas te faire cramer, soit plus… Tactile ?
- Quoi !? Ferme-là ! Et arrête de sourire ! Je perds du temps… Si je n'arrivais pas à les sauver… Je m'en voudrais toute ma vie.
- Sauver qui ?
- Oublie ce que tu viens d'entendre.
- T'es encore plus sexy de près. J'adore être ton copain factice.
- Tss… Quel flambeur ! Tais-toi et marche.
- A la base, c'est « lève-toi et marche ».
- Es-tu toujours aussi agaçant, le Flambeur ?
- Et toi rabat-joie ?
- J'aime beaucoup m'amuser, je ne suis pas rabat-joie !
Je m'apprête à rajouter une phrase quand il me tire contre lui et m'embrasse. J'ai pas dû suivre une étape, là. Il m'embrasse. Il m'embrasse ? Il m'embrasse, putain ! Je le mords, recule.
- Nan mais tu te sens bien !
- Ta couverture vient d'être grillée. Rien que par toi. Je suis professionnel, t'aurais dû te laisser faire. En plus, je suis le mec le plus fantasmé de tout le bahut !
- Il y a des gens qui fantasment sur toi ? Donne-moi ta main, on continue.
- Em, attention ! crie-t-il.
Je reçoit un coup de poing en plein dans l'abdomen. Fuck. Je serre les dents, recule.
Je vais niquer leurs putains de costards.
J'attrape la nuque de mon agresseur, cogne son visage de mon genou.
- Je t'ai dis que je ne voulais pas de tes questions merdiques !
J'attrape le bras d'un autre homme, lui défonce le sternum, le pousse pendant qu'il s'étouffe, pare le couteau d'un troisième avec mon bras, shoote dans son genoux en me retournant. J'éloigne le dernier Men In Black, pique un sprint vers mon plan de fuite. Saute du banc sur la camionnette, de la camionnette sur le muret, et du muret sur le trottoir. Plusieurs passant effrayés s'écartent, me laissant libre champ sur les bouchons de New York. Je zigzague entre les voitures, sautant parfois au-dessus d'un capot. Je cours, me propulse vers un balcon à l'aide d'un mur de fleuriste. Je grimpe, jette un coup d'œil par-dessus de mon épaule, ils sont toujours là ces croque-morts ! Ils sont pire que de la Pritt, bordel !
Je reprends ma course, m'arrête au dessus de la baie vitrée d'un musée, une idée en tête.
J'ai toujours su que j'étais cinglée…
… Et c'est ainsi que j'atterris au milieu d'un sofa en velours taupe, parmi des touristes se protégeant le visage des éclats de vitre.
Je rabats ma capuche, sors dans la rue, appelle un taxi, me pousse sur la banquette arrière à la vitesse de la lumière.
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Je profite, peut être pour la dernière fois de mon existence, de la douce brise du vent emmêlant mes cheveux, rafraichissant ma nuque, apportant une bouffée d'air pur.
- Vous êtes là.
- Oui. Alors, que se passe-t-il ? Comment as-tu eu ce numéro ?
- Mes parents on étés enlevés, il y a quelques jours. J'ai récemment pu localiser le portable de ma mère, qui m'a donné ce numéro. Elle m'a dit de dire que je suis la fille de « Inori Takamo ». Trouves-tu ça plus clair, Léo ?
- Je… J'en reviens pas. Alors c'est toi, la fille…
- Si tu le dis. Il faut y aller, maintenant. Je vais escalader le hangar jusqu'aux fenêtres. Là, je rentre, passez par la porte.
- Double effet de surprise, approuve Raphaël.
- Faites attention, je ne veux pas de votre mort sur la conscience. Soyez prudents.
- Nous ? J'aurais plus peur pour toi ! Tu n'es pas invincible, et tu es seule.
Raphaël a raison. Je suis forte, c'est indéniable, mais je ne suis pas invincible.
Je hoche la tête, cherche une prise sur laquelle m'appuyer. Je m'élance, attrape une corniche, me hisse à la force de mes bras. C'est pas pour les mous ! J'espère juste ne pas devenir trop musclé, c'est moche, que ce soit chez une fille ou un garçon. Il faudra bien que je me trouve quelqu'un un jour…
Je parviens sur le rebord de la fenêtre, accroupie. Ils ne sont pas bien nombreux à l'intérieur, on dirait même qu'ils commencent à décamper. Pourtant, je peux voir mes parents ! Allaient-ils les laisser là ? Ca n'a aucun sens ! Pourquoi les avoir kidnappés dans ce cas ? Tout ça n'a plus d'importance, je vais les libérer, nous retournerons à la maison, notre routine reprendra. Je boirai encore un chocolat sur le toit de l'immeuble avec mon père à discuter de tout et de rien.
Mais… Je suis l'Ombre de New York ! Que diront-ils lorsqu'ils l'apprendront ? Me laisseront-ils continuer ? Me dénonceront-ils ? J'ai déjà… Tué.
Mon cœur bat à tout rompre, je suis transcendée par la peur de leur jugement, et l'excitation de nos retrouvailles. J'entends une respiration, me retourne, pointe mon pistolet. C'est juste Raphaël.
- Alors, Mlle la Psychopathe, quelles nouvelles ?
- Comment peux-tu plaisanter ? Ils ne sont pas aussi nombreux que je m'y attendais. Vingt, trente tout au plus, il ne devrait pas y avoir de problèmes.
- Rien que ça ? Je les butte à moi tout seul !
- Tu sembles bien sûr de toi. Ne rêve pas, ce n'est pas toi le meilleur, mais moi.
- Ah ouais ?
- Ouais.
- On verra bien lequel de nous deux en aura neutralisé le plus !
- Ca marche. Ne sois pas trop déçu ! On y va… Maintenant !
Je brise la vitre de mon coude, saute sur l'homme devant ma mère, j'aperçois Raphaël, poussant deux autres contre un échafaudage.
- Et de deux ! Raille-t-il.
Je fais un grimace, donne un coup de poing dans le nez d'un de mes adversaires, empoigne un second, plante mon pistolet sur sa tempe.
- Non ! Non attendez ! Je vous en prie ! Ne me tuez pas ! On s'en va ! Je vous jure ! ne me tuez pas ! Pleurniche ma victime au bonnet rayé.
- … Partez.
Je ne peux pas le croire, c'est donc si simple ? Je déglutis, m'agenouille aux côté de mon père, étendu sur le sol, prend son pouls. Il a l'air en vie… Je ne sais pas ce que manigancent ces gens, mais il faut se barrer au plus vite, il y a quelque chose de bizarre. Je me tourne vers ma mère, lui esquisse un sourire face à son air attristé.
- Ma chérie… Tu es venue… Comment ?
- J'ai tracé ton portable. Maman… Je ne suis pas ce que tu crois. L'Ombre de New York… C'est moi. Il faut partir ! On n'a pas le temps de discuter.
- C'est trop tard. Nous sommes déjà mort, Em. On nous a injecté du poison. C'est fini.
- Non ! Non ! Il doit y avoir un antidote ! Sais-tu de quoi est composé ce poison ? Je peux…
- Chut… Ma chérie, écoute moi. Je sens partir mes dernières forces, laisse-moi te parler.
- Je vous aime, toi et Papa. Tu sais ?
- Oui. Viens près de moi. Voilà. Nous aussi nous t'aimons. Quoi qu'il se passe, nous t'avons toujours aimée. Cela fait quinze ans que l'on te cache, aujourd'hui, tu vas devoir continuer, sans nous. Mais tu n'es pas seule, Raphaël, Léonardo, Donatello, Michelangelo, et Splinter aussi, ils seront là pour toi, ils sont très gentils, ne te fie pas à leur apparence. Tu sais… Ton père et moi serons toujours à tes côtés, dans ton cœur. Tu ne seras jamais seule. Ah…
- Maman !
- Je suis si fière d'avoir pu t'élever ! Reprend-elle impatiemment. Tu es tellement belle ! J'ai toujours cru qu'il fallait que je te protège… Mais au fond, tu t'en sors toute seule. Je me sens… faible. Ca y est, va t'en maintenant !
- Non ! Je refuse !
- Il le faut ! Laisse moi mourir avec dignité ! Je ne veux pas que tu me voies ainsi !
- Non ! Ai-je crié plus fort.
- Raphaël… Je t'en… Prie… Au revoir. Termine ma mère dans un souffle.
- Non ! Non je refuse !
Le désespoir s'est totalement emparé de moi. Je pouvais sentir une douleur électrisante parcourir chacune de mes veines, chaque parcelle de peau, chaque muscle. Ainsi, je pouvais voir l'illusion du bonheur que je m'étais créée s'engouffrer dans le poison dévorant la vie de mes parents. Je ne pleurerai pas. Ca ne me ressemble pas, je n'en ai pas le droit. Quoi que me dicte ce cœur pesant, je ne céderai pas.
Raphaël s'approche de moi, me prend l'épaule, tente de me faire bouger, je le repousse, évidemment. Mon rythme cardiaque s'accélère. Je ne peux simplement pas laisser les deux seules personnes que je n'ai jamais aimée mourir seules. Je lève les yeux vers les pupilles vertes du ninja, cherchant sans doutes de l'espoir.
- Il faut y aller, tu le sais.
- Pars, si tu le souhaites, je ne te retiens pas.
- Tu viens aussi !
- Hein ! Non mais lâche moi ! Repose moi à terre ! Hé !
Comment peut-il m'obliger à faire ça ! Il n'a pas le droit ! Je veux rester ! Jusqu'au bout… Ca ne devait pas se passer comme ça ! Je ne voulais pas que ça se passe comme ça… Je suis… Je ne sais plus quoi penser, ou faire. Je lève la tête vers mon digne porteur, avec une moue boudeuse, pour dire que je vais bien. Quel beau mensonge…
- Je peux sentir ton cœur battre, ne fais pas semblant que tout va bien.
- Suis-je si pathétique que je pense l'être ?
- T'es toujours le psychopathe que j'ai croisé. Tu es tout l'inverse de pathétique.
- Psychopathe, hein… Tss…
Je fais un demi-sourie, me pelote contre son torse, vidée de toutes forces. Au moins, il me remonte le moral.
- Raph ?
- Quoi ?
- Pas un mot sur ce qu'il vient de se passer. Je n'ai pas failli. Maintenant repose-moi.
- Non.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas envie.
- Hé !
Il se contente de me regarder d'un air malicieux, je peste, soupire, me laisse faire. Il doit être plutôt fort, il n'a pas cillé, je suis quand même lourde…
- Em ! Ca va ? Les gars ! Ils se sont enfuis ! On n'a pas compris !
- Oui, même si c'est normal, dans le cas de Mickey… Intervient Donatello.
- Mais…
- Arrêtez ! Ce n'est pas le moment ! Le coupe Raph en haussant la voix.
- Em ?
- Je n'ai rien, Léo. Moi, je n'ai rien. Je suis arrivée trop tard. Ils sont…
Morts. Ce mot reste bloqué dans ma gorge.
- Il faut rentrer, on la ramène.
Mon porteur n'a pas posé la question, il vient de le décider de son propre chef. On dirait aussi qu'il n'a pas l'intention de me lâcher. Et les autres ! Ils n'ont rien dit à ce propos ! Bande de traitres ! Tss…
Ça tombe plutôt bien qu'ils m'emmènent. Je n'ai pas envie d rentrer chez moi. Ça ne me rappellerait qu'ils ne sont plus là… Une fois que les autorités auront découvert… Auront retrouvé les corps de mes parents, je partirai. Je me louerai un petit studio, trouverai un job de jour et… Je vivrai.
Oui, enfin je vous demanderai encore votre avis, ici-bas !^^
