Bonjour / Bonsoir et salutations pour ceux qui lisent ce prochain chapitre ! En espérant que cette histoire vous plaise, je tiens à remercier ceux qui me lisent encore, ainsi que mes commentateurs avisés *fais un coucou aux deux folles qui se reconnaîtront*. J'espère que cette histoire plait encore, malgré, et je l'assume, cette tendance dépressive dût au fait des statuts des deux personnages principaux. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et n'hésitez pas à exprimer votre opinion, cela fait toujours plaisir !
SnowVelvet: La joie et la bonne humeur ? Aurait-tu le cerveau défaillant...ou est-ce qu'une certaine personne t'as refilé sa connerie contagieuse ? Si, si, tout dans cette fic respire tristesse, dépression, mort et morosité de la vie...pourquoi suis-je en train d'écrire ça ? 8D Je crois que je me tenterais jamais à faire un passé heureux pour Claire. A mon avis, sa serait justement de l'out-of-character étant donné que c'est justement son passé qui la rendu aussi renfermée et méfiante à l'égard des autres (ce n'est que mon avis). Pour Fang, c'était plus compliqué mais on va dire que la bonne humeur l'emporte ! Lis bien ;)
Elelia: Mais oui ça craint, mais c'est ça qui est bon ! *va se coller une étiquette sadique* En gros, cette fic va se développer sur un sentiment qui n'a pas lieu d'être de base dans un hôpital où les patients sont atteint par ce genre de maladies, et c'est justement la beauté de la chose 8D *aaaah l'amour* Vois, à quel point mon romantisme que tu pense exigu est en réalité tellement puissant 8D ! Qui a inventé la dépression ? Hmm, c'est comme remonter aux origines de l'homme et de là, tu va devoir plancher sur des questions religieuses et théoriques, mais également sur de la physique quantique et la constitution d'un système. Donc, en somme...la dépression est liée à l'astrologie *logique implacable*. Mais tu va savoir, enfin j'espère pas trop de larmes non plus...mais j'avoue...que ça me ferais plaisir d'en arriver là :P Bonne lecture !
KiraKandra: Je te remercie pour tes deux précédents commentaires ! Je ne sais pas si tu as lu le chapitre 3, mais je te laisse ma réponse ici, en espérant que tu continuera à me suivre, tout comme cette histoire que tu semble bien aimer. Le thème est plutôt compliqué étant donné que je ne suis pas experte dans le domaine même tout le contraire, je suis du genre à avoir peur pour un rien en ce qui concerne les symptômes et autres...Ce qui prouve que j'ai un grain pour écrire une fiction pareille mais enfin. Comme je l'ai dit en commençant, l'idée originelle n'est pas création de ma tête mais de celle d'un ou d'une autre. En somme, je trouvais l'idée originale et vraiment bonne a exploiter alors..je me suis dis, pourquoi pas ?! J'essaye de respecter un maximum le caractère des personnages, je vais d'ailleurs en baver pour celui de Light qui n'est pas très évident à gérer. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal sur le niveau "développement de la relation" puisque séduire Claire n'est pas aussi facile que séduire n'importe qu'elle fille ^^ ! A bientôt et bonne lecture :)
MelleJ'aime: Haha immédiatement, on s'interroge sur la fin ? Une fin triste ou heureuse, et bien je n'en dirais pas plus parce qu'en réalité, je n'arrive pas à le savoir moi même 8D Et je ne veux pas non plus spoiler mes lecteurs, alors je vais me taire pour cette fois. Mais oui, ce qui est sûr, c'est que cette fic ne serait pas du genre heureux. Oubliez les champs fleuris de coquelicots et autres forêt verdoyantes ! Elle se rapproche d'ailleurs plus de la vie réelle et je pense que c'est ce qui peut rendre un écrit plus émotionnel. En espérant que la suite te plaise !
AerinVolk: Tu n'est pas cette fois la première, et pour raison simple...tu es le dernier commentaire que j'ai reçu 8D Ne t'en fais pas, je comprends qu'il y a des moments où l'envie de lire n'est pas là tout comme l'envie d'écrire d'ailleurs. Ainsi je ne te taclerais pas sur ce point bien malheureux ! Bloqué sur des boss de FF ? Étonnant dis moi O-o...non je plaisante en réalité, j'ai arrêté de jouer pendant quelques mois pour la même raisons (On en parle des Eidolons?). En tout cas, si j'ai un petit conseil c'est de ne pas te décourager et en matière de FF, c'est soit un problème de stratégie soit du level up donc en soit, c'est pas irrattrapable, mais faut être motivé ! Et oui, je sais, c'est plutôt court, même si j'essaye de m'y reprendre à plusieurs fois sur un chapitre avant de le poster ! Yes, Lindsey Starling c'est pas mal, un bon mix entre le violon et l'electro. De mon côté, je ne te donne pas une chanson immédiatement, mais en lisant minutieusement, tu en trouvera une ci dessous ;) Bonne lecture en espérant que ce chapitre te plaise !
-Chapitre 4 -
Les longs couloirs blancs, le lugubre qui envahissait cet endroit. Je bouillais littéralement sur mon fauteuil et l'envie de m'enfuir m'obsédait. Les souvenirs me revenaient, décidant de se matérialiser dans mon ventre et me torturant les tripes. Les visages blêmes et amorphes que je croisais n'allait sans doute pas me rassurer. L'hôpital vivait dans une monotonie sans pareilles, les infirmières poussant chariots ou fauteuil, d'autres accourant dans les chambres tandis que les cris des patients fusaient, tandis que d'autres pleuraient.
Les roues de mon fauteuil exprimaient leur propre tristesse dans un crissement, tandis que l'infirmière poussait le battant d'une porte. Me conduisant à l'intérieur, je fis face à un homme en blouse blanche. Grand et plutôt bien battu, il possédait des yeux d'un bleu pourtant doux et gentillet. Ses mèches rebelles étaient plaquées vers l'arrière de son crâne, formant une couronne brune que j'observais tandis qu'il se rapprochait de moi, m'auscultant vivement.
« -Comment vous sentez-vous, mademoiselle Farron ? me demanda t-il, sa voix rauque aussi rassurante que possible.
-Disons que cela pourrait aller mieux. Quand serais-je en capacité de m'en aller ? » répliquais-je, tête baissée.
Il secoua la tête misérablement, affichant une moue au degré du compatissant. Ses doigts se nouèrent dans un élan d'affliction, se dénouèrent puis vinrent saisir mon dossier reposant sur un plan de travail.
« -Je crains malheureusement que vous ne soyez pas en état pour l'instant. Vous être proie à une forte arythmie, ce qui peut se traduire par un rythme anormalement bas ou trop important des battements de votre cœur. Dans votre cas, vos pulsations cardiaques semblent étrangement élevées et cela peut-être rien comme cela peut vous être fatal... »
Il poursuivait et je l'écoutais sans dire mot.
« -Votre entraînement militaire est en suspension pour le moment. Votre état de santé préconise du repos, notamment en ce qui concerne les sports extrêmes.
-Il ne me semblait pas que la course à pied faisait partie de cette catégorie. »
Il soupira, souriant vaguement.
« -Votre cœur se diffère de votre mental, mademoiselle Farron. Vous devriez parfois faire l'effort de l'écouter. Vous resterez au sein de notre établissement tant que votre état de santé ne sera pas stable. Je vais vous prescrire des médicaments antiarythmiques, qui auront pour effets de réduire vos pulsations cardiaques. Ils ne seront cependant effectifs que si vous décidez de faire un effort et de prendre un temps de repos.
-Ma sœur sait-elle que je suis ici ? » Le coupais-je soudainement
Il fut surpris, puis le scepticisme s'installa sur son visage et il se mit à réfléchir.
« -Oui. L'homme qui vous accompagnait dans l'ambulance s'est chargé de lui divulguer cette information. Il a précisé en faire une affaire personnelle. »
Sûrement Snow. Je lui en devais que je restais muette, il s'approcha de sa démarche non très rassurante, mais pourtant emprunte de bonté.
« -Ne vous en faites pas. Il prendra grand soin d'elle, j'en suis sûr. Elle ne voudrait pas que vous puissiez vous penser coupable. Vous n'y êtes pour rien, au contraire, vous en faites beaucoup trop. Il est temps de prendre un peu de vacances. »
Il tourna une page de son dossier, de mon dossier, et se mit à lire à haute voix, comme clamant les mérites, non plus médicaux mais architecturaux de l'hôpital.
« Chambre numéro dix-huit. Une belle vue sur le parc et un balcon à disposition. Ce n'est pas si mauvais me semble t-il.
-Et..cette fille ? » Le coupais-je, à nouveau.
Il tiqua à cet instant, de mon effronterie qu'il ne releva cependant pas.
« -Vous parlez sans doute de votre camarade de chambre. Elle s'appelle Yun Fang, elle est étudiante. Elle a été placée ici suite à un malaise qui s'est avéré être révélateur.
-Une tumeur ? »
Il acquiesça tristement.
« -C'est une belle personne, un peu taquine mais véritablement quelqu'un qui sait vous mettre à l'aise et vous rassurer quand vous manquez d'assurance. Quel malheur que cela tombe sur ce genre de gens. »
Quelque chose se mit à sonner, je pressentais son bipeur, sans doute pour me signaler la fin de notre discussion. Il s'excusa brièvement, et s'en alla, sans doute pressé par une intervention, une urgence ou un nouveau patient. L'infirmière se replaça derrière moi, poussant le fauteuil auquel je ne voulais pas m'habituer. Du repos, très bien, de l'immobilité, j'allais avoir plus de mal. J'étais loin d'être faible à ce point.
Je regagnais doucement ma chambre, notant le nouveau crissement des roues sur le sol. L'étudiante n'était pas là, et passant devant son dossier, je jetais un œil à la programmation de sa journée. Chimiothérapie de prévue, voilà qui expliquait son absence.
Son lit avait été refait, ce qui prouvait l'activité intense mise en œuvre dans l'hôpital. En espérant que le travail des médecins soit dans une même optique, je m'asseyais sur mon lit, me relevant de mon siège pour m'affaler sur le matelas. Rampant jusqu'à mon oreiller et me lovant contre ce dernier, je tentais de retourner à mon sommeil bénéfique.
Mais me reposer était un exercice plus périlleux qu'aucun autres. M'étant impossible de trouver le sommeil, je me tournais d'un côté puis de l'autre, ma position ne me convenant plus. Mes yeux étaient semi-fermés et je sentais la fatigue s'appuyer sur moi, me souffler de longs et interminables mots qui se chargeaient d'épuiser mon âme.
Quelques minutes semblèrent passer, avec pour seul compagnon le silence de la pièce que l'on m'avait assignée. Je n'écoutais que ma respiration, ne sentait sur ma peau que les rayons du soleil s'effacer à mesure du temps passant.
« -Mademoiselle Farron ? »
Je clignais faiblement des yeux, aveuglée subitement par les lumières des lampes de chevets. Je passais mes doigts sur mes paupières, grognant un peu. Je finis par apercevoir la silhouette de ma camarade, consommant son plateau repas. Était-il aussi tard que cela ? Comme pour vérifier mes pensées, je me tournais vers la pendule qui faisait face à mon lit ainsi qu'au sien. Dix-neuf-heure et trente deux minutes.
« -Tenez, le votre est ici. Bon appétit. » intervient l'infirmière.
Je fixais les aliments dans mon assiette avec peu d'envie. Me nourrir dès mon réveil n'était pas chose qui m'était favorite. Je fixais mon plateau puis le sien, remarquant immédiatement une différence.
« -Votre plateau à spécialement été fait en tenant en compte de votre état de santé et du régime à appliquer pour l'amélioration de vos soins. Lorsque vous aurez terminé, appuyez sur ce bouton et nous viendrons vous débarrasser. »
Elle s'en alla, poussant un chariot remplit de plateaux tout comme les nôtres, tous abordant une composition différente. Je devais avouer que les services de cet hôpital m'impressionnaient. Je regardais maintenant mon plateau, me tentant à avaler ce qu'on m'avait donné et ne redoutant que la petite boite blanche se trouvant sur ce dernier. Je l'ouvrais et ingurgitait rapidement les gellules que l'ont m'avait prescrites.
« -Elles ont moins d'inconvénients que ma chimio, c'est déjà ça » laissa échapper ma camarade.
Je lui lançais un regard en coin et continuait à manger. Une fois de plus, un silence s'installa entre nous et une fois nos repas terminés, nous nous toisons sans savoir quoi nous dire. Que dire si ce n'était que notre situation n'était enviable à personne ?
J'appuyais sur la télécommande près de mi et très vite, l'infirmière revint nous rejoindre, emportant nos deux plateaux vides. Ma voisine attendit son départ pour venir me tendre sa main.
« -Fang, Yun. J'aurais du m'y prendre plus tôt pour les présentations » plaisanta-t-elle.
J'eus un moment d'hésitation à saisir sa poigne. D'abord parce que je ne me sentais pas prête à me lier d'amitié, mais également, et j'avais honte de l'avouer, j'étais pétrifiée face à elle. Je n'osais pas serrer sa main, j'avais cette impression que tout ses os allaient casser sous la force de mes doigts. Tendrement, mes doigts frôlaient les siens et je sentais la chaleur de sa paume contre la mienne. Nous échangions une poignée de main et je m'introduisais une nouvelle fois.
« -Claire Farron, la renseignais-je
-Eh bien, enchantée Claire, enfin je suppose, me répondit-elle en souriant. J'aurais préféré te connaître dans d'autres conditions mais c'est la vie. »
Elle haussa les épaules, passa son bras gauche derrière sa tête tandis que sa main droite caressait son crâne, comme si elle réfléchissait.
«-Comment s'est passé ton examen ? J'ai entendu dire que tu avais des problèmes cardiaque. »
Voyant que je lui lançais un regard noir, elle ne su immédiatement comment réagir.
« -Je ne voulais pas paraître indiscrète ! balbutia t-elle. Mais étant donné qu'on partage la même chambre, autant qu'on se soutienne l'une l'autre, tu ne crois pas ? »
Je marquais une hésitation à mon tour. Il était vrai que ma place ici n'était pas encore déterminée, cependant je savais que les mises en garde du médecin qui m'avait reçu étaient très sérieuses. En d'autre termes, j'allais, pour sûr, véritablement avoir besoin de repos. J'étais donc, par la force des choses, obligée de partager chambre et vie avec la jeune femme près de moi.
« -Mon cœur bat trop vite, un surmenage sans doute. On me garde en observation tant que mon état de s'améliore pas.
-Tes études doivent être plutôt intenses, souligna t-elle.
-Je suis militaire. »
Elle cligna des yeux, fixant ma silhouette semi-allongée dans les draps blancs. Peut-être avais-je l'air d'une jeune femme sage et calme ? Comme pour prouver mes dires, elle s'étonna de mon statut.
« -Tu es plutôt jeune pour intégrer l'armée. »
Je ne relevais pas. Beaucoup de gens passait à l'identique, mais très peu comprenait mes motivations. Et après tout, cela ne regardait que moi.
« -Je t'aurais bien vu étudiante en art. »
Intriguée par sa vision, pourtant proche de ma personnalité, je l'interrogeait du regard. Elle me répondit en signant, apposant son index sur son crâne lisse. Je compris qu'elle faisait référence à ma couleur de cheveux.
« -C'est naturel.
- Serait-tu une consommatrice assidue de crevettes et crustacés ? » Me demanda-t-elle d'un sérieux qui me fit pâlir.
J'hésitais à savoir si elle se fichait de moi ou si sa question était réellement fondée. Non, vraiment...elle se moquait de moi...
« -Pardon ?
-On assimile la roseur des plumes du flamant rose à sa consommation, au cas où tu ne le saurait pas, me répondit-elle, l'œil brillant de taquinerie.
-Serait-tu en train de me dire que la couleur de mes cheveux te rappelle...les plumes d'un oiseau ? »
Un sourire se peignit sur son visage, tandis qu'éberlué, je me sentais rougir de colère. Qu'est ce que c'était que cette comparaison !? Un rire s'échappa de se bouche lorsqu'elle remarqua mon expression faciale.
« -Je plaisante, je plaisante ! » s'excuse t-elle en gloussant.
Je serrais les dents, tentant coûte que coûte de pas paraître trop brusque en m'énervant dès mes premières heures de cohabitation. Mes doigts enserraient mes draps. Elle dut le remarquer et son rire s'éteint doucement.
« -Calme toi soldat. Tu m'a l'air d'avoir un humour douteux, me dit-elle.
-Ce serait plutôt à moi de te dire ça. Tu me compare à une volaille.
-Oui mais volaille élégante, loin de moi l'idée de t'insulter ! »
Et elle se remit à rire, tandis que de mon côté, je posais le dos de ma main contre mon front. J'allais en baver. Vivre avec quelqu'un comme ça était digne d'un entraînement militaire, mis à part que ce n'était plus mon physique que l'on mettait à l'épreuve, mais plutôt mon mental. Je ne savais plus vraiment si mon cauchemar se résumait à ma maladie ou aux prochains mois que j'allais passer dans une chambre close avec ma voisine de lit.
« -Tu n'a pas répondue à ma question. »
Pardon ? Quelle question m'avait-elle posée ? Je cherchais dans ma mémoire, mais je ne distinguais rien se rapprochant d'une interrogation.
« -Tu aimes les crustacés ? » Me demanda-t-elle, un sourire illuminant son visage.
C'était qu'elle y tenait. Je lui envoyais mon coussin à travers la figure, et regrettant immédiatement mon action, je tendais la main vers elle. L'oreiller ricocha contre son visage, l'assommant un peu tandis que son corps s'effondrait dans son lit. Je faisais glisser mes draps, m'éclipsant hors de mon lit pour venir la fixer, prétextant récupérer l'oreiller. J'espérais ne pas lui avoir fait mal.
Elle leva sa main gauche, souriant faiblement.
« -Je capitule ! Tu est trop forte pour moi ! »
Je récupérais mon bien en feignant malgré moi un sourire forcé, je posais mes yeux sur son visage. Elle avait l'air sereine. Comme si elle n'était pas vraiment là en tant que malade, mais juste en tant que visiteur. Elle ne paraissait pas se rendre compte. Elle avait les yeux clos, les bras croisés derrière sa nuque, ses lèvres dessinant un léger sourire. Posée ainsi, j'essayais de la cerner. Comment était-elle avant...tout cela ?
« -Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l'on te fasse »
Cette phrase s'échappa de sa bouche, et ses yeux s'ouvrirent pour venir m'adresser un regard.
« -Tu m'a demandé de ne pas te fixer, fais en de même en ce qui me concerne. Tu veux ? »
J'acquiesçais, balbutiant comme une adolescente timide. Parfois, il me semblait que le caractère de ma sœur se reflétait sur ma personne. Elle me coupa, sachant que je ne savais vraiment comment aborder le sujet.
« -Cancer du cerveau. Une vraie plaie. D'abord des mal de tête affreux, puis des pertes de connaissances, les malaises, vomissements et j'en passe. Et la chimio. »
Elle frappa sa main contre son crâne lisse, comme toquant à une porte.
«-Une saloperie sans nom. Dure à apprivoiser. Mais ce n'est pas comme si je pouvais faire autrement. J'ai aussi des pertes de mémoires, de temps en temps alors ne t'étonne pas si j'oublie ton nom.
-Est-ce que ta chimio est efficace ? »
Un rire ironique se manifesta.
« -Elle est efficace, en ce qui concerne la destruction de mes défenses immunitaires. La destruction du cancer, c'est..autre chose. »
Elle soupira, s'enfonçant dans son lit.
« -Tu as du courage. »
Elle leva les yeux vers moi, et je poursuivais.
« -Beaucoup de soldats n'ont pas cette qualité.
-Dois-je en conclure que tu me considère...comme ta nouvelle équipière en chef ? » En déduit-elle, m'adressant un clin d'œil.
Je ne répondis qu'un sourire franc ainsi qu'un « Bien tenté ». Elle sembla insatisfaite mais je savais qu'elle retenterait sa chance. Elle semblait être ce genre de personne. Têtue, imbécile et coriace, presque insistante mais cela avait son charme. Et je devais comparer son caractère au mien, je dirais que nous étions à totale opposition. Distante était un des mots qui me définissait bien, dépendant de la personne, bien entendu. Je savais me montrer proche quand je le voulais vraiment.
J'adoptais la posture qu'elle-même avait, prenant soin d'éteindre la lampe de chevet près de moi. La lumière de la lune filait à travers la pièce, touchant le mur en face de nos lits. Mis à part la luminescence de la pièce, l'atmosphère était plutôt tranquille et agréable. Paisible à vrai dire, et je devais malgré tout avouer que la présence de ma camarade allait sans doute aider à ma convalescence.
« -Bonne nuit soldat » bailla t-elle bruyamment.
Les yeux fixant le plafond comme à mon habitude, je n'entendais que le froissement des draps sur son corps alors qu'elle changeait de posture. Je ne la regardais plus, restait fixée sur mes pensées. Comment allait se dérouler mes prochaines journées ? Pour sûre, elles allaient être bien vides si je devais les comparer à mes journées à la caserne. Sans parler du fait que je n'avais plus à m'occuper de Serah, qui était tout de même assez grande pour se débrouiller seule. Mais c'était plus fort que moi, je m'en faisait toujours trop pour elle, je le reconnaissais.
Après toutes ses années où je n'avais pu compter sur ma mère, j'avais pris cette habitude de veiller sur elle de jour comme de nuit. J'aurais tout fait pour elle, ma petite sœur. Elle avait ce côté, tellement fragile qui la faisait passer pour une jeune fille faiblarde. Mais je me doutais qu'elle savait pourtant se défendre...alors pourquoi était-je aussi effrayée de la laisser à elle même ? Après tout, Snow n'était pas loin, et je savais qu'il allait prendre soin d'elle.
Ma sieste plus longue que prévue, je n'avais pas eu le temps de l'appeler. Je notais mentalement un rendez vous avec un certain téléphone fixe pour le lendemain, à condition qu'on me laisse en utiliser un.
Ma camarade semblait gémir dans son sommeil, tandis que moi, je ne parvenais pas à le trouver. Trop de pensées s'entrechoquaient dans ma tête et cela passait par mon emploi du temps, la liste des courses à faire pour le lendemain où encore les factures à régler. Beaucoup trop choses que Serah n'avait pas appris à gérer. J'essayais de me calmer en vint, mais après plusieurs minutes à me tourner et me retourner, d'un côté comme de l'autre, j'en venais à laisser tomber. Si le sommeil voulait bien m'emporter, je plierais face à la fatigue. Sinon, j'assisterais au lever du soleil, en observerait les premiers rayons feindre l'obscur de la chambre.
« -Du mal à s'endormir ?
-Pas comme d'autres, on dirait »
Sa voix montrait à quel point l'étudiante était exténuée et déjà prête à sombrer. Elle ne se formalisa pas, et je vis son bras s'échapper de ses draps, saisissant une télécommande sur sa table de nuit. Sans savoir ce qu'elle préparait, j'entendis une douce mélodie se propager depuis l'autre bout de la pièce. Je compris dès lors qu'elle avait allumée un poste radio, laissant sa berceuse personnelle me parvenir tandis que je sentais mon corps se détendre.
« -Cela m'arrive aussi... » lâcha t-elle, s'enfonçant un peu plus dans son oreiller.
Je soupirais longuement, fermant mes yeux et me laissant bercer par le son d'une guitare sèche sur un chant tranquille et envoûtant, comme amenant au calme, à la sérénité. Mon cerveau se focalisant sur la mélodie, je ne pensais plus au reste. Je sombrais petit à petit, à mon tour, avec quelques paroles s'insinuant jusqu'à mes tympans.
« Crosses all over, heavy on your shoulders / The sirens inside you waiting to step forward / Disturbing silence darkness your sight / We'll cast some light and you'll be all right for now »
Je laissais mes ressentis et autres pensées se délier, respirant calmement. La chaleur des draps m'entourait et fort était de constater qu'ils étaient efficaces. Je laissais ma vision s'éclaircir quelques secondes seulement, ouvrant mes yeux difficilement, comme assommée par la lourdeur de mes paupières. Le temps de voir la silhouette de Fang, murmurant doucement des phrases inaudibles, perdue dans ses songes ou peut être encore éveillée et chantant à voix basse. Elle avait bon goût en matière de musique. Je le lui dirais demain.
