Bonsoir à tous ! Je suis contente de vous retrouver pour un nouveau chapitre de Mancipium Carnis ! Tout d'abord, je remercie toutes les personnes qui ont laissé une review, un MP, vos commentaires me remplissent de joie. Merci également à tous ceux qui ont rattrapé le train après mon message posté sur Amore Verdare, j'ai été très agréablement surprise de voir toutes les alertes que j'ai reçu après ce message, donc MERCI.
Cela fait du bien de ne pas écrire que pour soit, alors vos retours me touchent et m'aident à continuer.
Bonne lecture !
Mancipium Carnis
Chapitre 3
Harry marchait d'un pas rapide dans la ruelle qui menait au point d'Apparition. Il avait attendu toute la semaine que vienne le week-end afin qu'il puisse enfin passer voir Draco. Evidemment, il s'était rendu chez le blond à de nombreuses reprises, mais toujours le soir après le travail et il ne pouvait donc pas rester longtemps. Cette fois-ci, il avait toute la journée devant lui.
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée et il atteignit la zone d'Apparition avec entrain. Il ne cilla presque pas en se sentant aspirer dans le vide, une sensation qu'il avait toujours détesté dans le procédé d'Apparition. Quelques secondes plus tard, il sentit à nouveau le vent frais lui caresser le visage et il rouvrit les yeux.
Malgré le fait qu'il soit venu ici à de nombreuses reprises, il était toujours admiratif de la taille du Manoir Malfoy. Les terres s'allongeaient à perte de vue et le manoir avait plus des allures de château que de résidence.
Il leva sa baguette en arrivant devant le portail en acier et le traversa comme s'il ne fut qu'une illusion. Puis il s'avança vers l'imposante porte, qui s'ouvrit lorsqu'il atteignit le perron. Il baissa la tête pour saluer l'Elf de maison, puis pénétra dans le hall.
"Bonjour Auror Potter." Entendit-il dans son dos, et il se tourna pour faire face à Narcissa Malfoy.
Elle n'avait gardé aucune trace physique de son enlèvement par le Groupe de Serpents : elle se tenait toujours droite, ses vêtements étaient de qualité supérieure, sa coiffure parfaite. Mais Harry se doutait que cette mésaventure avait dû la bousculer grandement. En observant la blonde, il se demanda comment elle faisait pour rester digne malgré toutes les souffrances qu'elle s'était vue infliger.
"Bonjour Narcissa." Lui répondit-il.
"C'est très gentil de votre part de prendre sur votre temps libre pour venir voir Draco." Lui dit-elle en l'invitant à passer au salon.
Harry resta immobile quelques secondes avant de la suivre. D'habitude, il allait directement voir Draco dans ses quartiers, c'était donc la première fois depuis le sauvetage du blond que Narcissa demandait à le voir.
Il prit place sur l'un des sofas du salon, le même qu'il avait occupé lors de sa première visite, et Narcissa se dirigea vers une armoire en bois massif dont elle ouvrit l'un des tiroirs. Harry la vit sortir quelque chose qu'il ne distinguait pas puis, après avoir refermé le tiroir, elle revint vers lui et lui tendit un paquet. Harry leva les yeux vers elle, intrigué, et il la vit prendre une profonde inspiration, comme pour se donner du courage.
"Ceci est un objet très rare." Lui dit-elle, les yeux posés sur le paquet. "Il est dans ma famille depuis des siècles. Il est censé avoir de grands pouvoirs mais personne n'a jamais réussi à l'utiliser, alors il est resté chez nous comme bijou de famille."
Elle ouvrit le paquet d'une main et Harry put enfin en apercevoir le contenu. Il s'agissait d'un collier au bout duquel pendait un pendentif en ce qui semblait être du fer forgé. Le pendentif prenait la forme de deux cercles de tailles différentes encastrés l'un dans l'autre. Au centre des deux cercles trônait un symbole composé de trois boucles se rejoignant au milieu.
"Les deux cercles renvoient à la dualité d'un couple." Lui expliqua Narcissa. "Le grand cercle symbolise l'homme et le petit la femme. Tous deux entrelacés pour ne plus former qu'une seule pièce."
Harry s'était figé. Pourquoi lui montrait-elle ça ? Il eut un moment de panique. Etait-ce une façon de lui dire qu'elle était au courant de sa relation avec son fils ? Non, il était sûr qu'elle aurait été plus directe, surtout sur un sujet qui touchait son fils.
"Le symbole situé au milieu des cercles s'appelle un triquetra. Il symbolise la trinité et la protection : l'homme, la femme et le lien qui les unit et les protège. Dans certains cas, ce lien devient tellement fort qu'on le dit capable de protéger de tout, même de la mort."
Le regard de la blonde s'était soudain perdu quelque part entre le collier et Harry, plongé dans un souvenir lointain. Après quelques secondes de silence néanmoins, elle se redressa et tendit le collier à Harry.
"Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ?" Demanda-t-il avant de pouvoir se retenir.
"Il s'agit d'un objet que j'ai eu…de la mère de Sirius Black."
Harry se figea et releva la tête vers elle. La mère de Sirius ?
"C'est un objet appartenant à la famille Black, l'un des plus anciens." Reprit Narcissa, son regard ne croisant toujours pas le sien. "Le jour de la mort de Walburga, elle m'avait demandé de venir la voir. Elle voulait absolument que les objets de valeurs appartenant aux Black restent entre des mains pures. Le seul descendant direct qu'elle avait étant son fils Sirius, elle ne voulait pas qu'il mette la main sur le trésor que cachait sa maison."
Harry sentit une vague de colère l'envahir. C'était bien là le genre de Mme Black, s'assurer que rien ne revienne à l'unique membre de sa famille encore vivante, tout ça parce qu'il n'embrassait pas la devise de la famille : Toujours Pur.
"Il n'y avait vraiment pas de quoi s'inquiéter." Répondit-il d'une voix blanche. "Sirius se fichait complètement de l'héritage de sa famille. Il en a même donné une bonne partie à Mundungus Fletcher."
Il vit les lèvres de Narcissa se serrer fermement dans une expression de profond désaccord, tellement semblable à celle de son fils. Apparemment, elle n'était pas d'avis qu'un héritage aussi important soit livré à un trafiquant de pacotille.
"Et donc, elle voulait vous donner ce collier ?" Reprit-il d'une voix qu'il voulait neutre.
"Oui." Répondit Narcissa. "Mais pas seulement, elle voulait me donner les objets ayant le plus de valeur…"
Harry tenta au mieux de cacher son expression de peur à l'idée que ce plan ait marché. Qu'aurait-il fait si le médaillon de Serpentard avait atterri dans les mains des Malfoy ? La famille du Mangemort était réputée pour très bien cacher ses trésors, ne faisant pas confiance aux institutions telles que Gringotts. Comment aurait-il pu détruire l'Horcruxe dans ce cas ?
"Et pourquoi n'avez-vous pas tout pris ?" Demanda-t-il.
"Walburga est décédée avant qu'elle ne puisse me léguer autre chose. Je n'ai pu repartir qu'avec ce collier. Les sorts protecteurs s'étaient déjà enclenchés autour des autres objets de valeurs, empêchant quiconque d'y toucher." Répondit-elle en caressant le pendentif du bout des doigts.
Harry ne put s'empêcher d'en être rassuré. Bien que toute animosité envers Narcissa se soit envolée depuis la fin de la Guerre, le brun était de l'avis que l'héritage de Sirius ne devrait pas revenir aux Malfoy, pas quand tant de haine et de sang avait coulé entre les deux familles.
Il fut tiré de ses pensées par la main de la blonde qui s'était posée sur la sienne. Levant les yeux vers elle, il l'observa abaisser le collier jusqu'à ce que celui-ci vienne se nicher au creux de sa main.
"Cet objet est à vous." Lui dit-elle.
"Quoi ?!" S'exclama-t-il.
"Il vous revient de droit." Continua-t-elle. "Il s'agit d'un objet appartenant aux Black, il aurait dû revenir à Sirius, malgré ses relations tendues avec sa mère. Et comme Severus nous avait dit que vous aviez hérité de l'intégralité de la fortune Black, alors ce collier vous appartient."
Harry la regarda, éberlué. Narcissa Malfoy avait bien changé depuis la première fois qu'il l'avait rencontré, à la Coupe du Monde de Quidditch. Son regard, qu'il avait connu chargé de dédain et de dégoût, l'observait avec...était-ce de l'appréhension ?
Comme si elle avait lu son expression, la blonde reprit.
"J'espère ne pas vous avoir mis en colère." Lui dit-elle en faisant un pas en arrière, sortant ainsi de son espace privé.
"Pourquoi serais-je en colère ?" Lui demanda-t-il.
Ce fut au tour de Narcissa de le regarder avec surprise.
"Eh bien, je pensais que vous n'apprécieriez pas que j'ose parler de votre parrain alors que c'est ma propre sœur qui l'a assassiné." Répondit-elle en l'observant.
"Ce n'est pas vous qui teniez la baguette qui a tué Sirius." Répondit-il un peu trop brusquement. Il prit le temps de se ressaisir avant de reprendre. "Ce ne serait pas juste de ma part de vous en tenir pour responsable."
Il porta son regard sur le collier, dont l'éclat argenté lui fit cligner des yeux, puis releva la tête vers Narcissa.
"Vous êtes sure ?" Demanda-t-il en levant la main tenant le pendentif.
"Certaine." Lui répondit-elle. "J'avais une dette envers vous."
"Une dette ?"
Narcissa se pencha légèrement vers lui et, d'une voix plus basse, comme si elle craignait d'être entendue par quelqu'un d'autre, répondit.
"Je sais que vous avez aidé Draco à voir son père."
"Oh." Répondit Harry, se sentant soudain mal à l'aise. "Je vous le devais bien."
Narcissa le regarda un instant, interdite, puis elle secoua la tête.
"Vous êtes vraiment un étrange sorcier."
Harry haussa les épaules, puis lui offrit un léger sourire gêné. Elle continua de l'observer quelques secondes avant de se diriger vers la porte.
"Draco vous attend dans sa chambre. Je suis sure qu'il saura content de vous voir."
Harry se leva et se dirigea vers l'escalier menant à l'étage supérieur, jetant un dernier regard sur le collier avant de le mettre dans sa poche. En choisissant de faire de 12 square Grimmault place un musée, il avait abandonné l'idée de garder quoique ce soit ayant appartenu aux Black. L'héritage, bien que d'une grande valeur, n'avait pour lui aucune trace de son parrain, rien qui ne le lie à lui.
De tout cela, il n'avait gardé que Kreattur, après avoir pris soin de lui demander son avis cette fois. L'Elfe s'était empressé de lui assurer son allégeance et sa loyauté, et Harry devait avouer qu'il s'était habitué à lui. Il avait été la seule présence qu'Harry avait toléré pendant les premiers jours suivant son retour du monde moldu.
Il trouva la porte de la chambre de Draco entrouverte et la poussa légèrement pour ne pas faire de bruit, juste au cas où le jeune homme serait endormi. Cependant, à peine à l'intérieur, il croisa une paire de perles grises qui s'allumèrent en l'apercevant.
"Comment vas-tu ?" Demanda-t-il en refermant la porte avant de s'avancer vers le blond.
"Bonjour à toi aussi." Répondit Draco en posant le livre qu'il tenait sur sa table de nuit. "Mieux."
En effet, Harry avait remarqué le changement. Tout d'abord, le blond n'était plus en robe de chambre, mais habillé d'une chemise bleue nuit et d'un pantalon noir, ses cheveux étaient à nouveau soigneusement peignés et son visage avait repris des couleurs. Enfin, autant de couleurs dont était capable la peau laiteuse du jeune homme. Il n'était également plus dans son lit, mais assis sur la couverture, ses longues jambes croisées devant lui.
Harry vint s'asseoir près de lui et passa une main dans les cheveux blonds, faisant ciller Draco, ce qui lui arracha un sourire. Il avait appris dans les souvenirs du blond que ce dernier détestait qu'on lui touche les cheveux, mais tolérait le brun. Harry prenait donc un malin plaisir à le faire, testant ses limites.
"Du nouveau ?" Demanda-t-il après quelques minutes de silence.
"Non. Pas depuis que je me suis réveillé." Répondit le blond, agacé. "Cela fait 3 semaines que je suis enfermé ici alors que rien ne cloche chez moi."
"Draco..." Commença Harry, mais le blond émit un son d'impatience qui le fit taire.
"Je sais, je sais. J'ai été inconscient pendant 2 jours et on ne sait toujours pas quelle substance a engendré l'explosion. Mais si on me laissait retourner au ministère, peut-être que je trouverais la solution."
Harry ne répondit pas, ne voulant pas attiser la colère du blond, qui finit par se tourner vers lui.
"C'est juste que..." Reprit-il en détournant le regard. "Je n'aime pas resté enfermer ici. Pas encore."
A nouveau, Harry repensa aux souvenirs du blond, à toutes ces fois où il s'était retrouvé dans cette chambre, cloitré par Voldemort, puis par le ministère. Effrayé, battu, vulnérable.
Harry posa une main sur l'épaule du blond pour le tourner légèrement vers lui puis se pencha pour poser ses lèvres sur les siennes. Il sentit Draco se figer et lui-même fut surpris de son audace. En général, ils n'osaient pas afficher de marques d'affection au sein du Manoir, de peur de n'être aperçus. Néanmoins, à cet instant, Harry ne pouvait se retenir, pas quand le blond semblait si fragile.
Draco agrippa sa manche gauche et, pendant une fraction de seconde, Harry crut que le blond allait le repousser, mais il se sentit tiré en avant, pressé contre le jeune homme. Harry laissa échapper un petit grognement appréciatif, passant à nouveau une main dans les cheveux soigneux, si différents des siens. Il commençait à se sentir légèrement étourdi et approfondit le baiser, voulant se perdre dans l'odeur du blond.
De sa vie, il n'avait jamais eu ce genre de baiser qui créait en lui ce vide qui ne demandait qu'à être rempli par le blond, et personne d'autre. Un baiser qui lui donnait envie d'être complètement démonté, réduit à l'état de cendre, anéanti. Il se sentait faible, sans armes face à la passion que faisait naître en lui Draco Malfoy.
Soudain, sans qu'il n'en connaisse la raison, un autre événement lui revint dans un flash : Ginny, dans son bureau, se jetant sur lui pour l'embrasser. Mais ce baiser n'avait été rien, rien comparé à ce qu'il ressentait à présent.
Il rouvrit les yeux, une pointe de culpabilité lui tordant les entrailles et, à nouveau, ses yeux croisèrent les lunes argentées. Cependant, cette fois, elles le regardaient écarquillées. Doucement, Draco se détacha de lui, ses yeux toujours ancrés dans ceux du brun.
"Qu'est-ce que c'était que ça ?" Demanda-t-il, légèrement essoufflé.
Harry se figea.
"De quoi tu parles ?"
"J'ai vu...je t'ai vu toi et la Weasley..." Répondit Draco, son regard se voilant légèrement. "Comment est-ce possible ?"
Harry le regarda, horrifié. C'était impossible, comment le blond avait-il pu voir quelque chose qui était apparu dans sa tête ? Il n'avait pu perforer de Legilimancie, Harry l'aurait senti, et puis les deux hommes avaient eu les yeux fermés.
"Potter..." Gronda Draco, et sa voix lui fit lever la tête. "Tu peux m'expliquer pourquoi j'ai vu une image de toi embrassant la furette pendant que nous..."
"Je...je n'en sais rien." Répondit Harry, sincèrement.
Draco resta silencieux un moment perdu dans ses pensées. Finalement, au bout de quelques secondes, Harry reprit.
"Ecoute, le jour où tu as eu ton accident...Ginny est venu me voir dans mon bureau et..."
Draco releva brusquement la tête, ses yeux se refermant légèrement dans une expression de suspicion.
"Attends. Tu es en train de me dire que c'est arrivé récemment ?"
"Oui." Répondit Harry. "Mais c'est elle qui m'a...enfin je n'ai pas voulu..."
Mais alors même qu'il prononçait ces mots, il vit le visage du blond se refermer et se durcir. La main qui tenait sa manche se desserra et retomba sur le lit.
"Ne fais pas ça." Implora Harry.
"Pas quoi ?" Répliqua aussitôt Draco en se levant pour se diriger vers son bureau.
"Te renfermer sans me donner l'occasion de m'expliquer."
"Oh, mais ça m'a l'air clair, Potter." Répondit Draco en rangeant son bureau, qui semblait déjà parfaitement ordonné. "Je te fais remarquer, à juste titre, que ta famille de substitution n'accepterait sans doute pas notre...relation, et ta réaction est d'aller te jeter dans les bras de cette Weasley..." Siffla-t-il.
"Arrête !" S'exclama Harry en se levant à son tour. "Ce n'est pas du tout ce qu'il s'est passé !'
"Ah ?" Répliqua Draco en se tournant, et Harry fut surpris de reconnaître l'expression malveillante dans le regard du blond. "Pourtant, je ne t'ai pas vu la repousser, tu n'avais pas l'air dégoutté par ce geste."
"Evidemment que je n'en étais pas dégoûté !" Répondit Harry. "C'était ma petite amie, c'est normal !"
Mais il sut tout de suite qu'il n'aurait pas dû dire ça. En quelques secondes, Draco avait parcouru les quelques mètres qui les séparaient et l'avait empoigné par le col de son pull.
"Tu te fous de moi ?" Siffla-t-il d'une voix si basse qu'il était presque inaudible. "Tu t'amuses avec moi, Potter ? C'est ça ?"
"Quoi ? Non !"
"Parce que je ne sais toujours pas ce qui t'a poussé à..." Reprit Draco en plongeant son regard dans le sien. "Je me suis toujours demandé, pourquoi est-ce que tu t'étais intéressé à moi ?"
"Tu sais pourquoi..." Répondit Harry, mais le blond ne l'écoutait plus.
"Pourquoi le grand Harry Potter, qui n'a pas cherché à savoir ce qu'il était advenu de moi après mon jugement, s'est-il soudainement intéressé à moi ?"
Et cette fois-ci, Harry put le sentir : les yeux du blond plongèrent dans les siens et, avant même qu'il n'ait le temps de réagir, il se sentit tomber en arrière, aspiré. Plusieurs souvenirs se présentèrent à lui, trop flous ou trop lumineux pour qu'il les reconnaisse, puis il se revit assis chez lui avec Hermione, qui lui tendit un petit paquet.
"Qu'est-ce que c'est ?" S'entendit-il demander à la brune.
" Quelque chose qui je l'espère t'aidera à y voir plus clair. " Lui répondit Hermione.
Comme en accéléré, il se revit déballer le paquet, puis boire la potion avant de se rendre dans sa chambre et d'extirper d'un tiroirs la baguette de Draco, qui brillait d'une lueur verte.
A nouveau, il se sentit aspiré, vers l'avant cette fois et, après quelques secondes, il était de retour dans la chambre de Draco, et le blond le regardait avec des yeux horrifiés. Les deux hommes s'observèrent un instant, puis, Draco le relâcha et se redirigea vers son bureau, lui tournant le dos.
"Je crois...que tu devrais y aller." Murmura le blond d'une voix tremblante.
"Draco..." Tenta Harry en s'avançant.
"Maintenant !" Cria Draco et Harry se figea.
A cet instant, un Elfe de maison entra dans la chambre, un plateau argenté porté au-dessus de sa tête.
"Maître Malfoy, maîtresse Malfoy vous envoie des collations."
"Pose-les sur la table." Répondit Draco d'une voix éteinte. "Et raccompagne Auror Potter à la porte."
Pour ce qui lui sembla être la centième fois depuis son arrivée au bureau, Harry jeta un coup d'œil vers la porte. Aujourd'hui, Draco devait reprendre le travail, et il n'avait pas vu le blond depuis sa dernière visite au Manoir Malfoy, une semaine plus tôt. Il n'avait pas cherché à recontacter le blond de peur de sa réaction. Après tout, il ne s'était toujours pas remis de ce qu'il s'était passé dans la chambre de Draco. Pourquoi avait-il réagi comme ça ?
"Harry ? Tu m'écoutes ?"
Harry sursauta et arracha les yeux de la porte fermée. Face à lui, Ron et Neville le regardaient, interrogateurs.
"Ça va ?" Demanda Neville. "Tu as l'air ailleurs ce matin."
"Non, ça va." Répondit Harry.
"C'est pas le moment d'être à l'ouest, Harry." Lui lança Ron. "On commence aujourd'hui à Poudlard."
"Je sais, je sais."
"Alors." Reprit Neville. "McGonagall nous attend à 9h30 pour une réunion. Elle nous donnera le plan de Poudlard et on organisera la sécurité du Pré-au-Lard."
"Ça devrait aller vite." L'interrompit Ron. "On connait tous les recoins de l'école. Harry a toujours sa carte des Maraudeurs en plus."
Harry acquiesça, portant une main dans l'intérieur de sa robe pour en sortir le parchemin plié en quatre. Grâce à la carte, il aurait une vision plus en détails de l'école, et pourrait en contrôler les périphéries.
" Très bien." Dit-il après un dernier regard vers la porte. "Allons-y."
Harry, Ron, Neville et Kingsley étaient assis dans le bureau de Minerva McGonagall.
"Très bien, maintenant que vous savez tout, je vous laisse vous organiser." Termina McGonagall. "Un groupe de Guérisseurs est déjà sur place." Continua-t-elle en se tournant vers Kingsley. "Mes yeux me trompent peut-être, mais il me semble y avoir vu le jeune Malfoy ?"
Harry sursauta légèrement et il se tourna vers la directrice, à temps pour voir Kingsley acquiescer. McGonagall observa le Ministre quelques secondes, interdite, avant de se tourner vers Harry.
"Harry, vous venez avec moi."
Harry se leva et suivit la directrice. Il aurait préféré être sur le terrain à faire son travail plutôt que dans le box du jury, exposé. Il avait en partie quitté le monde magique pour ça, pour éviter d'être exhibé comme une mascotte. Mais Kingsley lui avait affirmé qu'il n'aurait à donner aucune interview et qu'il ne ferait aucune séance photo.
Et puis, il devait avouer que le simple fait de revenir à Poudlard le remplissait de joie. Ses yeux se posèrent sur chaque recoin du château, chaque armure, chaque parcelle de terrain. Poudlard était, et resterait à jamais sa véritable maison.
Leurs pas les menèrent en dehors du château, vers le terrain de Quidditch qui avait été transformé en une espèce d'énorme corrida. Les habituelles tribunes entouraient l'arène tapissée de sable jaune, et étaient déjà noires de monde. Au milieu de l'arène trônait un immense poteau au pied duquel d'énormes chaînes trainaient au sol, laissant à Harry le soin d'apprécier la taille de ce qui y serait bientôt attaché.
Harry et McGonagall empruntèrent une série d'escaliers qui les menèrent au box du jury. Kingsley n'y était pas encore, mais quelqu'un était déjà présent sur place. Une homme grand et mince aux traits rigides et aux yeux perçants se tenait près de la rambarde donnant sur l'arène. Il portait une robe d'un vert émeraude qui jurait parfaitement avec ses cheveux rouges.
"Percy ?" Appela Harry.
Percy Weasley fit volte-face et, en apercevant Harry, se fendit d'un large sourire.
"Ah, Harry !" S'exclama-t-il en s'avançant vers lui, main tendue. "Content de te revoir, ça faisait longtemps."
"Oui, je..."
"Bien sûr." Reprit Percy sans lui laisser l'occasion de continuer. "J'ai été très occupé par le tournoi. Il a fallu organiser de nouvelles épreuves, puis la venue des écoles, et c'est bien plus compliqué que ça en a l'air !"
Harry serra la main tendue sans répondre. Percy semblait avoir gardé ses manières pour le moins pompeuses. Les deux hommes échangèrent quelques banalités, puis, alors qu'Harry demandait des nouvelles d'Arthur Weasley, Percy se redressa soudainement de tout son long et s'avança, main à nouveau tendue. Harry se retourna à temps pour le voir serrer la main d'une femme à la taille si imposante que Percy lui arrivait au coude.
"Madame Maxime." La salua Percy. "Un véritable plaisir de vous recevoir. Le ministère vous souhaite la bienvenue sur le territoire..."
Mais Madame Maxime ne semblait pas l'écouter. Ses yeux se posèrent sur Harry et elle s'avança vers lui.
"Arry." Dit-elle en ouvrant les bras. "Je suis très heureuse de te revoir."
Et, avant qu'Harry ne puisse réagir, elle se pencha sur lui et l'entraîna dans une embrassade qui fit protester ses côtes.
"Agrid m'a dit que tu étais revenu du monde moldu. Tu as bien fait."
"Euh...oui." Répondit Harry, mal à l'aise.
"Kinomoto-san !" S'exclama à nouveau Percy. "Irashaimasen !"
Harry le vit accourir vers une vieille dame de petite taille et aux yeux perçants qui venait d'apparaître aux côtés de Kingsley. Ses longs cheveux gris étaient noués au sommet de son crâne et retenus par des pics en bois ornés de pierres précieuses. Elle portait un élégant kimono rouge noué à la taille par une espèce de large ceinture.
Percy s'inclina devant la Japonaise, qui en fit de même. Puis, à la grande surprise du brun, Percy et Kinomoto se mirent à discuter en japonais. Près de lui, Madame Maxime leur lança un regard torve.
"Je trouve que la directrice japonaise se voit accorder trop de faveurs." Se plaignit-elle. "En général, nous nous efforçons de parler dans la langue du pays d'accueil, c'est ce qu'Igor et moi avions fait l'autre fois ! Alors il devrait en être de même pour elle !"
Harry n'osa pas lui dire qu'il était de l'avis que Percy tenait plus à montrer ses talents devant la directrice japonaise qu'autre chose. Finalement, McGonagall s'avança à son tour et fit signe à Harry de la suivre.
"Je vous présente Hinata Kinomoto, directrice de l'école de Mahoukko. Madame Kinomoto, voici Madame Maxime, directrice de l'école de Beauxbâtons située en France, Percy Weasley, Sous-directeur au Département de la Coopération magique, et Harry Potter, vainqueur du dernier Tournoi."
A sa grande surprise, la directrice ne lui jeta aucun regard interrogateur, ni ne chercha à apercevoir sa cicatrice, comme il avait pris l'habitude de voir. Au lieu de ça, elle leur fit à tous un signe de tête avant de se tourner vers McGonagall.
"Nous vous remercions de l'accueil que nous a réservé votre pays ainsi que votre école." Dit-elle dans un anglais parfait.
A cet instant, un énorme bruit retentit plus bas, semblable à un rugissement, et Harry se rapprocha de la rambarde, imité par les autres. En contrebas, il aperçut un homme tellement grand qu'il était impossible de ne pas le voir, même à une telle hauteur. Il tenait dans ses mains trois énormes chaînes sur lesquelles il tirait de toutes ses forces.
Harry déglutit avec peine : quelque soit la chose qui se trouvait au bout de ces chaînes, la seule pensée qu'Hagrid ait à tirer avec autant de force pour la faire entrer dans l'arène lui faisait peur. Soudain, après un dernier grand effort de la part du demi-géant, la créature apparut enfin au grand jour, et l'ensemble du public émit un cri de stupeur.
Un énorme cerbère à trois têtes se tenait debout, les babines retroussées, montrant ses énormes crocs. En apercevant la foule, il lança un aboiement qui raisonna dans toute l'arène, faisant sursauter l'ensemble des gens présents. Ses yeux méchants fouillaient les alentours, ses trois museaux humant l'air, sentant sans doute la tonne de nourriture potentielle qui l'entourait.
Harry se tourna vers McGonagall, qui regardait la bête les yeux plissés et les lèvres serrées.
"Vous avez laissé Hagrid amener Fluffy ?!" S'exclama-t-il.
McGonagall lui lança un regard perçant avant de reporter son regard vers le bas.
"Hagrid disposait de l'appui de quelqu'un de très influent." Répondit-elle à contrecœur.
Harry la regarda, éberlué.
"Qui peut-être plus influent que vous à Poudlard ?"
"Dumbledore."
Harry l'observa, l'air éberlué.
"Vous voulez dire que Dumbledore a appuyé cette idée ? Celle-ci ?" Insista-t-il en pointant l'énorme chien à trois têtes.
Professeur McGonagall acquiesça, les lèvres toujours fermement fermées en une fine ligne. Harry reporta à nouveau son regard vers Hagrid qui, avec grande peine, tentait d'attacher l'animal au large poteau.
Le seul côté positif qu'il voyait là était qu'il savait exactement comment calmer la créature en cas de danger. Hagrid leur avait révélé ce secret lors de sa première année : le cerbère s'endormait à la première note de musique.
Soudain, son regard fut attiré par un éclat doré à l'extrémité nord de l'arène et y porta le regard, à temps pour voir Draco tourner les talons et disparaître derrière une porte rouge donnant sur un couloir situé sous les gradins.
Harry fit volte-face.
"J'ai quelques réglages de dernière minute à voir avec mes collègues." Annonça-t-il, prenant bien soin de ne pas croiser le regard de Kingsley. "Je reviens."
Il sortit du box et descendit les escaliers quatre à quatre, sautant la dernière rangée de marches. Puis il traversa l'arène d'un pas rapide vers la porte rouge, ignorant les aboiements terrifiants qui résonnaient à sa droite et entra dans le couloir sombre. Il jeta un coup d'œil circulaire autour de lui, mais aucune trace du blond. Finalement, il l'aperçut de l'autre côté du couloir, déjà quelques mètres devant la sortie.
"Draco !" L'apostropha-t-il, et le blond s'arrêta.
Harry courut vers lui et s'arrêta à quelques pas, notant l'air contrarié du blond.
"Merlin, tu ne veux pas crier mon prénom plus fort encore ?!"
Harry soupira. Il ne voulait pas envenimer la situation, mais le comportement du blond le laissait perplexe. Après tout, pourquoi faisait-il la tête ? Avait-il vraiment mal pris le baiser qu'il avait échangé avec Ginny ? Après tout, il n'y était pour rien ! Il n'avait pas demandé à la jeune femme de se jeter sur lui ! Mais l'un d'entre eux se devait de garder la tête froide, et Draco ne semblait pas en état de faire la moindre concession.
"Draco…" Commença-t-il en s'approchant. "Il faut qu'on parle de ce que tu as vu…"
"Ça m'a semblé très clair, merci." Répliqua le blond en croisant les bras.
"Arrête. Tu te braques sans me laisser l'occasion de t'expliquer !"
"Alors vas-y, explique." Cingla Draco en plongeant ses yeux couleur acier dans ceux du brun.
Harry prit un instant pour organiser ses pensées, puis reprit.
"Ginny n'a pas accepté notre séparation. Elle était amoureuse de moi depuis son plus jeune âge, c'est normal qu'elle ait du mal à décrocher. J'essaye de ne pas la blesser, mais c'est dur étant donné que je ne peux même pas lui expliquer l'intégralité des raisons qui me poussent à ne pas revenir vers elle."
Draco leva un sourcil interrogateur et Harry poussa un soupir.
"Eh bien je ne peux pas vraiment lui dire que quelque chose se passe entre toi et moi."
Il vit les yeux du blond se rétrécir légèrement, ce qui, d'après son expérience, était toujours mauvais signe.
"Donc…" Répondit Draco en se redressant. "Si je comprends bien ce que tu dis, tu ne comptes dire à personne que toi et moi nous avons…quelque chose ?"
Harry fronça les sourcils, il sentait que le blond voulait en venir à quelque part, mais il n'arrivait pas à lire les yeux froids et durs.
"Est…ce que tu veux que je leur en parle ?" Tenta-t-il ?
"A toi de voir, ce sont tes amis." Répliqua Draco. "Tiens-moi au courant des résultats de tes petites expériences personnelles."
A nouveau, Harry fut pris d'une impression de rater quelque chose. Mais, avant qu'il n'ait le temps de réagir, Draco tourna les talons.
"Je dois continuer ma ronde. A plus tard." Lança-t-il en s'éloignant.
Harry laissa échapper un énième soupir. Décidément, il ne comprenait toujours pas le blond, malgré tout ce qui avait pu les rapprocher. Pourquoi le Guérisseur ne pouvait-il tout simplement pas lui dire le fond de sa pensée au lieu de toujours le laisser mariner ?
Dès que la première tâche serait finie, il aurait une longue conversation avec Draco, qui ne semblait pas tout lui dire. Il ne voulait pas d'une relation pleine de secrets et de manipulation, il en avait eu assez dans sa vie.
Il tourna les talons, près à retourner dans le box des jurys et à voir comment les pauvres champions allaient s'en tirer face à Fluffy, quand il aperçut quelque chose au-dessus de sa tête. Il leva les yeux vers les gradins, et sentit son cœur tomber au fond de ses entrailles.
A quelques mètre devant lui, appuyée sur l'une des rambardes, une expression d'horreur distordant les traits de son visage, Hermione le regardait les yeux écarquillés.
Les deux amis restèrent un moment figés, chacun observant l'autre, aucun des deux ne semblant capable de bouger. Puis, alors qu'Harry faisait un pas vers elle, Percy apparut aux côtés de la brune et jeta un regard plein de reproches vers le brun.
"Tu vas être en retard pour le début de l'épreuve !" Lui lança-t-il. "Les jurys se doivent de donner l'exemple Harry, voyons."
Puis, insensible au malaise qui régnait toujours entre les deux amis, il passa un bras sous celui d'Hermione et l'entraîna avec lui. Harry les regarda se diriger vers l'escalier qui menait au box des jurys, toujours figé sur place.
Harry était assis sur une imposante chaise aux allures de trône, entre Kingsley et Madame Maxime. Il n'aimait vraiment pas le fait d'être placé aussi haut et bien en vue, comme c'était le cas. Il sentait une centaine de paires d'yeux posés sur lui : élèves, professeurs et invités avaient les yeux rivés sur le box des jurys. Kingsley venait de faire un discours d'ouverture dans lequel il avait présenté la nouvelle école participante et Mme Kinomoto s'était levée pour prononcer quelques mots.
Puis, la porte située derrière eux s'ouvrit, et un grand jeune homme au corps élancé s'avança. Ses longues dreadlocks étaient nouées en une queue-de-cheval qui lui descendait au milieu du dos et il lança un regard vert olive pétillant en direction d'Harry, qui lui répondit d'un large sourire.
Cela faisait des années qu'il n'avait pas vu Lee Jordan, et en l'observant empoigner le micro posé sur la table au coin de la pièce, Harry se sentit retourner en arrière, à l'époque de ses matchs de Quidditch. Lee était sans aucun doute le meilleur commentateur qu'il ait vu, même s'il se laissait souvent un peu trop emporter par le match qu'il commentait.
Lorsque Kingsley lui avait dit qui s'occuperait des commentaires, Harry et Ron avait été plus qu'enthousiastes. Lee était quelqu'un d'honnête et de sûr, étant un ancien animateur de la radio résistante PotterWatch, qui leur avait donné tant d'informations pendant leur chasse aux Horcruxes. Ils savaient donc qu'à ce niveau, ils n'avaient aucun souci à se faire.
"Bonjour à tous et bienvenue au Tournoi des Trois Sorciers de 2003 !" Lança Lee d'une voix enjouée. "Quel plaisir de vous retrouver à Poudlard pour ce nouveau tournoi qui s'annonce plein de mystère et d'aventures !"
Harry jeta un regard circulaire à la vague de personne présente à la recherche d'Hermione, mais il ne la vit pas. Avait-elle été si choquée par ce qu'elle venait d'entendre qu'elle était partie ? Il voulait quitter son siège maintenant et partir à sa recherche, lui expliquer la situation et surtout, surtout, l'implorer de ne pas en parler à Ron. S'il n'avait aucune idée de la façon dont Hermione réagirait en le revoyant, il savait parfaitement quelle réaction Ron aurait en apprenant la nouvelle.
Bien que l'animosité du roux envers Draco se soit quasiment éteinte au vue des événements qui s'étaient déroulés récemment, Harry était sûr qu'il n'accepterait pas une relation de ce genre.
"Kingsley." Lança-t-il en se tournant vers le ministre. "J'ai vu Hermione tout à l'heure, vous l'avez invité à venir au tournoi ?" Demanda-t-il d'une voix qu'il tenta de maîtriser.
"Non." Répondit Kingsley, les yeux toujours posés sur Lee. "Elle a pris une journée de repos pour venir s'entretenir avec les Elfes de Poudlard."
Harry laissa échapper un soupir. C'était bien le style d'Hermione de prendre sur son propre temps libre pour venir s'occuper des Elfes. Il posa un regard teinté d'angoisse au loin, là où trônait le château, et où se trouvait Hermione. Avait-elle trouvé Ron ? Si oui, lui avait-elle fait part de ce à quoi elle venait d'assister ?
Harry secoua la tête. Il ne devait pas y penser, pas tant qu'il ne pouvait rien faire. A son tour, il reporta son regard sur Lee et tenta de se concentrer.
"Le but de cette première étape est simple." Annonça Lee. "Les 3 candidats doivent faire face à l'énorme Cerbère que vous voyez au centre de l'arène. Comme vous pouvez le voir, chacune des têtes porte un collier d'une couleur différente. Ces couleurs ont été assignées à chaque champion, et leur rôle est de s'emparer de leur collier le plus vite possible et avec le moins de dégâts."
Harry porta son regard vers Fluffy, qui continuait de renifler l'air de ses trois truffes. Effectivement, chacune des têtes portait un collier : bleu, rouge et vert. Harry retint un petit sourire en imaginant la tête des candidats lorsqu'ils apercevraient la créature.
"Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir le champion de Poudlard : Rupert Dickens!"
Un tonnerre d'applaudissements retentit dans l'arène et Harry se redressa pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Un jeune homme portant l'uniforme sportif de Poudlard pénétra dans l'arène, le visage pâle, baguette à la main. Il s'arrêta net en apercevant Fluffy et Harry vit son visage prendre une teinte verdâtre. Harry grimaça, reconnaissant la sensation d'horreur qu'il avait lui-même eu en faisant face au Cerbère lors de sa première année.
Rupert lui lança un sort qui fit apparaître des cordes autour du corps velu, mais le Cerbère les déchira en s'ébrouant vigoureusement. Fluffy posa ses six yeux menaçants sur Rupert, qui fit un pas en arrière.
"La première tentative de Dickens semble être tombée à l'eau !" Commenta Lee. "Mais il faudra s'approcher un peu plus de l'animal s'il veut avoir une chance d'attraper le collier bleu !"
Au bout de dix minutes de sortilèges infructueux, et quelques minutes de réflexion, Rupert fit apparaître trois chats au pelage roux, qui foncèrent sur l'énorme chien. Les chats grimpèrent sur les flancs de l'animal et, trop occupé à tenter de les réduire en miettes, Fluffy ne vit pas Rupert pointer sa baguette vers lui.
Cette fois-ci, la corde qui sortit de sa baguette ne vint pas s'enrouler autour du corps de Fluffy, mais autour d'une de ses têtes avant de s'enfoncer au sol. Fluffy laissa échapper un aboiement féroce alors que l'une de ses têtes se retrouvait attachée au sol. Rupert réitéra l'action deux fois et, après quelques minutes durant lesquelles Fluffy tenta de se défaire de ses liens, Rupert fit apparaître une longue perche avec laquelle il fit glisser le collier bleu au-dessus de la tête du Cerbère.
Cette action fut accueillie par une nouvelle salve d'applaudissement des gradins, et Harry applaudit avec le public. Un peu plus loin, McGonagall hocha la tête, visiblement satisfaite de la prestation de Rupert.
"Et maintenant, veuillez accueillir la championne de l'école Mahoukko : Miyako Kazaki !"
Une jeune femme portant une tunique bleue s'avança à son tour, l'air concentré. A peine le coup de sifflet eut-il retenti qu'elle s'élança vers Fluffy, baguette levée.
Le regard d'Harry fut soudainement attiré par un reflet au milieu de la foule. Des centaines de Multiplettes étaient braquées sur l'arène, mais celle-ci semblait être focalisée sur le box des jurys, et lui en particulier. L'homme qui l'observait baissa aussitôt ses Multiplettes et, après avoir croisé le regard d'Harry, courut vers l'escalier menant à la sortie.
Sans réfléchir, Harry se leva de son siège et courut à son tour vers l'escalier, qu'il descendit à toute vitesse. Qui qu'il soit, un homme qui fuyait en l'apercevant était suspect. Harry sortit sa baguette qu'il pointa derrière lui. Un cerf argenté émergea du bout de sa baguette et se mit à galoper vers l'endroit où devaient se trouver Ron, Neville et Draco.
Les terres entourant Poudlard étaient désertes, tout le monde se trouvant dans l'arène. Il lui fut donc facile d'apercevoir la silhouette qui courait à toute allure vers les grilles délimitant la zone de protection de l'école.
"Hé !" Cria-t-il. "Stop ! Arrêtez-vous !"
A sa grande surprise, l'homme s'arrêta juste derrière les grilles et se retourna. Harry ne l'avait jamais vu, mais son regard malveillant lui fit garder ses distances. Il était grand, blond et son large torse se soulevait rapidement. Son nez semblait avoir été cassé au moins une fois et la main qui tenait sa baguette portait une cicatrice en forme de croix.
"Pourquoi prenez-vous la fuite ?" Demanda Harry en s'approchant lentement.
"Le spectacle ne m'a pas plu." Répondit l'homme d'une voix rauque.
Il avait un fort accent slave ou russe et ses yeux bleus pétillaient de malice.
"Ce n'est pas une raison suffisante pour partir en courant. Sauf si vous avez quelque chose à vous reprocher."
Le blond ne répondit pas, mais continua de le regarder, sourire aux lèvres.
"Qui êtes-vous ?" Demanda Harry, mal à l'aise.
"Personne." Répondit le blond en faisant un nouveau pas en arrière. "Ce n'est pas moi que tu devrais craindre, Harry Potter. Crains ceux qui te sont chères, car c'est d'eux que vient le plus grand danger."
Harry fronça les sourcils. Qu'est-ce que cela voulait dire ?
"Au fait." Reprit le blond. "Toutes mes condoléances."
Avant qu'Harry n'ait le temps de répondre, le blond leva sa baguette et un jet de lumière violet fonça sur lui. Harry se jeta sur le côté, évitant le sort de justesse et se releva pour contre attaquer, mais son adversaire avait disparu. Il avait visiblement profité de son attaque pour atteindre la fin de la zone protégée de l'école.
"Harry !"
Harry se tourna et vit Ron, Neville et Draco courir vers lui, baguette à la main.
"Ça va ?" Lui demanda Draco, un peu trop précipitamment en s'avançant vers lui, prêt à l'examiner.
"Oui." Répondit Harry en levant une main pour l'arrêter. "Homme grand, corpulent, très musclé, accent slave. Il porte une cicatrice en forme de croix sur la main gauche."
Il allait leur parler de l'étrange phrase que lui avait lancée l'inconnu avant de partir lorsqu'il vit, au loin, Kingsley courir vers lui. Sans qu'il ne sache pourquoi, l'expression sur le visage du ministre lui dressa les poils sur l'ensemble du corps, comme s'il avait senti que quelque chose clochait, qu'un événement horrible venait de se produire.
"Harry…" Commença Kingsley, essoufflé. "C'est urgent…"
Avant qu'il ne puisse se retenir, Harry s'avança vers lui.
"Qui ?" Demanda-t-il.
"Vernon Dursley." Répondit-il. "Il a eu un accident de voiture."
Harry sentit comme un poing se refermer au fond de sa poitrine et il n'eut pas besoin d'en dire plus pour que le ministre comprenne les mots qu'il ne pouvait faire sortir. La question qu'il ne pouvait prononcer.
"Il ne s'en est pas sorti. Il est mort sur le coup."
A suivre.
Voilà voilà, c'est tout pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu ! Quelques informations :
1) J'ai écrit "Arry" lorsque Madame Maxime parle pour affirmer son accent français lorsqu'elle parle anglais. (Je ne sais plus si ça avait été fait dans le livre)
2) Un petit croquis du collier des Black est disponible dans mon Tumblr www . tumblr blog/elendil-samafanart (retirer les espaces des .) Tous les nouveaux dessins seront disponible à cette adresse.
Voilà je pense que c'est tout pour cette fois, à bientôt pour le chapitre 4 !
Elendil-sama
