Message de l'auteure: Hey ! J'avais arrêté de poster cette fanfic faute de lecteur mais étant donné qu'elle est pratiquement finie et qu'elle s'ennuie toute seule dans mon ordi, je me suis dis pourquoi pas la poster quand même? Donc voici le chapitre 4 (sur 15) après une loongue attente. Enjoy !

Chapitre 4 – Tout commence avec une cicatrice…

Draco était allongé sur son lit, parfaitement éveillé, le regard fixé sur le plafond. Il devait être au alentour de deux heures du matin mais le jeune Serpentard n'avait pas fermé l'œil une seule fois. Autour de lui, les autres garçons dormaient paisiblement et le dortoir était plongé dans leur ronflement insouciants. Harry reposait calmement dans son lit, Ava enroulé à ses pieds. Draco tourna la tête vers lui et l'observa silencieusement. C'est fou ce qu'il pouvait être mignon. Son visage à moitié enfoui dans l'oreille était figé dans une expression angélique, ses cheveux ébouriffés retombaient négligemment sur son front. Mais en le fixant Draco éprouva un pincement douloureux au cœur.

« Pourquoi faut-il qu'il soit aussi taré ? »

Il en était arrivé à cette conclusion la veille alors qu'Harry avait littéralement craché au visage du professeur Mc Gonagald. Et ce n'était pas une métaphore, il lui avait vraiment craché dessus avant de crier « Vous ne pouvez rien contre moi ! ». La vieille sorcière n'avait rien pu faire contre la colère du Survivant et Potter avait saccagé tout son bureau. Draco avait du l'entraîner à Serpentard par la force. Heureusement que le brun n'était pas très grand, il avait pu le maîtriser rapidement.

Mais lorsqu'on le voyait dormir, vraiment, il était dur d'imaginer le monstre qui se cachait sous ses traits. Draco se redressa sur son matelas, incapable de résister plus longtemps. Cela faisait maintenant une semaine qu'il vivait dans cette version de la « vérité » et il ne parvenait toujours pas à chasser le vrai Potter de ses pensées. En faite, plus ce Harry se montrait violent et plus il regrettait son Harry. Il s'échappa dans son lit pour venir s'asseoir sur celui de son camarade. Délicatement, faisant bien attention à ne réveiller ni le Prince Noir ni son serpent, il passa sa main sur la joue du Survivant et écarta une mèche de son visage.

- On dirait presque un Griffondor, chuchota-t-il à sa Némésis assoupie. Oh mon Harry comme tu me manques… ajouta-t-il à mi-voix. Nos regards haineux, les crasses que je te faisais en cours de potion, les piques qu'on se lançait.

Malfoy poussa un long soupir. Il y a huit jours, il serait étranglé si on lui avait dit qu'il prononçait ces mots. Pourtant c'était la vérité, son Harry lui manquait. Il avait besoin d'un rival sur lequel se défouler pas d'un « meilleur ami » impulsif et irrationnellement jaloux. Potter poussa un soupir d'aise et Draco retira vivement sa main, effrayé. Mais le brun n'ouvrit pas les yeux et le jeune héritier reprit son activité de lamentation. Sans trop savoir pourquoi, il passa ses doigts dans les cheveux si doux d'Harry et effleura involontairement sa cicatrice.

Et il fut propulsé dans le passé.

Il se trouvait dans une chambre d'enfant, baignée dans l'obscurité. A côté de lui se trouvait un berceau où babillait un petit garçon brun d'environ dix-huit mois. Un petit garçon dont le front était intacte. Une femme fit irruption dans la pièce, l'air affolé, le regard paniqué. Draco comprit avec horreur où et quand il se trouvait. Elle se précipita près de l'enfant et passa sa main sur sa joue à travers les barreaux. D'une voix tremblante la jeune mère se mit à chuchoter des paroles de réconfort à son fils. Un cri résonna dans la maison puis un murmure et ce fut de nouveau le silence.

- Harry, Papa t'aime. Je t'aime aussi Harry. Nous t'aimons plus que tout. Tout ce passeras bien ne t'inquiète pas mon chéri. Mais n'oublie pas, tes parents t'aiment Harry !

La porte de la chambre vola en éclat, l'empêchant de finir son discours. Elle fit volteface et se pétrifia de terreur. L'homme qui venait d'entrer dans la chambre n'était autre que Lord Voldemort. Le mage noir jeta à la femme un regard méprisant.

- Lily Potter… susurra-t-il.

- Je vous en supplie épargnez mon fils ! implora-t-elle

Une expression cruelle se dessina sur le visage du sorcier.

- Non… je le tuerais sous tes yeux.

Et avant qu'elle n'assimile ces paroles, il jeta le sort en direction de l'enfant. Par instinct Lily se jeta devant son fils et prit le sortilège de plein fouet. Elle s'effondra sur le coup et tomba dans un bruit mat. Lily Potter était morte. Voldemort lâcha un rire acerbe avant de se tourner vers l'enfant à nouveau.

- Tes parents t'aiment peut-être Harry Potter, mais ils sont morts et tu le seras tout autant ! Avada Kedavra !

Un jet de lumière verte sortit de la baguette du mage noir et fondit sur l'enfant qui cette fois n'avait plus personne pour le protéger. Draco se serait bien interposé mais il n'avait pas plus de corps que Nick-Quasi-Sans-Tête. Et puis il savait déjà quelle tournure les évènements allaient prendre. Comme il s'y attendait, le sortilège ricocha sur le front du garçon et Harry continua à brailler, le regard fixé sur sa mère « endormie ». Le jet de lumière se retourna contre le Seigneur des Ténèbres et il fut victime de son propre sort. Voldemort s'était fait battre par un gamin d'un an. Et Harry Potter était orphelin.

Draco fut de nouveau happé par l'espace-temps. En moins de cinq minutes il vit la vie d'Harry avec les Dursley défiler sous ses yeux. Elle était aussi horrible si ce n'est pire que celle qu'il avait eu chez les Malfoy. Les images se déroulèrent devant lui jusqu'à cette fameuse cérémonie de leur première année à Poudlard.

- Serpentard ! annonça la voix du Choixpeau

Draco eu l'impression d'entendre un écho de cette même voix criant « Griffondor ». Le petit garçon assis sur le tabouret retira le vieux chapeau de sa tête et s'avança vers la table des Serpentards. Sidéré, Draco regarda ce Harry s'asseoir face à lui-même, âgé de 11 ans. Les deux petits garçons se serrèrent la main et presque aussitôt entamèrent une discussion enflammée. De temps à autres, ils s'indignaient, criaient mais rapidement repartaient comme si de rien était. Draco Malfoy et Harry Potter était amis.

Il fit encore un bond dans le temps.

C'était les vacances d'hiver, Draco rentrait au Manoir Malfoy et, à la demande du professeur Rogue, il emmenait Harry avec lui. Les deux petits garçons étaient ravis mais lorsqu'ils arrivèrent à destination leur air réjoui disparurent. Le Seigneur des Ténèbres les attendait au manoir. Avant que le fils Malfoy ait le temps de parler, Harry était déjà emmené jusqu'aux cachots. On l'y enferma, seul avec le sorcier encore faible. Privé de sa baguette et ligoté à une chaise le Survivant n'avait aucune chance.

- Harry Potter, commença le mage noir. La dernière fois que nous nous sommes vus tu n'avais à peine un an. Regarde ce que tu m'as fait !

- Vous avez tué mes parents ! hurla Harry

- Lily et James Potter n'était que de la vermine, tu devrais me remercier pour le service que je t'ai rendu.

Le garçon ouvrit la bouche pour répliquer mais le sorcier avait sorti sa baguette et l'appuyait contre sa gorge. Harry déglutit difficilement.

- Je vais devoir te tuer Harry Potter, rétablir les choses comme elles auraient dû l'être. C'est dommage, tu pourrais certainement devenir un grand sorcier. Si tu t'allies à moi évidemment.

- Je ne servirais jamais une vermine telle que vous !

- Bien sûr que non tu ne me serviras pas, tu serais mon protégé. Je t'enseignerais la magie noire, ferais de toi mon associé et te traiterais comme mon propre fils.

A chaque mot, il enfonçait la pointe de sa baguette dans le cou du jeune homme, lui faisant mal et l'empêchant peu à peu de respirer.

- Mon père est JAMES POTTER ! Et vous l'avez tué ! Je n'ai rien avoir avec vous !

Le regard du Seigneur des Ténèbres se fit tranchant.

- Bien, tu as fait votre choix je vais donc devoir te tuer.

- Draco ! Au secours !

La voix du petit garçon sonna étrangement aigue, pleine de panique et le cœur de Draco se serra. Il tenta de bouger mais son corps de fantôme refusait d'obéir. Il fallait pourtant qu'il intervienne ! Voldemort lâcha un rire amer et jeta à Harry un regard méprisant.

- Oh non, ne me dis pas que tu prends Draco pour ton ami ?! Tu penses vraiment qu'il s'intéresse à un orphelin comme toi et qui plus est un fils de Sang-de-Bourbe ! Si Draco à supporter ta présence pendant tout ce temps c'était uniquement pour t'amener ici, dans ce cachot, avec moi.

Non. C'était faux. Il ne pouvait pas avoir fait ça. Mais il savait bien que si. Ce devait d'ailleurs être la vérité. Draco Lucius Malfoy était le fils du Mangemort le plus cruel, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il est manipuler un petit Serpentard au cœur des plus Griffondoriens. Dans sa version du monde il était bien prêt à tuer Albus Dumbledore. La question était : l'avait-il fait de plein gré ? Ou son père avait user de stratège pour avoir son obéissance ?

- Vous mentez, répliqua Harry avec un calme surprenant.

- Vraiment ? Donne-moi donc une preuve que Draco est véritablement ton ami.

Le silence qui suivit fut l'un des plus douloureux et Draco se démena comme il pu pour revenir au présent. Peu importe ce qui allait ce passer – et ça n'allait certainement pas être joyeux – il n'avait pas envie d'y assister.

- Typique des Potter, cracha Lord Voldemort. Ils ont l'air si supérieur, si sûrs d'eux mais en vérité il ne savent rien !

La mâchoire du petit garçon se crispa mais il ne dit rien. Les veines de son cou palpitaient dangereusement tandis que Voldemort exerçait sa pression mortelle.

- Je répète mon offre une dernière fois…

- Ce n'est même pas la peine ! le coupa Harry. Plutôt mourir que venir à vos côtés !

Et contre toute attente le Seigneur des Ténèbres ne lança pas de sort mais enfonça son pouce dans la cicatrice du garçon. L'enfant poussa un cri déchirant tandis que celle-ci s'éclaira d'une lueur inquiétante. Un sourire cruel fendit le visage du mage noir tandis que Harry s'époumonait sous la douleur. Ce dernier agrippa le bras de Voldemort, tentant de le faire lâcher prise mais la baguette l'empêchait de bouger et l'homme était trop fort pour lui. Draco voulu fermer les yeux, se recroqueviller, plaquer ses mains contre ses oreilles mais rien de tout cela lui était permis. Avec horreur il constata un liquide noir et épais qui s'échappait de la plaie du petit brun. Il fut véritablement terrifié lorsqu'il vit le corps du garçon prit de tremblement, qui peu à peu se transformèrent en convulsions. Mais quel était ce sort ?! Draco n'avait jamais vu de choses pareilles, même dans son grimoire de magie noire. Jamais de sa vie il n'avait eu si peur pour quelqu'un d'autre que lui. A chaque cri du garçon, il avait l'impression que l'on plantait un couteau dans son oreille. Comment pouvait-on faire de tels horreurs ? Surtout à un enfant si adorable, si innocent ! Comment son père pouvait-il admettre ça ?! Draco éprouva alors un violent dégoût vers tous les Mangemorts qui acceptaient de servir cet homme et était bien trop peureux pour poser des limites à la cruauté. Et il allait bientôt en faire partie…

Des heures passèrent. Bientôt Harry n'eut plus la force d'hurler et le rire de Voldemort recouvrit tout, effaça tous les autres sons possibles. Finalement, le sorcier retira sa main du visage de l'enfant et le considéra avec amusement. Ses yeux peinaient à rester ouverts, il était livide et trempé de sueur, comme sur le point de vomir.

- Je répète ma question. Me rejoins-tu ?

- Ja…mais…

Là ce fut Draco qui fut pris de nausée. Lord Voldemort attaqua de nouveau le garçon et les hurlements reprirent. C'était trop. Il n'en pouvait plus. Il ne voulait plus voir Harry souffrir. Il ne voulait plus entendre Harry crier. Pourtant l'espace-temps ne lui accorda aucun répit, il vit chaque seconde, si bien qu'il fini par ce trouver dans le même état que sa Némésis : hurlant quand Harry hurlait, haletant quand il haletait, partageant ses larmes et sa souffrance. Puis ça se produisit. Quelque chose se brisa en Harry. C'était inévitable et pourtant Draco en eu le souffle coupé. Les cris de l'enfants cessèrent d'un seul coup, comme si on l'avait mis sur 'muet', ou comme s'il était… mort. Puis il s'était mis à rire. Un rire déroutant, qui sonnait faux. Un rire de fou. Harry avait brusquement rouvert les yeux mais ce n'étaient pas les mêmes. Ce n'était pas son regard bienveillant, courageux et rationnel. Ces yeux roulaient dans tous les sens, sans parvenir à fixer quoi que ce soit. Il avait perdu la raison. Un sourire égal à celui de son agresseur perla sur son visage et dit sur un ton atrocement enthousiasme :

- Bonjour Papa !

- Enfin, souffla Voldemort avant de prendre un air satisfait.

- De quoi ?

- Rien Harry, rien. J'ai un cadeau pour toi !

Et sur ce un sifflement si reconnaissable se fit entendre.

Draco fut happé par le temps et propulsé dans le présent. Il revint à lui tandis que Harry s'écriait « Un serpent rien que pour moi ?! Ooooh Papa je l'adore ! ». Il se retrouva assis sur le lit de Potter, sa main sur son front, un atroce sentiment de nausée dans la poitrine. Il n'arrivait plus à respirer, son cœur battait extrêmement fort, les images de cette torture injuste s'étaient imprimés dans son esprit. Il entendait encore l'écho des cris de son « ennemi ». Le jeune blond ne parvenait même plus à poser son regard sur Harry. Il aurait pourtant dû, il aurait alors remarquer que les sourcils du garçon se fronçaient, signe qu'il émergeait du sommeil. Mais c'était déjà trop tard, le brun ouvrait les yeux.

- DRACO ! RETIRE IMMEDIATEMENT TES SALES MAINS DE MOI !

Le blond fit un véritable bond et se leva avec précipitation. Il déglutit avec difficulté, Potter était dans une rage meurtrière et une étincelle de folie brillait dans son regard.

- Attends… je vais t'expliquer !

- TAIS-TOI !

Et sans prévenir Harry lui jeta sa lampe de chevet. Pris au dépourvu Draco ne parvint pas à l'esquiver totalement et se la prit sur le côté de la tête. Il se retrouva parterre sans savoir comment. Mais déjà d'autres projectiles fonçaient en sa direction. Sa baguette était trop loin et Potter avait déjà la sienne. Draco jeta un regard suppliant aux autres Serpentards qui s'éveillaient mais tous avait trop peur du Prince Noir. Ce dernier s'était mis à hurler des menaces, et des insultes, bien plus violentes que toutes celles que Draco connaissait. Pour tout dire, il avait peur. Non ! Il tremblait de peur, lui, Draco Lucius Malfoy !

« Je veux rentrer ! »

Harry lui jeta son oreiller que Draco écarta d'un coup de poing. C'est alors qu'il remarqua Ava qui glissait silencieusement vers lui.

« Oh non… »

Il fut entièrement tétanisé, incapable de faire autre chose que fixer le serpent qui lui rendait son regard. Il fallait qu'il rentre ! Il voulait retrouver sa version du monde, sa vraie vie et surtout son Harry. Il se remémora les paroles de Dumbledore. Il devait trouver une raison sincère.

« Je veux rentrer ! Je veux rentrer ! Je veux rentrer ! C'est sincère ça ! »

Harry continuait d'hurler et Ava était arrivé à son niveau.

« Je déteste ce Harry ! Je déteste ce Harry ! Ca aussi c'est sincère ! C'est l'émotion la plus forte que j'ai ressentis depuis des lustres ! »

Mais pendant qu'il pensait cela, une autre idée se glissa en lui. Certes, la haine était l'émotion la plus forte qu'il est ressenti mais pas le sentiment. Sa gorge se noua et il comprit. Le sourire de Harry lui apparut, il revit ses yeux émeraudes brillants de courage et de détermination, sa façon de prononcer « Malfoy », son uniforme de Griffondor et ses lunettes rondes. Le Harry-Serpentard cria quelque chose qu'il n'entendit pas, bien trop perdu dans ses pensées, et Ava fondit sur lui, crocs sortit. Il ferma les yeux, anticipant le choc. Et c'est alors qu'il formula enfin le sentiment qui le torturait depuis si longtemps :

- J'aime Harry Potter.