UN POTTER POUR MOI UN MALFOY POUR TOI

UN POTTER POUR MOI UN MALFOY POUR TOI

Quatrième Chapitre

De l'importance d'un choix judicieux…

Tout d'abord je suis désolée car je poste avec une semaine de retard, j'espère que vous me pardonnerez.

Que vous dire pour ce chapitre à par que ce ne sera pas le dernier.. oups…J'ai essayé, mais j'avais encore trop de choses à écrire, mon clavier s'est donc un peu emballé…Il y aura donc encore un chapitre mais ce sera le dernier promis.

Draco est très présent dans ce chapitre…

J'espère que vous aimerez la façon dont les événements se déroulent et vous saurez le fin mot de l'histoire dans quinze jours…

….Ne pas s'en prendre à Blaise… surtout ne pas s'en prendre à Blaise…

Si vous avez une remarque n'hésitez pas je répondrais…

Bizz et merci pour tous vos gentils messages...

Et un merci plus particulier à MasterIcesEyes ma béta en or qui prend sur son temps pour corriger mes chapitres avec toujours beaucoup de soin…Bisoux à toi ma belle.

Bonne lecture merci d'être encore là….


POV Draco

Je n'ai aucune vertu.

Aucun honneur.

Et c'est pour ça que j'ai succombé aux chants des sirènes qui depuis quelques temps me tiraillent le ventre pour que je revienne faire une petite visite de courtoisie à mes anciens ex-ennemis.

Je n'ai pas pu m'empêcher de céder à sa demande.

Il a insisté et j'ai obtempéré… trop content je crois.

POV Blaise

Ce qui est drôle c'est que je n'ai presque rien calculé, peut-être ai-je très légèrement profité des événements qui se sont imposés à moi. Mais je savais que ce n'était que provisoire, j'étais conscient qu'il me faudrait laisser mes sentiments de côté et endosser le rôle infiniment valorisant du meilleur ami… Peut-être un brin illusionniste quand même.

J'ai donc rencontré Potter dans son magasin, de façon fortuite selon lui, de façon délibérée selon moi. J'avais appris par le plus grand des hasards où il se trouvait alors que moi même je résidais encore dans la capitale française.

Ce n'était pas vraiment un secret, tout le monde savait où se cachait le Héros du monde sorcier.

Je ne suis pas un saint et je connaissais l'attirance de Draco, il était très épris de lui malgré ses réticences à l'admettre. Il pensait détester Potter alors que son arrogance et son agressivité étaient la forêt dissimulant ses sentiments enfouis.

Mais Draco était en Europe dans cette école d'art où il étudiait, je me suis menti et bercé d'espoir en pensant qu'enfin il avait réussi à combattre son addiction pour le brun.

Et j'ai saisi ma chance bien hypocritement.

Lorsque je l'avais trouvé dans ce couloir en pyjama et pieds nus, l'air fautif d'un gosse qui vient de faire une énorme bêtise. Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite mais je l'ai trouvé attendrissant et j'ai eu envie de l'aider. J'étais déçu que ma brillante tactique n'ai pas fonctionné et soulagé à la fois sans que j'en discerne la véritable raison. J'avais eu envie de manipuler leur vie et ça avait complètement foiré il fallait bien l'admettre. J'en ai tiré une leçon d'importance : ne jamais se prendre pour le Grand Merlin et laisser suivre le cours de choses.

En quittant Poudlard, j'ai passé presque une année à Paris à travailler dans ce qui est là-bas l'équivalent de Gringotts. J'ai aussi largement profité des joies que me proposait la capitale française. Je suis beaucoup sorti, j'ai eu de nombreuses aventures avec de très jolies femmes et des hommes tout aussi charmants, j'étais frivole à l'époque, incapable de résister à un minois craquant.

Puis un jour, ma mère, qui possède à Paris un hôtel particulier hérité d'un de ses nombreux maris, m'a convié à une réception fastueuse comme elle seule sait les organiser. Je suis mondain dans l'âme et les fêtes qu'organise ma chère maman sont toujours pour moi l'assurance de passer une soirée plaisante.

Je passais donc un agréable moment lorsque j'ai entendu derrière mon dos un « bonsoir Blaise » qui m'a plus que surpris.

En me retournant, je vis la charmante et anciennement très énervante Hermione Granger, délicieusement vêtue d'une robe de soirée bleue nuit lui seyant à merveille, me regarder avec malice.

« Granger ? … Hermione… désolé les habitudes ont la vie dure. » Je me suis senti très bête et gêné mais elle éclata de rire et me tendit une main amicale visiblement ravie de me voir.

« Pas de soucis Blaise, je suis vraiment contente de te rencontrer je ne te le cache pas. » Me dit-elle soulagée en regardant aux alentours en soupirant.

« Qu'est-ce que tu fais à Paris en train de visiblement t'ennuyer ferme à une réception organisée par ma chère mère ? »

« C'est le ministère qui m'envoie, je suis détachée à Paris pour six mois et je dois représenter mon patron dans tous les galas de bienfaisance. Une façon de montrer que le ministre ne se désintéresse pas de l'après guerre et de la misère qui en résulte pour certains. Ta mère récolte des fonds pour les orphelins et honnêtement heureusement qu'il y a des gens comme elle prêts à donner de leur temps et de leur argent pour collecter des fonds qui serviront à construire des maisons pour ces pauvres petits. » Elle lança à ma mère, en train de bavarder avec le premier ministre sorcier français, un regard plein d'admiration.

Je me gardais bien de lui exprimer le fond de ma pensée, à savoir que les motivations de ma génitrice étaient certainement beaucoup moins altruistes qu'Hermione ne le pensait.

J'aimais ma mère mais je n'étais pas dupe, elle adorait manipuler les gens et les hommes en particulier, c'était pour elle une sorte de challenge toujours renouvelé. Je pressentais que ce brusque regain d'activités charitables devait être motivé par un quelconque futur ex-mari qu'elle devait tenir dans sa ligne de mire.

Je détaillais la Griffondor et je la trouvais ravissante, c'est curieux lorsque nous étions à Poudlard je n'avais jamais pensé à elle comme à une jolie fille, il est vrai que l'uniforme strict ne la mettait certainement pas en valeur mais je lui trouvais maintenant quelque chose de changé sans savoir exactement quoi.

Pourtant, il lui manquait quelque chose, je regardais derrière elle interrogatif.

Elle se retourna et me demanda.

« Tu as perdu quelqu'un ? »

J'éclatai de rire, un peu embarrassé qu'elle ait capté mon regard.

« Non en réalité je cherchais derrière toi un grand rouquin que tu aurais eu de toute façon bien du mal à cacher. »

Elle rougit de façon très craquante en comprenant de qui je parlais.

« Oh Ron ! Non il a entamé une formation d'Auror et de ce fait il est resté à Londres, mais nous nous voyons tous les week-ends, nous transplanons à tour de rôle et… »

Elle rougit encore plus si c'est possible et me tendit sa main où je vis scintiller une superbe bague de fiançailles, elle était fière comme une gamine qui aurait eu ses jouets de noël en avance. J'admirais poliment le bijou, il ne s'était pas fichu d'elle Weasley, le diamant faisait au moins quatre carats.

« Félicitation, c'est vraiment du sérieux vous deux alors ? »

Elle hocha la tête et je compris ce qui avait changé chez elle, c'est tout l'amour qu'elle partageait avec son futur Auror qui la faisait rayonner de la sorte.

Je lui posais alors par pure curiosité, une question qui me trottait dans la tête depuis

un moment.

« Et Harry ? Il est avec Ronald à l'académie des Aurors ? »

Son visage s'assombrit un peu.

« Non, il n'a pas voulu suivre cette formation, c'est très curieux j'ai l'impression qu'il a envie de se faire le plus discret possible, qu'il aspire juste à une vie tranquille. »

« Ca peut se comprendre tu sais, il a vécu toute son adolescence avec une pression constante, et le rôle de sauveur ne doit pas être facile à assumer, il doit avoir envie qu'on l'oublie un peu. »

Elle grimaça visiblement peu convaincue.

« Quoi ? Il y a un souci avec Potter ? »

Elle rechigne un peu à se confier au serpentard que je suis, puis lâche :

« Je crois qu'il n'a pas évacué tous ses démons mais il ne veut pas nous en parler. Il est toujours égal à lui-même, gentil et gai mais j'ai l'impression que c'est juste pour nous rassurer, parfois je croise son regard et il est trop sombre pour que Harry soit vraiment serein. »

Elle avait l'air sincèrement inquiète pour le brun.

« Tu en as parlé à Ron ? C'est son meilleur ami il pourrait peut-être essayer de savoir ce qui cloche. »

« Non Ron doit se battre aussi avec ses propres douleurs, la perte de Fred a été un événement très dur à surmonter pour lui comme pour le reste de sa famille, il a été déprimé pendant plusieurs mois et il commence seulement à se sentir mieux. Alors je ne veux pas trop l'inquiéter à propos de Harry.»

Je n'ai pas perdu de personne proche pendant la guerre et je me sens très stupide de ne pas avoir pensé que Weasley devait avoir du mal à se remettre de la perte de son frère et Harry souffrir des cauchemars peu plaisants qui envahissaient sa vie.

« Oui j'imagine que ce n'est pas très simple pour eux… »

Je regardais Hermione et plongeait dans son regard grave où je voyais flotter une ombre de tristesse.

Alors j'ajoutai mal à l'aise :

«… Et pour toi ! »

Elle me sourit reconnaissante en serrant affectueusement mon bras. Puis reprit la parole :

« Harry vient d'ouvrir une petite librairie pour enfants sur le chemin de traverse. C'est un endroit merveilleux que beaucoup d'enfants connaissent et apprécient déjà. Lorsque tu rentreras à Londres, tu devrais aller lui dire bonjour à l'occasion je suis certaine qu'il serait ravi de te revoir. »

Je restai étonné par le choix professionnel du survivant.

« Pourquoi une librairie pour les gosses ? J'avais l'impression qu'Harry avait plutôt besoin d'action, de sport, je ne sais pas… je l'aurais plutôt vu joueur de quidditch en fait. »

Elle rit doucement.

« Tu lui demanderas quand tu le verras… » Me dit-elle mutine puis prenant gentiment ma main :

« Assez parlé de Harry, viens plutôt avec moi au buffet je crois que je vais tomber d'inanition. »

Une fois repus, nous n'avons cessé de bavarder et nous nous sommes rappelés cette soirée idiote que j'avais organisée l'année passée, Hermione n'arrêtait pas de rigoler en se rappelant la tête de Draco quand je l'ai nommé pour la grande finale avec Potter.

« Mais à quoi avais-tu pensé Blaise quand tu as mis ce bassin plein de boue au milieu de la grande salle ? En plus une finale Harry/Draco il fallait oser le faire. Je crois que si Draco avait pu t'assassiner pour ça, il n'aurait pas hésité. »

Je ricanais mollement, mes motivations de l'époque me paraissaient bien superficielles et romantiques. L'alcool aidant je m'en ouvris à ma toute nouvelle amie.

« J'avais envie de rapprocher Draco et Harry je crois… »

« Pour quelle raison ? » Demanda-t-elle étonnée.

« Draco était… euh… » J'étais très légèrement embarrassé.

« …attiré par Potter en fait. »

« HEIN ? » Les yeux qu'elle roulait vers moi me dessoûlèrent brusquement et je regrettais mes divagations et mes confidences stupides.

Je me renfrognai et murmurai :

« Oui je sais, c'était un peu … »

Elle secouait vivement la tête faisant voler autour d'elle ses boucles épaisses et me coupant la parole :

« Non attend Blaise ! Tu veux dire que Draco Malfoy était ATTIRE par Harry ? »

Je rougis, flûte je sens qu'elle ne va pas me lâcher de si tôt, j'aurais vraiment mieux fait de la fermer.

« Oui enfin tu sais ce que c'est, je devais un peu… »

« TOUT S'EXPLIQUE ! »

Impossible de finir une phrase avec elle, ça commençait à être pénible quand même. Les mots qu'elle venait de prononcer se frayaient péniblement un chemin dans mon esprit.

« Quoi ? Qu'est-ce qui s'explique ? »

« Mais …tout ! »

Visiblement, elle réfléchissait intensément et ses pensées avaient l'air aussi claires pour elle qu'obscures pour moi.

« Explique-moi alors. »

Elle lève ses yeux vers moi et sourit avec l'air gourmand d'un chat devant une tasse de lait.

« Eh bien, Harry n'a jamais voulu nous parler de ce qui s'est passé cette nuit-là avec Malfoy et ce malgré les exhortations répétées de Ron. Il a rompu avec Ginny environ un mois après prétextant qu'il ne la rendrait jamais heureuse. Et chaque fois qu'il le peut, il nous demande des nouvelles de tous les anciens Serpentards de notre année. Je crois qu'il se pose des questions sur Malfoy et… peut-être que cette nuit là… »

Elle me fixe avec espoir.

Je lui réponds catégoriquement :

« NON ! »

« Hein ? »

« Il ne s'est rien passé. Draco me l'a dit, j'ai rencontré Harry alors qu'il sortait de sa chambre, il venait plus ou moins de le mettre à la porte pour qu'il regagne son dortoir et que Ronald et les autres ne pensent pas qu'ils avaient passé la nuit ensemble. Tu peux me croire Hermione, Harry n'était pas du tout attiré par Dray c'était un amour à sens unique. »

Elle me fixait légèrement ironique.

« Je ne crois pas Blaise, tout s'éclaire pour moi. »

J'insistais un peu lourdement.

« Mais Potter n'est même pas gay ! »

« Peut-être qu'il ne le sait pas encore, je crois qu'un jour il se rendra compte de ce qu'il est au plus profond de lui, et j'espère qu'il l'acceptera. »

Un peu sibylline comme phrase cependant je m'en contentai parce qu'il était fort tard et que la Griffondor éclairait d'un jour nouveau la charmante histoire avortée qui aurait dû être celle du brun et du blond.

Finalement, peut-être que tout n'était pas perdu.

Nous avons fini ensemble cette soirée fort agréable, faisant ressurgir des souvenirs anciens et parfois cocasses de Poudlard sans nous appesantir sur les drames ayant jalonnés notre septième année d'étude et sans plus parler de Potter.

Lorsque je suis revenu à Londres, Draco était en Europe et je me sentais seul, alors je me suis décidé à re-contacter d'anciens amis d'école.

C'est comme ça que par curiosité et peut-être un réel désir de le revoir j'ai atterri dans la librairie de Harry et qu'il m'est apparu encore plus attirant que dans mon souvenir.

Nous sommes sortis ensemble, Harry m'a fait découvrir les coutumes moldues et nous avons développé une de sorte de pseudo amitié amoureuse qui était plutôt satisfaisante pour l'un comme pour l'autre.

Nous alternions les rencontres, une fois chez moi, une fois chez lui. Parfois nous ne nous voyions pas pendant plusieurs semaines sans que cela nous pose un quelconque problème, notre attirance étant presque exclusivement physique. Nous avons gardé notre liberté et nos amis, certains sont devenus des relations communes, d'autres par contre ne se mêlaient jamais à nous lorsque nous étions ensemble et je revoyais certains Serpentards seul alors que Harry fréquentait les Griffondors allergiques à ma maison en dehors de ma présence.

Nous nous sommes accommodés de cette vie plutôt débridée et joyeuse avec facilité et inconscience.

Puis les mois, les années, passant je me suis aperçu de mon côté que mes sentiments se transformaient insidieusement. Je m'en défendais bien sûr, je savais pertinemment que notre relation était vouée à une mort certaine à plus ou moins court terme, mais le cœur à ses raisons n'est-ce pas ? Et le mien lâchement essayait de me convaincre qu'il y avait un embryon de possible dans l'attachement grandissant dans ce petit coin de ma tête, très éloigné de ma lucidité.

Je ne voulais pourtant pas en parler à Harry, j'étais dans un état de confusion qui m'interdisait de le mettre au courant de mes espoirs insensés. Et puis j'essayais de me raisonner en me disant que rien dans son attitude à lui ne me faisait penser qu'il avait envie de plus. Même si j'étais certain qu'il avait compris ce qui me taraudait en secret.

J'en ai eu la confirmation peu de temps après.

Alors que nous devions aller assister à un match de quidditch en compagnie de Ron, Seamus et Théodore Nott, j'arrivai à son petit appartement avec beaucoup d'avance. Je déverrouillai la porte d'un sort, j'avais en effet refusé qu'il me donne un double de ses monstrueuses clés, je suis un sorcier et j'aime en avoir le comportement. J'arrivai donc dans le salon où je jetai négligemment ma veste sur le canapé avant d'aller me préparer le café dont je rêvais depuis des heures.

En arrivant je l'avais prévenu d'un retentissant « C'est moi ! » sans recevoir aucune réponse, mais le bruit de la douche m'avait indiqué sans doute possible où il se trouvait. C'était le jour de son entraînement hebdomadaire et il devait se débarrasser de toute la fatigue et la poussière accumulée pendant ces deux heures de sport qu'il n'aurait manqué pour rien au monde.

Après avoir siroté la boisson brûlante en rêvassant un bon moment, je me suis inquiété de savoir ce qu'il fabriquait dans la salle de bain depuis tout ce temps.

Alors j'ai fait ce truc idiot… je suis allé voir.

Et j'ai instantanément regretté d'avoir pénétré dans la pièce, d'avoir violé son intimité.

D'où je me trouvais, je voyais juste son reflet dans ce miroir et je sus immédiatement que je n'aurais jamais dû enchanter l'objet pour qu'il ne se recouvre jamais de buée.

Il se trouvait dans la douche, l'eau coulait en cascade sur son corps nu et ferme, et il se perdait dans un monde où je n'avais pas ma place.

A ce moment précis, je savais que j'aurais dû partir, rebrousser chemin, fermer les yeux et surtout ne rien entendre, ne rien retenir.

Mais ce fut plus fort que moi, je ne pouvais détacher mon regard de ses jambes fuselées, de son ventre plat, de son visage offert aux larmes de pluie l'inondant. Et surtout j'étais hypnotisé par les gouttelettes scintillantes dont je suivais avidement le chemin.

Elles roulaient doucement sur son front pour descendre le long de son cou gracile, continuaient leur course sur son torse se répandant sur la chair tendre et claire de son ventre puis se perdaient dans la forêt de poils drus et noirs recouvrant son pubis.

Et je déglutis péniblement, la bouche brusquement desséchée en découvrant, toujours plus bas comme un trésor offert à ma vue, le va et viens de sa main sur son membre gonflé qui se dressait victorieux entre ses cuisses.

Il se caressait, le dos appuyé contre le mur carrelé, les yeux clos, son beau visage rejeté en arrière en une expression de douloureuse attente, il était tout bonnement magnifique.

Je restais immobile à le contempler, le souffle court, le cœur battant. L'émotion me tétanisait et je savais que je n'aurais pas dû ressentir avec tant d'acuité qu'il m'échappait à cause de cette banale pratique solitaire à laquelle il s'adonnait.

Je n'étais même plus capable de penser que c'était Harry, mon presque petit ami que j'admirais à ce moment même.

Je me sentais juste de trop, j'avais la bizarre impression que je l'espionnais, que je jouais au voyeur sans pour autant être capable de faire les quelques pas qui m'auraient permis de sortir de la pièce et de ne pas entendre ce qui allait suivre.

Ses halètements devenaient précipités à l'instar de ses doigts qui glissaient de plus en plus rapidement sur la chair soyeuse de son pénis que je connaissais si bien. Son bassin accompagnait ses mouvements et son autre bras était enroulé autours de son torse en une protection bien dérisoire, il avait l'air fragile et désespéré, et ses cris rauques me bouleversèrent alors que je reconnaissais le moment où il allait enfin venir et se noyer dans l'ultime jouissance.

Brusquement je vis chaque parcelle de son corps trembler, ses cuisses et son ventre frémissaient des vagues de plaisir qui montaient en lui et allaient l'emporter.

Ses lèvres ouvertes en un cri muet, ses paupières closes se crispant dans l'extase, Il resserra son étreinte sur sa virilité et sa semence nacrée jaillit par saccade maculant le carrelage bleu avant d'être emporté par l'eau purificatrice, nettoyant sur son passage les preuves de son orgasme.

Il glissa doucement le long du mur, le regard vague, et l'air tellement comblé que j'en eus les larmes aux yeux.

Parce qu'au moment ultime, quand son corps s'est rendu et que son visage éperdu de plaisir s'est tendu en une prière muette… il avait crié… « Draco ! »

POV Draco

Une fois mes études terminées, je suis allé m'enfermer au manoir quelques semaines. Je pensais profiter enfin d'une solitude que j'appelais de mes vœux lorsque j'étais à l'école. Il en fut tout autrement. J'ai erré dans la demeure de mes ancêtres sans savoir ce que j'y cherchais, peut-être une quiétude qui m'aurait rappelé mon enfance, une sérénité qui me manquait.

Ce que j'ai trouvé en parcourant de long en large les couloirs et les salles richement meublés c'est la solitude et la désespérance. J'ai compris alors que l'âme de la maison c'était mes parents. Maintenant qu'ils n'étaient plus là le manoir n'était que murs froids et pièces abandonnées, une coquille vide où je ne me sentais plus chez moi.

En réalité, j'ai compris que je n'avais plus de chez moi. Malgré les visites occasionnelles de Blaise j'avais une envie viscérale de quitter l'Angleterre, il fallait que je change de décor. Alors j'ai fui en Europe, je me suis inscrit à Florence dans un cours d'art que je désirais suivre depuis longtemps. J'y ai passé deux ans à apprendre la peinture, la sculpture et l'histoire de l'art contemporain. J'en suis sorti diplômé et je me débrouillais plutôt pas mal.

Mais je suis un sorcier et je désirais également apprendre les techniques de magie qui ensorcelaient les peintures et leur permettaient de prendre vie. Je suis donc rentré en la perfide Albion et j'ai été admis à l'académie picturale de Coventry. Une aile du château de Warwick ayant été mise à la disposition d'un richissime sorcier aimant les arts, il y avait ouvert un très sélect cours qui n'acceptait en son sein que huit élèves en tout auxquels il enseignait les sorts d'enchantements des toiles pour qu'enfin nos peintures soient animées. J'y suis resté une année. Maintenant je possède la faculté d'envoûter n'importe quel rouleau de toile et châssis pour que les pigmentations de mes peintures se mettent à danser et bouger en fonction du sujet que je peins.

Plusieurs mois d'entraînements assidus ont été utiles pour arriver à un résultat satisfaisant, le pauvre phénix peint sur la première toile à laquelle j'avais envoyé le sortilège de mouvance ne faisait que se cogner la tête dans le chêne représenté au second plan du dessin. Il m'a fallu beaucoup de travail et les encouragements discrets de Fabio mon professeur pour que je ne perde pas patience et que je réussisse à maîtriser cette technique ancestrale.

Fort de mes nouveaux acquis, j'ai regagné au manoir où j'ai mis en pratique mes talents artistiques. J'ai peint de nombreuses toiles sur un tas de sujets qui me tenaient à cœur, et je me suis fait plaisir en peignant des tableaux très personnels que je ne montrerais à personne.

Je commence à être un peu connu dans le milieu de l'art londonien et je vais inaugurer ma première exposition dans six semaines. Malgré les apparences je suis extrêmement nerveux car moi qui suis habituellement si arrogant et farouchement attaché à mon indépendance, je crains l'opinion des gens à propos de mon travail.

Quand mes délires artistiques ne m'ont plus suffit, la solitude a commencé à sérieusement me peser et j'ai voulu revoir mes anciens amis, particulièrement Pansy et Blaise.

Il y a quelques mois, j'ai donc invité Blaise à venir au manoir, il y avait plus de trois ans que nous nous étions perdus de vue. Pourtant mon amitié pour lui ne s'est jamais démentie et j'étais vraiment heureux de le voir réintégrer ma vie.

J'avais mûri je crois et éloigné de mon esprit certains événements qui m'avaient perturbés.

Nous nous sommes donc fréquentés régulièrement à partir de cette période, nous sortions dans Londres, faisions la fête chez des amis communs, il m'a fait connaître certaine joies technologiques qui n'existent pas chez les sorciers comme le cinéma, le téléphone cellulaire et surtout les consoles de jeux qui nous ont valu des nuits faites d'insomnie et de fous rires.

C'est impressionnant comme Blaise qui vénérait presque autant que moi les sangs purs est maintenant accrocs aux sangs mêlés et autres moldus, je n'arrivais pas m'expliquer cette nouvelle personnalité qu'il affichait sans vergogne.

Mais comment pourrais-je le connaître aussi bien qu'avant alors que nous avions vécu pendant trois ans éloigné l'un de l'autre.

Il devait me trouver bien différent moi aussi… enfin je le supposais.

Je n'ai découvert sa relation avec Potter qu'il y a peu de temps et par le plus pur des hasards.

J'avais essayé avec constance d'oublier Harry, les sentiments qui m'envahissaient lorsque j'étais en sa présence, les réactions exagérées de mon corps face au sien. Pourtant, malgré une volonté farouche et de nombreuses aventures avec des garçons charmants, je n'arrivais pas à le sortir totalement de mon esprit. Un rien me ramenait à lui, un détail fugace et je ressentais sa présence, des mèches brunes emmêlées, une pierre de jade brillant dans vitrine d'une bijouterie, et par-dessus tout une odeur savoureuse, un parfum léger qui me fait me retourner l'air hagard chaque fois que j'en sens les effluves éphémères flotter autours de moi. Mon orgueil démesuré était blessé par ce que j'estimais être une faiblesse dont j'aurais du me débarrasser.

Ce jour là, je me promenais sur le chemin de traverse à la recherche de nouveaux pinceaux lorsqu'à travers la vitre d'un pub je les ai aperçus, attablés, en train de siroter un café. J'eus un mouvement pour les rejoindre et revoir Potter qui perturbait à son insu ma santé mentale depuis trop longtemps.

C'est alors que Blaise a fait ce geste furtif et innocent, il a pris la main de Potter dans la sienne et a entrelacé leurs doigts. Une violente douleur m'a vrillé le cœur et l'estomac, j'ai rejoint le manoir avant de vomir au milieu de la rue devant les badauds ébahis.

Blaise mon meilleur ami.

Lorsque je l'ai revu, la colère et la jalousie qui me minaient n'avaient pas faiblies alors je lui ai demandé avec franchise pourquoi.

Blaise me fixait impassible.

Je marchais nerveusement de long en large en me parlant à moi-même sans le regarder, sans véritablement m'adresser à lui.

« Tu savais pourtant ce que j'éprouvais pour lui, tu as compris le premier ce qui me tourmentait pendant ces monstrueuses années passées à le haïr farouchement quand nous étions à Poudlard. Tu savais que te voir avec lui me blesserait et pourtant à cet instant tu me fixes avec cet air de me défier, cet air farouche qui fait de moi ton ennemi, ton rival…Expliques-moi ce qui t'a poussé à faire de Potter ton petit ami ? Et pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tu… tu m'as trahi ! »

J'étais en colère et mes mots dépassaient un peu ce que je ressentais.

Si j'avais été honnête avec moi-même je me serais dit pourtant qu'il en avait le droit, que je n'avais jamais apposé mon sceau sur la peau d'Harry et que ce dernier n'était rien pour moi.

Blaise a fini par me regarder avec un sourire triste et il n'a répondu à aucune de mes questions se contentant de me tapoter le bras en murmurant un énigmatique.

« Tout va s'arranger Dray… »

Ensuite, il y eut ce fameux week-end où nous avons parlé plus que de raison et où il m'a demandé de venir assister à cette joute sportive.

Après deux jours passés à flâner au manoir, il a eu l'air d'avoir une brusque illumination et m'a supplié de venir retrouver tous les anciens de Poudlard à l'occasion de la coupe de quidditch Fred Weasley, prétextant qu'il fallait enterrer la Hache de Guerre, que nous étions tous devenus des adultes et que les autres seraient heureux de me revoir, ce dont je doutais tout de même un peu.

Mais j'avais une envie plus forte que ma raison de le revoir Lui.

Malgré ce que je savais sur eux deux.

Alors je suis là et je souris avec ironie en pensant à tout ce gâchis.

Quand j'ai vu Harry se tenir près de Blaise tout à l'heure. J'ai su que c'était une erreur pour nous deux que je sois venu, au moment même où mon ami m'a foudroyé d'un regard dur qui m'a été aussi douloureux qu'un coup de poing dans l'estomac. Malgré cette envie viscérale que je ressentais de voir Potter, de lui parler, je pense à présent que j'ai peut-être eu tort.

Et ils me regardent tous de travers en se demandant ce que je viens faire là.

Pour reprendre une certaine contenance, je m'avance vers Harry et lui tend la main en signe de reddition.

« Félicitation, tu es toujours aussi doué pour le quidditch. »

Il me rend mon accolade en souriant et malgré moi je plonge et me noie dans ce visage serein qui me regarde avec bienveillance.

« Merci ! C'est la première fois que tu viens. Tu as assisté à l'intégralité du match ?»

« Oui, il m'en a rappelé d'autres où tout nous opposait »

Des fossettes se forment au creux de ses joues en repensant à nos anciennes rivalités sportives.

Ne jamais me laisser attendrir c'est ma devise, elle est balayée par son sourire de gosse insoumis qui me fait fondre en dehors de tout ce que je peux faire ou penser en réalité.

« Tu m'en as fait baver. »

J'éclate de rire.

« Tu gagnais à chaque fois ! »

Une fossette se creuse aussi sur son menton sur laquelle je passerais bien le bout de ma langue.

Eh mon petit Draco tu débloques là ! Surtout ne pas regarder Potter comme une délicieuse friandise, c'est Blaise qui employait ce terme n'est-ce pas ?

« Malfoy ? »

« Hein ? »

Flûte ! Il a dû me parler mais je n'ai rien entendu de ses propos.

« Je te demande ce qui t'as décidé à venir nous rejoindre ? »

« En fait on m'a invité expressément à assister au match alors je suis venu, c'est une sorte de thérapie pour moi de vous revoir tous et de vous supporter surtout ! » J'ajoute ironique.

Il me lance un regard outré qui me fait éclater de rire.

« Ferme ta bouche Potter on croirait un strangulot ! »

Il ferme instinctivement son clapet et me foudroie enfin du regard. Je suis de nouveau en terrain connu, ça me rassure.

Des rires fusent autour de nous et l'atmosphère s'allège brusquement, qu'est-ce qu'ils croyaient tous ces Griffondors que nous allions nous jeter à gorge l'un de l'autre ?

Nous sommes des grandes personnes et je ne suis plus un Mangemort, ce temps là est révolu.

Ils s'approchent tous pour me serrer la main et me parler, c'est plus de contacts que je n'en ai eus avec eux en huit années d'étude, pourtant je ne leur en veux pas, les circonstances étant ce qu'elles étaient je peux même les comprendre.

Mais je n'irais tout de même pas jusqu'à les aimer.

Blaise est immobile et pensif.

Lorsque les bavardages cessent, ils m'invitent à aller prendre un verre avec eux au pub du coin pour fêter leur victoire ou leur défaite c'est selon. J'opine du chef sans pouvoir quitter Potter des yeux alors que lui m'ignore royalement, perdu dans une grande discussion à propos d'une nouvelle feinte au quidditch inventée par la sœur de la belette.

Nous nous entassons tous dans le bar pour boire et deviser gaiement. La plupart d'entre eux ne m'avaient pas revu depuis plusieurs années et les questions jaillissent, sur mon travail, mon expo à venir, pour ça Blaise devra m'expliquer comment ils sont au courant. Je suis submergé par leur intérêt soudain et je réponds distraitement en essayant de ne pas focaliser mon attention sur un certain petit brun qui fait de nouveau ressentir à mon corps des émotions inédites.

Devant cette joyeuse assemblée d'anciens des quatre maisons, je me crois revenus au temps de Poudlard.

Je dois être un vrai masochiste, ou simplement trop influençable.

Weasley-la-belette s'approche du bar et monte dessus pour faire le petit laïus conventionnel avant de remettre la coupe aux gagnants. Sa baguette dirigée vers son cou fait office de haut parleur.

« Je suis heureux aujourd'hui de vous voir tous aussi nombreux pour cette rencontre de quidditch qui nous réunis tous en dépit du fait que nos vies respectives nous aient éloignés les uns des autres. »

Par Salazar heureusement ! Une vie entière à Poudlard équivaudrait à l'enfer sur terre, j'ai beau commencer à les supporter, faudrait quand même pas en abuser !

« Comme vous le savez cette coupe porte le nom de celui de mes frères jumeaux qui a disparu pendant la guerre, je ne vais pas vous rappeler qui était Fred, vous le connaissiez tous. Mais par Merlin je me plais à penser que peu importe le monde parallèle où il se trouve, s'il nous voit il doit se réjouir que nous soyons tous réunis »

Fichtre, j'entends des reniflements dans mon dos et j'espère qu'ils ne vont pas tous se mettre à gémir.

Continue le roux sinon on est encore là ce soir avec nos mouchoirs à la main.

« Maintenant, avant de lui remettre la coupe, je voudrais vous parler du capitaine de l'équipe gagnante. »

Il se tourne vers l'endroit où se tient Potty.

« Harry mon vieux désolé mais Seamus, Neville, Dean et moi on avait envie de te rendre un petit hommage cette année. »

Enfin ça commence à devenir amusant, vu la tête que tire ledit Harry, je sens qu'il est heureux d'un énième témoignage à son égard. Sur la scène, les quatre compères se gondolent, m'est avis qu'ils ont déjà dû fêter la gloire de leur capitaine avant le début des réjouissances vu leurs yeux légèrement avinés.

« Nous te connaissons depuis nos onze ans, la moitié de notre vie, presque une naissance en fait… tu étais petit, maigrichon, pas très beau il faut bien le dire… »

Pas du tout d'accord Weasley, il a toujours irradié d'une beauté qui n'appartient qu'à lui.

Sous les regards insistants de Zabini, je rougis violement car je m'aperçois que je secoue la tête en un signe de dénégation qui s'accorde à ma pensée. Je baisse furtivement les yeux en espérant qu'il m'oublie.

« A cause de ton amour pour les activités physiques un brin originales, tu as eu au cours de ta scolarité quelques problèmes de santé qui t'ont valu un stock de friandises toujours renouvelé à l'occasion de tes nombreux séjours dans l'antre de Madame Pomfresh pour faire repousser tes os et rafistoler diverses parties de ta personne. Merci d'avoir toujours partagé avec tes copains ! »

Rire gras des copains qui sont maintenant rouge carmin.

« Tu as, pour notre plus grande joie, arboré avec constance une coiffure des plus anti-conventionnelle, un look savamment recherché puisque grâce à tes soins attentifs, tes cheveux donnent l'impression de n'avoir jamais connus un peigne de leur vie. »

Potter commence à se détendre et il rigole de concert avec les autres au discours pompeux et stupide que lui assène son copain.

« Grand sportif devant Merlin, tu brilles au quidditch depuis ton plus jeune âge, mais également dans des disciplines plus confidentielles comme le dégommage de types louches et mégalos, et pour ça, tu nous as d'ailleurs gentiment conviés à te donner un petit coup de main. Toujours ton grand sens du partage…»

L'humour pour oublier l'horreur, je ne savais pas Weasley philosophe.

«Malgré un certain dilettantisme et grâce à notre soutien inaltérable tu as réussi à obtenir tes aspics. Nous pensions tous que tu suivrais une formation d'Auror qui te mènerait encore au sommet et ma mère… Bonjour maman ! »

Il fait un petit signe de la main à sa mère qui hausse les épaules l'air désespéré.

« Ma mère donc disait à qui voulait l'entendre que son petit Harry deviendrait le meilleur des Aurors. Pourtant après six mois de stage intensif tu es rentré à Londres où tu as ouvert sans donner aucune explication, mais non sans une certaine inquiétude de notre part, une librairie qui je dois le dire est vite devenu le magasin fétiche de toutes les mères de famille venues faire quelques emplettes sur le chemin de traverse. Grâce à toi, elles bénéficient en effet d'une garderie gratuite et elles ne se gênent pas pour te confier leurs progénitures pendant des heures pour vaquer tranquillement à leurs occupations.

Je ne suis pas certain que ce boulot sédentaire soit idéal pour garder comme certains d'entre nous une forme olympique, des abdos en acier et un corps de rêve mais comme dans ce domaine tu ne peux que t'améliorer, nous respectons ton choix professionnel. »

Tous nos anciens co-étudiants se marrent bruyamment au discours dithyrambique du rouquin.

« Je ne te connais aucun gros défaut à part peut-être par souci de ressemblance avec mon illustre personne, la gourmandise, à ce propos c'était bien toi qui avais mangé les dix paquets de chocogrenouille que Malfoy a cherchés partout en quatrième année et qu'il m'a accusé d'avoir dérobés ? »

Le brun hoche la tête et se permets d'ajouter hilare.

« Tu en as mangé les trois quarts Ron ! »

Je le savais !

L'air innocent de Potter ne m'a jamais trompé il me doit dix paquets de chocogrenouille. Je prendrais le temps qu'il faudra mais il paiera.

Autour de moi tout le monde se moque gentiment et je prends un air détaché.

Il ne perd rien pour attendre !

« Je passerais sur tes passions aussi brèves qu'étranges, comme cette guitare que tu t'es procuré lors d'un après-midi de shopping délirant dans le Londres moldu et dont l'utilité, à part nous casser les pieds plusieurs semaines d'affilé nous semble encore assez obscure hein Seam ?

Je ne me permettrais jamais de te rappeler les aventures et les relations que tu as accumulées car cela ne nous regarde pas, je passerais donc sous silence ton dépucelage par la grande Mary, et également l'histoire du string de la Saint Valentin parce que tu n'aimerais certainement pas que je dévoile ce genre de détails ici. »

Le roux doit être complètement ivre cette fois. Finigan et Thomas s'étranglent de rire.

Commence à m'énerver un peu cette rétrospective. Quant à Potter son visage commence à arborer une délicate teinte écarlate des plus seyantes.

« Tout ça pour te dire mon cher Harry que nous sommes heureux de te connaître si bien, heureux que tu fasses partie de nos vie depuis toutes ces années, et franchement soulagé que ce soit encore toi qui te coltine cette monstrueuse coupe qu'aucun d'entre nous ne voudrait supporter pendant un an sur sa cheminée. »

Sur ces paroles Weasley saute de son perchoir, étreint avec une émotion non feinte Potter dans ses bras en lui murmurant quelque chose à l'oreille, puis lui tend une énorme coupe dorée où est inscrite la date de ce jour. Je suis jaloux de leur intimité même si je sais que ce n'est pas celle que j'aimerais partager avec lui.

Je vois bien à l'expression du brun qu'il est ému par ces témoignages d'amitié sincère.

Voilà, Potter est fêté comme il se doit et tout le monde se congratule dans la bonne humeur. J'ai une vague nausée qui me submerge, je dois m'être égaré dans un rassemblement de Poufsouffle et ça m'écoeure un peu. Je sirote mon troisième whisky en compagnie d'un Blaise qui semble d'humeur aussi maussade que moi. Je me demande comment j'ai pu espérer un seul instant pouvoir discuter avec ce fichu survivant dans cette assemblée de fans gémissant sa gloire.

La chaleur du pub et l'alcool que j'ingurgite me mettent dans un doux état de béatitude qui m'évite d'entendre toutes les plaisanteries vaseuses des garçons éméchés qui m'entourent.

Quand Blaise se penche sur moi je sursaute car je ne l'avais pas vu approcher.

« J'aimerais te parler à présent Draco. »

Il a l'air plutôt sobre et son ton est cassant, il ne s'en rend même pas compte. Blaise est presque un frère pour moi qui était un enfant unique, il était mon double, mon alter ego et maintenant j'ai l'impression que je me trouve devant un étranger.

Je lui renvois son regard glacial, enfin j'essaie.

« Tout de suite ? »

Il hoche la tête et signifie aux autres que nous les rejoindrons plus tard. Nous sortons du pub dans la lumière crue de cette fin d'après-midi et je me demande bien ce qu'il me veut.

Une fois que nous sommes dehors et seuls je lui trouve un air déterminé presque sauvage.

« Finalement tu es venu Draco. »

Son agressivité est palpable et je ne comprends rien à son étonnement.

Je décide de le taquiner un peu.

« Oui et je suis content de voir Potty, nos petites disputes me manquent cruellement. »

Ses mâchoires se crispent et je sens que je ne vais pas aimer ce qu'il va me dire.

« Tu vois Dray, pour moi Harry… »

Je me rembrunis malgré moi. Il respire difficilement et son teint est devenu gris.

« Blaise tu te sens bien ? »

Il secoue la tête, et peine à me regarder, j'ai l'impression qu'il flanche brusquement et toute l'amitié que j'éprouve pour lui ressurgit dans la seconde.

« Blaise ? Qu'est-ce qui se passe ? »

Il lève enfin le visage vers moi et il a l'air ravagé.

« Laisse le Dray… »

Là, je suis largué.

« Laisse-moi quelques minutes, j'essaie de comprendre. Pourquoi m'as-tu dit de venir alors ? »

« J'ai changé d'avis. »

« Pourquoi ? »

Je commence seulement à comprendre en voyant son air douloureux, sa colère contre moi, pourquoi brusquement il me regarde comme si j'étais son pire adversaire.

« Tu es amoureux de… ? »

Il ne répond pas et moi je retiens un rire nerveux.

« Blaise c'est toi qui te fichais de moi pendant notre huitième année parce que soi-disant je parlais de lui la nuit ? Toi, qui me poussais dans ses bras lors de cette fameuse fête que je te soupçonne de n'avoir organisée que pour ça. Toi qui espérais que ce soir là lui et moi pourrions nous découvrir. »

Il soupire et s'assoit sur le rebord d'un petit mur de pierre, il a l'air épuisé et perdu.

Je m'installe à ses côtés.

« Je sais Dray, je pensais que vous étiez faits l'un pour l'autre même si Harry n'en n'avait aucune idée et puis je sais que je me suis rapproché de lui pour de mauvaises raisons et… »

Il rit tristement en me fixant.

« …Le charme de ce type est insurmontable pas vrai ? »

Je rigole à mon tour, la situation étant finalement complètement absurde.

« On a vraiment l'air de deux cons non ? Amoureux d'un griffy dont nous avons pourri la vie pendant sept ans. On fait quoi ? Sachant que tu as un sacré avantage sur moi puisque tu couches avec lui. »

Il hausse les sourcils l'air perdu.

« On fait quoi ? J'en sais rien en réalité. »

Une silhouette surgit de nul part nous cache brusquement le soleil.

« Peut-être que vous auriez pu me jouer au poker ou mieux au Witch Pursuit ça nous aurait rappelé de bons souvenirs non ? »

La voix venimeuse de Potter claque dans l'air tiède de l'été. Il vient de nous rejoindre et de couper notre conversation.

Nous le regardons interloqués. Il sort d'où lui ?

Il se place devant nous, ses yeux lançant des éclairs de fureur. Il sert les poings et son visage crispé n'a plus rien de sympathique. C'est un homme en colère qui nous fait face et je crois que nous allons passer un sale quart d'heure.

La première vague de colère est pour Blaise le bienheureux. Il se plante devant lui et crache.

« Tu me déçois tellement Blaise, tu t'es fichu de moi depuis le début ? Ou tu t'es juste dit, je vais voir si Potter est un bon coup pour mon copain Draco et je pourrais lui faire un petit compte rendu. »

Blaise a dangereusement pâlit. Il se relève et tend ses mains devant lui en signe d'apaisement.

« Harry non…Tu n'as rien compris… Ecoute… »

« TAIS-TOI ! J'EN AI SUFFISAMENT ENTENDU ! POURQUOI TU L'AS FAIT VENIR ? POUR UNE PASSATION DE POUVOIR ? »

Il reprend, la respiration hachée.

« TU AURAIS PU JUSTE LUI DIRE…J'EN AI MARRE VIEUX, SERS-TOI ! »

Il fait les cent pas rageusement, les poings tellement serrés que les jointures de ses doigts blanchissent dangereusement.

« Je sais que notre relation n'avait rien de très sérieux, ni d'officiel mais je pensais qu'on se respectait mutuellement et visiblement ce n'était pas le cas. Si tu en avais assez de moi tu pouvais simplement me l'expliquer, mais ça c'est tellement… »

Il cherche ses mots, tremblant de colère.

« Moche ! Tu te rends comptes que j'ai l'impression d'être revenu à Poudlard lorsque je devais me méfier de vous et de vos manigances ! »

Il secoue la tête et lâche désabusé.

« Finalement rien n'a changé… Jamais ! Vous n'êtes que des… Serpentards vicieux. »

Il respire difficilement, semble sur le point de nous frapper. Sa rage décuple en regardant le petit mur où je suis toujours assis.

« ET TOI ! »

Mon tour est arrivé plus vite que prévu, pas de jaloux, chacun son tour comme à confesse.

Je ne bronche pas, reste muet, ne surtout pas exciter le fauve, en outre son petit numéro ne m'impressionne guère.

« MALFOY ET SES COMBINES ! TU CROIS TOUJOURS QUE TU PEUX OBTENIR TOUT CE QUE TU DESIRES ? POURQUOI TU ES VENU ? RENTRE CHEZ TOI MALFOY ! NOUS N'AVONS PAS BESOIN DE TON ARROGANCE DE GOSSE DE RICHE DANS LES PARAGES ! »

Bizarrement, la fin de sa phrase résonne avec agressivité à mes oreilles et m'énerve très légèrement. Contrairement à Blaise qui semble sonné, je me lève avec lenteur et m'approche du brun qui visiblement a un impérieux désir de se jeter sur moi.

« Tu arrêtes ça tout de suite Potty ! »

Je lui parle à voix basse avec une lenteur calculée, je ne veux pas me laisser aller à des débordements que je vais regretter. C'est sans prendre en compte le garçon furax qui s'avance vers moi les poings fermement serrés ayant manifestement envie d'en découdre.

Il pointe un index bagarreur sur mon torse qu'il martèle de petits coups secs.

Et je n'aime pas ça du tout.

« Tu te permets de me donner des conseils Malfoy ? » Rugit-il.

Je brandis ma baguette avant même qu'il ait pu lever un petit doigt et la lui enfonce dans la gorge.

Je grogne.

« Tu te calmes ou je te lance un petrificus ? »

Son corps se raidit de surprise et il me lance un regard mauvais.

Il avance d'un pas, enfonçant plus profondément le morceau de bois dans la chair tendre, il me provoque, veut voir jusqu'où je pourrais aller. Je vois une marque rouge s'étendre sur sa peau et j'ai l'impulsion de retirer mon artefact qui le blesse, mais je me retiens, je ne dois pas me montrer faible, alors je ne bouge pas, l'incitant à reculer de lui-même. Ce qu'il ne fait pas. Je pense que cet imbécile est capable de s'empaler tout vif sur ma baguette pour montrer qu'il ne me cédera pas un pouce de terrain.

Foutu Griffondor armé de courage et de stupidité.

Je cherche rapidement comment me sortir de cette impasse en fixant les yeux furieux qui me lanceraient bien un avada s'ils le pouvaient.

Si j'embroche Potter mes retrouvailles amicales avec le tout Poudlard vont s'en trouver considérablement amoindries. L'absurdité de la situation me saute aux yeux et une furieuse envie de rire commence à m'envahir. Ce n'est pas le cas de l'énergumène qui est planté au bout du morceau de bois attendant un mouvement de recul de ma part.

Alors je fais la seule chose qui me passe par la tête à ce moment là, je laisse choir ma baguette sur le sol, l'empoigne durement dans mes bras et plaque ma bouche affamée sur la sienne que je torture pour qu'elle se rende enfin sous mes assauts. Il essaie de reculer, de se défendre, de me repousser, il voudrait protester mais je le maintiens avec force pendant que je force le barrage de ses lèvres tendres.

Je sens soudain un amollissement de son corps qui se presse contre le mien, sa bouche s'entrouvre et me laisse découvrir cet antre que j'investis avec délice. Je le savoure, mordille sa lèvre inférieure avec fougue, enroule voluptueusement ma langue autour de la sienne, l'aspire, la suçote, nos dents s'entrechoquent par la violence de la caresse, il ne bouge pas, semble apprécier le supplice puis finit par laisser échapper un petit gémissement qui me ravit.

J'accepte de me détacher lentement de lui sans le quitter des yeux et je le vois tétanisé, les lèvres rouges de mes assauts, les yeux étincelants de désir. Et l'air tellement paumé que je ne sais si je dois regretter mon élan stupide ou m'en féliciter. J'aimerais lui expliquer mais il faudrait que je remonte si loin que moi-même je ne suis pas certain de maîtriser l'imbroglio de mes sentiments.

Je me lance pourtant :

« Harry écoute… »

« Blaise est parti ! » Murmure-t-il en me dévisageant hagard, le doigt pointé vers le muret de pierre.

« Hein ? »

Je regarde derrière moi là où Zabini se trouvait il y a un instant, il n'y a plus personne.

« Merde Blaise ! Il a dû transplaner ! »

« Parce que tu m'as… » Il hésite un instant.

«… embrassé. »

La phrase sonne comme une accusation et je me culpabilise pour mon comportement impulsif.

Potter me fixe, le visage dévasté d'angoisse.

Les reproches dont sont chargés ses yeux poignards m'assassinent. Il recule lentement comme si j'étais un dangereux criminel dont il doit se sauver.

« Harry, attends je dois tout t'expliquer avant… »

Sa tête tourne de gauche à droite en signe de dénégation et il souffle les yeux trop brillants.

« C'est… trop tard… »

Je n'ai pas le temps de lui demander ce qui est trop tard qu'il transplane et me laisse seul comme un idiot avec ma fierté qui me reste comme un dernier rempart à ma solitude.