Auteur : Nat, qui réapparaît après X temps d'absence en ajustant son auréole…
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent tous au professeur Tolkien, et cette histoire est dédiée à Thalimnie qui me l'a demandée.
Warning : Aucun en particulier, pour une fois. C'est mignon (enfin, normalement), c'est idiot (ça, j'en suis sûre), ça n'a pas de sens (ça aussi, j'en suis sûre) et c'est en cinq chapitres déjà tous rédigés. Que dire de plus ?
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La première neige
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Moins d'une heure plus tard, des éclats de rire résonnaient dans les couloirs du château tandis que les quatre enfants couraient en tous sens. Le jeune Erestor galopait après eux, les bras chargés de capes, de bonnets, de manteaux et d'écharpes. L'adolescent parvint à les rattraper en empruntant un raccourci et intercepta Elros juste avant que celui-ci ne se précipitât dans la cour.
« Halte-là, jeune homme ! Croyais-tu vraiment pouvoir sortir ainsi vêtu ? Mets ton manteau immédiatement ! »
Ignorant les récriminations du garnement, Erestor partagea son chargement entre les enfants.
« Toi aussi, Elrond. Si tu venais à prendre froid dès le premier jour de l'hiver, dame Galadriel aurait ma peau en guise de descente de lit. Celebrían, voici ta cape. Veux-tu aussi ton cache oreille de fourrure ?
-Oui, s'il-te-plaît, il est si joli !
-Thranduil, ta ca… Qu'as-tu fait de l'écharpe que je t'ai donnée il y a dix minutes ?
-…Je l'ai perdue !
-Eh bien, retrouve-la ou je ne te laisse pas sortir. Je préfère encore avoir à faire avec une Galadriel irritée qu'avec un Oropher en colère. »
Thranduil bougonna quelque chose dans un dialecte inconnu des autres et s'éloigna en traînant les pieds et sa poupée-nain derrière lui. Erestor la vit et lui cria après :
« Et vas remettre cette cho… euh, poupée dans ton lit ! La neige, ce n'est pas fait pour les nains de compagnie. Imagine un peu que tu le laisses traîner dehors ? Il sera trempé !
-Et il va tomber malade ? Questionna de loin le bambin.
-C'est cela, oui. Vas le ranger, dépêche-toi.
-Tout de même, lança Elros en achevant de boutonner son manteau, quelle chance que Gil nous ait permis de pouvoir jouer dehors toute la journée !
-Pas toute la journée, lui rappela Elrond. Il faut rentrer pour le repas. Et nous avons notre leçon de diction après le goûter cet après-midi, puis celle de langues étrangères.
-Oh, cette leçon de diction… Gémit Celebrían en se couvrant les oreilles de son cache de fourrure.
-Tais-toi donc, Elie, tu vas gâcher nos jeux. A Morgoth la diction ! Clama Elros. Et à Mandos les langues étrangères, vive la neige ! »
Et, avant qu'Erestor puisse l'arrêter, le garçonnet se précipita dans la cour recouverte d'une épaisse couche de neige. Il s'y laissa tomber en éclatant de rire, provoquant une exclamation outrée de la part de l'adolescent aux cheveux noirs.
« Elros, tu pourrais attendre le retour de Thranduil !
-Je suis là, 'Restor. Fit une petite voix derrière le groupe d'elfes. Regarde ! »
Le jeune garçon se retourna et se trouva nez à nez avec Thranduil et sa poupée-nain. Le tout-petit s'était enroulé tant bien que mal dans son écharpe retrouvée et avait affublé son nain d'un manteau rouge et d'un bonnet de même couleur, qu'il avait trouvés dans les vêtements de poupées de Celebrían. Erestor haussa un sourcil.
« Thranduil, qu'est-ce que c'est que ça ? Que t'avais-je dit à propos de cette poupée ?
-Tu as dit que mon nain va avoir froid dans la neize et tomber malade, répondit le petit en pouponnant son jouet. Alors je lui ai mis un manteau comme El'os et El'ond. Regarde, c'est mon nain de neize ! »
Elrond et Celebrían se regardèrent, pouffant de rire, et Erestor poussa un profond soupir, absolument découragé.
« J'abandonne. Allez-vous en, tous autant que vous êtes. Et tâchez de survivre à cette journée, que je puisse en faire de même. »
Avec un même cri de joie, les trois enfants se précipitèrent à l'extérieur. Elrond remit son frère sur pieds et ils partirent en courant en direction des jardins royaux. Erestor les regarda s'éloigner, se poursuivant et s'appelant joyeusement. Puis il leur emboîta le pas, se tenant à distance, emmitouflé dans sa cape grise.
Les quatre petits elfes dévalèrent les allées bordées de fleurs en été et qui disparaissaient désormais sous le tapis blanc et uniforme tombé du ciel. Rapidement, Elros prit la tête de la course, exhortant son double à le rattraper. Elrond ralentit l'allure, juste pour l'embêter, et se laissa doubler par Celebrían. La fillette le dépassa en riant et s'élança à la poursuite de l'aîné des jumeaux. Le cadet s'arrêta pour permettre à Thranduil d'arriver à sa hauteur. Le blondinet trottinait en serrant sa poupée-nain contre lui et regardait le sol avec attention au lieu de cavaler de toute la vitesse de ses petites jambes. Ayant rejoint Elrond, le bambin s'arrêta à son tour et observa leurs pieds avec attention, sourcils froncés. Le garçon brun haussa les siens.
« Qu'est-ce qu'il y a, Thranduil ?
-Tu enfonces. » Remarqua le tout-petit.
Il désigna les pieds d'Elrond, effectivement enfoncés dans la neige jusqu'à la cheville alors que les siens étaient posés bien à plat sur le duvet neigeux. Puis il se tourna et lui montra le chemin qu'ils avaient parcouru.
« Et quand tu marches, tu fais des trous dans la neize. Ajouta-t-il. El'os aussi.
-On dit la neige, Thranduil. Et ce ne sont pas des trous, ce sont des traces de pas.
-Pourquoi ?
-Ben, parce que ce sont des traces qu'on fait en faisant des pas.
-Mais, pourquoi tu fais des trous de pas ? Moi j'en fais pas. Regarde ! »
Le petit blond piétina sur place. La neige resta aussi uniforme que s'il n'y avait jamais posé le pied. Elrond haussa une épaule.
« Tu dois être trop léger. Celebrían dit toujours que tu ne manges pas assez, et c'est vrai que tu ne finis jamais ton assiette.
-Mais 'Rían non plus elle fait pas des trous de pas. Et elle est plus grande que moi. »
Elrond haussa encore les épaules.
« Ça doit être parce que je suis semi-elfe, alors. Mes parents aussi faisaient des traces dans la neige, surtout Eärendil.
-Comment tu fais ?
-Comment veux-tu que je le sache ? Viens, ne reste pas planté là. Elros et Celebrían sont déjà loin ! »
Elrond attrapa Thranduil par le bras et avança de quelques pas avant que le bébé sindar ne se dégageât de son emprise. Il sautilla d'un pied sur l'autre, s'aperçut qu'il ne laissait toujours pas de trace et se mit à frapper le sol du pied. Comme il n'obtenait pas plus de résultat, le bambin sauta à pieds joints plusieurs fois puis, fâché de ne pas pouvoir laisser de marque dans la froide matière immaculée, il y jeta son nain de colère. Celui-ci s'enfonça d'une dizaine de centimètres dans la neige. Alors Thranduil se laissa tomber par terre en sanglotant. L'entendant, Elrond s'arrêta et se retourna. Il revint sur ses pas et s'accroupit face au blondinet.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive, Thranduil ? Demanda-t-il. Pourquoi tu pleures ? Tu t'es fait mal ?
-Je veux faire des trous dans la neize avec mes pieds… Pleurnicha le tout-petit. Pourquoi je peux pas faire des trous ? Même mon nain il fait des trous ! »
Elrond jeta un regard à la poupée-nain qui gisait dans son trou. Son bonnet rouge, perdu dans la chute, reposait sur la neige à côté du cratère miniature. Le semi-elfe les attrapa et remit le bonnet sur le casque du nain.
« C'est normal Thranduil, les nains enfoncent tous dans la neige. C'est parce qu'ils sont trop lourds.
-Pourquoi ?
-A cause de leur armure, improvisa Erestor qui venait d'arriver. Les nains portent toujours des armures très lourdes.
-Pourquoi ?
-Pour se protéger des orcs, parce qu'ils ne guérissent pas aussi vite et aussi bien que nous, les elfes. Et ils sont naturellement lourds aussi, ce qui n'arrange rien.
-Mais mon nain à moi est tout léger ! » Contra Thranduil en saisissant la poupée qu'il brandit sous le nez d'Erestor.
L'adolescent s'empara de la poupée-nain et l'installa sur le dos de son jeune propriétaire, l'attachant avec l'écharpe qui était bien trop longue.
« C'est parce qu'il sait que tu n'es pas très fort. Il se fait léger pour ne pas te fatiguer. Sinon, il serait obligé de marcher. Et il n'en a pas très envie. »
Thranduil, qui avait ouvert de grands yeux pendant le court échange de paroles, se rembrunit aussitôt.
« Mais si mon nain marchait, il fairait des trous dans la neize. Et moi j'en fais pas.
-Ferait, Thranduil, pas fairait. Corrigea Elrond. Et Erestor non plus n'en fait pas, regarde-le.
-Mais moi je veux faire des trous ! »
Et le sindar aux boucles dorées croisa ses bras sur sa poitrine, boudeur, bien décidé à ne plus faire un pas tant qu'il ne laisserait pas de traces dans la neige. Erestor leva les yeux au ciel cotonneux, blasé par les caprices idiots du benjamin du groupe, avant de s'apercevoir qu'Elros et Celebrían avaient quitté l'allée et couraient à présent en direction des vergers. Soucieux, il s'élança à son tour vers les arbres fruitiers, espérant sans doute rattraper les deux coureurs avant qu'une branche taquine ne leur renverse sa couverture de neige sur la tête. Elrond se releva et observa leur surveillant qui s'éloignait. Derrière les vergers, il y avait les collines. Les collines…
Elrond sourit et s'agenouilla de nouveau près de son petit compagnon.
« J'ai une idée Thranduil. Puisque tu ne veux pas marcher sur la neige, nous n'avons qu'à y glisser !
-Glisser sur la neize ?
-Oui, je faisais ça avec Elros avant que… quand… quand on était bébés comme toi.
-Je suis pas un bébé, moi.
-Mais oui, tu es un grand garçon, tout le monde le sait. Ironisa Elrond. Tu viens ? Il faut trouver une luge.
-Une… luge ?
-Pour glisser sur la neige. Expliqua le garçon brun en se remettant sur pieds. On va prendre le petit chariot que Círdan nous a fabriqué cet été et enlever les roues.
-Et ça va marcher ?
-Je ne sais pas. On a qu'à essayer. Suis-moi ! »
Elrond partit en courant vers le château, suivi de près par le petit Thranduil, sa poupée-nain attachée dans son dos balançant de gauche à droite à chaque pas.
De son côté, Elros commençait à trouver ennuyant de courir seul. Il avait remarqué qu'Elrond et Thranduil ne le suivaient plus et s'arrêta pour les attendre. Celebrían le rejoignit, essoufflée. Elle le félicita pour sa rapidité pendant que le garçonnet déboutonnait son manteau. Puis, remarquant ce qu'il faisait, elle ouvrit de grands yeux.
« Elros, pourquoi tu enlèves ton manteau ? Erestor a dit que…
-Erestor n'a pas couru comme nous. Coupa Elros. Moi j'ai beaucoup couru et maintenant j'ai trop chaud. Je le remettrai quand j'aurai froid.
-Tu ferais mieux de le remettre avant qu'Erestor et Elrond arrivent, même si tu n'as pas froid. Conseilla la fillette. Ils vont te sermonner tous les deux, et ils auront bien raison. Moi, je n'enlève pas ma cape.
-Comme tu veux. »
Elros laissa son manteau tomber dans la neige au pied d'un poirier avant d'en faire de même. Il s'adossa au tronc et sourit.
« Regarde Celebrían, il y a de la neige dans les branches. Il ne faudrait pas qu'elle nous tombe dessus.
-Remets ton manteau Elros, tu vas attraper la fièvre. Comme tous les hivers.
-Mais non. »
Celebrían prit un air fâché et plaça ses poings serrés sur ses hanches, comme sa mère lorsqu'elle la grondait, mais cela n'eut que peu d'effet sur le semi-elfe qui s'occupait à présent à écarter la neige avec ses jambes. Elle se résigna donc à ramasser le manteau avec la ferme intention d'en recouvrir son ami, avec ou sans son consentement. Mais lorsqu'elle releva la tête, elle vit la silhouette d'Erestor qui se rapprochait vivement. Aussitôt, elle bondit auprès d'Elros.
« Remets ton manteau, vite ! J'ai vu Erestor qui arrive !
-Ahah, ça ne prend pas, 'Rían ! Rit Elros. Trouve autre chose !
-Je ne plaisante pas, Elros, tu le vois bien arriver. Si tu ne mets pas ton manteau, tu vas te faire gronder. »
Le brun bondit sur ses pieds et, voyant qu'Erestor se dirigeait bel et bien vers lui, il remit son manteau. Puis il observa les arbres du verger, un sourire espiègle naissant sur ses lèvres.
« Celebrían, j'ai une idée. Tu veux faire une farce à notre rabat-joie attitré ? »
Les yeux clairs de Celebrían se mirent à scintiller. Elros lui fit signe de la suivre, et les deux enfants repartirent en courant sous les arbres fruitiers, zigzagant entre les troncs et repassant plusieurs fois par les mêmes endroits. Lorsqu'il fut sûr que ses empreintes de pas ne le trahiraient pas trop vite, Elros s'arrêta. Celebrían attendit docilement près de lui qu'il lui dît ce qu'elle devait faire. Le semi-elfe choisit un bel arbre, aux branches fournies et bien couvertes de neige. Il le désigna à sa petite compagne en lui expliquant son plan à voix basse et en masquant sa bouche avec sa main, comme les conspirateurs. Celebrían l'écouta attentivement, gloussa un peu et se précipita vers l'arbre.
« Je monte la première !
-Ne fais pas tomber la neige ! » Recommanda Elros en l'imitant.
En quelques mouvements, les deux enfants se trouvèrent installés sur une fourche, à demi cachés par les branches épaisses et blanches de neige. Soudain, Elros pointa du doigt Erestor qui s'approchait.
« Il arrive. Chuchota-t-il. Ne le manquons pas.
-Chuuuut ! »
Erestor, étudiant le sol pour ne pas perdre la trace d'Elros, s'approcha lentement du grand arbre.
« A mon signal… » Souffla encore Elros.
Celebrían lui fit signe de se taire. Erestor venait d'atteindre le pied de leur arbre et contemplait, un peu surpris, les traces d'Elros qui s'arrêtaient brusquement. Il lui fallut moins d'une seconde pour comprendre, mais cela ne fut pas encore assez rapide.
« Maintenant ! » Cria Elros.
Et, avec de grands gestes, Celebrían et lui poussèrent la neige glaciale devant eux, laquelle s'abattit en un instant sur le malheureux Erestor. Le cri de surprise que poussa l'adolescent dût être entendu jusqu'au château, et Elros rit tellement qu'il en tomba de sa branche. Le moelleux matelas de neige et l'épaisseur de ses vêtements l'empêchèrent de se faire mal, mais Celebrían descendit tout de même de son perchoir pour s'assurer qu'il était bien entier. A côté d'eux, Erestor pestait et remuait en tous sens, cherchant à se débarrasser de la matière froide qui était tombée dans son col et qui fondait doucement, coulant dans son dos. Elros s'assit et, pour le taquiner, lui fit remarquer en désignant le sommet de sa tête :
« Tu as de la neige, juste là. »
Erestor jura par Morgoth et, d'un geste vif et agacé, fit tomber la neige qui couvrait ses cheveux sombres. Il foudroya le garçon du regard.
« Toi et tes farces stupides ! Grommela-t-il. Si tu n'étais pas le cousin de Gil-Galad, je t'assure que…
-Elroooos ! Celebríaaaaan ! Appela soudain la voix d'Elrond, coupant court aux bougonnements du noldor à la chevelure noire.
-El'oos ! 'Ríaan ! » Appela en écho la voix aigue de Thranduil.
Son rire cristallin emplit les airs et Elros, sautant sur ses pieds aux côtés de Celebrían, vit les deux autres garçons qui venaient vers eux à vive allure. Elrond courait aussi vite qu'il lui était possible, tirant derrière lui à l'aide d'une corde le chariot de bois auquel il avait retiré les roues. Assis dans son moyen de transport improvisé, le petit Thranduil battait des mains en riant aux éclats. Celebrían poussa un cri de joie.
« Une luge ! »
Erestor quant à lui se frappa le front, visiblement prêt à donner sa démission.
« Oh, non ! »
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Pas de réveil en fanfare de Gil-galad, désolée pour celles qui l'attendaient… Si j'ai la motivation, j'écrirais peut-être un petit texte dessus un jour.
Donc voilà, pas de grande catastrophe dans ce chapitre, mais un Erestor qui tourne gentiment en bourrique… et qui n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs. Merci pour vos reviews sur le précédent chapitre (auxquelles je vais répondre, promis ^^') et à mercredi prochain ! Bon week-end à toutes !
