Bonsoir à toutes et à tous !
Voici donc la fin de cette courte fanfic/série de drabbles/four-shot/whatever ! Tout d'abord, merci pour vos commentaires et encouragements, ça fait chaud au cœur ! Come vous pouvez le constater, j'ai un certain retard par rapport à mon planning d'origine, mais j'ai pu mener cette histoire jusqu'à son terme, donc...Voilà.
Ensuite, un très, très grand merci à Lauraceae, ma charmante beta reader, sans qui je n'aurais pas pu finir ce Top 20. Le Numéro 20 est pratiquement à elle à 50% ^^ Allez voir sa fic, elle déchire.
Enfin... Links the Sun. Ce mec est juste classe, même son Twitter est fabuleux de sarcasme ! Allez voir ses vidéos, calinez-le virtuellement, déchaînez les fangirls et fanboys qui sommeillent en vous... Il le mérite bien, et sa badasserie illuminera votre ie telle une apparition de Raptor Jésus. Et son dernier Point Culture...
BREF. ENJOY.
N°16 – Écrasement
_Ça me rappelle les cartoons de mon enfance, confia Ouki, flottant à ses côtés telle une boule de chewing-gum mâtiné avec un ectoplasme.
_T'as pas… eu… d'enfance, répliqua-t-il avec difficulté.
Les muscles de ses bras lui paraissaient à la fois brûlants et durs comme de la pierre, et il sentait la sueur couler le long de son dos. Bordel, ce que c'était lourd !
_Meuh, si ! s'indigna son compagnon de sa voix fluette, insouciant de la tâche herculéenne qu'il accomplissait. Au tout début de ma création, à l'époque de ton Point Culture sur les Disneys !
_Oui, merci, je…me souviens de…quand j'ai fait, ha… l'erreur de t'imaginer !
_M-m-mais ! balbutia la boule rose, des larmes plein les yeux.
Comment était-ce possible lorsque la petite chose ne possédait pas de glandes lacrymales ? Links n'en savait fichtrement rien, mais à la limite il s'en foutait. Le toit du bâtiment était enfin à sa portée, et le soulagement de pouvoir enfin larguer sa charge fit monter son taux d'adrénaline. Sous cette vague d'énergie, il entreprit de grimper les dernières marches quatre à quatre, ses mains devenues tellement engourdies qu'il n'avait même plus l'impression de tenir la corde.
Parvenant enfin à destination, il lâcha avec volupté son fardeau pour s'effondrer au sol, ahanant sous l'effort. Quatre. Putain. D'étages. À se farcir cette saloperie d'au moins cent dix kilos.
Tentant de retrouver sa respiration, il but quelques gorgées de la gourde tiède qu'il portait à la ceinture, avant de se remettre debout, faisant jouer ses articulations douloureuses.
Le rebord du toit était proche, très proche. Une simple impulsion, et le lourd objet dégringolerait l'immeuble par la voie rapide.
_C'est bon, ils sont là ! l'informa d'une voix boudeuse son compagnon d'une mission, son amour propre toujours blessé.
Levant les yeux au ciel, Links jeta un œil en contrebas, et distingua avec facilité la horde de zombies pourchassant mollement une survivante quelconque, qu'il avait soudoyée avec un paquet de raviolis non périmés et une bouteille de gin tonic. La jeune femme gesticulait et zigzaguait, visiblement déjà ivre, mais elle se montrait ainsi efficace, rameutant la horde sans la distancer.
Se frottant rapidement les mains pour tenter d'y regagner quelques sensations, Links détacha la corde de son poids mort, le contourna et prit ses appuis. Ouki, en dépit de la vexation qu'il avait subie, prit place quelques mètres plus loin, faisant le guet près du vide. Puis :
_Elle est passée, à toi de jouer !
Poussant de toutes ses forces, Links fit basculer le piano désaccordé dans le vide, et se précipita pour assister à sa chute. En une cacophonie de bois brisé, l'instrument atterrit quatre mètres plus bas, sur le faciès indélicat de quelques morts-vivants qui explosèrent au sol, le recouvrant d'une épaisse couche de matière organique non identifiable.
Un sourire satisfait aux lèvres, Links sortit son portable, et s'appliqua à prendre quelques photos.
_J'ai enfin une bonne raison de rejoindre Instagram…
N°17 – Trépanation avec une Cuillère à Café
_Où as-tu trouvé une muselière à taille humaine ?
_Tu veux vraiment savoir ?
_...Non.
Contemplant avec une moue dubitative le zombie saucissonné à une chaise, Sizefac fit tournoyer la petite cuillère qu'il tenait entre ses doigts. Oh, il ne comptait pas s'approcher du cadavre ambulant à moins de deux mètres, mais le principe de l'expérience avait attisé une curiosité morbide qu'il avait décidé d'assouvir. Tous les éléments étaient là : une scie circulaire pour les travaux de précision, quelques scalpels, et surtout assez de petites cuillères pour qu'un groupe d'amis puisse se partager un même pot de rhubarbe… Ou peut-être de gélatine rouge verdâtre, si tant est que la chose existe.
_Prêt à trépaner notre ami ?
Il acquiesça, laissant volontiers le champ libre à Links, qui s'approcha du zombie avec un sourire inquiétant, saisissant des gants chirurgicaux…
Quelques minutes plus tard…
_C'est…Bizarre.
_C'est de la matière cérébrale, je suis pas sûr qu'il y ait une norme…
_Non mais si, là on dirait…Un shot avec de la gélatine.
_Je doute que le cerveau liquéfié d'un zombie fasse une bonne boisson… (1)
_Certes, mais tu noteras la texture… Fondante, j'ai l'impression de plonger une cuillère dans un pot de Ben&Jerry's.
_...Je vais vomir. Et on notera que ton cobaye est toujours vivant, enfin, « non-mort », malgré les dégâts.
_Mais non, c'est comme pour les verrines, faut aller jusqu'au fond, pour avoir toutes les couches.
Et en un horrible bruit de succion, le zombie mourut.
N°18 – Suicide
Il était seul. Sans arme. Avec deux zombies.
Le scénario semblait issu de ses pires cauchemars, et pourtant, Links savait qu'il ne s'agissait pas d'un simple songe. Son sang affluait et refluait à une vitesse alarmante, ses mains tremblaient sur la poignée de porte qui refusait de bouger, et il sentait des sueurs froides couler dans son dos.
Il allait mourir. Seul, livré à lui-même, sans même le médiator pour lui taper la causette. Était-ce le karma, après avoir dézingué tant de cadavres ambulants ? Avait-il été trop incisif dans ses critiques de chansons, ou trop hardcore dans ses blagues les moins subtiles ? Était-ce l'esprit des fans de Miley Cyrus ou de Twilight qu'il avait offensés qui bloquait cette fichue clenche et refusait de laisser s'entrebâiller cette satanée porte ?
Au moins était-elle constituée de métal épais. Se défoncer le crâne en jouant les béliers devrait être plus simple qu'avec un autre matériau. Et, qui sait ? Peut-être entrerait-il aux Darwin Awards ? Mort par suicide contre une porte blindée pour échapper à des zombies en état de décomposition avancé, ça sonnait plutôt bien.
Reculant de quelques pas et n'accordant qu'un bref regard aux zombies qui tentaient visiblement d'imiter les raptors de Jurassic Park, se rapprochant de part et d'autre de lui, il commença à charger…
Avant de se rétracter au dernier moment et, déviant sa course en prenant appui du pied sur la porte, de se retourner en l'air avec toute la vitesse du futur suicidé. Profitant de l'instant de flottement littéral, il empoigna les crânes des deux zombies en évitant de justesse leurs chicots sanguinolents, et les amena au sol en ce qu'on appelle dans le monde du catch un Running Bulldog.
SPLATCH. SPLATCH.
Il resta un instant au sol, l'adrénaline parcourant toujours ses veines et le laissant étourdis. Puis une intense odeur d'œuf pourri qu'on vient d'éclater lui monta aux narines, et il jeta un coup d'œil prudent à ses mains.
_Oh putain… jura-t-il à mi-voix, se sentant subitement nauséeux. C'est juste immonde…
Il ne narra ses exploits au reste du monde qu'une fois ses mains nettoyées une bonne dizaine de fois au désinfectant.
N°19 – Raisonner un Zombie
_Alors, monsieur Zombie, pourquoi mangez-vous des gens ?
_GRRRARRRLLL
_Je sais, la vie est difficile pour vous, avec tous les clans nécrophiles dans le coin…. Mais vous ne devez pas tuer des gens pour autant !
_Grrglh… Sniff… SNIIIIFFFFFF !
_Bordel de- J'ai un zombie qui pleure. J'ai un zombie qui pleure. Qu'est-ce que je-
_Sniff…Sniff…
SPLATCH.
_Ah. Okay. Là j'aime mieux. Dites, vous pouvez m'envoyer la serpillière ? La matière cérébrale décomposée, ça tache.
20 – Dans le doute…
Le QG des YouTubers était certes dans un souterrain isolé, à l'abri des désespérés, des nécrophiles et des zombies venus chercher un peu de chaleur humaine, mais ils gardaient un œil aiguisé sur l'extérieur. Et ils s'ennuyaient facilement. Aussi, lorsqu'une échauffourée avait éclaté à deux pas de leur souterrain, repérée par Sizefac et Tranber entre deux jeux de console, tous s'étaient immédiatement pressés vers le lieu du combat, prêtant main forte au petit groupe de survivants qui tentait de s'en sortir. Malheureusement, l'adrénaline avait de curieux effets, et tous se trouvaient plus ou moins inutiles une fois les altercations terminées.
_Les mecs, on a un survivant !
La voix excitée d'un des rescapés tira Links de sa torpeur, et il cligna des yeux, prenant un instant pour observer les alentours.
Le Fossoyeur de Films, à quelques pas de lui, caressait amoureusement Pupuce, sa pelle ensanglantée, lui murmurant à quel point elle était douée pour la décapitation. À sa droite, Seb, toujours parfaitement stoïque lorsqu'il privait des zombies de leur deuxième vie, essuyait méticuleusement la hache un brin émoussée qu'il avait déniché dans un Carrefour en ruines, observant du coin de l'œil son partenaire retrogamer qui contemplait avec dégout sa chemise jaune tirant à présent sur le rouge coagulé. Antoine félicitait son ventilateur, qui avait visiblement servi de scie circulaire aujourd'hui, et si Mathieu et Kriss n'étaient pas dans son champ de vision, les éclats de voix provenant d'une allée sombre permettaient sans mal de les localiser.
_On a un survivant ! répéta avec plus d'emphase le jeune inconnu, perdant patience face au manque de réactivité de ses sauveurs.
Soupirant à fendre l'âme, Links rechargea son flingue et se dirigea d'un pas lourd vers l'autre homme, bâillant ostensiblement. Ce dernier, lui souriant un peu nerveusement, le guida d'un pas rapide vers une ruelle adjacente, enjambant précautionneusement les cadavres inanimés qui encombraient le pavé.
La dite ruelle, faiblement éclairée sous le ciel gris, était occupée par un homme et quelques rats qui le contemplaient avec désintérêt.
_Hey, mec. Ça va ?
L'inconnu, assis sur une caisse de bois défoncée, releva la tête et lui adressa un sourire forcé.
_C'est peu l'seum, là, mais on fait avec. Ci-mer pour le coup d'main.
Les deux arrivants grimacèrent un peu. Bordel que c'était moche le verlan… L'argot aussi, d'ailleurs. Certes, la beauté du langage n'était sans doute pas la préoccupation première des survivants, mais quand même…
_Y'a pas de quoi. Tu peux marcher ?
_Je crois oui, mes jambes n'ont pas été abîmées…
_Le reste de ton corps, oui ? » s'alarma Links, haussant un sourcil. Détaillant le rescapé, il ajouta « T'as quoi sur le bras ? »
Le visage de l'autre homme s'illumina, apparemment inconscient du doute qui planait sur lui, et il se tourna sur le côté pour exhiber fièrement la manche dépareillée de son sweat-shirt raccommodé.
_J'ai trouvé ça dans un camion-benne près de la Tour cassée, là, heu…la Tour Eiffel. Parait que c'était un saint, ou un truc du genre, enfin une figure religieuse, quoi !
Links retint un facepalm, levant les yeux au ciel. Certes, après l'apocalypse, la culture s'était déformée, et perdue, et aussi ne reprochait-il pas à l'homme son ignorance. Mais un autre de la Web Team avait été à sa place, le survivant aurait été abandonné là manu militari pour cause de brassard Justin Bieber.
La réalité étant autre, le Youtuber se contenta d'un soupir affligé, avant de désigner un point précis de la manche hideuse.
_C'est quoi cette déchirure, là ?
_Oh ça ? » L'homme aux goûts vestimentaires plus que discutables s'agita un peu nerveusement. « C'est…J'en sais rien, j'ai du me faire un accroc sur une poubelle… »
_Et tu t'es mis à pisser le sang ?
Le podcasteur plissa les yeux, et le type en face de lui soutint son regard. Une musique de western bien connue aurait eu parfaitement sa place dans la confrontation visuelle qui se produisait entre les deux hommes, et le troisième spectateur se demanda distraitement s'il n'aurait pas du apporter un harmonica. Ou du pop-corn caramélisé. Voyant que le combat perdurait, il passa une main hésitante dans sa chevelure noire aussi folle que celle d'Antoine Daniel, avant d'interpeller les adversaires :
_ Hey, heu… Si ça vous dérange pas, on peut pt'être rejoindre les autres ? Mes potes, heu, et les vôtres, ils seront sûrement contents de savoir qu'il n'y a pas eu d'infecté.
À cet instant, le survivant détourna brièvement le regard, l'air troublé. Links grimaça.
Sans remarquer le changement d'atmosphère, l'autre reprit son monologue.
_... Enfin, y'a eu pas mal de morts, mais au moins on a limité les dé-
Une détonation coupa abruptement son discours, et il glapit, protégeant instinctivement son visage en fermant les yeux.
Après un instant, il releva la tête, et vit Links avec son flingue, dont un mince filet de fumée s'échappait, dirigé vers l'ancien rescapé, dorénavant bien incapable de blesser la sensibilité de tous avec son langage et son odieux brassard.
Un peu sonné, le dernier survivant baissa les bras, avant de revenir à la réalité et de s'époumoner :
_Mais vous êtes un grand malade ! Pourquoi vous l'avez tué ? Il... Il était pas infecté...
Fronçant des sourcils, l'indigné s'interrompit, se remémorant l'attitude suspecte du nouvellement trépassé et les quelques notions de survie qu'il avait réussi à intégrer, avant de faire le lien. Il déglutit.
_Si ?
Le Youtuber haussa les épaules, se sentant plus épuisé encore qu'après l'affrontement. D'un ton grave qu'un certain chevalier noir n'aurait pas renié, il répondit :
_Le doute n'est pas permis lors d'une apocalypse.
Restant un instant bouche-bée devant la badasserie du personnage, le rescapé fut sorti de sa contemplation par des voix criant « Raph ! » et qui semblaient s'approcher , qui semblaient s'approcher. Se détournant pour sprinter, il s'accorda une demi-seconde pour penser :
« Si le monde était rempli d'hommes comme ça, il n'y aurait plus de zombies…Mais plus beaucoup d'humains, non plus… »
Links ne prit conscience d'avoir bouclé son top 20 que bien des heures plus tard, et ce fut avec un bref sourire qu'il rangea sa liste, avant d'adresser un regard curieux à ses autres Points Culture. L'apocalypse, ce n'était pas que les zombies, après tout, et il lui faudrait bien passer le temps…
1 – Bah si. Le Brain Dead est un shot alcoolisé aux allures de cerveau de zombie que vous pouvez goûter au Player's Bar de Riom (63), ainsi que l'autre shot associé, le Zombie Blood.
Petite référence au Visiteur du Futur, j'ai pas pu résister ^^
(Et confrères et consoeurs fanfic-ers, continuez de le mettre en couple avec son médiator dans vos fanfics, c'est terriblement mignon (OUI, PsychoDarkMind, c'est à toi que je m'adresse ). Ou à écrire du Malexis. )
Bref, reviews ?
