Disclaimer : L'univers et les personnages de Sherlock Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, la série « Sherlock » à la BBC

Spoilers : Saison 2 – Episode 3


LESTRADE

Saurait-on jamais ce qu'il s'était réellement passé sur ce toit ? Que Moriarty se soit volontairement donné la mort, il n'y avait absolument aucun doute à ce sujet, les légistes, Anderson compris, étaient formels à ce sujet, Sherlock n'y était absolument pour rien. Alors pourquoi diable avait-il fait ça ? Pendant un court instant, lorsqu'il avait appris les évènements de St Barth's, il avait failli douter, et si c'était vrai, si cet homme que tous considéraient encore comme un génie seulement quelques jours auparavant, n'avait jamais été qu'un imposteur ?

Mais non, Il y avait près de sept ans maintenant qu'il connaissait Sherlock, depuis, il n'avait jamais cessé de l'observer, et son regard sur lui n'avait cessé d'évoluer, passant du mépris affiché à quelque chose qui ressemblait à un certain respect plus ou moins avoué.
Au départ, il l'avait uniquement considéré comme le petit frère privilégié de l'homme de l'ombre aux pouvoirs presque illimités, dont il avait fallu « couvrir » les frasques. Sherlock n'était pas un trafiquant, il ne s'était fait du mal qu'à lui-même, une cure de désintoxication librement consentie lui avait évité les ennuis avec la police et la justice. Contrairement à toutes les statistiques, il avait tenu bon, il n'avait jamais replongé.

Lestrade, chargé de le tenir discrètement à l'œil et de faire des rapports réguliers à Mycroft, avait très rapidement été démasqué par son gibier. Il lui avait désormais rendu régulièrement visite au grand jour, et une sorte de pacte de non agression réciproque s'était établi entre eux, Sherlock s'était découvert une passion pour l'investigation policière, et ils passaient de longs moments à parler « boutique ». La volonté et les capacités hors normes du jeune homme avaient peu à peu eu raison de ses préventions, et l'avaient finalement convaincu de le laisser occasionnellement « se mêler de ce qui ne le regardait pas » pour reprendre les critiques de ses collègues.

Il avait fini par éprouver, sans rien en laisser transparaitre, une sorte de tendresse quasi paternelle pour ce « pauvre petit garçon riche, surdoué et incompris » qui ne voulait surtout rien devoir à son frère, préférant végéter pendant des années dans un meublé bon-marché de Montague Street, alors qu'il aurait pu se prélasser sans trop se préoccuper des considérations matérielles, dans un appartement luxueux de Chelsea ou de Belgravia. Il l'avait encouragé à obtenir sa licence de détective privé, sans laquelle il ne pouvait l'associer à aucune enquête et en était rapidement venu à le consulter assez régulièrement, bientôt imité par d'autres collègues d'abord réticents, mais très vite convaincus par les résultats obtenus.
Bien entendu, Sherlock était loin de faire l'unanimité parmi les forces de police, et tous n'éprouvaient pas la même considération pour ses capacités hors du commun. En tête de ses détracteurs, Anderson, le légiste, et le sergent Sally Donovan qui le qualifiait de sociopathe et l'appelait ouvertement « le taré ». Ces deux là en particulier avaient du faire face à maintes reprises à ses sarcasmes et à son esprit acéré, et lui vouaient une haine tenace.

Lorsqu'ils étaient allés exposer leurs soupçons au superintendant en chef, Lestrade n'avait rien pu faire pour le défendre, et il avait bien été obligé d'obéir à son supérieur lorsqu'il lui avait ordonné d'aller l'arrêter. Tout ce qu'il avait pu faire, c'était de téléphoner à John pour les prévenir de leur arrivée, Sally avait connu son instant de triomphe lorsque, sur ordre supérieur, il avait passé les menottes à Sherlock qui pourtant s'apprêtait à les suivre de son plein gré. Voir John boxer le superintendant avait été le seul point positif de cette lamentable opération.

Au fond de lui, personne ne pourrait jamais l'empêcher de continuer de croire à l'intégrité du jeune homme, ni de lui garder sa confiance, et ni son suicide, ni sa confession « in extremis » n'arriveraient jamais à le convaincre qu'il avait tort.

TBC


Un très grand merci aux reviewers! Je ne réponds pas toujours individuellement, mais le cœur y est.