Avertissement : Il n'y a pas de scènes choquantes, ou violentes dans ce chapitre...
Bonne lecture !
~Chemins de traverses~
Chapitre 4 : Quand la pente devient glissante.
Le soleil dardait ses rayons chauds et lumineux sur le village bruissant des rumeurs de la vie humaine. Le temps était particulièrement clément en ce milieu de matinée d'automne. Les oiseaux pépiaient gaiement tout en voletant, passant en rase-mottes au dessus des toits, se posant en files indiennes sur les réseaux de fils électriques, pas encore tout à fait prêts à partir pour leur long périple migratoire.
Dans les rues en contrebas, les commerçants saluaient leurs clients de leurs voix joviales depuis les devantures de leurs échoppes, les passants flânaient ou marchaient d'un pas pressé, des mères tenant de tous jeunes enfants par la main croisaient des ninjas aguerris et engoncés dans leurs uniformes, sous le regard tranquille de petits vieux installés sur des bancs. Le tumulte bruyant de la petite bourgade pleine d'animation et d'entrain montait vers le ciel clair. Une jeune femme étendit des files de grands draps blancs sur le toit d'une bâtisse non moins immaculée aux jolies tuiles bleues, mettant à profit le climat agréable pour la saison.
La jeune femme rentra à l'intérieur de la bâtisse une fois sa tâche accomplie. Après avoir été en très grande partie détruit par des attaques répétitives, aujourd'hui le village était presque intégralement reconstruit à l'identique. Il ne manquait plus que quelques rues et quelques maisons. Seul un endroit avait été laissé vierge, le légitime propriétaire n'ayant fourni aucune instruction sur l'usage à faire de la portion de terrain ravagé.
Dans une chambre anonyme, une forme reposait paisiblement, à demi allongée sous un drap lilial et confortable. Le brun fronça très légèrement le nez puis les paupières, tentant de se retourner sur le matelas agréable sous son dos légèrement relevé. L'impossibilité de se rencogner comme il le souhaitait et de bouger librement le perturba, faisant peu à peu émerger sa conscience engourdie. Trop à l'aise pour avoir vraiment envie de se réveiller tout de suite, une nouvelle tentative avortée de se tourner sur le côté finit par l'agacer.
Sasuke papillonna doucement des yeux, la luminosité claire de son environnement agressant ses pupilles. Blanc... beaucoup de blanc... un plafond blanc, des murs blancs, des voilages blancs encadrant une fenêtre, des draps blancs et... une forte odeur d'antiseptique qui lui vrilla les narines et lui tordit tout à coup l'estomac. Son esprit embrumé devint plus alerte. Où était-il ? Il renoua difficilement avec le fil de ses souvenirs, se remémorant son mal de pieds et la cascade, son voyage depuis le pays de la Pluie vers celui de la Foudre et sa mission.
Il voulut porter une main à son front et c'est à cet instant précis qu'il se rendit vraiment compte de ce qui l'avait inconsciemment gêné jusque là. Ses poignets étaient entravés, de larges bandes noires et pourvues de sceaux inhibiteurs de chakra les retenant aux barrières qui encadraient le lit de chaque côté. Le nukenin tira légèrement sur ses liens, ébranlant les cadres métalliques, mais ils étaient très solidement fixés.
Fronçant les sourcils, il tourna sa tête sur l'oreiller moelleux, finissant de découvrir ce qui l'entourait depuis sa position à demi assise dans le lit et faisant tourner son cerveau à plein régime. Il ne se souvenait de rien après avoir repris sa route en direction du pays de la Foudre, rien, le trou noir... la chambre et l'odeur ne laissaient aucun doute sur le fait qu'il était dans un hôpital, et sa situation n'était pas des plus reluisantes, vu qu'il était attaché. La pièce pourtant anodine lui apparut vaguement familière, sans qu'il puisse vraiment s'expliquer pourquoi. Où avait-il donc bien pu atterrir ? Et comment était-il arrivé là ? Dans quel guêpier s'était-il fourré ?
Un mouvement furtif près de la porte attira son attention. Il n'eut que le temps d'entrapercevoir la silhouette d'un ninja qui la refermait silencieusement derrière lui avec rapidité. Ses yeux noirs s'écarquillèrent, le choc le laissant abasourdi. Dans le dos de l'uniforme du combattant, il avait vu un symbole, un symbole qu'il aurait reconnu n'importe où. Un tourbillon rouge qui se détachait nettement sur le fond vert de l'uniforme. Sasuke déglutit, comprenant mieux pourquoi l'endroit lui paraissait si familier.
D'entre tous les pays du monde ninja, le seul endroit, oui le seul, celui qu'il voulait éviter à tout prix, il trouvait le moyen de s'y réveiller sans avoir le moindre souvenir de comment il y était arrivé... Konoha... de tous les villages que comptaient ce bas monde, il avait fallu qu'il se réveille là, dans ce village honni, dans cet hôpital... Une bouffée de rage forcenée monta en lui, telle une vague dévastatrice. Entravé, avec en plus ses difficultés actuelles avec son chakra, il n'avait pas une chance, pas la moindre, pas même mince, de se sortir de cette situation pour le moins inattendue. Son sang se mit à bouillir sous la colère. Colère contre lui-même, colère de se retrouver dans cet endroit qu'il voulait détruire sans avoir l'opportunité de le faire, colère face à son impuissance à cet instant même.
Des bruits de pas rapides lui parvinrent du couloir, attirant son attention sur la porte qui s'ouvrit brusquement. Le brun fixa sans mot dire le nouvel arrivant qui referma doucement la porte sans le lâcher des yeux. Le visiteur s'adossa à celle-ci avant de s'approcher de lui, s'arrêtant au pied du lit, soutenant sans ciller le regard noir et assassin du jeune homme alité, ivre d'une fureur qu'il contenait difficilement.
-Tu es enfin réveillé...
Seul le silence lui répondit, le jeune Uchiwa ne jugeant pas utile de répondre à une telle évidence.
- Toujours aussi causant, hein ? Teme.
Un soupir franchit les lèvres de l'inopportun visiteur. Il se passa une main dans les cheveux, et baissa un instant la tête. Quand il la releva, un léger sourire flottait sur son visage où transparaissait le soulagement.
Le porteur du sharingan masqua son étonnement face à l'expression qu'arborait son interlocuteur, se contentant de le fusiller du regard.
- Tu m'as fait très peur, tu sais. Je t'ai trouvé évanoui sur le bord d'une route au pays des Glaces. J'ai d'abord cru que tu t'étais battu, mais il n'y avait aucune trace de combat et tu n'étais pas blessé. Tu ne réagissais plus du tout et tu étais si pâle... Je ne savais pas quoi faire, je ne pouvais pas te laisser là, comme ça... Alors je t'ai ramené à mamie Tsunade. Tu dors depuis trois jours et j'ai bien cru que tu te réveillerais jamais... J'ai eu si peur...
La fin de la phrase fut soufflée en un murmure à peine audible, pourtant elle résonna parfaitement aux oreilles de Sasuke, qui, bien que touché, ne se départit pas de son attitude glaciale et hostile. Subrepticement, il remua ses poignets, testant son amplitude de mouvement. C'était sans compter sur celui qui lui faisait face.
- Tu n'y arriveras pas, et tu le sais, non ?
Le visage pâle se renfrogna davantage, des rides de contrariétés se formant sur son front encadré de cheveux noirs, les pupilles onyx dardant un regard colérique sur son vis à vis, qui ne sembla aucunement impressionné.
- Mamie Tsunade va venir tout à l'heure. Tu devrais te calmer et te montrer un peu plus coopératif. De toute façon, maintenant que tu es de retour, je ne te laisserai pas repartir... même si pour ça je dois te casser les deux jambes, et plus si besoin.
La détermination farouche qui filtrait dans la voix et le regard franc et décidé posé sur lui, firent frissonner Sasuke. Cet espèce de sauvage était tout à fait capable de mettre ses menaces à exécution. Le silence se prolongea, les deux opposants se livrant une lutte sans merci, lutte où seules leurs prunelles s'affrontaient dans le silence alourdis. Un soupir de lassitude se fit entendre alors que celui qui l'avait poussé venait de se poster à côté du lit, tout près.
Le brun avait vraiment un caractère à la con, même attaché dans un lit, sans la moindre chance de pouvoir s'en échapper et physiquement diminué par une mystérieuse maladie, il trouvait encore le moyen de l'énerver. Il observa attentivement le jeune homme alité. Il était vraiment très pâle, encore plus que d'habitude. Et bien qu'il ait dormi trois jours, des cernes ombraient encore ses joues plus creuses que la dernière fois qu'il l'avait vu. Et puis, il y avait définitivement un truc étrange avec son chakra, bien que maintenu sous contrôle par les sceaux inhibiteurs, il était étrangement fluctuant. Qu'est-ce qu'il pouvait bien lui arriver ?
Le regard attentif et inquiet pesant sur lui troubla profondément le brun. Lui avait-il vraiment fait peur à ce point là ? Sans s'en rendre compte, il se retrouva à détailler son visiteur. Ses cheveux blonds, toujours aussi ébouriffés, ses iris d'un bleu limpide, son visage qui avait mûri au fil des ans, ses joues marquées de trois cicatrices parallèles, sa peau tannée par le soleil et son éternelle tenue orange. Naruto...
L'ouverture de la porte tira les deux jeunes hommes de leur examen silencieux et mutuel. Sasuke se renfrogna en voyant qui venait de pénétrer dans la chambre : la Godaïme Tsunade en personne, son assistante Shizune et, pour couronner le tout, son ancienne coéquipière, Sakura. Naruto et la jeune fille aux cheveux roses se sourirent, la demoiselle s'arrêtant près de son coéquipier blond, debout à côté du lit. Au pied de la couche, Shizune derrière elle, Tsunade fixa un regard dur et sévère sur son patient qui le lui rendit au centuple.
- Sasuke Uchiwa de retour à Konoha... Le moins que l'on puisse dire, c'est que tu as fait parler de toi.
La Hokage n'eut aucune réponse, le nukenin ne semblant pas décidé à ouvrir la bouche. Comme elle le pressentait, ce gamin insolent ne lui faciliterait pas la tâche. Dans ses souvenirs, c'était un jeune adolescent renfermé, solitaire et trop fier pour son propre bien. Il semblerait que ces trois dernières années n'aient pas arrangé les choses.
Un peu en retrait, debout, Shizune observa le jeune homme brun qui, sans mot à dire, tenait tête à la chef du village caché de la Feuille. Il n'avait pas adressé un seul regard à son ancienne coéquipière qui le couvait d'un oeil humide, les prunelles azures de Naruto aux côtés de la kunoichi voyageaient entre Sasuke et Tsunade, attendant visiblement la suite des événements.
- Mettons tout de suite les choses au clair. Tu es un dangereux nukenin, classé au Bingo Book; tu as tué le Rokudaïme Danzo, tenté de tuer l'un de tes coéquipiers à plusieurs reprises, tu t'es rallié à l'Akatsuki, une organisation criminelle ennemie du monde shinobi, tu as volontairement quitté le village pour t'associer à Orochimaru, lui-même traître reconnu, et pour conclure en beauté, tu as juré l'extermination de tous les habitants de Konoha. Ai-je oublié quelque chose ?
Devant le silence obstiné du déserteur, la Godaïme poursuivit :
- J'ai donc pris toutes les précautions nécessaires pour t'empêcher de mettre tes plans à exécution. Mes meilleurs ANBU sont déployés autour de cette chambre, tu seras sous surveillance constante, même quand tu croiras être seul... Les bracelets inhibiteurs de chakra que tu portes te vont parfaitement, et tu n'es pas prêt de t'en séparer. Tu es donc sous bonne garde et ton cas va être étudié par le conseil. Je te conseille de te montrer coopératif et de ne pas faire le malin, si tu es sage nous pourrions être plus clément, acheva-t-elle en croisant les bras sous son opulente poitrine, un air intransigeant sur ses traits.
Un rictus méprisant s'était formé sur les lèvres fines de l'accusé au fil du discours moralisateur de la sannin, se transformant en un ricanement dédaigneux quand cette dernière s'était enfin tue.
- Parce que vous croyez sincèrement que je vais rester là bien sagement à attendre que vous décidiez quoi faire de moi ? Vous me prenez pour qui ? Un gentil toutou obéissant ?
Se redressant autant que le lui permettaient ses liens, tirant dessus à s'en arracher la peau, le jeune homme planta ses orbes sombres et emplies de haine dans les iris noisettes de Tsunade.
- Et le conseil peut aller se faire foutre ! Je sais qu'ils sont responsables du massacre de mon clan ! C'est eux qui ont fait d'Itachi un assassin, un nukenin ! Ils m'ont pris ma famille, ils l'ont tuée ! Ce sale rat de Danzo n'a eu que ce qu'il méritait ! Ce sont eux les véritables traîtres ! Eux et les habitants de ce village ! Ils ont traité mon frère comme une merde alors qu'il aurait du être leur héros ! Je vous tuerai tous ! Et si vous croyez que ces vulgaires bracelets et quelques ANBU vont m'arrêter, vous vous trompez lourdement, et vous le comprendrez quand vous sentirez ma lame sur votre gorge !
Tsunade retint un mouvement de recul face aux traits défigurés par l'expression fielleuse et enragée du jeune homme. En face d'elle, ce n'était plus le célèbre Sasuke Uchiwa, inexpressif et impassible, mais un psychopathe rongé par une folie vengeresse. Mais plus que la rage, plus que la haine, plus que la folie, c'était l'immense souffrance qui transparaissait dans son discours qui la frappa, la touchant bien plus qu'elle n'aurait du, la renvoyant aux souvenirs de ses chers disparus et à sa propre peine.
Un silence lourd s'étendit dans la pièce, tous les occupants sous le choc de telles révélations. Naruto serrait les poings et les dents. Il ne pouvait pas blâmer son ancien coéquipier pour son désir de vengeance, et il en voulait au conseil pour être responsable de la douleur de son ami. Sakura, une main sur la bouche, laissait dévaler un torrent de larmes sur ses joues. Elle ne savait pas, elle n'avait même jamais imaginé que l'histoire qu'elle connaissait ne puisse être que mensonges. Shizune observait inquiète le visage crispé de sa supérieure, elle la connaissait suffisamment bien pour avoir deviné quel écho les mots du jeune Uchiwa avaient trouvé dans son coeur.
La respiration du porteur du sharingan devint soudain erratique, une brusque bouffée de chaleur lui écrasant les poumons. Il retomba lourdement sur le matelas, attirant immédiatement la plus célèbre médecin du monde ninja à son chevet. Sa vision se troubla, rendant flou les contours de la main qui passa devant ses yeux pour se poser sur son front. Son malaise commença à empirer, des maux de ventres faisant leur apparition et sa vision s'assombrissant rapidement, mais il reflua sous l'influence du chakra médical que la reine des limaces lui insuffla sans attendre.
- Tu ne devrais pas t'agiter ainsi. Dans ton état, ce n'est pas vraiment conseillé, dit-elle d'une voix radoucie.
Sasuke détourna sèchement la tête, s'éloignant du contact de la main toujours posée sur son front, un grognement frustré et impuissant vibrant du fond de sa gorge.
- Son état ? reprit doucement Sakura, se tordant les mains d'inquiétudes, en écho aux paroles de la sannin légendaire.
- Comment ça son état ! Qu'est-ce qu'il lui arrive ? Obaa-chan, c'est si grave que ça ? s'exclama vivement Naruto, sa voix relevant plus du hurlement paniqué qu'autre chose.
Tsunade fit taire Naruto d'un regard, rapprocha une chaise de la tête du lit et s'assit en silence, se massant les tempes d'un air soucieux. Ses pupilles noisettes se posèrent un instant sur le visage encore bien blême du prisonnier.
- Quand la nouvelle de la mort d'Orochimaru nous est parvenue, j'ai immédiatement dépêchée des équipes afin de vérifier l'information. Ils ont effectivement découvert sa dépouille dans l'un de ses repaires mais ils ont également ramené avec eux tout ce qu'ils ont trouvé concernant ses activités... Je dois reconnaître que Kabuto, que mes équipes ont retrouvé décapité d'ailleurs, était un excellent chercheur. Ses recherches sont extrêmement bien documentées. J'ai parcouru ses dossiers et je ne pensais pas que certaines de ses découvertes soient possibles jusqu'à ce que Naruto te ramène ici, Sasuke.
Le brun fronça les sourcils, ne voyant pas bien où la reine des limaces voulait en venir. Naruto, en un mimétisme parfait avec son ancien coéquipier, plissa son front, affichant une mine de plus en plus préoccupée.
- Qu'est ce que tu veux dire par là, Ba-chan ? s'exclama-t-il à bout de patience. Ils ont fait quelque chose à Sasuke ? acheva-t-il, ses yeux azurés naviguant jusqu'au premier concerné, cherchant sur le corps à demi allongé une anomalie qui lui aurait échappée quand il l'avait trouvé.
- La préparation que tu as subie afin de devenir un futur réceptacle d'Orochimaru n'était pas anodine et sans danger. D'après les documents de Kabuto, les différentes potions et injections administrées aux potentiels réceptacles ont pour mission de modifier leur organisme afin que leur corps puissent accueillir une autre vie en plus de la leur. C'est un peu le même principe que quand on scelle un bijuu dans le corps de son hôte.
Sakura, plongée dans une réflexion intense, fit une remarque à haute voix, illustrant le cheminement de ses pensées.
- Mais, pour les bijuu on utilise un jutsu pour les sceller, n'est-ce pas ? Alors que dans le cas de Sasuke, on parle de préparation médicamenteuse, c'est bien ça ?
- C'est bien ça. Les traitements, au vu des notes de Kabuto, étaient particulièrement lourds.
- Donc ils devaient avoir de sacrés effets secondaires, non ? reprit la jeune femme aux cheveux roses.
Tsunade garda le silence pendant quelques secondes, dévisageant les trois ninjas tour à tour. Sakura semblait curieuse d'entendre la suite de ses explications alors que Naruto, près d'elle, avait croisé les bras sur son torse et fronçait ses sourcils, nageant en pleine incompréhension inquiète. Sasuke eut une pensée dubitative à propos de ces soi-disant effets qu'il n'avait jamais envisagés, se demandant tout à coup si ce n'était pas là la cause de tous ses soucis de santés de ces derniers temps.
Orochimaru lui avait fait avaler bon nombres de décoctions diverses, et c'était sans compter les injections régulières auxquelles il avait eu droit durant presque trois ans. Kabuto lui avait expliqué que c'était pour l'immuniser contre tous les poisons existants à ce jour et préparer son corps à accueillir l'âme du sannin lors de la transmigration d'âmes. Ses propres connaissances en médecine ne lui avaient nullement permis de savoir si l'homme à lunettes disait vrai. De toute façon, peu lui importait les moyens à ce moment là pourvu qu'au final il ait ce qu'il voulait : plus de puissance, toujours plus, pour pouvoir accomplir sa vengeance et tuer son frère.
Il était donc tout à fait possible que le chercheur lui ait fait ingérer des substances ayant d'autres effets que ceux annoncés. Peut-être une dépendance ? Ceci pourrait expliquer certains des symptômes qu'il présentait, ou autre chose... Mais quoi ? Fronçant les sourcils il attendit, finalement attentif, à la suite du discours de la médic-nin expérimentée.
- Effectivement, il y a des effets secondaires... et ils sont assez surprenants. Cela crée une sorte de petite poche dans ton organisme qui, selon les découvertes de Kabuto, peut avoir un usage tout à fait étonnant, reprit la blonde, posant un regard compatissant sur le jeune Uchiwa, qui se tendit imperceptiblement, craignant soudain le pire.
- Ton corps étant apte à porter une autre vie que la tienne... je dois t'annoncer que…
Un bruyant soupir franchit les lèvres de la Godaïme. Comment diable pouvait-elle annoncer une chose pareille à un gamin de dix-sept ans à peine ?
- … Que quoi ? s'impatienta Sasuke.
- ... Sasuke... J'ai vérifiée une bonne dizaine de fois, mais tous les éléments concordent et corroborent les découvertes de Kabuto... Tu es "enceinte", d'à peu près onze semaines selon tes résultats sanguins.
Une chape de plomb silencieuse et abasourdie tomba sur la chambre. Sakura porta une main tremblante à ses lèvres, réprimant ainsi une exclamation horrifiée, Shizune et Tsunade échangèrent un regard entendu et regardèrent les deux jeunes hommes, qui eux avaient des yeux écarquillés en direction de la sannin et restaient bouche bée, figés d'incrédulité.
- Hein ?! En... en quoi ? Mais... mais... non... c'est pas possible ! Sasuke est un mec, hein ? Et... et, et les mecs ça porte pas de bébés ! … Hein ?
La tête blonde de Naruto passa de Tsunade, puis à Shizune et à Sakura, puis à Sasuke. Ses yeux se fixèrent sur le ventre plat caché par le drap blanc.
- Mais c'est pas possible, il a pas de gros ventre ! dit-il, un doigt pointant frénétiquement l'endroit incriminé.
Trois regards féminins se levèrent au plafond, désespérés. Sasuke, quand à lui, pinça ses lèvres, le visage fermé, ses pupilles encore légèrement dilatées par le choc fixées droit devant lui. Ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être possible. Ça ne pouvait pas lui arriver. Pas à lui. Impossible. Il était un Uchiwa, un ninja redoutable et il avait une vengeance à accomplir. Il ne pouvait pas être "enceinte". Il devait y avoir forcément une erreur.
Lui, enceinte ? Il était un homme bordel, un ninja qui plus est ! C'était totalement impossible ! Aucune technique en ce monde ne pouvait permettre ce genre d'aberration, n'est-ce pas ? Et dans l'hypothétique éventualité où ce serait possible, quel intérêt aurait pu avoir Orochimaru à faire une telle chose ? Aucun. Absolument aucun. Bien au contraire, cela aurait desservi ses intérêts. Les kunoichi ne pouvaient plus effectuer la moindre mission quand elles étaient enceintes, et Orochimaru comptait trop sur ses capacités pour prendre le risque de devoir se priver de lui durant de longs mois.
C'était une grippe intestinale, une bête et méchante grippe intestinale. Le docteur Tanaka le lui avait dit. Tsunade se trompait, c'était évident ! Fort de cette conviction, il fusilla des yeux la femme médecin, et s'adressa à elle d'une voix polaire.
- C'est impossible.
Tsunade ignora le regard assassin dont elle était la cible.
Engoncée dans l'un de ses habituels kimono vert bouteille, elle lui retourna un regard acéré.
- Je t'assure que c'est la vérité. Crois-moi, j'ai vérifiée plusieurs fois tellement j'étais moi-même incrédule. Sans compter qu'un enfant, ça ne se fabrique pas par l'opération du saint esprit, Sasuke. Les manipulations d'Orochimaru ne vont pas encore jusque là. Il faut au moins un spermatozoïde pour qu'il y ait fécondation. Tu es donc le mieux placé pour savoir quand cet enfant a été conçu, et pour cela il faut être deux. Je pense que je n'ai pas besoin de te faire un dessin, n'est-ce pas ?
Un léger sourire en coin étira ses lèvres quand elle acheva sa tirade, accompagné d'un regard malicieux.
Les sourcils noirs se froncèrent sévèrement au sous-entendu grivois de la blonde à forte poitrine, qui croisa les bras sous ses seins opulents, les mettant ainsi en avant. Comment ça il fallait être deux ? Soudain, un éclair de compréhension le foudroya sur place, lui écarquillant les yeux d'horreur. Plus pâle que jamais, le futur père tourna lentement la tête vers celui qui ne pouvait qu'être le seul et unique responsable de son état.
La responsable de l'hôpital plissa ses paupières devant l'expression épouvantée du possesseur de la légendaire pupille à virgule. Pourquoi avait-elle l'impression qu'elle n'allait pas aimer la suite ? Elle s'attendait à ce que l'Uchiwa rougisse... ou ait au moins l'air gêné, pas cette tête... On croirait qu'il venait de voir un fantôme. Elle suivit, inquiète, la cible du regard halluciné pour tomber sur un Naruto qui, visiblement, nageait toujours en pleine incompréhension totale.
- Comment ça deux ? Ils ont fait des expériences sur Sasuke ? dit le blond en se raccrochant aux iris couleur noisette qui venaient de se poser sur lui.
Devant le silence de son interlocutrice, le blond retourna son attention sur son ancien camarade, dans le but de l'interroger. Sa phrase mourut sur ses lèvres quand il vit les fines mains pâles trembler sur les draps. Il leva les yeux et fut figé sur place. Le visage d'albâtre était décomposé, une fine couche de sueur couvrait le front, les orbes sombres étaient tellement élargies que l'espace d'un instant il eut peur qu'elles ne sortent de leurs orbites. La poitrine du brun se soulevait de manière hiératique et précipitée, son souffle sortant par saccades incontrôlées de ses lèvres décolorées par l'angoisse.
Sasuke sentit peu à peu une gêne au niveau du coeur alors que son regard s'était fixé sur Naruto, puis une violente sensation d'étouffement écrasa sa gorge et ses poumons. Son sang se mit à battre à ses oreilles, devenant une cacophonie de plus en plus assourdissante. Sa respiration s'accéléra et ses mains devinrent moites. Il chercha vainement à aspirer un peu d'oxygène mais l'opération se révéla impossible, sa trachée comprimée par une pression insupportable. Un vent de panique le balaya alors qu'il luttait pour ne pas sombrer dans le gouffre obscur qui commençait à l'engloutir, brouillant sa vision.
Voyant la détresse de son meilleur ami, l'amateur de ramen se précipita sur lui pour essayer de le calmer.
- Sasuke ! s'exclama-t-il.
Saisissant les épaules frissonnantes du brun, il entreprit de le sortir de son supplice.
- Sasuke ! Sasuke ! Regarde-moi ! Tout va bien ! Calme-toi !
Loin d'être efficace, Naruto eut tout juste le temps de voir les iris noirs tourner dans leurs orbites, avant d'être brusquement repoussé en arrière par Tsunade alors que l'Uchiwa commençait à convulser.
- Shizune ! Sakura ! Dehors ! Et emmenez Naruto !
L'ordre donné d'une voix sans appel fut immédiatement suivi, les deux jeunes femmes traînant difficilement avec elles un Naruto affolé, qui se débattait et criait comme un beau diable entre leurs bras. Usant de sa force phénoménale pour immobiliser le jeune homme sur le lit, la femme médecin réussit à lui insuffler un peu de chakra vert et bienfaisant.
Intensifiant la manoeuvre, elle fit peu à peu refluer la crise. Son jeune patient revint à lui petit à petit, épuisé, aussi fragile et amorphe qu'une poupée de porcelaine. Les deux puits sombres plongèrent dans ceux noisettes, soucieux, de la plantureuse blonde.
- Enlevez-moi ça. Je veux qu'on m'en débarrasse. Il est hors de question que... ça...
Le murmure fut à peine audible alors que le nukenin sombrait dans l'inconscience, vaincu.
~oOo~
Tsunade referma silencieusement la porte de la chambre, son visage marqué par la préoccupation. Dans le couloir, Sakura pleurait à gros sanglots irrépressibles dans les bras de Shizune qui tentait tant bien que mal de la réconforter. Naruto était appuyé contre le mur, non loin de la porte, les yeux baissés sur ses pieds, contemplant le sol d'un air consterné.
- Obaa-chan, l'interrompit-il sombrement. Est-ce que tu peux faire quelque chose ?
Le regard océan supplia en silence la plus si jeune médic-nin.
- Ce n'est pas aussi simple. Les risques pour Sasuke pourraient être considérables. Il faut que j'y réfléchisse et que j'en parle avec lui. C'est son corps après tout. Cette décision lui appartient.
- Qu'est-ce que je peux faire ?
- Le soutenir, il en aura bien besoin.
- Je peux retourner le voir ?
- Pas aujourd'hui, il a besoin de beaucoup de repos. Tu pourras revenir demain.
Naruto hocha la tête sans rien dire. Il quitta les lieux d'un pas lourd et la tête basse, glissant inconsciemment ses mains dans ses poches alors que Tsunade l'observait s'éloigner.
Les yeux fixés sur le dos orange et noir, elle s'interrogea sur ce qu'elle avait cru deviner, portant un oeil neuf sur la relation qu'entretenaient les deux pseudo rivaux. Il semblerait que Naruto n'ait pas fait le lien entre la situation de Sasuke et sa probable implication. Une chose était sûre cependant, ces deux-là s'étaient rencontrés quelques mois auparavant, et son protégé n'avait pas jugé bon d'en parler à qui que ce soit. Quand à savoir ce qu'il s'était passé entre eux à ce moment là...
~oOo~
La reine des limaces observa le jeune homme prostré sur sa couche en position assise. Ses traits tirés et les cernes sous ses yeux faisaient peur à voir, indicateurs de la mauvaise nuit que ce dernier devait avoir passée. Le teint d'ordinaire opalescent avait viré à une couleur cendre, mettant en exergue les détails du profil aristocratique. Elle glissa entre les mains glacées une fiole remplie d'un liquide opaque aux reflets violets.
- Tu es sûr de ta décision ? Il n'y aura pas de retour en arrière possible et ce ne sera sans doute pas sans danger pour toi, dit elle sur un ton doux.
Sasuke ne prit même pas la peine de lui répondre et lui lança un regard tranchant et décidé.
- … Hn.
Serrant ses phalanges fines autour de l'objet en verre cristallin, il le porta sans hésitation, aucune, à ses lèvres.
Le liquide coula dans sa gorge, laissant un arrière goût particulièrement amer sur sa langue. Il rendit sans un mot le flacon vide au médecin, et s'allongea sur le flanc, se recroquevillant sur lui même. Rapidement, ses muscles abdominaux commencèrent à le chauffer et à se contracter. S'obligeant à respirer calmement, comme le lui avait conseillé la femme à ses cotés, il attendit, conscient que c'était un mal nécessaire. Peu importait le prix à payer, tout ce qu'il voulait, c'était que cette chose disparaisse, une bonne fois pour toute. Il devait à tout prix sortir de ce cauchemar.
Sakura tambourina comme une forcenée sur le battant en bois. Il lui sembla qu'il avait fallu des heures à Naruto pour venir lui ouvrir.
- Sakura-chan ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Et doucement avec ma porte ! Elle ne t'a rien fait !
- Viens vite ! C'est Sasuke !
- Sasuke ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il a ? C'est grave ?
Soudain inquiet, Naruto sortit précipitamment de chez lui, s'élançant sans attendre en direction de l'hôpital, suivi de près par sa coéquipière qui lui exposa la situation.
- Sasuke veut avorter et Tsunade lui a donné ce qu'il faut pour ça. Mais ça ne se passe pas comme prévu, il souffre beaucoup trop.
Le blond n'attendit pas plus d'explications pour accélérer, laissant la jeune fille loin derrière lui, obnubilé par cette seule pensée : Sasuke n'allait pas bien.
Il ne prit même pas la peine de passer par les portes et les couloirs. Il escalada directement le mur de l'hôpital, pénétrant comme un boulet de canon dans la chambre de son ami par la fenêtre. Un cri inhumain le figea sur place. Son regard se posa sur le lit blanc où le corps pâle s'arquait sous la souffrance, des effluves de chakra envahissant la pièce malgré les bracelets inhibiteurs toujours accrochés aux poignets du brun.
Naruto se précipita vers le lit, notant à peine la présence de Tsunade aux côtés du malade qui essayait vainement de l'approcher sans y parvenir, repoussées par les émanations tourbillonnantes qui prenaient de plus en plus d'ampleur. Sasuke se contorsionna de plus belle, une nouvelle exclamation de douleur lui déchirant les cordes vocales. La pression spirituelle était écrasante, s'échappant de son corps par déferlantes toujours plus intenses.
Naruto se jeta sur Sasuke, le plaquant sur le matelas, ignorant les rubans de chakra agressif mélangés de bleu et d'orange qu'il avait facilement franchis. Saisissant le menton de Sasuke, il le releva vers lui afin que le visage décomposé et au teint cireux soit en face du sien.
- Sasuke ! Sasuke ! Calme-toi ! hurla-t-il. Je sais que ça fait mal ! Mais il faut que tu reprennes le dessus ! Accroche-toi !
Des billes noires, exsangues, plongèrent dans l'océan bleu des yeux de Naruto. Sasuke lutta pour reprendre le contrôle de son organisme qui partait en vrille, se raccrochant à ce regard intense qui avait traversé les brumes de cette douleur atroce dans laquelle il était enfermé. La pression insoutenable s'atténua brusquement, permettant à Tsunade de se rapprocher. Elle tendit sa main vers le brun, sa paume luisante de chakra médical quand un chidori intense et généralisé couvrit le corps de son patient qui fut à nouveau soumis à d'atroces souffrances.
Naruto grimaça sous la puissance du choc électrique qui le parcourut mais il ne lâcha pas prise pour autant, restant allongé de tout son poids sur son ex-coéquipier, faisant de son mieux pour le maintenir sur le matelas. Tsunade recula à nouveau et le chidori crépitant s'éteignit aussi vite qu'il s'était déclenché, le calvaire de Sasuke baissant d'intensité mais toujours aussi présent. Il haletait, éperdu dans la violence de son supplice, ses tourments ne semblant pas vouloir prendre fin.
Naruto se colla encore plus au brun qui se tordait toujours en tout sens sous lui. Il appuya son front contre celui de Sasuke, bouillant et dégoulinant de sueur.
- Allez Sas'ke, je sais que tu peux le faire. On s'est fait une promesse tous les deux, tu ne peux pas me lâcher maintenant. Je suis là, je vais pas te laisser tomber, murmura-t-il doucement.
L'Uchiwa trouva la force de se reprendre l'espace d'un instant, criant à la figure du blond penché sur lui :
- C'est ta faute ! Dobe ! Tout ça, c'est ta faute ! Ahhhhhhh !
- Hein ?! s'exclama le shinobi, sans comprendre.
Une nouvelle vague puissante et crucifixiante prit possession de la chair brûlante de Sasuke qui ne savait plus à quel saint se vouer. Le blond prit la figure défaite entre ses mains et en dégagea les mèches collées.
- Allez Sas'ke ! Tiens bon ! Sois fort ! Allez Sas'ke ! Sas'ke ! Sas'ke ! supplia Naruto.
Sasuke referma ses poings sur les vêtements du blond, tordant le tissu entre ses doigts qui convulsaient. Les ondes entremêlées d'orange et de bleu refluèrent peu à peu sous ses efforts intenses, et les élancements infernaux qui le broyaient décrurent. Il fallut de très longues et innombrables minutes avant que tout ne disparaisse totalement, laissant le déserteur haletant et tremblant, décomposé.
Front contre front, yeux dans les yeux, les mains pâles toujours agrippées aux vêtements du corps qui pesait sur l'autre, le visage aristocratique toujours entre les paumes chaudes et rassurantes, les deux garçons n'avaient pas bougés d'un cil, pendant tout ce temps, leurs regards soudés l'un dans l'autre. Naruto soutenait silencieusement Sasuke pendant que ce dernier luttait contre ses maux qui s'atténuaient.
La femme médecin n'avait rien perdu de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Et ses soupçons étaient confirmés : voir Naruto traverser sans aucune difficulté le chakra agressif qui entourait Sasuke, puis réussir à le calmer, permettant au brun de reprendre le contrôle. Les émanations spirituelles, mélange de bleu et d'orange, semblaient accepter la présence de Naruto, la blonde avait d'ailleurs reconnu sans difficulté le chakra de Kyuubi dans le mélange du flux coloré qui s'échappait du jeune Uchiwa. Oui, pour elle il n'y avait plus aucun doute, l'autre père n'était autre que son petit protégé. Elle se retint de soupirer bruyamment et se pinça l'arrête du nez... Celui là lui aurait vraiment tout fait...
Tsunade s'approcha doucement des deux adolescents, posant une main reconnaissante sur l'épaule de Naruto, les tirant de leur transe. Se rendant compte de la position dans laquelle ils se trouvaient, le jeune ninja se décolla avec précaution de son ancien camarade, qui le relâcha précipitamment et le bouscula brusquement. Le blond sortit du lit, se grattant l'arrière de la nuque un peu gêné, et se posta au côté de la Godaïme.
Concentrant son chakra dans ses paumes, les dirigeant vers le ventre plat du brun exténué, elle l'examina longuement, dans un silence de cathédrale, fronçant les sourcils. Quand elle se redressa, elle croisa le regard inquiet de son protégé avant de regarder d'un air sombre son patient.
- Je suis désolée Sasuke... mais c'est un échec. Le foetus est bien plus résistant que je ne l'aurais imaginé et tes forces sont au plus bas.
Levant la main pour stopper toute entreprise d'interruption de la part des garçons, elle poursuivit :
- Et vu ce que ça a donné pour une première tentative, il est totalement exclu de recommencer. C'est trop dangereux. Tu vas devoir le porter jusqu'au bout, Sasuke, et le mettre au monde, d'une manière ou d'une autre. De mon point de vue, tu n'es pas le seul concerné, tu devrais lui en parler.
Sur ces paroles sibyllines, elle quitta la pièce d'un pas lourd, fourbue, laissant les deux anciens rivaux seuls.
- Qu'est ce qu'elle a voulu dire ? A qui devrais-tu en parler ? lança le blond encore gêné.
Sasuke, épuisé, ne trouva pas la force d'exploser de colère et de rage bien que ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Éreinté, il se tourna péniblement sur le flanc, présentant son dos à Naruto.
- … A ton avis... Idiot... souffla-t-il.
- …Ne me dis pas que …. non, pas quand même... Orochimaru ? s'exclama horrifié le jinchuriki.
- Pfff... J'aurais presque préféré ! Mais il était déjà mort à ce moment là...
- Mais qui alors ? insista l'idiot.
- Dis-moi que tu le fais exprès. Tu te souviens pas de la forêt ?! éructa le brun.
- Ah, la forêt …. ben en fait, euh... pas vraiment, non. Je sais qu'on s'est battus, et que tu t'es transformé avec ta sale tronche de mutant ailée, mais après... et quand je me suis réveillé, tu n'étais plus là...
Sasuke se retourna vers son interlocuteur, hors de lui.
- C'est tout ! On s'est battu et c'est tout ?! Tu te fous de ma gueule ?! C'est toi le sombre crétin qui a perdu le contrôle de son putain de parasite ! Et ce salopard en a bien profité ! Alors d'après toi, à qui la faute si j'en suis là ?!
Naruto recula sous le coup de cette révélation. Il fixa, horrifié, le visage contracté de rage de son ami. La figure hâlée perdit ses couleurs, devenant blanche comme un linge. Oscillant sur ses jambes, le blond recula, percutant le mur derrière lui. Il s'y appuya et se laissa lamentablement glisser au sol, choqué.
- Ça y est tu as enfin compris ? Et moi qui croyais que l'autre parasite s'empresserait de te raconter tous les détails sordides pour alimenter tes fantasmes ! cracha méchamment Sasuke.
Des perles salées montèrent aux yeux bleus toujours hagards, serrant les dents à s'en briser la mâchoire. Touché en plein coeur par la remarque pleine de fiel, Naruto se releva difficilement et tourna les talons d'une démarche incertaine.
- Je suis... je suis... désolé, lâcha-t-il, sa voix assourdie par le chagrin.
Et le blond quitta précipitamment la pièce.
Adossé à quelques centimètres de la porte qu'il venait de fermer, le jeune shinobi laissa les larmes couler silencieusement sur ses joues sans retenue.
De l'autre côté de la porte, allongé sur le flanc, Sasuke fixait d'un regard vide le mur qui lui faisait face, une unique larme coulant sur sa joue...
To be continued...
Commentaires des auteurs :
Voilà vous savez tout... notre magnifique théorie pour faire un Mpreg Sasuke ! Bon y'a eu quelques imprévus, quelques cadavres, deux trois personnages précipités dans un puit, quelques résumés à la hache... mais c'était pour une bonne cause.
Et voilà comment, d'une idée saugrenue de Mpreg Sasuke à justifier, sans sexy méta ou jutsu complexes, est née une fiction bucoliquement barbare !
Non parce que y'en a marre que ce soit toujours Naru qui s'y colle !
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
BOUM !
Le bruit sourd d'un corps rencontrant inopinément le sol attira l'attention des deux auteurs en pleine réflexion intense et discussions métaphorico-philosophiques sur les prochains déboires salés d'un certain jeune brun maintenant officiellement en cloque.
- Pourquoi Itachi est-il par terre ?
Suigetsu sort de son bocal et répond :
- Je crois que c'est le choc d'apprendre qu'il va être tonton !
- C'est pas plutôt parce que Sasuke va être maman ?
- Tiens Juugo, t'es là ? C'était bien les geôles ?
- On y était ensemble, Suigetsu !
Naruto et Kyuubi arrivent en chantant et dansant dans la salle:
- On va être papa ! On va être papa ! être papa ! on va être papa !
Sasuke se tourne vers les deux auteurs et tombe à genoux, les mains jointes devant lui et supplie:
- Pitié ! Je vous en supplie ! Arrêtez de m'aimer ! Je vous laisse Naruto, je vous laisse Itachi, tout ce que vous voulez, mais arrêtez de m'aimer autant ! Tant d'amour, ça me fait mal, je n'en peux plus ! Dites-moi que c'est bientôt fini...
Les deux complices sortent "La grossesse pour les nuls" et le tendent à Sasu avec un grand sourire innocent :
- C'est écrit là, une grossesse c'est neuf mois, t'en est qu'à onze semaines... Rassure-toi tu survivras, même à l'accouchement...
Baissant la voix, elles ajoutent :
-Enfin, normalement, mais normalement tu devais être consentant au premier lemon, alors...
Puis plus fort, elles concluent :
-Tu vois qu'on t'aime et qu'on est des anges !
Karin arrive dans une tenue de pom-pom girl et entame une danse ridicule :
- Donnez-moi un R ! Donnez-moi un E ! Donnez-moi un V ! Donnez-moi un I ! Donnez-moi un E ! Donnez-moi un W ! Reviewez ! Reviewez ! Reviewez ! dit-elle en sautillant partout avec ses pompons.
Rendez vous au prochain chapitre, chapitre 5 : Tours & Détours...
Après quelques errances et une pente bien glissante, des tours et des détours s'annoncent. Qu'est-ce qui attend Sasuke sur le chemin ? Sa destinée est en marche...
