Désolée par avance, ce chapitre est plus court que les autres... J'espère que ça vous plaira quand même ! =)
Merci à ShunKickShunKers, Pepe64, paffi, Castle38, Jade212000, et MissK369 ! =)
janeanteresa: Ah la scène du ravin ! Je rêvais de l'écrire depuis deux mois et apparemment c'était pas une mauvaise idée ! ^^ Merci !
alamanga: Je suis très honorée. =) J'espère ne pas décevoir ton enthousiasme ! Oh, et j'étais contente de lire que l'intervention du copain de James amoureux de Lisbon t'a plu. =) Merci beaucoup ! (et merci aussi pour ta review sur "Le piano oublié"!)
MissHippie: Merci merci merci ! =D Ton enthousiasme me va droit au coeur !
Quelqu'un qui n'a pas dit son nom (désolée ^^'): Je suis ravie de contribuer à ta bonne humeur ! Et effectivement, ce n'est pas un cas désespéré que le leur (du moins j'essaie !^^) Je suis ravie que ça t'ait plu, merci !
FewTime: Oh mais de rien, ce fut un plaisir. =) Je suis contente de t'avoir fait rire. (c'est le but en même temps ^^) Jerry a son petit rôle, mais surtout pour le comique du personnage (et l'agacement de Jane -vengeance quand tu nous tiens...) Et pour te rassurer, Gorby n'est pas un méchant, je me suis trop attachée à lui pour ça. =) J'espère que le mélange humour/sérieux restera digeste jusqu'à la fin. Et merci !
Chapitre 3 : Are You Game ?
Lisbon sortit de son bain en maudissant son consultant et enfila un pull –alors même qu'ils étaient en plein été. Jane, étendu de tout son long sur son lit, l'observa s'agiter avec un sourire ravi.
-Un problème Lisbon ? s'enquit-il, l'innocence même.
-Vous voulez parler du fait que vous êtes un mufle, ou bien du fait que vous avez utilisé toute l'eau chaude ? gronda-t-elle.
-Voyons, fine comme vous êtes, vous n'aviez pas grand-chose à laver, plaisanta-t-il.
-J'ai des cheveux.
-Oui, moi aussi, confirma-t-il –tout en sachant très bien qu'elle parlait du temps requis pour ses longs cheveux noirs. Mais je vous accorde que les vôtres sont plus jolis, ajouta-t-il.
-Vous ne vous imaginez même pas à quel point ça me fatigue d'essayer de vous adresser la parole, s'exaspéra-t-elle. Si je fais une dépression nerveuse, je vous envoie la note.
-Faîtes donc ça, je viendrai vous remonter le moral.
Elle lui lança un coup d'œil blasé, puis se laissa tomber sur son lit, les bras en croix. Il l'observa discrètement, amusé, mais perdit vite son sourire en réalisant qu'elle était sincèrement triste d'être ici, à lutter contre lui et ses idioties.
-Hey Lisbon, souffla-t-il.
-Quoi encore ? soupira-t-elle en tournant la tête vers lui.
Il rehaussa sa tête à l'aide de son coude, s'installant plus confortablement comme à chaque fois qu'il était mal à l'aise intérieurement.
-Je suis désolé, avoua-t-il. Je ne suis pas... –plus– habitué à devoir partager mon quotidien avec quelqu'un. Je vais faire de mon mieux, d'accord ?
Surprise par son ton doux et un peu blessé, elle ne put qu'acquiescer, se sentant idiote. Elle n'avait vu que rarement cette vulnérabilité chez Jane, et elle n'avait jamais su comment gérer ces moments. Il la désarmait avec cet air douloureux, cette sincérité emprisonnée dans une douceur blessée, et ses yeux océans qui semblaient lui demander tous les pardons du monde.
Jane sentit son malaise, et fit réapparaître son sourire en un éclair.
-Mais je n'ai pas dit que j'arrêterai de vivre pour autant, lui signala-t-il, de nouveau joyeux.
-Je n'en espérai pas tant, ironisa-t-elle, un léger sourire aux coins des lèvres.
-Ça va être l'heure de la « fête de bienvenue », prête ?
Elle acquiesça en se levant et se débarrassa du pull avant de suivre Jane à l'extérieur du chalet 16 où ils étaient entrés en furie une heure plus tôt. Jane lui offrit un sourire confiant, sachant d'ors et déjà qu'elle détestait ce genre de soirées, et elle le lui rendit timidement, gênée d'être si facile à lire.
Lorsqu'ils s'installèrent à une nouvelle table vide de convives, Jane songea en observant furtivement Lisbon examiner la salle que le séminaire lui importait peu, il pouvait gagner la confiance de Lisbon de lui-même, il suffisait qu'il tombe le masque, pour lui montrer un peu de cette affection discrète qu'il lui portait.
Et si le vieux Gorby avait pu entendre cette réflexion, il aurait eu une pensée émue pour sa chère Elly disparue.
Après l'annonce des gagnants –des militaires– et des perdants –deux millionnaires aux sourires niais, Matt Honing leur souhaita une bonne soirée de bienvenue, déclara la scène libre pour toute personne voulant montrer ses talents, puis lança un air de musique légèrement ridicule. Au plus grand soulagement de Lisbon, personne ne vint prendre les places vacantes en face d'elle et Jane.
-Ils ont eu peur, affirma Jane sur le ton de la confidence.
-Peur de quoi ? s'étonna-t-elle.
-Vous avez fusillé du regard l'intégralité de la salle depuis que nous sommes assis…
Elle le dévisagea, puis se tourna vers la salle.
-N'importe quoi, marmotta-t-elle en attrapant son assiette pour aller se servir.
Jane rit et la suivit en insistant sur sa théorie, récoltant l'exaspération de la jeune femme. Ils allaient arriver vers les derniers plats disponibles lorsque la cuisinière Mary se présenta face à eux de l'autre côté de la table.
Elle était blonde, un peu ronde et très jolie, ses grands yeux marron devaient sûrement lui avoir obtenu beaucoup de choses. En cet instant, Lisbon sut tout de suite ce qu'elle voulait obtenir. Elle ne put s'empêcher de rouler des yeux alors que la blondinette adressait un sourire à Jane.
-Mary, la salua-t-il d'un sourire.
-Patrick, répondit-elle sur le même ton.
Lisbon resta entre eux, éberluée par l'espèce de numéro de charme qui se jouait sous ses yeux.
-J'aurai votre thé demain, annonça Mary.
-Vous êtes le rêve de tous les hommes, la complimenta Jane.
-Tous les hommes ne rêvent pas de son thé, ironisa Lisbon à mi-voix.
Jane eut un sourire en coin mais se reprit vite, fidèle à son jeu de séducteur auprès de l'adorable cuisinière.
-Qu'aurons-nous en dessert ? s'enquit-il.
-C'est encore un secret, murmura-t-elle en gloussant légèrement.
Lisbon fit les gros yeux, exaspérée. Elle était à deux doigts d'aller chercher une corde pour se pendre. Jane et son fichu thé…
-Vous entendez Lisbon ? C'est un secret, répéta Jane de son air ravi. N'est-elle pas charmante notre cuisinière ?
Lisbon lui répondit d'un regard clairement blasé avant de tourner son regard vers Mary et de lui offrir un sourire parfaitement hypocrite.
-Charmante, confirma-t-elle d'une voix un peu trop haut perchée pour être sincère.
Mary ne sembla pas déceler quoi que ce soit et rayonna un peu plus.
-D'ailleurs, je vais aller goûter à cette charmante cuisine, reprit Lisbon. Et je vous laisse échanger vos charmants sourires pendant ce temps.
Elle poussa légèrement Jane pour passer et se dirigea vers la table qu'ils avaient élue.
-Excusez-la Mary, elle est de très mauvaise humeur, sourit Jane, amusé par le comportement de la brunette. Mais dîtes-moi maintenant, auriez-vous une bouilloire pour préparer le thé ?
...
Lisbon ne toucha pas à son assiette, jetant des regards noirs à Jane et Mary qui parlaient toujours avec leurs grands sourires publicitaires.
-Un sacré numéro ce monsieur Jane, hein ? s'enquit une voix amusée dans son dos.
Elle se tourna, surprise, et vit le vieux Gorby lui adresser un sourire. Elle le lui rendit et l'invita à s'asseoir. Il prit la place de Jane à côté d'elle, posant une assiette peu remplie face à lui.
-Madeleine m'avait prévenu qu'il était spécial, mais je ne m'attendais pas à ça, sourit Gorby.
-C'est l'effet Jane.
-On ne s'ennuie pas avec lui je suppose ?
-Jamais, confirma Lisbon dans un léger sourire. Non seulement il a une intelligence supérieure au monde entier, mais en plus, il a un ego supérieur au monde entier.
Gorby rit légèrement en piquant sa fourchette dans une pomme de terre.
-Vous croyez qu'il est intéressé par Mary ? s'enquit-il alors.
-Jane ne s'intéresse pas aux femmes, se contenta de répondre Lisbon en entamant finalement sa maigre assiette.
Elle croisa le regard étonné de Gorby et rit légèrement.
-Il n'est pas gay, rit-elle. C'est juste qu'il… ne regarde pas les femmes. Du moins, il ne les regarde plus.
-Il est marié, c'est normal, lui sourit Gorby.
Lisbon perdit un peu de son sourire puis se mordit la lèvre.
-A vrai dire, sa femme est morte il y a près de dix ans, avoua-t-elle. Il n'a juste pas pu… enlever l'anneau.
-Oh… Je suppose que lui et moi avons quelque chose en commun alors, sourit tristement le vieil homme en montrant son annulaire où une alliance d'or brillait.
-Je suis désolée monsieur Gorby.
-Les femmes que nous aimons, elles ne nous quittent jamais vraiment, souffla-t-il avec regret.
-C'est l'une des choses que j'ai apprises avec Jane, avoua-t-elle.
-Mais ça ne veut pas dire qu'on ne peut plus aimer, rectifia Gorby.
-Je vous l'ai dit, Jane ne regarde aucune femme.
Le vieil homme sourit doucement avant de boire un peu de son verre d'eau. Lisbon jeta un coup d'œil à Jane qui était désormais assis avec Mary sur l'estrade encore désertée, alternant bouchée et compliment, réussissant à faire rire son interlocutrice à chaque nouvelle idiotie.
La voix de Gorby la sortit de ses observations.
-Il vous regarde, vous.
-Je suppose que c'est parce qu'il n'a personne d'autre, répondit-elle en haussant les épaules.
-Ça explique pourquoi sur la fiche d'urgence que Madeleine nous a envoyée, vous êtes le seul nom qui apparaisse.
Lisbon sourit doucement en repoussant son assiette vide.
-C'est un solitaire, répondit-elle, comme si ça justifiait tout.
-Un solitaire qui vous a comme repère alors.
-Un solitaire qui aime m'enquiquiner à chaque minute de chaque heure, rectifia-t-elle. Mais ce n'est pas toujours insupportable, avoua-t-elle sous le regard chaleureux du vieil homme.
-Pourquoi êtes-vous ici Teresa ? souffla-t-il avec douceur.
Elle hésita, le regard vague.
-Jane n'est pas si facile à vivre qu'il n'y paraît, souffla-t-elle finalement. Vous le voyez toujours joyeux, vous qui êtes à l'extérieur, mais cette joie… cette joie m'étouffe parfois. Je sais que c'est de la poudre aux yeux, qu'il s'en sert pour nous faire oublier ce qu'il a au fond du cœur. Et je suppose qu'on ne peut pas vraiment faire confiance à quelqu'un qui affiche un masque permanent.
-Pourtant il semble vous apprécier sincèrement.
-C'est le problème de Jane, sourit-elle amèrement. A trop le voir sembler, on ne sait plus ce qui est vrai ou faux chez lui.
-D'où votre présence ici, comprit Gorby.
Lisbon acquiesça en pinçant les lèvres, jetant un coup d'œil à Jane et sa cuisinière.
-Vous savez, reprit le vieil homme, ce n'est pas parce que leur programme est nul qu'il ne marche jamais. Parfois, forcer les gens à se côtoyer au quotidien suffit à les rendre confiants.
-On verra bien dans deux semaines, répondit-elle en haussant les épaules.
-Bien sûr, pour que la magie opère, il faut que vous y mettiez de la bonne volonté, s'amusa Gorby, malicieux.
-Je ne peux pas ne pas me disputer avec lui. Il est si… agaçant.
-Je parlais de vos humeurs chère Teresa. Depuis la première fois que je vous aie vue ce matin, je n'ai pas vu un sourire sur votre joli visage.
Elle ne put que sourire en réponse, Gorby lui était déjà sympathique.
-Voilà qui est mieux, triompha-t-il, radieux.
-Vous êtes un drôle de numéro vous-même monsieur Gorby, sourit-elle.
-Je vous en prie, appelez-moi Ary.
-D'accord, Ary, lui sourit-elle en réponse.
Elle reporta son attention sur la salle où deux hommes un peu éméchés étaient bousculés vers l'estrade. Ils montèrent en chancelant et entamèrent quelques chansons à l'aide d'un karaoké vite installé.
-Dire que ce séminaire est réservé aux adultes, soupira Gorby.
-Attendez un peu que Jane s'y mette, lui glissa malicieusement Lisbon.
-Il chante ?
-Non, rit Lisbon. Mais il est magicien à ses heures.
-Vous croyez qu'il nous fera une démonstration ?
-Si ce n'est pas aujourd'hui, sachez qu'il ne peut pas s'empêcher de faire le malin.
Gorby sourit et chercha Jane des yeux. Il finit par le repérer en train d'observer les deux poltrons massacrer une chanson, riant à côté d'une Mary décidément charmée. Lorsque Matt fit interrompre le karaoké, Mary se tourna vers Jane pour lui glisser quelque chose à l'oreille. Il lui sourit puis s'avança vers la scène pour échanger quelques mots avec Matt Honing.
-Je vous prie de saluer Patrick Jane qui se propose pour quelques tours de magie, lança Matt quelques instants plus tard.
Gorby se tourna vers Lisbon qui levait les yeux au ciel en souriant.
-Je vous l'avais dit, c'est plus fort que lui.
Sur scène, Jane avait déjà fait apparaître une dizaine de choses sous les applaudissements enthousiastes de tous et charmés de Mary. Elle était au pied de la scène, subjuguée, et lorsque Jane fit apparaître une pièce derrière son oreille, Lisbon aurait juré la voir manquer de s'évanouir.
Au bout de cinq minutes de tours divers, la salle était conquise et Jane la star du moment.
-Un dernier pour la route ? suggéra-t-il à son public.
Le oui fut unanime et Lisbon vit Jane sonder la salle du regard. Elle eut un mauvais pressentiment et résista tant bien que mal à une envie subite de disparaître.
-Pour ce dernier tour, je vais appeler une jolie assistante, déclara Jane.
Lisbon pria pour que la cuisinière serve au moins à quelque chose, mais le regard malicieux de son consultant traînait décidément un peu trop vers elle.
-Lisbon, vous me rejoignez ? appela-t-il.
-Je le hais, marmotta Lisbon alors que Gorby riait.
Elle se leva à regret et fendit la foule pour rejoindre la scène. Jane lui tendit la main et elle dut se faire violence pour la prendre. Elle vit du coin de l'œil l'air déçu de la pauvre Mary.
-Je vous présente ma partenaire du séjour : la ravissante mais non moins redoutable Teresa Lisbon, la présenta Jane, s'attirant autant de sourires que d'applaudissements.
Jane ignora le regard noir de sa « partenaire du séjour » pour battre les cartes. Il lui fit tirer trois cartes sans qu'il ne regarde, les fit montrer au public toujours sans qu'il ne voie quoi que ce soit, puis les cartes furent remises… Bien sûr, il devina les trois.
Il s'inclina face au public, poli et charmeur alors qu'on l'acclamait, puis il descendit à la suite de Lisbon. Cette dernière parvint à retourner à la table où Gorby l'attendait rapidement mais Jane fut assailli par des admirateurs, Mary la première.
Lisbon ne mit pas longtemps à saluer chaleureusement Ary Gorby, puis elle s'éclipsa pour retourner furtivement au chalet numéro 16.
Si elle devait supporter une telle mascarade pendant deux semaines, elle allait avoir besoin de nuits complètes.
Des questions ? Des réclamations ? Une envie de m'incendier ? Je suis dispo ! ^^
J'ai peut-être une chance de poster lundi. Si lundi soir vous n'avez pas vu signe de moi, c'est que je n'ai pas eu internet. (Désolée par avance si c'est le cas.)
Je vous laisse un extrait du chapitre 4 en lot de consolation ! =)
"-Et moi qui croyais que c'était vous le briseur de cœur, se moqua Lisbon.
-Pourquoi vous dîtes ça ? s'étonna Jane en fronçant les sourcils.
-Et en plus vous vous payez le luxe de faire l'innocent.
[...]
-Vous parlez de Mary ?
-Qui d'autre ? ironisa-t-elle en s'immobilisant en haut des escaliers pour se retourner.
[...]
-Peut-être vous..?"
