Chapitre 3 Dans la nuit
Draco Malfoy se réveilla. Il s'assit dans son lit, troublé par le rêve qu'il venait de faire. Il faisait souvent des rêves étranges. Mais là… Il venait de rêver d'Hermione Granger. La fille la plus insupportable de Poudlard. Celle qui représentait ce qu'il y'avait de pire dans les Sang-de-Bourbe. « Non, ça c'est ce que pense ton père et regarde où ça l'a mené, » pensa le jeune homme. En vérité, il ne supportait pas Hermione Granger tout simplement parce qu'elle réussissait mieux que lui et que son ambition et son égo de Serpentard ne l'acceptait pas et parce qu'elle était l'amie de Potter. Mais il n'avait jamais vraiment pensé toutes les insultes qu'il lui avait dite et il n'avait jamais compris pourquoi Lucius Malfoy détestait les Moldus et les nés-Moldus. S'il avait fait comme si son père avait raison, s'il l'avait traité comme un dieu vivant pendant toutes ces années c'était pour le rendre fier. Parce qu'un jour, Draco l'avait entendu dire à sa mère qu'il ne voulait pas être déçu par son fils, qu'il voulait qu'il soit un Malfoy digne de ce nom. Et Draco avait donc tout fait pour être une réplique de son père. Jusqu'à la fin de sa quatrième année, quand le Seigneur des Ténèbres était revenu et que son père l'avait rejoint. Il avait toujours eu une répugnance pour le mage noire et une peur sourde de cet homme et il ne voulait pas avoir à faire avec lui. Mais il l'avait toujours admiré et considéré comme le plus intelligent des sorciers du siècle. Pour lui, même Dumbledore était idiot face à Lord Voldemort. Quand il avait appris que son père était Mangemort, il n'avait plus voulu lui ressembler. Et aujourd'hui que Lucius était à Azkaban, encore moins. Quoi qu'il en soit, cette nuit il avait rêvé d'Hermione Granger. Il se demandait bien pourquoi. Le pire, c'était ce qu'il avait rêvé qu'il faisait avec elle. Le rêve avait commencé dans la salle de potions. Ils étaient toujours à côté, comme d'habitude. Elle lui avait dit une énième fois comment faire sa potion au mieux. Et puis sans prendre garde, ils s'étaient effleurés, puis regardés. Et puis leur relation était devenue moins tendue, Draco avait arrêté de l'insulter. Ils étaient devenus plus proches, jusqu'à qu'ils se retrouvent seuls dans la salle de potions. Ils s'étaient approchés. Si près que Draco aurait senti le souffle de Granger si ça avait été réel. Et puis… ils avait failli s'embrasser. Mais Draco s'était réveillé à ce moment précis. Ce qui l'avait choqué, c'était le physique d'Hermione. Certes elle ressemblait à elle mais elle était encore plus bel… « Non, mais calme-toi mon pauvre. Tu délires. » songea-t-il. Les traits de la sorcière s'étaient affinés. Ses courbes s'étaient dessinées. Son visage… Draco avait toujours été plus ou moins fasciné par les yeux d'Hermione. Ces abîmes noirs qu'il refusait de fixer, de peur de s'y noyer. Et ces cheveux, indomptable masse châtains, qu'il aurait aimé touchés… « Non, mais calme-toi, Draco ! Ce n'est qu'un rêve et cette fille est ton ennemie ! Tu ne peux pas… tomber amoureux d'elle. » se morigéna-t-il. Draco s'ébroua, il fallait que ces pensées peu catholiques cessent. Alors qu'il tentait de se vider la tête et de se convaincre que non, il n'était pas en train de… enfin, de tomber sous le charme de Granger, une voix retentit.
« Petrificus totalus !
Draco s'effondra sur son lit, les bras le long du corps, incapable de bouger. Il vit des silhouettes apparaitre. Cinq, emmitouflées de capes noires. Leurs capuches empêchaient de voir leurs traits mais Draco savait qui ils étaient. Des Mangemorts.
-Alors Draco, tu ne dors pas ?
Draco lança un regard noir à Bellatrix Lestrange, se retenant de lui tirer la langue, ce qui était puéril et ne risquait pas d'impressionner cette folle. Draco ne la supportait pas.
-Greyback ! fit la sorcière.
Le loup-garou souleva le corps long et mince du jeune Malfoy et ils transplanèrent. Draco se doutait de ce qu'ils voulaient. « Plutôt mourir, » pensa-t-il. Ils atterrirent dans une forêt. Aussitôt, les Mangemorts acculèrent Draco à un arbre en pointant leurs baguettes sur lui. Le jeune homme n'avait pas la sienne, restée sur sa table de nuit. Il sentit son cœur battre plus fort. On annula le sortilège de figement mais Draco ne bougea pas.
-On fait moins le malin quand son papa n'est pas là ? fit Bellatrix.
-La ferme, Lestrange ! dit Draco.
-Oh, mais c'est qu'il s'énerve, le fi-fils à papa, gloussa la sorcière.
-Tu as de la chance que je sois désarmé, sinon…
-Sinon quoi ? Tu me jettes un Avada Kedavra ? Il faut de la volonté pour tuer, mon cher. Ce que tu n'as pas et n'aura jamais. Indigne de sa famille !
Draco serra le poing. Il ne pouvait rien faire sans baguette et s'il frappait sa tante, il se ferait tuer. Et Bellatrix se gargarisait de son courroux. Draco afficha une mine impassible. Quitte à mourir, il ne lui donnerait pas le plaisir de le voir enragé.
-Dites-moi ce que vous voulez et dégagez, dit tranquillement le jeune homme.
-Ton père est à Azkaban et le Seigneur des Ténèbres veut absolument que tu le remplaces, dit Bellatrix. Je ne vois pas ce qu'un gamin pourrait faire pour lui mais…
Pour une fois, Draco était d'accord avec Lestrange. A quoi pourrait-il servir ?
-Jamais je ne deviendrai comme vous.
-Vraiment ? Tu as trop peur ? railla la sorcière.
-Je ne suis pas un meurtrier ! s'exclama Draco, toute sa rage contenue, explosant.
-Tu es indigne de ta famille, de ta maison, de ton rang ! hurla la femme. ENDOLORIS !
Le sortilège fusa, jetant Draco à terre. Le jeune sorcier se convulsait, tandis que les Mangemorts s'écartaient. Il se mordit les lèvres au sang pour ne pas satisfaire Bellatrix des hurlements de douleur qu'il aurait dû pousser.
Depuis sa troisième année, Hermione était conviée au bal de Noël et de fin d'année à Poudlard. En troisième année, la jeune fille était rentrée chez elle à Noël. En fin d'année, elle avait prétexté une grippe pour y échapper. En quatrième année, à Noël, Victor Krum l'avait invitée. Le tournoi des trois sorciers s'étant terminé par la mort de Cédric Diggory, il n'y avait pas eu de bal. En cinquième année, elle avait passé Noël avec Ron et Harry, chez le rouquin quant au bal de fin d'année, il avait eu lieu durant la bataille au Département des Mystères à laquelle Hermione avait participé, donc elle n'était pas allée au bal. Cette année elle n'avait aucune excuse pour louper les deux bals. Ses parents ne la prenaient pas à Noël et ni Ron ni Harry ne l'inviteraient, elle le savait, sinon ils l'auraient fait les années précédentes. Et à la fin de l'année, elle n'aurait aucune excuse si ce n'est un autre contretemps qu'elle ne souhaitait absolument pas. Elle ne pouvait pas prétexter une nouvelle fois la maladie. On se douterait de quelque chose et alors les autres sauraient. Ils sauraient qu'aucun garçon ne voulait l'inviter parce que son caractère déplaisait. Et qu'elle ne plaisait pas. Hermione n'avait jamais apporté grande importance à l'opinion du sexe opposé, si ce n'est à Ron, quand elle l'aimait il y'a quelques années, mais ses sentiments avaient fini par disparaître. Aujourd'hui, c'était différent. Elle aurait aimé qu'au moins on lui adresse un regard. Or, ce n'était pas le cas. Excepté, le regard haineux et hostile que Draco Malfoy posait sur elle. C'était à cela que songeait Hermione, insomniaque aux alentours de 4h31. Elle se redressa en position assise. Ses parents n'étaient pas là, partis à une fête chez des amis qu'Hermione ne connaissait pas. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à dormir. Elle se leva, prit sa baguette, descendit les escaliers et sortit dans la douce chaleur du début de mois d'Août. Non loin de chez elle, il y'avait une forêt où elle aimait bien se rendre. Bizarrement, c'était un endroit où elle ne réfléchissait plus. Elle pénétra dans la forêt dont la quiétude était seulement troublée par les animaux nocturnes. Elle marcha un moment puis soudain :
-Vraiment ? Tu as trop peur ?
Hermione aurait reconnu cette voix, entre mille, encore dans sa tête depuis le meurtre de Sirius. Bellatrix Lestrange. Elle s'avança. Ils étaient cinq, autour d'un arbre et pointaient tous leurs baguettes sur quelqu'un qu'Hermione ne put identifier car les Mangemorts étaient trop rassemblés et dissimulaient le corps. La jeune fille se cacha dans un buisson et par précaution, elle jeta un Salveo Malefica pour la rendre invisible de ses ennemis, sachant que cela lui coûterait cher au tribunal sorcier, à cause de la Trace.
-Tu es indigne de ta famille, de ta maison, de ton rang ! hurla Bellatrix. ENDOLORIS !
Hermione étouffa son cri de terreur avec sa main. Un corps tomba sur le sol et les Mangemorts s'écartèrent. La jeune sorcière distingua enfin quelque chose. Des cheveux blonds, presque blancs. Draco Malfoy. Mais pourquoi le torturaient-ils ? Lucius Malfoy était un Mangemort, son fils n'avait donc rien à craindre. Hermione s'attendait à l'entendre hurler, mais il semblait se contenir.
-Tu en veux encore ou tu nous donnes ton bras ? demanda Lestrange.
-Dans tes rêves… sale garce !
-Endoloris ! reprit Bellatrix.
Hermione observait la scène, le souffle court. Bien qu'elle n'ait jamais aimé Malfoy, elle trouvait impensable de torturer qui que ce soit, qui plus est, avec plaisir. « Elle est complétement dingue… » pensa Hermione.
-Et maintenant ? demanda à nouveau la Mangemort.
-Ja… mais, haleta Draco.
Hermione ne savait pas ce qui la poussa à faire cela, mais avant que le sortilège atteigne Malfoy, elle pointa sa baguette vers lui, dans le trou que formaient les jambes de deux Mangemorts et souffla :
-Protego !
Draco releva la tête en sentant le sortilège de protection. Qui avait bien pu faire cela ? Bellatrix se releva et lança :
-Humanis revelio.
Mais rien ne se produisit. Hermione respira à nouveau. Son sortilège de dissimulation avait fonctionné, celui de Bellatrix ne l'avait pas détectée.
-Tu m'avais dit que tu étais désarmé !
-Tu m'as cru ? ricana faussement Draco, sautant sur l'occasion et se promettant de remercier son sauveur.
-Sale petit…
Mais Bellatrix ne finit pas son insulte.
-Non tu ne me feras pas perdre mes moyens. Si tu ne veux pas nous rejoindre, alors tu mourras ! Sectumsempra !
Hermione ne connaissait pas ce sortilège. Mais quand elle vit le liquide rouge qui coulait sur le sol de la forêt, elle devint livide. Les Mangemorts transplanèrent, laissant Draco se vider de son sang.
-Finit ! fit Hermione avant de se précipiter vers le corps de Draco.
Le jeune homme sentit qu'on s'agenouillait près de lui. Il ouvrit les yeux et vit le visage d'Hermione Granger qui réfléchissait à toute vitesse. C'était elle son sauveur ? Il sourit et la dernière chose qu'il vit avant de perdre connaissance, c'est la jeune fille qui prenait sa main et ses lèvres qui bougèrent à toute vitesse.
Après avoir transplané pour la première fois de sa vie et remerciant sa mémoire exceptionnelle d'avoir retenu comment faire dans les livres, Hermione fit léviter le corps de Draco jusqu'à son canapé et ouvrit la chemise du jeune homme. Elle ne connaissait aucun sort capable de guérir les énormes entailles qui parcourait le torse de son camarade d'école alors elle allait le faire à la Moldu.
-Accio trousse de secours ! Accio aiguille ! Accio fil ! fit-elle, refusant de quitter Draco.
Elle ne savait pas pourquoi elle désirait tant le sauver. Est-ce que c'était parce qu'elle était horrifiée par ce qu'avait fait Bellatrix ou est-ce qu'elle ne voulait pas que Draco meure ? Elle refoula ses pensées au fin fond de son cerveau, se disant qu'elle aurait tout le temps d'y penser une fois le Serpentard soigné. Soudain, elle eut une idée. « Mais quelle idiote ! Pourquoi je n'y aie pas pensé avant ? » Elle pointa sa baguette sur le corps inanimé de Malfoy et prononça :
-Immobilis !
L'hémorragie stoppa. Espérant que le sort tienne jusqu'à qu'elle ait fait tous les points, elle se lança dans la recherche de gazes et de désinfectant dans la trousse de secours. Elle n'avait évidemment jamais recousu des plaies béantes, même si avant de savoir qu'elle était sorcière, elle voulait devenir médecin ou chirurgien. Cette époque lui semblait si lointaine… Elle se secoua et chercha à nouveau les gazes et le désinfectant. Dès qu'elle l'eut trouvé, elle appliqua le produit sur les plaies de Draco qui tressautait légèrement à chaque fois que la lotion le touchait.
-Je suis désolée, je ne peux pas t'anesthésier, je n'ai rien qui puisse le faire. Ça risque de faire plus mal la suite. »
Hermione ignorait s'il l'entendait ou non. Dans tous les cas, elle n'avait pas le choix. Elle sortit l'aiguille et le fil et s'attaqua à la première plaie. Elle recousit toutes les plaies puis contempla son travail. Ce n'était pas trop mal. Ensuite elle posa une à une les gazes sur les plaies et à l'aide d'un scotch médical, elle les fixa. Elle avait terminé. La respiration de Draco était calme, tout comme ses battements de cœur. Elle soupira de soulagement. Elle l'avait sauvé. Elle posa un regard sur le jeune homme. Il avait mûri. Tous ses traits d'enfant avaient disparu, laissant un visage fin et anguleux. Ses cheveux blonds encadraient ses yeux, qu'Hermione savait gris. Elle se surprit à observer son torse nu. Elle dût reconnaître qu'il était plutôt musclé. « Parfois, je comprends Pansy Parkinson… » Elle s'ébroua. Que se mettait-elle à penser ? Elle se leva, sachant que le nombre de sortilèges qu'elle avait prononcé lui coûterait sûrement sa place à Poudlard et sa baguette magique et alla chercher une couverture. Elle la déposa avec douceur sur le corps de Malfoy et s'assit à côté de lui pour le veiller. Elle jeta un dernier sort, un recurvite pour nettoyer le canapé, taché de sang. Elle finit par s'endormir, trois-quarts d'heure plus tard.
Draco s'éveilla plusieurs heures plus tard, sans la force de se lever. Tout son torse le tiraillait. L'esprit embué, il essaya de se souvenir de ce qu'il lui était arrivé. Ah oui. Sectumsempra. Ce sort qu'il ne connaissait pas. Ensuite, il se souvenait de son sang qui coulait, Hermione et… la jeune sorcière était assise, endormie, à côté de lui. Il l'observa et se figea. Elle était exactement comme dans son rêve. Ça le troubla plus qu'il ne voulait se l'avouer. Pourquoi avait-il rêvé d'Hermione telle qu'elle était maintenant, alors qu'il ne l'avait pas vue depuis la fin de l'année ? Elle avait beaucoup changé. Elle n'avait plus grand-chose de l'enfant-adolescente qu'elle était. Draco essaya de se relever et sans prendre garde, il effleura la main d'Hermione. La sorcière se réveilla en sursaut et se mit à regarder autour d'elle, l'air affolé. Son regard tomba sur le Serpentard. Il était éveillé. Elle avait donc réussi à le sauver.
« Tu vas bien ? demanda Hermione.
-Je suis vivant, ce qui est un miracle vu le sort qu'on m'a jeté, donc oui, ça peut aller.
-Ça te fait pas mal… les points de suture ? J'ai dû te recoudre, je ne connais pas de formule pour annuler les Sectumsempra.
-Pour une fois, ta grande intelligence a eu une faille, railla Draco.
-Fais attention à ce que tu dis, tu viens de faire un compliment, répondit Hermione.
Réalisant qu'il avait qualifié de « grande » l'intelligence d'Hermione (« ce qui est vrai, » songea-t-il avec jalousie), il baissa la tête, pour cacher ses joues qui s'empourpraient. D'habitude, ses émotions ne transparaissaient jamais mais là, devant la Gryffondor… il se maudit.
-Tu as faim ? questionna Hermione.
-Ça se pourrait.
-Je n'ai pas de nourriture sorcière, par contre.
-On mange comme les Moldus, tu sais, c'est juste nos friandises qui sont différentes.
Hermione se leva et se dirigea vers la cuisine. Repensant à sa promesse, Draco lui dit :
-Au fait… merci.
La sorcière s'arrêta de marcher et se retourna lentement.
-Tu es sûr que tu n'as pas de fièvre ?
Draco se tâta le front, avant de répondre.
-Non, pourquoi ?
-Parce que tu viens de remercier, une Sang-de-Bourbe, fit la jeune fille en accentuant le dernier mot.
-Tu m'as sauvé la vie, je crois que c'est normal.
Elle haussa les épaules et repartit vers la cuisine. Tandis qu'elle préparait un sandwich (elle n'avait pas grand-chose dans son frigidaire, Draco réfléchissait. « Qu'est-ce qu'elle peut être exaspérante des fois. » Elle avait toujours réponse à tout et elle le prenait pour quelqu'un qui ne ressentait rien. De plus, elle avait eu des réflexes que lui-même n'aurait pas eu face à la même situation et ça le rendait encore plus jaloux. Surtout, il ne comprenait pas pourquoi elle l'avait sauvé, après tout ce qu'il lui avait dit et fait. Elle devrait le haïr. Lorsqu'elle revint, un plateau entre les mains, Draco tenta de se redresser mais il n'y parvint pas. Il soupira avant de demander :
-Tu peux m'aider ?
Hermione posa le plateau sur la table basse et attrapa Draco par la taille. Ses joues s'empourprèrent sans raison apparente et elle redressa Draco puis se décala, baissa la tête et remerciant pour une fois ses cheveux bouffants qui cachaient son visage gêné.
-Pourquoi tu n'as pas utilisé la magie pour me soulever ? dit Draco tandis qu'elle lui donnait le plateau.
-Alors voyons, j'ai utilisé un sortilège de dissimulation, un de protection, j'ai transplané, j'ai utilisé un sortilège de lévitation, d'immobilité et quatre Accio, donc quand le Ministère viendra ils vont sûrement m'enlever ma baguette et m'expulser de Poudlard, alors autant minimiser ma culpabilité, non ? fit Hermione, un rien ironique.
-Ah. Je n'y ai pas pensé.
-Evidemment ton égoïsme de Serpentard t'en empêche ! explosa la Gryffondor.
« C'est dingue comme il m'agace, » pensa-t-elle.
-Alors pourquoi tu m'as sauvé ? demanda sèchement Draco.
-Généralement, je ne laisse pas mourir les gens, même quand la personne en question est mon pire ennemi. Mais tu ne peux pas comprendre, tu sais pas ce que c'est la compassion.
Ils se fixèrent un instant, les yeux lançant des éclairs mais Draco détourna le regard, n'arrivant pas à soutenir celui courroucé, d'Hermione, accentué par les prunelles noires de la sorcière. Il savait qu'elle n'avait pas tort. Il n'avait pas vraiment fait quoi que ce soit pour aider les autres avant. Il avait agi comme son père, une fois de plus. Mais ce qui le gênait le plus, c'est qu'elle lise en lui de cette manière, comme si elle savait ce qu'il pensait. Il détestait cela. Sans un mot, la Gryffondor s'assit dans le canapé et se détourna de Draco, essayant de calmer sa colère. Elle était calme et posée d'habitude mais le Serpentard avait le don de la mettre dans tous ses états, ou plutôt dans tous ses états coléreux.
-Je vais rentrer chez moi, dit-il.
-Non.
-Pardon ?
-Tu ne peux pas, tu dois garder les points entre 10 et 20 jours, vu la profondeur des plaies et je dois te les enlever. En plus, si tu rentres, les Mangemorts vont revenir et je n'ai pas franchement envie de t'avoir sauvé pour que tu meures donc on va être obligés de se supporter.
-Ça amène à la rentrée.
-Oui.
-Et tes parents ? Qu'est-ce que tu vas leur dire ?
-Bonne question. Et toi ? Ta mère, elle doit s'inquiéter ?
-Ouais. Surtout que ma baguette est chez moi.
-Je peux arranger ça. Tu habites où ?
-Dans le Wiltshire.
Elle réfléchit quelques secondes.
-Qui ne tente rien n'a rien ? se dit-elle à voix haute.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Accio baguette de Draco Malfoy !
Elle se leva et ouvrit la porte. Elle attendit de longues minutes. Croyant que son sortilège n'avait pas marché, elle allait rentrer dans sa maison quand quelque chose la heurta. Elle rattrapa la baguette d'aubépine avant qu'elle ne tombe puis la tendit à son camarade.
-Merci.
-Ça fait deux fois depuis ce matin.
Draco se contenta de lever les yeux au ciel et rangea la baguette dans sa poche. Des coups retentirent à la porte.
-Ça ne peut pas être mes parents, ils rentrent dans l'après-midi.
Hermione se leva, prit une grande inspiration et ouvrit. 2 hommes lui faisaient face.
-Ministère de la Magie. Nous cherchons Hermione Jean Granger, dit le premier homme.
-C'est moi.
-Nous avons été informés que vous aviez utilisé un sortilège de dissimulation, un de protection, que vous aviez transplané et utilisé un sortilège de lévitation, d'immobilité et cinq Accio, ce qui est une violation du Décret de la Restriction de l'Usage de la Magie pour les sorciers de moins de 17 ans. Pour cela, nous vous confisquons votre baguette jusqu'à votre procès dans trois jours. Vous pouvez amener un témoin.
Hermione ne répondit rien et tendit sa baguette.
-A jeudi, mademoiselle.
Ils repartirent et quand elle eut fermé la porte, Hermione s'exclama :
-Foutue Trace ! puis elle marmonna pour elle-même, pourquoi est-ce que je l'ai sauvé ? Je vais vivre un Enfer et en plus, je risque d'être suspendue.
-Je t'accompagnerai, fit Draco, interrompant son monologue.
-Pardon ?
-Je t'accompagnerai, répéta le Serpentard.
-Fais attention, tu t'apprêtes à faire quelque chose de gentil.
-La ferme, Granger parce que je pourrais changer d'avis.
-Merci alors.
-On sera quitte au moins.
Elle se laissa à nouveau tomber dans le canapé.
-Tu devrais prévenir ta mère que tu vas bien, dit soudain Hermione.
-Tu m'as dit que si je rentrai…
-Qui t'as dit que tu devais y aller toi-même ?
Draco la fixa sans comprendre.
-Dobby, appela la jeune fille.
L'elfe se matérialisa devant eux et eut un mouvement de recul devant Malfoy.
-Qu'est-ce que fait Hermione Granger avec Draco Malfoy ? demanda l'elfe de maison.
-Dans l'état où je suis, je ne vois pas ce que je peux te faire, fit remarquer Draco.
Hermione leva les yeux au ciel et dit :
-J'ai un service à te demander Dobby.
-Dobby écoute Hermione Granger.
-Je voudrai que tu préviennes Mme. Malfoy que son fils est vivant et hors de danger.
-Dobby ne veut pas revenir dans le Manoir Malfoy, Dobby est libre.
-Tu ne seras pas obligé de rentrer, attends.
Elle griffonna une lettre sur un morceau de papier et le tendit à Dobby.
-Tu mettras simplement ça sous la porte.
-Dobby le fait simplement parce que Hermione Granger est l'ami de Harry Potter et que Dobby aidera toujours les amis de Harry Potter.
Sur ce, il disparut dans un claquement de doigts.
-Et pour tes parents ? demanda Draco.
-Je ne vois qu'une solution.
-Et c'est ?
-Se faire héberger par Harry chez son oncle et sa tante et que je prétexte être chez Ron. Comme ça ils ne sauront rien de ta présence ici.
Draco grimaça. Vivre avec Granger, ça pouvait être supportable, mais vivre avec le balafré…
-Tu préfères aller chez Ron, peut-être ?
-Va pour le balafré.
-S'il te plait, tu l'appelles comme tu veux avec tes potes, mais pas devant moi.
-Et toi, tu ne me donnes pas d'ordres.
-Potter reste tolérable.
-D'accord, d'accord.
« C'est pas possible d'être si têtue, » songea Draco en secouant la tête.
-Tu crois que Potter sera d'accord ?
-Il le fera si je lui demande.
-Vous êtes ensemble ? demanda subitement Draco.
-Non. Et puis depuis quand ça te regarde ?
-Non, oublie. »
Ils se turent. Hermione alla chercher des béquilles à Draco, rassembla quelques affaires, celles de cours des années précédentes, elle n'était pas encore allée sur le Chemin de Traverse, et ils partirent chez les Dursley.
