Disclaimer : Harry Potter est à J.K Rowling. L' intrigue de cette histoire (ou son absence totale) me revient.
Note de l'auteur : merci à toutes les personnes qui ont laissé un commentaire ! si vous avez des suggestions, des remarques sur ce que vous aimez/détestez chez les personnages, je suis preneuse ! D'autant plus que certains couples sont encore en sursis…Votre avis compte !
Maelys : sympa de te retrouver ! mais je te préviens, cette fic est traitée sur un mode très léger, beaucoup moins académique que l'histoire de Mary…Par contre, j'aime toujours utiliser les personnages secondaires, on peut prendre plus de libertés avec eux…Perso je ne suis pas non plus fan du Malfoy des livres mais ici j'essaye de le rendre comique … Quant au dessein du BAM, on le découvrira progressivement…des indices apparaîtront ci et là !
Ange déchue : le côté action/mystère ne devrait pas tarder, mais cette fic a surtout pour vocation d'être humoristique (du moins je l'espère…). Contente que tu apprécies le duo Malfoy/Zabini !
Ninianne : merci de tes encouragements !
Après une matinée bien remplie passée à répertorier des parchemins poussiéreux- la poussière témoignant de leur ancienneté, mais j'aurais souhaité pouvoir utiliser un sortilège de Recurvite, car cette substance perd de son charme lorsque l'on souffre d'une allergie aux acariens ; hélas, la texture ultra-sensitive des précieux documents m'interdisait formellement cet acte barbare -, après cette matinée, donc, je profitais de ma pause déjeuner pour lire la Gazette. Non que j'y prenne un quelconque intérêt, mais en lisant à travers les lignes, on peut toujours glaner quelques informations. Mon attention fut attirée par un article intitulé : « Quand le Ministre s'occupe de reclassement : un Malfoy chez les Aurors ». L'entrefilet se poursuivait ainsi :
« Rufus Scrimgeour a créé la sensation ce matin au sein de la communauté élitiste des Aurors, qui accueillait sa nouvelle promotion, en annonçant que. deux des sept nouvelles recrues seraient en effet prises en charges par deux anciens Serpentards, dont le sulfureux Draco Malfoy, ex-Mangemort au passé trouble malgré son changement de camp dans les derniers mois de la guerre. Cette déclaration du Ministre a d'autant plus étonné que Monsieur Malfoy avait à plusieurs reprises manifesté l'intention de devenir joueur de Quidditch professionnel. Pourquoi ce revirement ? Le Ministre a protesté de l'efficacité des deux hommes, nommés aux postes de consultants créés spécialement pour l'occasion. Les mauvaises langues diront que les connections de Monsieur Malfoy et de son collègue avec des milieux peu fréquentables les rendent en effet aptes à former de jeunes Aurors à la dure réalité du terrain… ».
Pauvre Hannah ! Il y a des chances pour que Malfoy s'occupe de son cas. Je n'ai jamais apprécié ce garçon : prétentieux, personnalité aussi reluisante qu'un Veracrasse…Quoiqu'il en soit, j'espère que la marge de manœuvre d'Hannah ne sera pas entravée par ce nouveau paramètre.
Je jetai un coup d'œil à ma montre, me sentant inspirée. Il me restait cinquante minutes sur mon temps de repos. D'ici là, j'avais largement le loisir de travailler sur ces nouvelles formules qui me préoccupaient depuis plusieurs mois…Aïe ! La migraine pointait. Je n'avais pas parlé de ces maux de tête à Sue et Hannah, car elles les auraient mis sur le compte de mes entraînements. Malheureusement, je devais attendre qu'elle se dissipe d'elle-même, n'étant pas de ces cas où il suffit d'une aspirine pour avoir les idées claires. Je transplanai dans ma chambre d'étudiante du monde moldu, décidée à passer outre et à poursuivre mes exercices habituels de concentration intense. L'un des prix à payer lorsque l'on avait pour ambition d'accroître ses facultés de Legilimens, entre autres…
Malfoy et Zabini marchaient devant nous dans l'Allée des Embrumes. Seamus Finnigan boudait, et je ne pouvais que le comprendre d'après les bribes de conversation que je surprenais entre nos deux consultants :
« Un Gryffondor et une Poufsouffle ! Scrimgeour veut mon échec ! » se lamentait Malfoy.
« Pense aux compensations qu'il t'a promises si tu respectais ta part du marché », souffla Zabini. « En particulier à l'annulation de la décision du Magenmagot qui nous gâche tous nos vendredis après-midi, sans compter pour ton cas la neutralisation d'une certaine personne bien encombrante… »
Avais-je bien entendu ? Malfoy et Zabini complotaient rien moins que l'assassinat d'un être humain ? Car je ne me faisais pas d'illusions : neutralisation, pour des Serpentards comme eux, n'était qu'un doux euphémisme qui renvoyait à la froide élimination d'un gêneur. Et le Ministre qui était dans le coup ! Calme-toi, Hannah, songe aux éventualités, aux alternatives…Ils auraient très bien pu parler de…de…
J'entendis la voix féroce de Malfoy :
« Neutraliser, Zabini ? Tu te payes ma tête ? Crois-moi, si jamais j'avais d'ici là l'occasion de m'occuper de ça sans courir le risque d'être envoyé à Azkaban jusqu'à la fin de mes jours… »
Ce fut le moment que choisit Zabini pour se retourner et, croisant mon regard, il ébaucha un léger sourire (comme une idiote, je sentis mes joues s'enflammer) avant de dire d'une voix normale :
« Bien, cher collègue, qu'avez-vous prévu maintenant ? ».
J'eus la bizarre impression qu'il se moquait de Malfoy.
« Très bien, les Gryffys.
-J'étais à Poufsouffle », l'interrompis-je froidement.
Il me jeta un regard noir :
« …et les Pouffis », poursuivit-il dédaigneusement, « sachez que nous allons traverser toute l'Allée des Embrumes, y compris la zone interdite. »
Seamus pâlit. Personne n'avait osé s'approcher de cette zone en particulier. L'allée des Embrumes, l'un des bastions des Mangemorts durant la guerre, avait été truffée par leurs soins de pièges, barrières de protection, et autres cadeaux de bienvenue qui déclenchaient de très vilains sortilèges à la moindre intrusion. Des briseurs de maléfices spécialement mandatés par Gringotts avaient réussi à en désamorcer la plus grande partie, sauf dans cette zone réputée instable et qui était désormais interdite au public comme aux Aurors depuis que quatre d'entre eux avaient été durablement envoyés à St Mungo après avoir bravé cet interdit. Malfoy ricana, ravi de son petit effet sur Seamus. Je remarquai cependant que Zabini n'avait pas l'air très confiant dans cette expédition. Il prit Malfoy à partie, et malgré leur éloignement, je parvins à lire sur leurs lèvres à peu près ceci :
« Malfoy, viens-tu de franchir la ligne extrêmement étroite qui distingue un crétin d'un troll, ou as-tu suggéré que nous envoyions des sorciers inexpérimentés dans cette partie de l'Allée des Embrumes, ce qui équivaut à jeter des sardines crues aux nageoires coupées directement dans l'estomac du Squid géant ? Sans parler du fait que nous serions tenus de les accompagner et que si nous en réchappions, toi par miracle et moi par adresse, nous serions juridiquement responsables de la parution de leurs noms dans la rubrique nécrologique de la Gazette ? »
Le discours de Zabini me parut empreint de bon sens même si je fus vexée de constater qu'il ne me croyait pas capable de m'en tirer. S'il savait…
Seamus Finnigan cria alors :
« Je refuse de prendre des ordres d'un ancien Serpentard à l'esprit tordu !
-De l'insubordination, Finnigan ? » interrogea mielleusement Malfoy. « Ce serait désolant que ton bulletin d'évaluation en porte les traces.
-Vas-y d'abord, Malfoy, et nous te suivrons à deux pas », lançai-je malicieusement.
« Quelle excellente idée, Mademoiselle Abbott », renchérit Zabini. « Nous pourrons ainsi te récupérer à la petite cuiller et remettre les morceaux aux guérisseurs de St Mungo, au cas où quelque chose tournerait mal. Ce qui est très improbable, mais mieux vaut être prudent, n'est-ce-pas, Malfoy ? ».
« Il n'y a absolument aucune crainte à avoir. Oh, reprends-toi, Finnigan », lança Malfoy à Seamus qui avait pris une curieuse teinte verdâtre. « Où est passé le fameux courage des lionceaux ? ».
« Et moi, Malfoy ? » ne puis-je me retenir. Après tout, je n'avais pas flanché. Il réfléchit quelques secondes, puis répliqua :
« Ce n'est pas du courage, mais de l'inconscience. »
Il se dirigea ensuite vers la Zone, suivi de Zabini, puis de moi. Seamus, bon dernier, avait déjà sa baguette bien en main. Nous fîmes plusieurs mètres en silence. Je sollicitais ma mémoire visuelle, mais j'étais venue de nuit, ce qui brouillait mes repères. Attentive, j'observai Zabini calme mais aux aguets, Seamus dont les doigts se cramponnaient désespérément à la baguette, Malfoy qui posait le pied sur un pavé distordu…un pavé qui, contrairement aux autres, ne suivait pas tout à fait l'alignement rectangulaire de la ruelle…
Un sifflement à peine audible parvint à mes oreilles. Le piège des Filets du Diable ! réalisai-je.
« Couchez-vous !» hurlai-je en joignant le geste à la parole.
Mes compagnons ne se le firent pas répéter deux fois. Malfoy plongea à terre dans un vol plané dépourvu de dignité, imité par Seamus dont le crâne, qu'il avait oublié de rentrer dans ses épaules dans sa hâte, heurta le sol avec un « Poum » retentissant et un « Crac » sur lequel je préférai ne pas me pencher (sans doute quelques cervicales et autres os malmenés, brr), et Zabini se laissa glisser avec une discrétion remarquable (l'habitude ?).
Tous, nous vîmes distinctement (Seamus inclus, bien qu'un peu sonné), passer au-dessus de nos têtes des boules vertes qui, si elles nous avaient atteints, auraient sans doute enroulé autour de nos membres les racines des Filets du Diable, nous paralysant, suffocant, bref, nous tuant par strangulation.
Une voix en tous points semblable à une Beuglante s'éleva alors, me faisant sursauter. Après un bref temps de récupération, je compris qu'elle provenait de Seamus, avec des aigus perçants comme des vrilles dont je ne l'aurais pas cru capable :
« Rien à craindre, Malfoy ? C'est bien ce que tu disais ? ».
Zabini lui lança adroitement un Silencio pour lequel il eut droit (sans le savoir) à ma gratitude. Nos nerfs étaient encore assez éprouvés.
« Finnigan, je partage tes doléances, et je veillerais à ce que mes réserves soient prises en compte à l'avenir », dit-il suavement en regardant significativement Malfoy qui ne pipa mot, blanc comme un linge. (Lessivé ? Je sais, je fais des plaisanteries stupides en situation de stress…et le reste du temps aussi, d'ailleurs).
« Je propose donc que chacun retourne chez soi pour aujourd'hui et dans certains cas », regardant significativement Seamus, « se verse une double ration de Potion de Sommeil mixé avec un Philtre de Paix. Nous nous retrouverons demain et nous aborderons la partie concrète du stage en participant à une vraie mission et non à une fantaisie suicidaire issue des névroses de mon collègue. Sur ce, Mademoiselle Abbot, Monsieur Finnigan », nous adressant un signe de tête et prenant le bras de Malfoy, « ciao ! ».
Et nos consultants transplanèrent. Je fis de même avec Seamus que je déposai à l'accueil de St Mungo pour quelques vérifications (je ne suis pas rancunière) avant de transplaner chez Sue.
L'inquiétude me taraudait cependant : Malfoy et Zabini allaient-ils comprendre, en ressassant les événements de la journée, que l'Allée des Embrumes et ses pièges m'étaient très familiers ?
En les avertissant de la nature exacte du danger qui avait failli nous surprendre, avais-je mis en péril l'une des activités secrètes du B.A.M ?
Note de l'auteur: (bis repetita): je ne le redirai jamais assez, vos avis m'intéressent!
