Bonjour / Bonsoir, chapitre 4 de ma nouvelle fanfiction, qui arrive avec pa mal de retard mais en ce moment, c'est un peu la page blanche... En espérant qu'il vous plaise.
Précédement : Alors qu'ils se retrouvent par hasard à la fête de l'être suprême, Chayton se dispute avec son père à propos d'une arme et s'éloigne de lui. Alors que tout le monde attend l'arrivée de Robespierre, le jeune homme apperçoit de loin deux Assassins qui captent son attention et voit leur plan mis à execution. La situation s'envenime et Chayton quitte la fête, mais son père est introuvable. Paniqué, il décide de se rendre chez son oncle de coeur, Benjamin...
Chapitre IV
Chayton traversa Paris le plus vite qu'il pût. Les rues étaient chargées de monde et diriger son cheval s'avérait de plus en plus complexe. Les gens vaquaient à leurs occupations sans lui prêter la moindre attention. Lui était toujours rongé par le remord et la peur. Il descendit de sa monture et s'aventura dans la ruelle étroite qui menait à la maison de Benjamin, tirant son cheval par les rennes.
Il donna de grands coups de poings contre le porte et cria son nom, mais personne ne répondit. Chayton attendit une minute, le souffle court, l'oreille tendue pour écouter le moindre bruit qui proviendrait de l'intérieur, mais rien. Il se remit à tambouriner la porte lorsqu'un voisin ouvrit sa fenêtre, un étage au-dessus.
-Il n'est pas là ! Arrête de frapper !
Chayton tourna la tête vers lui. C'était un homme à la mine grise et peu sympathique, il toisa le garçon avec méfiance, bien qu'il l'ait déjà vu venir dans son quartier. Devant l'air surpris du garçon, il continua :
-Monsieur Casalis est parti, ça sert à rien de rester là !
-Où est-il aller ? demanda Chayton en s'approchant de lui.
-Qu'est-ce que j'en sais, je ne suis pas son père !
A ces mots, il referma sa fenêtre avec un grand bruit. Chayton jura intérieurement et rebroussa le chemin. Son unique recourt était d'aller voir Maxime désormais. Il remonta à cheval et reparti à travers les rues de Paris. Une femme s'écarta vivement de chemin avec un grand cris alors qu'il déboulait dans rue, un homme le traita de voyou mais Chayton n'y prêta pas attention.
Paris était d'une insalubrité et d'une puanteur infecte. Les rues étaient jonchées de détritus, de rats et émanaient une odeur insupportable. Les habitants s'y étaient accommodés, ou peut-être avaient-ils d'autres soucis plus importants que le confort de leur odorat. Quant à Chayton, il ne s'y était jamais habitué.
Chayton traversa les rues au galop. Sa jument trébuchait sous les pavés instables et secouait la tête à chaque fois qu'un passant s'écartait en vitesse. L'animal était totalement apeuré, mais son état était loin d'appartenir aux préoccupations premières de son cavalier. Le soleil tapait fort, une sueur moite, mélange de transpiration et de stress, coulait le long de son dos.
Le trajet lui parut interminable. Lorsqu'il arriva à l'île de la cité et rejoint la maison de Maximilien, il descendit de cheval avant même que celui-ci ne s'arrête. Chayton débucha à terre mais se releva aussitôt. Sa jument frappa le sol de mécontentement et le regarda d'un œil circonspect. Le jeune homme se jeta contre la porte de la maison et frappa de toutes ses forces.
-Maximilien ! Maximilien par pitié dis-moi que tu es là !
Il continua à tambouriner la porte sans répit. Lorsque qu'elle s'ouvrit enfin et que Benjamin apparut dans l'encadrement de la porte le jeune garçon se jeta dans ses bras.
-Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda Benjamin alors que Maxime apparaissait derrière lui.
-Benjamin je suis allé chez toi et il n'y avait personne ! dit Chayton sous un ton de reproche en s'écartant.
-Oui j'étais ici, Maxime m'a invité. Je ne suis pas toujours cloitré chez moi comme une nonne !
-J'ai besoin de vous, continua Chayton sans prendre en compte la remarque de Benjamin, j'étais avec mon père à la fête de l'être suprême et…
-Ah vous êtes allez admirer notre cher sauveur… grommela Maximilien avec amertume.
-Nous nous y sommes retrouvé par hasard. se défendit Chayton. Quoiqu'il en soit nous nous sommes disputés et perdus de vu. La situation s'est envenimée et je n'ai pas réussi à le retrouver.
-Tu l'as attendu aux écuries ? demanda Benjamin.
-Oui mais il n'est pas venu.
-Il doit être en train de te chercher, à mon avis c'est plus lui qui est mort de trouille que toi. On va te raccompagner.
Benjamin le pris par le bras et commença à l'emmener dans la rue, suivit par Maxime. Chayton se débâti. Sa peur ne s'était toujours pas apaisée.
-Attendez ! Je dois vous dire quelque chose. Il y avait des Assassins là-bas.
Chayton vit Maxime se raidir. Benjamin se tourna vers le jeune homme, il avait le visage impassible mais c'était une expression forcée.
-Chayton je t'ai déjà dit que ton père n'avait pas de problème avec notre confrérie.
-Qui était ces Assassins ? coupa Maximilien. Tu les as déjà vu ?
Chayton réfléchit. Il avait rarement vu des Assassins, en mission en tout cas, c'était la première fois.
-Non. répondit-il. Il était deux. L'un d'entre eux avait un long manteau bleu ouvert avec un foulard rouge autour du cou…
-Arno Dorian. dit Maxime avec un lueur dans les yeux.
Chayton se tourna vers Benjamin, s'attendant à une réponse. Mais l'homme serra la mâchoire avec une expression amère, sans dire un mot. Maxime répondit à ses questions silencieuses.
-Aucun doute sur son identité, nous l'avons suffisamment vu au conseil pour le reconnaitre entre milles. C'est un jeune Assassin…
-Il a été déchu. rectifia Benjamin. Son rang lui a été retiré.
-Certes, mais il a un jour été des nôtres.
-Il fait justice lui-même ? demanda Chayton avec une pointe d'appréhension dans la voie.
-Non. répondit Maxime. Son histoire est assez compliquée, surtout sombre. Son père était un Assassin, tué de la main d'un Templier, mais il a été élevé par monsieur de la Serre…
-Le grand maître ? questionna Chayton, déconcerté.
-Le même que tu connaissais. Il l'a élevé comme son fils, après sa mort, Arno a découvert l'existence de notre crédo et en a appris plus sur sa propre histoire. Il a décidé de nous rejoindre pour venger sa mort. Tu dois trouver cela paradoxal, mais c'était son choix. Il ne s'attaque qu'aux personnes qui s'en sont pris à Monsieur De la Serre, ton père est donc sauvé de sa main.
-Pourquoi a-t-il été bannis ? demanda Chayton, soudain intéressé par cette histoire.
-Il agissait pour ses intérêts personnels et a mis plusieurs fois la confrérie en danger, violant ainsi l'un de nos préceptes les plus importants. Et quand à ses meurtres, ajouta-t-il en se tournant vers Maxime, Adel n'a rien à craindre face à ce gamin sans expériences.
Il y eu un silence, Chayton était assez gêné de l'amertume que ressentait Benjamin face à cet homme. Maximilien ne semblait pas le détester, au contraire il devait trouver la situation malheureuse. Le jeune homme se rappela soudain la raison de sa venue, et pourquoi son cœur battait aussi fort.
-Cela ne règle pas le problème, dit-il timidement, je ne sais toujours pas où est mon père.
-Nous allons aller le retrouver. dit Maxime avec détermination. Benjamin, prend le cheval blanc qui se trouve dans l'écurie derrière, c'est celui de mon voisin mais il ne m'en voudra pas, je lui laisserai un mot.
L'homme s'exécuta sans un mot, Maxime le suivit en demandant à Chayton de les attendre.
Chayton resta pensif lors de la traversée. Leurs montures au galop, il suivait machinalement Benjamin qui fendait la foule. Maxime vint à sa hauteur, le tirant de ses pensées.
-Chayton, tu as dit qu'il y avait un autre Assassin avec Arno ?
-Oui, un allié.
-J'ai beau y réfléchir, je n'arrive pas à savoir quel Assassin aurait pu lui venir en aide…
-C'était une femme, avec une longue chevelure rousse. Sa tenue n'était pas typique de celle des Assassin, en réalité elle était habillée avec un style assez noble.
-Elise de la Serre, évidemment… dit Maxime en secouant la tête comme pour se reprocher de n'y avoir pas penser plus tôt.
-La fille de monsieur de La Serre ? demanda Chayton, abasourdi.
-Oui, ils ont le même désir de vengeance tous les deux.
Chayton tourna la tête vers la route et se replongea dans son silence. Il ne pouvait s'empêcher de repensser à ces deux jeunes gens, discrets, déterminés, rapides... Ils le fascinaient et il n'arrivait pas à avoir du mépris envers eux, leur combat semblait... plus noble.
Chayton suivit Benjamin sans discuter de l'itinéraire qu'il prenait. Maxime ne lui posa pas plus de questions.
Benjamin semblait prendre le chemin de la maison de Chayton, celui-ci aurait préféré passer par les écuries, pour vérifier si son père avait récupéré sa jument, mais il se retint d'exposer son avis. Les minutes lui paraissaient longues, pourtant ils traversaient Paris avec une rapidité inhabituel en ville.
Chayton se surpris à observer Benjamin. Il avait un comportement particulier. Tous ses sens en alerte, il scrutait les rues autour de lui, les yeux plissés, à l'affut d'une silhouette familière ou d'un comportement anormal. Les deux Assassins pouvaient à tout moment se retrouver dans une situation délicate et à devoir sortir les armes pour se protéger. Chayton admirait ces qualités d'affuts. Lui, n'en avait aucune. Et il ne se voyait pas vivre dans la vigilance à chaque seconde, à regarder dans son dos à chaque instant et garder une arme sur soi, prêt à faire face à à l'ennemi.
En réalité c'était ce qu'il reprochait à son père. Chayton pensait qu'il était impossible de vivre lorsque le danger menace à chaque instant. Mais les réflexes étaient devenus innés, il s'en rendait bien compte avec Benjamin.
Les trois hommes sortirent de Paris et s'engagèrent dans l'espace rural qui encerclait la ville. Ils talonnèrent leurs montures qui s'emballèrent nerveusement. Benjamin sembla se détendre, il se retourna sur son cheval et invita Chayton à le rejoindre d'un geste de la main. Le jeune homme s'avança à sa hauteur.
-Nous allons passez par chez toi, dit-il, si ton père n'est pas rentré, Maxime restera avec toi et je retournerai aux Invalides pour le retrouver.
Chayton hocha la tête, la gorge serrée, incapable de prononcer un son. Son angoisse ne s'atténua pas lorsqu'il commença à apercevoir sa maison au loin. Le soleil lui frappait le dos et ses cheveux se collaient à ses tempes. Il se retourna légèrement pour échanger un regard avec Maxime, mais celui-ci garda le visage sombre.
Inconsciemment, Chayton talonna sa monture pour accélérer l'allure. Son cœur battait la chamade et lui retournait l'estomac. Au détour d'un virage il aperçut Madène, devant la maison, encore scellée et harnachée. Chayton se précipita vers la jument à toute allure. Il arrêta son cheval dans un nuage de poussière et sauta à terre sans attendre. Il se précipita dans sa maison en courant, Maxime l'appela mais sa voix n'atteignit pas le garçon.
Chayton s'arrêta net passant le pas de la porte. Il avait ouvert la bouche, prêt à crier le nom de son père, mais il s'arrêta net.
La maison était ravagée. Des papiers jonchaient le sol, toutes les décorations avaient été renversées, des morceaux de verres couvraient le sol, débris de cristal brisé. Chayton fit quelques pas, le mélange de tous ses objets à ses pieds fit un bruit étrange. Il leva un œil décontenancé au mur, les tableaux avaient été décrochés, parfois déchiré. Le lustre au-dessus de sa tête retenait quelques papiers jetés en l'air. Maxime et Benjamin arrivèrent à la porte à pas précipités et s'arrêtèrent net en voyant Chayton au milieu de toute cette pagaille. Le garçon avança lentement, la gorge serrée. Il arriva au pied de l'escalier, qui était lui aussi jonché de papier. Il aperçut entre autres des dessins qu'il avait lui-même réalisés à ses heures perdues, piétiné et déchiré.
Il releva la tête avec une extrême lenteur, n'osant pas bouger, trop terrifié à l'idée de ce qu'il allait trouver en haut.
-Père ?
Sa voix tremblait, elle était faible, presque inaudible. Il monta les escaliers, suivit par Maxime et Benjamin qui gardaient le silence. Sans étonnement, l'étage était dans le même état, tous les tiroirs avaient été retournés, les armoires vidées, ses affaires parsemaient le sol dans un grand désordre. Chayton respira profondément. Il avait l'impression de tomber dans un profond néant à chacun de ses pas. Il s'approcha doucement du bureau principal.
Son père était là. Planté au milieu de la pièce, la bouche entrouverte sous le choc. Il tenait entre ses mains quelques feuilles en désordre, les yeux rivés dessus, voyant sans les lire les mots qui y étaient inscrits. Il releva la tête et vit son fils. Laissant tomber ses feuilles il s'approcha doucement de lui, l'observa une fraction de seconde et le serra contre lui.
Chayton sentit toute la souffrance et le désarroi de son père entre ses bras. Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Il ferma les paupières, forçant ses pleurs à couler sur ses joues pour vite les éliminer.
-Que s'est-il passer ? demanda-t-il.
-Je ne sais pas, dit Adel en s'écartant de lui, j'ai cru qu'ils t'avaient enlevé.
Il essuya ses yeux, bien qu'il n'ait pas pleuré.
-Qui « ils » ? demanda Chayton d'une petite voix.
-Ceux qui ont fait ça. répondit Adel avec un geste las vers tout le désordre autour de lui.
-Sais-tu qui a pu agir ainsi ?
Adel échangea un regard vers Maxime et Benjamin, mais ceux-ci restèrent de marbre.
-Non…
Chayton fit quelques pas dans la pièce, regardant avec désolation toute leur vie répandue par terre.
-Que cherchaient-ils ? demanda-t-il d'un air sombre.
-Je pense le savoir. Enfin, j'ai douté lorsque j'ai vu que tu n'étais pas revenu… J'ai vraiment cru qu'il t'avait emporté.
-Non… je n'ai croisé personne. dit Chayton en secouant la tête. Que cherchaient-ils alors ?
-Quelque chose qui n'est pas ici. répondit Adel en retrouvant son assurance. Je n'ai pas encore eu le temps de tout vérifier, mais je pense qu'ils n'ont rien emporter.
-Mais il y avait des papiers importants ici, des lettres rédigées par ma mère.
-Rien qui peut leur apporter plus d'informations que celles qu'ils ont déjà.
-Excuser moi, coupa Benjamin, mais on parle de « ils » depuis tout à l'heure mais personne ne sait de qui il s'agit. Je suis désolé de poser la question qui fâche mais, les Assassins ou les Templiers ?
Chayton détourna la tête.
-Ce n'est pas l'habitude des Assassins que d'agir ainsi, soupira Adel, mais j'ai d'autant plus du mal à m'imaginer les Templiers venir chez moi et tout ravager. Ils le savent, je n'ai rien à leur apprendre. Mais depuis la mort de monsieur de La Serre, je ne suis plus au courant des activités...
-Tu n'as rien à leur apprendre, mais ma mère si. dit Chayton amèrement.
Il y eu un silence avant qu'il n'ajoute.
-… et puis ils ont toujours pensé que je détenais les mêmes informations qu'elle.
-C'est idiot Chayton… dit Adel avec gêne.
-Mais c'est ce qu'ils pensent et tu le sais… C'est ce qu'ils pensent tous d'ailleurs.
Il y eut un nouveau silence, encore plus pesant, puis Benjamin s'avança et prit l'épaule du père et du fils.
-Bien, en attendant vous ne pouvez pas rester ici. Alors vous allez venir chez moi pendant quelques temps. Ramassez quelques affaires et venez dehors.
Il sortit, suivit de Maxime. Chayton et Adel s'exécutèrent sans un mot, allèrent dans leur chambre respectives et ramassèrent les quelques affaires importantes qui trainaient par terre et partirent de leur maison.
