Confiance dominante

Disclaimer: Remercions les deux créatrices ainsi que les studio MAPPA pour cet anime du paradis, mes enfants.

Genre: Romance, amitié, vie de couple, léger BDSM mais surtout, beaucoup de fluff.

Rating: K+ pour ce chapitre

Personnages/Couple: Viktor x Yuuri (Viktuuri)

Résumé: Viktor et Yuuri sont fiancés, installés ensemble et vivent leur petite vie de couple en parallèle de leur vie de patineur et d'entraineur à la perfection. Mais Viktor a envie d'explorer de nouvelles choses avec son adorable amant.

Note: Coucou, me voilà à continuer cette fanfic avec un chapitre, on va dire, transitionnel. Pas d'action, beaucoup de discussion sur un sujet qui me tenait à coeur. Tout ceci est de mon headcanon bien sûr, chacun sa manière de voir les choses, mais je me suis dis que ce serait bien de poser un peu le contexte de l(')a sexualité de Yuuri avant de continuer ~ Bonne lecture.


Lorsque Yuuri se réveilla le lendemain, il eut le déplaisir de sentir cette douleur au niveau de son bassin.

Cela lui remémora alors sa soirée plus que délicieuse en compagnie de Viktor ainsi que son propre comportement. Soudain, il sentit son visage s'enflammer et attrapa la couverture afin de se cacher entièrement dessous. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait osé! Jamais, depuis le début de sa relation avec son fiancé, le Japonais n'avait eu une telle audace au lit. Il avait dit des choses si embarrassantes, qui lui avaient semblé pourtant bien amenées sur le moment! Qu'est-ce qui lui avait pris de s'y croire autant? Il n'avait pourtant pas bu, ou alors même l'alcool dans les plats, il devait arrêter!

Alors qu'il ressassait son propre exploit, il entendit la porte s'entrebâiller et se retrouva nez à museau avec Makkachin, bien contente de le revoir.

C'est vrai que la pauvre chienne passait la nuit dans le salon lorsque le couple s'adonnait à leurs activités sexuelles. Mais comme cela restait rare, ils culpabilisaient moins lorsque ça arrivait. Le caniche sauta sur le lit pour se pelotonner contre le Japonais qui en profita pour lui faire un câlin matinal. Ses longs poils tout doux contre son visage apaisèrent son embarras. C'est alors qu'il se rendit compte que puisqu'il était seul dans le lit et la porte ouverte pour l'animal, Viktor était sûrement en cuisine en train de préparer le petit déjeuner.

Yuuri hésita, mais son estomac passa avant sa gêne, et gentiment, il repoussa sa compagne à quatre pattes pour rejoindre son amant.

Ce dernier était bien en effet derrière les fourneaux en train de préparer quelques crêpes, le café et le jus de fruit déjà prêts. D'un autre côté, du thé l'attendait déjà accompagné d'un bol de riz et une soupe miso, et c'est avec plaisir qu'il s'installa. Il n'avait pas encore abandonné ses petites habitudes locales, et son fiancé faisait de son mieux pour les préserver afin qu'il sente moins le mal du pays. Le russe se retourna après l'avoir entendu à travers le bruit de la poêle et prit le temps de faire le tour afin de lui déposer un chaste baiser sur les lèvres.

"Bonjour mon coeur, comment vas-tu ce matin?"

"Très bien... Hem... Et toi?"

"Parfait! J'ai rarement aussi bien dormi!"

Viktor ponctua sa phrase d'un clin d'oeil, ne laissant aucune place à l'ambiguïté sur le fait qu'il mettait son sommeil de qualité sur le compte de ce qu'ils avaient fait avant. Le jeune homme brun leva les yeux au ciel en rougissant légèrement, préférant ne pas l'encourager sur cette voie. Il savait à quel point son partenaire pouvait être taquin sur le sujet pendant les lendemains. Ce n'était pas désagréable, il sentait bien que c'était aussi pour l'encourager à faire part de ses impressions, mais Yuuri était trop réservé là-dessus pour oser faire un "retour".

Sans compter le fait que cette fois, il fut particulièrement entreprenant.

Le simple fait de s'en souvenir suffit à le faire plonger nez le premier dans sa soupe miso afin d'oublier son comportement. Il savait bien qu'il n'avait rien à se reprocher, que Viktor avait adoré et qu'ils en étaient sortis émoustillés mais quand même, quelle indécence! Le pire était sûrement que si son amant lui demandait de retenter l'expérience, il ne dirait certainement pas non. Ça avait été si satisfaisant, si rafraîchissant, si excitant... Oh non, il s'enfonçait vraiment là!

Il fut tellement pris dans sa lutte interne qu'il ne remarqua pas son fiancé le regarder, mi attendrit, mi amusé, se débattre entre sa pudeur et son excentricité.

"C'est jour de repos aujourd'hui." Déclara-t-il pour lui donner un coup de main. "Comme il fait beau, on pourrait aller se promener en ville."

"Un dimanche?"

"Ce n'est pas parce que les commerces sont fermés qu'il n'y a rien à voir."

Ce n'était pas faux. Et puis Yuuri avait encore beaucoup d'endroits à visiter à Saint-Pétersbourg que son guide personnel mourrait d'envie de lui montrer. Peut-être pourrait-il préparer des bentô et organiser un petit piquenique dans un espace vert, ce serait agréable avec les beaux jours qui reviennent. Avec Makkachin bien sûr. Lorsqu'il fit part de son idée, Viktor s'enthousiasma de façon démesurée.

"Ce serait formidable! Mais... Yuuri, je ne suis pas sûr que tu ait tout ce qu'il faut... Ah, mais ce n'est pas grave, je connais une petite épicerie ouverte le dimanche matin, fais-moi une liste et j'irais acheter ce qu'il faut."

"Tu es sûr?"

"Certain! Je promènerais Makkachin en même temps ~ "

Eh bien, problème réglé. Peut-être qu'ainsi, il trouverait le moyen de s'ouvrir un peu plus sur leur couple et partager pour la première fois son ressentit. Yuuri savait bien que Viktor devinait plus ou moins ses sentiments, mais il avait besoin de les mettre en mots et partager au moins une fois. Il sentait qu'avec lui au moins, ça pouvait sortir, qu'il n'avait pas besoin de tout garder pour lui comme il le faisait un peu trop souvent avec son entourage. Cela lui ferait du bien, indéniablement.

Pendant qu'ils prenaient leur petit déjeuner, assis l'un en face de l'autre, Viktor lui attrapa gentiment la main pour la caresser du bout du pouce et lui fit ce sourire qui voulait tout dire.

Il était heureux de cette nuit, et il était heureux d'être là.

Après tout cela, le russe s'habilla, laissant la vaisselle aux bons soins de son fiancé, prit Makkachin en laisse, lui vola un dernier baiser sur la joue et s'en alla faire les courses à sa fameuse épicerie, laissant Yuuri seul. Ce dernier, de nouveau face à lui-même et à ses inquiétudes, fit pensivement la vaisselle en tentant de remettre de l'ordre dans ses idées.

Ce n'était pas la première fois qu'il faisait l'amour avec Viktor. Mais Viktor avait été la première fois qu'il faisait l'amour. Avant tout ça, il ne s'était jamais intéressé à ce qui tournait autour de l'amour et du sexe. Il avait bien eu ce petit coup de coeur pour Yuuko-chan étant enfant, mais plus il y repensait, plus il avait l'impression que ça n'avait pas eue de sens juste parce qu'il avait voulu rentrer dans cette étrange norme. Tomber amoureux de quelqu'un et le désirer, chose qu'il n'avait jamais ressentie.

Aussi, toutes ces années où on le plaindrait ou le raillerait (selon la gentillesse de la personne en face), il n'avait jamais ressenti ce manque dont tout le monde parlait.

Cela faisait un petit moment déjà qu'il avait mis un mot sur son orientation sexuelle mais maintenant... Il n'en était plus aussi sûr.

Une fois sa tâche finit, il se précipita sur son ordinateur, ouvrit Skype après un message privé sur un réseau social. Une minute après, l'appel vidéo et audio était lancé en Thaïlande. Un visage familier, basané et de courts cheveux noirs l'accueillit avec un sourire et des yeux pétillants. En arrière-fond se trouvait une chambre où il pouvait voir un hamster se balader sur les étagères de film et livre. Cette image suffit déjà à lui redonner un peu plus le moral.

"Yuuri! Comment ça va?" S'exclama le garçon d'une voix chaleureuse.

"Bien Phichit-kun. Je te dérange?"

"Jamais mon meilleur ami ne me dérange, même au beau milieu de ma scène préférée du Roi des patineurs!"

Le japonais eut un petit rire à cette affirmation, sachant qu'elle voulait dire beaucoup pour son ami.

"Dis-moi tout! Tu ne m'appellerais pas si ce n'était pas urgent. Il y a un souci? Avec Viktor? Il n'a rien fait de mal j'espère! Sinon tu sais que je connais un bon endroit pour dissimuler le corps!"

"Doucement Phichit-kun, rien de tout ça!" Le coupa Yuuri.

Il appréciait la dévotion de son meilleur ami envers lui, au point de le soutenir dans tous ses choix aveuglément, mais parfois cela faisait peur. En particulier lorsque ça touchait sa vie sentimentale.

"Je voulais juste te parler de...hmm... Tu te souviens, quand on était en colocation à Detroit, et que nos camarades s'imaginaient souvent qu'on était ensemble au début?"

"Ahaha, oui! C'était marrant de jouer sur cette ambiguïté avec eux comme ça." Rigola le Thaïlandais en se remémorant des choses.

Yuuri ne put s'empêcher de soupirer en s'en rappelant également. Il l'avait un peu moins bien vécu que Phichit, en particulier parce qu'il était quelqu'un de pudique sur les sentiments et qu'être le centre d'attention du monde à cause de ça était très gênant. Surtout quand c'était basé sur des rumeurs et des interprétations libres de la seule relation proche qu'il entretenait avec quelqu'un. Ce n'était pas sa faute s'il avait le contact social difficile et que Pichit fut le seul à avoir eu la patience de le comprendre et l'approcher à travers sa carapace.

Et puis il n'aimait pas cette manière qu'avaient les gens de lui prêter une relation qu'il ne désirait pas, ni avec Pichit, ni avec personne à l'époque.

"C'était lourd au bout d'un moment." Avoua-t-il avec une petite moue.

"Je sais, je sais, c'est pour ça qu'on s'est rapidement friendzonés officiellement, avant que ça aille trop loin. Je voyais bien que ça ne t'amusait pas trop. Mais quel rapport dis-moi?"

"Eh ben, à cause de ça, on a eu une discussion tous les deux, tu te rappelles? Sur le fait qu'on ne voulait pas avoir de relation, qu'on n'en trouvait pas l'intérêt et que les gens nous trouvaient un peu bizarres pour ça."

"Ah oui, c'est vrai. On a cherché sur le net un petit moment et en y réfléchissant, on a découvert que ça s'appelait l'asexualité."

C'est ça. Ce soir-là, ils avaient tous les deux discutés sur cette absence de désir envers l'autre en cherchant à mettre un doigt sur ce que ça pouvait être. D'où ça pouvait venir. Ni l'un, ni l'autre n'avait vraiment de réponse, surtout que leur vie fut assez différente jusqu'à leur rencontre. Par dépit, ils avaient finit par chercher au hasard sur internet, et étaient tombés sur un blog intéressant dédié entièrement à l'asexualité. La description, les témoignages, les expériences: tout coïncidait avec leur propre ressentit. À partir de là, ils en avaient déduit qu'ils étaient tous les deux asexuels.

Depuis, Phichit suivait activement la communauté en partageant des contenus à base de gâteau et de blagues grivoises perdant totalement leur côté sexuel avec son ami dans lesquels tous deux se retrouvaient. Il semblerait que le Thaïlandais ait parfaitement trouvé son compte dans cette nouvelle identité. Yuuri, au contraire, depuis qu'il avait commencé à ressentir et comprendre l'amour, en particulier envers Viktor, et surtout quand il avait franchi l'étape du sexe, s'était remis en question. Était-il vraiment Asexuel s'il avait des rapports et appréciait cela en plus?

Il fit part de ces questions à son ami qui l'écouta très attentivement.

"Hier, on a franchi une... étape on va dire. Il m'a demandé quelque chose de nouveau... de prendre l'initiative en quelque sorte et je me suis rendu compte que j'aimais cette manière de faire."

"Je vois."

Son meilleur ami avait pris un ton sérieux et compréhensif, sachant à quel point il en coûtait au Japonais de partager quelque chose d'aussi intime que sa vie sexuelle. D'ordinaire, ce n'était pas quelque chose dont on parlait avec quiconque, mais Pichit était le seul avec qui il se permettait d'ouvrir une partie de son jardin secret. Parce qu'il savait qu'il ne le jugerait pas, qu'il avait assez de recul pour analyser la situation et lui donner des conseils. Personne d'autre ne pouvait se vanter d'avoir ce rôle.

"Yuuri, tu sais, l'asexualité, ce n'est pas seulement ne rien ressentir et ne rien faire. Il y a énormément d'expériences asexuelles, et avoir des relations, et les apprécier, n'invalide pas ça. C'est juste une manière comme une autre de la vivre. J'ai discuté avec beaucoup d'asexuels, il y en a qui sont répugnés par le sexe, il y en a qui s'en fichent, il y en a qui ne sont pas contre et il y en a même qui apprécient beaucoup."

"Vraiment?"

"Oui. Et je te connais depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'à part Viktor, il n'y a rien, ni personne qui te ferait faire ce genre de chose. Juste parce que tu n'en as pas envie. Et ça n'a rien à voir avec le fait que tu aurais "trouvé la bonne personne". C'est juste que tu aimes suffisamment Viktor pour faire ça avec lui. Mais ça aurait pu être quelqu'un d'autre, si ça se trouve."

"C'est difficile à expliquer." Fit le jeune patineur en serrant son oreiller. "Au début, c'était même impossible pour moi d'imaginer faire ça avec Viktor. Je le trouvais beau et incroyable bien sûr, et sexy, mais je n'avais pas envie de le faire concrètement. Et puis... Je ne sais pas, on s'est rapprochés, tous les deux, au point de devenir inséparables, on a vécu des choses et là, j'ai commencé à ressentir cette envie."

"Peut-être que tu es demi alors." Réfléchit Pichit.

Après tout, l'asexualité n'était que l'arbre qui cachait la forêt, et il y avait en vérité tout un parapluie de ce qu'on appelait "asexualité grise", où concrètement, il n'y avait pas d'attirance sexuelle mais dans certaines conditions, ça pouvait changer. Certains asexuels passaient souvent par cette étape avant de le découvrir. Peut-être que Yuuri en faisait partie mais...

"Après je ne vais pas t'imposer de cases, c'est à toi de choisir. Moi je me complais très bien dans l'asexualité, et si toi aussi, c'est ce qui te convient, tu n'as pas à changer. Personne n'a à te juger pour ce que tu es et te dire quoi faire à ce niveau."

"C'est que... Je n'ai pas envie... tout le temps... ou même parfois. J'ai envie rarement en fait. Pourtant, il est attrayant, je le trouve attrayant mais... Mais c'est irrégulier. Mais quand ça arrive, j'apprécie. Mais quand ça n'arrive pas... ça ne me manque pas."

"Et lui, qu'est-ce qu'il en pense?" Osa demander Phichit, qui était quand même un peu soupçonneux.

"Oh, heu... Il comprend que j'ai mes propres envies. Parfois il est un peu frustré, mais il ne rejette pas la faute sur moi. Il me dit que même si la dernière fois qu'on fait l'amour était la seule jusqu'à notre mort, ça ne changerait rien pour lui. Je ne sais pas comment il fait pour être aussi patient..."

Surtout en connaissant la libido de son amant.

"Il t'aime, tout simplement."

Malgré lui, Yuuri rougit. De la bouche de quelqu'un d'autre, cela avait encore une autre saveur de l'entendre, presque plus délectable. Et jamais il ne s'en lasserait. Lui aussi il aimait Viktor, profondément. C'est pour ça qu'il avait fait des concessions aussi de son côté. Entre les câlins, les frottements, les caresses et les baisers, ils avaient trouvé un certain milieu pour qu'aucun des deux ne se sente mis au pied du mur par l'autre. Bien sûr, le fait que Yuuri s'ouvrait lentement mais sûrement au sexe fluidifiait un peu les choses mais il y avait aussi eu de la tolérance du côté de son partenaire.

"Moi je pense que tu ne devrais pas te mettre la pression autour de ça, Yuuri, que ce soit d'un côté ou d'un autre d'ailleurs. Si t'as envie, fais-le. Si tu n'as pas envie, ne le fais pas. Rien n'invalide ce que tu es. Il faut avant tout que tu sois à l'aise avec toi-même, et les choses rouleront toutes seules, peu importe ce que tu décides. Moi j'ai arrêté de chercher à avoir quelqu'un, parce que ça ne m'intéresse pas, et j'en suis très heureux. Mais si toi, ça te plaît d'être comme ça, alors sois heureux aussi, ok?"

"Merci Phichit." Fit le japonais avec un sourire timide. "J'oublie parfois à quel point tu es un super ami."

"Je suis le meilleur!" Renchérit son ancien colocataire. "Allez, maintenant que je t'ai rassuré, file! Je l'ai entendu rentrer."

Yuuri se redressa, entendant en effet la porte se refermer et Makkachin aboyer pour signaler leur retour. Il se redressa, fit ses aux revoirs à Pichit avec la promesse de l'appeler plus souvent puis partit aider son fiancé qui avait profité pour faire quelques courses aussi pour le repas du soir. À peine Viktor eut-il posé les sacs de provisions sur le comptoir que son fiancé vint l'enlacer timidement. À travers son manteau, il sentait la fraîcheur extérieur de la Russie, et pourtant, cela lui semblait étrangement réconfortant.

Surpris le temps d'une seconde, l'homme aux cheveux argentés lui retourna tendrement l'étreinte. Il savait qu'ils apprenaient à peine à vivre l'un sans l'autre plus d'une demi-journée, mais ces "retrouvailles" contribuaient à rendre la séparation moins douloureuse. Même s'il doutait que Yuuri ait à ce point mal supporté cette absence.

"Qu'y-a-t-il?" Demanda le russe en lui caressant gentiment les cheveux.

"Rien. Je t'aime."

"Je t'aime aussi mon coeur."

Et ça ne serait jamais rien.