Je ne peux répondre à tous puisque les Guest ne sont, par définition, pas enregistrés… Merci à Juliana, navra, petite-plume, Zeugma, Mrs Elisabeth Darcy31, Patate tueuse, Mrs Gold, Tralapapa, Blupou, Nathéa, Abou51… Je suis très touchée par votre confiance. Eladora et Garfieldown… Que vous dire ? Et bien, ne changez rien… Bonne lecture pour ce quatrième chapitre en espérant qu'il vous plaira.
Chapitre 4 : Mais bien sûr… !
Severus se réveilla au petit matin, curieusement plutôt content d'être là. Il se leva allègrement, passa à la douche et commanda un petit déjeuner complet à l'un des elfes mis à disposition des sorciers sur le site. Une fois rassasié, il sortit de sa tente et s'en alla marcher dans cette forêt dense. Il avait l'intention de collecter un peu de lierre grimpant entrant dans la composition de la potion pimentine ainsi que de la digitale indiquée en cas d'insuffisance cardiaque.
Alors qu'il levait les yeux pour évaluer la longueur du lierre accroché à un arbre, il entendit des brindilles craquer sous des pas importuns. Il vit alors, à travers les branchages, une petite silhouette se déplacer lentement. La personne, qu'il identifia comme étant la professeure de potions de Beauxbâtons, marchait les yeux baissés, se courbant parfois pour cueillir un végétal qu'elle déposait dans le panier d'osier suspendu à son bras. Il se dissimula derrière l'arbre qu'il examinait.
Hermione ramassait des feuilles de primevère qu'elle utilisait dans la potion d'Alex. Cette forêt en regorgeait et elle était heureuse de pouvoir en récolter suffisamment pour finir l'année. Cela lui éviterait d'avoir à en acheter chez ce voleur de Sam Vernon, apothicaire à Marseille.
Severus se posait des questions, toujours masqué par le tronc du chêne. Cette femme l'intriguait, son instinct lui disait qu'il la connaissait mais il n'arrivait pas à se souvenir d'elle. Peut-être avait-elle beaucoup changé depuis ses années d'étudiante ou peut-être n'avait-elle pas suivi tous les cours de potions, jusqu'aux ASPIC. Mais si c'était le cas, elle n'aurait jamais pu devenir Maître en Potions…
Severus détestait ne pas se souvenir. Il décida de se montrer et de résoudre une fois pour toute l'énigme « Madame Dubreuil » !
Hermione se relevait quand un mur noir se dressa devant elle. Elle poussa un cri et sauta en arrière, provoquant un rictus narquois sur les lèvres du Maître des Potions.
—MadameDubreuil, c'est bien cela ? Ronronna Severus, provoquant de sa voix des frissons dans tout le corps d'Hermione.
Elle avait oublié combien il pouvait être expressif selon son intonation ou selon son regard. Celui-ci était d'ailleurs fixé sur elle, un sourcil relevé.
—Oh, bonjour Maître Snape. Ou plutôt Monsieur Snape, puisque vous ne daignez pas m'appeler par mon titre, le même que le vôtre, soit dit en passant.
L'interpellé renifla dédaigneusement.
—Je ne vous ai pas encore vue à l'œuvre, votre jeunesse est synonyme d'inexpérience, à mon avis.
Hermione respira profondément. Connaissant le personnage, elle savait qu'argumenter ne servait à rien, qu'il valait mieux le laisser découvrir par lui-même ses talents, quand bien même il ne les reconnaitrait jamais.
—Pourtant vous me connaissez, répliqua-t-elle moqueuse, vous devriez savoir que je ne fais rien sans m'être assurée que j'en sois capable et suffisamment documentée.
Cette fois, ce sont les deux sourcils qui se levèrent.
—Ainsi donc, je devrais me souvenir de vous. Voyons… Bizarrement, vous m'êtes antipathique, vous deviez donc être à Gryffondor et, à vue de nez, dans les dernières années de la guerre.
—Vous chauffez professeur Snape, railla Hermione.
—Mais bien sûr, murmura-t-il comme pour lui-même, comment ai-je pu ne pas vous reconnaître.
Hermione ne dit rien, le laissant aller au bout de sa déduction.
—Ainsi, vous êtes devenue Maîtresse en Potions. Qui l'eut cru ? Il est vrai que vos potions étaient de niveau acceptable Miss-Je-Sais-Tout, tête pensante du trio d'or.
—Seulement acceptable, le niveau de mes potions ? S'insurgea-telle, par jeu.
Le coin des lèvres de Severus se releva brièvement, pour marquer son amusement.
—Je ne vais certainement pas commencer à vous faire des compliments, n'y comptez pas !
La jeune femme éclata de rire.
—Je n'en attends plus, rassurez-vous, le temps est passé pendant lequel j'attendais une approbation de mon professeur de potions J'ai tout de même obtenu un « optimal » aux ASPIC!
—Remerciez le Seigneur des Ténèbres de m'avoir empêché de noter les examens cette année-là ! Ironisa-t-il.
—Je le tuerais plutôt pour ce qu'il vous a fait, lança-t-elle. A vous et à tant d'autres.
—Tiens donc, Hermione Granger redresseuse de torts Je vous reconnais bien là ! Trêve de plaisanterie, qu'êtes-vous en train de ramasser ?
—Quelques feuilles de primevère.
—Pour vos potions, j'imagine. Souffrez-vous d'asthme ?
Hermione hésita quelques instants.
—Ce n'est pas pour moi. Je me sers de la primevère pour son action contre la paralysie
—Vous utilisez la tige souterraine pour des décoctions n'est-ce pas ?
—Oui, associée à de la bruyère, elle tend à améliorer les troubles rhumatismaux. De plus elle a une efficacité sur la mé de plantes ont un effet sur la mélancolie, nous aurons certainement l'occasion d'en rediscuter. Pour l'heure, il est temps de nous rendre à la première session du colloque.
Hermione regarda sa montre et s'aperçut avec surprise qu'il était déjà neuf heures et demie. Ils s'engagèrent ensemble sur le chemin qui les ramena proche du campement. Severus la salua d'un signe de tête et s'engouffra dans sa tente, laissant Hermione songeuse. Elle n'aurait pas cru qu'ils puissent avoir une conversation aussi sereine. Son caractère avait l'air de s'être adouci, tout au moins n'était-il plus aussi agressif et hautain que dans son souvenir. Malgré tout, elle avait pu discerner dans son regard, sans qu'il s'en rende compte probablement, une absence de vie, une lueur qu'il possédait naguère et qu'il avait, semblait-il, perdu. Ses yeux ne brillaient plus de cette flamme sauvage et profonde qui les caractérisait. Il paraissait survivre, sans attente ni envie. Physiquement il était resté le même mais moralement, il était devenu tout autre. Qu'avait-il ? Pourquoi cet homme si flamboyant, si énergique, avait-il l'air si apathique ? Tout autre qu'elle ne se serait rendu compte de ce subtil changement. Mais elle, Hermione, avait appris, depuis six ans, à lire la souffrance dans le regard de l'autre. Comme avec Alex.
Se rendant compte que l'heure avançait, Hermione se saisit d'un calepin, d'une plume à encre perpétuelle et s'élança vers le grand dôme. Un brouhaha intense se faisait entendre en provenance de la grande tente sous laquelle devait se tenir les réunions. La foule qui s'y pressait bruissait des conversations des invités qui attendaient le début des débats.
Hermione s'installa sur une chaise du deuxième rang. Devant elle, à une chaise décalée, était assise la Professeure Waterston, somptueusement vêtue d'une longue robe bleue, assortie à ses yeux. Ses longs cheveux noirs étaient rassemblés en une natte qui descendait sur son épaule gauche.
Hermione la trouva fabuleusement belle, quoique un peu trop apprêtée pour la circonstance. Elle-même se trouva gauche et sans élégance dans ses jeans, tee-shirt et cardigan. Elle eut le plaisir de voir le cher Anselme se poser à ses côtés avec un petit sourire gaillard qui lui remonta le moral.
Les chaises se remplissaient rapidement quand un murmure parcourut la foule. Hermione se retourna pour voir ce qui provoquait cette rumeur. Elle vit alors Severus Snape traverser la salle d'un pas conquérant, les yeux fixés droit devant lui, ignorant tout de cette assemblée autour de lui.
Il grimpa sur l'estrade et se plaça devant le pupitre. Les retardataires reçurent un regard noir du Maître des Potions de Poudlard et s'empressèrent de s'assoir. Les yeux ébène parcoururent l'assistance et, posant les mains à plat sur le pupitre, il prit la parole.
Sa voix grave résonna sous le chapiteau et Hermione fut tout de suite subjuguée par le thème de sa présentation. Sans perdre de temps à des civilités, il attaqua directement sur le sujet sur lequel il travaillait.
La dépression des sorciers était un phénomène récurrent depuis la guerre et chaque participant à ce colloque avait plusieurs personnes de leurs connaissances touchées, plus ou moins gravement. Hermione pouvait entendre les commentaires approbateurs autour d'elle au fur et à mesure du déroulement de l'exposé de Severus.
Celui-ci se sentait parfaitement à l'aise. Il présentait son projet de mémoire, sans notes, preuve pour chacun qu'il connaissait la matière de ses recherches sur le bout des doigts. Hermione était admirative. Et pas seulement elle. Le professeur Waterston semblait boire les paroles de son homologue et surtout, elle le dévorait des yeux. A cette constatation, elle ne put empêcher un petit sourire narquois de fleurir sur ses lèvres. Anselme se pencha vers elle et lui glissa à l'oreille :
—Cette chère Amaris semble avoir choisi sa prochaine proie…
Hermione étouffa un petit rire et lui souffla :
—Elle ne sait pas dans quoi elle s'engage. J'ai la prétention de connaître assez bien Maître Snape, l'ayant eu comme professeur pendant six ans, et je peux vous dire qu'il va la recevoir à sa façon. Il est un homme froid et solitaire. Et quand je dis froid, il peut être glacial.
—Oui, je l'ai rencontré il y a quelques années déjà, il était alors un jeune professeur. Albus Dumbledore, un grand ami, m'avait invité à passer quelques jours au château de Poudlard, pendant les vacances d'été. Severus était là et, bien que nous ayons passé de longues heures à discuter potions, il est toujours resté distant, ne cherchant pas à nouer des liens d'amitié. J'ai par contre le souvenir d'un garçon exceptionnellement doué et amoureux des potions. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un aussi passionné et n'en ai jamais rencontré depuis non plus.
Le Maître des Potions de Poudlard arrivait au bout de son exposé et bientôt, un tonnerre d'applaudissements explosait sous le dôme. Un léger sourire dansait sur les lèvres de Severus alors qu'il contemplait son auditoire. Ses yeux noirs passèrent sur Hermione avant de se fixer sur le professeur Waterston. Celle-ci se mit à applaudir plus fort et fut récompensée par un signe de tête mi moqueur mi de remerciement.
Amaris, prenant cela pour un encouragement, alors que le raffut s'estompait, se leva et vint rejoindre son homologue alors qu'il descendait de l'estrade. Severus, au grand étonnement d'Hermione, la laissa lui saisir la main pour la serrer et la contempla amusé.
—Maître Snape, ronronna- t-elle, votre travail est fascinant, je suis très intéressée par le sujet que vous venez de présenter.
Severus essayait de dégager sa main de l'emprise de la belle brune, sans cependant y mettre assez de volonté pour réussir, quand il capta le regard amusé d'Hermione Granger. Il prit alors le bras d'Amaris et le glissa sous le sien.
—Je suis ravi d'avoir su capter l'attention d'une aussi jolie femme, susurra le sombre professeur.
Hermione leva les yeux au ciel devant tant d'hypocrisie. Mais Amaris ne se rendit compte de rien et poursuivit son entreprise de séduction.
—Severus, fredonna-t-elle, que diriez-vous de parler de vos projets devant un bon repas, tous les deux, seuls…
La phrase se terminait dans un souffle. Hermione n'en revenait pas. Elle prenait une bonne leçon de minauderie et attendit avec un petit rire la réaction, sulfureuse elle n'en doutait pas, du Maître des Potions. Aussi fut-elle estomaquée d'entendre :
—Avec plaisir chère Madame, nous serons plus tranquilles dans ma tente. Permettez-moi de vous escorter, répondit-il de sa voix soyeuse.
Sous les yeux ébahis d'Hermione et ceux amusés d'Anselme, ils fendirent la foule, Severus serrant quelques fois la main de ceux venus le féliciter. Il fit savoir à tout le monde qu'il était indisponible pour un temps indéterminé mais qu'il serait, dès le lendemain, à la disposition de tous pour parler de ses travaux. Ils disparurent bientôt de leur vue et Hermione tomba assise sur la chaise derrière elle.
—Alors ça ! Je n'en reviens pas ! Vous avez vu comme elle l'a embobiné et comment il s'est laissé faire ? S'exclama-t-elle.
Anselme se tordait de rire devant l'expression effarée de sa jeune collègue.
—Vous êtes bien naïve chère petite, si vous pensez qu'elle le tient. N'avez-vous pas vu le petit sourire moqueur de Severus posé sur elle ? A mon avis, il sait très bien ce qu'il fait et va juste profiter de ce qu'elle a à lui offrir, c'est-à-dire une joyeuse partie de jambes en l'air. Il ne serait pas un homme s'il laissait passer l'occasion !
Hermione, médusée par l'analyse affreusement juste de la situation faite par Anselme, osa d'une toute petite voix :
—Mais, ils ne vont que parler, ils ne vont pas avoir un rapport sexuel, là, comme ça, dans l'après-midi ?
—Oh, pas seulement cet après-midi, cela va durer jusqu'à demain matin. Quelque chose me dit que Severus en a besoin et qu'il a un gros appétit !
Puis il éclata de rire devant la mine horrifiée de la jeune femme. Elle n'avait jamais imaginé que son professeur puisse avoir une vie intime, aucun de ses professeurs d'ailleurs, au même titre que ses parents. C'était du domaine de l'inimaginable pour elle. Sans être complètement innocente, Hermione n'avait eu que des relations simples avec quelques garçons. Sans passion, sans grande démonstration. Jusqu'à Alex, avec qui la régularité de la relation lui avait apporté une sérénité qui lui convenait. Elle ne pensait pas être le genre de femme à avoir besoin de passion pour s'épanouir et trouvait la satisfaction avec son mari dans le couple qu'ils formaient. Elle n'avait besoin de rien de plus.
Alors savoir que, à quelques mètres d'elle, son ancien professeur allait se livrer à la débauche avec sa collègue, la mettait mal à l'aise.
—Espérons qu'il aura lancé un « assurdiato » !
Anselme s'esclaffa de plus belle, réussissant à la faire rire aussi. Elle avait tout de même remarqué, non sans une petite pointe d'irritation, qu'une étincelle égrillarde s'était mise à briller dans les yeux noirs de son ancien professeur. Rien de tel qu'une jolie femme, bien disposée à son égard, pour le ramener à la vie, apparemment !
