IV. L'Artémis

Elle regarda par le hublot et ne pus en croire ses yeux. Devant elle, Momo pouvait voir un énorme dirigeable qui ressemblait à une cité volante. Sa superficie était si impressionnante qu'elle se demanda même comment les inquisiteurs ne remarquaient pas une structure pareille. Elle se demandait aussi comment cette chose parvenait à flotter et qu'elle n'avait pas déjà sombrer dans le vide. Comment cela était même possible qu'un engin d'une telle envergure ait pu ne serait-ce qu'une seconde ternir en l'air. Il n'aurait même pas dû quitter Terre.

_ Vois-tu Momo, commença Haru, tu as devant toi l'une des merveilles du monde des sorciers. C'est l'une des constructions les plus impressionnante que nous avons réalisé et tous cela, grâce au fantasia. C'est justement grâce à une barrière de fantasia qu'il est impossible de repérer l'Artémis si l'on n'est pas infecté.

_ C'est incroyable...

Ceci fut les seuls mots que la brune put dire tellement elle était estomaquée.

_ On va bientôt arriver, prépare-toi, déclara Fuyumi. Cependant, on n'y restera pas longtemps, enfin, pour ce qui est de mes frères et moi. Libre à toi de nous suivre ou de rester à l'Artémis mais, entre nous, je pense que le choix est vite fait...

Momo ne compris pas ce qu'elle voulut dire mais n'y pensa pas. Regardant l'île flottante, elle se dit, pour la première fois depuis qu'elle était infecté, que sa nouvelle vie n'était pas si mal ?

...

_ Nous y voilà ! S'écria Haru. Ladys and gentlemans je vous demanderais de faire attention à la marche en descendant du dirigeable et je vous souhaite un agréable périple dans l'Artémis.

_ Tu peux arrêter de faire l'imbécile, tu sais très bien ce qui nous attend, souffla Fuyumi agacé.

Momo se tourna vers Shouto qui était resté bien silencieux depuis un bon moment déjà. Son mutisme et son attitude glacial effrayait la jeune fille mais elle ne voulait pas être en mauvais termes avec le bicolore.

_ Sh-Shouto...

Le bicolore arqua un sourcil, se tourna vers la brune et la questionna du regard.

_ N'es-tu pas enthousiaste à l'idée de revenir à l'Artémis ? demanda-t-elle afin d'engager la conversation.

_ Pas vraiment. Plus vite on partira, mieux se sera.

Il avait fallu qu'elle rassemble tous son courage pour lui adresser la parole et cette réponse glaçante lui donna l'effet d'un coup de couteau dans le ventre. Le bicolore ne sembla pas le remarquer et se mis à suivre Haru avec une expression désespérer. Enfin, si son léger froncement de sourcil pouvait être qualifier comme tel. Cependant, Momo commençait à comprendre le benjamin de la fratrie et elle sentait qu'il n'était pas le genre de personne à exprimer ses sentiments dans de grands gestes d'affection, de colère ou de tristesse.

_ Fuyumi, je ne pense pas que ce soit vraiment important n'est-ce pas Momo, déclara Shouto.

Momo fut désorienter par sa soudaine prise de parole et n'avait pas remarquer que les trois frères et sœurs, en tout cas Haru et Fuyumi, entretenait un débat actif sur un sujet qu'elle ignorait, trop concentrer à déchiffrer le bicolore.

_ Momo ? Répéta le jeune homme.

_ Désolée je... je n'écoutais pas...

Elle se senti rougir de gêne à cause de cet instant d'embarrassement.

_ Ce n'est pas grave, la rassura Haru, tout cela pour dire que regarder les nouveaux articles de sorcier est moins important que de voir le charlatan qui s'occupe de l'Artémis afin de lui faire notre « rapport » et de s'acquitter de ces dettes absurdes.

_ Et moi je pense qu'il serait temps d'acheter de nouveaux articles à plumes afin de repartir le plus rapidement possible, répondit l'aînée irrité.

_ Pourquoi êtes vous si pressé de partir ? Questionna Momo. L'Artémis est un endroit magnifique ! Et, qui est ce « charlatan » ? Et de quelles dettes parler vous ?

Les trois regards se tournèrent vers elle et tous la regardait comme si elle parlait dans un autre langage.

_ Ecoute Momo, commença doucement Fuyumi, l'Artémis n'est pas aussi incroyable que l'on puisse le penser. Les loyers et habitations sont à un prix si exorbitant que la plupart préfère partir plutôt que de vivre ici.

_ Sans oublier que le moindre faux pas te coutera un bras, ajouta Haru. Malheureusement, partir n'est pas vraiment une solution, et l'Artémis ne plaisante pas en ce qui concerne l'argent. Une fois endetter, ils feront tous pour que tu les rembourse et, si possible, d'endetter encore plus.

_ Alors qu'est-ce que l'on fait ici ?

_ Il y a des articles de sorcier unique à l'Artémis et tu ne peux en trouver qu'ici ou qu'en territoire Cyfandir. Autre part, c'est du commerce illégal et une seule paire de gant à plume peut avoir une somme exorbitante, renchérit Fuyumi. De plus, nous connaissons quelqu'un qui fabrique les meilleures armes à plumes, ici, à l'Artémis.

_ Alors on devrait se dépêcher non ?

_Vous savez quoi ? Déclara le décoloré. Les filles n'ont qu'à partir voir la vielle aux marteaux et Shouto et moi allons voir le chat jaune.

_ Le chat jaune ?

Elle ne reçut aucune réponse, étant déjà entrainer par Fuyumi et voyant que Haru et Shouto avait pris une direction opposée.

Il fallut attendre peu de temps avant que les deux jeunes femmes se retrouvent devant une boutique d'arme. Fuyumi pris une grande inspiration et poussa la porte d'entrer. Lorsque Momo mit un pied dans la boutique, son nez fut assailli par une odeur d'huile et d'acier mais également par une odeur douce, comparable à celle du miel.

_ Fuyumi, tu es sûre qu'il y a quelqu'un ? Demanda Momo, peu rassurée.

_ Mais oui, fais-moi confiance ! Madame Kendou !

Aucune réponse ne se fit entendre jusqu'à ce qu'une jeune femme rousse de l'âge de Momo sortie de l'arrière-boutique. Elle était habillée de vêtement simple et ample avec une trace de suie sur la joue.

_ Je peux vous aider ? Demanda-t-elle en arquant un sourcil.

_ Oh mais c'est la petite Itsuka ! Tu es enfin revenu de ta formation en Cyfandir ! C'est magnifique !

Ladite Itsuka fronça les sourcils en dévisageant la bicolore jusqu'à ce qu'un énorme sourire apparaisse sur son visage.

_ Fuyumi-nee ? C'est bien toi ?

_ Oh Itsuka ! J'avais tellement peur que tu ne te souviennes plus de moi j'ai tellement de- attends, tu pleures ?

En effet, des larmes avaient fait leur chemin sur le visage de la rouquine. Elle se mit à les essuyer doucement comme si elle n'avait pas remarqué qu'elle pleurait.

_ Itsuka ?

_ Fuyumi, il faut que tu ailles en Cyfandir.

...

_ Alors mon petit Haru, ce que tu me ramène fait un total de 153 910 gemmes ce qui fait, pour la dette de la fratrie, qu'il ne vous reste plus que 173 765 gemmes à payer !

_ Wow, wow, wow ! Attends une seconde, tu n'essaierais pas de nous emplumer là ? Après ce que je viens de vous rapporter notre dette devait descendre à 5000 gemmes, alors pourquoi elle a autant augmenté !?

Le décoloré fulminait alors que le bicolore soupirait de désespération. Devant eux se trouvait un chat jaune assis sur un trône, dévisageant l'intérieur du sac remplis d'argent devant ses pieds.

_ Dirigeable mal garé, dispute dans les espaces publique, les intérêts, ne pas avoir signaler l'entrée d'un autre sorcier dans l'Artémis...

_ Eh le chat ! S'exclama Haru.

_ C'est Seigneur Lord Majestis gamin.

_ Très bien le chat. Ecoute, j'ai trimé pendant des années avec Fuyumi et Shouto pour rembourser ta stupide dette alors il est hors de question que je me fasse enfluter de la sorte ! La dernière plainte ne fait même pas partie du règlement de l'Artémis !

_ Ah bon ? Eh bien les règles ont changé durant ton absence, gamin.

_ Espèce de...

_ Laisse tomber Nii-san si tu l'insultes ou le touche il va prendre ça comme prétexte pour faire à nouveau augmenter la dette. On devrait partir.

Le décoloré bouillonnait, foudroyant le chat du regard.

_ Combien ? Demanda-t-il soudainement.

_ Je te demande pardon ? Questionna le chat dédaigneux.

_ Combien pour cette arme ?

Lord Majestis descendit de son trône et s'approcha du jeune homme. Ce dernier tendait une dague dans une main et son fourreau dans l'autre. Le fourreaux était recouvert de fil d'argent et de dorure alors que pour ce qui était de la dague, elle était décoré d'étrange inscription lumineuse et fluo qui changeait de couleurs et semblait se déplacer sur la lame. Le bicolore semblait alerter par l'objet tendu par son frère.

_ Des inscription de fantasia- oh, comme c'est intéressant !

Un rictus victorieux fit son chemin sur le visage du cadet.

_ Mais désolé, je ne dépenserais pas une seule gemme pour un tel objet. Cette chose n'a aucune valeur, gamin.

_ Je te demande pardon !?

_ Tu penses que je ne sais pas ce que c'est gamin ? Après tout, n'est-ce pas cette arme qui t'a rendu célèbre ?

_ Oh put-flûte ! Je vais me le faire !

_ Nii-san, on y va.

_ Tu sais quoi !? Tu ne veux pas de mon arme ? Très bien ! Je vais compléter cette dette quoi qu'il arrive en attrapant un- nan dix Némésis vivant ! Tu vas voir si je serais encore endetté pour longtemps !

_ Oui, oui, très bien Nii-san, on y va maintenant, souffla Shouto en tirant le décoloré par l'arrière du col.

_ J'aurais attrapé tellement de Némésis que je pourrais même m'emparer de l'Artémis !

_ Très bien gamin, on en reparlera dans quelque année.

_ J'aurais ta peau !

...

Momo ne savait pas quoi faire. La rousse s'était littéralement effondrée en larmes, essayant vainement de les essuyer et étalant de la suie sur son visage au passage.

_ Itsuka, dis-moi ce qui ne va pas, parle-moi, dit Fuyumi d'une voix douce, presque maternelle.

_ C'est une catastrophe... ils ont... ils ont...

_ Calme-toi, si c'est trop dur, tu peux prendre ton temps et me raconter progressivement, d'accord Itsuka ?

_ Je... j'étais en Cyfandir pour apprendre de nouveaux sorts et en apprendre plus pour reprendre la forge familiale puisque ça fait déjà 12 ans que mon père est mort et que ma mère s'occupe seule de la forge et des armes à plume mais...

Ses sanglots devenaient incontrôlables et la panique et l'inquiétude était de plus en plus présente sur le visage de l'aînée.

_ Calme toi Itsuka...

_ Ils ont... Cyfandir... non...

_ Est-ce que ça un rapport avec ta mère ? Dis-moi qu'il ne lui est rien arrivé de mal et qu'elle va bien.

_ Fuyumi...

Et elle ne prononça qu'une seule phrase. Une phrase inaudible que personne n'aurait dû saisir. Mais Fuyumi avait compris.

_ Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Momo incertaine.

La bicolore était complètement figée, les yeux écarquillés, ne sachant quoi dire. De la glace avait fait son apparition sur les murs de la boutique alors que le sol semblait se mettre légèrement à trembler. Les lunettes de la jeune femme se fissuraient alors que l'atmosphère devenait de plus en plus lourde.

_ Comment ? Comment est-ce arrivé Itsuka ?

_ Fuyumi attends.

Itsuka, bien trop faible et dévasté, rejoins à tâtons le coin de la pièce et ouvrit une armoire, les mains tremblantes. Elle en sortit une sorte de journal à la couverture délavé et au page jaunies puis elle referma le tiroir, s'approcha de Fuyumi et le lui tendis.

_ Tous ce qui est arrivé est écrit dedans, il y a plus d'explication que je ne pourrais jamais t'en donner. C'est écrit de la main de ma mère. J'espère qu'elle va bien...

La bicolore reprit son calme et souffla calmement pour évacuer sa colère.

_ Momo ?

_ Eh, oui Fuyumi-san ?

_ Est-ce que, dans cette boutique, il y a un objet qui te plait ?

Momo fut prise au dépourvu et jeta un bref coup d'œil autour d'elle lorsque quelque chose retint son attention. C'était un bout de bois taillé avec une sorte de manche et un bout pointu. Cela pouvait paraitre ridicule sur le moment mais cela lui faisait penser aux baguettes des fées dans les contes pour enfant. Et, malgré le fait qu'elle avait dépassé cette période de sa vie ou elle voulait absolument être une princesse, quelque chose en elle lui disait de la prendre.

_ Eh bien, ça... dit-elle en tremblant.

_ Très bien, dit l'aînée d'une fois glaçante tout en sortant une bourse de sa poche. Prends-la et on s'en va. On n'a plus de temps à perdre.

...

_ Je n'y crois pas que tu aies eu l'inconscience de lui proposer ça juste pour remplir une vulgaire dette !? Es-tu désespéré à ce point Nii-san ?

Shouto et Haru étaient maintenant dans un parc, en face du palace de Lord Majestic. Le cadet était allongé sur l'herbe alors que le benjamin était assis contre un arbre. Le décoloré avait posé l'arme, qu'il avait voulu vendre plus tôt, sur son ventre, la tenant fermement.

_ Ce que moi je n'arrive pas à croire c'est qu'il ait qualifier « ça » comme tu dis, d'objet sans valeur et de vulgaire chose.

_ Ce n'est pas quelque chose que tu peux donner Nii-san ! C'est l'une des meilleures armes à plumes !

_ Mais je n'en aurais plus eu besoin si elle avait complété nos dettes. Il nous aurait suffit de nous retirer en Cyfandir, loin de la discrimination envers les sorciers, loin des dettes et surtout, loin de ce charlatan.

_ Ça n'aurait pas été si simple et tu le sais très bien.

_ Comme j'aurais espéré que si. Plus, j'aurais pu me débarrasser de « ça ».

_ Pourquoi veux-tu t'en séparer à ce point ? Demanda le bicolore.

_ Parce j'ai l'impression que t'en que je l'ai sur moi, je ne pourrais jamais être en paix. C'est comme si elle attire les problèmes. Et puis, tant que je l'ai, on ne ferra que m'associer à un passé que je préfèrerais oublier.

Shouto ne répondit pas, comprenant ce qu'il voulait dire et ne voulant pas rouvrir des plaies qui avait pris tant de temps à cicatriser. Le décolorer regardait le soleil, filtrer par les feuilles encore verdoyantes de l'arbre sous lequel il était. Son esprit était comme vide, il n'arrivait à penser à rien à part l'objet de métal qui semblait exercer une pression supérieure à son propre poids sur son abdomen.

_ Shouto, tu penses qu'ils pourront oublier ?

Le jeune garçon s'était redressé, regardant son cadet avec des yeux suppliant mais ce dernier avait baissé les yeux, incapable de répondre.

_ Oui, je m'en doutais-

_ Haru ! Bouge-toi et ramène-toi !

_ Dark Fuyumi ?

La peur se lit dans les yeux des deux garçons alors qu'il voyait une Fuyumi passablement énervé avec une Momo déboussolée fonçant vers eux. Elles s'arrêtèrent devant eux et la brune reprit son souffle.

_ Oh, Fuyumi... Je suis désolé mais... le chat a augmenté la dette, je n'ai rien pu faire mais-

_ Cyfandir est assiégée, la reine risque de mourir ainsi que toute la population qu'elle dirige. Haru...

Il faut qu'on parte.