La prophétie des mondes

Me voilà repartie pour un quatrième chapitre, mais après ma bataille dans les Monts Brumeux, je suis pas sûre de pouvoir faire bien mieux. Enfin… mon imagination n'a pas dit son dernier mot !! Bonne lecture !

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réponses aux reviews :

Moon cat 22 : Cool que ta punition soit finie, tu vas pouvoir nous pondre la suite de Dryäna ! (à moins qu'elle n'y soit déjà, j'ai pas encore été voir…) Ne t'inquiète pas trop pour Legolas, je ne le torturerai pas plus que nécessaire !!! Mais il va continuer pendant un moment à se poser des questions. Et pour la réaction de Thranduil, sais pas encore si ce sera dans ce chapitre-là… -' Mais ce chapitre-là devrait pouvoir te faire patienter…

Luthien.tin : Merci beaucoup pour tes compliments, ça m'a fait très plaisir. J'espère que le reste de mon histoire te paraîtra aussi bien écrit et cohérent que ces chapitres… J'ai toujours l'impression de transgresser un peu par rapport à l'original mais je fais ce que je peux. Tant mieux si je fais bien -

Arhini fille d'Arathorn : Beuh ! Les droits d'auteur c'est moi d'abord ! J'ai eu l'idée bien avant toi d'abord, na !! lol je sais pas si c'est vrai mais disons que l'idée date de la sortie ciné du premier film alors… accorde-moi le bénéfice du doute - Et j'ai été lire ta fic, faudra que j'y laisse une review un jour…

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Chapitre 4 : Pied d'égalité

La petite compagnie remonta vers le nord pendant plusieurs jours, avant de trouver enfin le Sentier des Elfes, chemin tracé par les Elfes de la Forêt Noire et menant presque directement au palais de Thranduil. Legolas immobilisa son cheval devant le passage et admira les arbres avec un léger sourire emprunt de mélancolie.

-Voici les frontières de mon royaume, dit-il à l'Elfe.

-Il me parait bien sombre… murmura-t-elle.

-N'ayez aucune crainte, la rassura-t-il. Tant que nous ne sortirons pas du Sentier, les diverses créatures de cette forêt qui puissent nous être hostiles ne se montreront guère. Et nous arriverons vite au palais. Arrêtons-nous ici pour le reste la journée, nous partirons à la tombée de la nuit pour arriver un peu après le lever de la Soleil.

-Mais n'est-ce pas dangereux de voyager de nuit dans un tel endroit ? objecta-t-elle.

-Le jour et la nuit ne font aucune différence ici, l'obscurité y est tout autant présente.

L'Elfe n'ajouta rien, guère rassurée à la pensée du voyage qui l'attendait. La présence de deux bons guerriers et du meilleur archer de la Forêt Noire n'y changeait rien.

Ils mirent pied à terre. L'Elfe s'était jointe à eux, mais Legolas la vit lancer de temps à autres un regard inquiet du côté de la Forêt. Il s'en amusa un premier temps, mais cette attitude la rendait distante. Elle n'écoutait pas avec attention. Même si elle ne disait rien, il lui semblait important qu'elle écoutât la conversation, qu'elle manifeste un intérêt quelconque pour eux.

Pourtant il ne dit rien. Il était déjà étonnant que ses deux compagnons n'aient encore parlé des étrangetés de l'Elfe, il ne voulait pas risquer d'attirer leur attention sur elle. A un moment elle dut se sentir observée, car elle croisa son regard et baissa aussitôt la tête. Etrange Elfe, vraiment. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un de tel.

Ils reprirent la route à la nuit tombée, comme annoncé. Les chevaux se dirigèrent d'un bond pas vers le Sentier, puis entre les arbres. Legolas sentait les mains de l'Elfe crispées sur son dos. Un jour aventurière-guerrière, un autre petite elfe affolée. Un jour lointaine, un autre amicale. Une succession de contradictions. Il doutait de pouvoir la cerner un jour, et pourtant elle l'intriguait au plus au point, et il avait grande envie de la comprendre.

Un craquement entre les arbres et l'Elfe se plaqua contre lui dans un sursNut. Il sourit dans le noir. Qui aurait cru qu'elle puisse être aussi craintive en la voyant combattre ces Orcs sur la montagne ? Elle n'en était que plus fascinante, à vrai dire. Il voulait connaître ses secrets.

-Ne craigniez rien, dame Edhelwen, chuchota-t-il. Ils ne s'en prendront pas à nous. Détendez-vous.

Elle posa son front contre lui et ferma les yeux. Il ne put le voir mais elle ressemblait à une enfant perdue et effrayée, tout comme dans la grotte… Les deux compagnons, eux, le virent. Il leur semblait qu'elle cherchait à puiser en lui un sentiment de sécurité, mais une fois de plus, ils gardèrent cela pour eux.

Ils ne croisèrent personne tout le long de leur route. Si un Elfe se trouvait dans les environ, jamais il ne manifesta sa présence. Ils suivirent un long moment la Rivière Enchantée, à laquelle il ne fallait surtout pas boire sous peine de tomber profondément endormi de longues heures durant. Puis ils atteignirent la Rivière de la Forêt et le pont qui la traversait.

-Voici l'entrée du palais de mon père, dit Legolas.

-Une caverne ? s'étonna l'Elfe.

-Ne vous fiez pas à son apparence extérieure, dit-il avec un sourire. Ce palais ne ressemble en rien à la sombre grotte des Monts Brumeux. Mais nous y passons très peu de notre temps, et peu d'entre nous vivent à l'intérieur. Vous verrez quantité de petites huttes aux alentours, c'est là que les sujets de mon pères ont leur maison.

Un pâle rayon de soleil parvenait à percer le toit de branches et de feuilles et éclairait faiblement l'entrée de la caverne. Les deux grandes portes s'ouvrirent à leur arrivées, comme sentant l'arrivée du prince des lieux. A l'intérieur, des torches rouges étaient allumées, éclairant de longs couloirs sinueux d'une teinte surnaturelle.

Ils laissèrent leurs chevaux à l'entrée, attachés à une sorte de barre taillée dans le roc, puis pénétrèrent dans la caverne. Les portes se refermèrent d'un coup sec mais sans bruit derrière eux. En regardant les nombreux croisements de chemins, l'Elfe se demanda comment ses compagnons, et même tous les Elfes de ce palais, pouvaient ne pas se perdre dans un tel dédale.

Ils croisèrent un garde Elfe qui, après un salut réglementaire à son prince, partit en courant prévenir son roi du retour de son fils. Ainsi, lorsqu'ils arrivèrent dans la grande salle du trône, Thranduil était déjà assis sur son siège de bois.

L'Elfe ne le vit pas tout de suite. tandis qu'ils s'approchaient du roi, elle observait la décoration de la salle : de nombreuses colonnes soutenaient le plafond de pierre, avec de longues tiges de lierre sculptées de bas en haut, si parfaitement imitées qu'elles semblaient vraies. Son regard s'attarda enfin sur le Roi de Mirkwood.

Siégeant sur son fauteuil de bois ciselé de plantes plus vraies que nature et le front ceint par la couronne de baies et de feuilles rouges qu'il portait à l'automne, Thranduil dominait toute la salle par sa présence. L'Elfe se sentit insignifiante devant lui. Ils s'arrêtèrent en bas de l'estrade, Legolas tout devant, et les deux autres compagnons un peu plus loin en arrière, et s'inclinèrent, main droite sur le cœur. L'Elfe, un peu en retrait de Legolas, les imita, intimidée.

Thranduil se leva et descendit les quelques marches vers eux. L'Elfe crut qu'il allait prendre son fils dans ses bras, heureux de le voir sain et sauf au retour de Fondcombe. Mais il se contenta d'un signe de tête réjoui échangé avec Legolas avant de s'avancer vers elle avec un sourire heureux. Il prit sa main et se pencha pour l'effleurer de ses lèvres.

-Dame Edhelwen, votre présence m'honore, murmura-t-il.

Il éleva la main de l'Elfe avec les siennes et se tourna vers son peuple qui s'était réuni là à l'annonce du retour de Legolas. Celui-ci le regardait sans comprendre. Son père connaissait cette Elfe étrange ?

-Voici devant vous la Dame Edhelwen, aussi appelée Edhelraën, Grande Dame du Peuple Solitaire ! proclama-t-il.

Aussitôt les Elfes Sylvains l'acclamèrent. Legolas ouvrit de grands yeux. Edhelwen, l'Elfe errante, la princesse perdue du Peuple Solitaire ? Comment cela était-il possible ? Elle avait disparu depuis de longues années humaines, pour reparaître alors que le monde basculait peu à peu dans l'ombre ? L'expression de l'Elfe rejoignait quelque peu la sienne : incrédule, mais aussi effrayée.

-Et également une très ancienne amie, ajouta Thranduil un peu plus bas, pour l'Elfe, tout en enfermant doucement sa main entre les siennes. Nous avions cru vous avoir perdue pour toujours, Dame Edhelwen. Je suis soulagé qu'il n'en soit rien. Où donc avez-vous passé tout ce temps ?

Legolas la vit froncer les sourcils avec sévérité. Il craignit soudain qu'elle ne change encore, devenant l'Elfe cruelle qu'elle pouvait être parfois.

-Je n'en sais rien, Seigneur Thranduil, répondit-elle en esquissant une petiee révérence.

-Allons, allons, pas de cela avec moi, je vous en prie, nous sommes amis depuis si longtemps…

-Je n'en ai aucun souvenir, mon Seigneur.

-Comment cela se peut-il ? demanda-t-il, passablement froissé.

-J'ai perdu tout souvenir de la vie que j'ai pu avoir en ces terres, reprit l'Elfe, une sombre lueur au fond des yeux qui fit tressaillir Legolas. Je suis un être sans mémoire d'aucun moment de sa vie. Et j'apprécierai qu'on me laisse en paix avec ce vide, et qu'en aucun cas on ne me rappelle sans cesse ce que j'ai pu vivre en ce monde.

Elle se retourna et descendit les marches en courant presque. Thranduil ne bougea pas, trop choqué pour faire un seul geste. L'assemblée s'était tue, ne comprenant pas comment l'Elfe avait pu oser hausser le ton devant leur Roi. Après un instant de flottement, Legolas sortit de sa léthargie pour courir après l'Elfe.

Il la trouva dehors, s'enfuyant à travers la cité sylvestre s'étendant de l'autre côté de la caverne. Il la rattrapa et lui saisit le poignet, la faisant s'arrêter. Elle se débattit mais il tint bon.

-Dame Edhelwen ! s'exclama-t-il.

-Lâchez-moi !

Elle parvint à dégager son poignet et se mit face à lui, les poings crispés. Son attitude étonnait de plus en plus Legolas.

-Laissez-moi en paix ! cria-t-elle.

-J'aimerai comprendre…

-Vous ne pourriez pas ! coupa-t-elle.

Il s'aperçut soudain que des larmes coulaient le long des joues de l'Elfe. Elle était bien plus sensible que la plupart des gens de leur race, quels qu'ils soient. Aucun Elfe ne pleure aussi facilement. Ils restèrent un moment face à face, à se fixes dans les yeux sans rien dire, puis l'Elfe fit demi-tour et s'enfuit à nouveau. Legolas la regarda courir, ne sachant quoi faire. Puis il secoua la tête et retourna voir son père. Il était porteur des nouvelles de Fondcombe…

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Il ressortit seulement quelques minutes plus tard. Son père n'avait manifesté aucune envie de savoir ce que son fils pouvait rapporter du Conseil d'Imladriss. Il lui avait annoncé que tout serait dit le lendemain lors d'une réunion qu'il avait organisée. Ils n'avaient pas dit un mot à propos de l'Elfe, mais Legolas vit bien que son père était peiné. Lui-même se sentait honteux, bien qu'il n'ait pas à l'être.

Il erra un long moment sans but précis, cherchant machinalement à repérer l'Elfe ici ou là. Mais il ne la vit nulle part. L'inquiétude commençait à percer en lui, bien qu'il ne veuille pas l'admettre. Où donc était-elle partie ? Que pouvait-elle bien faire, dans cette forêt qu'elle ne connaissait pas ?

Elle n'apparut pas plus au magnifique repas qui fut donné le midi même. Longtemps après le festin qui se termina bien tard dans la soirée, Legolas s'avoua son inquiétude. Personne ne l'avait vue depuis l'altercation du matin. Elle avait totalement disparu. Alors que la mi nuit s'approchait à grands pas, Legolas partit à la recherche de l'Elfe, résolu à la trouver et à la ramener au palais. Peu importe si son humeur était mauvaise, il ne se laisserait plus faire.

Il chercha longtemps sans aucune piste pour l'aider. L'Elfe s'était comme volatilisée, peut-être même était-ce son but. Se trouvait-elle seulement encore dans les frontières de ce pays ? Legolas ne pouvait s'empêcher d'en douter. Soudain la menace des araignées géantes de la Forêt s'imposa à son esprit. Il eut une vision affreuse de l'Elfe aux prises avec ces abjectes créatures, ne pouvant se défendre et appelant en vain une aide qui ne viendrait jamais. Son cœur se serra et il força l'allure. Il devait la trouver.

Il arriva dans une partie peu fréquentée de la cité, où les ronces le disputaient aux grands hêtres si chers aux Elfes de ce pays. Ce lieu était plus sombre que le reste de la cité sylvestre mais cela n'affectait pas la vision de Legolas. Il promena rapidement le regard tout autour de lui, espérant apercevoir un signe de vie de l'Elfe. Mais rien, le silence et le calme l'environnait de toutes parts.

Alors qu'il allait renoncer et s'en retourner ailleurs, le cœur lourd, il perçut un léger bruit qui ne correspondait pas aux bruissements des arbres. Il n'était pas seul. Aussitôt il saisit son arc et le garda devant lui, prêt à tirer, tous les sens en alerte. Il se dirigea sans bruit vers la source du souffle, craignant un ennemi. Mais ce qu'il trouva lui arracha un soupir de soulagement. Il remit son arme dans son dos d'un geste souple et s'avança silencieusement vers l'Elfe endormie contre un arbre.

Son expression apaisée se figea légèrement lorsqu'il se rendit compte que ses yeux paraissaient gonflés, comme si elle avait chaudement pleuré. Il étouffa alors un cri de surprise en voyant ses mains. Elles étaient profondément meurtries et ensanglantées. Il remarqua alors des marques sombres sur l'écorce de l'arbre. La scène n'était guère difficile à imaginer : l'Elfe en pleurs frappant l'arbre jusqu'au sang puis se laissant tomber au sol d'épuisement…

Il s'agenouilla et prit délicatement ses mains entre les siennes pour mieux les examiner. Ce n'était pas beau à voir. Il caressa doucement le dessus de ses mains en regardant son visage. Si beau, si torturé… Sous ses airs parfois durs, elle cachait une peine trop grande pour elle et son besoin d'aide. Chacune de ses actions devaient être guidées par ce chagrin qu'elle ne pouvait supporter seule. Elle devait se confier, et il la ferait parler…

Il la prit dans ses bras et l'emmena au palais tout en prenant garde de ne pas la réveiller. Il alla jusqu'à la chambre prévue pour elle et la posa sur le lit. Puis il trouva un liquide désinfectant et des bandes de tissu et, n'ayant nullement l'envie d'alerter qui que ce soit sur ce qui s'était produit, il entreprit de soigner et bander les mains et les poignets foulés de l'Elfe. Celle-ci ouvrit les yeux au premier contact du liquide sur sa peau.

-Désolé… murmura Legolas.

-Vous ne m'avez pas fait mal… répondit l'Elfe d'une voix mal assurée, les yeux fixés sur sa main pour éviter ceux de Legolas.

Son regard était troublé et menaçait de verser de nouvelles larmes. Legolas choisit le silence et reprit ses soins. Elle grimaça à plusieurs reprises alors qu'il désinfectait soigneusement les plaies.

-Quel est ce bijou ? demanda-t-il.

Il venait de voir à l'annulaire de l'Elfe un anneau ciselé.

-Est-il abîm ? demanda-t-elle d'un ton soucieux, sans oser porter l'objet à son regard.

-Non, il est intact, répondit Legolas. Pas une seule éraflure.

Elle ferma les yeux en soupirant légèrement.

-Vous me rassurez, dit-elle. Je m'en serais voulue de l'avoir abîm

-Quelle valeur a-t-il à vos yeux ? voulut-il savoir.

-C'est l'anneau de mon peuple, répondit-elle, toujours sans croiser son regard. Chacun de nous en possède un, et chaque anneau est unique. L'or qui le compose et les gravures sont différents selon celui qui le possède. Celui-ci… est en or ambré, et celui de mon… d'Aranor est en or carmin. Seule… la famille royale reçoit des anneaux de telles couleurs, ce sont les teintes nobles… Tout cela, je le sais d'Aranor et d'Elrond, bien sûr… Je suis soulagée de le savoir intact…

Legolas remarqua sans difficulté les hésitations de l'Elfe chaque fois qu'elle parlait de son frère ou de son ascendance royale. Il décida de ne pas insister sur le sujet pour le moment, il ne fallait pas la brusquer pour obtenir ses confessions…

-Que représentent ces ciselures ? demanda-t-il.

-Des lys…

-Des lys ? répéta-t-il.

-D'après Aranor, ce choix était délibéré. Mais il a refusé de me l'expliquer.

Legolas prit une des bandes de tissu et commença à panser la main de l'Elfe. Ils restèrent de longs instants silencieux. Il ne savait trop s'il devait la faire parler maintenant ou attendre un meilleur moment. Il savait qu'elle ne serait jamais prête à s'ouvrir à lui, mais ce serait plus facile si elle était en confiance. Plus tard. Cela pouvait attendre encore un peu. Un tout petit peu.

-J'ai terminé, murmura-t-il en reposant doucement la main de l'Elfe sur les draps.

-Merci, prince Legolas… chuchota-t-elle, les yeux baissés.

-Cessez de m'appeler prince de la sorte, coupa-t-il, vous me parlez comme l'un des sujets de mon père. N'êtes-vous pas une princesse vous-même ?

-Non, ne croyez pas cela ! s'exclama-t-elle en levant des yeux alarmés vers lui. Je n'ai rien d'une princesse, croyez-moi ! Ne me traitez pas comme vous le faites, vous êtes trop bon pour moi, prince…

-Vous êtes mon égale, Edhelwen, répliqua Legolas, les sourcils froncés, quelque peu surpris par ces paroles. Je ne puis me comporter avec vous autrement que comme je le fais. Vous êtes la princesse du Peuple Solitaire, cela que vous le vouliez ou non.

-Je vous en prie…

-Je ne comprends pas votre attitude, Edhelwen, je suis désolé. Vous m'avez caché votre véritable rang et vous agissez de façon incompréhensible. Il vous faudra un jour justifier vos actes.

L'Elfe secoua la tête et détourna le regard. Il s'était à nouveau mis à briller de larmes contenues. Legolas sut que le moment n'était pas encore venu. Il posa sa main sur celle de l'Elfe et dit :

-Dormez, vous en avez besoin. Ne vous préoccupez pas du reste et profitez du repos qui vous est accordé. Je repasserai demain voir si vous allez bien.

Il se leva et se dirigea vers le couloir.

-Prince…

Il se retourna et regarda l'Elfe. Elle semblait fragile, pelotonnée comme elle l'était à la tête de son lit.

-Transmettez mes excuses à votre père.. bien que je doute qu'il les accepte…Et… merci… Merci d'être là malgré moi…

Legolas hocha la tête et s'en alla. Il n'y avait rien à ajouter. Que le sommeil l'emporte et que la Lune rende ses songes les plus doux. Malgré elle… elle le méritait.

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-Elrond envoie une compagnie sur place dès le retour de tous les éclaireurs.

-Ainsi il envoie des gens à la mort…

Thranduil s'était réunis avec ses plus proches conseillers pour écouter les nouvelles de son fils. Le matin se levait paresseusement et quelques rayons de soleil parvenait jusqu'à eux, au travers des branches des hêtres.

-C'est la seule solution, dit Legolas, légèrement crispé. Tant que nous… que l'Anneau ne sera pas détruit, aucune amélioration n'est possible, les guerres continueront et le Seigneur Ténébreux étendra sa domination sur la Terre du Milieu. C'est une entreprise périlleuse, cela ne fait aucun doute, mais elle est nécessaire.

-C'est le moyen le plus sûr d'offrir à l'Ennemi ce qu'il cherche, contra un conseiller.

-Mais en voyez-vous un autre ?

-Qu'il envoie qui lui semble bon, trancha alors Thranduil. Si cette compagnie échoue, cela signifie que nous devions échouer, et que la terreur devait s'abattre sur nous. Que les Valar protègent ces hommes courageux et les aident à accomplir cette quête. Nous ne pouvons qu'attendre. Sur ce…

Le Roi se leva, imité par ses conseillers.

-Sur ce, mes amis, je crois que cette réunion est terminée. Nous avons appris suffisamment et nous avons les réponses à nos questions.

Legolas le regarda partir avec ses conseillers sans dire un mot. Il se haïssait pour sa lâcheté. Il n'était pas parvenu à lui annoncer qu'il était du voyage, ce qui était sûrement la nouvelle la plus importante pour son père. Il avait été lâche, et il l'était encore. Quand arriverait-il à lui dire ?

Il se leva en secouant la tête, puis partit errer dans les couloirs du palais. Ses pas le conduisirent sournoisement jusque devant la chambre de l'Elfe. Les chambres du palais n'avaient pas de porte, simplement de fins rideaux transparents qui voletaient au gré du vent. Il posa la main sur le chambranle et observa l'Elfe.

Elle était assise en tailleur sur la terrasse, le dos droit, les mains posées sur les genoux et ses cheveux noirs flottant librement sur ses épaules, emportés par la brise. La Soleil dardait quelques rayons capricieux jusqu'à elle, faisant briller ses fines mèches d'ébènes d'un éclat irréel.

Il s'approcha sans bruit d'elle et regarda droit devant lui, admirant comme elle le lever du jour. Elle ne bougea pas, ne parla pas. Ils restèrent silencieux quelques instants. Puis Legolas prit la parole :

-J'ai transmis vos paroles à mon père, comme vous me l'avez demandé.

-Qu'a-t-il dit ? demanda-t-elle à voix basse, toujours immobile.

-Rien. Il est resté muet. Edhelwen…

Il se tourna vers elle mais ne rencontra que son profil, son visage résolument tourné vers l'extérieur. Il ne pouvait voir l'expression de ses yeux.

-Je n'ai pas insisté, hier, mais vous savez comme moi qu'il est grand temps de vous confier…

-Je n'ai aucune intention de me confier, répliqua-t-elle sèchement.

-Que vous ayez l'intention ou non ne change rien, vous avez besoin de parler à quelqu'un…

-J'ai surtout besoin qu'on cesse de s'occuper de ma vie. Ce que je fais ne regarde que moi.

-Bien, dans ce cas je n'ai plus rien à faire ici, dit Legolas d'un ton irrité et déçu. Je vous laisse à cette solitude qui vous plait tant.

Il fit demi-tour et sortit de la chambre d'un pas ferme. Si elle refusait son aide de cette façon, il n'allait certes pas la lui imposer. Qu'elle reste telle qu'elle était si elle voulait vivre sa vie ainsi. Elle verrait bien assez tôt son erreur, lorsqu'elle serait entièrement seule, sans personne auprès d'elle.

-Prince Legolas ! s'écria une vois emplie de tristesse.

Il s'arrêta au milieu du couloir, mais ne se retourna pas.

-Pardonnez-moi, je vous en prie… dit l'Elfe d'une petite voix. Vous avez raison, je… je dois parler, mais c'est… c'est si dur ! Je vous en prie, ne me rejetez pas… J'ai tellement peur de ce que vous pourriez penser de moi…

Elle se tut et attendit, anxieuse. Il lui fit enfin face, se tournant lentement vers elle. Il vit alors ce qu'elle lui avait caché, sur la terrasse : elle avait les yeux rouges d'avoir trop pleuré et ses joues étaient encore brillantes. C'était le plus évident appel à l'aide qu'on lui ait jamais adressé. Il alla jusqu'à elle et leva la main vers son visage ruisselant de larmes, hésitant.

-Je suis prête à me confier à vous, si vous… voulez toujours entendre le récit insignifiant… d'Edhelraën… articula-t-elle avec difficultés.

De nouvelles larmes apparurent au coin de ses yeux bleus. Legolas posa enfin sa main sur la joue d'Edhelwen et celle-ci ferma les yeux en tentant de retenir de nouveaux sanglots. Poussé par une impulsion soudaine, il la prit dans ses bras et la serra contre lui.

-Vous n'êtes pas insignifiante, Edhelwen, soyez-en sûre, lui murmura-t-il. Défaites-vous de tous vos soucis et parlez-moi, je veux vous voir sourire…

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Euh… voilà.

DreamAngel7

Legolas : Bah quoi, tu pars comme ça sans rien dire ?

DA7 : Tu veux que je dise quoi ?

Legolas : Bah ce que tu dis d'habitude, tu expliques, tu râles, tu cries de joie…

DA7 : Tu veux vraiment ça ?

Legolas : Bah c'est ce que tout le monde attend, non ? Et puis il faut que tu expliques pourquoi t'as fait tous ces délires avec moi et elle…

DA7 : Euh…

Legolas : Allez, quoi !

DA7 gros soupir : OK… Bon alors que dire… Je sais pas ce qui m'a pris !!! Ça va, ça ?

Legolas pas content et il le montre : Non. Tu ne tiens pas ta réputation avec ça.

DA7 : Ah, OK, je vois… voit pas du tout en fait… Bah je voulais faire un truc avec eux et puis surtout il fallait que j'introduise l'histoire de l'Elfe. Nan, en fait c'est juste des idées qui m'ont traversé l'esprit alors voilà, je les ai mises… C'est pas trop nul ? -° J'ai peur, j'ai peur… Pas tap !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!