Chapitre 3 : Et je subis les coups… tel l'esclave muet.

Regardant sa montre pour la troisième fois, Hinata poussa un soupir exaspéré. Pendant combien de temps allait-elle encore devoir poireauter, elle avait une demi-heure de retard. Fouillant les poches de son slim rouge, elle se souvint avec dépit pourquoi elle ne pouvait même pas l'appeler. Croissant les bras sous sa forte poitrine, la brune leva les yeux et vit le ciel éclatant de clarté. Le soleil commençait à se faire sentir et elle avait de plus en plus chaud. Balayant la rue du regard, elle aperçue l'immense parking se situant à l'arrière du centre commercial. Planter juste à côté de l'entrée-sortie, elle se faisait de temps en temps bousculer par des personnes trop pressé pour regarder devant eux ! En cette saison estivale, c'était l'affluence ici et elle devinait déjà qu'à l'intérieur ce serait bondé.

Grimaçant en se retenant contre le mur, elle poussa un juron alors qu'on la bousculait plus fortement cette fois. Mais bordel qu'avait-elle fait au ciel pour mériter ça ! Etait-elle invisible ou ne voyaient-ils rien ?!

- Merde ! Jura-t-elle tout bas en se redressant.

Elle sentit une main sur son bras et leva les yeux sur un jeune homme brun aux yeux amandes et aux cheveux relevés en une espèce de chignon. Elle pouffa en se rendant compte que cela ressemblait à un ananas. Lui, affichait un air incrédule. La relâchant, il demanda :

-Tu vas bien ?

- Oui, ne t'inquiété pas. Répondit-elle avec un sourire.

- Je suis désolé, j'étais ailleurs. Expliqua-t-il. Tu veux que je te raccompagne, tu dois avoir perdue ta canne et…

- Je ne suis pas aveugle ! S'exclama la brune en comprenant qu'il s'était mépris comme les 99% de personne qu'elle rencontrait.

- Oh, désolé ! S'excusa-t-il l'air confus.

En effet, ses yeux nacrés l'était tellement qu'on aurait dit qu'elle n'avait pas d'iris ou de pupille, ce qui forcement induisait les gens en erreur. Ça l'amusait et dans certaine situation elle profitait volontiers de sa particularité. Mais il fallait aussi avouer qu'elle trouvait cela lassant et qu'elle en avait marre de répéter qu'elle n'était pas plus aveugle que ça.

Observant à nouveau le jeune homme, il lui sembla familier. Ce côté un peu nonchalant ne lui était pas inconnu. Se creusant les méninges, elle ressassa ses souvenirs aussi vite qu'elle le put lorsqu'elle l'entendit murmurer :

- Galère !

Son visage tout d'un coup s'éclaira et elle sourit en se traitant mentalement d'idiote pour ne pas l'avoir reconnu tout de suite.

- Shikamaru !

- On se connaît ? Demanda-t-il suspicieux.

- C'est moi la petite Hinata. Répondit-elle. Ça fait un bail !

- Ah, je me disais aussi que je t'avais déjà vue quelque part. T'as l'air en forme.

- Toi aussi ! Et qu'es ce que devient mon petit génie ? Demanda affectueusement la brune.

- Il bosse dans un restaurent entre autre chose. Répondit-il Et ma petite blanche neige ?

- On ne peut mieux. Elle est toujours au lycée.

Il sourit et garda cet air blasé qui lui était si caractéristique. Hinata n'en revenait pas de le revoir après toutes ces années. Cinq ans qu'ils s'étaient séparé alors que celui-ci partait pour un institut spécialisé pour surdouées. En effet Shikamaru Nara était de ces enfants précoces dont l'intelligence surpassait celle de la plupart des adultes. C'était étonnent qu'il bosse dans un resto car elle aurait juré à l'époque qu'il finirait par être embaucher à la Nasa ou un de ces supers laboratoire ultra secret. En effet, elle se rappelait encore de lui avec ses lunettes rondes, sa frêle silhouette élancée et son regard ennuyer. Et oui, s'il est vrai qu'il était d'une intelligence supérieure, il n'empêche qu'il demeurait le pire faignant qu'il lui avait été donné de voir. Jamais au grand jamais de sa vie, elle n'avait vu quelqu'un d'aussi paresseux avec d'aussi bonnes notes. Une chance que son QI soit supérieur à la moyenne ! A l'époque il avait aussi commis cette gaffe de la croire aveugle. Il n'avait jamais trouvé d'explication scientifique au manque de pigmentation dans les iris des membres de sa famille et ce qui, lui avait-il dit l'intriguait le plus, était son excellente vue.

- Ecoute, je dois y aller, dit-il en consultant sa montre. Tu habites toujours au même endroit ?

- Non, répondit-elle avec empressement. Je te donne mon numéro et t'aurais qu'à m'appeler, ok ?

- D'accord.

Sortant son portable, il le lui tendit et elle y inscrivit son numéro mais au moment de lui tendre le sien, elle lui dit de l'appeler et que celui-ci s'afficherait. Il le fit et elle nota mentalement l'heure. Si Karin ne se dépêchait pas de rappliquer avec son portable, elle allait craquer !

- O fait, tu salueras ta petite sœur pour moi. Lança-t-il en s'éloignant.

- Je n'y manquerais pas.

Et il partit. Restée seule, elle regarda les gens gravité autour d'elle dans un flot continu. Se massant les tempes, elle plissa les yeux. Ah non pas encore! Il fallait vraiment qu'elle voit un ophtalmologue. Serrant les dents, elle attendit la tête basse que la douleur cesse et quelque minute plus tard, tout redevint normal. Se tournant, elle scruta l'horizon à la recherche de la rousse lorsqu'elle sentit une tape sur son épaule.

- Coucou, fit la voix cristalline de son amie.

Se tournant, elle lui lança un regard assassin alors que celle-ci souriait innocemment.

- Toi ! Menaça la brune.

- Sorry ! S'excusa la rousse en prenant un air de chien battu.

- Et c'est quoi ton excuse.

- Kin ! Résuma-t-elle.

Compatissant pour son amie, elle oublia vite qu'elle avait passé presque une heure sous un soleil de plomb. Kin la fille de la patronne de sa mère n'avait de cesse de lui chercher des noises. Observant son amie, elle vit qu'elle portait une simple robe d'été à bretelle fine jaune citron et des sandales noires. Elle avait coiffé ses cheveux en une queue de cheval haute et portait sur ses épaules une petite bandoulière noire. Ou avait-elle mis son portable ?

- Tiens. Dis Karin en lui tendant son précieux bien, anticipant sa question. La prochaine fois, fais plus gaffe à lui.

- Hn, fit la brune en le prenant.

Karin soupira. Franchement elle en avait marre de Kin et de cette situation intenable à la maison. Combien de temps allait-elle encore devoir supporter ces caprices ? Se giflant mentalement, elle se rappela que c'était quand même de sa faute s'il se passait tout ça. Se souvenant de l'autre raison de sa venue, elle tira Hinata à l'intérieur. Il y faisait moins chaud constata la rousse. Devant elle une immense foules montant et descendant, entrant et sortant de magasin tandis que d'autre, les traversaient pour sortir. Avançant, elle maintint fermement la main de son amie.

- Mais enfin, ou es ce que tu m'emmène ? Voulut-elle savoir.

- J'ai un paquet à récupérer pour ma mère au rayon lingerie. Expliqua-t-elle. Ne me regarde pas comme ça. Non, je ne sais pas à quoi ça va lui servir et je m'en cogne. Poursuivit-elle devant le regard stupéfait de la brune.

En réalité, elle avait essayé de tirer les vers du nez à sa mère sans succès, aussi avait-elle décidé de ne plus se creuser les méninges. De toute façon, bientôt elle saurait alors ! Tirant le bras de son amie, elle s'apprêtait à prendre l'escalator lorsqu'elle sentit une résistance. Se tournant vers elle, Karin vit qu'elle s'était figée.

- Ça va Hina ? S'inquiéta-t-elle.

Elle sursauta.

- Euh… oui, balbutia-t-elle. C'est juste une impression bizarre.

- Quoi ?

- Tu vas croire que je suis dingue !

Karin lui lança un regard explicite et elle comprit.

- J'ai la désagréable impression qu'on nous espionne.

Haussant un sourcil, la rousse balaya la pièce du regard sceptique.

- On est dans un centre commercial bourré de monde. Tout le monde regarde tout le monde.

- Tu vois ! Je ne te parle pas de ça. Expliqua la brune. C'est différent, je sens qu'on nous suit… ah j'sais pas ! Je ne saurais pas l'expliquer. Laisse tomber.

Karin scruta le visage de sa meilleure amie durant un moment. Voyant que celui-ci était fermé, elle poussa un soupir résigné. Haussant les épaules, elle s'écarta de l'escalator et tira la brune sur le côté.

- Ecoute, je…

Elle ne put terminer sa phrase car elle se fit bousculer. Cherchant par reflexe l'importun, elle ne vit personne. Puis soudain, se figea. Tout devint flou, le décor autour d'elle vacilla, puis changea. Elle ferma les yeux et les rouvrit. Elle n'était plus au même endroit. Non ! Elle était dans le même bâtiment vit-elle en balayant la pièce. Elle avança face à ce qui était vraisemblablement une rambarde, baissa la tête et sursauta. Là, juste en bas, elle se voyait se tenant la tête, Hinata à ses côtés. Autour d'elle les sons semblait comme venue d'ailleurs. Elle tourna la tête sur le côté et vit, un jeune homme blond avec une queue de cheval, se tenait à cette fameuse rambarde. Il discutait au téléphone. Non il se disputait avec quelqu'un et affichait un air contrarié. Karin sourit. Elle baissa de nouveau la tête et se vit avec Hinata levant la tête vers le haut ainsi que tous les gens présent dans le hall. Intriguer, elle crut d'abord que c'était elle qu'on regardait, puis suivit leur regard. Alors elle vit se dérouler la scène la plus horrifique à laquelle jamais elle n'aurait cru assister. Deux hommes courraient poursuivit par un agent de sécurité, l'un d'entre eux, heurta le blond et celui-ci ne s'y attendant pas, poussa en cri en basculant par-dessus la rambarde. Trop surprise par ce qui se passait, La rousse vit le jeune homme s'écraser quelques mètres plus bas, sa tête se fracassant sur le sol tandis que le sang giclait sur Hinata et elle qui était proche du point d'impact et qu'une mare de sang se répandait. Pétrifié, elle ne vit plus que l'autre version d'elle hurler de terreur tandis que des bras l'entouraient, l'attirant en arrière. Encore une fois, elle fut prise d'un vertige. Suite à cela, le décor se flouta une nouvelle fois et en un instant, tout s'effaça et revint à la normale.

Hinata observait son amie dont le regard venait de changer en un instant. Ses yeux étaient devenus vitreux, elle demeurait figée, comme pétrifier. Le seul mouvement qu'elle effectuait était celui provoqué par sa respiration régulière. Pourvut qu'elle ne s'évanouisse pas ! Pria silencieusement la brune. Autour d'eux quelques curieux leur jetait quelques regards intrigué tandis que le reste se contentait de passée leur chemin. Et toujours cette impression d'être épié. Oui ça pouvait paraître étrange mais elle n'arrivait pas à se débarrasser de ce sentiment. Reportant son attention sur son amie, elle vit son regard reprendre vie. Karin cligna des yeux comme pour s'assurer qu'elle était bien réveillée et s'écarta doucement d'elle.

Mue par son intuition, Karin se sépara de la brune qui affichait un air inquiet.

- Hé ça va ? Interpella Hinata. Tu es toute pale, j'ai cru que tu allais tomber dans les pommes.

- Tu es sur que ce n'est pas le cas ? Lui demanda Karin d'un air hébété.

- Certain ! Affirma la brune. Pourquoi ?

- On doit empêcher ça ! Déclara-t-elle d'un air affolé.

- De quoi es ce tu parles là ? Empêcher quoi ?

Hinata la regarda perdue, son amie avait-elle perdue la tête.

- Oh mon dieu ! C'était horrible ! Ce garçon, il va tomber et… faut le trouvé !

- Putain Karin ! Explique-moi à la fin ! C'est quoi cette histoire à la con ! Hurla Hinata alors que quelque passant se stoppait les observant intrigué.

- Pas le temps ! Lâcha Karin.

- Si, on a toujours le temps. Affirma Hinata. Alors tu vas… Karin ! Et merde ! Jura-t-elle alors que la rousse s'élançait vers l'escalator, la plantant là sans explication.

Bousculant quelques personnes sur passage, Karin tentait de se frayer un chemin le plus rapidement possible au milieu de cette foule. Putain, pourquoi étais-ce aussi long ? Levant les yeux vers sa droite, elle reconnut le jeune homme tout en haut dans l'exacte position de sa vision. Accélérant sa course –ce n''était vraiment pas son truc- elle puisa dans ses réserves et poussa un juron en voyant qu'elle était en haut et qu'il lui fallait encore courir. Virant à sa droite, elle vit avec horreur les deux voleurs se dirigé vers le jeune homme. L'un d'eux le bouscula et elle vit impuissante, celui-ci commencer à basculer.

- Non ! Hurla-t-elle d'une voix désespérée.

Perdue, elle vit autour d'elle, les choses se déroulé au ralentie. Et quand elle disait au ralentie ça l'était vraiment, comme dans les films au moment où le héros plonge pour rattraper un objet avant qu'il ne se casse ! Les expressions faciales des gens, et s'en était presque comique, se déroulait avec la lenteur d'un escargot à supportant deux coquilles, les bruits autours d'elle dévirent comme flou, indistinct. Les voleurs quasi figés dans leurs mouvements arboraient ce qui lui sembla être des sourires. Elle constata qu'elle était la seule dont la vitesse était comme qui dirait normal. Remettant sa réflexion à plus tard, elle s'approcha du blond qui était suspendue dans les airs et tombait graduellement. Le pris par le bras alors qu'à ce même moment, tout revenait à la normale et le tira vers elle de toutes ses forces, tombant avec lui sur le sol.

Se relevant aidé par des inconnues, elle retrouva le bruit et l'agitation alors même qu'elle était encore sonnée par sa chute. Cherchant le garçon du regard, elle le vit se faisant aidé par d'autres personnes. Tout d'un coup elle fut assaillit de question par une foule qui les encercla.

- Vous allez bien ? Interrogea une femme. Vous n'êtes pas blessé ?

- Oui, je vais bien, dit-elle en se dégageant des bras d'un homme.

- C'était drôlement héroïque, ce qu'elle a fait. Remarquèrent certains.

- Attends, j'étais là et je l'ai pas vue arrivé et toi ? Demanda un jeune homme.

- Moi non plus dit un autre et…

Elle perdit le fil de leur mot et se concentra, sur une ombre près du blond qui disparut à la seconde ou elle le regarda.

- Je vous remercie, de m'avoir sau…

Encore une fois, elle perdit le fil car elle se fit happer par une main à la poigne délicate qu'elle reconnue de suite : Hinata. Celle-ci la tira hors de la foule et ensemble se dirigèrent vers les toilettes des filles. Elles y entrèrent et la brune verrouilla la porte, puis se retourna vers Karin.

- Tu peux m'expliquer comment t'as fait ça ? Demanda-t-elle déconcerté. Tu étais près de moi et la seconde d'après en haut.

- J'n'en sais rien, avoua Karin. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour le sauver.

- Comment tu pouvais être sûr que tu arriverais à temps ?

- Je le savais, c'est tout.

Karin vit son amie pousser un soupir de lassitude. Franchement, elle ne comprenait pas pourquoi pour la première fois, elle ne s'était pas évanouie lors de sa vision. Jamais ce n'était arrivé. Et cet instant ou le temps sembla figé. Non plutôt ralentit. Comme si tout se déroulait soudain au ralenti ou peut être étais-ce elle qui allait très vite. Un instant elle s'était crue dans Matrix. Tremblante, elle se rendit compte qu'elle venait de sauver la vie d'un inconnu grâce à une de ses visions. Jusqu'ici elle arrivait à en faire abstraction mais là. Que lui arrivait-il ?

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Shikamaru poussa un soupir à fendre l'âme à la vue de la porte d'entrée de l'hôtel ou il avait choisi de bosser. Hinata lui manquait déjà et il se dit qu'il devrait l'appeler. Ça faisait si longtemps ! Depuis deux mois déjà, ce qui était un record pour lui, il travaillait comme réceptionniste dans ce luxueux hôtel de Senshu. Faisant partie du personnel, il entrait et sortait par une porte dérobé à l'arrière du bâtiment. Pour cela, il devait longer une ruelle durant quelque mètre avant d'atteindre la fameuse porte rouge ce qui avait le don de l'agacé. Il aurait largement préféré resté chez lui à glander, mais son père et Suzumi avait besoin de lui. En effet depuis le départ de sa mère et la dépression de son père, c'était à lui que revenait la responsabilité de s'occuper de la maison. Il aurait bien évidement avec ses diplômes put trouver un emploi plus stable et mieux rémunéré mais ne disposant d'aucune expérience et de par sa nature flémarde, il se ferait automatiquement surement virée. Si ce n'eut été l'intervention de son ami, il serait aujourd'hui au chômage.

- Au moins ici, avait-il dit, tu ne te tourneras pas les pouces.

Shikamaru avait souris à cette remarque et avait trouvé la situation très ironique. Tout particulièrement lorsqu'on connaissait son ami aussi bien que lui.

Poussant la porte, il longea comme à son habitude le petit couloir qui s'arrêtait sur une intersection. Il vira à gauche et se retrouva devant deux portes : les vestiaires. Il ouvrit celle de gauche, y entra et se dirigea vers son casier d'où il sortit son uniforme qu'il enfila. Personne ne se trouvait là car il était toujours le dernier à arriver. Refermant son casier, il quitta la pièce et se dirigea vers une petite salle ou se réunissait le personnel tous les jeudis pour recevoir les instructions de la direction. Il entra en essayant de se faire le plus discret possible mais se fit vite repérer par Shinji, le maître d'hôtel qui lui lança un regard courroucé. Shikamaru se dépêcha de prendre place. Shinji Muri était le genre de type que vous détester du premier regard. Il était de ces gens avec lesquels vous vous brouilliez sans motifs valable. De taille moyenne, il arborait un visage légèrement arrondi, de grands yeux noirs, un nez retroussé, des lèvres fines et des cheveux noir grisonnant. Il approchait la cinquantaine et était toujours tirée à quatre épingles, portant ses éternels costumes sombres. Depuis son arrivé ici, cette caricature de Quentin Tarrantino dans le Parrain –comme le surnommait affectueusement Shikamaru- n'avait de cesse de lui causer des ennuis. Il cherchait par tous les moyens à le faire renvoyer, allant même jusqu'à saboter son travail pour cela. Shikamaru avait déjà écopé de trois « avertissements ». Encore deux et il devrait pointer au chômage ! Mais le brun s'était vite rendu compte qu'il n'était pas le seul dans le collimateur de ce psychopathe. Deux de ses collègues avaient eux aussi eu à subir ses caprices. Au départ, il n'avait pas compris, puis menant son enquête, il avait fini par découvrir la raison de ce comportement. Le poste de Directeur allait se libérer et quelques candidats dont Shikamaru faisait partie en tant outsider avaient été sélectionné en vue d'une possible évaluation. L'ayant découvert et se sachant en désavantage du fait de sa mauvaise réputation, Shinji s'était alors évertué à saper le travail de ses concurrents. Tout d'un coup, il était devenue plus aimable, plus serviable, plus gentil. Mais Shikamaru n'était pas dupe et le lui avait fait savoir avec sa franchise habituelle. Ce qui a n'en pas douter avait dû augmenter si c'était possible la haine qu'il lui portait.

Après un quart d'heure passé à écouter les nouvelles directives, Shikamaru se dirigea directement vers son poste à l'accueil. Comme il en avait pris l'habitude, il effectua ses taches consciencieusement, non sans une certaine lassitude. Quatre heures plus tard, le téléphone sonna à nouveau et il décrocha.

- Hôtel Senshu, j'écoute, récita-t-il d'une voix monocorde.

- Shikamaru !

Il fronça les sourcils, intrigués. Cette voix, c'était celle de Suzumi, se dit-il.

- Suzumi combien de fois t'ai-je déjà dit de ne pas m'appela sur cette ligne au travail ? Gronda-t-il d'une voix tendue en se tournant légèrement histoire de ne pas être vu par Itsuki, qui traversait le hall en lui jetant des regards curieux.

- Je sais… je suis désolé. Mais ça fait presque une heure que j'appelle sur ton portable et tu ne réponds pas, criait-elle presque, hystérique. Shika je t'en prie il faut tu rentres… tout de suite, je suis à la maison,… c'est papa, il a encore bu et j'ai peur… Oh mon dieu ! Il monte, il faut que je me cache, je…

- Suzumi, Suzumi ! Paniqua le brun.

A l'autre bout de la ligne, il entendit juste la tonalité, plus de voix. Inquiet, il raccrocha et quitta son poste. Se dirigeant vers les cuisines de l'hôtel, il y chercha des yeux son ami : Choji Akimichi. Celui-ci travaillait comme aide cuisinier et avait commencé en même temps que lui. De temps à autre, ils se rendaient des services. Il le vit sortant de la remise et le rejoint à toute vitesse, se frayant un chemin entre les apprentis et les chefs. Se penchant Légèrement vers lui, Shikamaru l'interpella.

- Hey, Choji !

- Ah, salut Shikamaru, le salua-t-il. Qu'est-ce que tu fais ici ? Si Itsuki te vois…

- Justement mon pote. J'aurais besoin que tu me rendes un immense service sans posée de question.

- Dis toujours.

Inspirant, Shikamaru arbora un air sérieux qui étonna son ami habitué à son air blasé.

- Je dois m'absenter environ une heure tout au plus, tu pourrais trouver un moyen de faire oublier mon absence. Promis je te le revaudrais.

- Bien sûr ! Accepta le châtain en souriant. Ses joues pleines se gonflant.

- Merci mon vieux !

Shikamaru quitta l'hôtel aussi vite qu'il put et arpenta les rues en direction de chez lui presque en courant. Bon sang, pourvu que je n'arrive pas trop tard ! Suzumi ! Accélérant encore plus le rythme, il bouscula quelque passant et quelque minute plus tard, se retrouva en face de sa maison.

Ouvrant sans ménagement la porte, il fut envahi par l'odeur d'alcool et de tabac qui émanait du salon. S'y dirigeant, il n'y vit personne. Il grimpa les escaliers quatre à quatre et découvrit avec colère, son père affaler dans son vomit devant la porte de sa chambre. Poussant un soupir exaspéré, il porta son père dans sa chambre à lui, non sans que celui-ci ne laisse échapper quelque protestation, le balança sur son lit et sortit en claquant la porte. Il revint devant la porte de sa chambre et doucement frappa déçue, mais n'obtint aucune réponse. Il tenta de l'ouvrir mais celle-ci était fermée de l'intérieur.

- Suzu ? Appela-t-il d'une voix douce. C'est moi, Shika. Ouvre, il n'y a plus de danger.

Il n'entendit aucune réponse, mais quelque seconde plus tard, le bruit d'un loquet que l'on déverrouille se fit entendre, la porte s'entrouvrit et le visage baigné de larme à moitié sèche de sa sœur apparut. Son cœur se serra à cette vue tandis qu'une rage sans nom s'emparait de lui. Il lui offrit un sourire rassurant. Alors, elle ouvrit grandement la porte, se jeta dans ses bras et se remit à sangloter.

- J'ai eu tellement peur… j'ai cru que, j'ai… ? Balbutia-t-elle.

- Je sais Suzu, je sais. La rassura-t-il. C'est fini maintenant.

La portant, il l'emmena dans sa chambre et attendit qu'elle ait finit de pleurer et retrouve son calme. Une fois cela fait, il essaya tant bien que mal de la distraire et de lui remonter le moral. Soudain, une idée lui vint à l'esprit.

- Dis Suzu.

- Hm…

- Il n'y aurait pas parmi tes amies, une qui puisse t'héberger ? Demanda le brun.

Il vit son visage s'éclairer et un sourire apparaitre sur son visage.

- En fait, si. Elle m'avait même proposé de venir, mais comme je ne voulais pas te laisser seule ici…

- Très bien, fit le brun en souriant, touché de son attention. Va préparer quelque affaire. Et je dis quelque, pas tout ton armoire. Je dois retourner bosser dans quelque minute. Mais d'abord, je vais te mettre dans un bus. Tu sauras te débrouillé ?

- Oui, oh oui, s'exclama l'adolescent en l'embrassant. Je t'adore !

Tiens c'était nouveau ça ! La semaine précédente, elle ne pouvait pas le saquer. Elle se leva précipitamment et se dirigea vers sa chambre. Dix minutes plus tard, elle en ressorti avec un énorme sac et vêtu d'une robe d'été jaune et des tongs. Il sourit en la voyant si épanouie et aussi parce qu'elle semblait avoir oublié ce qui s'était passé. Suzumi Nara venait d'avoir quatorze ans et était de nature turbulente et joyeuse. Tout son contraire. Elle adorait la vie, mais le brun constatait avec dépit que cette engouement diminuait en même temps que la confiance qu'elle plaçait dans le rétablissement de leur père devenue alcoolique après le départ de sa femme il y quelque année. Depuis, ce jour maudit ou elle était parti, abandonnant ses enfants à leur sort, Shikamaru avait développé une certaine aversion pour les femmes et leur faisait difficilement confiance lorsqu'il s'agissait de relation de couple. La seule et véritable femme de sa vie à présent était Suzumi et jamais il ne laisserait son père la faire fuir ou lui faire du mal. Il refusait de tout perdre encore une fois ! Il avait dû renoncer à son brillant avenir, pour revenir au pays et travailler et ça jamais il ne « leurs » pardonneraient. Ils marchèrent durant quelques minutes, traversant les quelque rues de leur quartier puis il la déposa dans un bus, l'embrassa, lui confiant son portable et regarda un moment le bus s'en aller. Puis, avec un sourire désabusé, il reprit le chemin du travail.

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C'est avec un visage impassible qu'il marqua un nouveau panier portant le score à 32 à 0. Avec délectation, il vit ses adversaires serrer les dents tandis que des grimaces venaient déformés leurs visages que le brun trouvais déjà assez hideux comme ça. Reculant de quelques pas, il revint près de son coéquipier qui arborait son éternel sourire enjoué et qui comme lui, ne semblait pas fatigué. Pire encore, il semblait rayonner d'une forme olympienne. Non loin d'eux, se trouvait trois hommes d'âges différents les observant avec attentions. Certains arborait une mine refrogner et le brun ne pouvait décemment pas leurs en vouloirs pour ça. Après tout, n'était-il pas en train de battre leurs amis ? Il eut un sourire carnassier en voyant Go, l'un de ses adversaires foncé vers lui le ballon à la main, le faisant rebondir de temps à autres sur le sol. Il s'arrêta face au brun cherchant la meilleure tactique à adopter pour le passé. Malheureusement pour lui, il prit trop de temps et c'est d'une feinte esthétique, que le brun lui arracha le ballon et fit la passe à son coéquipier qui mit un autre panier à trois points.

- Hey, Sas'ke, l'interpella Naruto. Je m'emmerde.

Sasuke sourit à cette remarque. Il est vrai que leurs adversaires ne leurs posaient que peu de difficulté. Au départ, il était venu ici pour s'entrainer comme il en avait pris l'habitude depuis le début de l'été. Cela faisait à peine une demi-heure qu'il était là que les « Tag », une bande de voyou qui trainait sans cesse non loin de là, s'était mis à les provoqués, les empêchant de poursuivre leur entrainement. Blasé par leur manque évident de maturité et d'intelligence, il avait commencé à s'en aller lorsque que le facteur Y qu'il avait oublié et qui se trouvait être Naruto, n'avait comme à son habitude pas pu résister et avait péter un plomb. Sans son intervention, au lieu de disputer cette partie de basket, il serait probablement en train de se battre comme des chiffonniers. Il poussa un soupir exaspéré en entendant son ami de toujours, sortir, une autre de ses remarques pas très discrètes, augmentant ainsi la colère de leur adversaire. Il le sentait d'ici, ça allait mal se finir.

La partie dura encore quelques minutes sans que leur adversaire ne puisse mettre un seule panier. En ayant marre, le brun ramassa son ballon et fit signe à Naruto qu'il devait partir. Mais apparemment ces idiots ne l'entendaient pas de cette oreille.

- Hey, ou es-ce que vous croyez aller comme ça ? Remarqua Ryu le second de leur adversaire.

Le brun soupira. Il avait horreur de gâcher sa salive. C'était évident que vu l'heure avancer, ils rentraient chez eux.

- Sur la lune, répondit Naruto avec son tact habituel. Non mais, on a l'air d'aller ou d'après vous ? Et d'abord en quoi ça vous regarde ?

C'était tout Naruto ça ! Répondre à une question par une autre. Rien que ça.

Se passant sa main libre à l'arrière de sa tête, signe de son agacement, le brun se remit en route les ignorants.

- Tu crois aller ou comme ça Uchiwa ?

Levant les yeux, il vit que les trois autres lui faisaient face et arborait des expressions narquoises.

- Ça se voit pas, soupira le brun. Je rentre chez moi, je n'ai plus rien à faire ici.

- La partie n'es pas encore finit ! S'exclama Go derrière lui sur un ton indigné.

Le brun ricana.

- Ah, parce qu'elle avait commencé ? Demanda-t-il ironiquement en haussant un sourcil.

Naruto n'aurait pas fait mieux.

- Espèce de…

- Vous êtes nuls, c'est clair ! Coupa le blond. Vous avez juste réussit à nous faire perdre notre temps. Franchement les gars, même un handicapé joue mieux que vous.

- Attends tu insulte les handicapé là ! S'indigna faussement Sasuke.

Sasuke vit Ryu serré les poings tandis que ses amis esquissaient des pas dans leur direction.

- N'y pensez même pas, menaça le brun. A moins que vous ne teniez tant que ça à vous faire serrer par les flics ?

Cela sembla les refroidir un peu car leur expression se modifia légèrement. Ils semblèrent réfléchir un moment et le brun pria pour ne pas avoir à se battre à nouveau. Pas qu'il ne saurait se défendre, mais pour le moment son corps était trop endolorie.

- Allez Ryu, Tempéra Go en posant le bras de l'épaule de son coéquipier. Laisse tomber, on se casse. Ils ne perdent rien pour attendre.

De mauvaises grâces, celui-ci accepta et bientôt, ils ne furent plus que deux sur le terrain.

- La prochaine fois, commença le brun en jetant un regard froid au blond. Tu te démerde !

Naruto compris vite l'allusion et pour une fois ne releva. Il savait que son ami avait horreur d'employer cette méthode. Il préférait se battre plutôt que d'y avoir recours. Mais vu la fatigue de leur corps et leur manque évident de sommeil, ils se seraient fait tabasser séance tenante. Mais ça avait été plus fort que lui. Il détestait se faire charrier et ceux depuis son enfance et ça aussi le brun le savait. C'était probablement l'une des raisons pour laquelle, il ne s'était pas encore pris une bonne droite.

Balançant son ballon au blond, le brun lui fit un signe de la main en guise d'au revoir et prit la direction de « sa maison », non sans une certaine réticence. Il n'avait décidément pas envie de rentrer chez lui aujourd'hui ! Ni jamais d'ailleurs. Apercevant sa maison au loin, il ralenti encore plus le pas histoire de retarder un peu plus l'échéance. Bientôt, il entrerait à nouveau dans cette baraque qu'il haïssait tant, ce semblant d'existence qu'il y menait et qui jour après jour le rendait dingue. Parce que oui, il ne considérait pas cette maison aux allures uniformes, et tellement semblable à ses voisines comme la sienne.

À présent devant la porte, il tendit le bras et en abaissa la poignet. La porte s'ouvrit dans un grincement léger et la minutes d'après, il était à l'intérieur. Se dépêchant, il retira ses chaussures, enfila des pantoufles et courut presque vers l'escalier.

- Sasuke tu es enfin rentrée ! S'exclama la voix enjoué de Ruri.

Trop tard pensa le brun. Il aurait essayé.

- Hn…fit-il en guise de réponse.

Il n'avait pas pris la peine de se retourner pour la voir, ce qui, il le savait, la rendait folle.

- Sasuke, je te parle ! Tu pourrais au moins avoir la décence de me regarder. Se plaignit-elle telle une enfant.

Il poussa un soupir exaspéré mais ne se retourna pas pour autant.

- Je suis fatigué, lâcha-t-il en recommençant à monter.

Mais à peine avait-il fait un pas qu'il sentit une poigne enserré son bras droit, le retournant avec brutalité. Il eut alors un regard si froid qu'elle en sursauta et retira son bras de suite. Rousse aux yeux ambre, Ruri était une très belle femme. Malheureusement pour lui, c'était aussi sa belle-mère. Une belle mère un peu trop collante à son goût d'ailleurs. Pour être franc jamais il n'avait vu de phénomène pareil ! Cette femme était la quintessence même de l'exaspération, la reine des égoïstes et une vraie garce !

- Ne refais jamais ça, la prévint-il d'une voix dangereuse.

Elle le regarda surpris, la bouche légèrement entrouverte sous le choc. Quelle comédienne ! Le brun en aurait presque été ému s'il ne la connaissait pas si bien. Cette apparence de parfaite mère qui s'inquiète pour son fils. Mensonge ! Petit à petit, il la vit rougir de colère, son regard étincelant, et lui, impassible la contemplant avec cette même froideur qui lui était caractéristique.

- Comment ose-tu ma parler sur ce ton, explosa-t-elle. Tu n'es qu'un…

Tournant les talons, il poussa un sourire, ignora ses protestations et se dirigea vers sa chambre dont il claque la porte et la verrouilla. D'emblée il se dirigea vers la petite salle de bain attenante à la pièce et prit une rapide douche. Ensuite, il enfila un jean, un t-shirt noir et s'assit sur son lit. Il prit son portable et ses écouteurs et mis en route sa Play List.

Une heure plus tard, il sursauta en voyant en face de lui sa porte vibrer sous des coups. Retirant ses écouteurs, il les posa près du lit et quitta ainsi la douce mélodie da sa musique pour la voix tonitruante de son beau-père. Il poussa un soupir exaspéré en se levant et marcha aussi lentement qu'il put jusqu'à la porte. Là il hésita à ouvrir. Car il savait. Il savait ce qui l'attendrait une fois qu'il aurait ouvert cette porte. Il savait et l'envie de s'enfuir par la fenêtre lui tenaillait les tripes. Mais orgueilleux comme il l'était, il préférait l'affronter. Il préférait subir, plus tôt que fuir.

- Bordel, Sasuke, ouvre cette porte ! Criait la voix emplie de colère de son beau-père.

Se passant la main dans ses cheveux, il se composa un visage impassible. Mieux valait ouvrir avant de se retrouver avec une porte défoncer. Tendant le bras, il ouvrit. A peine l'avait-il fait qu'il se cacha le visage juste à temps pour ne pas se prendre une droite en plein visage.

- Espèce d'ados de mes deux ! Jura son beau-père. Quand je te donne un ordre, tu obéis de suite... Hein ! Et puis c'est quoi cette manie de t'enfermer dans ta chambre ?! Espèce de bon à rien !

Sasuke se contenta de le regarder sans ciller. Les deux hommes se faisaient face et le brun attendait. Il attendait l'explosion ! Que celui-ci recommence comme d'habitude…

- J'ai cru entendre que tu t'étais montré très impolie avec ta mère ce soir, pas vrai ? Reprit son beau-père d'un air dangereux.

Le brune serra les poings et le regarda, toujours impassible.

- Tu ne dis rien connard ! Pourtant je viens de te poser une question !

Le brun enrageait.

Qu'es ce qu'il attend ? Se demanda Sasuke. Une invitation ?!

Soudain, son regard fut attiré par une ombre. Il regarda par-dessus l'épaule de son beau-père et là vit. Cette salope de Ruri les observait avec un sourire jubilatoire. C'était elle la cause de son humeur merdique. Tout ça, c'était elle qui l'avait provoqué, comme d'habitude. Comme à chaque fois qu'il l'avait ignoré. Il aurait dû s'y attendre. Il la vit avec dégoût mimer un baiser dans sa direction et serra un peu plus les poings. Malheureusement son beau-père vit cela et le prit pour un défi. Une provocation, un manque évident de respect, comme il le disait si bien.

- Espèce de sale morveux ! Hurla-t-il en se précipitant sur le brun.

Il eut à peine le réflexe de se couvrir le visage, qu'il sentit le premier coup. En plein sur le ventre. Bientôt, d'autres coups virent rejoindre le premier. Et lui qui subissait en serrant les dents. Car s'il criait, il savait qu'il aurait droit à bien pire ! Fermant les yeux, il se força à supporter la douleur de ses os qui craquaient par endroit, celle de plus en plus grandissante de son cœur qui se serrait, celle des insultes de plus en plus virulente, celle des horribles ricanements de cette femme. Ces ricanements qui finirent par devenir de véritable éclat de rires. Ça la faisait marrer de le voir dans cet état ! Bientôt, il se mit à cracher du sang mais cela ne sembla pas arrêter son tortionnaire pour autant. Durant une dizaine de minute qui lui parurent une éternité, Il endura ce calvaire et reçut son quota de coups pour les trois jours à venir. Car oui après ça, il en recevrait d'autre, lorsqu'il aurait commencé à cicatriser et que la douleur aurait disparu grâce au médicament. Ce salop savait exactement ou le frapper pour que ce ne soit pas visible, pour qu'on ne puisse pas posé de question, pour que chaque hématome puisse avoir une explication logique et irréfutable.

Après un énième coup dans les côtes, il s'arrêta enfin, recoiffa ses cheveux blond grisonnant et quitta la pièce en murmurant :

- Sale môme !

Il le laissa là gisant sur le sol tel un pantin disloqué, le regard dans le vague. Fermant les yeux, Sasuke essaya de se relever en s'appuyant contre l'armoire près de sa porte et s'y adossa à défaut de ne pouvoir encore se lever. C'était drôle comme les rires avaient si brusquement cessés.

Il se crispa en entendant des bruits de pas se rapprochant. Sa vision étant assez trouble au début, il eut du mal à distinguer le visage de la personne se tenant juste en face de lui. Il entendit un ricanement et identifia de suite la voix agaçante de Ruri lorsqu'elle se mit à parler.

- Oh mon proche chou, s'apitoya-t-elle ironiquement. Ça fait mal hein ?

- Va te faire foutre ! Murmura-t-il.

- Tsss …, tu devrais savoir que c'est ce genre de comportement qui ta value d'être dans cet état. Si seulement tu avais été plus gentil !

Bien que voyant toujours un peu flou, il se força à reprendre un visage glacial et sentit son agacement.

- Ah ça suffit maintenant ! S'énerva-t-elle. Tu vas arrêter avec cette attitude de macho.

Elle soupira et sur un ton radouci poursuivit :

- Si seulement tu arrêtais d'être aussi borné ! Il te suffirait juste de me donner ce que je te demande… écoute, tu me donne ce que je veux et tu as la paix. Ça restera entre nous.

Elle tendit le bras et lui caressa le visage. Il essaya de se dérober en vain. Ensuite, il sentit l'horrible odeur du parfum qu'elle portait se rapprocher et bientôt sentit avec dégoût des lèvres se poser sur les siennes, le prenant de cour. Elle l'embrassa, pas comme une mère embrassant son fils, mais comme une femme embrassant son amant. Au prix d'un grand effort, il réussit à se dégager et à la repousser.

- Tu me débecte, cracha-t-il.

Il sentit une douleur à la joue. Elle venait de le gifler.

- Je t'emmerde ! Cracha-t-elle en se relevant.

Et avec soulagement il entendit ses pas qui s'éloignaient de la pièce, de lui. Il ne sut combien de temps il resta là assit, mais en ayant marre, il se leva au prix d'un grand effort, ferma sa porte à clé et se dirigea vers sa commode non loin du lit. D'une main tremblante, il ouvrit le deuxième tiroir sur les trois que comportait l'objet et en sorti une énorme boite à pharmacie. C'était plus pratique pour lui de la mettre là et ça lui évitait d'avoir à aller dans sa salle de bain. Avec joie, il constata qu'il avait retrouvé la vue, s'assit sur son lit et souleva le couvercle de la boite qu'il avait posé au préalable sur le matelas. A l'intérieur se trouvait des tubes de pommades, des boites de cachet, des pansements… Il prit le tube de pommades déjà bien entamées, l'ouvrit et s'en appliqua sur les zones douloureuses. Dire qu'il avait acheté ce tube voilà une semaine ! Prenant une des boites, il en vérifia l'étiquette et en retira quatre comprimés. C'était des antidouleurs extra puissants. Une chance qu'il ait cela. Ce médicament n'était pas encore disponible sur le marché et il bénissait Shino qui avait il ne savait comment réussit à lui en avoir plusieurs. D'ailleurs même, Sasuke se demandait si celui-ci ne se doutais pas de ce qu'il vivait vu l'insistance avec laquelle il s'était acharné à lui faire découvrir. Se sentant fatigué, il vit sur son portable qu'il était vingt heures. Avec un soupir de lassitude, il s'allongea sur son lit e sombra dans un profonds sommeil.

Sursautant en sentant son lit vibrer, il se redressa de mauvaise grâce sur son séant. Cherchant des yeux la cause de son trouble, il sentit à nouveau la vibration et vit sur sa table de chevet son portable. Le prenant, il y vit un message de Naruto qu'il ouvrit. Celui-ci le priait, non, plutôt, lui ordonnait de ramener ses fesses à une soirée dont l'adresse ne lui était pas inconnue. Il ne réfléchit pas longtemps et malgré son état, décida d'y aller malgré tout. Les antidouleurs avait fait leurs effets, il souleva son t-shirt et constata que ses hématomes avait considérablement diminué et sa peau au départ violacé était maintenant bleuté. Prenant à nouveau le tube de pommades sur sa table, il s'en appliqua quelques autres couches, histoires d'accélérer le processus de guérison. Ensuite, il se leva et se dirigea vers sa salle de bain ou il se nettoya le visage, se rinça la bouche et avala un peu d'eau. Revenant dans sa chambre, il souleva le double fond de sa boite à pharmacie, découvrant ainsi des sachets de pilules vertes et en prit un. Il l'ouvrit, en retira trois qu'il avala. Déjà, il ne sentait plus les douleurs de ses coups, le temps qu'il arrive la drogue ferait effet. Encore un autre « cadeau » de Shino. Décidément, il lui devait beaucoup. Refermant la boite, il ramassa sa veste lancer sur une chaise, enfila son sweet à capuche, ouvrit sa fenêtre, enjamba la branche d'arbre qui la jouxtait, sauta sur une autre puis sur l'herbe. Il faisait nuit noir mais le brun ne s'en formalisa pas et marcha jusqu'à la petite barrière arrière blanche qu'il traversa sans l'ouvrir. D'un pas vif, il prit la direction de la fameuse soirée et vingt minutes plus tard, il se retrouva devant la porte ouvert de la maison accueillant la fête. Au dehors, quelque mecs qui sans gêne se tapait des filles qui était probablement déjà complétement soul. La musique était si forte qu'il plaignit les possibles voisins. Traversant le couloir, il se retrouva dans le salon ou une foule dont il reconnue la plupart des gens se pressait, dansant sur le rythmes effréné d'un remix de Bad Romance de Lady Gaga. Fouillant la salle du regard, il vit Naruto, Kiba et Shino en face d'un groupe de fille avec qui ils semblaient discuter. Enfin Naruto et Kiba discutaient et Shino lui observait derrière ces satanées lunettes noires qu'il n'enlevait quasi jamais. Et c'était quoi cette manie de porter des vêtements chaud en tout temps. Le brun poussa un soupir alors qu'un sourire s'étirait sur ses lèvres. Ça y est ! Pensa-t-il. La drogue commençait à faire effet. Tout d'un coup, il trouvait le monde moins noir et ressentait de plus en plus le besoin de se dépenser. Il se sentait, léger, invincible, adieu les soucis. Naruto du le repérer car il lui fit signe d'approcher. Se frayant un chemin à travers la foule, il finit par les atteindre et se planta près d'eux sans un mot. Les filles semblaient être parties.

- J'ai appris que vous vous êtes encore fricoté avec les Tags. L'informa Kiba avec un sourire neutre.

- Hn ! Donna-t-il en guise de réponse.

- Franchement Uchiwa on est à une fête ! Décompresse un peu, merde !... Et arrête de répondre par monosyllabes c'est agaçant.

- Hn ! Répéta le brun avec un sourire mesquin.

Il savait que qu'il avait horreur de ça mais ne se lassait pas de le provoquer. Un sourire irrationnel vint se ficher sur ses lèvres alors que Naruto plissait des yeux en le regardant. Soudain le visage de celui-ci s'éclaira et d'une voix aussi discrète que le son d'un clocher il s'exclama :

- Oh putain j'y crois pas ! T'es déjà stone alors que tu viens à peine de te pointer ! Moi qui contait te proposer de l'exta'.

Le sourire du brun s'élargit confirmant ainsi les allégations du blond. Kiba lâcha un sifflement admirateur tandis que Shino se contentait de hausser les épaules avec indifférence.

D'accord il devait avouer que ce n'était pas malin de sa part, mais il en avait besoin.

- Oh fait les gars, vous n'auriez pas vu Choji ? Demanda Kiba d'un air étonné en balayant la salle du regard.

- Ouais c'est vrai ça ! En plus je ne l'ai pas vu depuis le début de l'été ! Prit soudain conscience le blond.

- Il devait bosser comme apprentie dans un resto. Vous devriez le savoir ! Déclara Shino en prenant le gobelet rouge de bière posé sur une table non loin d'eux.

- Roooh… la ferme ! Se vexa Naruto sous l'œil amusé des autres.

Kiba s'absenta le temps de ramener plusieurs cannettes de bières qu'ils enfilèrent comme des poivrots du avouer le brun dont les idées commençait à s'embrouiller. Au fond de la salle, quelqu'un proposa un mini concours de shot, histoire de savoir qui tenait le mieux l'alcool. Bien évidement Sasuke, Naruto et Kiba s'y présentèrent. Ils étaient au total seize autour d'une table ronde. Après une bonne dizaine de verre, aucun des trois ne semblait vouloir lâché. Un peu plus des trois quarts des participants avaient déjà abandonné et s'étaient avachi sur les tables, d'autres étaient tombées de leur siège et gisaient sur le sol. Alors qu'eux même semblaient en pleine forme. Pire encore, aucun d'eux ne semblait ivre. Les gens les entourant en étaient scotchés et beaucoup se demandaient si leurs verres contenaient vraiment de l'alcool ou si c'était de super comédien. Mais bientôt, arrivée au quinzième verre, Naruto abandonna et quitta la table en titubant. Le brun se doutait déjà ou il allait finir la soirée ou plutôt avec qui il allait la finir. Probablement l'une des greluches qu'il avait vue en entrant. Restait plus que lui et Kiba.

- Allez, Uchiwa laisse tomber ! Le nargua Kiba d'une voix pâteuse en avalant un autre verre. Tu sais bien que tu vas perdre.

Sasuke leva vers lui un regard froid et déclara d'une voix tout aussi pâteuse que celle de Kiba :

- L'un d'entre nous va perdre et ce ne sera surement pas moi.

Autour d'eux, la foule se mit à crier et à taper des mains, faisant le plus de bruits possible. Sasuke eu un instant l'impression que la musique était plus forte et en eu le tournis. Rien à voir avec l'alcool cette fois-ci. Il plissa les yeux une seconde prêt à sombrer mais se ressaisit. Soulevant son verre, il en avala le contenue et lorsqu'il leva les yeux il vit son rival avachit sur la table, tandis que la foule poussait des exclamations plus forte, l'acclamant. L'un d'eux vint prendre son bras qu'il leva et cria :

-Voilà notre nouveau champion !

Un tonnerre de crie vint ponctuer cette déclaration et il se sentit happer par une poigne délicate qu'il reconnut : Saori ! De plus elle dégageait se parfum de mangue qui lui était caractéristique et avec ces cheveux blond clair, tellement clair qu'ils paraissaient blanc… Elle tourna vers lui un regard explicite et lui offrit un sourire mutin avant de murmurer :

- Y'a des chambres libres à l'étage.

Plus direct, tu meurs ! Se dit le brun l'esprit brumeux. Et sans plus réfléchir, il la suivit.

Une heure plus tard, il quittait la jeune femme endormit. Descendant au rez-de-chaussée, il constata avec lassitude que la fête se poursuivait, alors, il chercha le blond du regard. Parcourant la maison, il le trouva avachit sur l'un des canapés en train de piqué du nez près d'une sono dont le son le rendit presque sourd. Il pouffa de rire devant ce paradoxe, souleva son ami malgré ses quelques faibles protestations et quitta la soirée. Il trouva avec soulagement le taxi des fêtards, y entra avec le blond. Il donna sa destination et dix minutes plus tard, il était devant la maison du blond. Il lui fouilla les poches et en retira juste assez d'argent pour régler la course. Une fois devant la porte, il introduisit les clés du blond qu'il avait pris au passage avec l'argent, déverrouilla la porte, entra et poussa la poussa du pied pour la refermer. Il tituba sous le poids de plus en plus pesant de Naruto et le traina jusqu'au salon. Il n'avait franchement pas la force de le porter jusqu'à l'étage. Là il l'allongea avec un sourire mesquin sur le sol, revint verrouiller la porte et s'installa sur le canapé. Avant de s'endormir, il régla son réveil de portable sur cinq heures. Il était une heure et demie, il avait un peu plus de trois heures de sommeil. Car de chez Naruto à chez lui, à pieds, il fallait quinze minutes. Donc qu'importe ce qu'il devait se passer, il devait être chez lui avant cinq heure et demi s'il ne voulait pas se faire griller et recevoir à nouveau d'autres punitions de son « chère » beau-père.

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- Mamoru ! Appela une jeune fille d'une voix ennuyée en faisant la moue telle une enfant. Y'en a marre ! Montre-toi maintenant !

Arpentant le jardin de la maison de la fête, elle cherchait depuis un moment déjà son idiot de petite amie. Elle était fatigué, ivre, avait mal aux pieds et en avait marre de le chercher partout ! Elle poussa un soupir irrité, lorsqu'elle faillit tomber à cause d'une pierre. Quittant le jardin, ses pas la menèrent sur la route faiblement éclairé où, pas un chat ne passait. Elle ne savait pas où elle allait, mais tout ce qu'elle savait pour l'instant c'était qu'elle était comme attiré par quelque chose. Son instinct peut être ? Après cinq bonnes minutes à tituber plutôt qu'a marché, elle entendit un bruit inquiétant venant d'une ruelle. Elle se rapprocha avec prudence et d'une voix hésitante demanda :

- Y-y'a quelqu'un ?

Aucune réponse.

Secouant la tête pour se remettre les idées en place, elle commença à s'éloigner de la ruelle, lorsqu'un second bruit plus distinct se fit entendre. Resserrant sa veste, sous la morsure d'un courant d'air glacial, elle plissa les yeux.

- Mamoru ? Demanda-t-elle en avançant prudemment. Si c'est encore une de tes blagues à la con tu… Aïe !

Elle venait de trébucher sur quelque chose et poussa une exclamation dégouter en sentant un liquide poisseux sur ses mains. Essayant de se relever, elle glissa et retomba. Là écarquillant les yeux d'horreur, elle vit le corps disloqué de son petit ami qui se dévoilait progressivement à la lueur de la lune. Les nuages s'écartaient dans un parfait mouvement harmonique. Elle hurla ! Certains membres du corps étaient arrachés et s'éparpillaient à travers la ruelle. Ses viscères lui sortaient du ventre et elle vomit en voyant cela. Il avait la bouche largement ouverte et sur la gorge une profonde entaille lui cerclant le cou. Sur le buste, des traces de griffes géantes laissaient voir les os des côtes et alors qu'elle pensait avoir tout vu, elle vit au niveau du cœur, un trou béant, mais pas de cœur. Et son visage ! Il était figé dans une expression terrifié, ses yeux vitreux la regardaient. Ces mêmes yeux qui quelque instant plus tôt la contemplait avec amour. Elle poussa une exclamation étouffé, se passa nerveusement la main dans les cheveux et s'aida du mur pour se relever. Elle fouilla dans sa poche son portable, mais se rendit vite compte qu'elle l'avait oublié à la maison. Elle décida alors d'aller le récupérer mais à peine avait-elle fait un pas qu'elle entendit distinctement des grognements se rapproché. Elle sursauta tandis que son cœur s'affolait. Elle recula de quelque pas, acculé. Ces grognements s'intensifièrent et elle sut que ce qui se rapprochait n'était pas seul.

- Qui va là ? Cria-t-elle, désespéré.

Aucune réponse.

Sa respiration devint hachée et surprise, elle vit des lueurs circulaires de couleur violet se rapprocher, puis ceux-ci s'entourèrent d'une lueur rouge. Des yeux ! Tiqua-t-elle en distinguant des pupilles qui étaient loin d'être humaine. Elle eut à peine le temps de crier qu'elle vit une ombre se jeter sur elle. Sa tête heurta violement le mur et elle s'écroula, inerte, emporter par les ténèbres salvatrices de la mort.

Alors, la bête se mit en devoir de lui arracha le cœur tandis que ses congénères se précipitèrent pour discuter le gibier. Ils ne mirent pas plus de quelque secondes à dépecer le corps de l'innocente dont le seul péché avait été d'être au mauvais endroit au mauvais moment. Au moins ainsi, elle rejoindrait son amant dans son sommeil éternel.

Dans cette nuit froide mais tellement commune, un rire sardonique s'éleva près des bêtes. Alors, l'un des monstres se rapprocha et tendit à son maître, le cœur qu'il serrait entre ses dents. Celui-ci le prit et, à cette seconde, toutes les bêtes disparurent happés par une lueur ténébreuse en s'inclinant devant leur maître. De sa poche, il sortit des pétales de cerisier et les laissa voler pour se poser sur ce qui restait des deux adolescents. Il quitta tranquillement les lieux un sourire aux lèvres, heureux d'avoir enfin obtenus ce qu'il désirait.

Arijessika.

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Vos impréssions.

Un Big Kiss et à la prochaine.