Je suis désolée pour le retard de la suite ! J'étais dans un endroit sans une once de wifi ces derniers jours - merci les jours fériés -, et je n'ai pas pu mettre à jour mon travail. Pour me faire pardonner, je vous en offre plusieurs ! Bon, c'est aussi pour rattraper la parution du premier site où j'ai fait paraître LoH, mais c'est un tout petit détail.

Je sais que je me répète, mais bonne lecture à ceux qui ose s'aventurer sur cette page.


Ria tournait comme un lion en cage. Elle en avait assez de patienter. Depuis qu'elle avait vu le livre que Terri avait offert à Link, elle avait senti qu'il avait quelque chose de spécial. Elle comptait en parler à son ami le lendemain, mais le « livre » l'avait devancé : à cause de lui, Link semblait dormir, allongé dans son lit. Cependant, les apparences étaient trompeuses : malgré tous leurs efforts, aucun des villageois n'avait réussi à le réveiller. Lorsqu'on avait voulut séparer le livre et le jeune homme, même Koï, le maitre d'armes, qui possédait la force physique la plus grande du village, n'avait réussi à ne serait-ce que faire lâcher un seul des doigts du jeune Hylien de sa prise. La magie était à l'œuvre, cela ne faisait aucun doute. Ce ne fut qu'à ce moment-là que Terri s'était décidé à leur raconter comment il était véritablement entré en possession de l'ouvrage. L'intuition de la jeune femme était donc bel et bien fondée. Mais pourquoi avait-il réagi ainsi au contact de son ami ? Mystère. Ria s'était donc proposée pour veiller sur Link. Depuis maintenant plus d'une journée, une nuit et une moitié de chaque en plus - elle avait laissé son père et le maitre d'armes la remplacer quelques heures pour qu'elle puisse dormir et manger -, elle attendait qu'il se réveille, et leur vie à tous pourrait alors reprendre son cours comme si rien ne s'était passé.

Pendant ce temps, le village était toujours en effervescence, et les préparatifs pour la fête avançaient à grands pas. Il ne leur restait plus qu'à décorer la grande-place et ils en auraient terminé les décorations. Heureusement, car la fête commençait le lendemain. Après, place à la cuisine pour les festins, qui s'annonçaient bien garnis et riches : les récoltes de cette année avaient été excellentes.

La jeune Hylienne poussa un long soupir et s'arrêta un instant pour observer son ami endormi. Les villageois n'avaient pas pris la peine de le couvrir de couvertures, il faisait suffisamment chaud comme cela en ce mois d'été. Le jeune Hylien possédait un visage fin et parfaitement dessiné, encadré par deux oreilles pointues cachées par des mèches de cheveux blonds comme le miel qui lui retombait sur le front, aux traits pas encore tout à fait adulte, mais plus vraiment enfantin, ce qui lui donnait un charme particulier auquel bien peu de filles de Kicorico comme de voyageuses de passage restaient insensibles. Quand il était éveillé, on pouvait voir ses magnifiques yeux bleus turquoise, semblable à des pierres précieuses tant ils étaient clairs, profonds et lumineux. Son corps bronzé était musclé, travaillé par plusieurs années de labeur épuisant. Il était vêtu de sa tunique sans manche et de son ample pantalon de berger, fonction qu'il occupait en temps normal. Il ne travaillait cependant pas uniquement à l'étable et dans les champs de potiron, comme la majorité des habitants de Kicorico, bien qu'il soit exceptionnellement doué pour comprendre les bêtes. En effet, depuis un peu moins de six mois, il assistait le forgeron du village dans son épuisante tâche. Le forgeron, qui n'était autre que Koï, était également le maître d'arme du village, vous l'aurez remarqué. Peut-être était-ce pour cela que tous les jeunes hommes voulaient travailler à la forge. Ria les soupçonnait de vouloir se servir de ces deux corps de métier pour se rendre à la capitale, source de rêves et d'ambition pour tous les jeunes, garçons comme filles. La jeune femme ne pensait cependant pas que c'était cela qui avait motivé son ami pour accepter. Ce qui était certain, en revanche, c'était que Link était un très bon forgeron en devenir. En avait-il été un dans une de ses vies antérieures ? Toujours était-il que Koï avait décidé de le prendre sous son aile, et de lui apprendre les bases du combat à l'épée en plus de son apprentissage à la métallurgie. Son enseignement avait commencé deux semaines plus tôt. Il avait vu, quelques années plus tôt, une chose chez lui qui l'avait poussé à cela. Et le maître d'armes avait conclu de ces quelques séances que Link possédait un talent caché, comme il l'avait prévu, qu'il lui faudrait à tout pris réveiller, son âme de guerrier s'emballant à la simple pensée de ce que le monde de l'escrime pourrait y gagner. Sans grand succès jusque-là, cependant. Il ne l'avait avoué qu'au chef du village, avec qui il avait tissé une amitié profonde depuis bien des années, et à la famille de ce dernier. Ria avait été mise dans la confidence à condition qu'elle ne révèle pas ce qu'elle avait entendu au principal concerné.

Elle secoua la tête. Pourquoi pensait-elle à cela ? La jeune femme reporta son regard sur son ami. Il semblait si paisible, couché ainsi... Avec une pointe de tristesse, elle se demanda à quoi il devait rêver pour qu'il ait cette expression. Aussitôt, Ria sentit une fatigue inhabituelle la submerger et eu à peine le temps de s'asseoir sur la chaise de la pièce avant de s'endormir.

Juste à côté d'elle, Link commençait à bouger. Ce ne fut d'abord qu'un bref tressaillement de la main, puis sa tête qui dodelina et, enfin, ses yeux qui s'ouvrirent. Le jeune villageois se redressa lentement et observa sa chambre, se sentant enfin chez lui, comme s'il était parti pendant très longtemps. Encore un peu embrumé, il se passa la main droite sur le visage pour se réveiller, et, sentant un poids inhabituel dans sa main gauche, s'aperçut qu'il tenait toujours le livre qui lui avait été offert. Curieux, il l'ouvrit. Et il fit un constat étonnant : il pouvait maintenant en lire les premières pages ! Mais avant de découvrir enfin la mystérieuse histoire que contenait l'ouvrage, il fallait qu'il sache ce qu'il c'était passé pendant son « absence » et combien de temps elle avait duré. Il se traîna donc hors de son lit, surpris qu'un acte si anodin lui demande tant d'efforts. Une fois debout, il remarqua enfin Ria, profondément endormie sur sa chaise, devant son bureau. Pour qu'elle soit aussi fatiguée, il fallait qu'elle n'ait pas dormi depuis un bout de temps ! Se doutant que c'était de sa faute, le jeune Hylien se sentit coupable et prit une couverture dans son armoire pour en couvrir son amie d'enfance. Il alla ensuite s'accouder à sa fenêtre et jeta un coup d'œil dehors. Il fut surpris de voir que les préparatifs de la fête étaient finis, ou presque. Il avait donc dû dormir pendant un ou deux jours... Link laissa ses pensées vagabonder, encore étourdi par ce qu'il avait vécu. À moins que tout n'ait été qu'un rêve, mais il en doutait fortement... Mais, comme les songes au lever du lit, les images de son étrange rencontre commençaient déjà à s'estomper dans sa mémoire.

Quelques instants plus tard, la porte de la petite pièce s'ouvrit tout doucement, mais pas suffisamment cependant pour ne faire aucun bruit. Sarhd entra le plus discrètement qu'il put et s'arrêta net en voyant Link debout, alors qu'il n'y avait pas une dizaine de minutes il était encore inconscient. Celui-ci se retourna et montra au chef du village sa fille endormie sur la chaise. Comprenant le message, Sarhd ressorti et attendit que le jeune Hylien en fasse de même. Ce dernier le rejoignit avec le livre à la couverture bleue roi. Le jeune homme fouilla dans ses placards pour dénicher une volumineuse assiette de ragoût, puis tout deux s'assirent devant la petite table de la salle à manger. Le chef du village attendit que l'ami de sa fille ait englouti sa nourriture à une vitesse tout simplement hallucinante pour commencer à parler.

– Ça va, Link ? Tu nous à fait une belle frayeur, tu sais ?

– Désolé... Je suis encore un peu fatigué, mais ça va. Je suis resté combien de temps...?

– Une nuit et un jour entiers, plus la moitié d'un autre.

– Et vous avez déjà fini les préparatifs !

– Oui, tout le monde s'est dépassé ! Il ne nous reste plus qu'à préparer le banquet et finir la décoration de la place. Mais revenons-en à nos cocottes. Terri nous a dit que tu ne savais pas d'où il venait. Dit le chef du village en montrant le livre, posé sur la table.

-Non, mais j'ai ma petite idée. Lança Link en récurant du doigt les restes de sauce de son plat. Avant que tu ne me racontes tout, est-ce que tu peux lire le passage que je vais te montrer ?

Il apporta sa vaisselle sur le plan de travail qui lui servait de bureau, de cuisine et d'entrepôt avant de se rassoir. Il ouvrit ensuite l'ouvrage aux premières pages, qu'il savait désormais être le prologue. Sarhd fronça les sourcils.

– Non... Il est écrit dans une langue que je ne connais pas.

– Merci.

– Bon... En ce qui concerne ce bouquin, Terri t'a raconté qu'il l'avait trouvé dans la plaine, ce qui est exact, mais il ne t'a pas dit qu'il porte le sceau de la famille royale caché dans ses pages.

– La famille royale, rien que ça ! S'exclama le villageois.

– Nous aussi, on a été surpris. Confia le chef. Mais attends d'avoir entendu la suite. Lorsque Terri a voulu le rendre au château, on lui a demandé de chercher un traducteur assez compétant pour le comprendre. Il a tout de suite pensé à toi, on se demande pourquoi... finit-il avec une pointe d'ironie.

– Ha ha...

– Enfin bref, il est donc venu au village comme toutes les semaines et il a décidé de te l'offrir. Il pensait tout te dire une fois que tu l'aurais traduit, mais tu sais ce qu'il s'est passé ensuite. Élucida Sarhd en refermant l'objet en question.

– Je ne sais plus trop. Soupira Link. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'ai été réveillé par une lumière très forte, et après, c'est trop flou pour que je comprenne quoi que ce soit.

– Je vois. La lumière nous a tous réveillé, mais quand Ria a vu que ça venait de chez toi, elle s'est précipitée. Et elle a bien fait. Elle a rameuté tout le village en voyant que tu ne te réveillais pas. La lumière s'est éteinte quand tu as perdu connaissance.

Link poussa un long soupir et se prit la tête entre les mains. Sarhd sentit qu'il avait besoin de rester seul pour réfléchir à toutes ces nouvelles informations et se leva.

– Je vais avertir les autres que tu es réveillé. Et pour le passage que tu m'as demandé de traduire, tu arrives à le lire ?

Le jeune homme ne répondit pas. Le chef du village haussa les épaules et ouvrit l'unique porte extérieure de la petite demeure. Il sortit, se retourna et commença à refermer quand son protégé prononça quatre mots. Quatre mots qui pouvaient tout dire.

– Oui, j'y arrive.

La bouche du Kicoricois s'arrondit. Au même moment, un rayon de soleil entra par la porte et illumina brièvement la pièce. La lumière atteint Link... et révéla une partie du sceau de la famille royale, luisant très légèrement, sur le dos sa main gauche.

Pendant un instant, le chef du village, qui jusqu'à présent pensait qu'il ne s'agissait que d'un incident mineur mais néanmoins notable, se mit à douter. Et si quelque chose de bien plus grave se préparait ?

Sarhd secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à cela. Il partit en direction de la place centrale pour annoncer la bonne nouvelle aux autres villageois.