Remerciement : A ChocOlive Flamous et Nathdawn. Deux merveilleuses auteures qui ont la gentillesse de me donner un coup de main. Décidément qu'est-ce que je ferais sans elles ? Hahaha... Pas grand-chose.
Attention ! Je ne le répèterai jamais assez, cet univers va devenir de plus en plus sombre, si ce que vous avez déjà lu a suffit à vous écœurer, passez votre chemin.
Chapitre 3
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― Répète un peu Robin ?
Nami avait la bouche grande ouverte à cette annonce puis finit par se reprendre et reformula sa question.
― Excuse-moi, je voulais dire… Tu es sûre de toi ?
Robin eut un petit sourire énigmatique. L'archéologue referma son livre et le posa sur la table de la cuisine. Elle aimait beaucoup garder un petit temps de pause avant ses explications, elle se délectait de ce moment où l'attention était portée sur elle, rien qu'un instant. Cela suffisait à sa satisfaction personnelle, elle qui avait toujours dû se faire toute petite toute sa vie.
Elle émergea de ses souvenirs et finit par répondre.
― Hier matin, nous étions encore sur l'île précédente, rappela-t-elle, j'en ai profité pour récolter quelques informations et il se trouve que sur cette île, la nuit dure près d'une semaine.
La navigatrice pouvait presque voir ses billets verts s'envoler avec leurs petites ailes d'angelot. Elle pesta à voix basse contre la singularité de cette fichue île.
― Je vais nuancer mon propos, ajouta Robin, les nuages s'accumulent au-dessus de l'île. Ils s'étendent si loin et sont si sombres qu'ils donnentcette impression de nuit permanente. Il ne fait... jour qu'une fois par semaine.
Nami était désespérée. Elle s'était bien faite avoir sur ce coup-là. Adieu ses beaux projets. La belle rousse s'affala sur la table, retenant quelques larmes de dépit. Au moins, la perspective de leur hurler dessus à leur arrivée adoucirait sa peine. Elle espérait qu'ils trouvent un trésor au passage mais c'était certainement trop demander. Elle n'était pas aussi naïve et idéaliste.
― Tu pourras toujours leur reprocher l'heure tardive à laquelle ils vont rentrer, fit observer son amie.
Robin avait raison. Tout n'était pas perdu. Ce petit prix de consolation devrait suffire.
― Tu as raison, admit-elle en haussant les épaules.
Elle jeta un œil au hublot. Dehors, il pleuvait des cordes. Autant dire que leurs compagnons n'allaient pas rentrer tout de suite. On n'y voyait pas à un mètre devant soi. De plus, le tonnerre faisait presque vibrer l'air. L'atmosphère devenait vraiment terrifiante et cela se ressentait jusque dans les histoires qu'Usopp racontait à Chopper pour l'effrayer.
L'attention de Nami se porta ensuite sur son capitaine qui était bloqué de force ici. Dès qu'il avait su que son cuisinier personnel et le sabreur étaient partis en vadrouille dans la forêt, il s'était empressé de se proposer pour les rejoindre et les ramener. Le connaissant par cœur et, de ce fait, devinant qu'il allait surtout chercher à se fourrer dans les ennuis jusqu'au cou, Nami avait apaisé ses envies d'aventures de trois coups de poing sur le crâne.
Depuis, il observait l'extérieur, marmonnant et grommelant sans oser élever la voix pour ne pas recevoir d'autres représailles.
― Je suis sûr qu'ils s'amusent bien…, entendit-elle parmi tout le fouillis.
Elle poussa un soupir d'exaspération mais ne fit rien d'autre. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Il s'agissait de Sanji et Zoro. Ils faisaient partie des plus forts de leur équipage. Rien ne leur résistait.
Étrange ce besoin de se rassurer. Nami se trouvait ridicule de se laisser gagner par les peurs d'Usopp.
…
Que faire ? Comment réagir ?
Sanji se fit la réflexion que l'homme qui lui tournait le dos l'avait forcément entendu. Il était tombé dans ce qui avait été une salle d'attente et une personne s'y trouvait déjà. Ce dernier continuait à fixer cette vitre, plaçant son visage entre les barreaux qu'il serrait de ses poings. Il devait être plongé dans ses pensées, rêver de l'extérieur, regretter d'avoir croisé la route de ceux qui l'avaient conduit ici. Sanji ne ressentit aucune compassion. Il aurait dû mais non. Il n'avait aucun regret, lui.
Soudainement, l'homme tourna la tête vers lui et le cuisinier dut prendre sur lui pour ne pas montrer sa surprise. Non. Son dégoût.
Chauve, le dos légèrement voûté, le visage couturé de cicatrices, la bouche tordue vers la gauche, on avait caché tout le côté droit de son visage par de la peau. On voyait, au peu de lumière provenant de l'extérieur, les limites du rajout qu'on avait fondu. Il eut un sourire édenté.
― Tu devrais te cacher. Il ne va pas tarder.
Le corps de Sanji, mu par une mystérieuse impulsion, eut un violent tremblement. Comme s'il faisait le parallèle entre lui-même et cet homme. L'état dans lequel il serait si on le capturait. Il se souvint des paroles de Zoro qui n'étaient que trop vraies.
Ils étaient sur la liste, eux aussi. Les pièces du puzzle étaient rassemblées ici même. Pour l'instant, il y avait encore trop de parts d'ombre.
L'inconnu leva la main, à laquelle il manquait le petit doigt et l'annulaire, et pointa de son index la porte qui était à la droite de Sanji. Ce dernier tenta d'occulterle fait que le reste d'os de l'annulaire sectionné était à découvert. Il ne voulait même pas savoir comment c'était possible.
― Les casiers, poursuivit l'homme, sers-t'en. Fais attention à Rider.
― … D'accord, répondit Sanji peu confiant, mais qui est-ce ?
― Fais attention. Ils sont tous tes ennemis. Trouve Anna.
Un coup contre le bois fragile de la porte fit sursauter Sanji. Il lut une lueur affolée dans l'œil de son interlocuteur dont l'attention fut dirigée une seconde sur la porte avant de se reporter à nouveau sur le cuisinier.
― Casier.
Il lui désigna d'un mouvement du menton lesdits casiers qui étaient rangés juste à côté de la porte. Cette dernier n'allait pas tarder à ployer sous les assauts. Sans réfléchir, Sanji remercia l'homme dans un souffle et se réfugia à l'intérieur. Le temps de refermer le battant et son poursuivant entrait dans la pièce.
Il cessa de respirer en entendant les pas. Le fou furieux avait fait vite. Sanji eut bon espoir qu'il ait défoncé la grille qui menait aux escaliers. Grâces aux fentes dans la porte du casier, le jeune homme pouvait voir ce qui se passait en tordant un peu sa tête.
Sanji finit par se concentrer sur sa respiration. Calme. Régulière. La montagne de muscles s'approchait avec une lenteur calculée de l'homme qui restait stoïque devant lui. Un avantage d'ancien pensionnaire sans doute. Sanji aurait bien voulu ne pas être aussi paniqué en sachant le dégénéré dans les parages.
― Où elle est ?
― Où est qui ?
Une voix sereine. L'inconnu qui l'avait aidé considérait qu'il n'avait rien à se reprocher et il parlait avec une aisance stupéfiante. Le colosse le prit par la gorge et le souleva comme un rien.
― La petite blondinette qui est tombée au rez-de-chaussée, fit-il, menaçant. Elle est forcément passée par là. Le docteur Caega m'a demandé de la ramener.
Ce nom ! C'était l'auteur du carnet ! Sanji réfléchit à toute vitesse. Ils étaient donc bel et bien tombés dans un piège. Ce docteur avait misé sur la curiosité naturelle de l'homme pour les capturer. C'était une question secondaire comparée à leur objectif mais le cuisinier ne pouvait s'empêcher d'y songer.
Quel était le projet derrière tout ceci ?
En soi, il était inutile de le savoir. Qu'importe, ce qui se passait ici allait à l'encontre de la raison humaine. Il fallait être parfaitement cinglé pour enfermer des gens dans de telles conditions, les défigurer et laissé traîner des cadavres et des horreurs comme celles que Sanji avait vues.
― Tu ferais mieux de me le dire, gronda le colosse, t'es terminé. Le Doc ne dira rien si je t'extermine.
Sanji était au bord de l'asphyxie. Il allait le dénoncer ! C'était clair comme du cristal. Pour sa survie, c'est ce que cet inconnu ferait. Quelle autre option avait-il pour échapper à la mort ?
Pourtant, il resta muet.
Incapable de tenir davantage, le colosse plaqua sa seconde main contre le visage du pauvre hère et retourna sa tête d'un simple geste. Un craquement et il n'était plus en vie. Sa tête pendit mollement vers l'arrière et son corps fut jeté contre le mur. Enragé, son meurtrier donna un coup de pied dans le cadavre, le souffle court et les poings serrés. Il resta là, ses yeux scrutant la pièce à la recherche du moindre indice.
Finalement, il quitta la pièce pour retourner à l'accueil. Sanji attendit encore une longue minute avant de sortir de sa cachette, le cœur battant à une allure folle et la tête remplie d'horreur et encore plus de questions.
Qu'est-ce que ce Docteur Caega lui voulait ? Qu'est-ce que ce monstre à peine humain entendait par « terminé » ? Et… pourquoi devait-il considérer les autres pensionnaires comme des ennemis ? Et s'il trouvait cette « Anna », que devait-il faire ? Il y avait un projet derrière tout ceci mais du diable s'il savait lequel !
Il commençait à devenir essentiel que Sanji en sache un peu plus. Il était de plus en plus convaincu que rester dans l'ignorance allait le mener tout droit vers une mort certaine. Plus il avait d'informations, mieux c'était !
Il devait absolument trouver un endroit, aussi sûr que possible, où se réfugier. Mais avant, il devait libérer le marimo. Cela le désolait mais il avait besoin de Zoro. Si cette algue arrivait à récupérer ses sabres, elle réussirait à percer la peau épaisse du colosse. Et puis, il était hors de question d'abandonner un nakama derrière lui.
À présent, c'était un jeu de survie. Un cache-cache où le premier trouvé était tué.
Il s'efforça de marcher subrepticement jusqu'à la porte que lui avait désigné l'homme. Il l'ouvrit et la referma avec la plus grande prudence. Son poursuivant avait l'air d'avoir une bonne ouïe. En fouinant dans la pièce, il réussit à trouver une lampe torche… hors d'usage. Pas la moindre trace de clé ou de son sac. Il devait seulement compter sur lui-même. Il aurait dû en être fier mais là, pas moyen. Il avait une grosse boule d'angoisse dans la gorge qui refusait de disparaître. Trop de choses s'étaient produites en peu de temps. Il ne savait pas combien de temps il allait tenir.
Il allait y avoir un point de rupture. Forcément. Pour le moment, il tenait bon.
Il quitta l'ancien cabinet pour retourner dans la salle d'attente. Jetant des coups d'œil inquiets vers les étages, se sentant vulnérable, il se plaça dos à une fenêtre, déplia la carte et s'aida du peu de lumière pour la déchiffrer.
Apparemment, l'établissement ressemblait à une sorte de toile d'araignée. Il y avait le bâtiment central, autour duquel avaient été construits un premier et un second édifice pour les pensionnaires. Dans le second, une large partie était en fait utilisée par le personnel médical. Cet endroit avait donc été un hôpital ou un asile. De mieux en mieux.
C'était là-bas que se trouvaient les clés et le générateur de courant. D'après la petite note, elles étaient dans la salle de repos du personnel. Qui était à l'exact opposé de sa position actuelle. Le point le plus loin, en somme. Et prendre les escaliers allait l'obliger à faire un grand détour. Le seul moment « de tranquillité » serait certainement ses brefs passages dans les salles qui avait été des cabinets de médecins. Moins il restait dans les couloirs, mieux c'était. Il préférait encore voir ces pensionnaires que les gardiens. Eux, ils seraient plus sensibles à ses kicks. Du moins, il l'espérait.
Il replia sa carte et la glissa dans la poche intérieure de sa veste. Parfois, pour ne pas dire très souvent, il était vraiment raide dingue de sa vie…
Il prit la direction des escaliers, sur sa gauche. Les salles du rez-de-chaussée étaient en réalité sous les étages soutenus par de massives colonnes. Il pouvait donc faire le tour du rez-de-chaussée sans être inquiété. Il s'engouffra dans la salle de réception, extrêmement soulagé d'avoir enfin trouvé un moyen d'avancer efficacement.
Il traversa quelques salles, grimpa en haut des escaliers, remarquant que toutes les portes grillagées étaient ouvertes jusqu'au troisième étage. Les bâtiments étaient reliés entre eux par de multiples couloirs à tous les étages jusqu'au troisième. Il était contraint de prendre un second escalier. La configuration de l'établissement était, globalement, à son avantage. Il emprunta le premier couloir qui permettait de passer au deuxième bâtiment. Les choses allaient nettement plus se corser. D'après l'inconnu, même les pensionnaires étaient contre lui. Si le colosse était un tant soit peu malin, il connaîtrait ses intentions et rôderait dans le secteur.
C'était un problème qu'il réglerait en temps voulu.
Le jeune homme espérait trouver des piles pour sa lampe torche mais c'était trop exiger. De temps à autre, il entendait des pas précipités derrière lui, voyait une silhouette apparaître brièvement. Impossible de savoir si c'était une seule et même personne ou tout un groupe. Sanji était prêt à en découdre. Il en avait ras-le-bol d'être le poursuivi.
Aussi, lorsqu'on lui sauta dessus dans un hurlement de rage, le cuisinier s'empressa de se retourner pour envoyer sa semelle dans le visage déformé de son assaillant. Un deuxième surgit dans son dos et il le rendit à l'impuissance d'un second coup de pied. Tandis qu'il assommait le troisième, un quatrième l'attrapa, passant ses bras sous ses aisselles. Sanji se pencha brutalement pour le déloger et le mettre à terre. D'un coup de pied, il l'envoya au pays des rêves. Il percevait d'autres sons, lui signalant que sa position venait d'être repérée. Il courut, sachant pertinemment qu'il était à son désavantage dans le noir.
Il devait encore aller à l'étage au-dessus mais il était trop loin de l'escalier. De toute façon, là-bas, il se serait fait encercler. Aux bruits, il devait y avoir une vingtaine de personnes au grand minimum. Des « patients » ? Le personnel ? Il n'en avait aucune idée mais n'avait pas spécialement envie de le savoir. Dans la situation présente, qu'il se retrouve face aux uns ou aux autres, l'issue était la même.
Sanji ouvrit quelques portes, cherchant un meuble où se cacher. Il dut se glisser de multiples fois sous un lit ou sous un bureau, parfois en compagnie de cadavres ou de tas d'organes sanguinolents. Ces types se battaient entre eux, à moitié cinglés à cause des conditions dans lesquelles ils vivaient. Étant la cible de leur agressivité, le maître-coq se trouvait encore plus à plaindre qu'eux en cet instant.
Sanji croyait les semer, à chaque fois, pour ensuite les retrouver quelques mètres plus loin. Ces salopards connaissaient trop bien l'endroit. Le cuisinier espérait trouver un moyen pour s'en débarrasser. On le suivait. Il avait entraperçu des massues, des planches, d'autres armes improvisées. Un coup dans le crâne et il pouvait dire adieu à la vie. Il tourna le verrou et fut soulagé de voir qu'il s'agissait d'une cuisine. Il y avait une autre sortie.
Il tenta de briser le cadenas. Sans succès. Pourquoi ses coups de pieds n'avaient pratiquement aucun effet ? Il allait finir par se poser des questions sur sa puissance de frappe ! Il se tourna vers le monte-charge. C'était faisable.
Il ouvrit la grille, grimpa à l'intérieur de l'élévateur avant de refermer. Le jeune homme maudit mentalement ses jambes en se sentant compressé. Il était rare qu'il s'en plaigne. Avant qu'il n'ait le temps de presser le bouton, la machine s'ébranla et démarra sa montée au moment où la horde de poursuivants arrivait.
Une deuxième bonne nouvelle, enfin ! Il n'espérait pas tant. Il aurait pu se débarrasser d'eux sans problème, seulement il ne voulait pas s'épuiser inutilement. Les combats inutiles, très peu pour lui.
Le monte-charge s'arrêta à l'étage au-dessus. Méfiant, Sanji releva la grille et sortit de l'élévateur petit à petit. Il n'avait même pas appuyé sur le bouton. Qui avait bien pu le faire pour qu'il vienne ici ?
Mettant cette inquiétude de côté, il sortit de la pièce qui ressemblait vaguement à un petit réfectoire. D'après son plan, il n'était plus très loin de la salle du personnel. Il touchait au but !
Il s'autorisa un petit sprint jusqu'à ce qu'il arrive à la salle. Elle était juste là ! Il était assez fier de lui. Pas besoin de trouver cette Anna ! Quoique si, savoir une femme dans un tel endroit le révulsait mais elle devait être une pensionnaire. Il avait besoin des clés pour la libérer. Elle et les autres femmes, s'il y en avait. Sanji souhaitait vivement que non. En savoir une ici était déjà insupportable.
Une goutte de chance était passée par là, le code digital était cassé, il n'avait qu'à ouvrir. Une fois entré, il prit la précaution de bloquer la porte avec l'épaisse barre en fer qui avait été installée. Il eut un léger sourire en remarquant les moniteurs de surveillance. Ainsi donc, il y avait des escaméras dissimulés un peu partout dans ce pensionnat. Les écrans fonctionnaient, certainement grâce à un circuit indépendant du reste afin que même en panne de courant le personnel puisse garder un œil sur leurs pensionnaires. La faible lumière des écrans éclairait à peine à plus d'un mètre.
Sanji s'installa dans le fauteuil matelassé, regardant attentivement les écrans pour repérer le numéro de chambre de Zoro. Ainsi donc, c'était comme ça que le colosse avait su que le cuisinier s'était tiré… Qui le lui avait dit ? Ce fameux Docteur Caega ?
Pour la première fois depuis qu'il vadrouillait dans l'établissement, Sanji se demanda où pouvait bien être cet homme mystérieux.
― Il me faut absolument l'électricité, dit-il à haute voix sans s'en rendre compte.
Une fois Zoro libéré, il devrait le surveiller et dans une semi-obscurité, cela risquait d'être difficile. Cet abruti de gazon sur pattes se perdait comme un rien. Sanji n'avait pas envie de le chercher dans cet immense endroit. Heureusement que le cuisinier le savait bloqué dans cette chambre ! Il s'évitait bien des soucis.
Il réussit à trouver Zoro après avoir changé une dizaine de fois chacun des postes. Il nota mentalement le numéro de la chambre et changea à nouveau de canal. Il était bien sage dans la chambre, ce devait être une torture pour lui. Sanji eut un petit sourire. En voilà une consolation ! Assis, bras croisés, les yeux fermés, il semblait faire une sieste. Sanji ne l'aurait pas aussi bien connu, il en aurait été convaincu. Là, le maître-coq sentait qu'il crevait d'envie de sortir pour récupérer ses sabres. Laisser son meilleur ennemi se balader lui était intolérable.
Concentré sur ce qu'il faisait, plongé dans ses pensées, le cuisinier fut distrait durant quelques secondes. Fatales.
― Je me disais bien que tu passerais par-là.
Avant qu'il n'ait le temps de se lever ou même de réagir, un bras se plaqua contre son torse, bloqua ses bras et le poussa de force dans le fauteuil. Rapide, il tenta de se défaire de la poigne, de faire reculer son siège à l'aide de ses pieds. Peine perdu. Le fauteuil était vissé au sol.
― Tu devrais cesser de bouger sinon je risque de t'abîmer.
Le jeune homme se figea dès que son attention se porta sur la seringue. La longue aiguille se planta dans son cou, injectant dans son organisme ce qui ressemblait à s'y méprendre à du feu liquide. Toute la douleur que son corps avait réussi à oublier revint, plus forte, omniprésente. Le cri de douleur qui lui vint spontanément ne parvint pas à franchir ses lèvres. La seringue fut retirée et l'homme se pencha vers lui, sur sa gauche, alors que la vue de Sanji se brouillait. Il croisa deux prunelles bleu ciel, quelques mèches noires glissant sur le visage fin et aux traits stricts. Ce sourire aux dents d'un blanc éclatant lui fit froid dans le dos.
― J'ai hâte ! Avec toi, je suis certain que le rendu sera parfait.
Le pirate tenta de se relever, ses muscles refusèrent de répondre. Il tenta de parler, pas une syllabe ne s'échappa de ses lèvres.
Il voulait lutter, il devait le faire. Ce satané marimo l'attendait. Il y était presque ! Son corps réussit à se soulever une fraction de seconde avant de s'affaler sur le siège.
Il avait encore perdu. Néanmoins, cette fois, il avait une idée de ce qui l'attendait.
Le jeune homme aperçut le badge sur la blouse et reconnut le nom dans un bref instant de clarté.
« Dr. Caega »
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à suivre...
Merci d'avoir lu, même si en ce moment même vous devez me haïr et avoir envie de me secouer pour que je vous donne la suite mais... non. Je suis capricieuse moi. Enfin, c'est pas seulement que je le veuille. Enfin si, ça me fait bien marrer vu que je connais la suite. Oui, je m'enfonce et vous n'allez pas m'adorer davantage mais c'est vraiment très secondaire. Et c'est tant mieux. Moi j'aime vous laisser dans le suspense. Petit plaisir de la vie quoi.
Là-dessus, je vous laisse, laissez une review. C'est une grande source de motivation pour l'auteure.
