Bonjour !
Pour faire honneur au temps hivernal qui se prête bien à la lecture de cette fanfiction [ou, pour faire court, parce que je suis de bonne humeur grâce à la neige qui est tombée ce matin ^^], voici deux nouveaux chapitres. =D
J'espère de tout cœur qu'ils plairont, la fin du chapitre III peut soulever certaines interrogations, et même ne pas vous plaire parce qu'elle est, je vous l'avoue, très mal écrite v_v. Mais, le deuxième chapitre que je mets en ligne rattrape tout ça, et je me dois de vous rappeler que cette histoire possède une intrigue grandement fantastique par la suite, discrète et pas complètement délirante, mais présente.
RAR
Un grand merci à vous, Louange et Julia, pour avoir commenté et m'avoir donné vos avis !
Louange : Je suis particulièrement heureuse que tu ais aimé au point de lire les trois chapitre d'une traite, Louange, il ne me reste plus qu'à espérer que tu aimes toujours autant la suite !
Julia : Merci beaucoup, Julia, pour tes compliments et tes appréciations ! Je suis contente que tu aimes. (Et c'est moi qui te remercie pour cette gentille review)
Le contexte a été exposé, maintenant, l'intrigue se met doucement en place. Jusqu'au chapitre 7, ce n'est pas encore bien en marche. J'espère que jusque là, et même après, l'histoire te sera toujours aussi agréable à lire ^^
Pour le forum, j'en ai parlé dans ma première page, c'est le forum MyDBSG, il est facilement trouvable sur google, et j'ai effectivement mis la suite là-bas.
~ Je vous souhaite une agréable lecture ~
[ Chapitre III ]
La gare était bondée. Les pas se pressaient au son crescendo du train qui arrivait. La vie était là, entrelacs de regards indifférents, de soupirs ennuyés, de gestes stressés, chacun se croisait, et suivait sa voie. La vie affluait… Les portes s'ouvrent, les gens sortent brusquement, avant que les passants attendant sur le quai de la station ne s'engouffrent, répétant le quotidien, rythmé par les arrêts furtifs…
Il avait plu toute la matinée, et les souterrains du métro dissimulaient à la foule le ciel gris. Le jeune homme au corps fin se mouvait avec agilité, dans son jean délavé et sa veste longue qui laissait dépasser le col roulé d'un pull de laine grise ; Jaejoong se faufilait pour atteindre les bords du quai, des écouteurs collés à ses oreilles semblant le bercer dans le brouhaha. Il entra en premier dans le train, s'asseyant contre une vitre, qui ne donnait que sur le noir du tunnel étroit. A quelques mètres de là, un groupe de quatre jeunes hommes dépassant d'une bonne tête le reste de la masse de citadins avançaient d'un pas sûr, l'allure imposante, avant de passer les portes du train allant dans le sens inverse. Les deux jingles sonores annonçant la fermeture des portes automatiques s'unirent pour quelques secondes, avant que les deux serpents de métal ne fusent, s'éloignant à grande vitesse.
POV Jaejoong
Les lumières qui laissaient des trainées de couleurs dans l'obscurité du tunnel et le tressaillement constant que provoquaient les roues sur les rails m'endormaient presque, et j'éteignis mon baladeur, écoutant distraitement le son strident du train… Je ne pouvais effacer de mes pensées cet instant. Les images, et les paroles jaillissaient à tout moment de ma mémoire, et plus le temps passait, plus cela devenait une obsession. Quelle n'avait était ma surprise quand, alors que les cours de l'après-midi commençaient, il était apparu dans l'encadrement de la porte. Ma bouche devait s'être ouverte sans que je ne m'en aperçoive, car je le vis sourire moqueusement quand il posa son regard sur moi. Le professeur, un vieil homme réputé pour son caractère particulièrement sadique, s'était exclamé alors que l'un des quatre inconnus que je venais de « rencontrer » faisait un pas dans la salle de cours en tendant son billet :
- M. Kim Junsu ! Nous ne vous attendions plus !....
Puis, après un silence, le temps de lire le petit bout de papier :
- J'espère que votre grand-mère va mieux ! Quel prévenance de votre part, la veiller toute la journée hier et ce matin !...
Le sarcasme dans la voix de l'enseignant face au mensonge évident me fit me crisper, une légère nausée m'envahissant. Le jeune homme au visage marqué par un calme à toute épreuve écarta vivement de sa main les mèches de sa frange rougeoyante, pour lancer un regard inexpressif à l'homme, avant de s'avancer dans les rangées :
- Non, elle ne va pas spécialement mieux. Mais c'est au tour de ma mère de prendre le relais.
La voix innocente laissait clairement entrevoir l'once de provocation qui y résidait, et je le suivis des yeux, une certitude naissant au fond de moi, si vive, et ravivée par la suite, plus tard, quand quelques éléments d'informations me parvinrent, qu'elle en devint presque douloureuse. Junsu s'assit au dernier rang, au troisième bureau en partant du mur.
Le reste des cours m'avait parut une éternité, le temps semblait s'être arrêté. J'avais beau fixer l'horloge, les aiguilles effectuaient leurs rondes saccadées avec lenteur, et les questions emplissant mon esprit n'arrangeait en rien mon manque de concentration… Je pouvais sentir son regard dans mon dos, et dire que j'étais mal à l'aise est probablement un euphémisme…
Je soupirai, reportant mon attention sur le reste du wagon, fixant les passagers immobiles sans les voir. J'avais du passer deux heures à recopier les leçons sur les notes de Min Soo et d'Heon Hin, le soir même…
Le souvenir de la veille me revint en mémoire, alors que je me levai pour sortir au prochain arrêt, tanguant légèrement sous les turbulences du transport en commun.
FLASH-BACK
Le lendemain de ma première rencontre avec ceux qui allaient devenir les personnes les plus importantes de ma vie, je me rendais au réfectoire avec mes trois nouveaux amis, et un petit groupe de filles et autres garçons de la classe. Nous asseyant à une longue table après nous être servis, j'entendis une exclamation qui me fit lever la tête vers Yong Sun. Celui-ci regardait une table à quelques mètres de nous :
- C'est rare de les voir manger au réfectoire, ceux-là !
Heon Hin lui administra une tape sur la visière de sa casquette, lui chuchotant qu'ils allaient l'entendre, tandis que Seung Hun enchainant d'une voix désabusée :
- C'est rare de les voir au lycée tout court, tu veux dire.
Les sourcils froncés, je pivotais légèrement sur ma gauche, cherchant des yeux ce qui pouvait provoquait cette agitation, et mes doigts se crispèrent sur mes baguettes.
Ils étaient là, assis autour d'une table ronde, et les voir présent dans ce lieu si scolaire, dans leur uniforme strict me parut sur l'instant si étrange, si décalé, que je me demandai si je ne rêvais pas. Le plus grand et jeune d'entre eux mangeait avec appétit son plat du jour, sous les sourires de Junsu à côté de lui. Je ne voyais pas l'un d'eux, qui était de dos, mais mon cœur fit un bon quand je vis le profil du dernier, du côté opposé de Junsu, c'est-à-dire en face de moi… Ses cheveux bruns aux nuances noisette cachaient presque ses yeux en une frange qu'il n'arborait pas la veille, mais qui lui allait tout autant. Son visage toujours aussi sérieux était néanmoins éclairé par un petit sourire, alors qu'il portait ses baguettes à ses lèvres, levant les yeux…Et croisant les miens. Le temps sembla s'arrêter. Avant qu'il ne reporte son attention sur ses amis, riant à la remarque de celui que je ne voyais pas. Je portai discrètement ma main à ma poitrine, sentant contre ma paume les battements frénétiques de mon cœur. Me penchant vers Yong Sun, je lui demandais en murmurant, quelques mèches de mes cheveux obscurcissant partiellement ma vue :
- Qui sont-ils ?
- Ha oui, c'est vrai que tu ne peux pas les connaître. Ils sont toujours fourrés ensembles, ces quatre-là, inséparables !... Ils sont arrivés en début Février cette année, juste avant la fin de l'année scolaire. C'était vraiment bizarre… Depuis, il y a bien quelques bandes qui ont essayé de les approcher, de leur proposer d'intégrer le club de sport, d'ailleurs ils sont plutôt doués en sport, mais ils ont rarement accepté. Des filles passent leur temps à tenter de les aborder, elles ont toutes essuyé refus sur refus, et sont reparties en larmes… Elles les idolâtres comme des divinités, pour la plupart. Mais plus personne n'osent les approcher maintenant, on a tous compris que ça ne servait à rien…
Min Soo prit à son tour la parole, coupant presque son ami qui fit une moue de réprobation :
- Ils se mettent à l'écart, mais sont aussi mis à l'écart par le reste du lycée. C'est compliqué… Il y a beaucoup de gens qui ne les apprécient pas, par jalousie peut être, mais ce n'est pas le plus important. Je te conseille de rester loin d'eux… Ils ne viennent presque jamais au lycée, et quand ils sont là, c'est pour rester cloitrés entre eux, réfugiés sur le toit de l'aile est de l'école. Malgré cela, ils n'ont jamais échoué à un seul examen, et ont rarement des notes inférieures à 9O… Tu l'a bien vu hier, même les professeurs ne les impressionnent pas, et les laissent faire ce qu'ils veulent… Mais Junsu n'est pas le pire, c'est une chance que ce soit lui qui soit dans notre classe.
J'avais la gorge horriblement nouée. Pire ?... Pourquoi serait-ils pire ?... Junsu avait l'air plutôt sympathique, comme les autres. Ces discours négatifs ma tailladaient de l'intérieur, embrouillant mes pensées. Etait-ce ce que tout le monde pensait d'eux ? Est-ce qu'eux, savaient ce qui était dit sur eux ? J'espérais de tout cœur que non, ressentant une infinie tristesse en les imaginant blasphémés et mis à l'écart… La voix de Heon Hin éclata dans le silence qui s'était appesantit dans le coin de notre table, le reste du groupe discutant joyeusement :
- Tu dis ça, Min, mais toi aussi tu les admire, et pas qu'un peu !...
- Bien sûr, comment voudrais-tu faire autrement ? Tout le monde les admire !... Mais merde, ils sont pas humain, à avoir ce petit quelque chose de fascinant qui glace tout le monde !...
Je baissai la tête, l'appétit coupé. Des sentiments contradictoires m'étreignaient, entre l'envie d'en savoir plus, mais le dégoût d'entendre de telles choses… La jeune fille assise en face de moi, repoussa son assiette et m'interpella, un sourire aux lèvres :
- Jaejoong ! Yong Sun ne t'a pas tout dit à propos d'eux. Tu semble être intéressé, et c'est normal, tu es nouveau dans ce lycée. Tu vois, au départ ils y en a deux autres avec eux, Junho, le frère jumeau de celui qui est dans notre classe, et sa petite amie, Sai Wa. Tout deux de la même trempe que leurs amis !... Mais ils sont partis en Angleterre pour six mois. C'est monnaie courante dans notre lycée, on accueille beaucoup d'élèves étrangers, et beaucoup d'ici partent dans des écoles d'autres pays, tu as dû le remarquer…Je ne peux pas m'empêcher de penser que vous feriez un couple magnifique, Sai Wa et toi, vous possédez tout les deux une telle beauté froide, comme de l'ivoire dans une plaine de neige, couverte de plumes noir corbeaux…
Heon Hin ne me regardait plus qu'avec des yeux songeurs et un sourire distrait, jouant avec une de ses nattes arrivant à ses épaules.
- Tu me trouve froid ?
- Ne le prend pas mal, Jaejoong, mais c'est la première impression que tu donne. Enfin, quand on te connait mieux, tu es beaucoup plus…chaleureux. Mais c'est vrai que j'ai longuement hésité à t'aborder…
Young Sun m'adressa un sourire désolé, avant de s'attaquer à son entrée, me laissant seul avec mes pensées, et ces nouvelles pour le moins troublantes. Jetant frénétiquement des regards vers la table des quatre jeunes hommes, et plus particulièrement sur celui qui semblait être le leader du petit groupe polémique, je pris la ferme décision de me rapprocher d'eux. Je ne pouvais plus envisager ma vie sans faire partie d'eux, par tous les moyens. Et alors que, buvant distraitement mon verre d'eau glacée, j'ancrai à nouveau mon regard dans ses yeux aux pigments chocolatés et au message indéchiffrable, un sentiment de sécurité se fondit en moi, se diffusant dans tout mon être, comme l'eau froide coulait à l'intérieur de ma gorge.
FIN FASH-BACK
Les portes s'ouvrirent en un glissement feutré, et je fendis la foule qui attendait devant, prête à bondir après le dernier passager sortie. Remettant mes écouteurs, avant d'emprunter un escalator pour sortir de la station, je fus surpris de voir qu'il ne pleuvait plus et que le soleil même perçait le ciel gris de nuages. Une douce chaleur m'étreignit quand je mis un pied sur le trottoir. Le temps serait doux aujourd'hui, après tout, l'hiver n'était pas encore là…
POV Yunho
Cela faisait quelques minutes que nous marchions le long de cette rue marchande, et le nombre important de passants ne nous facilitait pas la tâche. Les trois hommes marchaient à vive allure quelques mètres devant nous, bousculant par moment ménagères encombrées et hommes d'affaires pressés. Je les avais tout de suite remarqué en entrant dans le métro, et les avaient montrés à Junsu d'un signe de tête. Mon ami m'avait répondu affirmativement d'un regard, et la filature avait commencé, alors que Changmin et Yoochun partaient de leur côté.
Les rayons du soleil réchauffait mon visage, et j'eu envie d'enlever ma veste qui me gênait pour marcher, alors que nous ralentissions la cadence pour rester à distance de l'objet de notre attention. Soudain, Junsu tourna son visage vers moi, ses yeux bridés si expressifs me dévisageant :
- Alors, que penses-tu de ce nouvel élève?
Gardant un air impassible, je marmonnais, concentré sur la tâche que nous avions à accomplir :
- Pourquoi est-ce que tu me demande ça ?
- Pour rien… Tu avais l'air de t'y intéresser, ce qui est plutôt rare…
- Il a débarqué sur notre toit comme ça, il y avait de quoi être étonné et intrigué !...
- Je ne parlais pas de ça, mais d'hier, au réfectoire. J'ai bien vu tout les regards en coin que tu lui jetais…Tu le dévorais plus des yeux que tu ne mangeais ton repas. Et si tu veux mon avis, il s'adonnait au même manège.
Je stoppai quelques secondes mes pas, irrité par les propos de ce petit sournois et le rire présent dans sa voix.
- Arrêtes, je ne vois pas de quoi tu veux parler…
Puis, après une minute de silence pendant laquelle nous marchions, plongés dans nos pensées respectives :
- Tu es dans sa classe, non ? Tu sais comment il s'appelle ?
J'avais parlé d'une voix nonchalante, mais je regrettai d'être allé si loin, en voyant les yeux de mon ami qui me fixa un long moment, un amusement attendris se lisant sur chaque trait de son visage :
- Oui, je sais comment il s'appelle. Mais je ne te le dirais pas. J'attends que tu le lui demande toi-même.
Ma voix grondante s'éleva alors :
- Junsu…
Mais je n'eu pas le temps d'aller plus loin dans ma menace, car les trois jeunes hommes que je fixais toujours accéléraient, et nous les imitâmes. Tous les trois marchaient rapidement, leurs vêtements amples mais plutôt à la mode semblaient usés et mis depuis plusieurs jours, et une fine pellicule de sueur recouvrait leur front et leur nuque. Quelques personnes s'écartaient d'eux même de leur chemin, probablement inquiet de leur air peu commode, et je remarquai que l'un d'entre eux tremblait convulsivement… Secouant légèrement la tête en fermant les yeux, je fus tiré de mes pensées par l'exclamation de mon ami :
- U-Know !...
Ils venaient de tourner dans une ruelle sombre, dans laquelle nous les suivîmes, avant d'entrer dans un bar à l'enseigne en néon toujours allumée, mais dont la lumière tressautait faiblement. L'intérieur du commerce était calme et presque vide, néanmoins, les trois individus, après un signe de la main du barman, empruntèrent une porte dans le fond de la pièce qui débouchait sur un escalier, d'où filtraient un son assourdissant, mêlés de musique et de cris, de bruits de verres brisés. Nous descendîmes à leur suite, restant suffisamment à distance pour ne pas se faire remarquer, même si la probabilité que ce fut le cas était faible. La pièce sous-terraine était bondée de monde, corps sombres s'agitant au rythme de la musique, l'odeur d'alcool, mêlée aux effluves de différents tabacs douteux qui emplissaient la pièce obscurs de volutes de fumée enivrantes, était plus forte que toute autre odeur. … Je fronçai des sourcils, un homme couvert de tatouage, debout près d'un groupe de personnes bruyantes en bas des escaliers, venait de glisser dans la main d'un des trois individus un minuscule sachet opaque semblant contenir de la poudre, et au dernier qui fermait la marche, un paquet semblant contenir des objets, du matériel en fer et en plastique, l'obscurité et la distance m'empêchait de voir précisément, même si je me doutais de ce que les deux sacs devaient contenir.
Toujours filant les trois hommes qui s'arrêtèrent quelques fois pour saluer d'autres personnes assises à des tables ou encore interpeller quelques filles alanguis, nous fendîmes la masse agitées et en sueur qui se mouvait comme sous l'emprise de drogues délictueuses et étourdissantes. Je ne m'étonnai pas de trouver ce lieu en plein cœur de la ville. Les gens dont la vie n'était plus qu'une longue agonie, sans aucun intérêt, se réunissaient dans ce genre d'endroit pour s'évader, par tous les moyens possibles
Personne ne se retournait sur notre passage, nous étions invisibles à leur yeux aveuglés. Je me retournai à temps pour voir Junsu s'emparer au passage d'un verre sur le plateau d'un serveur à la chemise blanche sans manches et aux lunettes noirs, et s'apprêter à le porter à ses lèvres avec un petit sourire. Je déclarai d'une voix forte et autoritaire, avant que le bord du récipient n'atteigne sa bouche :
- Junsu !...
Mon ami leva des yeux suppliant vers moi, mais mon regard significatif était sans appel, et il obéit avec une moue boudeuse, posant le verre d'alcool à l'odeur aigue me faisant me demander quelles boissons encore plus fortes y avaient été ajoutées, sur la table d'un homme. Celui-ci le saisit alors d'un geste saccadé, sans être surpris le moins du monde ni sans se demander comment ce verre avait atterris là et il le vida intégralement avant de le reposer parmi les six autres verres qui se trouvaient déjà devant lui. Je pris un air réprobateur à l'attention de mon camarade, qui haussa des épaules, un regard tout aussi désolé qu'amusé en réponse.
- Estime-toi heureux si ce gars ne tombe pas dans un coma éthylique par ta faute. Ce serait tout de même un comble…
Junsu émit un rire discret, et il me suivit, alors que je soupirai en reprenant notre chemin, cherchant des yeux les trois individus qui entraient maintenant dans un couloir sombre au fond de la pièce, deux d'entre eux soutenait presque le troisième qui tremblait maintenant de manière incontrôlée, les yeux vides de toute expression à part celle du manque insupportable qui peignait ses prunelles d'une folie délirante.
Quelques secondes plus tard, je marquai un temps d'hésitation en arrivant devant l'entrée des toilettes dans lesquels venaient de pénétrer les trois jeunes hommes. L'odeur était insoutenable, l'humidité suintait de partout, et la glace au dessus des lavabos recouverts de crasse était couverte de poussière et d'autres substances que je ne préférais pas connaitre. Une ouverture au fond donnait sur les toilettes à proprement parler, et j'échangeais un regard avec Junsu :
- U-know… Tu ne peux pas y aller tout seul ?
- Xiah… Tu sais bien que non. …Xiah… Tu en as vu bien d'autres, et des pires !...
- Je suis fatigué, Yunho.
Le jeune homme en face de moi baissa la tête en soupirant, dissimulant son visage derrière la barrière de sa frange aux reflets d'un pourpre éclatant, et je posais une main sur son épaule :
- Je sais bien. Mais il le faut. Ne t'inquiète pas, ce sera la dernière fois aujourd'hui, je te le promets.
Mon ami m'adressa un sourire soulagé, même s'il ne croyait pas vraiment à me paroles, et à juste titre. Il me retint soudain par la manche alors que je m'apprêtais à rentrer dans la pièce aux cabines glauques :
- Yunho… Ne prêtes pas trop d'attention à ce garçon. Il est nouveau et je sais qu'il te plait, mais il y en a eu d'autres avant lui, et il y en aura d'autre après. Je te connais.
Je dévisageai Junsu en silence, ne comprenant pas tout de suite de qui il voulait parler, et ma voix étrangement calme alors que ma gorge était nouée s'éleva sans que je ne m'en rende compte, avant que je ne disparaisse dans ces lieux d'aisances repoussants :
- Non, Junsu. Je crois qu'il est le seul...
A des centaines de kilomètres de là, le lendemain matin, la sœur ainée de Jaejoong lisait tranquillement le journal qu'elle achetait tous les jours, en buvant un thé dans la cuisine familiale du restaurant. Journal de la ville où habitait dorénavant son petit frère, pour s'informer du quotidien qu'il vivait mais aussi et surtout par habitude, après y avoir vécut de nombreuses années.
En première page, au bas d'une petite colonne dans un coin, on pouvait lire la trouvaille funeste mais au combien banale de deux jeune hommes morts d'une overdose, alors que tous deux ainsi qu'un troisième individu, arrêté par la police et qui aurait été à l'origine du signalement, prenaient des drogues dures par usage de seringues dans les toilettes d'un bar à l'activité illicite.
[ FIN DU CHAPITRE III ]
