Thème : Feu de cheminée

Personnages : Angleterre (Arthur Kirkland), Canada (Matthew Williams) et France (Francis Bonnefoy). Il n'y a pas America, donc ce n'est pas complètement du FACE family.

Rating : K+

Disclaimers : Hétalia appartient à Hidekaz Himaruya

Nombre de mots : 723 mots

Note : Je vous ai mis la traduction des phrases anglaises juste à côté.

Le feu crépitait dans la cheminée, chatoyait de milles nuances chaleureuses et les gratifiait d'une température agréable propice à l'endormissement.

Arthur s'était glissé dans le canapé sous une couverture avec le petit Canada contre lui en ce début de soirée pour lui raconter une histoire anglaise avant de dormir. Après leur longue journée sur les quais, l'enfant l'avait écouté de moins en moins attentivement en sombrant dans une bienfaisante léthargie. Le corps léger de Matthew reposait sur son flanc avec douceur, ses mignonnes mains s'étaient fermées sur sa chemise pour l'agripper. Il bavait légèrement sur ses vêtements, et sa respiration lente entraînait l'adulte vers l'engourdissement.

Quand Arthur était présent sur les terres de ses colonies, il préférait s'occuper de leurs représentants physiques autant qu'il le pouvait plutôt que de les laisser à leurs nourrices habituelles. Il aimait ces jeunes nations qu'il considérait comme ses propres enfants. L'éloignement entre leurs contrées lui déplaisait fortement mais il préférait savoir ses petits chez eux auprès de domestiques choisis par ses bons soins plutôt qu'éduqué par son aristocratie à Londres.

Il serait peut-être temps de bouger pour mettre délicatement Matthew au lit plutôt que de se laisser gagner par cette torpeur tentante après une dure journée. Arthur embrassa les cheveux bouclés du plus jeune, puis il se redressa légèrement. Matthew serra les poings inconsciemment puis il marmonna dans son sommeil. L'anglais fit plus attention en enveloppant bien l'enfant dans les couvertures pour ne pas le réveiller.

« Papa », gémit Canada.

En français. Il n'avait pas dit Daddy. Non. Papa.

Arthur rapprocha Matthew de son corps comme pour éviter qu'il ne lui échappe tout en s'asseyant droit. Il détestait entendre la langue honnie de son rival depuis des siècles. L'entendre dans la bouche de l'une des précieuses colonies l'énervait énormément surtout qu'il ne se méprenait pas sur le véritable sens du mot.

Canada avait appartenu à Francis auparavant, et suffisamment longtemps pour qu'il en soit marqué. Quand Matthew parlait de son papa, il ne fallait pas se méprendre, c'était bien de Francis dont il était question. Et quand il disait Daddy, il faisait référence à Arthur.

Arthur n'aimait pas être ainsi associé à Francis dans les repères familiaux de sa colonie tout comme il n'appréciait pas que le petit parle couramment le français et l'anglais.

Les autres nations avaient largement de quoi jaser à ce propos.

« Papa, où es-tu ? »

En se levant, il avait de nouveau bougé Matthew ce qui avait été suffisant pour le faire parler à nouveau. La culpabilité s'infiltra en Arthur, il avait interdit à ce maudit frog de tourner autour de Canada. Il connaissait son rival, il était un vautour qui n'hésiterait pas à charmer le petit pour le récupérer. La peine de l'enfant à ne plus revoir son ancienne métropole lui donnait l'impression d'être un monstre sans cœur. Tout comme la tristesse de Francis quand il apercevait de loin Canada le dérangeait.

« Daddy, marmonna Matthew les yeux dans le vague.

- I'm here. Everything's alright. You're going to bed. Sleep. (Je suis là, tout va bien, je te mets au lit. Dors.)

- Papa me manque. »

La présence généreuse du feu de cheminée les abandonna alors qu'il passait dans les couloirs de la maison.

Frissonnant de froid, Arthur restait toujours autant indécis sur quoi faire. Ce qu'il craignait, c'était une nouvelle guerre entre lui et Francis sur les terres du Canada s'il laissait trop de lest à son rival. Et s'il cachait Matthew indéfiniment, le résultat serait le même sauf que Matthew en serait plus malheureux.

Il détestait parler de ce genre de chose avec France. Organiser une entrevue entre eux puis une visite de Francis au Canada en sa présence. Pas question de les laisser seuls tous les deux.

« Daddy.

- I'll do my best for a meeting with Monsieur Bonnefoy. (Je ferais de mon mieux pour une entrevue avec Monsieur Bonnefoy).

- Thanks." (Merci beaucoup)

Heureux, le petit se rendormit dans ses bras. Arthur s'engouffra dans la chambre de l'enfant où il faisait bien plus chaud que dans les corridors grâce à l'âtre de cheminée rougeoyant. Il déposa doucement Matthew dans les couvertures réchauffées par une bouilloire en l'embrassant sur le front.

Il se sentait beaucoup plus serein à présent même s'il devrait affronter les railleries de son rival pour le bien être de Matthew.

Un feu de satisfaction personnelle l'étreignait quant à sa décision alors qu'il jetait un dernier regard sur la silhouette endormie en fermant la porte.