Un grand merci aux revieweuses nissa31, soleil83 et indosyl : je sais qu'il y a beaucoup de zones d'ombres mais tout viendra à point nommé, encore un peu de patience !


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« Je peux très bien revenir après, ça va pas me prendre toute l'après midi de la récupérer ! »

« Si je t'ai dis que tu pouvais prendre tout ton après midi c'est que ça dérange pas ! C'est pas comme si on allait être ultra débordés, on peut très bien se débrouiller à deux tu l'sais ! T'auras qu'à en profiter pour te reposer un peu, ça te feras du bien. »

Assise sur le siège passager je bougonne. « T'es vraiment chiante Rose ! »

« Normalement tu devrais dire quelque chose comme : « merci Rose t'es vraiment trop sympa comme patronne ! » Mais bon je sais que j'aurai pas mieux venant de toi ! »

Son ton moqueur m'enrageait un peu plus, je tourne la tête vers la vitre et continue de bouder.

En silence je laisse madame je-suis-vraiment-trop-sympa me conduire jusqu'au garage de son cher mari après m'avoir « ordonné » de ne pas retourner au travail de la journée. Tout ça en ayant aussi joué les chauffeurs pour moi et ma fille dans la matinée.

Mais à par ça, tout va pour le mieux !

Elle ne se rend pas compte, enfin si mais elle s'en fout, qu'elle a tendance parfois a trop me materner. Rose est le genre de personne à prendre particulièrement soin de son entourage mais me concernant elle s'inquiète beaucoup trop.

Sûrement dû de la différence d'âge.

« Arrête de faire ton boudin Bella, tu dramatises ! »

« Je dramatise pas, c'est juste que sa m'énerve que tu sois aussi cool avec moi ! Tu dois savoir faire la différence entre patronne et amie. »

« C'est vrai que quelques fois j'me comporte plus comme une amie mais tu oublis que toi aussi parfois tu fais la même chose. Dis-toi que ces heures de libre que j'te donne ne sont rien comparé à toutes les heures sup' que tu as fais pour m'aider et à tous les congés que tu n'as pas pris. J'te le dirais jamais assez mais tu travailles trop alors ne pinaille pas pour ça ! »

Je souffle. « Ouais… Mais bon c'est plus toi qui me viens en aide que l'inverse la plupart du temps, et puis tu sais que j'aime me débrouiller toute seule. »

« On a parfois besoin d'un coup d'main ma belle ! »

Je la laisse avoir le dernier mot, pour cette fois, et n'ajoute plus rien jusqu'à notre arrivée.

Je garde dans un coin de ma tête les évènements d'hier soir. Peut-être que Charlie me rappellera dans la soirée pour me dire ce qu'il en est. En attendant, j'ai décidé de ne pas en parler à Rosalie et de me concentrer sur d'autres choses qui méritent davantage mon attention aujourd'hui.

Comme mon cher bolide !

Le garage, aux allures de petit entrepôt, se trouve à l'entrée de la Push, la réserve indienne située à la sortie de la ville.

Après avoir salué, et encore une fois remercié Rose, je me dirige vers l'entrée.

Ce sont les bruits de machines et d'outils s'entrechoquant qui m'accueillent, je salue un des mécaniciens au comptoir de l'entrée.

« Vous êtes l'amie de Rosalie ? Ben se trouve au fond, avec votre voiture. »

Dans le bruit je distingue à peine sa voix, j'acquiesce de la tête pour le remercier et continue mon chemin.

J'aperçois Sam Uley dans un coin du garage discutant avec un homme, certainement un client, puis je passe à côté de deux jambes dépassant d'une voiture.

J'arrive ensuite vers mon 4x4 et bizarrement je suis soulagée de le retrouver tel quel, je ne sais pas pourquoi l'idée de le retrouver complètement transformé m'a traversé l'esprit.

A une époque j'ai trop regardé Pimp my ride* !

En même temps vu l'amour fou que porte Emmett pour ma voiture j'ai de quoi m'inquiéter, il est capable de toutes les âneries possibles.

Stoppant mon petit délire intérieur je rejoins Emmett qui est accompagné d'un de ses collègues, le gars sympa d'hier.

Ils me remarquent et viennent à ma rencontre.

Em' me fait la bise et je salue son ami « Alors Bella, la forme ? »

Je lui souris « Ouais ça peut aller. Mais ça ira mieux quand j'aurai récupérer ma voiture. »

« Toi et ta voiture… Sinon Leah va bien ? Ca fait un bout de temps que je l'ai pas vu la crevette ! »

Mon sourire s'élargit « Elle va bien, toujours dans son p'tit monde. »

« Tu lui feras un gros bisou d'ma part quand tu la verras ce soir ! Bon sinon, parlons sérieusement… »

Son ton faussement sérieux me fit lever les yeux au ciel.

Je l'imite. « Alors ? Est-elle sortie d'affaire ? »

« Hum oui, si on peut appeler ça une affaire… » Il se tourne vers son ami qui jusque là suivait notre échange en silence. « C'est pas moi qui me suis occupé de ta caisse mais apparemment ça à l'air de rouler ! »

Nous regardons Emmett d'une mine un peu consternée face à son jeu de mots plus que douteux.

Son ami, dont je ne sais pas encore le nom, prend ensuite la parole. « Oui. Hum, déjà je t'ai équipé de pneus neige, y'en avait vraiment besoin ! Et j'ai changé 2,3 pièces du moteur qui étaient vraiment trop usées, j'ai remis un peu d'huile aussi. Voilà. C'est vrai qu'il aurait fallu changer plus de choses vu l'ancienneté du modèle mais Emmett m'a dit que tu voulais qu'on touche seulement à ce qui est vraiment urgent. »

Intérieurement je remerciais Emmett pour m'avoir écouté. Mon porte-monnaie va suffisamment en pâtir comme ça…

« Merci beaucoup. Tant qu'elle peut rouler c'est ce qui compte. »

Il me sourit.

« De toute façon ça sert à rien de gaspiller ton argent pour un engin qui a plus sa place dans un musée de l'automobile ! »

« Em', la ferme ! »

Il se vexe alors que son collègue se met à rire.

« Pff ! Je dis ça pour toi Bella, tu préférais pas une belle petite voiture toute mignonne. »

« Et bien quand mes finances iront mieux peut-être… De toute façon je préfère les grosses voitures aux p'tites voiturettes pour filles ! »

Cette fois ci ce sont les deux qui s'esclaffent.

Emmett m'attrape par les épaules. « Ah Bella, j'savais que t'allais sortir les griffes ! »

« Quand tu sors tes répliques de mécanicien macho oui ! »

« Mais tu sais qu'je rigole ma belle ! » Il me conduit jusqu'à la voiture. « Bon ! Allons voir si mes gars méritent leur salaire ! »

Je monte dans la voiture et après la deuxième tentative elle démarre, habituellement il m'en aurait fallu plusieurs autres. J'avance doucement jusqu'à la sortie, même si la différence n'est pas flagrante le moteur est un peu moins bruyant et j'ai plus de facilité à la faire avancer.

Je me gare devant l'entrée et sors les rejoindre.

Son ami me questionne. « Alors ? »

Je le rassure. « Ca va mieux qu'avant. »

« Si t'as encore des problèmes hésite pas à appeler. »

« Merci, mais j'pense que ça ira. »

Je me tourne vers Emmett qui l'observe d'une lueur étrange. « Alors, combien ça va me coûter tout ça ? Si ça n'te dérange pas je te paie une partie maintenant et l'autre un peu plus tard. »

A la fin de ma phrase il reprend une expression neutre et me regarde. « J'te l'ai dis hier, t'occupe pas de ça, cadeau d'la maison ! »

Je m'y attendais à celle-là !

« J'veux pas entendre tes conneries de « cadeau d'la maison », tu me dis ce que je dois payer point ! En plus c'est même pas toi qui as bossé dessus, j'ai fait perdre du temps à ton salarié qui avait certainement beaucoup de travail en plus de ça ! »

Décidemment lui et sa femme ont décidé de me rendre dingue !

Sur un ton nettement plus léger que le mien il s'adresse à l'intéressé. « Ca te dérange si je lui offre la réparation ? »

Je le regarde en espérant qu'il proteste mais d'un air aussi détaché que son supérieur il secoue la tête.

« Tu vois ! En plus c'était pas des grosses réparations, t'inquiète ! »

Comme si j'allais encore une fois me laisser faire !

Je m'avance vers lui, l'expression de son visage change radicalement à la vue de la mienne pleine de colère contenue.

« Ecoute moi bien Emmett McCarthy, je ne rigole pas ! Tu me donnes la facture sinon ce ne sont pas les griffes que je vais sortir cette fois ! J'peux accepter que ta femme et toi m'aidiez de temps en temps mais là non ! »

Il faut qu'ils comprennent qu'il y a certaines choses que je ne peux pas accepter.

Pendant au moins une bonne dizaine de secondes je continue à le fixer sans ciller dans le but qu'il comprenne.

Et enfin il cède, de toute façon il n'a pas le choix. « Ok… » Il soupire. « Tu peux partir, je t'enverrais la facture par mail, je l'ai pas encore préparée. »

Je regarde son collègue qui me fixe étrangement, ma colère est peut-être exagérée mais honnêtement je m'en fiche !

Je ne peux d'ailleurs pas m'empêcher de lui en vouloir aussi. On ne se connait pas et il veut m'offrir ses services gratuitement !

« Bon, j'vais vous laisser travailler. Merci encore et n'oublis pas la facture. »

Ils me disent au revoir et je prends la route avec ma Chevrolet nouvellement rafraîchie.

Il est à peine 14h30, je serais bien retournée au restaurant mais j'ai mon compte d'affrontements pour la journée.

Habituellement je laisse Leah à la garderie après l'école jusqu'à 17h30 mais là je passerais la prendre à 15h30, il me reste donc 1h.

Après quelques minutes de réflexion je décide de me rendre au supermarché faire quelques courses, autant profiter de mon temps libre.

Ca ne me prend qu'une demi-heure pour faire le tour du magasin, je rentre ensuite afin ranger mes courses avant de me rendre à l'école.

J'arrive devant l'entrée environ un quart d'heure avant la sonnerie. Le nombre de fois où j'ai pu venir chercher Leah à cette heure se compte avec les doigts d'une main. Je suis finalement ravie que Rosalie m'ait donné mon aprèm'.

Devant la porte je ne suis pas la seule à attendre, il y a déjà de nombreux parents et, chanceuse comme je suis, je vois ces chères Jessica et Lauren entourées d'autres mères.

Je détourne mon regard mais je sens les leurs me brûler désagréablement ainsi que leurs messes soit disant « basses » me parasiter les oreilles.

Je n'ai pas besoin de les écouter pour connaître leur sujet de conversation, sujet qui me concerne évidemment.

« Swan vient chercher sa fille plus tôt ! » « Qu'est-ce qui lui arrive ? Elle s'est faite renvoyée ? » « Non, Rosalie a trop pitié d'elle pour faire ça ! » « Peut-être qu'elle a simplement décidé d'être une bonne mère ! »

J'imagine leur conversation, si passionnante, sans problème.

C'est navrant de voir qu'au fil des années leurs vies ne sont pas devenues suffisamment intéressantes pour ne plus se soucier de la mienne.

J'ai appris avec le temps à être insensible à leur attitude, mais cela me met tout de même mal à l'aise parfois. C'est le cas aujourd'hui.

Avec soulagement j'entends la sonnerie retentir, je m'en vais donc améliorer mon humeur, et par la même occasion ma journée.

Et ça ne manque pas, après avoir saluée Jane, aussi surprise, mais je le sais agréablement, de me voir, je vois ma puce s'avancer vers moi. Mon visage se barre automatiquement d'un grand sourire. Il n'y a qu'elle qui peut me faire sourire ainsi.

« Maman, t'es déjà là ! » Elle sort de la classe et sautille vers moi.

« Oui mais si tu veux je repars ! »

Elle sert ma taille de ses bras et enfouit son visage contre mon ventre. « Non ! C'est bien, comme ça y fera pas trop nuit pour jouer dans la neige ! »

Je ris doucement. « Alors c'est juste pour ça que tu es heureuse de me voir ! »

Jane se joint à mon rire. « Leah si tu veux jouer dans la neige il va falloir déjà que tu lâches maman et que tu te couvres ! »

Elle court aussitôt chercher ses affaires et en un rien de temps la voilà prête pour affronter le froid.

« Rosalie t'as lâché plus tôt c'est bien ! » Jane me parle d'un ton léger, sans trace d'arrière pensée ou de sous entendu.

« Oui, j'avais des trucs à régler dans la journée. »

« Vous allez pouvoir jouer dans la neige, hein Leah ? »

« Ouais ! »

Je me tourne vers ma fille dont le visage est à peine visible à cause de son bonnet et de son écharpe.

« Bon, Tu dis au revoir et tu souhaites un bon weekend à ta maîtresse, ma puce ? »

« Au revoir et bon weekend ! »

Jane s'avance pour l'embrasser. « Bon weekend Leah, amuses toi bien dans la neige ! Bon weekend à toi aussi Bella ! »

« Merci, toi aussi. A lundi ! »

Je quitte l'école avec Leah qui trépigne d'impatience.

Je me gare à ma place habituelle et nous nous rendons directement dans le parc proche de notre immeuble.

Leah aime y passer du temps même s'il n'est pas très grand et qu'il possède en tout et pour tout un vieux parc de jeux constitué d'un toboggan, de deux balançoires et d'un petit parcours d'escalade.

En même temps il ne faut pas en demander plus quand on vit dans le quartier très modeste, pour ne pas dire pauvre, de la ville.

Jusqu'à ce que la nuit ne tombe nous enchaînons les jeux en tout genre.

Leah veut d'abord construire un igloo, suffisamment grand pour que nous puissions y entrer. Je réfrène ses ambitions et nous réalisons quelque chose de plus modeste, et qui n'est malheureusement pas la réplique exacte d'un véritable igloo. Tant pis, la petite est tout de même contente.

Puis, possédées par la vague créatrice, nous créons une famille de bonshommes de neige. Elle décide de la faire à notre effigie, son grand père prend le rôle du père. Je l'aide à faire à un petit chien pour compléter notre famille, ce qui est nettement plus difficile à réaliser que sur feuille, et je l'empêche de faire don de son bonnet et de son écharpe au petit bonhomme la représentant.

Nous sommes fières du résultat, nos personnages à côté de leur maisonnette sont plutôt réussis.

Enfin, nous terminons bien sûr par une bataille de boule de neige. Je laisse d'abord Leah me bombarder puis décide de me venger et la jette, avec précaution évidemment, dans un tas encore immaculé de neige et lui sort mon arme ultime : les chatouilles !

Après cette lutte acharnée je m'allonge un instant à ces côtés pour admirer le ciel s'assombrir peu à peu. Je m'endors presque tant cela est reposant.

Avec ces longues et lassantes journées de travail cela me fait du bien de pouvoir passer du temps comme ça avec Leah. Jouer à des jeux et ne penser à rien d'autre qu'à ce que pourrait ressembler mon bonhomme de neige ou à bêtement représenter un « ange » sur le sol enneigé avec mon corps.

J'essaie au quotidien d'être le plus souvent possible présente pour elle mais j'ai parfois l'impression que ce n'est pas assez.

C'est trempées, épuisées mais d'humeur légère que nous rentrons nous réchauffer dans notre appartement.

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*Pour celles qui ne sont pas des MTV addicts (ce n'est pas non plus mon cas !) : Pimp my ride était une émission où des personnes avec des voitures dans un sale (très sale) état confiaient leur bijou à une équipe de super carrossiers qui la métamorphosaient (et pas qu'un peu).