Note : youhouuu ! merci à tous les reviewers ! Je suis contente de voir que la tournure de l'histoire vous plaît ! Merci pour tous vos gentils compliments. Ecrire c'est ma grande passion. Alors ça fait du bien de voir que c'est utile, et que ça plait à certain

Sur ce, ENJOY !

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Chapitre IV

Edward regardait son petit frère déballer leur valise et ranger méthodiquement leurs vêtements dans l'armoire de la chambre. Il réalisa soudain combien les cheveux de son frère avaient cette délicieuse couleur mielleuse, combien les doux gestes de ses bras élancés pouvaient traduire sa tendresse, et comment un simple regard venant de sa part pouvait faire fondre son cœur de métal.

Ed continua à l'observer, debout au milieu de la pièce, les lèvres légèrement pincées, et le regard morose.
Il fallait maintenant être honnête avec soi-même: il aimait son petit frère plus que tout au monde, et même un peu trop.
Il l'avait déjà dans le sang, et l'avait maintenant dans la peau.
oui, il était fou d'Alphonse…

Mais fou de lui à sa manière.
Fou de lui à sa façon.

Un bref sentiment de gêne envahit Edward à l'idée que ce qu'il pouvait ressentir à l'égard de son frère était immoral. Mais aussitôt cette désagréable sensation de culpabilité s'évanouit, car le jeune homme se fit la promesse de ne jamais, jamais, se sentir honteux de l'affection qu'il portait à son cadet. Si d'autres le jugeaient d'un mauvais œil, c'était leur problème. Alors, au Diable les codes de conduite et le sens moral ! Au Diable les qu'en-dira-t-on ! Il s'appelait Edward Elric, le Fullmetal Alchemist, et se moquait bien du regard des autres. Il aimerait Alphonse comme un fou s'il en avait l'envie.
Point barre. No comment. Passez, y'a rien à voir.

Le cadet acheva de ranger leurs livres d'Alchimie sur le rebord de la cheminée.
La valise semblait désormais vide.

Ainsi, songea tristement Edward, ils allaient rester dans cette étrange demeure.

Alphonse se sentit soudain observé. Il demanda alors, quelque peu intrigué:

- Hé, Ed, pourquoi tu ne dis rien ?

- …

- Je croyais que tu allais être plus optimiste à l'idée de te faire loger dans une si belle maison. … Je veux dire : on a eu de la chance, non ?

Edward aurait voulu répondre en criant « non ! », mais il s'en abstint. En réalité, l'idée de devoir partager le même toit que son sosie lui déplaisait beaucoup, mais comment l'avouer à Alphonse ?

Cela impliquerait de tout devoir lui révéler. Absolument tout.

Il décida donc de répondre:

- Je ne sais pas. Cet Edmund ne me semble pas très net. Alfons, lui par contre, était quelqu'un de bien. S'il a préféré s'éloigner de son frère, cela devait être pour une bonne raison…

Edward se surprit lui-même d'avoir trouver un aussi si bon mensonge comme justification à son scepticisme.

Alphonse referma les portes de la garde-robe avec un regard triste. S'imaginer perdre son grand frère le fit une nouvelle fois tressaillir. Edward s'en rendit compte. Il s'approcha, posa sa main sur l'épaule du jeune garçon, et lui dit :

- On en n'arrivera jamais là, t'en fait pas, Al.

- Je… Ed, je…

Les mots semblaient lui manquer. Ou était-ce la peur qui les lui enlevait ?

Il était clair qu'Alphonse portait lui aussi sur le cœur un secret bien trop lourd, et il n'osait pas le révéler à la personne en qui pourtant, il avait le plus confiance.

Cela ne pouvait qu'exprimer une chose ; ce secret concernait Edward lui-même.

- Ed… Si je te disais, qu'un jour, on allait se quitter, ça… Ça te fait quoi ?

Il y eut un petit moment de silence pesant. Enfin, reprenant ses esprits, l'aîné répondit :

- De la peine.

Alphonse alla s'asseoir sur le lit.

Tordant ses mains comme il en avait eu la manie dans le train, il continua à poser ses étranges questions:

- Pourtant, cela devra bien arriver un jour, n'est-ce-pas… ?

- Pourquoi tu dis ça ? s'affola Edward. On a le temps, te prends pas la tête !

- Le temps… ? Mais le temps de quoi ? Je… Je vis avec la peur perpétuelle de m'imaginer un jour sans toi…

Edward se tint debout face à son cadet et lui dit durement, dans l'espoir de le rassurer avec force :

- Mais qu'est ce que tu me chantes? C'est bon, Al ! Je suis encore avec toi pour l'instant. Et ça changera pas de si tôt ! Alors, quoi…? Qu'est-ce que tu te fends la tête à penser n'importe quoi?

- C'est… C'est que… Si ça ne tenait qu'à moi, Edward, je ne voudrais jamais te quitter. Non, jamais. Mais… Mais ça n'est pas une chose normale, n'est-ce-pas ?

- Mais arrête de te casser la tête, j'te dis! s'emporta Edward en s'asseyant à côté d'Alphonse sur le lit. C'est bon : on n'a pas 35 ans, non plus ! On peut encore vivre ensemble !

- Je sais, mais… Hn… Je voudrais ne jamais, jamais te quitter.

Alphonse baissa les yeux et rougit. Edward passa un bras derrière son cou et l'attira vers lui pour l'embrasser sur le front.

- C'est rien, Al. Moi aussi je me sens paumé parfois. Essaye d'oublier l'avenir. Ce qui importe, c'est le présent. On est à deux, et c'est ça qui compte.

Alphonse répondit à l'étreinte de son frère en se serrant fortement contre son torse, la respiration étrangement sonore. Son souffle se perdit dans le cou d'Edward.
Ce dernier fut alors parcouru d'un étrange frisson de bien-être, et il ne put refreiner l'envie d'enfouir son visage dans la chevelure de son cadet.

Il aurait voulu l'embrasser une nouvelle fois, assis sur ce grand matelas, dans l'intimité d'une chambre froide, en se foutant de l'Enfer comme du Paradis.
Et l'embrasser encore et encore.
Et lui promettre de le suivre jusqu'à la fin.
Et lui avouer tout ce qu'il lui pesait sur la conscience.
Puis l'emmener loin de ce monde, ailleurs.
S'enfermer dans leur cœur, tirer leurs rideaux, condamner les fenêtres, et se fondre à jamais sous des draps blancs, réfugiés dans les bras l'un de l'autre, savourant le doux sommeil léthargique d'une aube sans fin. Seuls. Ensemble. A deux, et à jamais.

Seulement, Alphonse se retira de son étreinte, se leva les joues en feu et le regard brumeux, puis disparut par la porte de la salle-de-bain.

Edward fixa tristement le parquet.

Oh, Dieu… Pourquoi la vie ne pouvait-elle pas être plus simple ?

§

De son côté, Envy se relevait d'une partie de débauche des plus agréables. Le fin corps musclé d'Edmund, encore allongé sur le lit, luisait de l'effort qu'ils venaient ensemble de fournir.

Un effort délicieux. Edmund n'en revenait toujours pas : Gosh ! Comment Envy pouvait être aussi bon à ce jeu-là ?

L'homonculus se rhabillait tranquillement, jetant quelques regards satisfaits vers le corps alangui de son ancienne proie. Les longs cheveux d'Edmund avaient été détressé quelque part entre les premiers assauts passionnés des deux jeunes hommes. Ils s'étalaient maintenaient en mèches désordonnées sur l'oreiller, ou parsemaient son visage, s'échouant sur des clavicules bien visibles. La tension encore existante dans son torse et ses bras le rendait irrémédiablement viril.

- Alors ? fit Envy. Nous voilà avec un méchant petit secret sous les bras… Hn. T'as trouvé ça comment ?

- C'était… très satisfaisant. Je dirais même… remarquablement bon.

Envy finit de boutonner sa chemise, et rajouta avec un sourire arrogant au visage :

- Ouai, on me le dit souvent…

- Mais je ne comprends toujours pas comment tu as su, fit Ed en s'accroupissant sur le matelas.

- Je le sens, c'est tout. Et j'suis certain que Shorty est pareil. Faut juste que j'arrive à le pousser à bout, hé hé. Il craquera bien tôt ou tard…

- Je croyais que vous étiez amis, toi et Edward.

- Naa, on se déteste, maugréa le jeune homme en rattachant ses bretelles de cuir noires. Mais on se déteste gentiment, quoi.

Edmund fixa un instant le bout de ses orteils d'un air pensif avant de conclure :

- J'aurais dû m'en douter. Moi… Toi… Tout ce qui vient de se passer ici… Je n'ai servi que de copie, pas vrai ? … Un simple pantin. Ton réel fantasme, c'est Edward Elric.

Envy s'approcha du lit, se pencha au-dessus d'Ed et lui murmura perversement :

- Mais c'est qu'il est futé, le grand garçon. Après la taille, voilà encore une différence entre lui et le blondinet…

Ensuite il se releva et déclara abruptement :

- Bon ! J'ai la dalle ! T'as pas envie d'appeler ta cuisinière et de lui demander de commencer à préparer le dîner ?

Puis, se ravisant sur un ton faussé, Envy se corrigea en souriant ironiquement :

- Ou plutôt, devrais-je dire ton cuisinier

Edmund baissa à nouveau son regard et rougit, crispant ses doigts entre les fins draps blancs.

- Je savais que le choix de mon personnel me trahirait un jour… Mais, soit. Tu as raison.

Son hôte se leva et alla ramasser ses vêtements, avant de consciencieusement s'habiller. Il enfila son pantalon, sa chemise, noua les lacets de ses chaussures, et tout en nouant sa cravate, proposa à l'homonculus:

- Faisons un deal : je n'interviendrai pas dans tes plans avec Edward, et toi, en contre partie, tu me laisseras m'occuper d'Alphonse.

Envy, qui était entrain de se rechausser, leva un sourcil suspect, puis déclara sur ton je-le-savais-en-plus:

- Ouai, ça aussi je m'en doutais ! Tes regards étaient trop louches. Avoue que tu le veux pour toi tout seul, hein… ?

- Disons plutôt que je vais reprendre ce qui m'appartiens, répondit calmement Edmund en bouclant sa ceinture. Je te rappelle que sans Edward, mon petit frère ne serait pas mort.

Envy tiqua face à cette dernière déclaration. Il aurait cru que les sentiments d'Emund pour le cadet Elric dépassaient les frontières de la décence fraternelle.
C'est pourquoi il demanda sur un ton suspicieux :

- Rien qu'un petit frère ? …Vraiment ? Hm. J'aurais que tu voulais plus de lui.

Edmund leva des yeux interrogateurs vers Envy.
Sans comprendre, il répéta :

- Vouloir plus d'Alphonse ? Tu délires…? Je le vois comme un membre de ma famille: ça n'ira jamais plus loin !

Envy avait fini de se rhabiller. Il s'assit donc nonchalamment dans un des fauteuils à côté de la fenêtre, et lâcha d'une voix blasée:

- Je sais bien. Mais Edward est le grand frère d'Al, et ça ne l'empêche pas de l'aimer plus qu'il ne devrait… Même s'il essaye de le cacher, ça ne m'a pas échappé. J'suis sure qu'il rêve de foutre son cadet au pieu, ce crétin.

Edmund sembla choquer.
Il dit abruptement, un peu comme Edward l'aurait lui-même fait :

- Mais c'est de l'inceste !

- Hu hu, si tu crois que c'est ça qui va les arrêter! Je te rappelle que tu… – enfin l'autre « toi »- reste avant tout le Fullmetal Alchemist. Sous ses airs de gentil héros, il cache bien son jeu. Pourtant, c'est pas un pêché de plus qui lui ferait peur. Il n'ose pas encore se l'avouer, c'est tout. Comme tous les humains, il retient stupidement ses envies, par peur de paraître immoral… Pourtant, je sais qu'un jour il franchira le pas. Alors à quoi cela sert d'attendre ?! …Je hais cette hypocrisie !

Edmund sembla perturbé. Il resta debout sans bouger, la lumière du soleil inondant la pièce, mettant en valeur les jolies ombres de son visage. Enfin, il finit par déclarer :

- Es-tu au moins certain de ce que tu avances? Je n'arrive pas à croire que deux frères puissent ressentir de l'attirance l'un pour l'autre.

- Bah, une fois la notion de sang effacée, Ed et Al restent deux jeunes hommes dans la fleur de l'âge. Et ils ont toujours été trop proches l'un de l'autre. De là à franchir la barrière de l'amour, il n'y a qu'un pas.

- Mais… Si tu sais qu'Edward ne s'intéresse qu'à son petit frère, qu'espères-tu obtenir de lui ?

- Rien de très sentimental, rassure toi. Je laisse le côté romantique de la chose à Al. Il est tellement innocent, celui-là. Ca en devient pathétique… Mais j'avoue que sa gentillesse a fini par me toucher. Je n'aurai jamais le cœur à le dévergonder. Même pas un peu. L'innocence lui sied trop bien que pour la lui gâcher…

Envy se releva subitement et se dirigea vers la porte :

- Bon, fini la causette ! Il est tant de vider les cuisines !

Edmund le suivit et ils refermèrent la pièce, laissant derrière eux une odeur de désir assouvi sur des draps humides, et de discussions trop hâtivement achevées.

§

Après un copieux repas lors duquel Edward ingurgita une quantité astronomique de nourriture, avec la vélocité d'un ogre sortant d'une grève de la faim, il fut décidé de prendre le café dans le salon.
Envy préféra sortir en ville s'aérer et quitta donc la maison aussitôt qu'ils eurent achevé leur repas, laissant les sosies et le cadet Elric à leurs propres activités.

Réunis dans le salon, ils burent ensemble une tasse de café autour de la table basse, assis dans de confortable fauteuil Bergère, style Louis XV.
Edward dévora avec peu d'élégance la part de tarte à la cerise qui accompagnait sa boisson chaude, puis il s'intéressa de près aux livres qui composaient l'imposante bibliothèque de la maison. Les trois-quarts de la pièce étaient recouverts d'étagères dans lesquelles s'alignaient des centaines d'ouvrages. Une petite échelle coulissait le long de ses rayons.

Alphonse, quant à lui, s'approcha curieusement du piano. Il admira la qualité et la brillance du bois, avant qu'Edmund ne lui propose d'en jouer :

- Assied-toi, je t'en prie.

- Ho, mais non… rougit Alphonse. Je n'en ai jamais fait… !

- Je t'aiderai. Tu verras, c'est très facile.

Edmund prit place sur la banquette et invita Alphonse

A en faire de même. Cette proximité troubla le cadet Elric. Il sentit la manche d'Edmund lui frôler l'épaule droite.

- Bien ! fit Edmund. Pose tes mains ici, comme cela.

Et il lui indiqua, à l'aide de ses propres doigts, quelle était la position à adopter. Alphonse s'exécuta docilement.

Edward, précédemment occupé à piocher des livres ici et là, tourna d'un air suspicieux ses yeux vers les deux jeunes hommes. Perché du haut de son échelle, il apercevait les mains tremblantes de son petit frère frôler les touches du clavier.

- Et maintenant, tu appuies sur ces trois touches, de droite à gauche.

Alphonse pressa un doigt, puis l'autre, et enfin le troisième. Aussitôt un ensemble sonore de notes émergea des entrailles du piano.
La soudaineté d'un tel accord le fit frémir de plaisir.
Il tourna son visage souriant vers Edmund, les étoiles plein les yeux, et laissa un petit rire nerveux s'échapper de ses lèvres.
Son nouveau professeur de piano acquiesça gentiment, comme pour le féliciter, puis dit en souriant:

- Bravo! Très belle interprétation des premières notes de la Sonate au clair de lune de Beethoven ! Tu as sans aucun doute un grand avenir musical, ha, ha…!

- Oh, Ed !... te moque pas de moi, rougit le cadet en détournant ses yeux.

Il réalisa alors qu'il avait un moment confondu Edmund avec son propre grand frère, et cela accrut encore plus sa timide gêne.

- Mais je suis tout à fait sérieux, renchérit le jeune homme.

Sa tresse basse avait été nouée avec un fin lacet de velours noirs, ce qui attira soudain l'attention du cadet. Alphonse eut la curieuse envie de dénouer l'attache, ce dont, bien sur, il s'abstint par politesse. Pour contrer cette idée saugrenue, il demanda avidement :

- Et la suite ? Tu veux bien me l'apprendre… ?

- Elle est plus compliquée. Il faudrait un moment pour que je te l'… Oh, mais, attends ! J'ai une fabuleuse idée !

Edmund plaça ses propres doigts sur ceux d'Alphonse.

Edward, à qui n'avait pas échappé une seconde de la scène, serra soudain les dents. La fureur l'envahit quand il vit son sosie toucher SON petit frère. Ses yeux virèrent au noir et sa gorge se serra. Il crispa avec tant de force ses mains au bas de sa pile de livres que celle-ci faillit basculer. Il en reprit l'équilibre de justesse, et frôla sa propre chute de l'échelle.

Les débattements névrotiques d'Edward échappèrent complètement à l'attention des deux musiciens transits.
Edmund se plaisait à jouer sur les touches en usant des doux et fins doigts d'Alphonse. Il devinait des rougeurs apparaître sur les joues du jeune homme à côté de lui, et ne put s'empêcher de lui lancer un regard curieux. Il crut reconnaître son petit frère, Alfons Heidrich, à ses débuts de pianiste. Il lui ressemblait tant…

Alphonse, quant à lui très concentré sur le piano, se sentait à la fois confus et envoûté par la tendre étreinte de leurs mains. Les mouvements de leurs doigts se fondaient avec grâce dans la mélodie de cette triste Sonate.

- C'est… très doux, murmura-t-il.

Edmund se demanda si Alphonse parlait de la musique, ou de la sensation de leurs doigts qui se caressaient au rythme des notes.
En réponse, il lui sourit paisiblement, sans arrêter pour autant de guider ses mains avec calme et douceur.

- Elle est un peu triste, cette musique, commenta Alphonse. Je dirais que cela sonne… Comme… comme des regrets, peut-être ?

- Mh, mh, agréa Edmund en fermant les yeux. Des regrets. Ou des chagrins étouffés… C'était un des morceaux préférés d'Alfons. Je le lui jouais souvent, quand il n'arrivait pas à dormir.

Il avait tant de fois jouer cette Sonate qu'il n'avait même plus besoin de regarder le clavier du piano pour guider les gestes de son apprenti. De plus, il pouvait ainsi encore mieux apprécier la douce sensation de chaleur émanant des paumes d'Alphonse s'il fermait les yeux.
Ce fut donc les paupières closes qu'il continua à raconter son passé:

- Notre mère nous punissait, moi et Al, quand elle nous découvrait ici, au beau milieu de la nuit. Mais nous n'en avions cure… Nous continuions nos rendez-vous secrets, autour du piano, les nuits de pleine lune, et Alfons m'écoutait jouer, assis sur le canapé, attentif et silencieux… Mh, c'était un garçon plutôt discret. Très doux, aussi. Un peu comme cette Sonate, au fond. Elle lui correspond b…

- COMME C'EST INTERESSANT QUE TOUT CELA !

Les deux jeunes hommes sursautèrent si vivement que leur cœurs s'arrêtèrent de battre un instant. Edward referma violement le clavier, obligeant Edmund et Alphonse à en retirer leurs mains s'ils ne voulaient pas se faire coincer les doigts sous la lourde planche en bois.

- Un problème, Edward ? fit Edmund en levant un sourcil suspicieux.

- Ni san... souffla Alphonse, les yeux tremblants de surprise. P… Pourquoi as-tu fait ça… ?

- Parce qu'il est tant de travailler sur notre plan ! se justifia l'aîné Elric. Je te rappelle -au cas où tu l'aurais oublié- que nous sommes aux trousses d'une bombe d'Uranium. C'est pas vraiment l'heure de jouer des Sonate et de se remémorer des beaux souvenirs !

- Mais… se défendit Alphonse. On peut bien faire une pause, non ? Tu ne pensais pas trop à la bombe, toi, quand tu engloutissais ton repas !

- Comment…? fit Ed en croisant les bras.

Il fronça les sourcils et lâcha sur un ton blessé :

- Tu m'accuses, maintenant ? C'est nouveau, ça !

Alphonse baissa les yeux, déglutit difficilement, puis bégaya des excuses un peu confuse :

- Non, je ne t'accuse pas, mais, je…Euh… Je…

- « Tu,…tu… », répéta Edward en faisant rouler ses yeux.

Edmund, animé par un sentiment de compassion envers son protégé, intervint brusquement :

- Ne sois pas aussi odieux envers Alphonse, Edward ! Il n'a rien fait de mal. Et il me semble qu'il est assez grand pour prendre ses propres décisions.

- De quoi je me mêle, monsieur-je-trouve-le-lait-très-bon? Al est MON petit frère et je dirige ma famille comme JE l'entends.

- Sache simplement que je trouve ta réaction excessive, et que je tiens à le faire entendre ! répondit fermement Edmund. Maintenant, présente tes excuses à ton petit frère…

- Le fait que tu m'offres un toit ne te permet pas de m'ordonner quoi que soit, répliqua Edward avec une lueur de défis dans les yeux.

- Nii san… gémit Alphonse en recroquevillant ses épaules.

Mais il était trop tard. La situation avait déjà échappé au contrôle des trois garçons.

- Y'a pas de « ni san » qui tienne. Lève-toi et va dans ta chambre !

Edmund se leva du tabouret et haussa la voix :

- Tu exagères, Edward ! Présente tes excuses à Alphonse. Immédiatement !

- Je n'présenterai rien du tout, espèce de lactophile!

- Le mot « lactophile » n'existe pas, grinça Edmund entre ses dents. Et si tu es si complexé à propos de ta taille, je te propose de retourner sur ton échelle. Ça t'aidera au moins à gagner un peu d'hauteur !

- Edmund, murmura Alphonse, complètement tétanisé par la violence de la situation.

Les poings d'Edward se serrèrent brusquement. Un à un, il décrocha ces mots de sa mâchoire :

- Je. Ne. Suis. Pas. PETIT !

Ce après quoi il saisit le bras d'Alphonse et le releva brusquement du tabouret.

- Viens, Al ! On n'a plus rien à faire ici !

Alphonse tenta de résister, retenant son frère comme il le pouvait :

- Ni san, arrête ! Tout ceci est ridicule !

Edmund les rattrapa, et saisit l'autre bras d'Alphonse pour l'empêcher de partir:

- Lâche-le, espèce de brute !

- HA ! rugit Edward en tournant la tête.

Sa queue-basse vola brusquement par-dessus son épaule et vint s'échouer à côté de son coup.
Il répliqua avec fureur :

- Parce que tu crois peut-être que je vais te le laisser… ?!

- Tu parles de lui comme ta propriété ! Alphonse n'a rien d'un objet qu'on décide de déplacer !

Le cadet soufrait de l'emprise des deux jeunes hommes sur son corps. Ses yeux ricochaient avec peine sur le visage d'Edward et d'Edmund, aussi identiques dans leur apparence physique que dans leur expression combative.

Il cria enfin :

- Lâchez-moi ! Tous les deux !!

Des larmes apparurent au coin de ses yeux alors qu'un soubresaut nerveux agita son corps. Edmund et Edward le libérèrent aussitôt, soudain conscients de leur brutalité, et Alphonse tomba sur le plancher de la pièce.

- N'APPROCHEZ PAS ! cria le jeune homme, la voix agitée de sanglots.

Les deux sosies, qui s'étaient précipités vers lui pour le relever, stoppèrent net leur élan face à cet ordre déchirant. Alphonse se remit péniblement sur ses pieds, les joues inondées de larmes.
À ce moment très précis, la porte du hall d'entrée claqua, annonçant le retour d'Envy.

Alphonse siffla entre ses dents :

- Je… je vous déteste…

Puis, il s'enfuit en pleurant, se précipitant hors de la pièce.

Envy avait à peine fait un pas dans le hall quand il vit passer devant lui le jeune homme sanglotant. Il regarda curieusement Alphonse monter les escaliers de marbre, quatre par quatre, le visage perdu dans sa manche droite, et ses pleurs résonnant contre les murs de la pièce.
Quand le cadet Elric eut disparu à l'étage, Envy poursuivit son regard jusque dans le salon, et dévisagea Edmund et Edward, debout au milieu de la pièce, apparemment aussi déboussolé l'un que l'autre.
Envy lâcha un long soupir moqueur, puis leva ses bras dans les airs et dit :

- Hé voilà ! 'suffit que je vous laisse seuls un quart d'heure, et c'est déjà la foire ! … Non, mais vraiment, je vous jure…

Il esquissa ensuite un sourire goguenard, puis alla pendre sa veste au portemanteau en acajou, se détournant des deux sosies.

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.. tja, pauvre Alphonse, je le fais trop souffrir, je devrais avoir honte ! XD
Mais bon… ! Comme Magical Girl Kiki ou Anders l'ont très bien remarqué, la situation de ce « carré sentimentaux » est très compliquée, ça devait finir en pleurs.

J'espère que vous serez encore nombreux à donner votre avis sur ce chapitre. J'adore lire vos reviews, alors n'hésitez pas !

A la prochaine,
Peace and love,

Ainokomiel