Akami resserra ses bras autour de ses genoux, au bord de la dépression. En désespoir de cause, elle se laissa tomber sur le côté, contre Tohru. Piquant un fard, le jeune homme - l'adolescent serait plus judicieux - se contenta de baisser les yeux, fixant son attention sur le sabre entre ses bras. La blonde se contentait de pleurnicher contre lui, se fichant bien de ce qu'il pouvait ressentir.
« Aozora-taicho-no-baka… » Marmonna-t-elle en se serrant un peu plus contre Tohru : « que croit-elle qu'on ressent, nous ici ?
- Elle nous fait confiance. Elle croit en nous. Jamais elle ne nous aurait laissé volontairement derrière. »
Akami poussa une plainte de gamine mais il ne releva pas. Il avait appris comment elle fonctionnait, à force. Dramatiser pour qu'on compatisse. Il ne lui ferait pas ce plaisir.
« Et quand est-ce qu'elle revient de la Soul Society ? » Geignit-elle en fronçant le nez : « y foutre le bocson ça doit pas être si compliqué ! »
Et au même moment, alors qu'il entrait dans la pièce, Renji s'immobilisa. Il se tourna vers les deux gamins qui relevèrent les yeux vers lui. Tohru émit un sifflement dangereux et Akami blêmit. Puis, la blonde se redressa d'un mouvement vif et dégaina prestement son Zanpakûto. Dans le monde des humains aussi, la situation dégénéra.
Douloureusement, elle ouvrit les yeux. Allongée sur le ventre pour ménager son dos blessé et faciliter les soins, elle releva douloureusement la tête. Le Shinigami de la 4e qui lui prodiguait des soins se figea aussitôt. Il se redressa brutalement et s'agenouilla, posant son front contre le sol.
« Je m'excuse sincèrement ! Je n'aurais pas dû vous… Commencer à… Enfin… !
- Tenter de me soigner sans mon consentement tu veux dire ? Considère que tu l'as. Je ne vais pas te faire de mal si c'est ce qui te fait peur. »
Elle se redressa, pour adopter une position plus confortable, sur les genoux. Son shihakusho tombait négligemment sur ses hanches, dévoilant un fin kimono de soie blanc qui épousait parfaitement les courbes douces de son corps. Il ne faut pas oublier qu'elle avait été une femme enceinte. Poitrine galbée, hanches arrondies. Elle s'était maudit une demi-douzaine de fois en se voyant dans le miroir. Non, parce que se voir passer du jour au lendemain d'une silhouette plate comme une planche-à-pain à un physique pas non plus paradisiaque mais différent de ce qu'elle avait connu jusqu'à présent… C'était tout de même choquant ! Poussant un soupir, elle abaissa fermement le kimono, l'arrêtant sur la naissance de sa poitrine pour garder une tenue décente. Bien qu'hésitant, il posa quand même ses mains sur son dos pour lui prodiguer ses soins. Elle resta de marbre.
« Alors, comment est-ce que tu t'appelle ?
- Kôjiro Sadame, 9e siège de la 4ème division. Je suis ravi de faire vôtre connaissance. »
Elle hocha simplement la tête, fermant les yeux pour supporter plus aisément la douleur aigüe que ces soins lui prodiguaient. Les mains de ce Kôjiro - avait-elle l'impression - semblaient posées sur son dos pour irradier tous ses muscles d'une tension nerveuse insoutenable. Elle serra les dents. Et leva les yeux en voyant un homme se planter devant sa prison, la fixant avec des yeux surpris, puis détourner pudiquement le regard pour conserver son intimité. Aussitôt, l'envoyé de la 4e division se redressa, s'inclina au moins trois fois de suite pour saluer le nouvel arrivant et détala si vite qu'elle arriva à peine à le retenir.
« Tu reviendras me voir, Kôjiro-kun ? »
Le Shinigami se tourna vers elle en ouvrant de grands yeux et elle renversa sa tête sur le côté, en haussant un sourcil. Puis, elle sourit et il se sentit rougir de nouveau.
« Je tâcherai d'en informer mon Capitaine. »
Puis, il partit quasiment en courant sans qu'elle ne puisse plus le retenir. Elle réajusta son kimono puis son shihakusho puis redressa le dos pour faire face convenablement à celui qui venait lui rendre visite. Elle retint de justesse une exclamation en constatant les kenseikan qu'il portait dans les cheveux. Bon sang ! C'était un Kuchiki. Et l'actuel chef du clan Kuchiki au vu du Haori qu'il arborait fièrement. Chef du clan Kuchiki ? S'il était le successeur de Ginrei-sama et puisqu'il n'était pas Sojûn-san alors… Elle déglutit. Kuchiki Byakuya. L'enfant qu'elle s'était amusée à pouponner alors qu'il portait encore des couches-culottes et n'était pas capable de comprendre ce qui se passait autour de lui.
« Je suis honorée que vous soyez venu me rendre visite, Kuchiki-sama.
- Ce Kanzashi… Où l'as-tu pris ? »
Elle s'autorisa à arquer un sourcil de consternation. Prise ? C'était carrément une insulte. Elle ne l'avait pas volé puisqu'elle était à elle.
« Avec tout le respect que je vous dois Kuchiki-sama, je ne l'ai absolument pas volé. Il m'a été remis de droit du fait de mon statut.
- Que veux-tu dire ? »
Elle décrocha délicatement la pince qui retenait son chignon et la tendit à travers les barreaux au capitaine Kuchiki qui n'esquissa pas le moindre mouvement pour s'en emparer. Doucement, elle la fit alors pivoter. Sur la partie inférieure de la barrette, juste au-dessus du peigne, sur la fleur centrale, était dessiné un loup argenté. Blason de la famille Aozora. Il perdit sa froideur apparente pour ouvrir de grands yeux. Repassant les bras à travers les barreaux, elle enroula de nouveau ses cheveux en chignon puis planta son Kanzashi à l'intérieur pour le maintenir.
« Je m'appelle Meiko. Ravie de vous rencontrer, Kuchiki-sama.
- La famille Aozora est censée avoir été déchue bien longtemps auparavant. »
Incroyablement vrai. On apprenait donc l'histoire de sa famille à de jeunes gens ? Il devait sûrement la prendre pour une meurtrière. Grand bien lui fasse, elle n'était pas d'humeur à le démentir.
« En effet. Je suis à ce jour le dernier chef de la famille Aozora. Le titre de noblesse nous a été arraché par ma faute, semblerait-il. Après que j'ai été accusé du meurtre de ma propre fille et condamnée à vie.
- Meurtre ? » Répéta-t-il en arquant un sourcil d'incrédulité.
Elle hocha la tête en signe d'approbation.
« Es-tu venue pour t'en prendre à la chambre des 46 à cause de cette condamnation ?
- Vous n'y êtes pas du tout. Initialement, je comptais me laisser emprisonner puis m'enfuir. Simplement pour que vous Shinigamis, informiez la chambre des 46 de ma présence. Mais après t'avoir vu… »
Byakuya tressaillit à cause du soudain passage au tutoiement. Elle le fixait à présent avec une telle insistance que c'en était presque gênant.
« Pourquoi une telle familiarité ? Nous ne nous connaissons en aucunement.
- Non. Tu ne me connais pas. Moi… Je suis contente de te revoir, Bya-bô. Même après que tu aies tellement grandi. »
Elle souriait à présent comme s'ils étaient des amis de longue date. Mais ils n'étaient pas amis de longue date. Ils ne se connaissaient même pas ! Agacé par cette soudaine familiarité et cette affection qu'il ne comprenait pas, il tourna les talons. Bya-bô… Le surnom que lui donnait cette garce de Yoruichi.
« Attendez. »
Il s'arrêta tout de même pour écouter ce qu'elle avait à lui dire. Bien qu'elle l'agace à être aussi familière, elle l'intriguait tout de même. Condamnée à vie ? Pour le meurtre de sa fille ? Elle n'avait le profil d'un assassin. Qui plus est, de sang-froid. L'accuser de tuer sa fille lui semblait tout de même un peu gros. Et elle était repassée au vouvoiement.
« La famille Kumiko. »
Il jeta un œil derrière lui. Le sérieux avait recouvert chacun de ses traits. Elle était on-ne-peut-plus grave en cet instant, à présent.
« Faîtes y attention, Kuchiki-sama. Ils feront n'importe quoi pour grimper les échelons. N'importe quoi pour grimper dans la hiérarchie. Et accuser une mère du meurtre de sa fille n'est pas exclu. »
Elle soutint son regard pendant de longues secondes, puis il tourna les talons, quittant la cellule de cette femme au regard énigmatique.
« Yoruichi-san… Tu veux un peu de thé ? »
Shinji faillit tomber de son siège en voyant la femme-chat apparaître alors que son capitaine ne levait pas les yeux des dossiers qu'elle était en train de remplir. La seconde suivante, Soi Fon apparaissait derrière elle comme le garde du corps qu'elle était.
« Ouai. Et des petits gâteaux bien sucrés.
- Tu l'as entendue, Shinji-kun ? »
Il s'étouffa à moitié avec sa salive. Comment ça ? Lorsqu'il releva les yeux, les regards des trois femmes de la pièce étaient braqués sur lui. Il se redressa alors avec lassitude, et quitta la grande pièce pour amener l'objet des désirs de ces monstrueuses femmes. Yoruichi s'affala alors sur le siège en face du bureau, invitant Soi Fon à faire de même.
« Yo, Meiko. J'ai appris qu'il y avait du grabuge par ici. Je suis venue voir.
- Grabuge ? Oh non. Shinji-kun me tapait sur le système nerveux alors on est parti faire un petit tour sur le terrain d'entraînement.
- Il n'a vraiment pas de chance hein ? Tu le martyrise beaucoup. »
Relevant les yeux de ses dossiers, elle sourit en plantant son regard dans celui de Yoruichi. Celle-ci se fendit à son tour d'un sourire carnassier.
« C'est parce que je l'aime beaucoup. » Avoua-t-elle en baissant les yeux.
« Tu l'aimes beaucoup ? Genre, beaucoup, beaucoup ?
- Je suis fiancée Yoruichi-san. Ne l'oublie pas. »
Mais alors qu'elle allait de nouveau ouvrir la bouche, Meiko lui jeta un regard d'avertissement. Shinji revenait avec un plateau rempli de thé et de gâteaux. Il le déposa sur le petit bureau et détourna le regard quand Yoruichi s'assit en tailleur avec toute la masculinité dont elle pouvait faire preuve.
« Tous les deux, vous faîtes vraiment la paire hein. Pas vrai, Soi Fon ?
- Euh… Oui Yoruichi-sama. »
Le capitaine de la 5e division et son lieutenant échangèrent un regard. Puis ils hochèrent tous les deux la tête en signe d'approbation. Oui, il était clair que malgré tout, ils faisaient une sacrée équipe.
« Tu es en train de déprimer ? »
Meiko releva les yeux au moment où Yoruichi s'infiltrait agilement entre les barreaux de sa cage, toujours sous son apparence féline. Elle s'assit tranquillement face à l'ancienne-capitaine de la 5e division dont le visage était plongé entre ses deux bras, eux-mêmes posés sur ses genoux.
« Je ne suis pas en train de déprimer. Je t'attendais Yoruichi-san, tu es en retard.
- Ne montre pas les crocs. Je pense que quelque chose peut t'intéresser. »
Elle se redressa, et arqua un sourcil railleur dans la direction de Yoruichi qui se fendit d'un grand sourire énigmatique.
« Arrête de tourner autour du pot, Yoruichi-san.
- Bon, bon. La famille Kumiko a émis l'hypothèse d'une union entre leur famille et la famille Kuchiki. Et le conseil des anciens a approuvé sans l'accord de Byakuya-bô. Ils se rencontrent maintenant. »
Elle la fixa d'abord pendant quelques secondes. Puis, elle émit un sifflement indigné en se redressant brutalement. Yoruichi sursauta.
« Mais c'est pas vrai ! Ces espèces de pourriture recommencent leur manège ! Et avec la petite Kuchiki en plus. On y va maintenant.
- Dois-je te rappeler que tu es en prison ?
- Je n'ai qu'à en sortir. »
Elle se releva, le visage fermé et pivota vers le mur opposé aux barreaux de sa cellule. Elle tendit la main et les poils hérissés, Yoruichi grimpa de nouveau sur son épaule.
« Os de bêtes sauvages éparpillés. Grandes tours, lumière pourpre, roue d'acier. Si vous bougez, le vent. Si vous arrêtez, le ciel. Le sifflement résonne dans la forteresse vide. Hadô no roku jû san : Raikôhô* !»
La seconde d'après, le mur en face d'elle sautait violemment, projetant de la fumée dans la petite pièce exigüe. Faisant-fi de l'alarme qui hurlait son évasion, elle avança dans l'une des allées du Seiretei.
« Es-tu consciente que tu vas être poursuivie par tous les Shinigamis du Gotei 13 ?
- Je m'en fiche.
- Cette rencontre avec Byakuya-bô t'a vraiment touché, n'est-ce pas ? »
Elle crispa la mâchoire et ses épaules se raidirent. Et bien, visiblement, elle venait de toucher un point sensible.
« Je ne veux pas que cet enfant vive la même chose que moi. Je sais à quel point c'est dur de perdre son titre et de ne devenir personne du jour au lendemain. Je ne veux pas que ça lui arrive, à son tour. »
Elles restèrent toutes les deux quelque peu pensive. Yoruichi était la mieux placée pour comprendre cette situation. Après qu'elle ait dû fuir la Soul Society et son rang dans la noblesse.
« Char rugissant ! Brèche du brouet, que la lumière se sépare en six ! Bakudô no rokujû ichi : Rikujôkôrô* ! »
Elle esquiva de justesse en usant d'un shunpo pour se projeter dans les airs. Ce n'est pas parce qu'elle n'avait pas de Zanpakûto qu'elle allait se laisser capturer aussi facilement. Elle bondit face à l'utilisateur du bakudô et se figea littéralement, écarquillant les yeux.
« Rangiku ?
- Aozora-sensei ? »
Entre deux hommes, dont l'un portait une terrible cicatrice sur l'œil droit et un 69 tatoué juste en-dessous, et l'autre des cheveux blonds et semblait dépressif, la voluptueuse blonde la dévisageait avec des yeux ronds comme des soucoupes. Le blond à sa droite lui jeta un regard en coin.
« Rangiku-san, tu la connais ?
- Sensei ! » Continua Rangiku en l'ignorant : « Mais qu'est-ce que vous faîtes là ? Attendez, c'est vous qui foutez la pagaille dans le Seiretei ? Et avec Yoruichi-san en plus !
- Bonjour. » Les salua Yoruichi avec désinvolture.
Elle jeta un regard paniqué derrière elle en sentant le reiatsu de capitaines affluer dans sa direction. N'ayant plus le temps de parlementer avec son ex-élève, elle décida de passer à la vitesse supérieure.
« Bakudô no nijû ichi : Sekienton* ! »
L'écran de fumée les recouvrit tous les quatre, provoquant des toussotements à s'arracher la gorge chez les trois lieutenants. Lorsque l'écran de fumée se dissipa, elle avait déjà disparue. Sautant agilement de toits en toits, elle jeta un regard aigu à Yoruichi.
« Est-ce que tu as la moindre idée de l'endroit où peut être mon sabre ?
- Pas la moindre. »
Elle grommela des paroles inintelligibles et dévia sa trajectoire en sentant le reiatsu d'un capitaine s'approcher d'elle par la gauche. Il fallait qu'elle atteigne les quartiers résidentiels et sans… Vivement, elle accéléra la cadence, utilisant des shunpo de plus en plus rapide. Elle pénétra dans le quartier résidentiel comme un coup de vent, encerclée par les gardes de ce domaine. Mais elle s'en fichait. Yoruichi sauta au sol, quittant son épaule.
« Vas-y. Je m'occupe de ça.
- Sans vouloir te vexer Yoruichi-san, tu es un chat.
- Tu me vexe. »
Elle leva les yeux au ciel. Dans le même moment, Yoruichi concentra son reiatsu et recouvra sa forme humaine. Entièrement nue. Poussant un soupir, elle fouilla entre son shihakusho et son kimono blanc pour en sortir les vêtements que la femme-chat lui avait donnés. Elle lui balança avec un petit sourire.
« Merci, Yoruichi-san.
- Vas plutôt botter le cul d'Aoshi. »
Elle disparut en shunpo, faussant compagnie à celle qui lui apportait son aide dans une situation qui lui paraissait si critique. Courant à travers la dédale de couloir du manoir Kuchiki, elle ouvrit le battant où elle sentait le reiatsu de cet espèce de renard comme un coup de vent. Les deux personnes qui y prenaient le thé relevèrent la tête à son approche. La petite Kuchiki et sa mèche qui lui tombait entre les yeux. Son fiancé, qui agrandit les yeux grands comme des soucoupes. Et juste derrière la gamine, son ombre, la projection de son Zanpakûto brandissant son sabre juste au-dessus du crâne de la petite. Proférant un juron que la petite ne devrait même pas être en mesure de connaître, elle tendit la main.
« Hadô no nana jû san : Sôren Sôkatsui* ! »
Aoshi plongea au sol alors que les deux boules de flammes lui roussissaient quelques mèches de cheveux. Il écarquilla les yeux et empoigna son Zanpakûto d'un geste sec. L'ombre qui menaçait la petite Kuchiki abaissa son sabre d'un coup sec. Elle plongea en avant, glissant sur le carrelage et leva son bras muni d'une protection en métal pour contrer son katana. Elle enroula vivement son bras autour de la taille de la gamine et effectua un coup de pied circulaire au sol pour tenter de la faucher. Mais l'ombre se fondit dans le sol, avant de réintégrer le Zanpakûto de son propriétaire. Serrant la gamine contre elle, elle tendit son autre bras.
« Byakurai. »
Aoshi décolla du sol, évitant aisément le Hadô, puis partit dans un rire grave. Ne trouvant pas du tout la situation, elle fronça les sourcils et tendit de nouveau sa main, prête à utiliser le kidô de nouveau. Il se fendit d'un sourire carnassier.
« Alors tu tentes de m'empêcher, hein ?
- Je v- »
Elle hoqueta violemment en sentant la pointe d'un sabre s'enfoncer profondément dans son ventre et décala malgré la douleur, d'un geste sec la petite Kuchiki pour lui faire éviter la lame. Sentant sa vue devenir trouble et un filet de sang rouler le long de la commissure de ses lèvres, elle baissa les yeux sur son ventre. Une lame entièrement noire le traversait. Son sang en ruisselait tout du long et gouttait sur le sol. Fermant les yeux avec un petit sourire, elle serra la lame dans sa main.
« Hadô no jûichi : Tsuzuri raiden*. »
Sentant un courant électrique courir le long de ses doigts le long de la lame, elle les replia sur eux-mêmes, le regard vide. Il tira la lame d'un coup sec, mais elle ne bougea pas d'un brin.
« Ô océan de lave et torrent de feu. Le singe grimpe le vide et la lune surplombe la montagne. Les eaux scintillent et le soleil demeure. Le reflet se cache mais la brume s'écarte… »
Le sang qui gouttait le long de son ventre s'étira lentement, s'enroulant autour de sa lame déjà parcourue de courant électrique. Le liquide qui commençait à se solidifier s'enroula autour de la main du porteur du katana, incapable de le lâcher.
« Rinku* Aozora : Puropera jihi*. »
Elle ferma les yeux, laissant son sang s'occuper du sale boulot. Pitié que cela le tue enfin ! Elle baissa les yeux sur la gamine dans ses bras qui la regardait avec des yeux écarquillés.
« Attention ! » S'exclama-t-elle soudainement, lui arrachant presque les tympans.
Elle grimaça, assaillie par la voix forte de la gamine Kuchiki, puis tourna légèrement la tête pour voir le Zanpakûto d'Aoshi brandir une nouvelle fois son Zanpakûto. Étouffant un juron, elle tenta de se relever mais resta prostrée au sol à cause du sang qui étouffait et emprisonnait lentement son ex-fiancé. Elle jura lorsque la lame du Zanpakûto d'Aoshi s'enfonça dans son épaule.
« Espèce de… !
- Shire, Senbonzakura. »
* Hadô no roku jû san : Raikôhô = (63e technique de destruction : canon d'éclairs rugissants)
* Bakudô no rokujû ichi : Rikujôkôrô = (61e technique d'immobilisation : Prison des 6 pointes de lumière)
* Bakudô no nijû ichi : Sekienton = (21e technique d'immobilisation : Fumée rouge d'évasion)
* Hadô no nana jû san : Sôren Sôkatsui = (73e technique de destruction : lotus jumeau des flammes bleues de l'anéantissement)
* Hadô no jûichi : Tsuzuri raiden = (11e technique de destruction : liaison éclair)
*Rinku = (lien)
*Puropera jihi = (l'hélice de la miséricorde).
