A/N : Merci à ceux (ou plutôt celles en fait, je crois ) qui ont pris le temps de me laisser un petit message! Ca fait toujours plaisir;)

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Chapitre 4: Jasmine

Jasmine, de toutes les filles qu'il avait aidées, aurait compris ce qu'il endurait. Comme lui, elle avait connu la douleur, la colère, la solitude. Il les adorait toutes, mais s'il avait dû choisir, c'est Jasmine qui aurait été sa préférée. Peut-être à cause de ses profonds yeux tristes et de sa magnifique chevelure sombre qui, dans ses souvenirs, était aussi douce que de la soie. Il l'avait caressée avant qu'elle ne soit mouillée. Il n'avait pas pu s'en empêcher. Elle sentait si bon.

Cette pensée le fit sourire de tendresse et de fierté. Elle était libre, à présent. Et c'était grâce à lui.

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Il n'avait pas fallu longtemps à Angela pour identifier la fille. Elle avait comparé ses esquisses avec l'annuaire de l'école et l'une d'elles correspondait parfaitement au visage d'Ashley Porter, dix-huit ans. Booth raccrocha son téléphone. Il détestait avoir à faire ça. Informer des parents de la mort de leur enfant, pour lui, il n'y avait rien de pire. Il prit dans ses main le petit cadre qui ne quittait jamais son bureau et fixa pensivement la photo de son fils Parker. Et moi? se demanda-t-il. Qu'est-ce que je ferais si je perdais mon enfant?

«Tu as faim?»

La voix de sa partenaire le fit sursauter et il reposa le cadre, se forçant à lui adresser un demi-sourire. «Euh, oui, bien sûr.»

Brennan fronça légèrement les sourcils. «Tout va bien?» Etonnant. Il était rare qu'elle remarque ce genre de choses.

Il se leva de son fauteuil et se dirigea vers elle en soupirant. «Oui, c'est juste que… tu sais… je viens d'avoir le père d'Ashley au téléphone.»

«Oh…» Ce fut tout ce qu'elle réussit à dire. Elle était très mauvaise dans ce genre de situation, et il lui était difficile de trouver les mots justes. Mais Booth le savait, et il n'avait pas besoin qu'elle parle, car il pouvait deviner ce qu'elle ne disait pas verbalement. C'est pourquoi il passa son bras autour de ses épaules, la guida vers la porte et changea de sujet, content et soulagé de savoir qu'il allait déjeuner avec elle.

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James Porter était un homme grand et séduisant aux cheveux sombres et à l'air habituellement posé. Mais ce jour là, son costume d'ordinaire impeccable était à moitié froissé et son visage traduisait une douleur évidente alors qu'il attendait assis dans la salle d'interrogation, le dos vouté, fixant une photo de sa fille qu'il tenait dans ses mains tremblantes.

«Toutes nos condoléances, monsieur Porter», dit Brennan en entrant dans la pièce.

Si cela n'avait pas été inapproprié, Booth aurait sourit. Elle faisait vraiment des efforts avec les gens et ses capacités relationnelles s'amélioraient visiblement de jour en jour. En fait, il se sentait même plutôt fier qu'elle ait vraisemblablement décidé de prendre exemple sur lui.

«Monsieur Porter... » L'homme tourna les yeux vers Booth qui poursuivit, légèrement troublé par son regard égaré. «Je suis navré de devoir vous poser cette question, mais pourquoi n'avoir pas signalé la disparition de votre fille? »

Il eut le sentiment que Porter s'attendait à cette question.

«Parce qu'elle avait prévu de passer les vacances avec des amis », répondit l'homme d'une voix tremblante. «En tout cas, c'est ce qu'elle m'avait dit. Ils avaient soi-disant loué un chalet dans le Vermont. Ashley adorait skier. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle m'appelle à son arrivée, elle ne le faisait jamais de toute façon. En réalité, elle ne m'appelait pratiquement pas. Je ne la voyais que pendant les vacances scolaires. Mais cette année, elle avait décidé de ne pas passer Noël avec moi. C'était trop… douloureux pour elle. Depuis la mort de sa mère… »

Le père marqua une pause, sous le regard compatissant des deux partenaires.

«Nous étions très proches avant, mais après la mort de ma femme il y a un an, Ashley est devenue…» Il étouffa un sanglot. «L'été dernier, elle a avalé une boite entière de médicaments. J'ai cru que nous pourrions surmonter toutes ces épreuves ensemble, vous savez. En se soutenant l'un l'autre. Mais c'était trop dur pour elle. Et ça l'a tellement changée… Totalement changée. Elle est devenue sombre, renfermée. Je pouvais à peine la reconnaître. En tout cas, elle se comportait de cette façon à la maison. Avec ses amis, j'ai l'impression qu'elle restait la même adolescente joyeuse que je connaissais. J'ai réalisé qu'elle était plus heureuse loin de moi et de ses souvenirs, alors j'ai décidé de la laisser vivre sa vie. J'ai cru qu'elle était en train de s'amuser dans le Vermont, pas qu'elle avait encore décidé d'en finir…»

«Ce n'était pas un suicide, Monsieur Porter», laissa échapper Brennan. «Nous avons pu prouver qu'Ashley a été assassinée.»

Ces mots prononcés un peu trop vite lui gagnèrent un regard noir de la part de Booth et des yeux emplis d'incompréhension de la part du père. «Comment? Mais je croyais que…» Porter ne termina pas sa phrase, comme s'il était trop difficile pour lui de prononcer tout haut ce qui était arrivé à sa fille. «Mais qui? Pourquoi?»

Booth secoua légèrement la tête. «Nous travaillons dessus, monsieur. Je vous promets que nous l'attraperons. Mais pour cela nous avons besoin que vous nous disiez tout au sujet d'Ashley: ses amis, ses petits amis, ses professeurs. N'importe quel détail qui pourrait vous venir à l'esprit. Quelque chose qu'elle aurait pu mentionner au sujet de l'école, par exemple. Les problèmes qu'elle a pu avoir. Vous pouvez faire ça?»

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Booth et Brennan sortirent de la sale d'interrogation, tous deux perdus dans leurs pensées. Le père avait été très précis concernant ce qu'il savait de la vie de sa fille. Elle avait fait de son mieux pour cacher son chagrin à ses amis et ses professeurs, et avait continué à étudier aussi bien qu'auparavant. Toutefois, il semblait qu'elle ait effectivement souffert d'une sévère dépression depuis la mort de sa mère. Hormis cela, rien de concluant qui aurait pu suggérer une piste.

Booth guida sa partenaire à travers les couloirs avant de s'arrêter devant une porte.

«La compagne de chambre d'Ashley, Lauren Crewe, est ici en attente d'être interrogée. Est-ce que tu pourrais t'en occuper?»

«Moi, toute seule?» demanda Brennan, surprise.

«Oui, toute seule. Tu peux faire ça? Ca nous ferait gagner du temps."

«Bien sûr!» répondit-elle avec un large sourire. Cette demande signifiait beaucoup pour elle. Booth lui faisait confiance, il la laissait agir dans son propre domaine.

«Super, alors de mon côté je vais aller interroger Brenda Piven. Je te préviendrai quand j'aurai fini.»

La main de Booth quitta le dos de sa partenaire et, après un léger clin d'œil complice, il commença à s'éloigner dans le couloir.

«Booth?» Il s'arrêta et fit un demi-tour sur lui-même. "Merci."

Il lui adressa son sourire le plus charmeur. «Ya vraiment pas de quoi, Bones.»

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Lauren Crewe sursauta légèrement lorsque la porte s'ouvrit, la tirant hors de ses pensées. Brennan lui adressa un sourire amical et se demanda comment l'aider à se détendre un peu.

«Je m'appelle Temperance Brennan, je suis anthropologue judiciaire», fut tout ce qu'elle pu trouver pour entamer la conversation.

Jouant nerveusement avec une mèche de son épaisse chevelure rousse, Lauren ne lui adressa qu'un bref regard avant que ses yeux gris ne se remettent à fixer l'eau dans le verre posé devant elle. Elle semblait manifestement effrayée de ce qu'anthropologue judiciaire pouvait sous-entendre.

«Je sais que ça ne va pas être facile, Lauren, mais je vais devoir te poser quelques questions.»

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Brenda Piven était particulièrement choquée, elle aussi. Ses yeux étaient rouges et gonflés, et ses cheveux châtains semblaient à peine brossés.

«Bonjour Brenda, je suis l'agent spécial Seeley Booth.»

«Je sais qui vous êtes. Je vous ai vu à Saint Gabriel.»

Booth s'assit en face d'elle.

«Je regarderai plus jamais les Experts…» ajouta Brenda, souriant à moitié à travers ses larmes. «On pense toujours que ça n'arrive qu'à la télé. Vous allez trouver ça lâche mais j'aurais… j'aurais voulu arriver plus tard. J'aurais voulu que Lydia arrive avant moi»

Et sur ces mots, elle éclata en sanglots.

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«Ashley et moi on partage cette chambre depuis qu'on est entrées dans cette école», commença Lauren. «Mais sa mère est décédée l'an dernier, en février. Accident de voiture. Ca a été si soudain, je crois qu'Ashley n'a jamais pu surmonter ça. Elle a fait de son mieux pour ne pas le montrer et même ses résultats à l'école n'ont pas bougé. Mais je savais combien elle était mal. Plusieurs fois, je l'ai entendue pleurer sous les draps la nuit, et le matin, ses yeux étaient rouges à cause de ça, et parce qu'elle dormait à peine. J'ai essayé d'en parler avec elle mais elle disait que j'avais rêvé…»

«Tu étais au courant qu'elle avait essayé de se suicider l'été dernierpendant les grandes vacances?»

Le regard de l'adolescente lui confirma le contraire.

«Non, je savais pas… Mon dieu… Mais je… je comprends pas… Je croyais qu'elle avait été assassinée?»

«C'est bien le cas. Lauren, sais-tu si Ashley avait de quelconques problèmes? Avec quelqu'un en particulier, peut-être?»

Elle secoua la tête. «Pas que je sache… Elle était gentille avec tout le monde, et plutôt discrète de toute façon.»

«Et l'école, ses alentours? Pas de personnes bizarres ou d'événements marquants dont tu pourrais te souvenir?»

Lauren secoua de nouveau la tête.

«Elle avait un petit ami?»

«Pas cette année. Elle est sortie avec Ron Graham pendant deux ans. Mais quand sa mère est morte, elle l'a largué. C'était un garçon gentil, il a compris. Il avait un an de plus que nous, ce qui fait qu'il est à l'université maintenant. Il m'a appelée en novembre dernier. Il a rencontré une autre fille mais il voulait savoir comment allait Ashley. Il se faisait vraiment du souci pour elle. Impossible qu'il lui ait fait quoi que ce soit.»

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«Ashley et moi étions amies», murmura Brenda en s'essuyant les yeux. «On se connait depuis plusieurs années.»

«Etiez-vous amies avec Lydia Farrow et Lauren Crewe?»

Elle acquiesça. «Toutes les quatre ensemble, toujours»

«Le père d'Ashley a dit qu'elle avait prévu de passer les vacances dans le Vermont avec des amis.»

«Quoi? Non, c'est pas ce qu'elle nous a dit. Les parents de Lydia possèdent un chalet là-bas, donc on avait décidé de la rejoindre après Noël, mais Ashley a refusé de venir. Elle a dit qu'elle voulait passer un peu de temps avec son père.» Elle soupira tristement. «Je comprends maintenant. Elle avait prévu de passer Noël à l'école, toute seule. Pour être honnête, je suis même pas surprise. C'aurait été son premier Noël sans sa mère.»

Son premier Noël sans sa mère… Booth demeura silencieux quelques instants, repensant à Bones et à ce qu'il savait de la disparition de ses parents. Elle s'était réveillée, le matin de Noël. Sans plus d'autre famille que son grand frère.

«Brenda, sais-tu si Ashley aurait pu entrer facilement dans votre chambre?»

«Ashley et Lauren possédaient une clef de notre chambre, Lydia et moi on avait une clef de la leur. Quelques jours avant les vacances, elle m'a emprunté un livre. Peut-être qu'elle voulait me le rendre parce que quand je suis rentrée dans ma chambre, avant que j'entre dans la salle de bain où… où j'ai trouvé son… où je l'ai trouvée… j'ai euh… j'ai remarqué le livre sur mon lit.»

Booth était sur le point de poser une nouvelle question quand la porte s'ouvrit lentement. L'agent Rolland pénétra dans la pièce et s'approcha de lui, se penchant pour lui souffler quelques mots à l'oreille.

«Désolé pour le dérangement, Booth, mais je suis presque certain que tu voudrais entendre ça.»

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