Disclaimer: Je ne possède pas Hetalia mais le Vésinet et le Pecq sont deux de mes OCs.
Vésinet: Philippe
Pecq: Vincent
Vincent lâcha son gobelet de vin quand son frère franchi le seuil de sa porte. Ses yeux bleus s'exorbitèrent d'horreur au possible et il resta bouche bée scrutant le regard brun de son jumeau cherchant une explication à cette plaisanterie de très mauvais goût. Pourtant Philippe ne flancha pas, soutenant même fièrement le regard inquisiteur de son frère. Cela lui valu un froncement de sourcil et une grimace.
"Qu'est ce que c'est que… ça?" grinça le plus vieux.
"Moi." répondit aussitôt le blond avec assurance.
Le Pecq tiqua, il osait lui répondre avec tant d'insolence?
"Arrête tes bêtises. Retire moi ça avant que quelqu'un d'autre ne te voit."
"Mais j'aime être comme ça Vince, tu disais que tu m'aimerais peu importe que nos goûts soient différents."
"Certes mais là Phil c'est complètement ridicule.. et anormal. Je croyais que tu voulais que ça s'arrête."
"Ça ne s'arrêtera pas."
Le regard de Vésinet se durcit encore. Vincent frissonna puis détourna ses yeux feignant de ramasser son verre. Il eut un petit rire amer et moqueur.
"C'est sûr que ce n'est pas en portant des jupes que les rumeurs cesseront."
Il se releva croyant avoir raisonné son frère mais une gifle cinglante fouetta violemment sa joue à la place. Phil semblait hors de lui, ses traits si doux, presque féminins, s'étaient crispés et son corps entier tremblait de colère.
"Mais enfin Vince! Tu es mon frère, mon jumeau, tu me connais depuis toujours et mieux que tu ne te connais toi même! Pourquoi tu ne veux pas comprendre?"
"Comprendre quoi? Que Raphaël, Jean, Mme Debour et toutes ces autres commères ont raison? Tu es mon frère. J'ai confiance en toi, tu es la personne la plus droite que je connaisse. Je sais qu'ils mentent."
Sa voix se brisa, presque en un sanglot, comme s'il cherchait la vérité dans ses propres mots pour se rassurer, se convaincre lui même de l'impossible. Il releva ses yeux vers son jumeau essayant de chercher l'écho de son affirmation dans les yeux noisettes, un appui solide au milieu de cette mer d'incompréhension et de peur qui l'engloutissait.
"Tout le monde sait que Monsieur Vésinet est un tapette." lâcha lourdement le blond.
Les mots claquèrent dans le silence pesant comme plus tôt avait claquée la main pâle et délicate de son frère sur sa joue. Son souffle se coupa. Un flot de panique, de peur, d'inconnu, d'horreur, de honte, de haine empli le coeur de Vincent faisant remonter un goût amer dans sa bouche.
Il en a conscience, il le sait bien que son frère n'est pas l'adolescent lambda normal. Philippe a toujours eu peur du bruit, de la violence, de la force et n'avait jamais supporté ces brutes médiévales qui se pensaient chevaleresques, alors il avait trouvé refuge dans le calme et la délicatesse maternelle des femmes. Vincent et Philippe qui pourtant se ressemblaient quasiment trait pour trait autrefois étaient devenu si différent maintenant. Alors que lui avait pris en carrure et masse musculaire, s'usant les mains aux entrainements d'armes et aux bagarres contre Saint-Germain-en-Laye, Phil lui restait dans ses appartements de longues heures prenant soin de son hygiène et de son apparence, brodant, lisant des pléiades et des paraboles humanistes. Cette différence terrifiait Vincent, on lui ôtait son frère jumeau, son double, le seul qui comprenait tout ce qu'il ressentait, son seul appui, sa seule véritable famille en tant que représentant.
"J'essaye seulement de te protéger."
Les orbes noisettes s'adoucirent.
"Je sais ce qu'il te font. J'ai peur pour toi, je ne veux pas perdre mon frère."
Une larme roula sur la joue du brun presque aussitôt suivie par un millier d'autres. Comme un enfant perdu il s'approcha de son jumeau et nicha son visage humide dans le cou albâtre entourant ses bras autour de ses épaules délicates, s'y accrochant comme un naufragé à la vie. Ses doigts appuyèrent sur les immenses ecchymoses défigurant ce dos parfait, remontant pour caresser les égratignures lézardant la nuque tendre. Phil frissonna sous ses doigts et une étreinte douce entoura le corps tremblant de Vincent.
"Ça fait mal?"
"Un peu."
Le brun posa un baiser dans le cou de son jumeau qui le serra d'avantage. Chaque fois qu'une blessure disparaissait une autre apparaissait. Il reposa ses lèvres contre la peau douce de Phil et les laissa papillonner sur toutes les parcelles de chaire visible.
"Ça chatouille, gloussa le blond, qu'est ce que tu fait?"
"Je te lave des douleurs impures."
Vincent sourit quand le rire de son frère retentit dans les airs.
"Je t'aime."
"Pédé va." se moqua Philippe faisant rire son frère à son tour.
Il y avait au moins une infinité de choses que le Pecq ne comprenait pas. Mais il savait dur comme fer que pour lui son frère comptait plus que tout.
Review? :3
