Alors voilà, je crois que la fic fera 6 chapitres. M'enfin, je ne suis pas encore sûre du découpage.
J'ai deux autres fanfics en cours sur Reborn!. Mais cette fois, je change de couple. J'espère pouvoir vous les présenter bientôt sur le site.
Vous savez, je me suis pas mal documentée, à partir de ce chapitre. J'espère que ça se verra et rendra l'histoire crédible...
Squalo était à la douche. Nu sous le jet, il regardait l'eau savonneuse dévaler son torse lisse, glisser le long de son ventre, son bassin, puis courir sur ses cuisses et finalement s'échapper en tourbillonnant par le siphon.
Soudain, il entendit la porte s'ouvrir et des pas légers s'approcher de la cabine.
- VOIIIII, hurla-t-il en tirant vivement le rideau en plastique avec des petits canards jaunes, pour surprendre l'intrus. Belphégor je vais te...
Ce n'était pas Belphégor.
- Tu vas lui faire quoi, à Belphégor ?, interrogea Mammon, sarcastique.
L'épéiste rougit. Il était persuadé que c'était l'adolescent, venu lui faire une énième mauvaise blague dont il avait le secret.
A croire qu'il était obsédé par le jeune garçon - mais non ! Il cherche juste un moyen
de l'humilier, c'est tout !
- Rien, grogna-t-il en s'enroulant la taille dans une serviette. Qu'est-ce que tu veux ?
Mammon le détailla d'un oeil expert (d'expert comptable, précisons).
- Je suis venu te prévenir que nous avons une mission. Enfin, je devrais plutôt dire "vous". C'est Bel et toi qui vous en chargerez. Soyez prêts à partir dans deux heures.
- Quoi ?! Depuis quand c'est toi qui accepte les cibles !, rugit le squale. Et arrête de
me regarder comme un morceau de viande, bordel !
L'arcobaleno haussa les épaules.
- Mais tu ES un morceau de viande. Et plutôt efficace, enfin, c'est-ce qu'il paraît. Alors tu vas aller à Venise et t'occuper de cette cible, sinon tu pourras dire adieu à ta place dans la Varia. Cela dit, tu pourras toujours te reconvertir dans un autre domaine qui rapporte aussi beaucoup d'argent...
Il jeta un regard long et éloquent à la minuscule serviette bleue qui dissimulait son
entrejambe.
- VOIIII !, gueula le bisho, vexé. DEGAGE !
Le bébé sortit en ricanant, fier de sa petite plaisanterie.
Squalo se mettait à ruminer. Il allait devoir passer plusieurs jours en tête à tête avec
l'autre idiot. Perspective peu réjouissante. Mais moins que celle de perdre son travail.
Il soupira de lassitude et se retourna vers le lavabo, s'y pencha. La serviette retomba,
et il se regarda dans le miroir.
C'est alors qu'il vit Bel. Derrière lui, sur le seuil de la salle de bain.
Ses fringues à la main.
- VOIIIIIIIIIIIIIII, hurla Superbi en se retournant brusquement. Si tu fais ça, t'es un
homme mort !
- Ushishishi, on verra bien !, s'exclama le garnement en s'enfuyant, un rose léger aux
joues.
- Reviens ici, VOIIIII !!
…
Dans le salon, Levi, Lussuria et Mammon (assis sur Gola Mosca) prenaient le thé.
- Hum, on dirait que tout est revenu à la normale, fit remarquer le punk par dessus les
imprécations injurieuses du squale dans le couloir, entre deux Ushishishi.
- Certes, mais mon plan est bien plus élaboré que ça. Et de plus, il nous rapportera de
l'argent, que demander de plus ?, déclara l'illusionniste.
- Super, marmonna Levi avec un pessimisme qui frôlait la mauvaise foi.
En fait, il était toujours fâché contre Squalo pour l'avoir étranglé.
…
Les jours qui suivirent, l'ambiance fût un peu plus détendue. Les éclats de rire de
Belphégor résonnaient dans le manoir, suivit des jurons plus ou moins fleuris du
Varia victime d'une de ses farces de mauvais goût.
Étrangement, seul Squalo fût épargné.
Un soir, juste avant dîner, Lussuria, qui venait de s'asseoir sur un coussin péteur, en demanda la raison à Bel.
- C'est parce que je me réserve pour la mission, ushishishi, avait répondu le prince en
déchirant un morceau de viande saignantes avec ses dents.
Quant à Superbi, il voyait un plan faire peu à peu jour dans son esprit.
A propos des yeux de Belphégor.
...
Et enfin, la date arriva.
Bel et Squalo débarquèrent dans la suite de leur hôtel aux alentours de minuit, chargés
de leur valise respective.
- Voiii, je rêve, il n'y a...qu'un lit ! Foutu Mammon, à toujours vouloir faire des économies !, gronda le squale.
L'adolescent se tût, les joues rouges, et ouvrit son bagage, dévoilant une série de couteaux effilés de différentes tailles, ainsi qu'un rouleau de fils de nylon
des fringues de rechange pliés n'importe comment, une paire de jumelles infra-rouge,
des micro-caméras et d'autres accessoires pour jouer au parfait petit tueur à gages.
- Yû Kanda, un manieur de katana de mérite. Il a déjà vaincu bon nombre de
combattants. On dit qu'il a failli se battre contre l'empereur de l'épée, et il aurait
gagné, mais il a choisi de se retirer du monde de la mafia. Il est jugé trop dangereux
pour être laissé en vie. C'est pourquoi il est constamment accompagné par trois gardes
du corps triés sur le volet. Ils s'appellent Hotta (le chauve), Aijima (le moustachu) et
Tachibana (le blond). Il...oh !
- Quoi ?, fit Squalo en regardant par dessus son épaule, respirant dans son cou.
"Qui l'eût cru ?, ricana intérieurement le squale. Prince the ripper sent la fraise et la cannelle."
Bel frissonna et un large sourire s'étendit sur ses lèvres.
- C'est le prince déchu d'une petite province au Nord de l'...
- Un prince déchu ?, le coupa le bisho aux cheveux argentés.
- Oui, chuchota le blond d'un air grave. Que la famille royale a renié.
Superbi ricana, puis il prit connaissance des caractéristiques de leur proie. Il sentait déjà l'excitation l'envahir à la perspective du combat qui s'annonce. Une fois dans son lit - un futon improvisé à même le sol -, il ne réussit pas à dormir.
Bel non plus. Mais pour une toute autre raison.
Car lui aussi était un prince déchu.
…
- Voiiiii, ça me soule !, gueula Squalo en se débattant avec un nœud de cravate.
- Laisse-moi faire, intervînt Bel en écartant la main du squale.
Jouant de ses doigts fins avec dextérité, il réussit à nouer la lavallière, comme il venait de le faire avec la sienne.
- Voilà !, dit-il en souriant, reculant d'un pas.
Squalo rosit et détourna la tête, gêné.
- Je ressemble à un clown ! Voi !
Le prince lui sourit, presque réconfortant.
- Mais non, tu es très élégant.
Et en effet, dans son ensemble gris perle à motifs formés d'arabesques, en soie qui s'harmonisait parfaitement avec ses longs cheveux retenu en catogan, retombant gracieusement dans son dos, il était splendide.
Bel n'avait pas moins d'allure en redingote en velours bleu nuit au col rehaussé de fils d'or, sa chemise à rayures impeccable - ce n'est visiblement pas un vêtement issu de sa valise - et un legging en velours de la même teinte, très près du corps, soulignant ses jambes sveltes et galbées.
Pour dissimuler son embarras, le lieutenant de la Varia grogna un truc inaudible et enfonça son chapeau haut de forme sur sa tête.
- Allons-y.
Mais une fois dehors, en voyant le moyen de transport qui les attendait, il se rétracta.
- J'y vais pas.
Il se détourna, mais Bel l'attrapa par le bras et susurra à son oreille :
- Mammon a déjà réglé les frais de transport. Tu sais ce qui va arriver si tu refuses de monter…
Squalo gémit, poussé par le désespoir :
- Mais pourquoi on n'a pas prit le Vaporetto, comme tout le monde ?! En plus ça coûte sûrement moins cher !
Bel haussa une épaule et le tira.
- On n'a pas le temps de prendre le bus. On doit être au théâtre avant 21h.
Et finalement, ils montèrent tous les deux dans la gondole.
Squalo s'assied sur son banc et bougonna.
- Cette soirée est la plus ridicule de ma vie.
Bel s'assied à côté de lui et l'enlaça par la taille. Moqueur :
- Pourquoi donc ? Tu es dans une des plus belles villes du monde, le ciel se teinte de nuances roses, les étoiles commencent à y briller, l'ambiance est romantique à souhait, et tu as près de toi un jeune et beau prince, doublé d'un génie, ushishishi !
Pour répondre à la provocation, l'épéiste lui mit son coude dans le ventre. Le prince se plia en deux et sa couronne glissa de ses cheveux.
- Oh non !, fit le garçon en se penchant vivement pour la rattraper.
Ses doigts l'effleurèrent, mais l'objet tomba dans le canal.
Bel allait se jeter à l'eau - un prince sans couronne, de quoi il aurait l'air ? - quand soudain Superbi plongea rapidement le bras et récupéra le diadème.
- Ma manche est trempée, marmonna-t-il en tendant son bien à Belphégor.
Ce dernier semblait l'observer avec étonnement derrière sa frange.
- Bon, tu la prends, ou je la rebalance à la flotte !, grogna le squale.
L'adolescent s'empressa de remettre la petite couronne sur sa tête blonde. Il regarda alors Squalo qui essorait sa manche comme il pouvait.
- Merci.
L'épéiste se figea. Il tendit l'oreille. Non, il avait dû rêver.
Il se remit à tordre le tissus de sa veste, les joues un peu rougies.
…
Le gondolier les déposa non loin du théâtre. Ils marchèrent, traversèrent la terrasse d'un café où des gens discutaient encore alors que la nuit était tombée.
Cependant, l'air était chaud, et la manche de Squalo était à peine humide quand ils arrivèrent face au theatro La Felice.
C'était un grand bâtiment à la façade d'un blanc crayeux, semblant jaune à la lueur des lampadaires. Des colonnes encadraient l'entrée, supportant un balcon auquel était suspendus trois drapeaux qui flottaient dans l'air nocturne avec un léger « flap flap ».
A l'intérieur, les gens se pressaient vers la salle, le spectacle allait bientôt commencer.
Bel sortit leurs deux places.
- Nous sommes dans une des loges, à la droite de celle où sera Yû Kanda. Il devrait arriver une fois la lumière éteinte, afin de ne pas se mêler à la foule et risquer qu'un tueur ne s'y cache.
Squalo hocha silencieusement la tête. Cette atmosphère feutrée dans le couloir menant aux balcons le mettait mal à l'aise et accentuait son excitation en même temps. Il n'arrivait plus à réfléchir. Ses pensées tourbillonnaient autour d'une seule idée : combattre Yû Kanda et le tuer.
- Cependant, on ne l'attaquera pas tout de suite, précisa Bel en pénétrant dans la loge.
- Quoi ?!? VOIIIII ! Pourquoi ça ?!, rugit Squalo.
- Ta gueule, rétorqua le blondinet en s'installant dans un des fauteuils. On l'attaquera au moment où ses gardes du corps se seront un peu détendus et que Kanda lui-même sera absorbé par le spectacle, donc moins réactif. C'est-à-dire presque à la fin de l'opéra. Hey, tu m'écoutes !
- Oui, oui, grommela le bretteur. Mais je ne comprend toujours pas pourquoi il faut attendre.
Belphégor soupira.
- Eh bien fait comme si tu avais compris.
Le squale grimaça.
- Arrête de me prendre de haut putain !
Bel regardait le parterre qui se remplissait en dessous d'eux.
- Tu ne fais aucun effort. Depuis qu'on est arrivé, tu te contentes de tirer la tronche. Ça ne me donne même pas envie de te faire des blagues.
- Tant mieux, tes blagues ne sont pas drôles. Et d'ailleurs, puisqu'on n'en parle, j'ai détesté ton speech dans la barque…
- La gondole.
- On s'en fiche ! Tu me prends pour qui ? Ta nana ?
- La ferme ça commence, l'interrompit sèchement Belphégor tandis que les lumières baissaient.
- C'est quoi qu'on va voir s'ailleurs, chuchota Squalo à l'oreille du prince.
Celui-ci eut un frisson.
- Götterdämmerung.
Le squale s'écarta.
- Comment tu m'as appelé espèce de petit…
- C'est le titre de l'opéra. Le Crépuscule des dieux. T'as qu'à lire le programme.
- C'est allemand ?
- Oui, c'est de Wagner. Mais ne t'inquiète pas, c'est surtitré, dit le jeune homme en désignant un petit écran.
- Fais chier. J'ai toujours détesté les films en V.O.
Bel lui prit la main et serra, les yeux rivés sur la scène.
- Tais-toi…et regarde.
C'est alors que l'opéra commença. Et Squalo en oublia même d'en coller une à Bel, en oublia Yû Kanda…et oublia de retirer sa main.
