ChickenCondition : Y a un complot ? Les nouvelles lectrices ont obligation de me faire rougir à leur première review, un truc comme ça ? Entre celles qui lisent tout d'une traite quitte à manger devant, et celles qui y passent 'tout leur temps libre'... Je vais me transformer en écrevisse ! Je suis contente que tu t'attaches aux personnages, ça veut dire que la traduction est réussie. Pour ce qui est de la guérison de Bilbon... Je t'invite à lire le chapitre d'aujourd'hui^^
Elodie : Qui sait, elles nous surprendraient peut-être^^
justelaura : Mais si, je dors, ne t'inquiète pas ! Il n'y a guère que Lobélia à être désagréable, parmi les hobbits... Et oui le chapitre va être mouvementé, c'est le moins qu'on puisse dire !
Julindy : Je suis d'accord, Dwalin n'est pas juste un gros bourrin. Je crois qu'ils ont tous gagné, finalement... Lobélia est partie en courant après tout ! Le chapitre du jour... tu as raison de le craindre. Il fait mal.
Little-ratgirl : Je te remercie, mais ce n'est pas moi qui écris, je ne fais que traduire. Pour Lobélia, on en a fini avec elle pour un bon moment.
Aliena wyvern : Il ne faut pas, elle l'a mérité !
Noooo Aime : Tu es bien gentille mais j'en ai déjà plein en cours, des histoires ! Pour de bonnes fics en anglais sur Bilbon et Thorin je te conseille d'aller voir sur Archive of our own. Mal au crâne ? Mais il faut pas lire sur un écran quand on a mal au crâne ! C'est pas la peine de se précipiter sur le chapitre, il ne va pas disparaître !
Pour Lobélia, c'est fini pour le moment. On la reverra... plus tard... et tu comprendras pourquoi je l'ai comparée à Denethor et pas, par exemple, à Ecthelion... Et oui les vautours doivent voir les carnages comme un festin de Noël !
Plus dangereux que quoi ? Plus dangereux que quand il se bat furieusement, bien sûr. Pas mal le jeu de mots 'Sacquet de Poubelle'... Lobélia n'apprécie rien de toute façon. Smaug en oncle Picsou. À quoi ça ressemble dans ta tête pour trouver des trucs comme ça ? XD
Moi aussi j'ai aimé la raison de son célibat, beaucoup de fics disent que c'est parce qu'il est assez riche et que donc la plupart de ses prétendant-e-s en avaient après ça. Dwalin est toujours protecteur, tu l'as bien vu^^
Non mais Lobélia elle a lu le 'manuel de ce qu'il ne faut pas faire', sauf qu'elle a mal compris le titre et elle a cru que c'était 'manuel de ce qu'il faut faire', je vois que ça comme explication. Mais entre Dwalin et Esméralda, elle reçoit ce qu'elle mérite !
Par contre Tauriel ne drague pas Esméralda elle la défend plutôt comme une petite sœur, c'est Essé qui est à fond sur elle. Comme je disais l'autre jour, c'est un crush d'adolescente Tauriel ayant (en âge humain) environ 25 ans (je pense), elle est flattée mais pas intéressée. Kili n'est pas subtil. Voir sa romance 'secrète' avec Legolas. Primula est plus douée lol
Vi Dwalin est comme un gosse quand il est question de biscuits, et la fin est très touchante. Le chapitre va être dur à lire, mais comme tu dis, ils en ont besoin.
Ces paroles empoisonnées seront notre perte
Résumé : Le voyage de retour vers Erebor aurait dû être beau : il avait son nouvel époux à ses côtés, de joyeux compagnons qui étaient maintenant sa famille, et un endroit sûr pour se reposer à Fondcombe.
Mais la suggestion de Thorin, de dire la vérité sur l'Arkenstone et le bannissement, mijote dans la tête de Bilbon depuis plusieurs jours maintenant. Il n'est pas entièrement certain de pouvoir garder les mots, ou la douleur derrière eux, pour lui-même pendant un moment de plus. Même s'ils ne font que rouvrir une blessure qui n'a jamais vraiment guéri. Même s'ils risquent de réduire en miettes un mariage tout jeune.
(-)
« Je vois quelque chose de vert.
- Oh, par Mahal, j'vais pas encore jouer à ça 'vec toi, grogna Dwalin. »
La frustration ne faisait qu'empirer son accent. Kili l'ignora fabuleusement, à l'opinion de Bilbon.
« Ce n'est pas l'herbe.
- Oh, voilà un soulagement.
- Les décorations sur votre cheval, peut-être ? demanda innocemment Legolas – mais le regard dans ses yeux était malicieux.
- Bien sûr vous êtes de son côté. »
Thorin renifla sur son cheval à côté de Bilbon. Ils étaient au milieu de la caravane, Kili et Legolas à l'avant, avec Dwalin juste derrière eux, et Tauriel et Bifur qui gardaient l'arrière. C'était étrange, étant donné que ces deux-là auraient dû être ennemis mortels, même si beaucoup avait changé pendant le long voyage à travers la Terre du Milieu. Mais l'attitude silencieuse et presque calme de Bifur, qui formait un contraste saisissant avec la lame de la hache plantée dans son crâne, avait rendu Tauriel apparemment plus disposée à voyager avec lui qu'avec les autres nains. Les elfes dans l'ensemble étaient une race silencieuse et contemplative, ce qui n'était pas étonnant, avec l'éternité qui s'étendait devant eux. Les nains, dans l'ensemble, étaient plutôt l'opposé.
Tauriel était plus impétueuse et spontanée que les autres elfes que Bilbon avait rencontrés. Elle était jeune, comme Legolas, et cela se voyait. Mais quand Tauriel se lassait de badiner avec Gimli et Dwalin et n'importe lequel des autres nains, c'était vers Bifur qu'elle allait, ou Bombur, qui en disait peu mais cachait un grand cœur.
C'était bon de voir une camaraderie entre eux, et Bilbon en était plus ravi que n'importe qui, à part peut-être Legolas. C'était bon de les voir tous partager le même esprit. Même s'ils n'avaient pas tout partagé : les elfes n'avaient pas vu le long voyage vers Erebor. Et ils n'avaient certainement pas été là quand Thorin avait failli tuer Bilbon à cause de l'Arkenstone.
Bilbon inspira lentement. Là, il l'avait dit, ou pensé. Son époux, son Thorin, chevauchait à ses côtés, inconscient de ce que pensait Bilbon. Et Bilbon ne devrait pas s'attarder sur le passé, parce que Thorin lui avait à nouveau offert sa broche, et ils avaient échangé perles et anneaux, et ils étaient mariés. Thorin l'aimait.
Mais peut-être que Thorin avait raison. Peut-être que Bilbon n'avait pas laissé ça derrière lui. Depuis qu'ils avaient quitté la Comté, ses pensées dérivaient sans cesse vers Erebor et l'Arkenstone. Il se demanda où elle était, maintenant, et il réalisa assez brusquement qu'il ne le savait pas. Il n'avait pas la moindre idée de ce que Thorin avait fait de la pierre. Elle n'était pas au-dessus du trône, et elle n'était pas dans la couronne que Thorin détestait secrètement porter. Bilbon ne l'avait pas vue du tout. Et il n'avait jamais demandé, parce qu'il n'avait pas voulu savoir. Il ne voulait pas penser à la pierre ou à Thorin en train de le suspendre par-dessus le bord du mur ou à son bannissement ou à ce qu'il aurait dû faire différemment-
« Allez, essayez juste de deviner : je vois quelque chose de vert !
- L'arrière de ta tête quand je t'aurai fait tomber de ton cheval et dans l'herbe, marmonna Dwalin. »
Kili roula des yeux.
« C'était cet arbre, loin devant : le gros sur la colline.
- Ils sont tous verts, Kili, dit Thorin d'un ton incrédule. Tous les arbres sont verts.
- Mais ils ne sont pas tous cet arbre, n'est-ce pas ? »
Legolas sourit, Bilbon réussit à retenir un rire quand Dwalin marmonna quelque chose de certainement déplaisant en Khuzdul, à en juger par son ton. Thorin se contenta de secouer la tête, mais l'amusement dans ses yeux était évident.
« A mon tour, dit Dwalin. Je vois une noix.
- C'est trop précis, protesta Kili. Il faut donner un indice plus vague que ça !
- La tête de Kili, répondit Bilbon. »
Thorin toussa.
« Bilbon gagne. Suivant ?
- Hé ! »
La discussion se poursuivit, pleine de plaisanteries et de rire, et ç'aurait dû être une brillante journée. Même la pluie s'était calmée, même si le ciel était encore gris. Ils étaient assez loin de Hobbitbourg pour échapper au plus gros des tempêtes, mais la pluie viendrait. Cela dit, même s'il y avait une tempête, ils riraient et seraient joyeux et les choses seraient bien.
Et pourtant Bilbon n'arrivait toujours pas à sortir l'Arkenstone ou le bannissement de sa tête. Le passé ne cessait d'envahir cette belle journée où il chevauchait aux côtés de sa famille, maintenant, aux côtés de son époux. Il y avait de la joie à trouver dans les taquineries sans méchanceté de Kili et Dwalin et le sourire brillant de Legolas et le doux rire de Thorin qui demeurait l'un des sons préférés de Bilbon. Même Tauriel lançait des encouragements, les narguant tous avec des remarques acérées qui donnaient un large sourire à Dwalin tandis qu'il lui rendait la pareille.
Pourtant le passé demeurait.
Alors il se concentra sur le fait de rire avec les autres de son mieux, bien que ses lèvres semblent trop pincées et son visage trop fermé. Il afficha son meilleur masque et sourit quand il le devait, et si son sourire était un peu terne et n'atteignait pas ses yeux, personne ne dit rien.
(-)
Le gros arbre que Kili avait aperçu plus tôt dans la journée fournit un endroit parfait où camper pour la nuit. Le soleil commençait juste à disparaître sous l'horizon quand ils atteignirent l'arbre, se reposant haut au-dessus du reste du terrain. Avec deux elfes dont les yeux et les oreilles pouvaient tout voir et entendre, Thorin n'avait aucune inquiétude quand à la nuit à venir. Non, il avait d'autres choses en tête.
Comme Bilbon.
Si Bilbon avait été silencieux et inquiet avant le mariage, ce n'était rien comparé à la joie forcée qu'il affichait maintenant. Il y avait presque un désespoir dans ses yeux, ses lèvres serrées comme pour retenir quelque chose. Et Thorin avait une bonne idée de ce qu'il retenait.
Le jour suivant les célébrations du mariage s'était levé couvert de nuages et de hobbits indiscrets, mais Bilbon avait quand même été joyeux. Il avait été difficile de ne pas sourire quand chaque hobbit les avait salués avec des félicitations et des vœux de bonheur. Bilbon avait souri et ri et était si joyeux que Thorin avait voulu capturer le moment, pour toujours avoir Bilbon comme ça. Ils avaient été heureux, si heureux, ces quelques jours à Hobbitbourg.
Ils avaient été heureux en partant, aussi. Gandalf leur avait assuré qu'il rendrait visite à Erebor, quand il en aurait l'occasion, et ils avaient rapidement atteint Bree. Puis ils étaient partis sur la route, tous de bonne humeur. Et quelque part sur le chemin, la bonne humeur de Bilbon avait lentement commencé à disparaître.
Thorin savait pourquoi. Il avait même dit à Bilbon de faire cela, ou plutôt, de ressentir cela. La nuit de leur mariage, avec de la pluie à l'extérieur et des larmes à l'intérieur, avec les mots durs de sa cousine pesant sur lui, Bilbon avait admis avoir de la peur et des doutes. Des inquiétudes que Thorin avait mises là, quand il avait banni Bilbon. Du temps avait passé, de l'amour avait été échangé, le pardon avait été offert et pris.
Mais le passé n'avait pas été mentionné, avait été poussé de côté dans un coin sombre. Le problème de cette stratégie était que les problèmes grandissaient souvent jusqu'à devenir une bête féroce qui détruisait tout ce que vous aviez construit. Thorin avait dit à Bilbon qu'ils devraient parler, devraient laisser Bilbon être en colère contre Thorin. Quelque chose qu'il n'avait pas vraiment fait depuis que Thorin l'avait rejeté si longtemps auparavant.
« Encore de la viande, mon Oncle ? »
Thorin jeta un regard à Kili, qui tenait une poêle entre les mains. Il secoua la tête, baissant les yeux vers son repas quasiment intact. Bilbon semblait aussi picorer le sien, même s'il le faisait d'une manière bien plus convaincante que Thorin, car personne ne semblait remarquer.
« Non, ça va aller, dit Thorin. »
Il prit une bouchée pour le prouver. Elle était délicieuse sur sa langue, mais reposa lourdement dans son estomac.
De l'autre côté du feu, Legolas et Dwalin lui adressaient tous deux des regards acérés. Aucun d'eux ne regardait Bilbon. Et vraiment, il était tellement évident que Bilbon était plus en détresse que Thorin, et pourtant ils regardaient vers lui-
Parce qu'ils savaient. Ils savaient que quelque chose n'allait pas avec Bilbon, ils le savaient tous. Pourtant ils voulaient aussi le laisser tranquille, lui donner de l'espace pour respirer. Un élan d'affection envahit Thorin quand il réalisa la profondeur de leur sagesse et de leur gentillesse.
Sauf que maintenant, leur silence avait été remarqué, et Bilbon repoussa son assiette de ses genoux pour la poser au sol.
« J'ai manqué quelque chose ? demanda-t-il. »
Il essaya de garder son ton léger, mais le désespoir était de nouveau là, et derrière lui, une petite flamme de colère.
« J'étais concentré sur la viande de lapin, désolé.
- Nous, euh, nous aussi, dit Kili en levant la poêle en guise de preuve. »
Bilbon lui adressa un regard incrédule. Kili lui rendit la pareille. La brûlure d'une éventuelle dispute à venir commençait à dresser les cheveux de Thorin sur sa nuque. Il s'éclaircit la gorge.
« Peut-être que nous devrions commencer à étendre nos sacs de couchage.
- Je mettrai le mien sous les étoiles, dit Dwalin. Même s'il n'y en a pas beaucoup à voir, avec cette tempête qui arrive. Ce sera bien d'en profiter maintenant : elles ressemblent à des gemmes pour moi, les plus belles gemmes qu'on puisse trouver.
- Elles sont ravissantes, dit Bilbon. »
Il regarda alors droit vers Thorin, avec sur le visage un mélange de supplication et de défi, Arrête-moi et Tu m'as demandé ça.
« Elles brillent autant que l'Arkenstone, n'est-ce pas ? »
Le camp entier fut réduit au silence, comme si le nom de la pierre était trop maudit pour le prononcer. Bilbon tremblait,de minuscules tremblements que Thorin pouvait voir depuis l'autre côté du feu. Ses yeux étaient écarquillés, comme s'il n'arrivait pas à croire qu'il venait vraiment de dire cela, mais ses lèvres étaient pincés avec détermination.
Eh bien, Thorin avait demandé cela. La bête féroce dans le coin s'était enfin réveillée.
« J'ai changé d'avis : je crois que je vais dérouler mon sac de couchage en bas de la colline, dit Dwalin. »
Comme un seul homme, tout le monde se leva avec lui. Tauriel semblait éberluée, plus que Thorin ne l'avait jamais vue auparavant, mais Legolas et Bifur l'emmenèrent rapidement avec eux tandis que tout le monde s'éloignait du feu. Thorin crut voir Dwalin prendre une partie du petit bois avec lui, et deux feux étaient dangereux, même dans les zones les plus sûres autour de la Comté, mais il ne put se forcer à dire quoi que ce soit.
Pendant si longtemps, tout le monde avait dansé autour de l'Arkenstone, sans jamais en parler, sans jamais poser de questions à son sujet. Bilbon l'avait à peine mentionnée, et n'avait certainement jamais rien demandé. Entendre le mot tomber de ses lèvres avait presque fait grimacer Thorin. Ça semblait... erroné.
Bilbon demeura assis au sol, son dos contre la bûche que Dwalin avait tirée près du feu. Ses yeux étaient fixés sur ses mains, et il tremblait toujours. Il rappelait à Thorin un animal sauvage, encerclé et prêt à s'enfuir d'une seconde à l'autre. Bilbon ne devrait jamais ressembler à cela, jamais, et Thorin se leva lentement, son propre dîner oublié depuis longtemps. À chaque pas qu'il faisait, Bilbon sembla rétrécir de plus en plus jusqu'à ce qu'il n'y ait qu'une masse de hobbit recroquevillée contre la bûche.
Il se demanda si Bilbon s'était jamais caché ainsi sur le chemin vers le Mordor, et cela n'était pas une direction qu'il voulait prendre. Il ne supportait pas d'y penser.
« Je ne voulais pas parler de ça, dit Bilbon. »
Ses mains se refermèrent en poings sur ses genoux, et ses yeux fixèrent le vide.
« Mais tu as mis cette idée dans ma tête et maintenant je ne peux pas m'en débarrasser-
- Paix, murmura Thorin en s'agenouillant. »
Il plaça ses deux mains sur celles de Bilbon, et une partie des tremblements se calmèrent. Cela encouragea Thorin : s'il pouvait encore fournir de la force à son bien-aimé, son époux, alors ils iraient bien.
« Parle de tout ce dont tu as besoin. »
Mahal savait que Thorin méritait tout ce que Bilbon lui jetterait.
« Je veux rien dire ! siffla Bilbon. »
Il leva un regard incendiaire vers Thorin, mais ses yeux étaient couverts d'un rideau de larmes.
« Je veux, je veux que ce soit dans le passé, je ne veux pas devoir continuer à penser à l'Arkenstone et où elle se trouve et-
- Elle est dans les voûtes, lui dit Thorin. »
Bilbon cessa de parler si abruptement que Thorin craignit presque pour ses dents, vu la façon dont elles s'étaient entrechoquées.
« Fili l'a mise dans les voûtes pour moi, après que Bard l'ait rendue. Je ne pouvais pas... Je ne pouvais pas la regarder.
- Parce que tu ne supportais pas de la voir, ou parce que tu voulais la contempler ? demanda Bilbon d'un ton acéré. »
Les larmes dans ses yeux s'accumulaient encore plus, et certaines commencèrent à couler pour glisser le long de son visage, comme une excuse pour avoir prononcé les mots qui étaient retenus depuis trop longtemps.
Thorin ne méritait pas une excuse. C'étaient des mots qui auraient dû être prononcés depuis longtemps, pour le bien de Bilbon.
« Parce que la regarder me rappelait le vrai trésor que j'avais perdu, dit Thorin. »
Pendant un moment, ses paroles semblèrent apaiser Bilbon, et le Bilbon qui avait porté l'Anneau à travers la Terre du Milieu, qui l'avait épousé quelques jours plus tôt, était juste devant lui. Il y avait de la gratitude et de l'amour et de l'émerveillement, et Thorin se sentit comme au Gondor, quand il avait été réuni avec Bilbon : indigne de cela mais égoïste, désirant le pardon que Bilbon offrait si facilement, dont il avait besoin. Pendant un moment, tout était là.
Puis en un clin d'œil il disparut, et le Bilbon blessé que Thorin avait chassé prit sa place, encore plus en colère qu'avant.
« Étais-je ton vrai trésor quand tu m'as chassé ? Étais-je seulement un trésor tout court avant que cela arrive ?
- Bilbon, tu étais- »
Bilbon se hissa sur ses pieds et commença à faire les cent pas en face du feu.
« Tu m'as suspendu au-dessus de la plus grande chute que j'aie jamais vu. Tu avais de la haine et du feu et le meurtre dans les yeux, et cet, cet horrible rideau de fièvre de l'or dont je savais qu'elle était là rien qu'en te regardant ! Tu m'aurais tué, tout ça pour une, une saleté de pierre ! »
Chaque mot était comme une dague dans son cœur. Thorin regrettait le peu de nourriture qu'il avait avalé au dîner, se sentant plus malade à chaque mot qui tombait des lèvres de Bilbon. Une partie de lui sentit des paroles rassurantes sur le bout de sa langue, des paroles qui promettraient ce que Bilbon représentait pour lui, avait toujours représenté pour lui, que Bilbon ne devrait pas douter de lui, ni maintenant ni jamais. Mais elles étaient dures à prononcer, face à tant de douleur, surtout quand davantage de douleur continua à couler de son époux.
« Tu n'as même pas écouté ! J'essayais de nous sauver tous, de te sauver plus que tout le reste, car qu'étais-je censé faire d'autre ? Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Je n'étais qu'un hobbit qui ne pouvait quasiment rien faire-
- Cet argument n'a plus aucune force, dit Thorin, se levant enfin, pas quand tu as porté à toi toutseul l'Anneau de Pouvoir en Mordor pour le détruire. Tu es plus que juste un hobbit-
- Pas assez pour même négocier entre trois dirigeants pour mettre fin à une guerre absurde, répliqua Bilbon d'un ton mordant. Ou pour me défendre contre toi quand tu, quand tu m'as chassé et m'as dit que le temps qu'on avait passé ensemble, tes affections, tout cela était juste, juste, juste une- une babiole- »
Il tripotait ses cheveux, maintenant, les ramenant encore et encore derrière son oreille tandis qu'il babillait. Ce ne fut qu'après avoir suivi les gestes de Bilbon que Thorin réalisa qu'il ne ramenait pas ses cheveux en arrière, il jouait avec la tresse de mariage, ses cheveux glissant sur la perle que Thorin avait mise dans ses cheveux. Il s'y accrochait, comme il l'avait fait le soir du mariage, trempé et abattu.
Thorin eut l'impression que c'était lui qui était abattu maintenant. Une part de lui essaya d'en tirer de l'espoir, que Bilbon s'accrochait à sa promesse pour se rassurer, qu'il y croyait suffisamment et qu'ils ressortiraient de cette épreuve heureux, aimés. L'autre partie était misérable devant le fait que Bilbon estime nécessaire de s'y accrocher tout court.
Il se dirigea enfin vers Bilbon, presque réticent à le faire, de peur d'effrayer son époux. Mais Bilbon ne s'appuya que plus fermement sur ses pieds, refusant de bouger, alors même que son visage était encore plus trempé de larmes. Et toujours les mots tombaient de ses lèvres.
« Si tu m'avais jeté de la plus haute partie de la montagne, tu n'aurais pas pu me briser autant que quand tu as dit que tout ce que tu avais appelé bien-aimé, tout ce que tu m'avais promis n'était qu'une, une fausse promesse, que je ne comptais pas autant que cette pierre.
- Non, insista Thorin quand il ne put enfin plus le supporter. Tu comptes plus pour moi que n'importe quel joyau, n'importe quelle gemme, n'importe quel royaume sur cette pierre.
- Mais pas à ce moment-là, n'est-ce pas ? cria Bilbon. »
Il eut un hoquet et serra les poings devant lui.
« Tu voulais cette pierre plus que moi, et l'idée que je l'aie donnée-
- J'avais tort, dit Thorin. »
Il souhaitait maintenant n'avoir jamais encouragé Bilbon à penser à ce qui s'était passé. Parce que Bilbon semblait plus bouleversé, et non soulagé, à chaque mot qu'il prononçait, et Thorin se sentait si malade qu'il crut qu'il ne mangerait plus jamais. Sa poitrine était serrée, trop serrée, et il ne pouvait pas respirer. Il méritait chaque mot que Bilbon lui lançait, comme une flèche bien placée dans son cœur.
Mais Bilbon ne jetait plus les mots, il trébuchait avec, il perdait sa prise sur eux dans son chagrin, et c'était tellement pire. C'était Bilbon qui craquait après avoir porté ce poison en lui pendant si longtemps.
Et l'idée terrible que, peut-être, leur court mariage ne survivrait pas à cette nuit lui vint soudain en tête, et Thorin crut qu'il allait mourir.
« J'aurais pu, peut-être, renoncer à toi s'il y avait eu q-quelqu'un d'autre, dit Bilbon. »
Sa voixse nouait à chaque respiration, et Thorin sentit son cœur tomber dans sa poitrine.
« Quelqu'un d'autre à qui tu tiendrais, quelqu'un d'autre qui serait un nain et meilleur que moi, mais j'étais en compétition avec de l'or et une pierre, et tu m'as banni, tu m'as rejeté comme si je n'étais r-rien. Je n'étais, je n'étais rien pour toi, et tu ne sais pas ce que ça faisait. Même quand on a commencé le voyage vers Erebor, j'étais au moins quelqu'un, même si je n'étais pas quelqu'un que tu voulais dans la quête, mais ce jour-là j'étais un ennemi, quelqu'un à haïr et mépriser, et tu avais mon cœur, et je n'étais personne, une créature que tu ne pouvais pas supporter, et c'était, Thorin, c'était horrible et je voulais mourir. »
Bilbon laissa échapper un sanglot, si fort et si soudain, et il plaqua sa main sur sa bouche pour essayer de l'arrêter. Un deuxième suivit, une chose terrible qui secoua son corps entier.
« Je-je n'aurais pas d-dû le faire, sanglota-t-il. J'aurais dû, j'aurais juste dû leur d-donner m-mon or pour commencer, je n'aurais pas dû être aussi stupide, entièrement ma faute- »
Thorin le prit dans ses bras, refusant de le laisser continuer un moment de plus.
« Tu peux me crier dessus, dit-il – et sa gorge se serra tandis qu'il parlait, laissant à peine passer sa voix. Tu peux pester contre moi et me hurler dessus, mais tu ne peux pas reporter la faute sur mon époux. N'y pense même pas. »
Bilbon s'agrippa à lui, enfouissant son visage dans la tunique de Thorinet sanglotant si fort que son corps entier tremblait. Ses genoux cédèrent, et Thorin tomba avec lui, refusant de le lâcher. Chaque respiration humide que poussait Bilbon semblait plus douloureuse qu'un coup de poignard, et Thorin ferma les yeux quand il réalisa qu'ils brûlaient. Des larmes coulèrent le long de son visage, trempant sa barbe et le sommet des cheveux de Bilbon.
« J'avais tort, Bilbon, tellement tort, et quand je me suis enfin réveillé de la fièvre, tu étais parti et il n'y avait rien qu'une pierre froide à la place. Mon plus grand trésor, mon bien-aimé, parti, et personne d'autre que moi à blâmer. Il n'y aura jamais personne de meilleur que toi, jamais, ni nain ni homme ni hobbit qui puisse prendre ta place dans mon cœur. L'expression de ton visage quand je t'ai chassé... Mahal, ce souvenir me hantera pour toujours, dit-il d'une voix étranglée. »
Parmi les souvenirs flous de la fièvre de l'or, celui-là était vivace et trop clair : la pure agonie sur le visage de Bilbon tandis qu'il se recroquevillait loin de Thorin sur le sol, les larmes dans ses yeux...
« Je suis tellement désolé, réussit à dire Thorin. Bilbon, bien-aimé, je suis tellement désolé. »
Bilbon resserra sa prise mais ne sembla pas pouvoir s'empêcher de pleurer. C'était comme si la douleur s'était accumulée jusqu'à ce qu'il ne puisse plus la retenir, et elle sortait d'un seul coup, incapable d'être contenue dans la petite silhouette de son époux. Thorin continua de le serrer dans ses bras, comme si d'une façon ou d'une autre il pouvait garder Bilbon en un seul morceau rien qu'avec ses bras et sa volonté. Il avait vraiment la sensation que la vie de son époux dépendait de sa présence, de son refus de lâcher, de son insistance à rester avec Bilbon, et l'idée qu'il tenait la vie de Bilbon entre ses mains était terrifiante.
L'idée qu'il avait tenu la vie de Bilbon entre ses mains auparavant et avait failli la jeter par-dessus le bord d'Erebor lui retourna l'estomac. Il ravala sa bile. Il ne pouvait pas se permettre d'être malade, pas quand ça signifierait devoir lâcher Bilbon.
Et il n'y avait rien qui puisse le forcer à lâcher Bilbon. Son époux, son bien-aimé, son monde.
S'il vous plaît, faites que ça l'ait aidé, songea-t-il en agrippant Bilbon, les pleurs et gémissements de son époux lui déchirant le cœur. S'il vous plaît, faites que ça guérisse ce que je n'ai pas pu guérir.
S'il vous plaît, faites que j'aie encore un époux au lever du soleil.
Il murmura de tendres promesses d'amour, de son cœur, des serments qu'il avait faits à Bilbon sous l'arbre à cœur. Il murmura ce qu'il ferait pour Bilbon chaque jour, si son époux le lui permettait, et peignit leur futur comme un chemin brillant et chatoyant devant eux. Il parla jusqu'à ce que sa voix se brise, à force d'utilisation et de larmes.
Puis il s'accrocha.
(-)
La soleil allait bientôt se lever : il le sentait. Ça rampait sous sa peau, une chaleur qui promettait une journée plus ensoleillée, si plus froide. Le vent qui murmurait au sujet d'une averse était encore loin, et s'ils maintenaient leur rythme, elle ne les atteindrait jamais, car ils seraient proches de Fondcombe à ce stade.
Il était plus facile de penser à la nouvelle journée devant Legolas qu'à la nuit qui venait de s'écouler.
Personne n'avait dormi. Les voix de Bilbon et Thorin étaient montées, juste assez pour que les nains grimacent devant le ton dur, bien qu'ils n'aient pas entendu les mots. Ils en avaient compris assez avec la douleur dans la voix de Bilbon, et sa jumelle dans celle de Thorin.
Legolas avait entendu chaque mot. Il avait essayé de les bloquer, mais chaque tentative de réduire leurs voix au silence avait échoué. Il avait vu la douleur de Thorin, lors du voyage à travers la Terre du Milieu, et avait entendu Bilbon parler avec hésitation de ses propres doutes et blessures. Mais l'entendre était bien différent.
Tauriel aussi avait tout entendu, mais n'avait appris leurs problèmes que par un bref résumé. Elle n'avait pas vraiment été témoin de la douleur de Thorin et Bilbon, ne les ayant rejoints que juste avant la bataille finale. Si Legolas avait entendu leur douleur sans l'avoir suivie, ça l'aurait stupéfait et il se serait senti encore plus perdu et glacé. Voir Tauriel se recroqueviller sur elle-même avait été presque insoutenable à regarder.
Apparemment, les nains avaient ressenti la même chose. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour réaliser la raison de la douleur des elfes, et ils avaient immédiatement commencé à se taquiner gentiment, essayant de communiquer avec Legolas comme avec Tauriel. Dwalin en particulier avait essayé de l'engager avec des taquineries sans méchanceté, et quand cela n'avait pas obtenu plus qu'un bref hochement de tête, il s'était concentré sur elle et lui avait parlé à voix basse et rassurante.
C'était Bifur qui s'était assis à côté de Tauriel, posant une main sur son épaule. Tauriel avait tiré de la force du nain, et Kili avait pris les mains de Legolas dans la sienne. Dwalin avait marmonné qu'il n'avait pas d'elfe à câliner, puis avait grimacé à ses mots, et enfin Tauriel avait laissé échapper un sourire doux.
Cela les avait aussi aidés que les paroles venant du campement sous l'arbre se soient arrêtées, et n'aient été remplacées que par un relâchement de chagrin et de peine. Le torrent de douleur avait été une décharge attendue depuis longtemps, et avait donné la même impression que quand on purifiait une blessure : une douleur aiguë suivie des pas lents vers la guérison.
Mais ils ne pouvaient toujours pas dormir. Legolas avait l'impression d'être appuyé contre des aiguilles pointues, ses nerfs ne demandant qu'à retourner au campement, pour voir si Bilbon allait bien, si Thorin allait bien. La douleur de Bilbon avait été longue à venir, mais Thorin avait tout supporté. Peu importe à quel point la vérité avait été méritée, la recevoir en pleine figure pourrait écraser n'importe qui.
« C'est bon, dit enfin Kili. »
Il se leva tandis que tout le monde sursautait.
« Je vais là-haut.
- Kili, avertit Dwalin. »
Mais Kili était déjà parti et courait vers la colline. Dwalin jura et se leva aussi, tendant les bras pour faire lever Tauriel d'une main et Bifur de l'autre. Legolas courait déjà après son bien-aimé, bien que Kili ait une bonne avance sur lui. À la minute où Kili atteignit le sommet de la colline et disparut de sa vue, Legolas serra les dents et se déplaça encore plus vite.
Si vite, en fait, qu'il faillit entrer en collision avec un Kili immobilisé en haut de la colline.
« Kili, dit Legolas. »
Mais Kili leva la main pour le faire taire. Ce fut seulement quand Legolas regarda plus loin qu'il comprit.
Là, allongés sous l'arbre, se trouvaient Thorin et Bilbon. Tous deux étaient enveloppés l'un autour de l'autre, Bilbon plus petit que d'habitude tandis qu'il se recroquevillait dans l'étreinte de Thorin. La main de Thorin caressait doucement les cheveux de Bilbon, et il se pencha en avant pour déposer un baiser sur le front de son époux. Bilbon poussa un soupir et resserra sa prise sur la hanche de Thorin.
Les autres avaient atteint le sommet de la colline à ce moment-là, et leur présence poussa enfin Thorin à marquer une pause pour lever la tête vers eux. Bilbon leur adressa également un regard, et Legolas put clairement voir ce qu'il ne pouvait pas avant : les yeux rouges, les traces de larmes sur les joues, la lassitude qui l'entourait comme une cape. Thorin n'avait pas l'air mieux.
Mais dans leurs yeux il y avait encore de la vie, et une paix qui n'était pas là auparavant, et Legolas relâcha la respiration qu'il retenait. Autant qu'il avait craint un moment tel que celui de la nuit précédente, ils en étaient ressortis plus forts que jamais. C'était visible dans la façon dont Bilbon se leva et tira Thorin à sa suite, dans la façon dont Thorin bougea avec Bilbon tandis qu'ils se dirigeaient vers leurs amis.
Dwalin le résuma mieux que Legolas ne l'aurait pu.
« Vous avez l'air pire que jamais, tous les deux, dit-il brièvement. »
Derrière ses paroles, cependant, l'elfe put entendre l'inquiétude.
« On va bien, dit Bilbon en regardant Thorin. »
Thorin sourit et bougea son bras – sa main était toujours dans celle de Bilbon. Celui-ci se retourna vers Dwalin et offrit un sourire sincère, bien qu'épuisé.
« Vraiment.
- Sauf que c'est le matin et que personne n'a dormi, dit Kili en s'essuyant les yeux. »
La vue était attendrissante et donna à Legolas l'envie d'appuyer un baiser sur chacune de ses paupières.
« Alors, et maintenant ?
- Nous sommes presque au Mont Venteux, dit Legolas. Ça nous protégera de la pluie et des problèmes. Ce n'est pas loin. »
Les elfes n'avaient pas besoin de sommeil, pas aussi souvent Tauriel et lui monteraient la garde.
« Emballez le dîner, dit Dwalin. Ça suffira pour le petit déjeuner.
- Ce sera froid, protesta Bilbon, mais Dwalin secoua la tête.
- ça se réchauffera. Avec plus d'assaisonnement, ça sera comme neuf. À moins que vous ayez mangé le vôtre hier soir ? »
Bilbon soupira enfin et secoua la tête. Dwalin lui tapota deux fois l'épaule.
« Allons, on va vous nourrir, Votre Majesté, ajouta-t-il comme incapable de s'en empêcher. »
Un reniflement échappa à Bilbon, un sourire impuissant sur son visage.
« 'Votre Majesté'. Je doute de jamais m'habituer à ça.
- Il faudra bien je n'ai aucune intention de te lâcher, dit Thorin. »
Sa voix était éraillée, peut-être encore plus que celle de Bilbon, bien que ce soient les cris de Bilbon que Legolas avait entendus pendant plusieurs heures. Écouter les sanglots déchirants qui s'étaient transformés en quelques quintes de toux et respirations entrecoupées n'avait pas été facile, et Legolas avait souhaité la paix pour tous les deux.
À en juger par la façon dont Bilbon souriait à Thorin, il était certain qu'ils l'avaient trouvée.
Tauriel revint avec plusieurs paquetages, tous enveloppés et prêts à emporter, et les distribua à leurs propriétaires. Quand il ne resta que ceux de Thorin et Bilbon, elle les surprit tous en les hissant sur ses épaules.
« La tempête sera bientôt là, dit-elle, ignorant leurs protestations surprises. On devrait y aller.
- Ce serait plus facile avec nos paquetages-
- Que je suis capable de porter, répliqua-t-elle rapidement. »
Elle les regarda, et dans ses yeux se trouvaient le chagrin et la compréhension de connaître enfin leur douleur.
« Portez-vous l'un l'autre. Ça, je ne peux pas le faire. »
Thorin cligna des yeux mais, enfin, lui adressa un signe de tête en remerciement. Elle réussit même à répondre avec un sourire léger, bien que bref, puis elle descendit la colline pour reprendre la route. Bifur et Dwalin étaient juste derrière elle, et Kili s'attarda assez longtemps pour s'assurer que Bilbon et Thorin avançaient avant de prendre l'arrière, Legolas à ses côtés.
La main de son fiancé glissa dans la sienne quand ils furent de nouveau sur la route, guidant leurs chevaux vers le Mont Venteux.
« Est-ce qu'ils iront bien, à votre avis ? murmura Kili. »
Legolas jeta un regard aux deux personnes devant lui. Leurs chevaux étaient presque impossiblement proches, et Legolas avait dans l'idée qu'un cheval serait laissé en arrière à Fondcombe. Rien ne les séparerait plus jamais.
Peut-être qu'ils avaient la bonne idée. Legolas chérissait l'idée de chevaucher avec son fiancé, et le souvenir soudain de la douleur de la nuit précédente le fit s'accrocher à la main de Kili. Kili fronça les sourcils mais serra en retour.
« Legolas ? demanda-t-il, inquiet. »
Legolas sourit tandis que le soleil s'élevait au-dessus des arbres.
« Je crois qu'ils vont déjà 'bien', dit-il. »
La tension dans les épaules de Bilbon avait disparu, et Thorin ne semblait plus aussi las.
« Je vois un nuage, dit soudain Tauriel à l'avant.
- Non, on ne va pas r'commencer ça- »
Alors même que Bifur éclatait de rire et applaudissait avec amusement, alors même que Kili l'encourageait et essayait de deviner lequel, Bilbon laissa échapper le rire le plus pur et le plus brillant que Legolas ait jamais entendu. Thorin gloussa, mais ce fut avec soulagement et joie, observant Bilbon tandis qu'il penchait la tête en arrière et riait. Quand Bilbon jeta un regard à son roi nain, ses yeux étaient encore rouges, mais il y avait de la confiance, de l'acceptation, et tant d'amour que Legolas crut qu'il allait cesser de respirer. Il y avait eu tant de peine réprimée chez Bilbon, et entendre ses peurs, sa haine de lui-même, son agonie, ne rendait cette nouvelle vision que plus douce.
Voir Thorin rendre ce regard avec soulagement et une affection ouverte, ses vieux regrets et sa peine disparus, était meilleur que la brise fraîche et bienvenue qui souffla et froissa leurs vêtements et leurs cheveux.
Ils allaient bien. Et la vieille blessure infectée avait été rouverte et soignée pour guérir enfin de la bonne façon.
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Voilà ! Je ne peux pas vous promettre qu'il n'y aura plus de angst, mais on a passé le plus dur pour le moment. Je ne vous dirai pas ce que les futures fics vous réservent, mais l'histoire de l'Arkenstone est définitivement réglée pour nos amoureux.
