Through the Looking Glass

Disclamer : Les personnages utilisés dans cette fanfiction sont la propriété de SquareSoft/Squarenix. Seuls les personnages de Rin, Lexarian et Edgard m'appartiennent.

Merci à eux d'avoir crée des mondes et des personnages qui nous font rêver encore et encore, chaque jour, égaillant notre petit monde.

Cette fanfiction se déroule dans le monde de Final Fantasy septième du nom.

Je vous souhaite à présent une très bonne et agréable lecture, en espérant que cela vous plaise.

Chapitre Quatre

La rencontre

Lexarian, rêveur, fixait le ciel étoilé, se détachant quelques instants de l'ambiance chaleureuse et conviviale qui avait pris place à ses cotés, pour admirer les étoiles, si différentes, qui brillaient au-dessus de leurs têtes. Rien de ce qu'il connaissait n'apparaissait. Ni l'étoile du Berger, ni Cassiopée, ni aucune de toutes ces constellations qu'il avait pris l'habitude d'observer la nuit, trouvant en elles la quiétude tant espérée. Il aimait, à certains moments, se poser, et ne rien penser. Devenir transparent, et rêver.

Comme le calme avant la tempête.

Il pouvait en un éclair reprendre ses âneries, et martyriser Rin et Edgard pour son bon plaisir. Contrairement à son ami à lunette, qui était méthodique et planificateur, Lexarian aimait vivre au jour le jour. Pour autant, il aimait calculer certaines choses, comme la façon de mettre Rin dans une situation difficile, ou bien comment avoir quelqu'un avec la seule force de ses mots.

Alors, quand Edgard vint s'asseoir à ses côtés, sur un petit tronc d'arbre mort, un bol de soupe chaude dans les mains, Lexarian sursauta, se rattachant soudain au monde réel. Ils étaient tous là, à parler au coin du feu, certains assis par terre, d'autres sur des rochers, et d'autres encore sur des vieux bouts de bois mort, à discuter de ce qu'il s'était passé, et ce qu'il allait se passer.

Six heures auparavant, les huit membres d'Avalanche avaient décidé de se séparer pour se rendre à la ville la plus proche, plus loin, vers l'Est. Cloud, Tifa et Barret étaient partis de leurs côtés, tandis que Nanaki et Aerith de l'autre, laissant une fois de plus le trio avancer seul. Ils avaient fait ce choix pour diverses raisons : la première parce que les premiers arrivés réserveraient un hôtel là-bas, la seconde parce que Tifa voulait prendre un peu de temps pour apprendre quelques techniques sur les monstres des alentours, ayant récupéré une matéria qui lui permettait de mieux assimiler les attaques de ceux-ci, et la dernière raison, parce que Barret avait trouvé plus convenable de laisser le trio se débrouiller seul, afin que ses membres appréhendent leurs armes, pour ceux qui en avaient, tout en évitant qu'ils se reposent sur les autres membres d'Avalanche. Un apprentissage, en quelque sorte. Remarque à laquelle Rin avait hurlé de peur : « Et si on se fait tuer par des monstres ? ». Ce à quoi Barret avait répondu : « Fait en sorte de ne pas mourir dans ce cas. ».

Les quelques heures de marche vers la ville furent quelque peu mouvementés. Lexarian s'amusait à abattre les loups avec sa longue lance, qu'il appréciait particulièrement. Rin avait utilisé une seule fois son pistolet, en cas d'extrême urgence, lorsqu'un loup lui avait sauté à la gorge, alors qu'elle avait bougonné tristement à chaque fois qu'un loup avait été tué par Lexarian par des « Pauvres bêtes ! ». Point sur lequel elle revint rapidement : « Ils ont voulu me tuer ! Les loups ça n'attaquent pas l'homme pourtant. ». Edgard avait alors réfuté l'affirmation de la jeune fille, en lui rappelant que ces loups n'étaient pas vraiment des loups, mais plutôt des monstres, qui n'avaient rien à voir avec la faune de leur monde. De son côté, le brun à lunette n'avait toujours pas d'arme, et se plaçait toujours derrière les autres, en attendant de voir les monstres tomber les uns après les autres.

A la nuit tombée, cependant, le trio était retombé sur le groupe de Nanaki et d'Aerith. Tous les cinq avaient installé leurs tentes et Aerith avait proposé de faire de la cuisine avec le peu qu'ils avaient sur eux. Le trio avait fourni les boissons qu'ils avaient subtilisées à la Shin-Ra.

C'était ainsi qu'ils s'étaient retrouvé tous là, assis près d'un feu. Rin avait discuté un moment avec Nanaki, tandis qu'Edgard avait aidé Aerith à la cuisine. Au fur et à mesure de la soirée, Lexarian s'était un peu détaché de la scène, jusqu'à ce qu'Edgard ne le réveille de sa rêverie. Son ami lui tendit un bol de soupe, et une cuillère.

« Merci.

-Tu es bien pensif. » remarqua Edgard, en jetant un œil à Rin qui racontait des bêtises aux deux autres.

« J'aime bien m'isoler de temps en temps. Comme tout le monde. » avoua-t-il.

Edgard laissa échapper un sourire. Il découvrait chaque jour des facettes différentes des personnalités de ses deux amis.

« Tu as une idée de la façon dont on a atterri ici ? » demanda finalement Lexarian, après avoir bu quelques gorgés de la soupe.

« Non, aucune. » avoua Edgard, une légère grimace sur le visage. « Je ne peux résumer des faits. Nous étions chez moi, on a bossé toute la nuit, on a ensuite joué à la console, avancé un peu dans le jeu où nous nous trouvons actuellement. Au moment d'éteindre la machine, Rin a balancé un oreiller, tu as renversé sans faire exprès du café sur la playstation qui a alors rendue l'âme. Et nous nous sommes endormis. J'ai été réveillé plus tard dans la nuit par Rin, qui avait entendu la machine grésiller. Elle a essayé de l'éteindre convenablement et…

-Et le flash. » termina Lexarian.

Ils restèrent silencieux, à ruminer. Il était évident que l'incident avait eu lieu à cause de la machine. Ils s'étaient retrouvés à l'endroit où ils avaient enregistré quelques temps plus tôt. Cependant, aucun phénomène physique ne pouvait leurs permettre de se retrouver dans un autre monde.

« On est dans le CD ? Tu crois que nous sommes comme des virus super perfectionnés, et on reprogramme le jeu ? Si c'est le cas, je veux garder la copie de nos exploits ! Sans jeu de mots. » s'exclama le châtain.

[Note : en informatique un « exploit » est un programme/bout de code/commandes qui permet d'exploiter un bug, une faille d'un logiciel, qui peut causer alors un comportement non attendu ou non anticipé sur le logiciel, ou, plus communément, « hacker » le logiciel…oui, je le concède, c'est un jeu de mots d'informaticien.]

« Non, je ne pense pas. Si c'était le cas, on n'aurait pas accès à tout ce que l'on voit là, et on se verrait en mauvaise qualité je pense. On n'est pas dans le CD. Je pense que c'est bien un monde, comme le notre. » réfuta Edgard.

Lexarian resta pensif. Ce que disait son ami se tenait, techniquement.

« Pourtant il est évident que c'est bien la machine qui nous a conduit là. »

Ni l'un ni l'autre n'arrivait à trouver une explication plausible. Ils restèrent silencieux un moment, le nez dans leur bol de soupe respectif, à cogiter, élaborant chacun de leurs côtés des théories un peu plus extravagantes les unes que les autres. Aucune ne collait à la situation. Edgard abandonna, laissant échapper un petit soupir, et avala une nouvelle cuillérée du met chaud et agréable qui glissa dans sa trachée.

Il releva les yeux, quelques instants plus tard, et observa la jeune fille aux longs cheveux bruns qui gesticulait dans tous les sens, sans se soucier de toutes ces questions. Elle ne pouvait pas raconter une histoire sans mimer les gens, et il la surprit en train d'imiter une pâle copie de ce qu'il était, qui bougonnait. Il se rappela alors de cette histoire. Ce jour-là, les trois acolytes s'étaient retrouvés chez Lexarian, qui habitait au bord de la mer. Ils étaient partis dans les rochers pour pêcher des crevettes, afin d'en faire un futur festin de roi, lorsque Rin et Lexarian avaient décidé de jouer au chat et à la souris, manquant à chaque seconde de glisser, sautant et courant comme des enfants de trois ans. Rin était agile et rapide, et Lexarian était quelqu'un d'adroit. Aussi, aucun d'entre eux ne se retrouva ni par terre, ni dans les petites crevasses d'eau qui entouraient les rochers. Ce fut le seul et l'unique membre du groupe qui n'adhérait pas à ce genre de jeux qui finit, alors qu'il tentait de résonner ses deux amis, par glisser malencontreusement sur une algue encore humide, et qui avait finit dans l'eau. Un bon souvenir que Rin partageait à l'instant même avec Aerith et Nanaki.

Edgard sourit : Rin n'avait vraiment pas l'air de s'inquiéter de tout ce qui les entourait. Il en resta admiratif. Il pensait qu'elle aurait pleuré, ou qu'elle serait sévèrement choquée. Non, elle continuait à faire l'idiote, pareille à elle-même.

Bientôt, le feu perdit de ses rougeurs, tandis que les membres d'Avalanche rejoignaient leurs tentes. Edgard n'avait pas beaucoup parlé de la soirée, et était resté pensif quant à la raison pour laquelle ils s'étaient retrouvés dans ce monde. Etant donné qu'Aerith et Nanaki se trouvaient parmi eux, différentes questions sur leur avenir n'avaient pas été abordées.

Lexarian rejoignit sa tente, laissant Edgard seul, dernier veilleur autour du feu qui s'amenuisait. Il fixa un long moment les flammes vaciller à travers ses petites lunettes rectangulaires. Il fut cependant surpris d'entendre les craquements de branches d'arbres, derrière lui, et remarqua alors, enfin, que la fatigue avait oublié Rin, qui se trouvait toujours en plein air, à une vingtaine de mètres du petit camp, en train de regarder l'horizon, faisant dos à la tête de classe.

La Lune éclairait la demoiselle, qui semblait perdue dans ses pensées. Edgard ne connaissait pas très bien Rin, et, pour la première fois qu'ils s'étaient rencontrés, il fut surpris de lire un sentiment étrange sur son visage. Il ne sut pas vraiment sur le coup si c'était de la tristesse, ou bien de la peur. Soudainement, la jeune fille lui parut beaucoup plus humaine.

Chacun avait ses propres angoisses.

Rin se retourna soudain, se rappelant sans doute de la présence de son ami, et lui offrit un large sourire chaleureux, qu'il lui connaissait bien. Le changement de comportement le frappa, et la jeune fille le salua avant d'aller se faufiler dans sa tente en gambadant d'un pied sur l'autre.

Edgard resta quelques instants stupéfaits. Ce fut Lexarian, dont le zip de tente n'était pas encore fermé, et qui avait de son côté apprécié la scène sans que personne ne le remarque, qui le fit sortir de sa léthargie, un vague sourire aux lèvres, comme s'il avait déjà bel et bien conscience de la situation depuis bien longtemps.

« Rin risque de te surprendre, pendant ce petit voyage improvisé. Tu vas parfois apercevoir ce qu'elle ne veut pas que l'on voit d'elle. Elle n'affiche jamais ses véritables sentiments. »

Edgard resta silencieux. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi Rin était ainsi, si ce que Lexarian disait était vrai. En vue du sourire de son ami, il devina qu'il ne lui dirait rien de plus sur le sujet, et comprit que chacun avait ses propres soucis.

« Et toi ? Affiches-tu tes véritables sentiments ? » demanda le brun, toujours pensif.

Lexarian laissa de nouveau un sourire, empli de mystère, se dessiner sur son visage, tel un renard. Il ferma sa tente sur un petit « Bonne nuit » un peu moqueur, qui fit bouillonner de rage la tête de classe. Lexarian n'était pas mieux que Rin, pour ce qui était de cacher ses sentiments. Il soupira pour la énième fois de la soirée, et décida d'aller se coucher, en se rappelant que la route serait longue le lendemain.

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Lexarian jeta un coup d'œil à la petite ville pittoresque qui s'étalait devant ses yeux, dont les toits bleus pointaient vers le ciel. Il se retint alors de prononcer le jeu de mot traditionnel concernant cette ville minière. Il se mordit les lèvres, tandis que la voix féminine à ses côtés s'exclama comme une gosse :

« Oh, c'est si calme. » remarqua Rin, qui zieutait le petit village dans ses moindres recoins, la comparant à Midgard. « Comment s'appelle cette ville ? »

Lexarian soupira, un léger sourire aux lèvres.

« Quoi ? » s'étonna la brunette qui avançait vers la place principale.

« En fait, cette ville s'appelle Kalm. » répondit Edgard. « Tu as fais un jeu de mot sans le savoir, et Lexarian se retenait de le faire. »

La jeune fille éclata de rire, tandis qu'elle gambada un peu dans la petite ville qui était construite autour d'une grande place centrale. Les gens allaient et venaient, se doutant guère de ce qui se tramait au dessus de leurs têtes.

Edgard rappela Rin, et le trio se rendit à la petite auberge de la ville, où ils retrouvèrent Nanaki et Aerith, qui discutaient de choses et d'autres au premier étage, tout en se reposant sur les lits. A peine arrivés, que la marchande de fleur salua Rin en l'attrapant dans ses bras.

« Vous vous en êtes sortis vivant ! » s'exclama-t-elle.

« Tu dis ça avec tant de légèreté que ça en ferait peur. » plaisanta Lexarian, en saluant les deux autres membres d'Avalanche.

Il s'allongea ensuite sur l'un des grands lits, et fit semblant de s'endormir, visiblement fatigué. Edgard s'assit à côté de Nanaki, avec qui il échangea quelques mots, et Aerith lâcha la brunette pour se rasseoir et entamer une conversation sur les Anciens avec les deux autres. Edgard aimait beaucoup discuter avec les deux personnes cultivées du groupe. Rin s'assit à leurs côtés, et écouta quelques minutes ce qu'ils racontaient.

Puis, les yeux rivés à travers la fenêtre, elle finit par se relever, et annonça qu'elle allait faire un tour en ville, en attendant que les autres membres d'Avalanche n'arrivent.

« Fais attention à toi. » commenta simplement Edgard.

« Oui, papa ! » plaisanta Rin avant de dévaler les escaliers.

Vaguement, elle entendit son ami grogner, tandis que Lexarian pouffait de rire, ainsi que les deux autres membres du groupe. Elle sourit, contente de l'ambiance qui régnait toujours entre elle et ses deux amis. Il ne suffisait d'un rien pour faire émerger des sourires sur des visages. Il n'y avait rien de plus beau pour elle : voir ses amis heureux.

En quelques pas, elle se retrouva sur la place principale de la ville. Les gens allaient et venaient autour d'elle : des miniers, des soldats, des artisans, des mercenaires, des enfants qui jouaient. Des personnes si différentes, qui vivaient dans un monde différent.

Un instant, elle s'assit sur un banc, et réfléchit sérieusement à la situation où elle et ses amis se trouvaient. C'était dur, mais il y avait aussi de très jolies découvertes. Elle resta là, à regarder les gens passer, puis leva les yeux au ciel bleu qui surplombait sa tête. Plus de contrainte, ils étaient libres, mais aussi abandonnés à eux même.

La récompense était à la fois amère et douce. Etait-ce réellement une récompense d'ailleurs ? Pendant la route qui les avait amenés à la petite ville, Edgard, Lexarian et elle avaient discuté un peu de la situation. D'un côté, il était préférable de rester aux côtés d'Avalanche, et de l'autre, chacun avait un peu envie de profiter, et de découvrir ce monde.

Elle était là, plantée sur son banc, à réfléchir à diverses choses, lorsque ses yeux se portèrent sur un enfant qui tomba par terre, ayant trébuché sur l'une des petites dalles de pierre qui recouvraient la place. Elle se redressa d'un coup, et fit quelques pas pour rejoindre l'enfant, dont les larmes commençaient à perler aux coins des yeux, lorsqu'un homme fut plus rapide qu'elle : il attrapa le jeune garçon, qui ne devait pas avoir plus de six ans, et le redressa sur ses deux jambes.

« Tu vas bien ? » demanda-t-il, tandis que Rin s'approcha du garçon, dont l'un des genoux était ensanglanté.

La brunette sortit un petit mouchoir de sa poche de jean, et se pencha pour s'occuper de la blessure. Elle croisa le regard de l'homme, qui devait avoir environ son âge, sans doute un peu plus, qui avait les pommettes saillantes et un regard perçant. Ses cheveux châtain/bruns en bataille lui donnaient un air moins sérieux. Il prit un air quelque peu étonné, bien que maladroit, lorsque Rin nettoya la blessure, avant d'y appliquer l'un des multiples pansements qu'elle ne quittait pas depuis qu'ils s'étaient retrouvés dans ce monde.

« Vous êtes sa mère ? » s'étonna l'homme.

Rin faillit s'étrangler en entendant la remarque de ce dernier. Elle se redressa, et explosa de rire, tandis que le garçon filait en les remerciant.

« J'ai l'air d'avoir l'âge d'être sa mère ? » s'exclama-t-elle, pliée en deux.

« Excusez-moi. »

L'homme paraissait confus. Il se fondit en excuses, tandis que le fou rire de Rin montait crescendo. Elle n'arrivait plus à s'arrêter, ce qui finalement agaça son interlocuteur.

« Eh, vous vous moquez de moi ?

-Tout à fait. » affirma-t-elle.

Il laissa échapper un sourire un peu gêné, trouvant les réactions de Rin étranges. Les fous rires de la brunette avaient toujours eu le don d'entrainer toutes les personnes autour avec elle. Elle partageait sa joie et la transmettait.

« Excusez-moi. » finit-elle par dire, une fois le fou rire passé.

« Il n'y a pas de mal. » plaisanta l'homme.

Il avait l'air de bonne composition, aussi, Rin enchaîna la conversation.

« Vous habitez ici ?

-Non, je voyage. » admit le jeune homme.

« Moi de même. Enchantée, je m'appelle Rin. »

La brunette se posa juste en face de l'homme, et lui tendit la main, pour lui serrer la sienne. Il resta cependant là, à regarder la main, à la fois étonné et curieux d'un tel geste. Il grimaça légèrement, comme s'il n'arrivait à pas à comprendre, et à prendre une décision. Il semblait gêné, incapable de savoir comment réagir.

Rin cligna des yeux, étonnée.

« La politesse veut que lorsque quelqu'un tend la main vers quelqu'un d'autre, l'autre personne la lui serre en retour. C'est pour dire bonjour. » expliqua-t-elle, un sourire mesquin aux lèvres.

« Ah, pardon. » s'excusa-t-il.

Il attrapa la main de Rin, et la lui serra, un peu maladroitement, comme s'il n'avait jamais fais ça de sa vie.

« Je m'appelle Sirius'Aenir Te Sihue…enfin…on m'appelle Sirius. » s'annonça-t-il finalement.

« Va pour Sirius. Et bien, comme nous ne connaissons ni l'un ni l'autre cette ville, pourquoi ne pas la découvrir ensemble ? Ca sera plus drôle. »

Elle ne lui laissa pas vraiment le temps de répondre, et l'attrapa par le bras pour le tirer vers les commerces les plus proches. Il s'extirpa cependant aussitôt, pour se planter sur la place, le regard hagard. Il ne semblait pas vraiment habitué au contact physique, ce qui étonna fort Rin. Ils se fixèrent un long moment, et finalement, le jeune homme céda et se rapprocha de Rin, comme s'il faisait signe qu'il la suivait.

« Tu es bizarre. » remarqua-t-elle simplement.

« Qui est le plus bizarre, entre nous deux ? » répliqua-t-il.

Elle rit de plus belle, et finalement les deux jeunes personnes entrèrent dans un magasin d'armes et d'armures.

Le début d'après-midi passa tranquillement. Rin avait appris que Sirius venait de Midgard, et qu'il s'était rendu à Kalm à la recherche d'un groupe de gens, qui n'était pas Avalanche. Rin avait alors proposé son aide pour les retrouver, mais Sirius avait refusé, assurant qu'il était assez grand pour s'occuper de ses affaires. Elle avait alors deviné qu'il devait être à la recherche d'amis. Le monde de Final Fantasy sept était étrange. Rin riait beaucoup de la personnalité du jeune homme : il avait beau être droit et intelligent, il était aussi très maladroit avec les gens. Il savait cependant lancer quelques répliques piquantes à souhait à la brunette qui s'amusait de plus en plus de ses réactions.

Le duo avait fini par se retrouver dans le magasin de matéria, qui se trouvait dans la continuité du magasin d'armes et d'armures. Tous les deux étaient restés perplexes devant les petites billes de cristal colorées qui reluisaient dans les vitrines.

« Tu as déjà utilisé de la matéria ? » demanda Rin, qui ne connaissait que le concept de l'objet.

« Non, jamais. » admit le voyageur. « Il parait que cela commence tout juste à se commercialiser au public. »

Rin acquiesça : Cloud avait vaguement parlé de ce détail. Les matérias étaient auparavant une exclusivité pour les membres de l'armée, en particulier du Soldat. Elle sourit, et se planta devant le vendeur :

« Excusez-moi, est-ce que je pourrais acheter des matérias ? Une de feu, une de soin, et… »

Elle se retourna vers Icare qui fixait toujours les petites boules de cristal.

« Tu veux quoi ?

-Comment ça ? » s'étonna le jeune homme, en sortant de son admiration.

« J'ai un peu d'argent, alors je te propose, comme on a jamais essayé, ni l'un ni l'autre, de t'offrir une matéria. Qu'est-ce que tu veux ? »

Sirius cligna des yeux quelque peu étonné. L'idée le séduisit pourtant, et il était curieux d'utiliser cette technologie qui sortait de l'ordinaire. Il jeta un coup d'œil aux différentes matérias et finalement en montra une, d'un vert intense, où se trouvait l'étiquette « contenir ».

« Celle-ci. C'est une matéria de vent, n'est-ce pas ?

-Tout à fait mon cher monsieur. Cela vous fera un total de mille cinq cents soixante-quinze gils, s'il vous plait. »

Rin paya, toute contente, et tendit la petite boule verte à Sirius, ainsi qu'une petite pièce de monnaie que lui avait rendu le marchand. Il accepta sans soucis la matéria, mais resta parfaitement incrédule devant la piécette.

« Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ça ? » s'étonna-t-il. « C'est à toi.

-Non, mais j'ai plein d'argent moi, ne t'en fais pas. Tu en feras un meilleur usage. Et puis c'est la réduction de ta matéria. » plaisanta-t-elle.

Elle ne lui laissa pas le loisir de se plaindre, et fit glisser, sans l'accord du jeune homme, la pièce de monnaie froide dans la chemise de ce dernier. Ils quittèrent alors le magasin, tous les deux contents de leur nouvelle acquisition, bien que Sirius rallait en cherchant encore la pièce qui trainait dans ses vêtements. Ils avaient dans l'idée d'essayer les mystérieuses boules de magie. Ils sortirent de la ville et se retrouvèrent dans la prairie, où quelques monstres gambadaient tranquillement.

« Comment ça marche ? » s'étonna Rin, qui ne comprenait pas.

« D'après ce que j'ai compris, il faut les insérer dans nos armes, à des emplacements prévus à cet effet. »

Rin acquiesça et trouva effectivement trois petits emplacements circulaires dans son petit pistolet. Elle fit glisser les petites boules de cristal, qui changèrent aussitôt de taille pour venir s'encastrer dans leurs emplacements destinés. Les yeux de la jeune fille s'agrandirent de stupeur, et un doux sentiment de découverte et de satisfaction l'envahit.

Ils se regardèrent, échangèrent un long regard. Lui portait une longue épée fine à la main, et avait placé sa propre matéria. Tous deux n'avaient plus qu'une idée en tête :

« Comment ça marche ?

-Quoi, tu sais pas, toi non plus ? » s'étonna Sirius, qui avait espérer quelques explications de la part de la demoiselle.

« J'en sais rien moi. Feu ? »

Rien ne se produisit. Elle comprit qu'il ne s'agissait pas de simplement dire le nom de ce quelle voulait, mais qu'il fallait qu'elle puise dans la boule de cristal. Elle se concentra un moment, les yeux rivés sur son arme. A l'intérieur, brûlait une essence intense. Elle eut la soudaine impression que quelque chose la submergeait, empruntait une petite place dans son esprit, et créait à sa place l'immense flamme qui vint s'élever devant elle, tournoyant autour de son corps. Le jeune homme fit un bond sur le côté, surpris par la déflagration, qui disparut quelques instants plus tard.

Le silence s'imposa dans la petite plaine verdoyante et tranquille, jusqu'à ce qu'un cri de joie ne retentisse, troublant le sommeil de tout ce qui y vivait.

« C'est gééééniiiiaaaalll ! » s'exclama Rin, ne tenant plus sur place.

Elle sautilla jusqu'à Sirius, et lui attrapa les mains pour le faire tournoyer dans tous les sens, partageant sa folie passagère.

« A toi ! A toi ! » s'exclama-t-elle, en manquant de faire tomber le voyageur dans l'herbe, à force de sautiller dans tous les sens.

« Eh, calme toi. »

Rin essaya de se contenir, et lâcha enfin Sirius dont la tête commençait à tourner. Celui-ci reprit son équilibre et fixa la petite bille de magie à son tour, contenue dans son épée. Comme Rin, rien ne se passa dans un premier temps. Il ferma même son esprit lorsqu'il sentit quelque chose s'immiscer en lui. Il comprit alors ce que c'était, et finit par lâcher la bride. Une bourrasque de vent immense se forma, venue de nulle part, allant même jusqu'à former quelques petites tornades. Le voyageur resta époustouflé par tant de force et de grâce.

Le vent s'apaisa, et il laissa échapper un sourire satisfait, tandis que Rin hurla de joie à sa place, en sautillant dans tous les sens à nouveau. Elle l'entraina dans un nouveau tourniqué de folie, tandis qu'elle riait aux éclats.

« C'est génial ! » répétait-elle.

Elle finit par le lâcher, et par se laisser tomber dans l'herbe de la prairie. Finalement, elle n'était pas déçue du voyage. Tout ce qu'elle allait vivre allait beaucoup lui apprendre.

Sirius emprunta une petite place à côté de Rin, et regarda l'horizon, perdu dans ses pensées. La brunette le scruta, et fut surprise d'y apercevoir un visage triste, lourd de sentiment. Quelque chose pesait sur les épaules de ce voyageur, qui était devenu son ami en quelques heures.

Elle ne dit rien, mais ne quitta pas des yeux cet homme solitaire. Car c'est ce qu'elle lisait en lui : de la solitude. Il n'était pas habitué aux autres, ni même à vivre à l'extérieur, encore moins à rire.

Il se retourna vers elle, et, pour la première fois, il lui offrit un sourire qui lui était destiné, comme s'il la remerciait du temps qu'ils avaient partagé.

« Je dois continuer mes recherches. Nous ne nous reverrons sans doute jamais, Rin.

-Je sais. » admit Rin, un sourire aux lèvres.

Ils soupirèrent d'un pareil accord. Il se pencha un bref instant au dessus d'elle, et glissa avec sournoiserie la pièce qu'il détenait depuis un petit quart d'heure, dans le cou de Rin, qui tressaillit. Elle se redressa en sursaut et râla un moment, tandis qu'elle ramassait les vingt-cinq gils qui trainaient par terre.

Tous deux rentrèrent en ville, où ils se quittèrent. Rin devait rentrer à l'auberge, où Cloud était certainement déjà arrivé, afin de suivre ses compagnons. Ils partirent chacun de leurs côtés, l'air un peu triste. Rin se retourna alors soudain, et hurla à pleins poumons :

« Tu devrais regarder dans la poche droite de ta chemise. »

Sirius sursauta, étonné, et fouilla aussitôt dans sa poche, où il trouva les quelques vingt-cinq gils qu'il avait pourtant rendu. Il fulmina, se rendant compte qu'il ne s'était aperçu de rien. Au loin, la brune s'en allait déjà. Il hurla alors, encore plus fort :

« Je te jure que tu les retrouveras, tôt ou tard, petite peste ! »

Rin pouffa de rire, avant de rentrer dans l'auberge. La promesse était faite. Peut-être se reverrait-il un jour, par hasard, après tout. Ce jour-là, il lui rendrait cette petite pièce de vingt-cinq gils.

Après un dernier sourire amusé, il disparut dans les méandres de la petite ville.

Ils s'étaient déjà perdus de vue, lorsqu'un air sombre se dessina sur le visage de Sirius.

« Tu lui ressembles tellement…moralement…» soupira-t-il.

Il se reprit. Il était ici pour une mission. Une mission qu'il devait accomplir, qu'importe le prix. Il n'était pas là pour sympathiser. Il devait trouver ces gens au plus vite.

Oui, au plus vite. Le temps était compté.

Ce qu'il ignorait cependant, c'était qu'un sombre avenir planait au dessus de lui.

Dame Fortune est parfois cruelle.