Salut à tous,

Me voici avec la suite de cette fiction, j'espère que le chapitre vous plaira

Enjoy


Chapitre 3 :

Magnus aurait voulu disparaitre, se faire si petit qu'il aurait pu se glisser dans un trou de souris pour disparaitre à la vue de tous. Il s'était laissé aller devant ses amis. Jamais il n'avait eu aussi honte qu'en ce moment, et si la honte ne tuait pas c'était bien dommage pour le coup. Soupirant en enfouissant sa tête dans les coussins du canapé, il rabattit son avant-bras sur sa nuque et ferma les yeux. Dieu qu'il avait mal à la tête.

« Ça va un peu mieux ? » demanda Camille depuis le fauteuil en face de la baie vitrée.

Bane grogna, il ne pouvait faire que ça. Un mal de tête à lui fendre le crâne lui tenait compagnie, son amant ne se rappelait plus de lui, il avait les yeux gonflés et rouges et une dose d'alcool dans le sang probablement trop forte pour pouvoir conduire, mais à part ça tout allait bien.

« Hn », grommela l'asiatique en espérant que le noir des coussins l'apaiserait.
« Tu sais mon vieux, ça fait du bien de pleurer de temps à autres. Tu devais en avoir besoin. Et puis tu sais que Ragnor et moi sommes là si tu as besoin de nous »
« Merci Camille ». Lui répondit le musicien d'un ton sec

Comme si en plus il avait besoin qu'on lui rappelle qu'il avait pleuré, toute la nuit de surcroit. Il avait horreur de flancher, horreur de pleurer et là telle une fillette, il s'était laissé aller comme un con. Il ne se reconnaissait même plus

« Le jour va bientôt se lever Mag's. Tu devrais aller le voir aujourd'hui. Peut-être que cela l'aiderait à se souvenir ... »

Il savait que c'était un conseil, pourtant tout ce que lui disait Camille, lui donnait plus envie de se fâcher sur la jeune femme qu'autre chose. Car oui, en ce moment précis, son mal de tête était tonitruant, et sa meilleure amie ne trouvait rien de mieux à faire que de blablater avec lui.

« Ecoutes, ça fait plus de huit ans que je n'avais pas pleuré, alors tu peux au moins comprendre que j'ai besoin de silence trente secondes non ? » gronda Magnus
« Garde ta mauvaise humeur pour toi. Ok tu as pleuré, ton amant ne se rappelle pas de toi, mais il y a dans ce monde des choses bien plus grave que ça ! quand tu auras fini de t'apitoyer sur ton sort tu me le feras savoir ! non mais franchement ... tu crois que tu es plus à plaindre que les gamins qui sont pris dans les guerres civiles, que les personnes qui sont incapables de se nourrir par manque de moyen ? »

Le musicien ne releva pas, ou plutôt ne pris pas la peine de répondre. Il savait que Camille avait raison, mais il ne voulait pas se l'avouer. Oui, il y avait des choses plus graves ici-bas, mais pour l'instant il avait envie de s'apitoyer sur son propre sort, car après tout, personne ne le ferait pour lui. Alors que la soprano soit fâchée ou non, il n'en avait rien à faire.

« Je te laisse, tu devrais te reposer »

La jeune femme le serra dans ses bras et le laissa un peu seul. Maudissant le bourbon qu'il avait descendu la veille, Magnus s'extirpa de son sofa et regarda l'état de son salon. Plusieurs verres vides trainaient, des mouchoirs en papiers jonchaient sur la table basse, deux assiettes vides se tenaient avec, et un carton de pizza vide venait parfaire le tableau.

Écartant ses cheveux de son visage, il se dirigea vers la salle de bain pour se laver et prendre un tube d'aspirine. L'eau lui ferait le plus grand bien et son médicament apaiserait son mal de crâne. Après quoi, il pourrait réfléchir posément à ce qu'il devait faire, à savoir aller le voir ou non.

Se glissant dans l'eau chaude de sa baignoire après avoir retiré ses vêtements, il soupira de confort en sentant la chaleur qui l'entourait. Au moins il avait gagné ça, un bon bain. Fermant les yeux, il plongea la tête sous l'eau. Un flash lui revint en mémoire, il se revoyait dans cette même baignoire avec Alec et ressentait certaines caresses. Remontant à toute vitesse à la surface de la baignoire, il se mit à tousser avant de chasser les nouvelles larmes qui pointaient aux coins de ses yeux. Se dépêchant, il se lava rapidement et sortit avant d'entourer sa taille d'une serviette.

La tristesse l'accablait tellement qu'avec son verre et son aspirine, il prit la direction de leur chambre pour s'allonger. La pièce aurait semblé pour n'importe qui d'autre, inconvenante pour la fonction qu'elle avait et pourtant, ils l'adoraient. Non seulement parce que tous les deux y passaient des moments inoubliables, mais aussi parce qu'elle les reflétait particulièrement bien. La moquette d'un rouge puissant tranchant avec le blanc immaculé du lit s'alliait au bleu nuit des murs alors que par les vitres rentrait dans la pièce une lumière pure. Roulant sur le flanc, il observa les affaires d'Alexander qui se trouvaient sur sa table de chevet.

Pourquoi n'irait-il pas le voir ? Parce qu'il ne se souvenait plus de lui, que cela le faisait souffrir. Pourquoi irait-il le voir ? Parce qu'il l'aimait, et parce que cela valait tous les sacrifices du monde. Les réponses étaient simples comme bonjour pour lui. Alors de quel côté pencher ? Décidant de s'habiller, il sortit son pantalon de satin noir au motif de dragon et sa chemise rouge Bollywood aux incrustations de pierreries et de liserés dorés, avant de passer d'un pas trainant dans sa salle de musique. Il avait besoin de jouer pour décompresser.

Il avait beau pianoter, rien ne lui venait à l'esprit, en temps normal des tonnes de mélodies lui venaient en tête et là rien, le vide sidéral. Alors pourquoi diable bloquait-il en ce moment ? Parce que son mari n'était pas là, c'était certain. Oui, ça ne pouvait être que ça, Alexander était son moteur d'inspiration. Il lui suffisait de l'attendre, de l'entendre rentrer pour que son cœur se mettre à battre plus vite, plus fort ... en un seul mot Alec le rendait vivant. C'était son énergie vitale.

Se levant rapidement, il attrapa son téléphone portable, son manteau en brocart et ses clefs de voiture avant d'enfiler ses chaussures et de descendre précipitamment au garage. Il avait besoin de le voir il avait besoin de son mari et il ne dérogerait pas à la règle.

Arrivé à l'hôpital, un frisson d'angoisse lui parcourut l'échine. Comment cette visite allait-elle se passer ?
Se stoppant devant la porte de la chambre de celui à qui il venait rendre visite. Ses doigts s'immobilisèrent contre le bois avant de frapper doucement puis d'ouvrir la porte. Ce qu'il vu en arrivant dans la chambre lui broya le cœur encore un peu plus.

Alec était tranquillement couché sur son lit à faire rire une nouvelle infirmière, une petite stagiaire du nom de Lily qui ne se gênait pas pour se frotter contre lui. Et vu la lueur des yeux sombres de son amant, il ne faisait aucun doute quant au fait qu'il appréciait. Tournant tous les deux la tête vers lui, ils furent d'abord surpris, mais le visage de Magnus ne laissait place à aucune émotion. La jeune femme lui adressa un sourire et s'excusa en sortant pour continuer sa ronde.

Le jeune trader remonta un peu les draps sur lui avant de lui sourire en coin, puis de désigner la porte d'un air joyeux.

« Elle est plutôt mignonne non ? » demanda-t-il.
« Hm, » grommela Bane en posant la main sur la poignée de la porte contre laquelle il se tenait.
« Vous ne rentrez pas ? après tout vous m'avez dit que nous étions amis. Alors discutons un peu, que je tente de me souvenir de vous. »
« Je crois plutôt que je vais te laisser, » susurra Magnus en plissant les yeux.

En plus de ne plus se souvenir de son mari, Alec ne se souvenait plus de son orientation sexuelle. Voir l'ainé des Lightwood fricotter avec une femme rendait Bane Malade.

Le cœur lourd, en miette, il reprit la direction du parking afin de rentrer chez lui, il avait besoin de composer, des idées lui venaient en tête et il devait les coucher sur le papier à musique afin de pouvoir jouer ces mélodies.

OoOoO

La sonnerie du téléphone, le poussa à jurer fortement, avant de replonger bien plus sérieusement dans ses partitions. Depuis qu'il avait vu cette petite garce d'infirmière se coller de la sorte à son amant, les notes se bousculaient en lui. C'était son mari, le sien, et il était hors de question de le prêter à quiconque. Il soupira d'aise en se rendant compte que le téléphone avait cessé de le harceler. Durant tout l'après-midi et toute la nuit ses doigts avaient pianotés sur le piano et parfois glissés le long des cordes de son violon.

Soupirant, il s'empara de sa tasse et se leva pour aller se resservir un café. Cela ne ferait que le huitième depuis la veille 19h, le seizième depuis la veille 11h. Hors il était 10h du matin. Attrapant un fruit au passage, il s'en retourna dans sa pièce, son antre ... son lieu personnel. Il était à peine assis sur le joli tabouret en acajou que de nouveau le téléphone sonna. Bane lui jeta un regard meurtrier, espérant brièvement que cela suffirait pour le faire taire, c'était malheureusement sans compter sur l'acharnement que mettait la personne, qui se permettait de le déranger, dans cet acte.

N'ayant pas d'autre choix, il répondit à son cousin

« ça y est tu as enfin posé ton café pour enfin dédaigner me répondre »
« Tu me surveilles ou quoi ? » grogna-t-il en guise de bonjour.
« Tu vois que tu peux répondre quand tu veux ! » se mit à rire Raphael.
« Tu veux quoi ? »
« Tu composais ? »
« C'est un peu ce qui me fait vivre effectivement ... alors si tu n'as rien d'autre à me dire, je vais raccrocher et reprendre mon travail ! »
« Tu as dormi cette nuit ? »
« je composais, donc non ! mais qu'est-ce que ça peut te faire en plus ? j'ai l'habitude de vivre comme ça ! »
« Ce n'est pas sain ! bon au départ je t'appelais pour te dire que j'allais passer voir Alec. Tu viens avec moi ? »
« Pas question ! » réfuta Magnus en réprimant une grimace de dégoût en revoyant le visage de l'infirmière.
« Alors ... tu m'expliques ? » Soupira Raph entendant la détresse de son cousin. « Si je peux t'aider je le ferais, même si ton mari est mon associé et mon crétin cousin par alliance ! »
« Attention à ce que tu dis devant lui ! pff ... il m'a oublié tu le sais on te l'a dit avant-hier. »
« Et ? du coup ? c'est pour ça que tu ne veux pas venir le voir avec moi ? parce que si c'est ça c'est minable comme excuse ! »
« non, hier quand je suis allé, il draguait une infirmière. Je n'ai pas envie de voir le chemin qu'il emprunte, je ne suis pas capable de supporter cela. Raph, il oublie même qui il est réellement. »

« Je vais t'aider, on va débloquer cette situation, je t'en fais le serment, tu es ma seule famille Mag's et te savoir malheureux me rend malheureux. »

« Merci » et il raccrocha, le cœur encore plus lourd de ces souvenirs de la veille.

OoOoO

Alec se morfondait dans les draps du lit, il faut dire qu'hier, voir l'infirmière s'enfuir à l'arrivée de ce soi-disant ami l'avait fait râler. Il pensait arriver à lui soutirer un rendez-vous puisque la chef de service Catarina lui avait bien fait comprendre que c'était impossible avec elle. Il fut surpris d'entendre la porte s'ouvrir à cette heure-là de la journée. Sa sœur était passée au matin et il n'attendait plus rien avant au moins le soir.

Un sourire éclaira son visage quand il le reconnut.

« Raphael ! »

D'accord, ce coup là le cousin de Magnus voulait bien croire Bane. Le trader n'avait oublié personne sauf lui. Dire qu'il avait douté un instant de ses dires. Adressant un petit geste de la main et un sourire au brun, il se posa sur la chaise à côté du lit.

« Alors mon vieux ? ça va pas trop mal ? »
« On fait aller, les infirmières sont plutôt mignonnes, ça aide ! »
« Pardon ? »
« Quoi ? ce n'est que la vérité ... d'ailleurs je fais tout pour décrocher un rencart avec l'une d'elle. Tu sais bien que j'ai toujours aimé les défis »

Ok, donc Magnus n'avait non plus abusé sur ce côté-là aussi. Oui Alec était un séducteur, d'homme certes mais avant Magnus, il aimait batifoler à gauche ou à droite, ne renonçant jamais à ses proies. Raphael, Triste, il adressa à Alec un regard chargé de reproches.

« Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
« Tu ne te souviens vraiment pas ? »
« De quoi ? ... dis-moi ... tu vas dire que je suis idiot mais ... »
« Mais quoi ? »

Oui, plus il regardait Raphael, plus il le trouvait ressemblant avec Magnus Bane. Cela ne coutait rien de poser la question.

« Tu serais pas le cousin de Magnus ? vous vous ressemblez vraiment. »
« enfin tu te souviens de quelque chose, crétin ! »

« Non c'est juste un rapprochement, je ne savais pas que tu étais son cousin. D'ailleurs pourquoi tu me fais des cachoteries Raph, on est associé »

Le cousin de Magnus prit le livre de chevet et donna un coup sur la tête du jeune homme

« Au fait ... tu pourras te charger de mes transactions pendant que je suis à l'hôpital ? »
« C'est déjà fait. Et puis Tessa m'aide particulièrement bien. »
« Ce n'est pas pour rien que j'ai pas voulu me séparer d'elle. C'est une perle. »
« Je ne te le fais pas dire effectivement. Mais je pense que tu as d'autres choses à faire au lieu d penser boulot, tu dois te souvenir Alec, quelqu'un souffre de ton amnésie. »

« Me souvenir de quoi ? répond moi ? »

« Tu verras », lui répondit mystérieusement Raphaël avant de lui sourire. « Mais ne tarde pas trop, la souffrance qu'entraine ton oubli est trop grande. »

Refermant la porte sur lui, il laissa mariner Alec avec sa phrase. Le jeune homme essayait de comprendre mais ne voyait absolument pas ce dont il devait se souvenir. Pensif, il reprit la lecture de son ouvrage espérant bientôt pouvoir sortir de ces 4 murs


TBC

Une petite review ?

Bizzz

Ariane