Chapitre 4: L'enquête avance
Gabriel reprit des couleurs assez rapidement. Il s'essuya les yeux du revers de la manche -il avait tant bien que mal évité de pleurer- et reprit son récit. Ainsi, il apprit aux deux compères que ses grand-parents paternels c'étaient chargés de lui, sa mère étant morte peu après sa naissance. La pauvre femme avait vécu un accouchement difficile qui lui avait presque coûté la vie et s'en remettait déjà mal. Mais une mauvaise grippe avait finit par l'achever. Sa grand mère c'était occupée de son éducation car son "handicap", comme elle préférait appeler le trouble dont le garçon était sujet, l'empêchait de côtoyer le monde extérieur. En effet le simple fait de le sortir de la maison lui déclenchait des crises si violentes qu'il pouvait écrire plusieurs heures de suite.
La chose c'était peu-à-peu calmée et il finit par retrouver un rythme de vie un peu plus normal vers ses 13 ans. Âge auquel il décida qu'il serait écrivain comme son père. Ce fut un échec total car entre ses crises il s'avéra que son don pour l'écriture restait très limité. A 18 ans, il fut autorisé à retourner vivre seul dans la demeure de son enfance, maison que ses grand-parents n'avaient pas entretenue depuis neuf ans. Il passa l'année entière à la remettre en état grâce à l'argent de son héritage touché à 16 ans. Depuis, il y vivait.
Les trois hommes avaient prit place devant le feu. Holmes dans son fauteuil habituel, Watson juste en face et Gabriel entre eux deux, assit sur le sofa. Le garçon racontait son histoire, le dos voûté, la tête basse, comme s'il retirait une quelconque honte de ce récit. Ses avant bras posés sur ses cuisses et ses mains jointes lui donnaient l'allure d'un fidèle d'église en pleine prière, ce qui eu pour effet de rappeler à Holmes la sordide affaire qui avait eu lieu dans après midi.
Alors qu'il l'écoutait débiter son histoire, quelque chose frappa Holmes. Un sentiment qui le mit, et c'était chose rare, assez mal à l'aise. Le garçon qui se trouvait devant lui n'avait plus rien du Gabriel, si exaspérant, qu'il fréquentait quelques minutes plus tôt. Juste là, sous ses yeux, se trouvaient les vestiges d'un enfant qui n'avait pas eu une vie facile. Holmes ne ressentait pas pour autant de la pitié pour le garçon, contrairement à Watson, qui lui, semblait tout simplement affligé. Le détective avait tout bonnement la désagréable impression que, pour la première fois, le journaliste ne jouait pas un rôle de composition.
"Mais..." finit par dire Watson alors que le silence se prolongeait depuis que Gabriel avait finit son récit. "N'avez vous jamais tenté de retrouver l'assassin de votre père?"
"Et pourquoi faire?" Hurla presque le garçon. "Quand bien même je le retrouverai, qu'est-ce que je pourrais faire? Je ne pourrai rien dire, rien tenter car la seule chose que cela me déclencherai c'est une envie d'écrire irrépressible. Et je ne pense pas qu'écrire soit d'un grand secours face à un homme capable de tuer." Il avait craché ces mots avec tend d'amertume que le détective sortit de ses tergiversions aussi brusquement qu'il y était entré. Ainsi donc Gabriel n'aimait pas être graphomane.
"Si vous méprisez à ce point votre trouble, pourquoi avoir fondé votre carrière dessus?"
Gabriel cligna plusieurs des yeux comme si la question lui semblait stupide.
"Parce que être journaliste me rapporte beaucoup d'argent. Mes articles sont d'une qualité bien supérieure à la moyenne. Sans vouloir me vanter."
Holmes siffla quelque chose entre ses dents. Il regarda Watson qui tentait de dissimuler un sourire. On venait de retrouver en l'espace d'une seconde le Gabriel qui avait semblait s'effacer durant le tragique récit.
"Si cela ne vous gènes pas." finit par lâcher Holmes. "Il se fait tard et une longue journée nous attend demain. Donc..." Il laissa sa voix s'éteindre lentement.
"Donc, je ferais mieux de partir c'est bien cela?" Ricana Gabriel en ce levant.
Il récupéra son manteau qu'il avait finit par quitter à contre coeur et s'en alla, à la grande surprise de tous, sans faire d'histoire, sortant son calepin en passant la porte.
Watson se tourna vers Holmes, arborant une expression mi-figue, mi-raisin.
"Le pauvre garçon n'a pas eu une vie facile."
"Il semble très bien s'en sortir maintenant." Conclu Holmes avant de partir se coucher sans dire mots.
Ce matin là, Watson se trouvait devant une multitude de viennoiseries françaises, chose déjà extraordinaire, mais en plus aucun Holmes ne traînait dans les parages pour lui reprocher une éventuelle gourmandise. Madame Hudson, la logeuse du détective, une femme au caractère bien trempé, était revenue le matin même d'un voyage familiale. Afin de se faire pardonner de son absence, qui s'était légèrement prolongée, elle avait passé la matinée à cuisiner et la table était merveilleusement bien garnie. Watson ne savait plus où donner de la tête entre le lard fumé, les oeufs et les crêpes sucrées qui s'étalaient en paquet devant lui.
Alors qu'il tendait la main vers un croissant, ses yeux furetant ça et là sur la table, ses doigts se refermèrent sur du vide et une forme connu se laissa tomber sur une chaise à ses côtés, mordant à pleines dents dans la viennoiserie si convoité.
"Il ne faudrait pas que cela devienne une habitude." Grommela Watson en jetant un regard noir à Holmes.
"Votre femme me remerciera." Ricana se dernier en posant ses yeux sur l'assiette débordante de son ami. "Et je ne pense pas que vous allez mourir de faim Watson."
Watson rit jaune. "Faites attention mon ami, si vous avalez tout ce que vous ne voulez pas me voir ingurgiter, c'est vous qui allez prendre du ventre."
La remarque sonna étrangement à l'oreille du médecin qui n'avait pas l'habitude de voir son camarade manger si goulûment. D'autant plus qu'une affaire était en cours. Le comportement jovial du détective lui sembla soudain si étrange qu'il le dévisagea avec insistance. Ceux d'autant plus lorsqu'il se rendit compte que ce phénomène était étroitement lié à la naissance de son intérêt grandissant pour le jeune journaliste.
"Hé bien quoi?" Lacha Holmes, intrigué par le regard de poisson rouge de son ami.
"Je me disais simplement que..."
"Ha monsieur Holmes!" S'écria une voix féminine derrière eux, coupant Watson dans son élan.
Une petite dame aux cheveux blancs comme neigne entra dans la pièce, marchant aussi d'un pas aussi féminin que celui d'un militaire. Elle posa ses poings sur ses hanches, déclarant d'une voix autoritaire:
"Un jeune homme est passé très tôt ce matin."
"Laissez moi deviner, Gabriel..." Soupira Holmes en reposant son croissant.
Madame Hudson sembla un instant surprise, chose étrange car, avec le temps, elle aurait du être habituée au fait que le détective savait toujours tout, avant tout le monde.
"Non, non pas du tout." Dit t-elle, semblant un peu décontenancée. "Il s'agit d'un jeune agent de police qui est venu vous donnez un mot de la part du commissaire Lestrade."
Holmes toussota sous le regard amusé de Watson. Il prit le mot que lui tendait sa logeuse et le lu à voix haute, faisant signe à la femme qu'elle pouvait disposer.
"Avons mené ensemble des interrogatoires. Chambre 25: Stanley Bradford et gérant peu coopératif. Tentez votre chance Lestrade et tuti quanti."
Le détective leva les yeux vers Watson qui se beurrait un toast avec joie et bonne humeur.
"Hé bien, je crois que c'est clair!" Dit ce dernier avant de mordre dedans avec le même enthousiasme.
"Je vous répète, messieurs, que j'ai déjà dis tout ce que je savais à vos camarades de la police."
"C'est à dire pas grand chose." Grogna Holmes.
Le gérant n'avait même pas daigné se lever en présence du détective et du médecin et restait vautré dans sa chaise, derrière son comptoir. Cela devait faire bien 20 minutes qu'Holmes s'échinait à le faire parler mais, non seulement, l'homme était aussi aimable qu'une porte de prison mais, il semblait en plus fort peu enclin à coopérer. L'agacement croissant du détective était palpable mais aucun signe physique ne trahissait son état.
"Ecoutez," Lâcha t-il sèchement. "Je suis sur que vous vous souvenez de quelque chose qui pourrait nous aider. Vous avez bien vu quelque chose non?"
"Pas que j'me souvienne. Je passe pas ma vie à détailler mes clients moi."
"Mais il y a bien quelque chose qui vous a tapé dans l'oeil!" S'exclama Watson qui n'arrivait plus à se contenir.
"Bah le problème c'est qu'on voyait pas grand chose. Il portait un grand manteau et un chapeau, le tout trop grand pour lui. J'pourrais pas vous dire s'il était chauve, grand, gros ou je ne sais quoi d'autre. En plus tout ça c'est mauvais pour les affaires, qui c'est qu'aurait envi de dormir dans un hôtel rempli de... de..."
Il pointa un agent du doigt avec dédain. "De ça quoi."
Il se leva enfin et toisa Holmes de haut en bas. "C'est pas tout ça, mais j'ai un commerce à faire tourner moi. Ca va pas se faire tout seul." Il bouscula le détective et partit à grands pas.
"Hé bien..." Souffla Watson en le regardant s'éloigner. "Il n'est pas commode."
"C'est le moins que l'on puisse dire."
"Veuillez excusez mon mari"
Les deux hommes se retournèrent pour se retrouver face à une très jolie femme d'âge mur. Elle était vêtue d'une longue robe à manches bouffantes de couleur blanche. Une ceinture de tissu noir enserrait sa taille fine. Elle portait un plateau d'argent sur lequel reposaient des assiettes blanches des plus banales.
"Madame." La salua Watson. Le détective se contenta de l'observer des pieds à la tête.
"Mon mari n'est pas méchant. Il a ses propres raisons pour ne pas aimer la police. Et dieu sait pourtant qu'il vous admire monsieur Holmes. Il a lu toutes les nouvelles que Monsieur Watson à écrit à votre sujet. Sans parler des articles et..."
"Je pense que cela n'excuse pas son manque de coopération madame." La coupa Holmes, de mauvaise humeur.
"Messieurs, si mon mari avait eu la moindre information pouvant vous aider à avancer dans votre enquête croyez bien qu'il vous l'aurez communiquée. Il n'aime pas la police mais il a un grand sens de la justice messieurs, vous pouvez me croire."
Holmes chassa l'air d'un mouvement exaspéré. Il passa ensuite une main sur son visage.
"Pouvons nous savoir les différents alibis que vous avez fourni aux autorités?"
"Je m'occupais de débarrasser le restaurant que nous tenons avec l'hôtel. Cela me prend une bonne heure, je dois nettoyer les tables, m'occuper de la vaisselle. Mon frère, je veux dire notre cuisiner se charge de m'aider puisqu'il n'a pas à se remettre aux fourneaux avant le repas du soir. Mon mari s'occupe pour sa part de se rendre au marcher pour acheter les légumes frais qui nous servirons pour le repas du soir. Il dit que cela lui permet de faire une pause. Pendant son absence je m'occupe de recevoir les clients."
"Et donc vous avez eu deux nouveaux clients, c'est bien cela?"
"Exactement"
Dit-elle en posant le plateau sur une de ses hanches pour libérer une de ses mains. Elle s'était déplacée jusqu'à derrière le comptoir et consultait le registre.
"Le prête est arrivé un peu après 13h00 et il a été suivit très vite par Jhon Doe."
"Jhon Doe?" S'étonna Watson.
Holmes ricana. "Jhon Doe, bien sur. Cela m'aurait étonné aussi. On en peut pas faire plus classique comme pseudonyme."
La femme jeta un regard interloqué vers le détective à la mine renfrogné. Après un certain silence il pointa l'escalier du doigt.
"Pouvons nous?"
Et sans attendre la réponse il se dirigea vers cette direction
Watson lui emboîta le pas en saluant la tenancière d'un mouvement de tête. Ils montèrent les escaliers en direction du lieu du crime. Là, ils croisèrent alors un homme que Holmes s'empressa d'interpeller.
"Chambre 25?!"
Demanda t-il à l'homme grand et brun qui se stoppa en plein élan. Il se tourna vers Holmes et le toisa avec dédain, puis il en fit de même avec Watson. Leur interlocuteur peu aimable était un beau garçon aux yeux bleus et aux cheveux tirés en arrière. Tiré à quatre épingles dans son costume, son manteau tenu négligemment au dessus de son épaule il avait tout d'un homme d'affaire.
"Oui?" Lança t-il d'une voix grave assez charmante. "A qui ais-je l'honneur?"
"Sherlock Holmes"
"Et le docteur Watson je suppose."
"Puis-je savoir ce que vous venez faire dans cette hôtel et où vous étiez hier au alentour d'une heure de l'après midi?"
"Non."
Et sur ce refus catégorique il continua son chemin. Holmes sembla un instant choqué mais de ses grandes jambes il dépassa l'homme et lui barra la route. Ce dernier, bien plus musclé que le détective, voulu le bousculer mais il se contenta de demander poliment s'il pouvait continuer de descendre les escaliers.
"Seulement si vous consentez à répondre à mes questions!" Les yeux gris perçant du détective se fixèrent dans ceux de l'homme qui prit une teinte rougeâtre.
"Écoutez, vous êtes pas flic et je n'ai aucun compte à vous rendre. Si vous arrivez dans ma chambre avec les papiers qu'il faut, signés par qui il faut, alors je vous dirais ce que vous voulez savoir, mais pour le moment..."
D'un coup d'épaule bien placé il fit bouger Holmes qui le regarda passer avec fureur.
"Hé bien quoi?" Dit-il en se tournant vers Watson.
"Il est suspect celui là."
"C'est un homme d'affaire, il passe certainement à Londres pour voir deux ou trois personnes. Je ne pense pas qu'il joue un rôle important dans cette affaire."
"Je ne parierais pas là dessus Holmes." Marmonna Watson en remontant les escaliers.
Une fois dans la chambre, Holmes demanda aux agents présent de le laisser seul avec le médecin et tout deux contemplèrent l'endroit en silence. Le corps avait été retiré et le sang séché donnait aux draps une couleur maronnasse. L'odeur de fer caractéristique du sang ne flottait plus dans l'air, chose qui contrastait terriblement avec la quantité de liquide qui maculait les draps et les murs.
"Alors que pouvez vous me dire alors sur notre tueur?" Lança Watson qui ne supportait plus le silence glauque qui régnait.
"Simple, comme je vous l'ai déjà dit il est gaucher. C'est un homme."
"Et pourquoi donc un homme?"
"Le père Stocks avait une constitution plutôt... forte diront nous. Aucune femme n'aurait pu prendre le dessus sur lui. J'en déduis donc que c'est un homme et qu'il est plutôt fort. De plus l'écriture n'est pas celle d'une femme. Mais je ne saurait vous dire sa taille. Il est certainement grand, du moins un homme de taille moyenne. Je ne peux pas non plus conclure sur sa corpulence, néanmoins il n'est pas gros puisqu'il arrive à se camoufler dans des vêtements larges. Il est méticuleux et ordonné: le sang n'a pas giclé de tous côtés, il savait ce qu'il devait faire et l'a fait de façon propre et rapide. Voilà ce que je peux vous dire maintenant. C'est déjà plus que la dernière fois, mais ce n'est pas encore assez pour le coincer."
"L'autopsie nous en apprendra sûrement encore plus. D'ailleurs quand doit-on s'y rendre?"
"D'ici une heure." Répondit Holmes en regardant sa montre à gousset.
"D'ailleurs Holmes, pourquoi vouloir revenir dans cette chambre, je ne pense pas qu'elle nous en apprendra plus."
"Un détail me chagrine Watson. Je n'arrive pas à comprendre quelque chose." Il se dirigea vers la table de chevet sur laquelle reposait toujours la bible de cuir. "Cette bible! Ha! Je ne comprends pas ce qu'elle vient faire là! Qu'elle soit un message quelconque de notre tueur ne paraît pas plausible! Elle n'appartenait sûrement pas au prêtre: elle est neuve. Il n'y en a aucune dans les autres chambres. Je ne comprends pas! Le texte n'y fait même pas référence."
"Elle n'a peut être aucun intérêt dans cette affaire Holmes."
"Au contraire..." Lança le détective. "Je pense qu'elle en est la clé! Et quand j'aurais comprit ce qu'elle vient faire là, je pourrais vous dire qui est notre tueur, j'en suis sur!"
Gabriel n'ayant pas assisté à l'autopsie du corps et Holmes ayant toujours refusait de lui en parler en détail, l'unique paragraphe concernant ce passage de l'histoire me paraissait bien maigre. Ainsi, je me permets de vous relatez les faits comme j'ai pu les vivres, à la manière de mes écrits. Tout au long de ce récit je me permettrais quelques interventions écrites du bout de ma plume et vous les signifierai, cher lecteur, à l'aide non seulement de ma narration à la première personne mais aussi à l'aide de crochets.
[Les deux autres clientes du Saint François n'avait rien de bien suspect. L'une était une grande femme blonde, très belle je dois l'avouer. Elle était de passage à Londres pour revoir des anciennes camarades d'école. Elle devait repartir dans la soirée. La journée du meurtre, elle faisait les boutiques avec ces dites camarades. La seconde, une autre charmante demoiselle, était là pour une offre d'emplois. D'ailleurs ayant obtenu le poste qu'elle convoité elle devait partir de l'hôtel dans la journée pour s'établir dans son logement de fonction. C'est après que lui avoir souhaité bonne chance que nous repartîmes, et je dois avouer qu'à l'époque j'avais déjà une bonne idée de qui pouvait être notre meurtrier. L'homme d'affaire de la 25 m'avait fait forte impression et si je n'avais pas été l'ami le plus intime du grand Sherlock Holmes j'aurai mis ma main à couper qu'il n'était pas blanc dans cette affaire. Néanmoins j'avais apprit à ne pas me fier à mes impressions mais aux faits et il fallait avouer qu'à part ce refus je n'avais rien contre lui.
Nous sommes donc arrivés Holmes et moi même à la morgue en début d'après midi. Les locaux de la police étaie,t alors placés dans le sous sol d'un hôpital si bien que les murs blancs que nous dûmes traverser contrastèrent férocement avec les murs brutes et gris de la cave. Le cadavre du prêtre reposait sur une table de fer. Son corps était enfin recouvert d'un drap blanc qui cachait sa nudité. Holmes me passa devant et se dirigea directement vers le médecin qui se lavait les mains aux multiples robinets fixés au mur. Je le suivais à grandes enjambés, impatient de connaître les conclusions de mon collège.
"Monsieur!" Lança Holmes alors qu'il arrivait à sa hauteur.
"Messieurs."
Il se sécha les mains et serra celle de mon ami. Tous deux se déplacèrent vers la corps du pauvre homme où je les attendais. Le médecin légiste observa le cadavre un moment avant de se tourner vers mon ami.
"Première chose, il n'y avait aucun organe dans ce monsieur."
"Nous étions au courant, le docteur Watson ici présent à effectué une pré-autopsie sur le lieu du crime."
Je saluais l'homme à mon tour d'un mouvement de tête. Il me retourna mon salut sans un sourire.
"Je suppose que vous avez... disons... sentie ce qu'il y avait à la place."
"J'ai bien sentit quelque chose oui." Répondis-je tentant de me rappeler ce que j'avais pu toucher lorsque mon avant bras c'était enfoncé dans le torse du mort. "Mais je ne saurais vous dire quoi exactement."
"Ca" Répondis simplement l'homme en pointant du doigt une sorte de structure faite de bois.
Holmes se dirigea d'un pas vif vers la structure qui avait été nettoyée et se mit à l'observer sous tous les angles. Elle ressemblait vaguement à la coque d'un bateau qui l'on aurait retourné. Des planches courbées étaient fixées à une poutre centrale. Une fois positionné sous l'abdomen d'un l'homme cela devait remplacer les organes de manière efficace, la rigidité cadavérique aidant à maintenir le torse en hauteur. Un léger dégoût monta en moi lorsqu'il me vint à l'idée que quelqu'un avait pu introduire à tel objet dans le torse d'un autre homme. Holmes tournait autour du montage depuis un petit moment et se releva soudain, une main dans le dos, l'autre posée sur son menton. Il secoua lentement la tête comme pour approuver quelque chose. Enfin, il se tourna vers moi.
"Ingénieux, ce n'est un travail de grand maître, mais c'est ingénieux. Un bois peu coûteux, assez commun: du pin. Notre homme sait se servir de ses mains mais ce n'est pas non plus extraordinaire. Il n'a pas non plus de connaissance poussée en arboristerie sinon il aurait choisi un bois plus... adapté pour ce genre de... d'usage."
"En même temps Holmes je suppose qu'aucun bois n'est vraiment adapté pour cette usage comme vous dites. On ne remplace que rarement la cage-thoracique d'un homme avec une armature en bois."
"Je vous le concède Watson." Rit Holmes. "Quoi d'autre?"
"Hé bien, rien, seul le torse semble avoir été la cible de notre tueur, le reste du corps ne présente aucune entaille."
"Et là mort?"
"Je pense que c'est assez évident." Grogna le médecin en montrant le prêtre de la main.
"Mais.." Bredouillais-je. "Il ne c'est pas défendu?"
Le médecin haussa les épaules, nous tournant le dos. Je lançais un regard à Holmes et ce dernier secoua la tête. Il ne prit même pas la peine de remercier le médecin et sortit de la pièce à grandes enjambés et lorsque je le rejoins, je pus lire sur son visage une expression qui ne m'était pas inconnue. Holmes pesait le pour et le contre d'une idée. Il me jeta un regard rapide, sourit légèrement et, allumant une cigarette, il traversa le couloir l'air satisfait.
Ainsi nous sortîmes de la morgue sans en savoir vraiment plus que lorsque nous étions entré. Néanmoins il nous restait un endroit à visiter avant de retourner à Baker street.]
