Salut à tous ! Me voilà avec mon nouveau chapitre, fraîchement terminé. Il est un peu plus court que les précédents puisque le chapitre 4 sera d'un autre POV.

Pour répondre à la question sur Maitre Gims : non, on ne peut pas dire que je sois une véritable fan mais certains de ses textes ont le mérite d'être très bien écrits et sont porteurs de beaucoup d'émotions.

Tous les titres des chapitres seront des paroles de chansons (en français ou en anglais) qui correspondent à l'état d'esprit et à ce que je veux vous raconter dans chaque chapitre.

J'attends avec impatience vos avis sur ce nouveau chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre 3: « Mais mon esprit veut s'envoler... »

Après avoir couru durant plusieurs heures, Laurent avait choisi de voler une voiture.

Nous avions roulé à tombeau ouvert, comme à chaque fois, jusqu'à ce que le réservoir soit vide puis avions repris notre cavalcade avant de trouver un vieux fourgon ressemblant à mon Chevrolet.

Je m'étais recroquevillée contre la portière droite, les pieds sur la banquette, mon bras valide serrant mes jambes tandis que j'avais prudemment déposé mon bras gauche sur le haut de mes genoux afin de soulager un peu ma nuque, endolorie par le poids de mon bras en écharpe.
Je retenais au maximum mes plaintes de douleur lorsque je déplaçais ma main car, à chaque fois qu'un sifflement m'échappait, Laurent m'observait quelques secondes avant de se refixer sur la route, le visage encore plus tendu. Éprouvait-il des remords ? Ou avait-il de plus en plus de mal à supporter mes geignements, lui qui n'hésitait pas à me faire taire lorsque nous étions encore entre les mains de l'horrible rousse ?

Le vent soufflait fort par la fenêtre ouverte et j'avais choisi de remonter au maximum mon écharpe devant mon visage afin de souffrir un peu moins du froid. Depuis, j'avais perdu le fil, plongée dans mes pensées et mes peurs.

Je rêvais éveillée, imaginant à quoi pourraient ressembler mes retrouvailles avec les Cullen. J'échafaudais quantités de scénarii, me voyant emprunter à pied l'allée menant à la villa. J'arriverais face à cette superbe maison, la porte d'entrée s'ouvrirait à mon arrivée et la famille sortirait pour me rejoindre sur le perron. Alice ou Emmett me sauteraient dessus, comme à leur habitude tandis qu'Esmée les réprimanderait gentiment avant de me prendre dans ses bras. Puis Edward apparaîtrait enfin dans mon champ de vision, me souriant timidement, attendant un geste de ma part. Je ferais les quelques pas qui nous sépareraient encore et lèverais une main vers son visage, lentement, avant de déposer ma paume contre sa joue de granit qui m'a tant manquée. Il fermerait les yeux quelques secondes avant de les rouvrir, embrassant du bout des lèvres mes doigts et ouvrirait enfin la bouche pour…

Un cahot violent me fit me cogner la tête contre la carrosserie de la portière et reprendre violemment pied dans la réalité. La douleur diffuse qui irradiait jusque dans ma nuque m'empêcha de replonger dans mes rêveries.

J'avais faim et froid, mais cela, je pouvais encore le gérer.
Mon corps entier me faisait mal. Mes jambes me semblaient aussi dures que de la pierre, je ne savais comment me mettre tant mon dos était meurtri, tandis que mon poignet me faisait horriblement souffrir. Je tentai de le masser mais abandonnai très rapidement, ne pouvant m'empêcher de geindre à chaque mouvement.

Soudain, la voiture bifurqua et se retrouva rapidement dans l'obscurité. Je tirai sur mon écharpe et me redressai précipitamment, essayant de voir où nous allions.
En vain.
Après quelques cahots me faisant penser que nous roulions sur un chemin de terre, le véhicule s'immobilisa et le vieux moteur se tut. Serrant contre moi mon sac pour tenter de me rassurer, je n'osai quitter des yeux le chauffeur qui ne bougeait plus derrière le volant.
-J'ai besoin de chasser. Je te laisse une heure. A mon retour, on changera de voiture encore une fois. Compris ? déclara d'une voix effrayante Laurent sans même se tourner vers moi.
Comme à chaque fois, j'acquiesçai sans un mot, tentant de refréner mes tremblements involontaires, alors qu'il avait déjà disparu dans l'obscurité.

Où étions-nous ?
Machinalement, je passai la main dans les vide-poches des portières et y trouvai un briquet que je glissai aussitôt dans ma poche. Lentement, tentant de faire le moins de bruit possible, j'actionnai le système d'ouverture et mis un pied dehors. L'herbe était humide et froide et le vent soufflait dans les hauts arbres qui entouraient la zone où était garée la voiture.

Que diable Laurent pourrait-il chasser ici ? Nous étions en pleine forêt…à moins qu'il ne se soit décidé à tester le régime des Cullen avant même de les rencontrer…

Cette pensée me rassurant un peu, je me dirigeai vers un taillis, à moins de dix mètres de la voiture, afin de pouvoir me soulager un peu. En revenant vers la voiture, alors que le vent s'était un peu calmé et que les arbres laissaient passer un peu de lumière lunaire, je remarquai une masse plus sombre de l'autre côté de la zone, me faisant penser à un panneau. Peut-être pourrais-je apprendre où nous sommes ?

Debout au pied du grand panneau de bois, je tentai de déchiffrer ce que je pensais être des écritures. En pure perte.
Soufflant pour me donner du courage, j'attrapai le briquet et, contrôlant une dernière fois que le vampire n'était pas derrière moi, je l'actionnai. Une petite flamme jaune apparut aussitôt et se refléta sur le panneau. Je fis courir la lueur sur toute la zone à hauteur de mes yeux. Le panneau était en fait un immense plan, découpant des zones suivant des numéros. Ne comprenant pas où nous étions, je levai un peu le briquet et tordis le cou pour apercevoir le titre. Et c'est là que je compris.
Laurent ne chassait pas des animaux cette nuit. Non…
Nous étions dans le parc du Yellowstone, à quelques kilomètres d'une zone de camping…
Laurent allait tuer des randonneurs…

Une vague de terreur monta en moi. Bien entendu, je savais que Laurent chassait des humains. Je le savais mais jamais je n'en avais été le témoin.
Et là, me sachant à quelques kilomètres de ses victimes, et me sentant encore plus vulnérable, je pris peur. Je me précipitai de nouveau vers la voiture et m'y enfermai. Puis, par réflexe, ma main droite se dirigea aussitôt vers le neiman pour y trouver la clé…

Laurent avait laissé la clé !
Sans attendre, je mis le contact et le moteur vrombit horriblement, brisant le silence de la forêt environnante. Des oreilles vampiriques percevraient sans aucun doute ce raffut. Mais je ne demandais qu'une chose : avoir le temps de trouver un téléphone et appeler une dernière fois ce qu'il me restait de famille.

Alors, sans attendre, j'enclenchai la marche arrière, fis demi-tour et repris le chemin par lequel nous étions arrivés. Les taillis envahissaient ce qui semblait être une route en terre et la lumière des phares ne suffisait pas dans cet environnement très sombre. Mais qu'importe. J'en avais assez d'attendre. Je devais saisir ma chance.

Ma dernière chance.

Et dans la pire des conclusions, je mourrai cette nuit. Alors, je ne me souciai plus du bruit que je pouvais faire et appuyai encore plus fort sur l'accélérateur, agrippant à deux mains le volant malgré la douleur.

C'était ma dernière chance…

La voiture fit un bond, répondant à ma demande. Bientôt, j'atteignis la route goudronnée et tournai sans vraiment ralentir, faisant hurler les roues sur l'asphalte. Mon cœur battait la chamade et un sourire se dessinait sur mes lèvres. J'y étais arrivée ! J'avais réussi ! J'accélérai encore, pied au plancher désormais, souhaitant fuir le plus rapidement possible la zone. Qu'importait la direction pour le moment, le principal était de mettre de la distance entre le vampire et moi.

Mais soudain, à plusieurs centaines de mètres devant moi, debout sur la route, brillant dans la lumière des phares….

Laurent…

-Non ! hurlai-je dans l'habitacle tout en appuyant de mes deux pieds sur la pédale de frein.
Un cri de peur, de rage et de désespoir.

La voiture s'immobilisa finalement, à une dizaine de mètres de lui. Mais je ne pouvais me résoudre à descendre de la voiture.

J'avais laissé passer ma chance.
J'avais tout raté. Encore une fois.
J'avais tout perdu. Encore une fois.

-Isabella ! Descend ! cria le vampire, n'ayant pas bougé de la route.
Je ne répondis rien, me contentant de poser le front contre le volant que mes deux mains ne pouvaient se résoudre à lâcher.
-Isabella ! rugit-il encore une fois.
-Non. murmurai-je d'une voix emplie des larmes que je retenais depuis si longtemps.
-Isabella ! grogna-t-il à nouveau alors que je relevai la tête pour l'observer.
Le vampire avançait lentement vers moi, un pas après l'autre. Son visage illuminé par les phares était empli de rage.

C'était le moment. J'allais mourir ce soir.
A cette pensée, la bile remonta dans ma gorge et je me retins de vomir.

Je n'aurais pas eu le temps de les revoir. Mais je me consolais en me rappelant que j'avais quand même pu les avertir.
Je pouvais mourir désormais.

-Isabella ! hurla-t-il encore une fois.
Je soufflai une bonne fois et ouvris la portière. L'air froid pénétra aussitôt dans l'habitacle, chargé d'humidité. L'odeur des bois emplit mes narines.
Comme à Forks.

Alors, je descendis de la voiture. Le vampire grognait à quelques mètres de moi mais n'avait pas accéléré le pas. Je me tournai vers lui et attendis.
-J'en ai assez ! Sale petite humaine ! cracha-t-il.

Je savais que j'avais atteint la limite et tout cela n'était plus qu'une question de minutes. Je fermai les yeux, préférant ne plus voir ce vampire qui allait me tuer et me plongeai dans mes souvenirs. Les visages de mes parents. Mes souvenirs d'enfance sur la plage de la Push. Ma dernière année avec les Cullen. Edward…

Un énorme fracas retentit soudainement, me faisant ouvrir les yeux par réflexe. Devant moi, trois vampires se battaient. Laurent était aux prises avec ce qui me semblait être un couple de ses congénères. Lui, grand et blond. Elle, plus petite et d'un blond semblable à celui de son compagnon.
Les coups fusaient et Laurent semblait en mauvais passe. En une fraction de seconde, le vampire mâle se détacha du groupe et se matérialisa devant moi, me faisant hurler de terreur. Ses yeux carmin me scrutèrent une seconde et il attrapa mon poignet avant de le porter vers sa bouche. Tétanisée, je n'hurlai même plus. Il huma la peau fine et releva la tête pour me regarder. Derrière lui, le combat se poursuivait, intense, et la femelle avait le dessus.

-Ils ont raison, ton sang est vraiment très puissant. dit-il d'un accent texan très prononcé en accrochant son regard au mien . Sauve-toi, petite Isabella. Sauve-toi ! ajouta-t-il en me poussant vers la route.

Interdite, je ne comprenais rien à ce qu'il me disait. Pourquoi un vampire aux yeux rouges me laisserait-il partir ? Surtout après avoir senti mon sang ?

-Sauve-toi, petite ! répéta-t-il un peu plus fort en déposant mon sac à dos contre ma poitrine.
-Peter ! appela l'autre vampire alors que Laurent était bloqué au sol.
-Cours droit devant. On se reverra bientôt. termina-t-il, énigmatique, avant de disparaitre à sa vitesse surhumaine, me faisant sursauter.
Je me retournai une dernière fois vers Laurent, et vis qu'il était plutôt en mauvaise posture.

Je n'attendis pas plus longtemps. Je devais saisir ma chance !
Alors, je fis un pas, puis deux, et trois, et me mis à trottiner sur le long ruban de goudron sombre alors que des larmes coulaient sans contrôle aucun sur mes joues, direction Forks. Ou l'Alaska. La destination finale importait peu, je devais simplement les retrouver. Et rejoindre le poste des Rangers surveillant le parc était un des moyens pour le faire. Mon plan se dessinait clairement depuis que ces vampires m'avaient séparée de Laurent : retrouver le poste des gardes à l'une des entrées du parc. De là, je pourrais appeler Carlisle et ils viendraient aussitôt me chercher.

Je courrai toujours sur cette route bordée d'arbres, portée par cette idée. Seuls les bruits de mes foulées brisait le silence nocturne. Chaque pas, malgré la douleur qu'il m'occasionnait, me rapprochait de la délivrance et j'accélérai malgré moi en apercevant la clarté créée par le manque d'arbres, signe que je me rapprochai des zones dévolues aux parkings et à toute la logistique.

Je courrai pour ma liberté. Je courrai pour ma vie. Je courrai pour retrouver ma famille. Pour eux.

Mais, soudain, trois silhouettes se dessinèrent devant moi, juste au bout du chemin. Mon instinct me cria ce que mes yeux n'avaient pas le temps de détailler : vampires ! Trois vampires venaient de s'arrêter juste quelques centaines de mètres devant moi, leurs silhouettes se découpant clairement avec l'aube naissante

Je bifurquai alors aussitôt sur ma gauche et m'enfonçai dans les arbres et l'obscurité. Mais le sol irrégulier conjugué à mes blessures aux jambes et à la fatigue eurent raison de moi et je m'effondrai au sol, essayant de me rattraper de mes mains. Le choc avec ma main gauche, blessée, ne put m'éviter de crier. La douleur me serra le cœur et je commençai à voir flou. Instinctivement, et parce que malgré tout, des vampires n'étaient pas très loin, j'essayai de ramper tout en luttant contre le malaise qui m'envahissait. Comme dans du coton, je finis par abandonner et me laissai retomber sur la terre froide et humide tout en fermant les yeux, me recroquevillant tant bien que mal, m'arrachant quelques geignements de douleur. Des mains froides et dures me touchèrent, saisissant mes épaules alors que l'on m'appelait. Mais je n'avais même plus la force d'essayer de me débattre.

-Isabella…

J'essayai d'ouvrir les yeux mais tout me semblait flou. Je crus deviner la silhouette d'un vampire blond près de moi mais trop tard, le néant m'engloutit.


Alors ? Verdict ?