Yo, mina ^^ ! Voilà le chapitre 4, pas évident à écrire figurez-vous. Perso je trouve la fin un peu queue de poisson, vous me direz ce que vous en pensez.

Deathgothika : Je sais, mon histoire est Mary-Sue, mais comme tant d'autres ! On peut pas être auteur sans mettre de soi dans la confection de l'histoire…

la vague folle : ma fidèle revieweuse, j'espère que ce chapitre ne te décevra pas puisque le dernier semble t'avoir tant plu ^^ !

XoXonii : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait très plaisir ! Voici la suite !

MV-232, où es-tu ?

Au fait, j'ai remarqué que dans mon dernier chapitre mes points-virgules ne paraissaient pas donc désolée pour les phrases bizarre par manque de ponctuation…


Chapitre 4 Faiblesse féline

Je me réveille en sursaut… dans ma cabine – ça devient une habitude dites-moi ! -. Mon premier réflexe est de regarder où en est le soleil… Le ciel a déjà prit une teinte rosée. Je me lève et baisse les yeux sur mon T-shirt en piteux état. Je distingue des bandages à travers la partie déchirée. Ça me démange horriblement à cause de la cicatrisation. Pour penser à autre chose, je fouille dans mon sac et en sors un nouveau maillot gris, tout bête. Je laverai l'autre. Tant pis pour le trou, il n'a pas touché l'inscription, c'est l'essentiel. Je sors de ma cabine et trouve le couloir vide. Enfin, pas tout-à-fait. Ace est là, accoudé à la rambarde de sécurité et semble fixer quelque chose dans l'océan.

La curiosité l'emporte sur l'envie de tranquillité et je rejoins timidement le Commandant.

Arrivée à sa hauteur, j'agrippe la rambarde du bout des doigts et me hisse sur la pointe des pieds en sautant même légèrement… Mais c'est à peine si j'arrive à apercevoir la ligne d'horizon ! Un ricanement me fait tourner une tête boudeuse du côté opposé à celui d'Ace. J'étouffe un cri de surprise en me sentant brusquement soulevée. J'atterris sur les épaules musclées de l'Allumette.

- Regarde dans l'eau, explique-t-il d'une voix amusée.

Je fais ce qu'il dit et aperçois un banc de poissons argentés au travers de la mer rougeoyante qui passe petit à petit à l'indigo. Je ne peux retenir une exclamation émerveillée devant ce spectacle simple, voire commun en mer, mais néanmoins extraordinairement beau.

- Whaou !

C'est alors que le Commandant fait mine de me redescendre.

- Non ! S'il te plaît, laisse-moi regarder encore un peu ! supplié-je.

- D'accord, cède-t-il avec un sourire dans la voix.

Et je reste à contempler la mer encore un moment, tout en m'amusant machinalement avec les cheveux noirs de jais, le collier rouge et le chapeau orange. C'est la première fois que le coucher du soleil ne me paraît pas angoissant. Mais je me sens redevenir la petite fille que je suis. La question franchit naturellement mes lèvres :

- Ace, c'est vrai que tu as connu la colère en toi ?

- Oui Suki. Je ne t'ai pas menti.

J'observe un instant de silence pour savourer le fait qu'il ne m'ait pas trompée. Puis je demande encore :

- Pourquoi ?

- Je détestais mon père et le sang qu'il m'a laissé.

- Et… Tu as trouvé un autre père ici ?

- Le seul que j'ai jamais eu, réplique-t-il avec une conviction qui ne peut que m'impressionner.

Le silence reprend sa place pour un moment, le temps que je trouve le courage de lui avouer :

- Je n'ai pas connu mon père biologique, et ma mère me haïssait. Les autres membres de ma famille prétendaient m'aimer quand ils avaient besoin de moi avant de me rejeter en se moquant de ma naïveté. Je suis partie en mer à l'âge de huit ans, sur un navire pirate dont le capitaine était un brave type m'ayant prise en pitié. Mais un an plus tard il s'est fait vaincre par un autre équipage alors que nous venions d'atteindre Grande Line. Ils m'ont laissé la vie sauve… comme esclave. Jusqu'à ce qu'à son tour il se fasse battre et je suis passée de bateau en bateau. Et un jour j'ai réussit à m'enfuir. J'ai volé et tué pour survivre. Mais…

La fin de la phrase reste coincée dans ma gorge.

- … c'est la première fois qu'on te témoigne de l'affection, finit pour moi le Commandant.

- Ouais…, confirmé-je d'une voix rauque et nerveuse.

Le ciel s'assombrit encore, la lueur du jour aura disparut dans quelques minutes. J'ai peur.

Je sursaute lorsqu'Ace me fait descendre de ses épaules pour me reposer près de lui. Je reste collée à deux centimètres de lui. Pourquoi ce besoin d'être protégée ? Il baisse les yeux sur moi.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien…

- Tu mens.

- Sans blague ?!

Merde ! C'est sorti tout seul…

- Merci.

Je redresse vivement la tête.

- Hein ?!

- Pour ta franchise, précise-t-il alors avec un sourire.

Je le lui rends timidement.

- Dis… Nii-chan ?

Son sourire s'élargit, illuminant sa figure.

- Oui, petite sœur ?

- Est-ce que tu as un rêve ?

- Si on peut appeler ça un rêve, oui.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Vivre une vie sans regret.

Je prends un moment pour analyser ce que je viens d'entendre. Je finis par hocher la tête.

- C'est un beau rêve.

- Et le tiens ?

Le sourire qui se dessine sur mon visage, je le sais doux et amère à la fois. Je l'ai vu tant de fois dans le miroir !

- Je veux vivre ma vie, tout simplement. Une vie heureuse malgré tout ce qui peut m'arriver. Et… je suis prête à perdre cette vie pour avoir eu la chance de la vivre.

- N'est-ce pas un peu paradoxale ? Vouloir vivre à tout prix sans avoir peur de la mort ?

Je secoue la tête.

- Non. C'est quand on est heureux de vivre qu'on a la force de mourir.

- Donc partir sans regret, comme moi.

- Non plus. Parce que le bonheur c'est bien plus que l'absence de regrets. Mais…

- Mais ?

- Est-ce que j'en ai le droit ?

Il m'adresse un long regard scrutateur suite à ma question. J'en ai trop dit ! Je me mords la lèvre et fixe mon regard sur le dernier rayon de soleil. Un regard empli de peur, qui n'échappe pas au Commandant de la Seconde Flotte.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Je trouve le culot de mentir effrontément :

- J'ai froid.

En fait… ce n'est pas faux du tout je grelotte dans cette nuit glaciale. On doit s'approcher d'une île hivernale. Alors pourquoi le soleil ne se couche pas plus tôt ? Bref, pour en revenir à nos moutons, même le dernier des crétins aurait vu ce plus qu'évident détournement de conversation… Pathétique ! Cependant, Ace n'insiste pas et entre dans mon jeu.

- Viens là, m'invite-t-il en m'attirant dans ses bras.

Je me laisse aller à son étreinte réconfortante et agréablement chaude. Saleté de chat ! Le corps d'Ace est chaud à cause de son pouvoir de Fruit du démon. Juste ce qu'il fallait pour m'empêcher de claquer des dents. Mais mes tremblements, qui ne sont pas dus à la température, demeurent. Je n'ose pas formuler la requête qui m'obsède. J'ai honte, je m'en veux d'être aussi faible ! Pour qui je vais passer si je fais ça ?! Non, hors de question que…

- Tu devrais aller te coucher, il se fait tard.

La terreur prend aussitôt le pas sur la fierté et je me blottis contre lui – je me hais ! -, enfonçant ma tête dans son torse. J'ai à peine conscience de la supplique qui glisse hors de ma bouche :

- Je peux rester avec toi ?

Mes yeux me piquent, ma vue est à moitié floue. Je sens une main passer dans mes cheveux.

- D'accord, petite sœur.

Il me soulève, s'assoit sur un petit banc contre le mur et me dépose sur ses genoux. Je m'installe confortablement sur lui pour pouvoir dormir. Pourtant j'ai pioncé presque toute la journée en calculant bien !

Contrairement à hier, je ne résiste pas à l'affection et à l'attention qu'on me propose. Je sens en Ace un complice, le frère qui comprend parce qu'il a vécu quelque chose de similaire. Je crois que je commence déjà à leur faire confiance… Cette pensée m'effraye mais je la laisse s'éteindre dans un bâillement. Rien que pour une fois.

Les bras musclés de mon frère se resserrent autour de moi et je cale ma tête dans le creux de son épaule. J'attrape une de ses mains et joue avec ses doigts, instinctivement. Je laisse dominer mon côté félin et mon côté enfantin. J'ai un peu honte d'agir comme une gosse de quatre ans mais… j'ai besoin de la protection de mes aînés, besoin qu'ils m'aiment comme si j'étais de leur famille.

- Grand-frère ?

- Hum ?

Je bâille à nouveau comme un chaton et il prend un air attendri.

- Je veux apprendre à vous faire confiance…

- Prends ton temps, me rassure-t-il en souriant.

Dormir. Dormir pour tout oublier et rêver en paix, sans se mentir et sans souffrir… Et soudain, en tournant la tête vers la voute céleste, je La vois… Elle m'attend.

L'Angoisse me fixe. Elle ne m'a pas quittée des yeux depuis presque dix ans. Depuis tout ce temps, le sourire que j'offre extérieurement est un jeu. Les larmes contenues se cachent derrière. Le goût des larmes et le goût du sang… Sel et métal. Deux saveurs qu'on n'oublie jamais. L'Angoisse m'étreint et m'enveloppe de sa masse gluante, glaciale et pointue. Elle me transperce de part en part. Impuissance. Je me tords de douleur, je suffoque. Je suis perdue et seule. Je ne vois plus rien, je ne sens plus rien, mon corps est las. Elle me tient à sa merci. La vie se débat en moi. Je la regarde faire. L'angoisse aussi, et elle cherche à la noyer définitivement. Goût amer dans ma bouche. Abandon. Où sont les couleurs ? Où sont les rires et la musique ? Où est le parfum du grand large ? Où est la fraîcheur du vent ? Où est le goût de la liberté ? Pourquoi tout est noir, fade, irrespirable, asphyxiant, brûlant ? Je tremble, je n'ai plus de force. Je voudrais hurler mais pas un son ne franchit le barrage de mes lèvres si tant est qu'il réussisse à franchir la boule de peur obstruant ma gorge. Je me hais. Violence qui pulse. Encore et toujours. L'Angoisse m'écrase. Envie de scarification, pour faire sortir l'acide brûlant qui me consume de l'intérieur. Arrêter se taire. L'Angoisse est là, et j'ai peur.

J'ai mal. J'AI MAL !

On me secoue vigoureusement.

- Suki !

- SUKI !

J'ouvre les yeux. Je halète. Je dégouline de sueur. J'ai chaud et froid en même temps. Mais par-dessus tout, j'ai peur ! Je lève mon regard sur Ace, dont le visage est rongé par l'inquiétude.

- Ace…

Ma voix rauque se casse sur ce seul mot. Je sens les larmes se mettre à couler et les sanglots malmener mon corps. Je n'ai plus de force. Je pends lamentablement entre les bras du Commandant de la Seconde Flotte. Je suis brisée…

C'est alors que je sens Ace resserrer sa prise. Je me retrouve tout contre lui. Il me frictionne doucement le dos.

- Calme-toi petite sœur. C'est fini, je suis là.

Je suis comme toujours mon instinct et soulève faiblement ma main jusqu'à son visage. Je la pose sur sa joue. Je le sens avec surprise faire de même. Je dessine de ma paume tous ses traits en une caresse avant de plonger mes doigts dans ses mèches corbeau. Il copie tous mes mouvements au même moment. Je donne et… je reçois ! Lorsque je laisse retomber ma main, fatiguée de la tenir en l'air, il y place la sienne et me laisse jouer avec ses doigts, une fois de plus. Ses yeux noirs sont si doux… Il ne me veut pas de mal. Pourquoi est-ce que ni lui ni Marco ne m'en veulent d'avoir pleuré ? Pourquoi sont-ils si bienveillants ? Qu'est-ce que ça cache ?

- Soif…

Rhaaaa ! En plus de ne pas savoir contrôler mon Fruit du démon, je n'arrive plus à contrôler ma langue maintenant ?!

L'Allumette ne répond pas mais se redresse et me porte jusqu'aux cuisines. Là, il me pose au sol pour me remplir un verre d'eau. Je tiens à peine assise. Il revient et s'accroupit près de moi, mais lorsque je tends les mains pour prendre le récipient, il le retire hors de ma portée. Je lui adresse un regard interrogateur, avec une pointe de supplique. Quoi ?! Ma gorge est une fournaise et aussi aride que le désert d'Alabasta !

Il sourit gentiment et s'explique :

- Dans ton état tu vas le renverser.

'M'énerve ! Pourquoi il a raison en plus cet abruti ? Si seulement je pouvais arrêter trembler misérablement !

Je fais un bond de trois bons centimètres lorsqu'il pose sa main sur ma nuque. Ce mouvement pourtant involontaire lui fait froncer les sourcils. Il doit être furieux… Un très léger mouvement de son autre bras et mes réflexes reprennent le dessus. Je roule sur le côté, face contre terre, en protégeant ma tête le mieux possible. J'attends les coups, le bruit du verre se brisant et les morceaux s'incrustant dans ma chair…

Rien ne vient.

Puis la voix du Commandant s'élève.

- Tu n'as rien à craindre Suki. Je ne ferai jamais de mal à ma petite sœur.

Je me rassois lentement. Très lentement. Je risque un œil sur son expression. Je suis estomaquée d'y découvrir non pas de la colère… mais de la peine.

- Tu as eu confiance en moi tout à l'heure, Suki. Et tu as eu raison. Tu n'as pas à avoir peur.

Je ne le quitte pas des yeux, lèvres scellées. Il soupire.

- Je suppose qu'il te faudra du temps.

Il sourit.

- Mais je compte bien t'apprivoiser…

Et avant que j'ai pu capter ce qui se passait, il m'a collé le verre sur les lèvres, avant de le soulever pour que je puisse boire. J'avale goulument le liquide frais. La vache ! Ça fait un bien fou !

La dernière goutte léchée, je suis exténuée. La tension retenue dans mes muscles se relâche d'un seul coup, m'assommant un peu plus que je ne le suis déjà. Et je grelotte comme c'est pas permit. Je viens alors tout naturellement me pelotonner dans les bras d'Ace, dos contre son torse, recherchant un maximum de chaleur.

Il ricane. Il s'assoit et me laisse à nouveau poser ma tête sur son épaule. Le félin en moi à l'air de l'accepter aussi facilement que Marco, sinon plus… C'est que je dois pouvoir lui faire confiance… Mais en même tant cet abruti de chat apprécie surtout ses bras chauds… Mais oui, c'est ça en fait... Oh et puis zut ! J'cogite beaucoup trop !

Je ferme les yeux et m'endors, pour de bon cette fois. Vivement demain matin, que je retrouve mes forces et mon courage… Et SURTOUT mon sang-froid !


Laissez des reviews s'il vous plaît ^^ ! Sinon… *snif*, je pleure… *snif*…