Merci encore pour vos reviews, vos mise en alerte/favoris et même si vous êtes un lecteur invisible : merci :)
Voilà la suite en espérant qu'elle vous plaise et passez un agréable week-end !
Dreaming
– Non, non, non et au cas où vous n'auriez toujours pas saisi : non !
Crowley, vêtu de son habituel costume sombre, se tenait au centre de la pièce, habilement retenu par un piège à démon. Il buvait un verre de scotch tout en regardant les trois humains et l'ange qui se tenaient devant lui.
– On ne te demande pas la lune, répliqua Dean.
– Je préfère encore te décrocher la lune, ça sera sans doute moins dangereux. Je vous rappelle que Lucifer veut ma peau ou pas ?
– On a juste besoin que tu ailles vérifier que Adam est toujours entier et lui expliquer notre plan, expliqua Sam.
– Un plan ? Mais quel plan ? Tu appelles ça un plan, moi j'appelle ça de la stupidité profonde. Avec votre chance légendaire et votre absence de jugeote vous allez réussir à faire sortir tout le monde de la Cage sauf Adam.
Dean devait avouer que ça, ce n'était pas impossible du tout.
– C'est notre frère, on ne peut pas le laisser là-bas, se justifia t-il.
– Vous l'avez bien fais jusque là alors un peu plus ou un peu moins... commença Crowley.
– Tu vas nous aider oui ou non ? le coupa Bobby.
– Non, répondit tranquillement le démon en souriant.
Dean leur lança un regard signifiant « je vous l'avais bien dis » et Sam poussa un long et profond soupir.
– Et votre angelot ne peut pas le faire ? demanda Crowley en désignant Castiel du menton.
– On aimerait autant éviter, rétorqua Dean.
– C'est sur que quand on voit dans quel état il a remonté Sam... ça serait un peu con de laisser la moitié d'Adam derrière lui, approuva Crowley avec un sourire très agaçant, et puis Dean ne veut sans doute pas que son petit-copain se brûle les ailes en bas pas vrai ?
– La ferme Crowley ! siffla Dean.
S'il avait eu un dollar à chaque fois qu'il avait demandé à Crowley de la boucler, il serait probablement millionnaire à l'heure actuelle. En plus de ça tous les sous-entendu à propos de Cas' et lui étaient ridicules, ils partageaient un lien spécial selon l'ange et ça s'arrêtait là. En réalité Dean finissait par sincèrement penser que les autres ne pouvaient pas comprendre ce qui le liait à l'ange.
– Bon puisque vous n'avez plus besoin de moi, ajouta Crowley, je peux y aller ?
– Ouai, lança Bobby.
– Non ! rétorqua Dean au même moment.
Ils échangèrent un regard agacé tandis que Crowley se délectait de la scène.
– Ce petit con a la trouille de Lucifer il ne nous aidera pas, on trouvera autre chose, point final, répliqua Bobby.
– Je n'ai pas « la trouille » de Lucifer d'accord ? intervint Crowley.
Bobby le regarda en haussant un sourcil.
– Bon d'accord j'ai peut-être un peu peur mais votre plan est tellement bancal qu'il tournera mal avant même d'ouvrir la Cage ! grogna le démon. Vous le savez aussi bien que moi !
– Si tu as un plan pour sortir Adam on t'écoute, dit Dean.
– Je me fiche totalement que votre frangin soit bloqué avec les deux couillons d'anges vous savez.
– Tu aimerais quoi en échange ?
– Bobby !
– Quoi ? C'est un démon, c'est la seule chose qu'il comprend, se défendit Bobby.
– Hey j'ai plus de valeur que ça, râla Crowley, mais cela dit il y a peut-être un petit quelque chose que vous pourriez faire pour moi.
Ils échangèrent un regard plein de sous-entendu, quand Crowley demandait un « petit quelque chose » ce n'était jamais petit justement. Surtout de la part de quelqu'un qui a sacrifié son âme pour en avoir une plus grande.
– C'est à dire ? marmonna Bobby.
– Une pomme, annonça tranquillement le démon.
– Pardon ? s'exclama Dean incrédule. Une pomme ?
– Oui mais pas n'importe laquelle, je veux une pomme du jardin d'Eden, dit Crowley avec un sourire.
Castiel qui s'était tenu jusque là en retrait sursauta légèrement et fronça les sourcils.
– Personne ne touche aux pommes, siffla t-il comme si Crowley l'avait personnellement offensé.
– Et bien il le faudra sinon pas d'Adam !
Il se mit soudain à rire.
– Hey les gars, pomme, Adam, une pomme d'Adam, ha ha ha !
Dean échangea un regard avec Sam qui se pinçait le nez et Bobby qui fermait les yeux de dépit.
– C'est la blague la plus pourrie du monde Crowley, soupira Dean, et pourtant j'en ai vu passer.
– Ah oui c'est vrai j'oubliais que je parlais avec les Winchesters , les mecs les plus chiants de toute la Création, rétorqua Crowley.
– Si on part par là tu veux qu'on plaisante sur ton nom ou pas ? lança Sam.
– C'est à dire Gigantor ? grogna le démon.
– Il y a bien une nage qui s'appelle le crawl, crawl, crowley...
– C'est nul, grimaça Crowley, vraiment nul.
– A ta hauteur quoi, intervint Bobby, bon on continue dans la série des blagues à la con ou on peut avoir un discours un tout petit peu plus évolué ?
– Dean c'est quoi la nage ? Et quel rapport avec Crowley ? chuchota Castiel.
– Plus tard Cas' !
– Une pomme du jardin ou rien, annonça Crowley.
– Pourquoi veux-tu un tel objet ? demanda Castiel.
– Pour ma collection personnelle.
– Et ? insista Castiel.
– Et c'est tout, répondit le démon.
– C'est du délire, lança Dean.
– Plus que de creuser un trou dans une Cage contenant deux grenades dégoupillées ? répliqua Crowley
– Et comment on récupère une pomme du jardin ? demanda Bobby.
– Non on ne touche pas aux pommes ! rétorqua Castiel.
– Et pourquoi ?
– La dernière à y avoir touché a été banni du Paradis, je ne tiens pas à ce que cela m'arrive, dit-il.
– Et si c'est nous qui y allons ? questionna Dean.
– Hors de question Dean, tu serais aussi banni du Paradis et ça serait terrible !
Dean ne voyait pas en quoi être banni d'un Paradis de crétins pouvait être horrible mais il ne répondit rien.
– Ce que je veux dire Dean, poursuivit Castiel en s'approchant à moins de vingt centimètres du chasseur, c'est que si tu es bannis, tu ne pourras plus y accéder même après ta mort et tu erreras dans les limbes...
Sa voix se perdit comme si cette perspective était la plus horrible du monde. Et quand on y réfléchissait ça l'était. Cependant Dean vit Crowley s'étouffer de rire et Sam lever les yeux aux ciel.
– C'est beau l'amour, commenta le démon, non je suis sincère Dean vous êtes adorable. N'est-ce pas qu'ils sont adorables ? ajouta t-il en se tournant vers Sam et Bobby.
– Ils sont épuisants, soupira Bobby, nom de Dieu...
– Cas', commença Dean en reculant légèrement d'un pas, promis je n'irais pas chercher une pomme d'accord ?
– Et Adam ? intervint Crowley. Dieu sait dans quel état il est...
– Appeler Raphaël et lui demander aimablement une pomme n'est pas une solution viable n'est-ce pas ?
– Pas vraiment Dean.
– Raphaël non, mais Joshua nous aiderait peut-être, commença Sam.
Castiel se tourna vers lui avec l'air de celui qui réfléchit très intensément.
– Il a bien dit qu'il était de notre côté non ? Et après tout ce que les anges nous ont fais il peut bien faire ça pour nous.
– Le problème Sam, rétorqua Castiel, c'est que ça atterrira chez un démon – et Castiel mit tout le mépris du monde dans ce mot – et ça mes frères ne le supporteraient pas. N'oublie pas qu'elles viennent de l'arbre de la connaissance !
– De vrais chochottes ces anges, commenta Crowley.
– Tu ne veux rien d'autre ? intervint Bobby. Un truc moins merdique à attraper si possible ?
– Éventuellement si l'un d'entre vous à une âme en trop... Ou alors une âme tout court ça me va, sinon c'est la pomme ou rien.
– Tu fais chier, commenta Dean avec mauvaise humeur.
– A ton service !
Il y eut un silence assez long, seulement ponctué par les tic-tac de l'horloge murale.
– Je vais voir ce que je peux faire, murmura Castiel avant de s'envoler.
Crowley regarda un instant l'endroit vide où se trouvait l'ange quelques minutes plus tôt.
– C'est drôlement pratique un ange quand même, il m'en faut un comme ça à la maison. Vous le prêtez celui-ci ou pas ?
– La ferme Crowley ! lancèrent Dean et Bobby en cœur.
Après quoi ils laissèrent filer le démon et Bobby partit préparer à manger en attendant le retours de Castiel.
– Ça fait combien de temps qu'on est ici ? questionna Adam.
– Je ne sais pas, répondit Michael, peut-être deux cent ans quelque chose comme ça.
En vérité il ne comptait pas les années et avait la sensation que Adam posait la même question tous les quatre matins. Il savait que les humains avaient tendance à avoir la mémoire courte ou à continuellement se répéter mais ça devenait très lassant.
– Je m'ennuie, poursuivit l'humain.
– Je sais, tu me l'a répété quatre-cent-quarante-trois fois ces derniers temps, soupira Michael.
– Tu as compté ? s'étonna l'humain.
– Moi aussi je m'ennuie.
– Si tu veux que je me taise dis-le tout de suite, grogna Adam.
– Même si je te le disais tu ne le ferais pas.
– Exact.
– Vous êtes tous les mêmes, soupira de nouveau l'archange.
– Pardon ?
– Les humains, vous vous ressemblez tous, insista Michael.
Adam haussa les sourcils et toisa l'archange autant qu'il lui était possible.
– On se ressemble tous ? répéta Adam.
– Tout à fait.
– Tu peux être plus explicite ? grinça t-il.
– Vous êtes impulsif, vous vous répétez sans arrêt, vous n'avez aucune patience, vous vous faites du mal en permanence, commença Michael, vous ne croyez plus en rien, vous changez d'avis sans arrêt...
– Donc, coupa Adam, c'est ton opinion des humains ?
– ...vous êtes impoli, termina Michael avec une grimace, et oui c'est ce que je constate.
– Tu as passé combien de temps parmi les humains pour affirmer ça ?
Michael le regarda enfin comme si sa question n'avait aucun sens.
– Très peu pourquoi ?
– Comment tu peux prétendre connaître un peuple que tu n'as jamais côtoyé ?
– Je vous ai vu évoluer depuis la nuit des temps, ça m'a suffit, répondit tranquillement Michael.
Adam resta silencieux un instant, sentant tout le mépris que l'archange éprouvait pour ce qu'il était. Finalement il n'était qu'un moyen de déplacement, rien de plus. Michael n'avait aucune considération pour lui.
– Je vois, marmonna Adam, Lucifer avait raison.
– A propos de quoi ? gronda Michael.
Il était drôlement soupe-au-lait à propos de son frère ou il ne supportait pas l'idée qu'il ait raison.
– De moi, répondit tranquillement Adam, tu te fiches totalement de moi, que j'aille bien ou pas, que je me sente bien ou mal. Tout ça tu t'en tapes religieusement et c'est rien de le dire. Puisque nous sommes tous pareil pour toi, que ça soit moi ou un autre ne change rien. Tu as besoin de moi donc tu me protèges mais sinon tu ferais comme tu as fais avec Sam, c'est à dire que dalle.
Adam n'était même pas en colère, il se sentait fatigué et déçu et finalement c'était peut-être pire.
– Tu sais quoi ? Tu peux toujours courir pour te balader dans mon corps maintenant.
– Qu'est-ce que tu veux dire par là ? gronda Michael.
Brusquement le ciel se couvrit d'éclair et le tonnerre lui vrilla les tympans.
– Je veux dire que je refuse d'être ton vaisseau maintenant, il faudra te démerder pour trouver un autre crétin, annonça Adam.
– Tu n'as pas le droit, rétorqua l'archange.
– Tu sais bien que si.
Adam savoura sa petite victoire. Bien entendu ça ne mènerait à rien du tout étant donné qu'ils étaient coincés pour l'éternité ici mais il ne voyait pas pourquoi il resterait près de quelqu'un qui le méprise autant.
– Adam reviens ici, s'énerva l'archange en constatant qu'il s'éloignait.
– Non, tu me fais chier, lança Adam.
Et encore il restait poli.
– Après tout ce que j'ai fais pour toi tu oses me tourner le dos ?
– Et tu as fais quoi exactement pour moi ? Je veux dire à part m'entraîner dans ce trou à rat ? demanda Adam.
– Je t'ai sauvé la vie, ou du moins j'ai sauvé ton âme, et j'ai construit tout ça pour toi.
Visiblement Michael était plus que contrarié de ne pas être respecté comme il l'espérait.
– Mais tu a fais tout ça pour que je sois sympa quand on sortira d'ici, conclu Adam.
Michael ne répondit rien. Bien évidemment qu'il avait fait ça pour pouvoir continuer à utiliser le corps d'Adam lorsqu'ils sortiraient d'ici mais il ne voyait pas le mal là-dedans. Il avait toujours respecté les souhaits de l'humain et pourtant il continuait à être contrarié.
– Je ne vois pas le mal là-dedans, expliqua calmement Michael.
– Comment ça ? Tu te sers de moi voilà ce qui cloche.
– Bien sûr que non, c'est la règle de répondre à tous tes souhaits et de te respecter pour que tu acceptes que je me serve de ton corps. Ça ne m'empêche pas de constater que le reste de ton espèce est terriblement ingrate.
Il se retint de justesse de spécifier « et toi aussi », il avait dans l'idée que Adam n'apprécierait pas.
– On est peut-être un peu ingrat c'est vrai, concéda Adam, mais je ne comprends pas pourquoi vous nous haïssez autant parce que pardon mais les anges ne sont pas tellement des anges si tu vois ce que je veux dire.
En vérité l'archange ne voyez absolument pas, pour lui la phrase d'Adam n'avait aucun sens.
– Si nous sommes des anges, rétorqua Michael en fronçant les sourcils.
– Ce que je veux dire c'est que vous faites des choses plus que douteuses, s'expliqua t-il, vous devriez nous guider, veiller sur nous, faire ce genre de choses.
– Et pourquoi ça ? Nous avons assez de problèmes à gérer comme ça sans pour autant vous rajouter dans le lot.
– Parce que quand on a besoin des humains la moindre des choses est de les remercier comme il se doit.
– Mais tu as eu tout ce que tu souhaitais Adam, s'agaça Michael, je ne vois pas ce que tu veux de plus.
Adam soupira. Il y avait un écart titanesque entre leurs deux modes de pensées, un écart presque impossible à combler et encore moins à expliquer.
– Comment expliquer, commença l'humain, vous êtes censé être une espèce supérieure à la notre et...
– Nous sommes supérieurs, le coupa Michael.
– Oui oui et bien dans ce cas votre supériorité pourrait être très bénéfique à l'espèce humaine, si vous faisiez en sorte de nous guider – j'ai dis guider et pas diriger hein – je suis sûr que nous nous amélioreront beaucoup plus vite. Avec quelqu'un pour veiller sur nous, nous ferions moins d'erreur.
Michael resta silencieux et Adam savoura le fait de lui avoir enfin cloué le bec. Brosser quelqu'un dans le sens du poil était le meilleur moyen de le faire adhérer à ses idées.
– Ça a un certain sens, admit l'archange, néanmoins nous avons mieux à faire que de jouer les nounous.
– Comme provoquer l'Apocalypse, c'est sûr c'était l'idée du siècle.
– Nous n'avons rien provoqué, c'était écrit.
Adam leva les yeux au ciel.
– Et c'était écrit que tu tues ton frère et pourtant vous êtes tous les deux coincés ici, avec moi. Comment tu expliques ça ?
Michael ne l'expliquait pas et c'était bien le problème.
– Je ne sais pas, avoua t-il, les choses ont tourné de façon totalement imprévus à cause des Winchesters.
– Tu sais Michael, même Lucifer a comprit que ce qui est écrit n'est pas forcément destiné à se produire, on peut choisir de changer le destin.
– Je ne sais pas comment les humains font pour vivre sans connaître leur destin, murmura Michael.
– Ça te fait peur c'est ça ? Questionna Adam.
– Je n'ai peur de rien, rétorqua t-il.
Adam se retint de rire, Michael avait un ego plus grand que lui et c'était peu dire.
– Plusieurs anges s'y sont fait, toi aussi tu t'y fera, conclu t-il en fermant les yeux dans l'espoir de faire une petite sieste.
Castiel traversait le Paradis avec une extrême précaution. Certes l'endroit n'était plus aussi surveillé depuis que Michael était dans la cage mais Raphaël faisait quand même patrouiller les soldats sans arrêt. Castiel se souvenait très précisément du temps où lui-même se trouvait à leur place, fier de servir Dieu et ses frères. Aujourd'hui il était devenu unique, du moins c'était ce qu'on lui répétait à longueur de temps, parfois avec fierté, parfois avec dégoût mais il n'était plus un ange perdu parmi tant d'autres.
C'était une bonne chose quelque part même si attirer l'attention ne faisait pas partie des choses qu'il appréciait. Ce qu'il voulait c'était vivre sa vie parmi ses amis humains et découvrir les plaisirs que recelait la Terre. Il était heureux de voir que d'autres anges aspiraient aujourd'hui à la même chose, après tout ses frères méritaient aussi d'être heureux.
Le Paradis était un endroit merveilleux, fais de dorures et de pierres blanches, et surmonté d'un ciel parsemé d'une myriade d'étoiles. La plupart des anges disaient que ces étoiles représentaient chacune une âme humaine dans leur propre Paradis. Il n'en savait rien mais cette explication, plutôt poétique, lui plaisait bien. Outre le ciel, le Paradis se composaient de plusieurs bâtiments assemblés les uns aux autres : il y avait l'antre des anges de la Mort, qui s'occupaient d'accueillir les âmes humaines et de créer l'endroit où ils allaient désormais vivre le palais des Archanges où, comme son nom l'indique, les quatre archanges vivaient le bâtiment des artistes les différentes garnisons une immense bibliothèque et divers autres lieux. Le tout entourait le bel et immense jardin d'Eden où plusieurs anges vivaient en permanence pour l'entretenir avec application.
Les humains avaient coutume de dire que tous les chemins menaient à Rome, ici en l'occurrence tous les chemins menaient au jardin. Heureusement le manque d'organisation du Paradis se faisait clairement sentir. Certains anges sembler errer sans trop savoir quoi faire, d'autres complotaient entre eux ou échangeaient les dernières rumeurs du jour. Finalement Castiel pu assez rapidement accéder au jardin , lequel était évidemment bien mieux gardé que tout le reste. Il s'arrêta un instant sur le seuil, savourant le sentiment de paix et de douceur qui se dégageait des lieux. Les anges travaillant ici étaient également bien plus calmes que les soldats qui peuplaient les garnisons. Le pommier se trouvait au centre du lieu, entouré par plusieurs jardiniers qui prenaient consciencieusement soin de lui, ainsi que l'avait voulu leur Père. Trop absorbé par sa contemplation de ce lieu qui lui rappelait tant de souvenir, il ne vit pas un des jardiniers s'approcher doucement de lui.
– Bonjour Castiel, ta présence ici est plutôt surprenante.
Castiel se retourna lentement pour faire face à Joshua, il se sentit soulagé mais ne baissa pas sa garde pour autant.
– Je suis ici pour une bonne raison Joshua, murmura Castiel en jetant des coups d'œil à droite puis à gauche.
– Ne t'en fais pas, ici tu es en sécurité, le rassura le jardinier, les soldats gardent le Jardin mais n'y entre pas, tu le sais bien.
Castiel hocha la tête.
– Pourquoi es-tu ici ? Tu prends beaucoup de risque Castiel.
– Je le sais mais je n'ai pas le choix, commença Castiel.
– Je suis au courant, approuva Joshua, Dieu m'a averti de ta présence, je t'attendais.
– Dieu t'a parlé de moi ?
Un sentiment contradictoire de fierté et d'humilité grandissait en lui. Si son père s'exprimait à son propos alors qu'ils étaient des milliers, c'est qu'il était dans la bonne direction et qu'il accomplissait de bonnes choses. Du moins il l'espérait très fort.
– Oui, doutes-tu encore de son amour pour toi Castiel ? questionna le jardinier en souriant.
– Bien sûr que non, dit-il précipitamment, seulement parfois j'aimerais le rencontrer en personne et le remercier de tout ce qu'il a fait pour moi.
– Un jour ça sera le cas, le rassura Joshua, lorsque le moment sera venu et ce n'est pas encore le cas. Cependant il a un message pour toi.
Castiel se raidit. La dernière fois que Joshua avait transmit un message de Dieu c'était pour leur dire qu'il se fichait éperdument du sort des humains.
– Il te conseille de faire très attention Castiel, les démons ne sont pas fréquentables et ce Crowley l'est encore moins que les autres.
– Je le sais, je le fais pour...
– Les Winchesters, acheva Joshua, il le sait très bien, ton dévouement envers eux est admirable.
– Ce sont des amis, dit Castiel en songeant que Dean était plus son âme-sœur que son ami mais ce n'était pas le moment de chipoter sur des détails.
– Et c'est une bonne chose, approuva le jardinier, il est important que les anges guident les humains.
– Pourtant nous n'avons jamais fais ça auparavant.
– Et tu n'as jamais songé que le mépris des anges envers les humains était la cause de son départ ?
Castiel resta interdit. Il aurait fallut d'un peu d'amour pour les humains, d'un peu d'aide pour que leur Père reste parmi eux.
– J'espère que nos frères le comprendront, dit finalement Castiel.
– Avec le temps tout est possible, confirma Joshua, tu as montré un bon exemple.
Avant que Castiel n'ait pu ajouter quoique ce soit, son frère sortit un objet de sa pomme, une belle pomme rouge et ronde.
– Voilà ce que tu recherches, dit-il en lui tendant la pomme.
Castiel la prit entre ses mains et la rangea avec énormément de précaution dans sa poche.
– Cependant Castiel, Dieu souhaite que tu fasses quelque chose pour lui en échange de ça.
– Tout ce qu'il voudra, répondit précipitamment Castiel avec un grand désir d'être un bon fils.
– Tu dois faire sortir Michael, annonça t-il tranquillement.
Castiel se figea, incapable de dire quoique ce soit. Faire sortir Michael n'était pas envisageable, l'Apocalypse serait alors relancé et il faudrait tout recommencer.
– Je ne peux pas, murmura Castiel, l'Apocalypse ne doit pas se produire.
– Castiel tu sais aussi bien que moi que Michael est le seul à pouvoir correctement tenir cet endroit.
– Les anges ont besoin de comprendre le... le libre-arbitre, affirma t-il, moi-même je n'en saisi pas encore toutes les subtilités mais c'est une chose merveilleuse que les humains peuvent nous apprendre. Avec Michael c'était impossible.
– Tout le monde à le droit à une deuxième chance Castiel, tu sais tenir cet endroit – il écarta les bras – est quelque chose de très difficile et Michael était seul pour le faire. Ce n'est pas quelque chose de facile tu sais. Parfois il venait ici se reposer et penser à autre chose, il était toujours très triste de voir que Dieu ne lui transmettait jamais de message. Pas comme à toi.
Castiel ne connaissait pas réellement Michael. Il était leur général, était implacable, froid et détaché, c'était tout ce qu'il savait. Il ne le portait pas dans son cœur et doutait sincèrement de sa capacité à comprendre le fait que les anges avaient besoin de liberté.
– J'ai du mal à imaginer Michael ici, commenta Castiel.
– Il se sentait très seul je crois, il ne parlait pas beaucoup mais ces choses là se sentent, répondit doucement le jardinier.
– Seul ? questionna Castiel.
– Depuis l'enfermement de Lucifer et le départ de Gabriel c'est un sentiment sans doute très récurrent chez lui.
– Il reste Raphaël, fit remarquer Castiel.
« Et nous » voulut-il ajouter mais il comprit bien vite que pour Michael il n'était pas vraiment son frère.
– Ils n'ont pas la même relation qu'il a pu avoir avec Lucifer qu'il a élevé. Et Gabriel... et bien c'est Gabriel.
Ils se mirent à rire. Gabriel avait fait les quatre-cents coups ici, distribuant sa bonne humeur et sa candeur dans tout le Paradis. Son départ avait provoqué une vague de tristesse, chacun le croyant mort.
– Je doute que faire sortir Michael soit une bonne idée mais soit, dit finalement Castiel.
– Je vois bien que tu ne me crois pas Castiel mais s'il te plaît, fais confiance à Dieu.
Castiel soupira et hocha la tête. Faire confiance à Dieu était la moindre des choses après que lui-même l'ait ressuscité deux fois. Il remercia chaleureusement Joshua et s'envola rapidement du Paradis, la pomme sagement en sécurité dans sa poche.
Sam regardait distraitement un film sur son ordinateur tandis que Dean s'agitait fébrilement dans tous les sens. S'il avait le malheur de demander si c'était l'absence de Castiel qui le rendait si nerveux, il récoltait un regard noir et une bonne vieille insulte. Il se concentra donc du mieux qu'il le pouvait sur le film de zombie qui défilait devant ses yeux. Il était aussi inquiet pour Castiel mais faire les cent pas dans la pièce ne le ferait pas revenir plus vite.
Il grignotait un peu de pop-corn trop cuit qu'il s'était fait quelques minutes plus tôt et observa un zombie se faire tuer en recevant un piano sur la tête. Étouffant un rire, il tendit le saladier à Dean qui en fourra une grosse poignée dans sa bouche, beaucoup trop visiblement, le trop plein formant deux grosses bosses dans ses joues comme un écureuil.
– Il va revenir, marmonna Sam.
Dean marmonna quelque chose d'intelligible en recrachant du pop-corn sur son frère.
– Il est resté prendre l'apéro en haut ou quoi ? râla Bobby en débarquant dans la pièce.
– Ça va faire deux jours, approuva Dean.
– Le temps s'écoule différemment pour un ange, intervint Sam.
– Absolument Sam, approuva Castiel en faisant sursauter tout le monde.
Bobby lui lança un regard noir et Dean ne put masquer correctement le sourire qui menaçait d'étirer son visage de part en part. Castiel fouilla dans la poche de son imperméable en en sortie une magnifique pomme brillante et d'un rouge profond. Elle dégageait une odeur succulente.
– La vache ça sent terriblement bon, commenta Dean.
– Pour les humains oui, c'est la raison pour laquelle c'est moi qui la conserve.
– Tu as peur qu'on croque dedans ? questionna Bobby.
– C'est une hypothèse que j'ai envisagé, approuva Castiel.
– Et Crowley ? demanda Sam.
– C'est un démon, il n'en aura pas envie.
Castiel ne savait pas si c'était le bon moment pour parler de ce que Dieu lui avait demandé mais il n'avait pas vraiment le choix.
– J'ai parlé à Joshua, commença t-il.
– Il va bien ? questionna distraitement Dean les yeux rivés sur la pomme.
– Oui, il m'a transmit un message de Dieu.
Bobby fronça les sourcils et Sam releva la tête vers lui.
– Si on veut faire sortir Adam, il faut faire sortir Michael, annonça t-il avec ce qu'il espérait être du tact.
– Quoi ? brailla Dean. Hors de question !
– C'est une plaisanterie ?
– Non Sam je ne plaisante pas...
– On ne fait pas sortir ce taré de là, coupa Dean.
– C'est la seule condition Dean, insista Castiel.
– Mais pourquoi ? intervint Bobby.
– Dieu estime que Michael est le seul habilité à pouvoir diriger correctement le Paradis. Il pense que... il pense qu'il a droit à une deuxième chance.
Dean ricana bruyamment et partie se chercher une bière. Bobby soupira profondément et Sam gardait les sourcils froncés comme à chaque fois qu'il était inquiet.
– Une deuxième chance ? Une deuxième chance de quoi ?
– De provoquer l'Apocalypse Bobby, répondit Dean.
– Non, le contredit l'ange, je crois que Dieu a voulu me dire que Michael a peut-être changé sa vision des choses.
– Il y a beaucoup de « peut-être » dans ta phrase Castiel, fit remarquer Sam.
– Je le sais Sam, mais je fais confiance à Dieu. Il m'a ressuscité deux fois, c'est la moindre des choses que de respecter ses souhaits.
Dean jura entre ses dents et lança un regard noir à l'ange même s'il savait pertinemment qu'il n'était responsable de rien.
– Je te jure que s'il remet l'Apocalypse en route je lui arrache les ailes plume par plume, siffla Dean.
Castiel hocha la tête, il ne souhaitait pas contrarier Dean qui semblait déjà bien en colère. Il soupira en espérant silencieusement que son Père ait prit la bonne décision.
– Bon, finit par dire Bobby, j'appelle Crowley...
A bientôt pour la suite :)
J'ai oublié de le préciser mais chacun de mes titres de chapitre est en fait un titre de chanson ^^
