Oyé, oyé ! Voici le nouveau chapitre de "Meeting a Hitman!". Avec pas mal de flashbacks, de révélations et de pensées des personnages secondaires.

On creuse ici les personnages de Shamal, Donna et Mina.

Merci de donner vos avis sur ma fiction et bonne lecture :3


Cela faisait trois ans qu'il vivait avec elle. Il était heureux, malgré le poids qu'imposaient la distance et le danger de son métier. Il aimait sa vie, il l'aimait elle.

- Reborn ! Qu'est-ce que tu fais ?

De son visage, il se souvenait seulement du sourire. Si rare au début de leur relation mais à présent constamment à étirer les lèvres de la jeune femme. Son sourire…

Le tueur à gages se réveilla en sursaut, couvert de sueur, se redressant pour regarder autour de lui. Tsuna dormait dans son lit comme un bienheureux. Il était probable qu'il n'avait pas fait de bruit comme cela aurait été le cas pour un cauchemar ordinaire. Le bébé porta la main à son front, troublé.

- Pourquoi ? chuchota-t-il en fronçant les sourcils, le cœur battant.

Cela faisait des années qu'il n'avait pas fait ce genre de rêve. Un an après s'être fait effacé la mémoire, cela avait commencé : des flashs, songes et souvenirs. Les siens. Il savait bien qu'il y avait eu auparavant une femme très importante dans sa vie, quelqu'un dont il avait été vraiment amoureux (pas comme la relation bancale et utilitaire qu'il entretenait actuellement avec Bianchi). Néanmoins, tout cela s'était calmé à son arrivée au Japon. Alors pourquoi maintenant ?... Le cœur au bord des lèvres, l'estomac retourné, Reborn se retourna dans son petit lit pour essayer de dormir. Dire que la guerre des représentants allait bientôt commencer…

Mais les rêves continuèrent. Chaque soir, chaque fois qu'il s'assoupissait, des souvenirs revenaient en masse. Qu'ils soient heureux ou pas, le tueur était à la fois agacé et inquiet. Se pourrait-il que sa mémoire soit en train de lui revenir alors qu'ils étaient en guerre ? Il n'avait vraiment pas besoin de ça maintenant ! Le bébé décida alors d'aller rendre une petite visite à Shamal pendant que Tsuna était en cours, avant la première bataille.

- Eh bien, Reborn, qu'est-ce qui t'amène ? demanda l'assassin en remarquant l'air sombre de son aîné.

- J'ai bien peur que ma mémoire ne soit en train de revenir, souffla dangereusement son interlocuteur. As-tu une explication, une idée pour empêcher ça ?

Le docteur désigna une chaise, le cerveau tournant à toute vitesse. Il se souvenait parfaitement de la dernière fois qu'ils avaient parlé de ça : un Arcobaleno inconnu s'était présenté à son cabinet et l'avait menacé afin qu'il écoute son histoire. Après des heures de monologue, il s'était enfin décidé à l'aider, attristé qu'une histoire d'amour pareille ait fini de cette façon. Et puis, il n'avait pas pu refuser la faveur que lui avait demandée Aria…

- Docteur Shamal, j'aimerais que vous vous occupiez d'un Arcobaleno s'il venait vous parler de se faire effacer la mémoire.

Souriante, habillée d'une jolie robe bleue assortie à ses yeux, la chef des Giglio Nero s'était déplacée pour aller parlementer avec lui. Bien sûr, c'était la première fois qu'il la rencontrait et il aurait bien voulu partir mais des hommes surveillaient l'entrée du restaurant où ils se trouvaient. Il n'avait donc pas eu d'autre choix que de déjeuner avec elle, résigné face à une femme aussi sublime…

- Et qu'est-ce que j'y gagne ? avait-il répondu en lorgnant dans son décolleté.

- Je vous répondrais si vous me regardez dans les yeux, monsieur le tueur à gages.

Même pas gêné, il avait daigné obéir, fondant devant la beauté qui se tenait devant lui.

- Un dîner, ça vous va ? susurra-t-elle en penchant la tête.

Après s'être fait embobiné par la voyante, Shamal avait donc accepté sa requête, puis il n'avait pas pu résister à l'histoire émouvante de Reborn et de Donna. Oui, mais voilà, il ne devait pas faire en sorte que le tueur à gages numéro 1 perde définitivement la mémoire. C'était le deuxième accord qu'il avait passé avec Aria : s'il commençait à se souvenir de quelque chose, il ne devait pas intervenir.

L'assassin soupira et se gratta l'arrière du crâne, embêté.

- Je suis désolé, finit-il par marmonner, je ne sais pas à quoi cela est dû donc je ne peux rien faire pour arrêter ça.

Même si Shamal savait bien mentir, Reborn était évidemment capable de le déceler. Néanmoins, il n'insista pas. Si le docteur refusait de lui dire ce qu'il savait, il devait avoir ses raisons : pour l'instant, ils étaient en guerre. Mais une fois que les hostilités seraient terminées, il allait voir du pays…

- On en reparlera, avertit l'Arcobaleno d'un ton polaire en sortant de l'infirmerie.

Les rêves continuèrent, plus longs et plus éprouvants. Il n'arrivait plus à fermer les yeux sans que le sourire de cette femme ne lui revienne en mémoire. Petit à petit, la vendetta refaisait surface et le bébé se sentait débordé émotionnellement.

Que faire ? Quand Bermuda avait proposé de détruite le système des Arcobaleno, son cœur s'était emballé. Peut-être n'était-ce pas une si mauvaise idée ? Reborn savait que tout son malheur, y compris la mort de cette femme, était dû à la malédiction. Il se doutait que le jour où il s'éteindrait, ce ne serait certainement pas dignement. Non, il allait crever comme un chien. Et pourtant… Pourtant, ce sale gosse, Dame-Tsuna, avait réussi à lui redonner un peu d'espoir en agissant enfin comme un boss, en lui parlant comme jamais personne n'avait osé le faire. C'est vrai qu'il avait toujours gardé à l'esprit ce genre de choses pendant qu'il entraînait le jeune japonais et qu'il avait donc peut-être échoué en tant que tuteur… Mais qu'y pouvait-il ? Il ne pouvait pas se battre contre lui-même, contre ses souvenirs, celui d'un homme coriace mais trop amoureux pour son bien à elle.


Et à présent, ils se trouvaient tous dans une situation délicate. La ligue des alliés faisait face au Vindice quand la tétine d'Uni avait commencé à briller.

- Qu'est-ce que ?...

- AAAAAAAAAAAAH !

Quatre personnes, trois femmes et un homme, étaient tombées du ciel. Deux d'entre eux ne savaient rien et n'étaient donc probablement pas liés à la mafia. Une jeune adulte avait paniqué en les voyant, réaction tout à fait normale. Mais la dernière… Quand il la vit, il sut aussitôt qu'il l'avait déjà rencontré. Que ce soit la couleur noisette de ses yeux, sa moue lorsqu'elle se redressa ou sa façon de bouger, tout en elle lui rappelait quelqu'un sans qu'il puisse savoir qui.

La gorge prise dans un étau, Reborn observa sans rien dire la scène qui se déroulait sous ses yeux. Après que la boss des Gilgio Nero lui ait sauté dans les bras en pleurant, la jeune femme (Donna ?) s'apprêtait à la défendre bec et ongles.

- Uni, chuchota l'inconnue sans quitter Jagger du regard, retourne près des autres.

- Mais-

Bermuda ricana, exalté par la peur ambiante qui exsudait de la peau de Donna. Même si elle avait reçu un peu d'entraînement, elle ne cachait pas assez ses émotions face à quelqu'un de son niveau.

- Fais ce que je te dis !

La jeune fille, morte d'inquiétude, s'apprêtait à obéir quand une flamme de la Tempête immense surgit de nulle part, juste devant elles. La femme brune s'apprêtait à attaquer mais s'arrêta net en voyant une chevelure rose bonbon familière.

- Mina, déclara-t-elle d'une voix rauque après quelques secondes de silence.

Celle-ci ne répondit pas, les yeux fixés sur les membres du Vindice. Les membres de la Varia froncèrent les sourcils, un peu perturbés : la gamine avait toujours eu des façons bizarres d'entrer en scène, toutefois, c'était étrange que la Nomade intervienne de cette façon. Ils étaient en guerre, ce n'était normalement pas son rôle d'intervenir en pleine bataille ! Elle toussota, épousseta ses vêtements fuchsia, puis prit la parole.

- Je suis Mina Swan, exposa-t-elle, Nomade en charge du monde de One Piece. Et la femme derrière moi est Donna, mon actuelle élève. Si vous essayez de lever la main sur elle, soyez certains que le Passeur en personne interviendra.

- Nous savons qui vous êtes, dit sèchement l'Arcobaleno à la tétine transparente, visiblement irrité. Si vous êtes venue pour vous battre, repartez. Nous n'attaquerons pas cette gamine tant qu'elle ne prend pas part au combat, elle ne nous intéresse pas.

- Voici mon appartement, déclara le tueur à gages. Suis-moi, je vais te faire visiter.

Il y eut un moment de blanc.

- Gamine, ajouta-t-il en tournant le dos à la jeune femme.

Reborn serra les dents, le cœur battant. Et voilà que ses visions le poursuivaient alors qu'il était éveillé ! Ces deux femmes auraient-elles quelque chose à voir là-dedans ? Sans qu'il n'en connaisse la raison, le fait que Bermuda utilise ce surnom un peu dégradant pour cette Donna l'avait énervé. Bon sang, pourquoi avait-il l'impression de ne plus rien maîtriser ?!

- J'en jugerais par moi-même, asséna la gothic lolita. En attendant, disparaissez. Le combat d'aujourd'hui est interrompu pour cause d'intervention de l'Ordre des Nomades.

Elle leva la tête vers le ciel, sourcils froncés.

- Ça te va, Checker Face ?

- Parfaitement, répondit l'homme au chapeau de fer via les montres. Le combat reprendra demain. Je suis content de voir qu'au final tu te portes bien, petite Donna…

L'intéressée resta silencieuse, le visage indéchiffrable. Et tandis que le Vindice disparaissait dans une flamme noire, elle se tourna vers Mina. En trois enjambées, elle fut face à elle et la frappa. De toutes ses forces.

- VAFFANCULO, CAGNA ! cria-t-elle en balançant son poing, comme si elle s'était fait mal. Pour qui tu te prends à revenir que maintenant, hein ?! Tu savais tout DEPUIS LE DEBUT, PUTTANA ! Tu-

Soudain, elle s'effondra. Uni eut juste le temps de la rattraper tandis que la gothic lolita se frottait sa joue endolorie en se levant.

- Je suppose que je l'avais mérité, marmonna-t-elle en grimaçant.

- Mina, paniqua l'Arcobaleno en posant sur le sol la jeune femme, qu'est-ce qui lui arrive ?! Ma tante va bien ? Elle-

- Ne vous inquiétez pas, s'exclama la pirate, s'adressant à tout le monde. Donna va bien, elle subit juste un contrecoup additionné à une baisse de tension. Rien de bien grave...

La famille de Donna, toujours en groupe à côté de Mammon, se précipita quand la jeune fille aux cheveux châtains eut précisé qu'il n'y avait aucun danger. Xanxus s'apprêtait à tirer dans le tas, enragé d'avoir raté son combat, mais Mina s'interposa une nouvelle fois.

- Je vais tout vous expliquer, lâcha-t-elle ne levant les mains. Xanxus, Squalo, avec moi. Byakuran, tu ferais mieux de rester veiller sur Uni et Donna, on ne sait jamais. Quant à Mukuro et Dino…

Elle fit un petit mouvement approximatif.

- Faites ce que vous voulez.

La gothic lolita regarda brièvement les Arcobaleno, s'arrêtant un instant sur Reborn, avant de faire volte-face.

- Euh, bafouilla le jeune inconnu, vous êtes vraiment son amie ? Je veux dire, l'amie de ma sœur.

- Mmmmh, non. Elle me déteste, précisa Mina avec un sourire.

- Ah, okay…

La jeune femme et les assassins des Vongola disparurent dans les rues en contrebas, néanmoins, on pouvait très bien les filer à cause des décibels qui montaient. C'est ce que fit l'illusionniste, bien décidé à trouver le fin mot de l'histoire, emportant Verde sur son épaule. Etonnamment, Mammon préféra rester aux côtés de la gamine inconsciente tandis que Dino allait voir Reborn.

- Ça va ? l'interpella-t-il doucement. Tu as l'air un peu sonné depuis un moment.

Le bébé sursauta avant de reprendre son masque neutre habituel.

- Ce n'est rien, je manque de sommeil, c'est tout.

Il avait parlé sur un ton sec plutôt inhabituel qui surprit le blond. Bah, ça lui passerait. Ou pas…


Quelques heures plus tard, les inconnus tombés du ciel emménageaient chez les Sawada. La mère (qui avait fini par dire qu'il valait mieux qu'on l'appelle Catherine, même si ce n'était pas son vrai nom) veillait sur la plus jeune, encore inconsciente. Le jeune homme, un certain Fitz (ça sentait le pseudo de jeu vidéo à plein nez), n'arrêtait pas de demander des explications, que lui fournissaient Byakuran avec le sourire. Quant à Kira, la surexcitée aux cheveux châtains, elle tournait comme un lion en cage dans la maison, incapable de rester en place.

- Mais pourquoi je m'en suis pas rendu compte, putain de bordel de merde ?! hurlait-elle toutes les cinq minutes en s'arrachant les cheveux.

Lorsque Fon avait appris la nouvelle, il avait également décidé d'attendre le réveil de Donna. Pour le moment, il tentait donc de calmer sa meilleure amie.

- Kira-san, s'il vous plaît, culpabiliser n'aidera pas Donna…

- J'aurais dû savoir que quelque chose n'allait pas ! continua-t-elle, les larmes aux yeux. Ça faisait quelques jours qu'elle déprimait, qu'elle foutait rien de ses journées : c'est pour ça que Catherine m'a appelé en catastrophe ! Putain…

S'affalant sur un fauteuil, elle commença à sangloter tandis que le chinois soupirait avant d'aller la consoler. Il la comprenait un peu, à vrai dire : lui-même s'était senti gêné en présence du Reborn amnésique, ayant rencontré sa compagne une ou deux fois. La jeune femme était quelqu'un de remarquablement doux, tolérante et combative, un parfait mélange pour le tueur à gages. Il ne s'attendait pas à la revoir vivante et n'était pas le seul chamboulé… Le numéro 1 s'acharnait sur Tsuna plus que d'habitude (c'est pour dire !), lui assénant à coups de pied qu'il aurait dû être plus rapide et vaincre Jagger. Mammon avait parlé longuement avec lui à propos de la jeune Nomade, une fois n'était pas coutume, avant de retourner voir la Varia. Varia qui était d'ailleurs furieuse si on en croyait Mina Swan, fraîchement revenue.

- J'avais encore jamais vu Squalo et Bel dans cet état, soupira-t-elle en partant boire un thé. Ah, et au fait, j'ai ramassé quelqu'un en chemin.

- Un nouvel invité ? sourit Nana en s'inclinant doucement. Bienvenue chez nous !

L'individu, un homme arabe d'une cinquantaine d'années entrant dans le salon, la regarda avec froideur avant de marmonner quelque chose dans une langue qu'elle ne comprit pas, son regard entrant en conflit direct avec celui de Fitz.

- Papa, siffla celui-ci avec malveillance. Qu'est-ce que tu fous là ?

- J'aimerais bien le savoir… mais cette fille m'a dit que ça avait quelque chose à voir avec ta sœur.

Le ton méprisant avec lequel il avait prononcé le dernier mot fit frissonner Kira, qui prit l'Arcobaleno de la Tempête dans ses bras.

- "Tu n'auras pas d'autre père mais je peux avoir d'autres filles", c'est ça ? souffla-t-elle avec un brin de colère dans la voix. Si vous avez rien d'autre à dire, cassez-vous. Donna a vraiment pas besoin de ça.

A ce moment-là, I-Pin décida de descendre l'escalier à toute vitesse, dérapant comme elle pouvait sur la moquette avant de s'arrêter devant la porte ouverte du séjour.

- Donna réveillée ! pépia-t-elle.

Ce fut soudain la course. Byakuran, Fitz et Kira (embarquant avec elle Fon) furent les premiers à se ruer vers l'escalier, suivis de près par Tsuna et Reborn. Les autres tentèrent de rentrer dans la chambre du mafieux (eh oui, encore et toujours squattée) mais on leur ferma la porte au nez.

Encore à côté de la plaque, se redressant doucement, la jeune Nomade peinait à garder les yeux ouverts. Néanmoins, ils s'agrandirent très largement en voyant tout ce beau monde autour d'elle. Uni lui sauta au cou, de même que Catherine et sa meilleure amie, avant de se faire à moitié étouffer par l'étreinte de son ours de frère.

- Mon dieu, tu vas bien !

- J'irais encore mieux si vous me lâchiez le temps que je respire…

Le quatuor obéit, trop heureux de voir qu'elle avait retrouvé un minimum de répartie. Ses cheveux emmêlés, les yeux cernés et frissonnante malgré la couverture, la jeune femme faisait peine à voir.

- Finalement, tu as survécu, Donna-chan, chantonna une voix bien connue.

Elle se tourna vers Byakuran, qui voletait dans un coin de la chambre sous les yeux ronds de sa famille.

- Tu t'es révélée plus résistante que prévue, ajouta-t-il, mais c'est tant mieux. Je n'aime pas voir Uni-chan triste…

- Je suis contente, moi aussi, le coupa la jeune femme.

Cela dut le surprendre car ses yeux violets s'agrandirent sous le coup du choc.

- Je déteste ton toi futur et je suis bien contente que le Decimo t'ait vaincu. Mais je suis heureuse aussi que tu te sois finalement rangé du côté d'Uni… même si beaucoup disent que tu n'es pas fiable, je sais que ce n'est pas vrai. Tu la protégeras, quoi qu'il en coûte…

Ils étaient trois dans la pièce à savoir tout ce que Donna cachait. Byakuran, Mina et l'intéressée elle-même. Le duo s'affronta donc du regard quelques secondes avant que le boss de la famille Millefiore ne réplique joyeusement :

- Aaaah, c'est vrai que tu es au courant de ça. Tu sais toujours trop de choses pour ton bien, Donna-chan. Mais je me demande quand même si ce que tu as appris il y a deux jours ne risque pas de déstabiliser le faible équilibre entre toi et le reste du monde…

A ces mots, elle devint aussi blanche qu'un cachet d'aspirine et Reborn crut bien qu'elle allait de nouveau s'évanouir. "Il y a deux jours" ? Qu'est-ce qui pouvait la faire paniquer à ce point ? Sans un mot, la jeune femme se leva, manquant de trébucher sur ce qui se trouvait par terre, et s'enfuit dans les toilettes. Elle y resta cinq bonnes minutes avant de revenir, laissant le temps aux autres de bombarder de questions Byakuran.

- Je suis désolé, répéta-t-il, mais Uni-chan m'a demandé de ne rien dire. Alors, je vais être obligé de laissé Donna-chan se dépatouiller avec ça.

Ce fut donc au tour d'Uni d'être harcelée, jusqu'à ce que la principale source de mystère revienne du petit coin. Elle avait repris quelques couleurs néanmoins, cela n'allait toujours pas fort puisqu'elle s'étala sur le lit sans élégance.

- Luce m'en avait parlé, chuchota Donna, des enfants nés entre un Nomade et un autochtone. Je me doutais bien… qu'il y avait quelque chose en plus, que c'était à cause de ça que l'anneau Mare t'avait choisi.

- Bingo ! Même sans lui, je peux encore regarder les mondes parallèles et au-delà. Je n'ai averti personne de ça mais je te surveillais quand même, babilla l'homme aux ailes d'ange. J'aime avoir l'impression d'être omniscient.

Mégalomane, fut la pensée de la plupart des gens dans la pièce.

- A part ça, Mina, qu'est-ce que tu fous là ? grogna Donna. Je ne suis pas assez en forme pour continuer le discours que j'avais préparé mais je peux toujours te cracher des insultes à la figure, si tu insistes.

La gothic lolita ricana.

- Aussi étrange que ça puisse paraître, je suis venue te donner un conseil.

- Je n'en veux pas, répliqua sèchement la jeune Nomade.

- Ecoute d'abord ce que j'ai à dire, continua la pirate sans se décourager. Après, tu pourras choisir de me virer de là ou pas.

- Je n'ai rien à te dire !

La plus âgée soupira, passa la main dans ses cheveux et soupira.

- Je suis désolée, finit-elle par avouer. Je suis vraiment désolée de ce qui a pu arriver à toi et ton compagnon. Aucun de vous ne méritait ça et je crois que j'ai été particulièrement cruelle de te balancer dans un destin que tu n'as pas choisi. Je sais bien que la fin de votre relation a été chaotique, que recevoir la Marque t'a beaucoup ébranlé et que tu n'oses pas descendre parce que tu ne veux pas voir ton père. Mais courage, Donna. Je suis affreusement désolée de ce qui a pu se passer mais crois-moi, tu n'auras plus à vivre ça. Fais-moi confiance, juste pour cette fois, termina-t-elle sur le ton de la supplique.

Donna cilla à peine en entendant ça. Elle resta silencieuse pendant un moment, réfléchissant à toute vitesse en passant la main dans ses cheveux, avant de prendre une grande inspiration.

- Tu as deux minutes.

Un petit sourire fatigué étira les lèvres de la pirate et elle s'assit sur le bord du lit avant de commencer son récit.

- Mon père était un Nomade, et ma mère, une Marine. Elle est morte quand j'étais toute petite, je ne me souviens pas d'elle même s'il paraît que j'ai hérité de ses cheveux et de sa façon de faire, fit-elle en rigolant doucement. Après ça, mon père a décidé d'aller vivre dans un coin tranquille et c'est comme ça qu'on a débarqué à East Blue. On vivait seuls tous les deux dans la forêt, occupés à s'entraîner, à observer les mondes de loin… Je grandissais et, parfois, on allait voir les brigands qui habitaient pas loin pour faire du troc. A l'époque, je ne comprenais pas pourquoi ils craignaient mon père mais maintenant, je pense savoir leur raison de le fuir. C'est comme ça que j'ai fait leur connaissance.

Les yeux de Mina se voilèrent un peu, portés par une douce mélancolie.

- Ace et Sabo, continua-t-elle en souriant, étaient des enfants merveilleux. Bagarreurs, insolents et toujours en train de faire des bêtises. Dès que je pouvais, je me joignais à eux dans leurs conneries. Quand Luffy est arrivé, du haut de ses sept ans avec le titre de Vice-Amiral de son grand-père lui collant à la peau, j'ai cru qu'ils ne l'accepteraient jamais. Pourtant, au bout de quelques mois, on est devenu un quatuor inséparable. Et puis…

Elle soupira avant de détourner les yeux.

- L'incident est arrivé.

Donna fronça les sourcils. Est-ce qu'elle parlait de… ?

- Les Tenryûbito, ces enfoirés de nobles mondiaux, sont venus sur l'île et ont tenté de tuer Sabo alors qu'il partait en mer. Il avait dix ans, c'était un gamin et on lui tirait dessus avec un bazooka à bout portant, BORDEL !

Elle respira longuement avant de se remettre à parler.

- Je savais que ça allait arriver mais je n'ai pas pu laisser ça passer. Ace et Luffy étaient mes frères. Sabo était devenu bien plus que ça. Je n'ai pas hésité à échanger ma place avec lui et c'est moi qui ai pris l'attaque de plein fouet, je t'épargne les détails.

Tremblante, le corps secoué de frissons, elle enleva sa veste puis son t-shirt avant de se tourner.

- Regardez ça rapidement. Je n'aime vraiment pas le montrer.

La peau, autrement si blanche et sans imperfection de la jeune femme, avait été brûlée. De longues cicatrices beiges, déjà anciennes, parsemaient son dos : cela formait des arabesques irrégulières et laides, tracées semblait-il d'une main brouillonne d'enfant. Aucune parcelle de peau ne semblait avoir été épargnée par ce massacre. Et, au milieu du désastre, un ohm écarlate se détachait.

La gothic lolita remit rapidement son haut, serrant ses bras autour d'elle.

- Le Passeur, chuchota-t-elle, a dû me juger digne de survivre quand bien même j'avais rendu l'âme. Je… Je n'aurais pas supporté de voir mourir Sabo sans rien faire et je crois que tu sais quels sentiments on ressent à cet instant, Donna.

La jeune Nomade ne disait toujours rien, attendant de savoir la suite. Parce que suite il y avait.

- Les années ont passées. J'ai suivi Sabo et Ace en mer, où ils ont rapidement intégré l'équipage de Barbe Blanche malgré leurs caractères de feu. Si Sabo était mon compagnon, si Luffy était un petit frère qu'on protège quel qu'en soit le prix, Ace était sans nul doute le grand frère à idolâtrer. C'était un peu mon modèle, même si je ne lui en parlais jamais car j'ai moi-même une personnalité difficile.

- Et puis, il y a eu Marineford, compléta la française.

Kira et Fitz sursautèrent, surpris.

- Oui, acquiesça Mina. Marineford.

- … Est-il mort ? avança-t-elle prudemment.

- Non. Pas lui.

Il y eut un long silence.

- C'est mon père qui a donné sa vie pour le sauver.

Les yeux de Donna s'écarquillèrent pendant que la pirate se mordait la lèvre jusqu'au sang.

- Il n'y avait rien à faire. Ce salaud d'Akainu lâchait pas l'affaire, il voulait toujours les tuer. Parce qu'ils étaient les fils de leurs pères. V'là la putain de bonne raison ! s'écria-t-elle avec rage. J'étais prête à le refaire, à me sacrifier pour eux. J'ai beau être quelqu'un de bizarre, je n'en reste pas moins énormément attachée à mes frères. Même si on a pas le même sang, je ne supporte pas de les voir blessés. J'ai essayé de m'interposer…

- Et c'est ton père qui a pris le coup à ta place, devina Fitz.

- … après ça, j'ai perdu la notion du temps. Je n'ai pas compris ce qui m'est tombé dessus. Barbe Noire est peut-être mort à cette bataille mais mon père a été emporté avec lui, souffla la jeune femme en retenant ses larmes. Oyaji n'a rien pu faire et, finalement, j'ai décidé de partir après que tout le monde ait été guéri. Après la guerre. Je ne pouvais plus rester là-bas, donc, j'ai voyagé. De monde en monde, ne m'attardant jamais après que mon boulot ait été fini. Jusqu'à arriver ici où j'ai reçu l'ordre d'attendre que le nouveau Nomade à entrer en fonction soit prêt.

- Moi.

Donna avait parlé d'un ton plutôt froid, néanmoins moins sec qu'auparavant.

- Oui, toi, confirma Mina. Toi et ton innocence, toi et ta tolérance, toi et tes étrangetés qui faisaient un charme somme toute attirant. Toi qui allais souffrir beaucoup, aimer davantage et vivre énormément. Donna, la Nomade en charge du monde de la mafia.

Celle-ci ne répondit pas. Qu'avait-elle à dire ? Rien. Il n'y avait rien à dire face à ce genre de déclaration. Rien à ajouter non plus avec l'histoire de Mina Swan.

- Tu ne dois pas prendre part à cette guerre ! s'écria cette dernière. Ne combats pas, ne t'implique pas dans une bataille où tu n'as pas ta place. Je ne te demande pas de ne pas guérir les combattants, seulement de réfléchir. S'il te plaît.

Pendant un instant, tout le monde retint son souffle en attendant la réplique cinglante de la jeune française. Qui ne vint pas.

Donna réfléchit avec intensité, mesurant le pour et le contre avec ce qu'elle savait de l'avenir. Puis, elle se décida.

- D'accord.

- Hein ?

Quelle belle élocution.

- J'ai dit d'accord, répéta patiemment la jeune femme. Je ne me battrais pas, surtout que ce n'est vraiment pas mon domaine de prédilection. Je vais laisser ça au Decimo et ses alliés.

Après ça, elle se rallongea avec apparemment la ferme intention de se rendormir.

- Je ne descendrais pas manger, je ne veux pas croiser l'autre, déclara-t-elle en remontant la couette jusqu'à son menton. Je suis crevée donc si plus personne n'a de fantastiques révélations à me faire, je vais dormir.

- Attends ! s'exclama Tsuna.

Elle rouvrit un œil, intriguée.

- Oui ?

- Euh, je, bafouilla le mafieux. J'aurais quelque chose à te dire. Tu sais, l'homme de tes souvenirs…

Aussitôt, elle se redressa et l'arrêta d'un geste, emplie d'une nouvelle énergie.

- S'il vous plaît, que tout le monde sorte. Je dois parler en privé avec le Decimo. Ce ne sera pas long, supplia-t-elle en direction d'Uni.

La princesse des Arcobaleno eut une expression triste malgré son sourire permanent et hocha la tête pour faire comprendre à Reborn que tout allait bien. Fon jeta un regard qui en disait long à la Nomade, qui fit non de la tête. Non, Fon, nous en parlerons plus tard. Reborn ne doit rien savoir. Donna n'avait pas le don de télépathie mais il sembla assez empathe pour comprendre et il entraîna gentiment la famille de la jeune fille avec lui.

- Alors, de quoi voulais-tu me parler ? demanda la française une fois qu'elle fut sûre que tout le monde avait déserté l'étage.

Le Vongola Decimo déglutit, mal à l'aise, avant de se lancer.

- Dans le futur quand tu… avant que tu ne disparaisses, on a vu des souvenirs. Je crois que c'étaient les tiens, bafouilla-t-il maladroitement.

- Effectivement.

- Eh bien… l'homme en costume, ton petit ami ou… ton compagnon, je ne sais pas, je l'ai revu. Il est intervenu dans mon combat avec papa. Il est vivant.

- Je sais, soupira Donna.

Elle garda le silence un moment avant de soupirer derechef.

- Ecoute, Decimo, mon histoire est compliquée. Très compliquée. Je ne peux pas retourner vers cet homme car il a fait une croix sur moi il y a longtemps, renifla-t-elle en essayant de ne pas fondre en larmes.

- Pas possible, récria le mafieux, il avait l'air tellement heureux avec toi ! Je veux dire, son sourire, il-

- C'est compliqué, dit de nouveau Donna. Mais si tu brises la malédiction des Arcobaleno, je consentirais à tout te raconter.

- … que je brise la malédiction ? releva le collégien. Pourquoi ?

- Je ne veux plus que d'autres personnes subissent le même sort que moi, révéla-t-elle. J'ai connu l'actuelle génération I Prescelti Sette avant que tout ça n'arrive. Luce, Viper, Fon… Aucun d'entre eux ne méritait ça. Tout ce que je te demande, et ça correspond avec tes objectifs, c'est de briser la malédiction. Rends-leur leur dignité, Decimo. Et je te dirais toute la vérité à mon sujet, je t'en fais la promesse.

Pendant un instant, Donna crut qu'il allait refuser. Néanmoins, l'Hyper Intuition des Vongola était quelque chose d'étonnant.

- D'accord, je vais le faire, conclut Tsuna. Je briserais la malédiction et après tu me diras tout.

La française sourit, sans que sa joie atteigne ses yeux.

- C'est mieux comme ça, souffla-t-elle avant de s'enrouler dans les couvertures. Bonne nuit, Decimo…

Quand il sortit de la chambre sur la pointe des pieds, elle dormait déjà. Avalée par un sommeil réparateur, sans se douter que la journée du lendemain allait être d'autant plus riche en émotions avec la révélation de son état…


Alors, alors ? Des idées sur le secret de Donna ? Des réactions à propos de sa famille et de sa meilleure amie ? Des envies de couple particulières ?

Il reste deux chapitres à cette fanfiction (j'ai la trame, si si!) donc n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez ;) je vous fais confiance !

Review ? :3

A la prochaine !