Primeval, la suite
Chapitre 4
Isle of Dogs, Londres
Des jeunes jouaient au basket, sur un terrain derrière des immeubles d'habitation. Un peu plus loin, une bouche d'égout se souleva, sous la pression de l'augmentation du niveau de l'eau dans l'égout. Au cours du jeu, l'un des jeunes voulut tirer un panier, mais son adversaire le contra, et envoya le ballon sur le terrain herbeux à côté. Un de ses coéquipiers vint le voir, et lui dit :
_ Eh, Lucien, tu t'es fait chourer le ballon, va le chercher.
_ Ouais, j'y vais, répondit le jeune.
Il sauta la barrière qui délimitait le terrain de basket, et se dirigea ver l'herbe. Il se rendit alors compte qu'il pataugeait dans l'eau des égouts, et s'exclama :
_ Oh, merde !
Il vit la plaque d'égout posée à côté du trou qu'elle était censée fermer, sur le terrain détrempé, et le ballon qui flottait à la surface. De mauvaise grâce, il alla récupérer le ballon, puis se retourna pour repartir vers ses amis. Soudain, l'eau se mit à bouillonner. Il tomba, et fut tiré vers la bouche d'égout. Il appela ses amis, mais ceux-ci ne l'entendirent pas. En quelques instants, il disparut sous l'eau. Une de ses baskets flottait à la surface.
Centre de Recherche des Anomalies.
Le SDA déclencha son alarme, indiquant qu'une anomalie venait de s'ouvrir. Leek entra en trombe dans la salle des opérations, et dit au technicien qui s'occupait du SDA :
_ Dites-moi où elle se trouve !
_ On attend la localisation de la zone.
La localisation se précisa, et indiqua la Tamise.
_ Dans le fleuve ? ! fit Leek, incrédule.
_ On a pas encore la confirmation des coordonnées.
Avant qu'ils aient pu obtenir la confirmation des coordonnées, la cible indiquant la position de l'anomalie disparut.
_ Mais, que s'est-il passé ? demanda Leek.
_ L'anomalie a dû se fermer.
_ Est-ce qu'on a au moins sa localisation exacte ? !
_ Non, on a pas eu le temps.
De rage, Leek frappa la table du plat de la main.
_ Donnez-moi ces coordonnées !
Le technicien lui tendit une feuille.
Appartement de Casey Cutter.
Allongée sur le ventre, Casey regardait le capharnaüm qui régnait dans la pièce. Elle dit, avec un sourire :
_ Il faudrait vraiment qu'on apprenne à ne pas se laisser emporter. Ça évitera à mon appartement de ressembler à un site dévasté après le passage d'un ouragan.
Stephen se redressa sur un coude, et balaya la pièce du regard. Leurs vêtements étaient éparpillés partout dans la pièce. Le soutien gorge de Casey s'était même retrouvé suspendu à un lustre. Un tableau accroché au mur avait un air penché, un fauteuil avait été renversé, et un coussin du canapé avait élu domicile dans le bac d'une plante verte. Le couple était allongé sur le tapis, au milieu de cette catastrophe plus ou moins naturelle ; une couverture prise sur le canapé, pour les recouvrir. Le jeune homme déposa un baiser sur l'épaule de sa compagne, et lui dit :
_ Le fauteuil renversé, c'est de ta faute… C'est toi qui m'as sauté dessus.
_ Peut-être, mais pour le tableau, c'est toi le responsable. C'est quand tu m'as plaquée contre le mur. Par contre, le coussin dans le bac à fleur…
Stephen faisait toujours glisser ses lèvres sur l'épaule de Casey, avant de lui mordiller le lobe de l'oreille. Il murmura :
_ C'est peut-être quand on est tombés sur le canapé…
Elle sentit la main de Stephen se poser sur des fesses, puis remonter jusqu'à la cambrure de ses reins, et glisser le long de son dos, jusqu'à sa nuque. Il l'attira à lui. Elle lui sourit, puis l'embrassa. Stephen approfondit le baiser. A ce moment-là, le portable de Casey sonna, indiquant qu'elle avait reçu un message. Celui de Stephen se manifesta quelques secondes après. Les deux jeunes gens s'immobilisèrent, et se regardèrent un instant. Puis, Casey soupira, et dit :
_ Votre mission, si vous l'acceptez : retrouver votre téléphone, et lire votre message, qui vous annonce à coup sûr qu'une nouvelle anomalie s'est ouverte.
_ On a le droit de la refuser ?
_ J'aimerais bien, mais si on le fait, tu peux être sûr que Nick ou Connor, ou même Abby, passeraient cette porte pour nous y traîner.
Ils se levèrent, et entreprirent de chercher leurs téléphones, tout en s'habillant. Casey finit par retrouver le sien sous le canapé, et Stephen retrouva le sien à l'autre bout de la pièce. Ils lurent leur message, et Casey gémit :
_ Pourquoi maintenant ? On peut pas avoir un moment de répit, juste toi et moi ?
Stephen s'approcha d'elle, et la prit dans ses bras, puis se mit à lui déposer de légers baisers dans le cou.
_ On a qu'à rester ici, on ferme la porte à clé, et si quelqu'un vient, on fait le mort… dit-il.
Elle ferma les yeux, et soupira, avant de s'écarter de Stephen, en disant :
_ Me tente pas.
Elle attrapa sa veste, ses clés, et prit la main de Stephen pour l'entraîner dehors, à sa suite.
Appartement d'Abby Maitland, au même moment.
Abby s'entraînait sur son punching-bag, et Connor lisait un magazine. Caroline sortit de la cuisine, un plat à la main, et le posa sur la table. Elle vit que le portable de Connor vibrait sur la table, le prit discrètement, lu le message qu'il avait reçu, et coupa le téléphone. Elle le reposa sur la table, puis regarda Abby, qui frappait toujours son punching-bag. La jeune femme sentit son regard posé sur elle, et finit par arrêter ce qu'elle faisait, et demander :
_ Tu veux quelque chose, Caroline ?
_ Non, rien.
_ Ok, répondit Abby, avant de recommencer l'entraînement.
Elle allait à nouveau frapper le punching-bag, quand Caroline lui dit :
_ J'ai remarqué que tu faisais beaucoup de coups de pied en ciseaux. Mais, les ciseaux, ça ne suffit pas à neutraliser un adversaire.
Connor leva la tête de son magazine, et la regarda. Abby regarda aussi Caroline, agacée.
_ Non, je t'assure, insista la jeune femme en la rejoignant. Tu devrais essayer de le toucher… (elle l'écarta du punching-bag) Attends, pardon. Tu devrais vraiment essayer de le toucher le plus près possible de la gorge. Genre, comme ça, ajouta-t-elle, en faisant un coup de pied retourné, qui atteignit le punching-bag à hauteur d'une tête d'homme.
Connor laissa échapper une exclamation de surprise, tout en étant très impressionné. Abby la regarda d'un air blasé.
_ Avec toi, il a juste quelques bleus, poursuivit Caroline. Avec moi, il s'asphyxie par terre. Tu vois ?
_ Je vois.
_ Bien. (elle retourna près de la table) Le dîner est servi.
Connor la regarda. Elle lui désigna la table dressée avec les plats qui attendaient. Le jeune homme se leva, et dit :
_ Ouah, c'est… C'est stupéfiant ! Tout ça, c'est pour moi ?
_ Oui, oui. Toi, et… dit Caroline en désignant Abby.
A ce moment-là, le téléphone d'Abby sonna. Elle regarda son message, et dit :
_ C'est Cutter.
_ Hein ? fit Connor.
_ Il t'a appelé.
_ Ah, non, j'ai pas eu d'appels.
_ Si, forcément !
Connor prit son portable en disant :
_ Abby, si Cutter m'avait appelé, je le saurais, puisque… (il vit que son téléphone était éteint) Oh…
_ Connor, il faut qu'on y aille, dit Abby, en prenant sa veste, et en se dirigeant vers les escaliers.
_ J'aurais juré qu'il était allumé…
_ Qu'est-ce qui peut y avoir de si important, pour que tu laisses tout tomber ? demanda Caroline.
Connor baissa la tête, cherchant une réponse. Abby lança à Caroline :
_ Eteints la lumière en partant !
_ Je serais bien resté, mais…
_ Connor ! appela Abby du bas des escaliers.
_ Je suis désolé, Caroline, dit Connor, en prenant sa veste avant de partir.
Lorsqu'il claqua la porte, Caroline prit son téléphone, et dit à son correspondant :
_ Ils viennent de partir.
_ Tu étais censée les retarder, lui dit Leek.
_ Je les ai retenus le plus longtemps possible.
Elle raccrocha. A ce moment-là, Rex, d'humeur cabotine, et n'appréciant pas vraiment Caroline, atterrit sur la table, renversant au passage le plat de pâtes en sauce que Caroline avait préparé.
Isle of Dogs, Londres.
Nick, Jenny, Casey et Stephen se tenaient au-dessus de la bouche d'égout. Jenny dit :
_ Le garçon s'appelle Lucien. Ses copains disent qu'il avait l'air de se battre avec quelque chose.
_ Ils ont vu avec quoi ? demanda Nick.
_ Non.
_ Il a peut-être simplement trébuché, suggéra Stephen.
_ Non. Cette plaque a été carrément enlevée, dit Casey.
_ Par la pression de l'eau ? fit Jenny.
_ C'est possible, mais les précipitations ont été inférieures à la moyenne ce mois-ci, et il y a toujours une cause aux inondations, dit Nick.
_ Ce qui veut dire que l'anomalie se trouve sous l'eau, compléta Casey. Où se jette cet égout ?
_ Dans le canal, lui répondit Jenny.
Cutter réfléchit un instant, puis dit :
_ Interdisez son accès, et dites à Abby et Connor de nous rejoindre à l'autre bout.
_ D'accord, lui dit Jenny en prenant son téléphone.
Les trois autres, accroupis devant la bouche d'égout, regardèrent l'intérieur du trou.
_ Tu crois qu'il est encore en vie ? demanda Stephen à Cutter.
_ Je ne sais pas, lui répondit le professeur. Je le laisserai pas tomber avant d'avoir une certitude.
Cutter descendit dans l'égout. Sa nièce le suivit, et Stephen descendit en dernier. Armés de lampes torches, et d'un fusil pour Stephen, les trois compagnons se mirent en route.
_ Quand je pense qu'en choisissant ces études, je croyais que j'allais faire des fouilles au grand air, dit Casey. Me voilà à présent dans les égouts… Si tu veux mon avis, oncle Nick, ça craint… et ça pue.
Stephen pouffa, tandis que Nick se contenta d'un sourire amusé. Il se tournait vers sa nièce, quand ils entendirent une sorte de chant d'un animal. Tous trois s'entreregardèrent, et Stephen demanda :
_ Qu'est-ce que c'est que ça, bon sang ? Lucien ?
Le chant se fit entendre à nouveau.
_ Stephen, lui dit Nick. Ce n'est pas humain.
Un bruit, en plus du chant se fit entendre. Stephen courut dans la direction du bruit, en criant :
_ Lucien !
Cutter et Casey le suivirent. Ils passèrent une porte à moitié arrachée de ses gonds, et arrivèrent à une grille dont deux barreaux avaient été tordus, et derrière laquelle se trouvait un bassin. Quelque chose plongea dans l'eau, mais trop rapidement pour qu'ils aient le temps de voir ce que c'était. Ils firent demi-tour quand Nick dit :
_ Ça ne peut ressortir que dans le canal.
Ils n'avaient pas remarqué que le soldat que Connor avait vu au CRA, et qui ressemblait au nettoyeur du centre commercial, se trouvait dans l'égout, et surveillait leurs faits et gestes.
Pendant ce temps, Connor et Abby arrivèrent sur le canal. Ils se dirigeaient vers l'embarcadère, pour rejoindre le zodiaque qui les attendait.
_ Je vais devoir m'expliquer avec Caroline, tu sais ? dit Connor. C'est pas normal de toujours partir ensemble.
_ Je sais ce que tu vas lui dire, lui rétorqua Abby. D'arrêter de venir chez moi toutes les cinq minutes.
_ Chez nous. (Abby le regarda) Bon, si tu veux… chez toi
_ Pourquoi elle vient si souvent, d'ailleurs ?
_ Fais pas l'innocente, Abby ! La raison est devant toi.
Abby laissa échapper un petit rire, puis dit :
_ Pourtant, il ne se passe pas grand-chose.
_ Parce qu'on y va doucement, répliqua Connor, vexé.
_ Ouais… surtout elle.
Ils chargeaient le zodiaque, tout en parlant. Connor se retourna, et la regarda.
_ Je vais te dire, tu sais pas de quoi tu parles, alors te mêles pas de ça ! s'énerva Connor.
_ Connor…
_ Non, non, non, je me fiche de ce que tu penses, t'entends ?
A ce moment-là, Cutter arriva en courant, interrompant leur dispute. Casey, Stephen et Jenny étaient juste derrière lui.
_ Abby ? Est-ce qu'on peut sortir de ce canal ? demanda le professeur.
_ Les écluses ont été fermée, lui répondit la jeune femme. Il est étanche.
_ Alors, c'est encore dedans.
_ Hein ? Quoi ? demanda Connor.
_ Je ne sais pas exactement, mais il faut le trouver vite. Dans quelques heures, il fera nuit. Jenny, montez dans ce bateau, avec Abby et Connor. Si vous voyez quelque chose, criez. Casey, Stephen, vous venez avec moi. On y va !
Abby, Connor et Jenny montèrent dans un zodiaque, et Casey et Stephen suivirent Nick dans l'autre.
La nuit était tombée ; il faisait complètement noir. Les bateaux étaient toujours sur le canal.
_ Ça fait des heures qu'on cherche, dit Stephen. On voit rien avec aussi peu de lumière.
_ C'est quoi, là-bas ? fit Nick, en désignant quelque chose à la surface de l'eau.
Casey et Stephen tournèrent leurs lampes dans la direction qu'il indiquait.
_ Où ça ? demanda Casey.
_ Vous pouvez vous rapprocher un peu ? demanda Nick au pilote.
L'homme obéit, et avança vers l'endroit indiqué par le professeur. Nick saisit une perche, et s'en servit pour repêcher ce qu'il avait vu. Quand ce fut à portée de main, Casey s'en saisit, pour l'examiner.
_ A votre avis, c'est ce à quoi je pense ? demanda-t-elle.
_ Ça ressemble à… de la peau, dit Stephen.
_ La peau d'un mammifère, confirma Nick.
Casey eut une grimace dégoûtée, et dit :
_ Oui, c'est à ça que je pensais. La prochaine fois, je m'abstiendrai…
Tout en continuant à grimacer, elle déplia le morceau de peau que Nick avait repêchée.
_ Quel que soit son propriétaire, il s'en est débarrassé, dit Nick.
De leur côté, Connor, Abby et Jenny sondaient le fond du canal, avec une sorte de grosse loupe sous-marine. Abby releva la tête, et chuchota :
_ Marche arrière, j'ai vu quelque chose.
_ Où ça ? lui demanda Connor.
_ Ici, à bâbord, à 20m, environ. (le pilote vira à gauche) J'ai dit à bâbord !
_ Ben quoi ? On va à bâbord, lui signala Connor.
_ Bah, à tribord, alors ! Mais, avancez, avant que ça disparaisse !
_ Mais, comment je peux diriger la manœuvre, si tu sais pas où tu veux aller ! s'exclama Connor, exaspéré.
Abby regarda à nouveau dans la loupe.
_ Et voilà, je l'ai perdu !
_ Oh, super ! Super ! Maintenant, si tu me laissais regarder…
_ Ah bon, et qu'est-ce que tu verrais de plus que moi ? !
_ Mais, je sais pas, moi…
_ Pour l'amour du ciel, vous vous bagarrez comme deux gamins qui se disputent un jouet ! explosa Jenny, qui n'en pouvait plus de leurs perpétuelles disputes, depuis qu'ils étaient montés à bord. Ecoutez, écartez-vous, je vais le faire !
Elle contournait Connor pour aller à la proue, quand le bateau fut brusquement secoué. Déséquilibrée, elle tomba à l'eau. Abby braqua sa lampe sur l'eau, mais ne la vit pas. Elle avait coulé. Soudain, ils la virent émerger. Son gilet de sauvetage s'était gonflé au contact de l'eau, et l'avait fait remonter.
_ Mais, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle.
_ Je sais pas, on a dû heurter quelque chose, lui répondit Connor. On va vous sortir de là.
Elle entreprit de nager jusqu'à l'embarcation. Connor l'encouragea. Soudain, il vit quelque chose qui ressemblait à un aileron se rapprocher d'eux à grande vitesse.
_ Oh non, c'est quoi, ça ? Jenny ? Faut sortir de l'eau ! Très vite !
La jeune femme se retourna, et vit l'aileron qui fendait l'eau vers elle. Elle fit de grands gestes non coordonnés, vers le bateau.
_ Continuez, Jenny ! l'encouragea Connor. Tout ira bien si vous nagez !
_ Je sais pas nager ! lui répondit Jenny, hystérique.
Elle continua ses mouvements. L'aileron se rapprochait toujours un peu plus.
_ Faut accélérer, ma grande ! lui dit Connor. Allez, vite !
Alors qu'elle paniquait de plus en plus, et que l'aileron allait arriver sur elle, le bateau de Nick se mit juste devant elle, et Nick lui tendit les mains, l'aidant à sortir de l'eau. Stephen épaula son fusil, et abattit la créature.
_ Apportez tout de suite la dépouille au CRA, dit Nick, tandis que le bateau s'éloignait vers l'embarcadère.
Une fois arrivée sur la terre ferme, Jenny, qui ne s'était toujours pas remise d'avoir failli mourir, s'emmitoufla dans une serviette. Stephen et Casey la soutenaient, tandis que Connor et Abby examinaient la peau du mammifère trouvée par Nick. Celui-ci entendit du bruit venir du canal, et se retourna. Mais, la créature qui avait émergé, avait replongé avant que Nick ait pu la voir.
Centre de Recherche des Anomalies.
Une grue se trouvait dans la salle des opérations. Elle tenait la créature suspendue au-dessus du sol. Jenny la regardait du haut de la rampe. Nick la rejoignit.
_ Comment ça va ? lui demanda-t-il.
_ Il y a trois mois, une question de vie ou de mort pour moi c'était réussir à être au premier rang au défilé de la Fashion Week de Londres. (elle le regarda) D'après vous, comment ça va ?
_ Vous n'êtes pas obligée de continuer. Vous pouvez démissionner.
_ Je crois que je vais prendre tous les risques.
_ Ecoutez, Claudia… (elle émit un petit bruit d'agacement) Excusez-moi. Jenny.
_ Je vais vous dire. Vous m'avez sauvé la vie, alors, ce soir, vous pouvez m'appeler comme vous voudrez. Mais, je vous signale que j'ai horreur de ce nom.
_ Compris. Est-ce que votre fiancé sait ce que vous faites ?
_ Il sait que je travaille pour le gouvernement, c'est tout. Heureusement, il n'est pas très… curieux. De mon travail, en tout cas. Et vous alors, vous avez… quelqu'un ?
_ Euh… non. Je ne suis pas très doué, pour ça. Ma femme m'a quitté il y a 8 ans et demi pour voyager de l'autre côté des anomalies, et celle que j'ai aimée après, et ben… elle est partie. Non, je ne dois pas avoir l'air d'une bonne affaire sur le plan sentimental, en ce moment, ajouta-t-il, en souriant, pour cacher sa peine d'avoir perdu Claudia. Et sur ce, si vous voulez bien m'excuser, j'ai un rencard avec un requin mort.
Il descendit rejoindre son équipe près de la créature. Casey l'examinait de près. Elle avait presque le nez collé dessus. Voulant la taquiner, comme elle l'avait fait avec le Dodo, Stephen s'exclama soudain, faisant sursauter tout le monde :
_ Attention ! Elle bouge encore !
Casey se redressa brutalement, et fit un bond en arrière. Puis, elle l'entendit éclater de rire, et s'exclama :
_ Nom de Dieu, Stephen ! C'est pas drôle ! Tu m'as flanqué une sacrée trouille !
_ C'était le but, lui répliqua son petit-ami.
_ C'est pas le moment de faire les gamins, leur dit Nick, qui souriait quand même de la réaction de sa nièce.
_ Vous croyez que c'est lui qui a emporté Lucien ? demanda Abby. Quelle horrible façon de mourir. Le pauvre gosse.
_ Oui, dit Nick en se penchant vers la gueule béante de la bête. Mais, nous devons en être sûrs.
Il fit entrer sa main dans la gueule de l'animal, pour en sortir la langue.
_ Qu'est-ce que ça peut être, ce truc ? dit-il quand ses doigts touchèrent quelque chose d'étrange.
Il tira d'un coup sec, et une langue divisée en trois, avec des pics sur toute la surface tomba au sol.
_ La vache ! s'exclama Abby.
_ Spasme musculaire, dit Nick.
_ Une espèce de trompe, souffla Casey en s'accroupissant entre Stephen et Nick.
Le professeur se saisit de la langue, et dit :
_ C'est une langue couverte de dents. Elle doit lui servir à attraper ses victimes et à les fourrer ensuite dans sa gueule. Si mon hypothèse est la bonne, nous sommes devant l'évolution future du requin.
_ Ouah, souffla Abby.
_ On a pas finit, dit Nick. Il faut encore l'ouvrir.
Il retira sa montre, prit un couteau, et entailla le ventre de la bête. De l'eau s'écoula de l'entaille, et une odeur nauséabonde s'en dégagea. Stephen et Casey se reculèrent, en se mettant une main devant le nez.
_ Wow ! C'est fort ! fit Nick, en fronçant le nez.
Il plongea sa main dans le ventre du requin, et en sortit un ballon de basket, qu'il laissa tomber au sol.
_ Quelle horreur ! s'exclama Abby.
Nick continua de fouiller l'intérieur de la créature, et en sortit ensuite une basket, appartenant à la même paire que celle qu'ils avaient trouvé sur le lieu de la disparition de Lucien. Stephen et Casey la regardèrent, tous deux pensant la même chose : « Etait-il possible que cette créature ait dévoré Lucien ? » Nick fouilla encore, puis s'écarta, au bord de l'asphyxie.
_ Il n'a plus rien dans l'estomac, dit-il.
_ C'est pas lui, dit Stephen. Il peut pas l'avoir déjà digéré.
_ Exact. Un requin met plusieurs jours à digérer sa proie, confirma Casey, en s'approchant, malgré l'odeur.
_ Lucien a disparu il y a seulement quelques heures, dit Abby.
_ Donc, non coupable, dit Nick.
_ Donc, c'en est un autre, fit Casey.
Nick hocha la tête, et dit :
_ Peut-être bien.
Nick, Casey et Stephen étaient allés dans le bureau de Lester, pour l'informer de l'avancée de l'enquête.
_ Je veux une bonne nouvelle, leur dit Lester.
_ On a pas encore retrouvé le gosse, lui dit Nick.
_ Non, celle-là est mauvaise. Une bonne nouvelle doit faire plaisir.
_ Oh, vous voulez dire, comme le jour où on m'annoncera qu'une créature vous a dévoré, et que vous avez connu une mort atroce ? dit Casey. (tout le monde la regarda. Lester la fusilla du regard) Pardon, j'ai dit ça à voix haute ? demanda-t-elle, d'un air hypocrite.
Nick lui fit signe de se taire, et lui lança un air désapprobateur, contredisant celui de Stephen, avant de dire :
_ On a trouvé le requin.
_ Et bah, voilà, vous commencez à comprendre ! Alors, le problème est résolu.
_ Euh… non, pas tout à fait, lui dit Nick. Il y a un autre prédateur. Abby a vu quelque chose.
_ Un autre requin, intervint Stephen.
_ Ou bien, autre chose. Tout semble indiquer un mammifère marin qui changerait de peau, comme un phoque ou une baleine. Et le garçon a été enlevé sur la terre ferme, alors même si un requin était remonté par l'égout inondé, comment l'aurait-il attrapé ?
_ En se servant de sa trompe.
_ Ce qui n'explique pas le chant. Un requin ne peut pas émettre de son. Il ne possède pas de cordes vocales.
_ Résumons-nous, dit Lester. Nous cherchons un prédateur marin mortel, qui mue, et pouvant imiter, avec un certain talent, Céline Dion. (Nick bouillait de rage) Ooooh, les possibilités de marketing sont infinies…
_ Vous faites votre présentation pour une agence de rencontres ? lui demanda Casey. Ça vous résume assez bien… excepté pour le côté marin.
Lester la regarda, soupirant d'exaspération. Il avait parfois des envies de meurtre. Il regarda Cutter et Stephen, décidant d'ignorer Casey, afin de ne pas se déclencher un ulcère, et leur demanda :
_ Que fait-on ?
Nick allait parler, mais Stephen lui coupa la parole.
_ On drague le canal, dit-il. Quoi que ce soit, il y est encore.
_ Si c'est un mammifère, il peut sortir de l'eau. Il faut donc étendre les recherches, dit Nick.
_ Reprenez la fouille du canal demain matin, décida Lester. Si ça ne donne rien, alors, et alors seulement, nous étudierons les autres options.
Enervé de voir son meilleur ami le contrer devant Lester, Nick sortit de la pièce en bousculant légèrement Stephen. Quand tous trois furent sortis, Leek regarda Lester, et lui dit :
_ Bonne décision, monsieur. Exactement ce que j'allais suggérer.
_ C'est vrai ? fit Lester, en faisant semblant d'être impressionné. (Leek eut un sourire ravi, et acquiesça) Affreusement rassurant.
Leek, ravi de lui-même, sortit du bureau. Lester le regarda, se disant que ses chaussures devaient être très propres, à force d'être léchées et cirées par Leek à longueur de journée.
Casey, Cutter et Stephen passèrent aux vestiaires, récupérer leurs vestes. Casey passa sa veste en cuir, referma son casier, puis dit aux deux hommes :
_ Vous savez, il va vraiment falloir que vous vous plongiez dans un dictionnaire. A la lettre E.
_ De quoi tu parles ? lui demandèrent-ils, à l'unisson.
_ Je parle de la lettre E, comme « équipe ». Je crois que vous avez besoin de revoir la définition. C'est quoi, cette nouvelle lubie de vous tirer dans les pattes, et devant Lester, en plus ? Nick, tu pourrais tenir un peu plus compte de l'avis de Stephen.
_ Ah ! fit Stephen, d'un air de triomphe.
_ Ça veut pas dire que je suis d'accord avec toi ! lui dit-elle. On devrait peut-être vous mettre dans une pièce tous seuls, tous les deux. Vous vous tapez dessus un bon coup, et tout est réglé.
Elle prit son casque, qui était posé sur les casiers, et se dirigea vers la sortie.
_ Où tu vas ? lui demanda son oncle.
Elle s'arrêta, et se retourna.
_ Chez moi, dit-elle. Et seule, ajouta-t-elle en voyant Stephen se dépêcher de prendre sa veste.
Elle sortit, puis, quelques secondes après, apparut à nouveau dans l'embrasure de la porte.
_ Et le premier qui essaie de venir chez moi risque de ne pas pouvoir s'asseoir ou même bouger, pendant un certain temps.
Elle repartit. Nick regarda Stephen, amusé, puis, lui dit :
_ Ça a le mérite d'être clair, au moins.
Stephen, qui regardait toujours la porte, dit, d'un ton absent :
_ Ouais… Bon sang, j'adore quand elle est comme ça.
Nick se dirigea vers la porte, et dit :
_ Non, je ne veux rien savoir.
Il secoua la tête, comme pour en chasser l'image qui venait de s'y insinuer, puis sortit des vestiaires. Stephen ne tarda pas à le suivre, en pouffant.
Appartement d'Abby Maitland.
Connor et Abby montèrent les marches menant au loft de la jeune femme. Celui-ci était plongé dans le noir. Ils arrivaient en haut des marches, lorsque la lumière s'alluma. Ils s'immobilisèrent, et virent Caroline, endormie sur le canapé. Cette dernière avait appuyé sur l'interrupteur au sol, à côté du canapé. Abby se tourna vers Connor, l'air exaspéré.
_ Qu'est-ce qu'elle fait là ? lui demanda-t-elle, agacée.
_ Elle m'a attendu, répondit Connor, en souriant, ravi.
_ Elle t'a pas attendu, puisqu'elle dort !
_ C'est l'intention qui compte.
Connor s'approcha de Caroline, et prit un ballon de yoga d'Abby au passage. Le faisant rebondir sur le sol avant de s'asseoir dessus, il réveilla Caroline, qui lui sourit.
_ Hey, salut ! Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-il. T'aurais dû rentrer te coucher.
Abby, quant à elle, entra dans la cuisine, et appela :
_ Rex ?
Elle entendit le cri du lézard, venant du frigo, et s'en approcha. Elle ouvrit la porte, et découvrit Rex recroquevillé sur une étagère, en train de grelotter, complètement gelé.
_ Rex ? !
Elle prit Rex dans ses bras, et entreprit de le réchauffer. Dans le salon, Connor l'entendit, et se précipita dans la cuisine, même si Caroline essaya de le retenir.
_ Oh, c'est pas vrai ! s'exclama-t-il, quand il vit Rex complètement gelé.
_ Je veux savoir ce qui s'est passé ! hurla Abby, en posant Rex sur la table, pour l'examiner.
_ J'en ai aucune idée, dit Caroline. Peut-être…
_ Je vais chercher des serviettes ! dit Connor. Attends, je vais chercher des serviettes !
_ Peut-être qu'il est entré pendant que je débarrassais la table, dit Caroline. Je vais appeler un vétérinaire.
_ Non ! crièrent Connor et Abby.
_ Donne-moi du papier d'alu, dit Abby.
_ Du papier d'alu ? répéta Connor.
_ Oui.
_ Je devrais m'en aller, dit Caroline.
_ Oui, bonne idée, lui rétorqua Abby, qui la considérait responsable de ce qui était arrivé à Rex.
_ Abby ! lui reprocha Connor.
_ Je suis désolée, dit Caroline. J'espère qu'il survivra.
Abby la fusilla du regard. Elle ne voulait rien dire, pour ne pas blesser Connor, mais elle avait vraiment envie de mettre son poing sur le nez de Caroline. Celle-ci commença à partir.
_ Non, c'est pas la peine de t'en aller, la retint Connor.
Mais, elle partit. Connor revint vers Abby, qui emballait Rex dans du papier d'alu.
_ Il va s'en tirer ?
_ Ne le touche pas, Connor ! cria Abby. Tu sais pas ce que tu fais. Et empêche ta copine de l'approcher à l'avenir, d'accord ?
Peiné, le jeune homme baissa les yeux, puis murmura :
_ Désolé.
Le lendemain, canal.
Stephen et Nick marchaient côte à côte, vers les bateaux, en silence. Soudain, Nick n'y tint plus, et dit :
_ Ecoute, y'a un truc qui cloche dans cette histoire. Je pense qu'on devrait chercher tout le long du canal.
Stephen le regarda, agacé.
_ Encore une de tes intuitions, c'est ça ? On va pas tout laisser tomber. On a établi un plan. Un bon plan.
_ Mais, est-ce que je me suis déjà trompé ? (Stephen le regarda, l'air de demander par où il devait commencer) Enfin, sauf à propos des femmes, bien entendu.
Stephen sourit, puis dit :
_ C'est logique, il est dans le canal.
_ Donne-moi quelques minutes. Le temps de faire un tour par là.
_ Et qu'est-ce que je vais dire à Lester ?
_ Couvre-moi.
_ Non. Parce qu'on perd du temps.
_ Dix minutes, dit Nick, qui ne comptait pas se contenter d'un non.
Stephen soupira, et le regarda s'éloigner. Il vit alors Casey, qui arrivait en courant. La jeune femme s'arrêta rapidement, pour embrasser son oncle. Il la vit discuter brièvement avec lui, et soupirer, d'un air exaspéré. Elle le regarda, et leva les bras, paumes vers le ciel, et ses yeux suivirent la même direction, ce qui le fit sourire. Puis, elle se dirigea vers lui. Quand elle fut à portée de voix, elle lui dit :
_ C'est ça que vous appelez bosser en équipe ? Vous êtes pires que deux gamins qui se battent pour impressionner la maîtresse.
En arrivant à côté de lui, elle le détailla du regard, et vit qu'il portait une chemise de couleur brune, assez près du corps, sur un jeans bleu, qui soulignait ses formes. Elle eut un haussement de sourcil appréciateur, et dit, avec un sourire plein de sous-entendus :
_ Tu sais que tu es sexy, comme ça ?
Il sourit, puis regarda autour de lui, pour s'assurer que les soldats de Lester, qui chargeaient le matériel, ne l'avaient pas entendue. Puis, il s'approcha, et l'embrassa, avant de lui glisser à l'oreille :
_ Si tu m'avais laissé venir hier, tu aurais pu me voir dans une autre tenue.
_ Je sais. J'ai regretté d'avoir menacé de refaire le portrait à quiconque oserait s'aventurer chez moi.
_ Fallait venir me voir, dans ce cas là.
_ Et me décrédibiliser dans la seconde ? Nah…
Il rit, puis lui demanda :
_ Tu viens avec moi sur le canal ?
_ Non, Lester m'a dit de rester sur le quai, et d'attendre Connor et Abby. Je crois qu'il a pas apprécié ce que je lui ai dit, hier.
_ Je vois pas pourquoi, c'était très drôle, lui dit Stephen avec un grand sourire.
_ Merci. Moi non plus, je ne comprends pas. (elle avisa les soldats, qui étaient sur le bateau) Ton équipage te réclame, mon capitaine.
Stephen regarda vers le bateau, puis dit :
_ Je m'en voudrais de les faire attendre.
_ Ce serait pas très professionnel, en effet, renchérit Casey.
Nick faisait le tour des entrepôts se trouvant le long du canal. Il vit soudain un soldat, qui lui sembla familier, bien qu'il n'avait jamais travaillé avec lui.
_ Hey ! l'appela-t-il.
Le soldat se retourna, puis se mit soudain à courir. Nick le prit en chasse. Le soldat le mena jusqu'à un endroit où pas mal de bateaux étaient amarrés, et sauta de bateau en bateau. Nick le vit entrer dans l'un d'eux, et descendre dans la cale. Il le suivit, et en arrivant dans la cale, il vit le soldat debout, qui lui tournait le dos.
_ C'est quoi, cette histoire ? lui demanda-t-il. (il s'avança de quelques pas. Le soldat ne bougea pas) Je vous connais.
Le solda se retourna alors lentement, puis soudain, lui envoya un coup de poing, qui le mit instantanément KO, et il s'écroula, tandis que tout devenait noir. Quand il revint à lui, il se rendit compte qu'il était seul dans le bateau. En écoutant attentivement, il entendit le chant qu'il avait entendu la veille dans les égouts, avec Stephen et Casey. Il se colla à la paroi du bateau, et écouta. Le chant était tout près. Il avait raison. La créature n'était pas dans le canal, mais bien autour.
Nick rejoignit sa nièce, qui essayait tant bien que mal de raisonner Connor et Abby, à propos de leurs continuelles disputes. Quand il arriva, Casey vit qu'il s'était pris un coup. Aussitôt, elle s'inquiéta. Nick dut la rassurer, leur expliqua ce qui s'était passé, puis dit qu'il voulait enregistrer le chant de la créature. Il plongea donc un micro dans l'eau de la Tamise. Abby ne décolérait pas, vis-à-vis de Connor et de Caroline. Connor demanda :
_ Le gars qui vous a frappé, si jamais il revenait…
_ Non, le rassura Nick. Je l'ai déjà vu.
_ Quoi ? fit Casey. Où ?
_ Au centre commercial. Il faisait le ménage.
_ Quoi, tu veux dire celui qui s'est fait bouffer par un raptor ?
_ Je l'ai déjà vu aussi, dit Connor. (Casey le regarda, et Nick aussi, tout en enlevant le casque qu'il avait mis sur ses oreilles) Je l'ai vu au CRA, il était habillé comme… un militaire.
_ Tu en es sûr ? lui demanda Nick.
Connor réfléchit un instant, puis dit :
_ Ouais.
_ Ok. Il se passe quelque chose. On nous espionne.
_ Lester ? firent Connor et Casey dans un bel ensemble, avec la même expression sur le visage.
_ Possible, dit Nick, en remettant le casque.
_ Il faut le dire à Stephen, non ? dit Abby.
_ Chut, lui dit Nick, en entendant à nouveau le chant. (Connor mit aussi son casque) Tu enregistres, là ? lui demanda le professeur.
Connor lui fit signe que oui.
_ A quoi il te fait penser, ce son ?
_ Je sais pas. Peut-être aux musiques qu'on entend dans les carrés VIP des boites branchées.
_ Pfff ! Les boites branchées ? rétorqua Abby.
_ Ouais.
_ Comme si t'allais dans les boites branchées…
_ Mais, qu'est-ce que t'en sais, toi ?
_ Mais, qu'est-ce qui vous arrive, enfin, à vous deux ? ! s'exclama Nick.
_ Connor sort avec Cruella d'Enfer !
_ Oh, c'est pas vrai, ça ! C'était un accident ! Combien de fois il faudra que je te le répète ?
_ Chut ! leur dit Nick.
Casey leva les yeux au ciel, et saisit le casque de Connor. Elle s'assit à côté de son oncle, et écouta le chant de la créature.
_ Ça ressemble un peu au chant d'une baleine, dit-elle. C'est assez envoûtant, je dois dire.
Son oncle la regarda, et acquiesça. Puis, il retira son casque, et dit à Connor :
_ Bien. Prends tes enregistrements, et retournons au bateau.
Les deux hommes ramassèrent leur matériel.
Une fois au milieu de la Tamise, Nick dit :
_ Bon, on y va. Repasse l'enregistrement. On va voir si ça les incite à nous rendre visite, ajouta-t-il, en plongeant un haut-parleur dans l'eau.
Lui et Connor avait mis les casques, pour écouter l'arrivée d'un possible prédateur. Abby regardait le fond de l'eau à travers sa grosse loupe, et Casey surveillait le reste de la Tamise, à l'affût d'un quelconque mouvement suspect à la surface de l'eau. Abby releva soudain la tête, posa sa loupe dans le bateau, et se pencha au-dessus de l'eau. Elle se redressa soudain, en voyant une créature juste sous la surface de l'eau. Lorsqu'elle regarda à nouveau, la créature avait disparu.
_ Hey, fit-elle. (les autres la regardèrent) Non, rien.
Ses compagnons retournèrent à leurs observations. Connor se releva, et dit :
_ Peut-être que personne n'est à la maison. (Nick ne lui répondit pas) Non, mais c'est idiot, on devrait plutôt aider Stephen à draguer le canal, Cutter !
_ Il est pas dans le canal, répondirent les deux Cutter en chœur.
Une créature émergea soudain derrière Abby, s'empara d'elle, et plongea dans la Tamise. Connor se retourna, et vit que la jeune femme avait disparu. Son gilet de sauvetage flottait, seul, à la surface de l'eau.
_ Abby ! cria-t-il. Quelque chose l'a enlevée !
Il saisit un harpon, et le pointa vers l'eau, prêt à tirer.
_ Repose ça, tu pourrais tuer Abby ! lui dit Nick, en retirant sa veste.
Il entendit alors un bruit de plongée, et vit que la veste et les chaussures de Casey gisaient sur le bateau. Il se dépêcha de finir de retirer sa veste, et plongea. Sa nièce n'avait pas refait surface. Il émergea aussitôt, et cria à Connor :
_ Les secours, vite ! Connor, vas-y !
_ Oui, oui ! répondit Connor, en sortant de sa torpeur.
Nick replongea dans l'eau.
Connor était allé chercher Stephen et le reste des hommes envoyés par Lester. Un hélicoptère survolait le site, tandis que des plongeurs exploraient le fond de la rivière. Connor manoeuvrait les opérations sur un bateau, et Cutter sur un autre. Le professeur finit par demander que les bateaux retournent à quai, et descendit du sien, accompagné de Casey et de Stephen. Nick et sa nièce avaient retiré leur tee-shirt trempé, et mis leur veste fermée jusqu'en haut. Connor descendit de son bateau, et se dirigea vers Cutter.
_ Non ! Non ! Qu'est-ce que vous faites, là ? dit-il, énervé. Il faut continuer à chercher ! On peut pas arrêter comme ça ! C'est Abby qui a disparu! On peut pas laisser tomber ! (Stephen regarda Cutter. Des larmes coulaient sur les joues de Connor) Stephen… Je vais continuer à chercher, moi !
Il voulut s'avancer, pour remonter dans le bateau, mais Stephen le retint.
_ Connor, nous faisons tout ce que nous pouvons, lui dit-il.
Casey se rapprocha de lui, et le prit dans ses bras, lui parlant à l'oreille, pour lui faire comprendre qu'ils allaient retrouver Abby. Mais, le jeune homme en voulait à Cutter. Il cria, en regardant le professeur, qui lui, regardait Leek, Lester et Jenny se diriger vers eux :
_ On lui a dit de demander de l'aide, il a rien fait ! Pourquoi vous avez rien fait ? ! Pourquoi ? ! Pourquoi vous êtes pas allé à son secours ? !
_ Comment est-ce arrivé ? demanda Lester.
_ Je suivais une piste, lui répondit Cutter.
_ Qui aviez-vous prévenu ? (Nick ne lui répondit pas) Etiez-vous au courant ? demanda-t-il à Stephen.
_ Non.
_ Et voilà, la fille est morte.
Connor se dégagea de l'étreinte de Casey, et répliqua :
_ Elle n'est pas morte ! Elle n'est pas morte ! Il suffit de retourner là-bas, et on va la retrouver ! Il suffit de remonter dans le bateau, et de faire quelque chose ! Pourquoi est-ce que personne ne fait rien ? !
_ Raccompagnez-le, dit Lester à Jenny, voyant bien que Connor était hystérique.
_ Je vous en prie, faites pas ça… Cutter ?
Le professeur le regarda, mais ne fit rien. Jenny entraîna Connor avec elle. Lester se tourna vers le Cutter et Stephen, et leur dit :
_ Je suppose que faire équipe une fois dans votre vie, c'est déjà trop, pour vous ?
_ J'assumerai mes responsabilités, lui répondit Nick, tandis que Stephen fusillait son meilleur ami du regard.
_ Comme c'est aimable ! rétorqua Lester.
_ Le monstre est toujours là ! Mais, on est proches du but. On doit finir le travail.
_ Oh, le travail est déjà fini, pour vous. Allez vous en. (Il regarda Stephen) C'est vous, le chef. (Stephen, surpris, regarda les Cutter) C'est pas eux qu'il faut regarder, c'est moi. De quoi avez-vous besoin ?
Stephen regarda à nouveau Nick, qui évitait son regard, puis sa petite-amie, qui lui demandait silencieusement de ne pas écarter son oncle, avant de répondre :
_ Je veux mieux qu'un sonar. Il faut repasser sur chaque centimètre carré de ce canal. Un sous-marin télécommandé serait bien.
_ Donnez-le lui, ordonna Lester.
_ Tu ne cherches pas au bon endroit, dit Nick à Stephen.
_ Vous êtes d'accord ? fit Lester.
_ Non, répondit Stephen.
Déçu, Nick s'éloigna, heurtant l'épaule de Lester, au passage. Stephen le regarda partir, puis dit :
_ Ce qui a enlevé Abby est dans le canal.
Il regarda Casey, et croisa son regard blessé, et trahi. Elle soupira, en secouant la tête, et commença à s'éloigner. Lester dit :
_ Où allez-vous, comme ça ? Vous avez un boulot à finir.
Casey s'arrêta, et se retourna. Lester crut avoir gagné, jusqu'à ce qu'il croise son regard déterminé. Elle se rapprocha de lui, et lui dit, ses yeux lançant des éclairs :
_ Rien à foutre du boulot ! Vous perdez votre temps, en cherchant dans le canal. (elle vit que Lester était prêt à lui répondre) Quoi, ça vous plaît pas ? Virez-moi, alors !
Elle repartit sans un regard pour Stephen. Le jeune homme la regarda partir. Il savait qu'elle était déçue qu'il ait aidé Lester à débarquer son oncle, mais lui était persuadé d'avoir raison. Lester ne dit rien, même si l'envie de la virer ne lui manquait pas. Mais, il savait que s'il le faisait, il perdrait Nick, et très certainement Stephen. Il ne pouvait pas se permettre de perdre son équipe. D'autant plus que, même s'il détestait l'admettre, Casey faisait du bon boulot.
Stephen conduisait les recherches sur le canal. Un des soldats immergea le mini sous-marin. Stephen dit :
_ Ok, jusqu'au fond, et puis tout droit. Quelle profondeur ?
_ Environ 10 mètres, monsieur, lui répondit-on.
Stephen mit en marche le terminal lui permettant de voir les images retransmises en temps réel par le sous-marin.
Appartement d'Abby Maitland.
Connor, assis sur la mezzanine, qui surplombait l'appartement d'Abby, parcourait celui-ci des yeux. Des images d'Abby, en train de couler s'imposèrent à lui, et il ferma les yeux, pour retenir les larmes qui menaçaient de couler. Il entendit soudain Rex, et le vit se poser sur la poutre à côté de lui, et se diriger vers lui. Connor détourna la tête, tandis que Rex faisait tout pour attirer son regard, et le faire rire. Mais, Connor le regarda, et pensa aussitôt à Abby, ce qui eut pour effet de le faire pleurer.
Près du canal.
Sous l'eau, Abby reprit conscience, et donna des coups de jambes pour remonter à la surface. Elle se trouvait dans un réservoir, une grille fermée, au-dessus de sa tête.
_ A l'aide ! hurla-t-elle. A l'aide !
Elle vit alors un jeune garçon nager vers elle, et s'accrocher à la grille, pour appeler au secours avec elle.
_ Lucien ? demanda-t-elle.
_ J'ai cru que t'étais morte, lui dit celui-ci.
_ C'est quoi cet endroit ?
_ J'en sais rien.
_ Elles nous ont traînés ici, les… les choses, là.
Abby frappa sur la grille, dans l'espoir de la faire céder, et qu'ils puissent sortir de l'eau.
_ Tu perds ton temps, lui dit Lucien, en lui montrant sa main. J'ai déjà essayé.
_ Il faut essayer encore. On y va. Aides-moi.
Ils frappèrent sur la grille, jusqu'à ce qu'une créature, qui ressemblait à un énorme phoque, mais avec une mâchoire pourvue de dents impressionnantes, saute sur la grille, en poussant comme un rugissement, avant d'en descendre.
_ On va pas mourir, hein ? demanda Lucien à Abby.
_ Mes amis me cherchent. Ils vont arriver.
_ Ils savent même pas qu'on est vivants.
_ Ils nous trouveront, je te le promets.
Nick regardait l'eau du canal. Stephen faisait fausse route. Il en était absolument sûr. Il se retourna, pour se retrouver nez à nez avec sa nièce. Il ne l'avait pas entendu approcher. Il lui sourit, reconnaissant de le soutenir. Il savait qu'elle était tiraillée entre lui et Stephen. Il le lisait dans ses yeux. Il la prit dans ses bras, autant pour la remercier de lui faire confiance, que pour la consoler. Puis, bras dessus, bras dessous, tous deux se dirigèrent vers la voiture de Nick, où une carte était étalée sur le capot. Ils se penchaient dessus, quand ils entendirent un brut de talons qui se rapprochaient. Ils ne levèrent pas la tête. Ils ne connaissaient qu'une personne qui portait des talons aiguilles. Jenny leur dit :
_ Vous ne devriez pas être là.
_ Comment pourrais-je aller ailleurs ? lui demanda Nick.
_ Je pourrais vous faire renvoyer.
_ Oui, vous pourriez, lui répondit Nick, en la regardant, lui montrant qu'il s'en fichait.
Elle lui tendit alors un papier.
_ J'ai pensé que ceci vous intéresserait. Un entrepreneur du coin a déposé plainte. Il ne peut pas démolir un vieil entrepôt, parce que le sous-sol est inondé par la montée des eaux.
Les deux Cutter la regardèrent, soudain intéressés.
_ Peut-être que vous aviez raison. Peut-être qu'on cherche la bête au mauvais endroit, poursuivit-elle. Mais, dans tous les cas, ça vaut le coup d'aller vérifier.
Elle allait s'éloigner, quand Nick la retint :
_ Hey ! Dans le genre bureaucrate tatillon, vous êtes… la meilleure, lui dit-il.
Jenny lui sourit, puis s'éloigna. Cutter la suivit du regard. Casey le vit, et lui glissa à l'oreille :
_ Quand tout ça sera fini, tu devrais l'inviter à dîner.
Elle prit un air innocent, et fit mine de se plonger dans la carte, quand Nick se tourna vers elle.
Appartement d'Abby Maitland.
Connor était toujours assis, le regard dans le vide, perdu dans ses pensées, quand son portable se mit à vibrer, le faisant sursauter. Il le prit, regarda le nom qui s'affichait, et en voyant qu'il s'agissait de Cutter, hésita un instant, puis décrocha, mais ne dit rien. Il mit le haut-parleur en route.
_ Connor, dit Cutter. Je sais ce que tu ressens. Mais, j'ai besoin de ton aide. Je crois savoir où chercher. (il ne répondit pas) Connor ? Ecoute-moi, c'est de ma faute. J'aurais dû demander de l'aide, je l'ai pas fait. Cette arrogance a coûté la vie à une belle et courageuse jeune fille, et tu… tu as le droit de m'en vouloir. Mais, en tout cas, s'il y a ne serait-ce qu'une toute petite chance d'empêcher que ça arrive à quelqu'un d'autre, nous devons à Abby de la tenter. Et cette fois, je demande du renfort, alors, s'il te plaît, est-ce que tu veux m'aider ? Connor ? (il ne répondit pas) Ok, si tu changes d'avis, Jenny Lewis sait où me trouver.
Connor raccrocha, hésitant encore sur la conduite à tenir.
Dans sa voiture, Cutter raccrocha son portable, et regarda sa nièce. Celle-ci lui dit :
_ Il va venir. Il t'en veut beaucoup, mais il n'est pas du genre à laisser tomber les gens.
Bâtiment où se trouvent Abby et Lucien.
Abby appelait toujours à l'aide.
_ Qu'est-ce que tu crois que c'est, ces choses ? lui demanda Lucien.
_ J'en sais rien, mais si elles avaient dû nous tuer, elles l'auraient déjà fait. Y'a une raison pour que nous soyons encore vivants.
_ Tu le diras pas à mes potes, hein ?
_ Quoi ?
_ Que… que j'ai eu peur.
_ Mais, t'as pas peur. C'est vrai, sans blague, pourquoi t'aurais peur d'un têtard géant, hein ? dit Abby, pour le faire rire et le rassurer. T'es super, franchement. Tu assures.
Canal.
Stephen ne quittait pas l'écran de son terminal. Il n'avait encore rien vu qui ressemble de près ou de loin à une créature.
_ On a ratissé tout le canal, lui dit le soldat qui l'accompagnait.
_ On ratisse encore. (il suivit la progression du sous-marin sur son écran) Wow-wow-wow ! Reculez, reculez ! (le soldat tourna la manette. Il vit une entrée de tunnel) Là, rentrez dedans.
_ Attendez, le trou est trop petit, on va esquinter le robot !
_ Je vous en repaierai un autre, mais allez-y, continuez.
Pendant ce temps, Nick et Casey marchaient dans un bâtiment, au bord du canal. Nick avait un SDA miniature à la main, pour se guider, au cas où l'anomalie se rouvrirait. Ils arrivèrent à un escalier, malheureusement fermé par une grille, une chaîne et un cadenas. Ils s'agenouillèrent devant, et Nick regarda le cadenas. Ils entendirent alors le bruit d'un objet métallique traîné sur le sol en béton.
_ Ça ira, ça ? demanda Connor, qui était celui qui avait fait ce bruit.
Nick regarda le pied de biche qu'il tenait à la main, puis dit, en le prenant :
_ Ouais. Ça fera l'affaire. Merci d'être venu.
_ Je dois dire que je fais pas ça pour vous. C'est ce qu'elle aurait voulu. On s'était disputés. Les derniers trucs qu'on s'est dit étaient méchants, et… stupides.
Casey se releva, et voyant Connor à nouveau au bord des larmes, l'enlaça affectueusement. Nick dit :
_ Elle savait combien tu tenais à elle.
_ Vous croyez ?
_ Ouais, je le sais.
_ Ouais, souffla-t-il.
Il regarda Casey, et lui fit un sourire de remerciement. Ça faisait du bien de voir qu'il pouvait compter sur quelqu'un, en cas de coup dur. Elle s'écarta de lui, et il alla s'accroupir à côté de Cutter.
_ Ça va ? lui demanda le professeur.
Connor le regarda, puis murmura :
_ Ouais.
Canal.
Le SDA miniature de Stephen se mit à biper. Le jeune homme s'en saisit, et dit :
_ L'anomalie… elle est rouverte.
Il écarta le soldat qui s'occupait du sous-marin, et le fit avancer.
_ Vous allez tout casser ! protesta le soldat.
_ J'assume, lui répliqua Stephen.
Il dirigea le sous-marin, et put voir une lueur. A coup sûr, c'était l'anomalie.
Casey avait descendu l'échelle menant au sous-sol que l'entrepreneur avait déclaré inondé. Cutter la suivait, et mit pied à terre. Connor, toujours sur l'échelle, dit, en regardant le SDA qu'il tenait à la main :
_ Cutter. L'anomalie est rouverte.
_ Je sais. C'est par ici.
Dans leur réservoir, Abby et Lucien commencèrent à paniquer.
_ L'eau ! s'exclama Lucien.
_ Le niveau monte !
Ils se mirent à appeler à l'aide, dans l'espoir que quelqu'un les entende, avant que le niveau ne soit trop haut, et qu'ils se noient.
Pendant ce temps, les trois amis se dirigeaient grâce au SDA. Ils arrivèrent devant un mur de brique. L'anomalie était derrière lui.
_ Non ! hurla Connor, énervé d'échouer si près du but. Qu'est-ce qu'on peut faire, maintenant ?
_ Ce n'est qu'un mur, lui répondit Nick, en l'attaquant au pied de biche.
Il fit tomber quelques briques, et alors, tous les trois purent entendre les cris d'Abby et Lucien.
_ J'entends des cris ! dit Connor. Y'a quelqu'un derrière !
Abby entendit les bruits de coup sur le mur, et dit à Lucien :
_ Ça va aller, Lucien. Ils vont nous tirer de là, tu vas voir. Tu vas voir, on va pas se noyer. Ça va aller.
A ce moment-là, une créature lui attrapa les pieds, et la tira vers le fond de l'eau.
_ Abby ! cria Lucien.
Pendant que Nick venait à bout du mur, Lucien plongea sa tête dans l'eau, pour essayer de voir Abby. Nick, Casey et Connor déboulèrent enfin dans la pièce. Ils regardèrent autour d'eux, mais ne virent ni l'anomalie, ni Lucien. Le jeune homme finit par émerger, et appela à l'aide, donnant ainsi sa position. Tous trois montèrent sur le réservoir, et Nick entreprit de faire céder la grille.
_ Dépêchez-vous, l'eau monte !
_ Tiens bon, Lucien, lui dit Nick. On va te sortir de là.
_ Nick, dépêche-toi, il va bientôt être submergé, dit Casey.
Nick parvint à faire céder la grille, et lui et Connor entreprirent de faire sortir Lucien de l'eau.
_ Ça va ? lui demanda Connor.
_ Il faut sauver Abby.
_ Quoi ? fit Connor, pas sûr d'avoir compris.
_ Abby ! répéta Lucien, plus fort, pour couvrir le bruit de l'eau qui tombait d'un tuyau.
_ Abby est vivante ! s'exclama Connor, reprenant espoir.
_ Ils l'ont l'emmenée.
_ Où est-ce qu'ils l'ont emmenée ?
_ Dans les conduits, répondit Lucien, en désignant le réservoir.
_ Dans les conduits ? Là-dessous ? fit Cutter.
_ Ils l'ont emmenée dans les conduits.
_ Abby ! appela Connor, en partant en courant.
_ Connor ! fit Cutter, qui essayait de le retenir.
Abby et la créature émergèrent de l'autre côté du mur, juste à côté de l'anomalie. Abby se releva, et se mit en position de combat. Elle sauta et envoya un coup de pied dans la gueule de la bête, la renvoyant dans le conduit, sonnée.
Nick et Casey étaient toujours avec Lucien.
_ Ces choses, à quoi elles ressemblent ? demanda Nick.
A ce moment-là, une autre créature émergea du réservoir. Lucien se releva en la voyant, et s'exclama, en la désignant du doigt :
_ A ça ! Je retournerai pas dans ce réservoir !
Nick et Casey se retournèrent, et virent une énorme créature, qui se déplaçait comme un phoque, avec des pattes palmées. Tous deux se relevèrent, et firent face à la créature. Nick resserra ses doigts autour du pied de biche qu'il tenait toujours. La créature rugit, d'un air menaçant. Lucien s'écarta d'eux.
_ Lucien, tu restes où tu es ! lui dit Cutter, qui voulait éviter d'énerver la créature.
Lucien, vit alors à ses pieds, une pierre. Il s'en saisit, et la lança sur la créature, comme s'il voulait marquer un panier de basket. La pierre rebondit sur le tuyau au-dessus de la créature, et atterrit sur sa tête, l'assommant, et la faisant tomber à terre.
_ Oui ! exulta le jeune garçon. Deux points ! Qui a dit que je savais pas tirer ?
Nick lui tapota l'épaule, et lui dit :
_ Joli panier.
A ce moment-là, se servant du tuyau à côté de Nick comme d'un toboggan, une autre créature se jeta sur le professeur, et le fit tomber dans l'eau du réservoir.
_ Nick ! appela Casey.
Son oncle émergea, et demanda :
_ Qu'est-ce que c'était ?
Voyant l'air effrayé de Casey et Lucien, il se retourna lentement. La créature se trouvait juste là, à quelques centimètres de lui, et le regardait. Il recula lentement. A ce moment-là, des remous apparurent entre la créature et lui, et il vit un mini sous-marin émerger.
A l'autre bout du sous-marin, Stephen vit Nick, et derrière lui, Casey et Lucien. Il vit aussi la créature, juste avant qu'elle ne détruise le sous-marin. Une chose était sûre, maintenant, il allait devoir repayer un de ces gadgets.
_ Mais, qu'est-ce que… ? commença-t-il.
Il referma le terminal, puis dit aux soldats :
_ Fusil. Donnez-moi votre arme. Allez ! ajouta-t-il, quand il vit qu'il mettait trop de temps à lui donner son arme de poing.
Quand il eut ce qu'il voulait, il plongea.
Abby reprenait son souffle et ses esprits.
_ Abby ! entendit-elle.
Elle releva la tête, et vit Connor. Celui-ci lui sourit, ravi de la retrouver en vie.
_ Tout va bien ! dit-il. T'es sauvée à présent !
Mais, une autre créature émergea juste devant la jeune femme. Elle ressemblait un peu aux autres, mais était immense, avec une tête qui ressemblait à celle d'un grand singe, et des incisives inférieures extrêmement développées, et très dangereuses. Elle se dressa de toute sa hauteur devant la jeune femme. Bien résolu à ne pas la perdre encore une fois sans combattre, Connor se mit à courir vers elle, prêt à la défendre, au péril de sa vie.
_ Non, Connor ! lui cria Abby.
La créature se retourna, et d'un coup de patte, envoya Connor dans l'eau du réservoir.
_ Non ! cria Abby, en le voyant tomber inconscient dans l'eau, où il se noierait sûrement.
Connor se hissa hors de l'eau. Quand il ne vit la créature ni Abby nulle part, il sut immédiatement ce qui s'était passé. La créature avait emmené Abby de l'autre côté de l'anomalie.
_ Abby ! J'arrive ! cria-t-il, en sortant de l'eau.
Il courut jusqu'à l'anomalie.
De leur côté, les Cutter et Lucien étaient aux prises avec d'autres créatures. Nick mit Lucien derrière lui, pour le protéger, en lui disant :
_ Reste là, Lucien. Reste là.
Les créatures se rapprochèrent. Ils étaient complètement encerclés. Nick aurait bien voulu aussi mettre sa nièce à l'abri, mais cette tête de mule avait refusé de le laisser seul pour les défendre tous les trois. Nick essaya de leur faire peur en faisant du bruit, et en brandissant son pied de biche, mais les créatures continuaient de s'approcher. Quand l'une d'entre elles fut à portée, Casey lui décocha un coup de pied, qui la fit reculer temporairement. Nick vit alors Stephen émerger du réservoir, un fusil à la main. Il fit se baisser Lucien. Sa nièce eut le temps de donner un autre coup de pied latéral à une créature, avant de se jeter sur le sol. Stephen tira sur les créature, en fit fuir deux, et en tua une. Lorsqu'il cessa de tirer, Casey se releva, et se dirigea vers lui, pour l'aider à sortir du réservoir. Elle lui dit, avec un air faussement énamouré :
_ Mon héros !
Stephen lui sourit.
De l'autre côté de l'anomalie.
Connor passa l'anomalie, et se retrouva sur un littoral très escarpé. Il grimpa une petite falaise, et essaya de repérer Abby. Il entendait des chants de créature, et se dirigea donc vers eux. Il vit un groupe de créatures, dont deux d'entre elles se battaient, et hésita un instant. Un cri d'Abby le fit se décider, et il se dirigea vers ce cri. Il arriva juste au-dessus d'elle. Une créature était là, elle aussi. Il saisit une pierre, et la jeta sur la créature ; l'assommant sur le coup. Puis, il se pencha, et dit :
_ Abby, vas-y, donne-moi ta main.
La jeune femme commença à escalader la roche. Connor l'encouragea, la main toujours tendue, prête à l'attraper. La jeune femme lui tendit la main ; Connor s'en saisit.
_ Ça y est, dit-il, je te tiens. (il commença à la soulever) Agrippe-toi là, dit-il, en lui montrant une protubérance dans la roche.
_ Connor, je glisse, lui dit Abby. Je vais lâcher !
Son pied dérapa, et si Connor ne l'avait pas tenue, elle serait tombée. La créature qui avait enlevé Abby arriva. Connor dit :
_ Allez, faut que tu remontes ! Allez, viens !
_ Je peux pas !
_ Allez !
_ Je t'entraîne, Connor ! Lâche-moi !
_ Non ! Je te lâcherai pas ! Je t'ai déjà perdue une fois, Abby, je veux pas te perdre encore, t'entends ? ! Allez, on peut y arriver !
Il essaya de la soulever, mais la jeune femme ne bougea pas d'un pouce. La créature se rapprochait toujours.
_ Ça sert à rien, qu'on meure tous les deux, dit Abby. Laisse-moi mourir.
_ Je peux pas !
_ Je t'en prie !
_ Je t'aime ! lâcha alors Connor. Non, je refuse de te laisser ici !
La main de la jeune femme glissait de plus en plus dans la sienne, et la créature continuait de se rapprocher. Alors qu'il allait lâcher prise, Connor lança une main en arrière, et eut la surprise de sentir quelqu'un la lui saisir. En regardant, il vit que c'était Cutter.
_ Il faut y aller, dit celui-ci, en raffermissant sa prise.
A eux deux, ils réussirent à hisser Abby, juste avant que la créature ne lui happe le pied.
_ Cutter ! cria Stephen, en lui lançant son arme.
Tous deux tuèrent la créature, qui se dressait devant eux. Quand elle fut morte, Abby se retourna vers Nick, et lui dit :
_ Où est Casey ?
_ Elle est restée de l'autre côté, pour jouer à Karaté Kid si une créature s'avise de franchir l'anomalie. Ses mots, pas les miens, précisa-t-il, en voyant l'air amusé de Connor et Abby.
Site de l'anomalie.
Ils rejoignirent Casey, qui, entourée de soldats, surveillait l'anomalie. Quand elle les vit, elle se précipita vers eux, et serra Abby contre elle.
_ Je te cache pas que j'ai bien cru que tu étais morte, lui dit-elle. Je suis contente de te revoir, tu peux pas savoir !
Cutter dit à un soldat, en désignant Abby et Connor :
_ Bon, ces deux-là, remontez-les.
_ Oui, monsieur, lui répondit un soldat, en accompagnant les deux jeunes gens vers la sortie.
Connor soutint la jeune femme, qui avait des difficultés à marcher. Casey les accompagna. Elle n'était pas armée, et ne serait pas plus utile que ça, pour surveiller l'anomalie, même si l'idée d'un combat avec une créature la tentait, ne serait-ce que pour lui faire comprendre qu'on ne s'en prend pas à ses amis impunément.
Lucien fut mis sur une civière, et emmené dehors. Jenny alla le voir, pour éviter qu'il ne parle à la presse des créatures.
_ Bonjour, lui dit-elle. On doit te faire quelques examens, et je pense que tu pourras voir tes parents rapidement. On les a prévenus que tu étais sain et sauf.
Lucien hocha la tête, puis dit à Abby, qui avançait derrière :
_ Abby ! (la jeune femme le regarda) Tes potes, ils sont venus. Pas de lézard. (il regarda Connor) Je dois sire que ton petit-copain a assuré.
_ C'est pas mon petit-copain, lui dit la jeune femme.
Lucien la regarda, l'air de dire qu'il n'en croyait pas un mot. Connor fut un peu vexé de la réaction d'Abby, mais ne dit rien. Après tout, c'était vrai, ils n'étaient pas ensemble. Il vit Lester passer devant lui, Leek sur ses talons, comme d'habitude.
Nick et Stephen étaient remontés. Casey les avait attendu.
_ Est-ce que l'anomalie est fermée ? demanda Lester.
_ Non, répondit Nick. Elle est toujours là, et risque de faire parler d'elle.
_ Voyez-vous, Leek, je crois que toute cette zone devrait bénéficier d'une subvention pour sa rénovation. Nous commencerons par enfouir le site de l'anomalie sous quelques tonnes de béton, ça devrait suffire.
_ Dois-je prévenir l'entrepreneur ? demanda Leek.
_ Non, ne vous en faites pas, je le ferai moi-même avec une pelle et une bétonnière. Bien sûr qu'il faut prévenir l'entrepreneur, idiot !
Casey ne put s'empêcher de pouffer, devant ce numéro de duettistes. Elle se détourna, et se dissimula légèrement dans le dos de Stephen. Lester regarda alors Nick, et lui dit :
_ La prochaine fois que je vous vire, faites au moins semblant d'être viré pendant plus de 5 minutes. Quoiqu'il vaut mieux, sans doute, que vous ayez désobéi à mes ordres. (il regarda Stephen) Si on vous avait écouté, Stephen, on chercherait toujours au mauvais endroit, n'est-ce pas ? (Stephen baissa les yeux, agacé. Lester s'adressa à Jenny) Jenny, vous venez avec nous ?
Il s'éloigna, accompagné de la jeune femme. Leek resta un instant, à regarder l'équipe, en acquiesçant encore bêtement ce que son patron avait dit. L'air peu engageant de Casey eut subitement pour effet de le faire partir rapidement, à la suite de Lester. Nick regarda Stephen, et lui dit :
_ Il est injuste.
_ Non, dit le jeune homme. Non, je me suis trompé.
Nick lui mit une tape dans le dos, et lui dit, en s'éloignant :
_ J'ai eu de la chance.
_ Oui. C'est vrai, ajouta-t-il plus bas.
Casey mit sa main dans la sienne, et la serra. Il la regarda. Elle lui dit :
_ Viens, on va prendre une douche, et se changer les idées.
Ils se mirent en route vers les voitures. Abby rejoignit Cutter, et lui demanda, toute excitée :
_ Ce sera ça ?
_ Quoi ?
_ Le futur, ce sera ça, alors ?
_ Non. Non, pas le nôtre. Celui de la Terre. L'humanité aura disparue depuis longtemps, à ce moment-là. A moins, peut-être, qu'on survive et qu'on régresse, pour retourner dans l'eau, d'où nous venons.
_ Vous voulez dire que ces choses pourraient être nos descendants ?
_ Oui, c'est possible.
_ Vos descendants ne m'ont pas beaucoup plu.
Le professeur rit de la boutade, puis entoura les épaules d'Abby de son bras, avant de sortir de l'entrepôt.
Appartement d'Abby Maitland.
Connor et elle entrèrent dans l'appartement, et montèrent les escaliers, en silence. Ils n'avaient pas reparlé de la déclaration de Connor sur cette falaise. A dire vrai, ils n'avaient pas parlé du tout. Abby était exténuée après toutes ses émotions.
_ Tu devrais aller t'allonger, non ? lui dit Connor, gentiment.
_ Oui. Connor ? Quand on était de l'autre côté de l'anomalie, tu as dit quelque chose.
_ Bah… j'ai dit pas mal de choses… Principalement des « aaah ! ».
Abby sourit, même si elle était un peu vexée. Elle comprenait que Connor avait du mal à parler de ses sentiments.
_ Peut-être que j'ai mal entendu. J'ai cru que tu m'avais parlé de tes… sentiments pour moi.
_ Ah oui ?
Ils se regardèrent longuement. Connor voyait bien qu'elle l'encourageait du regard à se dévoiler. Il en avait envie, mais il avait peur de souffrir. Finalement, il se décida. Il fit un pas en avant.
_ Abby, euh…
A ce moment-là, brisant la magie de l'instant, ils entendirent la porte d'entrée claquer, et la voix de Caroline appeler du bas des escaliers :
_ Connor ?
Caroline monta les marches rapidement, et une fois arrivée en haut, détailla Connor des pieds à la tête.
_ Bah alors, tu t'es pas changé ? dit-elle.
_ Pas changé ? Pour quoi faire ?
_ Pour le théâtre ! Tu te souviens pas ?
_ Ah oui, le théâtre, bien sûr ! fit Connor, qui avait complètement oublié. Euh… ben, ça y est, je suis prêt. On peut y aller ?
Abby avait la tête baissée. Elle était au bord des larmes, et elle ne saurait dire si c'était parce qu'elle avait eu des émotions fortes, ou si c'était parce que Caroline s'était encore une fois immiscée dans sa relation avec Connor. Le jeune homme se dirigea vers Caroline, puis dit :
_ Euh… à tout à l'heure, Abby.
Celle-ci se retourna, un sourire aux lèvres, pour se donner une contenance.
_ Bien sûr, répondit-elle.
Connor descendit les marches. Caroline se tourna vers Abby, et lui dit :
_ Abby, tu as l'air complètement épuisée. Il faudrait que je te donne quelques conseils de maquillage, un de ces jours, tu veux bien ? ajouta-t-elle, en avisant l'eye-liner d'Abby qui avait coulé, lors de son séjour dans l'eau.
Même si Abby éprouva à cet instant, une violente envie de lui fracasser la tête contre la rambarde de l'escalier, elle ne laissa rien paraître. Caroline descendit rejoindre Connor.
Parking du Centre de Recherches des Anomalies.
Leek se trouvait dans sa voiture, et parlait par visio-conférence avec le soldat qu'il avait chargé de surveiller Cutter et son équipe.
_ Vous vous rendez compte que vous avez failli compromettre tout le projet ? lui demanda-t-il.
_ C'était une erreur. Cutter n'aurait pas dû être là. Ça n'arrivera plus.
_ J'espère bien. Parce que les conséquences pour vous pourraient être désastreuses. A l'avenir, essayez, s'il vous plaît, de ne pas vous montrer. Ça rendra la vie plus facile à tout le monde.
Le soldat acquiesça, et coupa la visio. Leek dit :
_ Espérons que Cutter s'en souviendra pas.
Helen se redressa alors de la banquette arrière, et dit :
_ Nick a une excellente mémoire des visages. J'espère que tout ceci ne va pas dégénérer, Oliver. Je détesterais avoir mal placé ma confiance. A présent que je vois rarement du monde, il est difficile de savoir si mon jugement est aussi sûr qu'autrefois. J'espère que vous pourrez fournir ce que vous avez promis.
_ Je peux. Je peux. Je vous rappelle que, moi aussi, je joue gros, là-dessus.
Helen joua avec sa cravate.
_ Alors, je suis sûre que tout se passera pour le mieux, dit-elle.
Elle se renfonça dans son siège. Quelques instants après, Leek entendit une portière claquer. Quand il regarda la banquette arrière, il vit qu'elle était vide. Il soupira. Il n'était vraiment pas à l'aise avec elle. Avec aucun des Cutter, d'ailleurs.
Queen's Walk, Londres.
Casey avait emmené Stephen sur la promenade la plus célèbre de Londres, et appuyée à la rambarde, admirait le Tower Bridge, tout illuminé. Elle ne se lassait pas de cette vue, même si elle était une Londonienne, pure et dure, et non pas une touriste. Ce pont restait son préféré. Un peu en retrait, Stephen la regardait. Elle avait revêtu une robe du soir, près du corps, avec des bottes à talons. Ils étaient sortis dîner, et avait profité de la douceur de la nuit, pour marcher un peu, comme un couple ordinaire, qui ne passait pas son temps à empêcher que l'évolution naturelle ne soit bouleversée. Casey finit par se retourner, pour faire face à son amant. Elle tendit la main vers lui. Il la saisit, et se rapprocha d'elle, l'emprisonnant entre lui et la balustrade. Elle lui dit :
_ Ecoute, je ne sais pas ce qui t'arrive, en ce moment. J'ai du mal à te reconnaître. Jamais toi et Nick n'avez eu des avis aussi divergents sur une affaire.
Stephen soupira, et dit :
_ J'ai l'impression qu'il ne me fait pas confiance.
_ Nick te confierait sa vie sans hésiter. Et moi aussi. D'ailleurs, heureusement que tu étais là, tout à l'heure, parce qu'à l'heure qu'il est, on serait sûrement dans l'estomac de je ne sais quelle créature. Mais… j'ai l'impression qu'il n'y a pas que ça, je me trompe ?
Stephen sourit, et dit :
_ Tu me connais bien, dis donc. Je me demande si cacher les anomalies au public est une bonne chose.
_ Peut-être. Mais, les dévoiler peut aussi être très dangereux. D'autant qu'on a des problèmes qui viennent de l'intérieur du CRA.
_ Comment ça ?
Elle lui raconta la mésaventure de Nick avec un soldat, et lui expliqua que lui et Connor se souvenaient l'avoir vu au centre commercial, pendant qu'ils s'occupaient des raptors.
_ Tu penses à un soldat envoyé par Lester pour nous surveiller ? lui demanda-t-il.
_ Je sais pas s'il s'agit uniquement de surveillance, ou s'il y a plus grave. Je ne sais même pas, si l'ordre vient vraiment de Lester, ou si quelqu'un d'autre tire les ficelles.
Elle étouffa un bâillement. Stephen la prit par les épaules, et se mit à marcher, en disant :
_ Allez, viens, on rentre. On a besoin d'une bonne nuit de sommeil.
Ils rentrèrent ainsi chez Casey.
To be continued…
