Disclaimer : Severus Snape est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du dix-neuvième parallèle sont à moi.
Rating : K+
Pairing : Severus Snape - OC
Correctrice : Fantomette34
RàR. :
Chocogrenouilles, Mary12 et Selena : Je suis ravie que le si spécial Café des Louchébems vous plaise.
Voilà la première partie du chapitre quatre, le dernier de la "présentation" du 19ème parallèle et de ses si étranges habitants. D'ici quinze jours, donc, commencera l'histoire proprement dite. Sachez qu'un colis qui n'aurait jamais dû arriver chez nos amis sera le début d'une aventure qui mêlera Sorciers, (dont un certain rouquin issu d'une famille à rallonge. Tiens, petit sondage, une idée sur l'identité du rouquin en question ?) et Enquêteurs Internationaux.
Bonne lecture.
Ah, si j'étais riche ! - Partie 1
Deux jours étaient passés depuis que Severus séjournait chez Alistair et une certaine routine s'était mise en place. Les habitudes de lève-tôt du Potionniste l'avaient tout naturellement désigné pour faire les courses à l'ouverture des magasins tandis que l'indolence du Minotaure - et sa tendance à faire la fête - ne permettait pas à ses yeux de s'ouvrir avant dix heures du matin. Ceci quand il n'avait pas de mission en cours, bien sûr.
Donc, ce matin là, le Maître des Potions arpentait les alentours de l'impasse de la Bavette, attendant patiemment que sonnent huit heures pour entrer dans la supérette moldue du coin. Un coup d'oeil à un horodateur-bouffeur de fric, dixit Alistair,le fit soupirer : il avait de l'avance.
Autant faire un tour chez le Buraliste. Peut-être avait-il des journaux anglais, ça lui ferait passer le temps... Alistair recevait bien chez lui l'hebdomadaire sorcier L'hippogriphe déchaîné mais hélas, ce journal satirique était exclusivement en français et les sorts de traduction ne marchaient pas sur lui. Severus parlait assez bien la langue de Molière mais la lire était une autre histoire.
La terreur des cachots pénétra dans l'antre de la presse, la tête ailleurs, ce qui fit qu'il percuta un vieil homme tout aussi distrait que lui, ainsi que la poubelle contenant les grilles de loto raturées et les jeux à gratter usagés. Ce que tenait l'homme tomba au sol, au milieu du tas, comme un fait exprès.
"Oh Merlin !" murmura le Potionniste en se relevant.
"Oh mon Dieu !" gémit le vieil homme devant le désastre.
Il se jeta sur le tas mouvant pour récupérer sa propriété de papier et finit par saisir une double carte pliée qu'il s'empressa de glisser dans sa poche. Ceci fait, il finit par se relever et partit sans un regard pour ceux qui restaient.
"Ça va, Monsieur ?" demanda le Buraliste.
"Oui, oui, fit Severus, distrait, je n'en dirais pas autant de l'homme qui vient de sortir.
- Ah, Monsieur Martinien... Faut pas lui en vouloir. Il a des troubles du comportement. Ce qui n'en fait pas le plus sociable des clients. Mais... Mais laissez, Monsieur ! Je rangerai plus tard !"
En effet, Severus avait entrepris de redresser la poubelle et d'y mettre à nouveau les tickets usagés. Cela lui prit à peine plus de temps que s'il avait rangé d'un coup de baguette magique. En remettant à sa place le récipient en plastique, il trouva une double carte pliée qui avait glissé contre le mur.
"Perdu, perdu et encore perdu !" souffla le Buraliste.
Haussement interrogatif de soucil snapien.
" Ces cartes à gratter. Elles sont perdantes."
Severus s'en serait douté. Il jeta un coup d'oeil à sa trouvaille, c'était exactement la même que celle repêchée par Monsieur Martinien. Sans savoir pourquoi, il la rangea dans sa poche et s'approcha de la caisse...
Plus tard, un exemplaire du Times sous le bras, il entra enfin dans la Supérette, consultant la liste que lui avait laissé Alistair : fromage de chèvre, beurre des Charentes, six litres de lait... Six ?!
Merlin ! Ce fichu Minotaure avait une consommation journalière de lait qui égalait celle des paquets de bonbons au citron de Dumbledore.
Mais pourquoi ne devenait-il ami qu'avec de pareils numéros ?!
...
"T'as tout ramené, Sev ? Oh, t'es un amour !"
Et Alistair l'étreignit tant et si bien que le Maître des Potions faillit lui demander s'il n'avait pas de Boa Constrictor parmi ses ancêtres. Les courses déposées sur la table, le Minotaure lui demanda la note du magasin.
"Tu comprends, Madame Kostik nous oblige à vivre comme des Moldus et la plupart d'entre nous ne sait pas gérer le budget pour la vie courante, à part les Dupont qui sont des ordinateurs sur pattes. Nemo rassemble nos notes et factures et les épluche avec nous chaque mois, pour voir les dépassements éventuels et y remédier.
- Et si vous vous retrouvez dans le rouge avant que la paye ne tombe ?
- Il nous avance l'argent... Mais comme il est plutôt du genre Oncle Picsou, les pénalités qui vont avec nous incitent à devenir plus fourmi que cigale."
Severus sourit tout en vidant ses poches sur la table. La méthode avait le mérite de l'efficacité. Rien de tel que de frapper au portefeuille pour recadrer certains insouciants.
"Tiens, t'as joué au Loto ? demanda Alistair en recueillant un bout de carton.
- Al, ce n'est qu'une double carte à gratter perdante.
- Ça oui, mais pas ce qui est à l'intérieur !"
Autre haussement de sourcil snapien.
"C'est un ticket de Loto tout à fait récent...pour le tirage de ce soir, même. Attends une minute !"
Le Minotaure lut dans sa tête les numéros inscrits sur la feuille de papier.
"C'est le jeu hebdomadaire de Monsieur Martinien."
- Tu connais cet homme ?
- Depuis que je suis installé ici. Je le croise souvent quand j'ai une mission sur le feu et que je passe chez le Buraliste avant d'aller au Bar des Louchébems. Je sais qu'il joue toujours les mêmes numéros... Mais dis-moi, tu l'as rencontré ?"
Severus raconta comment le vieil homme et lui s'étaient croisés.
"Moui ! C'est bien de lui,ça. Glisser son ticket de Loto dans une double carte usagée." soupira Alistair.
"Tu comptes le lui rendre ?
- Ben, pour ça, faudrait que je connaisse son adresse exacte. Ce qui n'est pas le cas."
...
Ne pouvant rien faire de plus, les deux amis parlèrent d'autre chose et le chétif ticket de Loto atterrit sur un tas de vieux journaux destinés au recyclage. Son avenir semblait tout tracé...
...
...
Le lendemain
.
"Maintenant, ça suffit... DEBOUT !
- Nooon ! Encore dix minutes.
- Alistair, ça fait trois fois que je t'accorde dix minutes et tu n'es toujours pas sorti de ton lit.
- J'veux pas le quitter. Entre lui et moi, c'est une histoire d'amouuuur.r.r.r... RONFL !
- C'est pas vrai ! Il s'est rendormi."
Severus en aurait soupiré de dépit s'il n'avait été, justement, Severus Snape, la Terreur des Cachots, le Professeur glacial par excellence, l'Homme-au-masque-de-cire-porté-en-permanence, le Buster Keaton * des classes de Poudlard en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins amusant.
Mais
Il était aussi le Serpentard fait homme et il n'était pas dit qu'un Minotaure allait résister à son esprit retors.
Question de fierté.
"Alistair, si tu ne te lèves pas dans les dix secondes, je me verrai contraint d'exercer sur toi un terrible chantage.
- Ronfl... ?!
- Je dirai à tes amis que tu dors avec une peluche... Azalée la vache... du Manège Enchanté."
Et sur cette flèche du Parthe, Severus s'éloigna du lit du Minotaure, ne voulant pas être sur sa trajectoire quand celui-ci bondirait en direction de la salle de bains.
...
"Je déteste me lever tôt, sinon j'ai pas toutes mes facultés.
- Je n'avais pas remarqué de différence.
-Ha ha ! Très drôle, Sev. Mais ça pose problème. Mon Glamour est instable. Je vais devoir l'enlever aussitôt arrivé.
- J'avais remarqué aussi. Mais il faut nous presser, Nemo t'a convoqué pour huit heures au Café et il est déjà... huit heures dix.
- Oh mince ! Je vais encore être mis à l'amende."
Ce qui ne rata pas. Dès qu'Alistair et le Maître des Potions entrèrent dans la salle, le Capitaine fusilla du regard l'Homme-Taureau. Celui-ci, penaud, alla glisser un billet de dix euros dans une tirelire en forme de cochon.
"Bien. Puisque le retardataire habituel est arrivé, nous allons commencer."
Et le petit groupe débuta les conciliabules. Severus, nullement concerné, alla s'asseoir plus loin à une place qui était devenue sienne, la tasse que lui avait préparée Nemo en main.
Il ne s'aperçut qu'au dernier moment qu'il avait de la compagnie.
.
A la table voisine de la sienne, une adolescente mince comme une liane sirotait un chocolat brûlant, ses mains diaphanes collées à la chaleur du mug où fumait sa boisson.
Elle semblait jeune, quatorze ans tout au plus, et le point le plus remarquable de sa personne était sa chevelure : de l'or vivant - littéralement - tant les fils précieux qui la composaient se mouvaient en cascade au moindre de ses gestes. On ne voyait que ça au premier abord.
Puis venait la pétillance de ses yeux bleus - degré cinq sur l'échelle de Dumbledore - et un sourire timide qui était adressé à son vis-à-vis.
Une minute.
Depuis quand les adolescentes lui souriaient-elles ?
"Bonjour !"
Depuis quand les adolescentes lui disaient-elles "bonjour" ?
Inutile de chercher, ça n'était jamais arrivé. Même pas à Poudlard.
Surtout pas à Poudlard. Aucune de ses élèves n'était suicidaire.
.
* Acteur qui était surnommé "l'homme qui ne rit jamais".
