Bonjour,
J'essaie de tenir un bon rythme pour les commandes. Si je peux en faire deux par jour, ça ne sera pas mal ! Comme vous êtes nombreux à m'en demander (et je vous en remercie infiniment !) je vais faire de mon mieux pour que tout le monde ait rapidement son OS.
Beaucoup d'entre vous se sont très gentiment inquiétés de savoir si tel ou tel critère ou tel ou tel couple me dérangeait. Mais ce sont vos commandes, vous pouvez bien évidemment demander ce que vous voulez. A moi après d'en faire un texte qui pourrait vous plaire et qui en même temps me convienne aussi … L'essentiel étant que ces fics vous réjouissent autant que je prends du plaisir à les écrire.
Je suis en tout cas très heureuse du succès de cette idée, qui semble vous emballer ! Merci beaucoup de vos propositions et retours, ça me fait très plaisir.
Commande de : Novalie
Couple choisi : Draco/Harry
Mot choisi : Canard en plastique.
Rating : K.
Disclaimer : la plupart des lieux et personnages sont la propriété de J.K. Rowling, je ne me fais donc pas d'argent avec (et en plus je réponds aux commandes gratuitement, moi la cupide de service, alors !)
Dédicace : Ma chère Novalie, voilà ta commande ! Bon, je te préviens, je me suis lâchée, c'est du grand n'importe quoi, lol … Mais bon, vu le mot que tu m'avais donné, tu te doutais bien que je ne partirais pas sur une dark fic ! Je souhaite en tout cas sincèrement que cet OS te plaise, je me suis en tout cas régalée à l'écrire, et à imaginer tes réactions en le lisant. Alors si c'est à la hauteur de ce que tu attendais, j'en serais enchantée .
Et maintenant, place à la lecture …
Coin-coin a disparu
L'heure est grave. Tout Poudlard est en effervescence, sous le choc de la terrible nouvelle tombée ce matin. L'information a circulé de classe en classe, d'abord rumeur, puis sujet de discussion principal, avant de devenir la préoccupation de tout un chacun dans l'école.
Partout l'histoire se raconte, se colporte, se transforme et se déforme. Des détails s'ajoutent dès qu'une nouvelle personne en parle à un proche, tant et si bien qu'arrivée à l'heure du déjeuner, on croit que la terre est sur le point de s'écrouler tant l'affaire semble dramatique.
Les visages sont graves, les mines sombres. Les chuchotements se font inquiets, les regards suspicieux. Soupçons et ragots vont bon train, et plus aucun élève ne peut faire un pas sans être soupçonné ou se méfier de ses voisins.
Mais le plus affecté dans toute cette histoire est bien entendu Draco Malefoy. C'est de lui que tout est parti, c'est lui et lui seul qui a été touché. Si bien qu'il ne comprend pas bien que tout ça ait pris tant d'ampleur.
« On devrait l'avoir retrouvé depuis ce matin, quand même ! » clame-t-il à qui veut l'entendre, énervé.
Sa troupe tente de le rassurer, chacun y allant de son conseil ou de son pronostic :
« Ce n'est plus qu'une question de minutes, Drake chou, ne t'en fais pas … » lui susurre Pansy.
« Mouais, ben on dirait plutôt des heures, tes minutes. »
« Tu verras, en fait on se rendra compte que tout ça était beaucoup de bruit pour rien, vieux ! » l'assure en souriant Blaise.
« Bien entendu ! Et c'est pour ça que ça m'arrive à moi ? Non, c'est un crime délibéré, j'en suis sûr. »
« Mais t'as bien regardé partout ? Tes appartements, la salle commune, et tout ? » suggère Goyle.
« Je t'en prie, Grégory, ne me prend pas pour aussi crétin que tu ne l'es toi-même … »
« Y'a de la magie dans l'air, moi je dis. » remarque Théodore d'un air inspiré.
« Comme c'est surprenant, dans une école de magie ! »
Force est de constater que le prince des Serpentards est de forte méchante humeur, et que rien ne pourra vraiment l'apaiser. Il sait qu'il n'aura pas la conscience tranquille tant que toute cette sombre affaire ne sera pas résolue. Et il ne veut pas y passer encore des heures ! Comment survivre à une telle inquiétude, comment partir l'esprit en paix quand une si sourde angoisse lui étreint le cœur ?
Non, Draco Malefoy ne sera pas heureux et apaisé tant qu'on n'aura pas résolu son effroyable problème.
Et que tout Poudlard s'occupe déjà de cette affaire ne le console pas une seule seconde, puisqu'au final, personne n'est vraiment en mesure de l'aider ! A part se transmettre l'info et en faire des choux gras, aucun élève n'a eu assez de pitié ou de respect pour se mettre en quête et chercher la solution à son désarroi. Quelle bande d'égoïstes !
Heureusement, à midi, Dumbledore décide de clarifier les choses et d'apaiser les consciences, en proclamant un petit discours. Tous se taisent instantanément en voyant le vieil homme monter sur sa petite estrade rendue branlante par les ans (et l'embonpoint certain que commençait à prendre le brave sorcier). Si d'ordinaire les informations que le directeur avait à annoncer n'étaient pas d'un intérêt folichon, cette fois tous meurent d'envie d'en savoir plus.
C'est donc dans un silence attentif que sa voix s'élève dans l'air, dure et sévère -ce qui plutôt rare chez le malicieux vieil homme :
« Mes enfants, l'heure est grave. Un objet, très précieux pour votre camarade, a été dérobé ce matin à Draco Malefoy. Je veux bien croire qu'il ne s'agissait que de l'inattention de la part du coupable, mais il faut dès lors le ramener au plus vite. Voyez comme votre ami a l'air peiné et défait par cette histoire … » Il tend alors la main vers Draco, qui immédiatement affiche un visage triste et contrit, hochant la tête aux mots du directeur.
Plusieurs filles se laissent attendrir, mais des voix masculines mécontentes s'élèvent :
« Mais est-on sûr qu'il y a bien eu vol ? Il l'a peut-être tout simplement égaré, son truc ? »
« Oui, c'est vrai, ça ! »
Dumbledore apaisa les consciences en précisant :
« Et bien, nous avons enquêté de notre côté : les plus compétents de nos professeurs ont lancé un sort de recherche d'objet perdu, et rien n'est revenu. Or, ce sort ne marche pas si quelqu'un a en sa possession l'objet … »
« Oui, ou si les sorciers qui le pratiquent sont incompétents ! » renchérit un autre élève, lui aussi assez remonté contre Dumbledore, et par extension surtout, contre Draco.
Une vive discussion s'élève alors, et la salle résonne bientôt d'un brouhaha incommensurable. A sa table, Draco soupire, désespéré. L'initiative du directeur n'était pas mauvaise, mais si c'était pour que ça se termine comme ça, autant ne rien faire …
« Et pendant ce temps là, moi je reste dans la panade … »
« Allons, » intervient un de ses camarades. « La situation n'est pas si dramatique, ça va s'arranger … »
Le regard froid et coléreux de l'héritier Malefoy vient se poser sur lui :
« Parce que tu trouves que c'est en train de s'arranger, là, peut-être ? » fait-il d'une voix glaciale, tout en désignant de la main la salle, où une bataille de nourriture a maintenant débutée, ne couvrant toutefois pas les cris et protestations des professeurs, lancés dans un débat houleux avec certains des élèves. Blaise, assis face à Draco, baisse la tête à ce moment là, évitant de justesse une pêche molle, qui vient s'écraser, non pas sur le blond comme on aurait pu le prévoir, mais sur Vincent, penché à ce moment là pour attraper un quignon de pain.
Quignon de pain qui atterrira une minute après sur la tête du malheureux lanceur, avant que Crabbe ne se jette sur lui sous les hourras de quelques Serpentards. Une baston généralisée est en train de doucement s'installer, et les soupirs épuisés de Draco n'y changent rien.
C'est à peu près à ce moment là que Harry Potter fait son apparition dans la Grande Salle. Un peu surpris de l'ambiance survoltée, il rejoint en quelques enjambées ses amis à la table des Gryffondors. Le voyant arriver, Hermione demande :
« Mais où étais-tu, Harry ? On ne t'a pas vu de la matinée … »
Le Survivant hausse les épaules et réplique :
« Je me sentais pas très bien ce matin, alors je suis allé à l'infirmerie. C'était pas grand-chose, mais bon… »
« Tes ragnagnas qui arrivent ? » note Seamus en ricanant.
« Comme c'est fin … » soupire Hermione en levant les yeux au ciel, imité par Ron, qui bien que ne sachant pas ce que sont les « ragnagnas », préfère imiter sa camarade plutôt que de se faire engueuler (ladite camarade étant très irritable en ce moment … cause de ragnagnas, peut-être, justement).
« Ah, si c'est ça, j'ai un très bon numéro de Jeune&Sorcière sur « Comment se débarrasser facilement des symptômes pré-menstruels » ! » s'exclame Lavande, sincère, en se mêlant à la conversation.
Ignorant la jeune fille, Harry se tourne vers ses amis et demande :
« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? Pourquoi y'a tout ce tapage ? »
« Oh, tu n'es pas au courant ? » fait Hermione, très surprise. « C'est Malefoy, il est effondré depuis ce matin parce qu'il a perdu un objet très cher à ses yeux, et personne ne sait où il est … »
« Un objet précieux ? »
« Oui, enfin, tout dépend du point de vue … » note Neville, sceptique.
Harry lève un sourcil, surpris. Ron se penche alors vers lui et ajoute :
« En fait, si Malefoy est au bord du désespoir, c'est parce qu'il a perdu son canard en plastique. »
Un silence s'installe à la table des Rouge et Or, avant qu'un grand éclat de rire vienne de nouveau secouer les Gryffondors. Si certains avaient pu se laisser attendrir un moment par la détresse non feinte de Malefoy, la plupart avait vite trouvé cet événement plus que comique. Seule Hermione réussit à compatir au sort du Serpentard :
« Arrêtez, ce n'est pas gentil. Ca peut tous nous arriver de perdre un objet auquel on tient … »
Le fou rire généralisé à la table des Gryffondors a attiré l'attention de tout le monde. C'est donc dans un silence quasi-total que Harry répond à ses amis d'un ton innocent, sans se rendre compte qu'il est l'objet de toutes les attentions.
« Quoi ? C'est ce canard qu'il a perdu ? » fait-il, en sortant de la poche de son pantalon un petit canard en plastique jaune, légèrement élimé par endroits.
Un long cri déchirant retentit alors dans toute la salle, comme un râle venant du plus profond de l'âme :
« COIN-COIN ! »
Tous se retournent, estomaqués, vers Draco, qui fixe d'un air choqué Harry tenant son cher canard disparu.
Sautant d'un seul mouvement par-dessus la table des Verts et Argents, le blond fonce vers son homologue et lui arrache littéralement le canard des mains –ce qui fait un petit couinement indistinct, « pouic »- et s'écrie :
« C'est mon coin-coin ! » Il frotte affectueusement le petit jouet contre sa joue, irradiant d'une joie et d'un soulagement sans nom.
Tandis que tous fondent en assistant à ces émouvantes retrouvailles, Harry indique :
« Heu … content que tu l'aies retrouvé, alors … »
La voix du brun fait redescendre Draco sur terre. Il le fixe alors et dit d'un ton dur et accusateur :
« C'est toi, Potter, qui m'avait volé Coin-coin ? »
« Pas du tout. Je l'ai trouvé en bas, dans le parc. Il était tombé dans l'herbe … »
Etonné, Draco semble réfléchir un moment. Puis un éclair se fait. Il se retourne d'un air mauvais vers la table des Serpentards et susurre, menaçant :
« Ce doit être Grégory qui l'a fait tomber en secouant ma couverture par la fenêtre ce matin. »
« Mais ! » se défend l'accusé depuis l'autre bout de la salle. « Je pouvais pas savoir qu'il était dedans, ton canard … »
« Je m'en fiche ! Tu n'avais qu'à faire attention ! » brame, sans pitié, son prince.
« Oh, puisque c'est comme ça, tu n'as qu'à te trouver une autre boniche ! Moi je rends mon tablier … »
« Ah ben j'espère bien, que tu me le rends ! Un tablier en dentelle de chez Cannelle … manquerait plus que tu le gardes, par-dessus le marché … »
Pour calmer un peu l'atmosphère, Dumbledore tape alors dans ses mains et annonce que puisque l'affaire est résolue et que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes sorciers, ils vont maintenant pouvoir tous se remettre à manger.
Ce que font alors tous les élèves, sauf un rebelle insistant qui se sent obligé d'ajouter que si l'affaire s'est résolue, ce n'est pas grâce aux professeurs. L'histoire ne dit pas quel sort les enseignants, Rogue en tête, ont réservé au malheureux, puisque nous nous concentrons de nouveau sur le leader (malgré lui) des Gryffondors, qui demande à ce moment au blond :
« Mais enfin bon … c'était peut-être pas la peine de faire tout un plat pour un simple jouet en plastique … »
A ces mots les yeux de Draco se révulsent, et il doit faire un grand effort pour ne pas s'étouffer d'indignation :
« Un … simple … jouet ? Non mais … tu parles de Coin-coin là, quand même ! »
« Heu oui, mais enfin … »
Mais Malefoy le coupe : « Sache que Coin-coin n'est pas un « simple jouet en plastique », Potter ! Il est indispensable, précieux, unique et irremplaçable ! »
Avisant l'air un peu sceptique du brun, Draco lui empoigne la main et l'entraîne à grandes enjambées hors de la salle, sous l'œil indifférent des Rouge et Or, qui s'étaient remis à manger dès que Dumbledore le leur avait permis.
Harry se laisse tirer, décontenancé, jusqu'aux appartements des Serpentards, où Draco, le faisant entrer dans la salle de bains de sa chambre de préfet, lui dit :
« Je vais te montrer. Entre, mets-toi là. Et observe ! »
Le Survivant ne pipe mot, et obtempère. Draco a l'air si sérieux. Cette histoire de canard a vraiment l'air de lui tenir à cœur, et il semble vraiment vexé de la réaction du brun. Harry reconnaît être peut-être allé un peu loin, mais est-ce qu'il pouvait savoir, aussi, que son grand rival était pathologiquement attaché à ses jouets d'enfance ?
Marmonnant dans sa barbe qu'il n'a pas, Draco explique, tout en posant délicatement l'objet du crime sur une petite armoire :
« Tu vois, j'ai Coin-coin depuis que je suis tout petit, et il ne m'a jamais quitté … »
Il fait couler l'eau dans une des baignoires.
« Il m'a été offert par mon arrière-grand-mère, juste avant qu'elle ne meure. Ma mère m'a alors toujours dit de prendre soin de ce petit canard comme si c'était un vrai trésor … »
Le blond choisit avec attention une bouteille de bain moussant -prune et sucre d'orge-, et en verse un peu dans l'eau chaude, tout en continuant, plus pour lui-même que pour l'autre :
« Et c'est vrai que c'est un trésor. Il m'accompagne partout où je vais, me rassure quand je suis inquiet, me console quand je suis triste, écoute tous mes secrets … »
Il coupe le robinet, pose par terre un tapis de bain moelleux, puis rajoute un peu d'huile essentielle dans l'eau, avant de se tourner vers le canard et d'ajouter, sous l'œil médusé du Gryffondor.
« Hein, mon Coin-coin qu'on en a partagé de chouettes moments … » Il caresse le crâne en plastique du jouet, qui lui renvoie son pâle sourire statique orangé, comme pour approuver, à sa manière, ces paroles.
Puis le blond reprend, tout en commençant à ôter ses vêtements et à les poser sur une chaise près de la fenêtre après les avoir soigneusement plié :
« Et le moment du bain est bien entendu un moment particulier. Je ne l'envisage pas sans Coin-coin. Je dirais même que ça n'aurait pas de sens sans lui … »
Il rit doucement, puis attrape le jouet et le porte jusqu'à la baignoire avec délicatesse, comme s'il était de verre. Il le pose doucement sur l'eau, et le canard se met à dodeliner légèrement, avant de flotter tranquillement, au gré des remous du bain.
« Et oui, un bain sans Coin-coin, c'est comme … ben, heu, c'est comme la tête de Rogue sans graisse dessus, quoi. »
« Mmh, je comprends … » fait alors Harry, le plus sérieusement du monde.
Draco, qui semblait avoir jusque-là complètement oublié le brun sursaute, semblant remarquer sa présence à ce moment seulement. Avant même de constater qu'il se trouve à cet instant précis complètement nu devant l'autre, il se mord la lèvre, regrettant de s'être tant confié à Potter.
Mais Harry ne semble pas vouloir se moquer du blond. Il se contente de se lever de son siège, et de commencer à ôter lui aussi ses habits. Au regard surpris de Draco, le Survivant répond seulement :
« Ne t'en fais pas, je ne répèterais à personne tout ce que tu m'as dit. Chacun a le droit d'avoir son jardin secret. Quoique, maintenant, tout le monde doit savoir que tu es fou de ce canard, mais bon … »
Draco hausse les épaules, et tente de détacher son regard du corps dénudé du brun le temps de demander :
« Oh, ça je m'en fous. Qu'ils pensent ce qu'ils veulent. Mais, je peux savoir ce que tu fais ? »
Harry sourit de nouveau, et s'approche. Il se glisse dans l'eau chaude du bain, et attrape entre deux doigts le canard en plastique. De la tête, il fait signe à Draco d'entrer dans l'eau, précisant :
« Ben, je me suis dit qu'effectivement, ça avait l'air sympa, un bain avec Coin-coin. » Il lance un petit clin d'œil à son homologue et conclut dans un sourire :
« Tu me montres à quel point c'est bien, dis ? »
